<217> je suis muet comme une carpe. Si les Français, Autrichiens et Russes ont quelque chose à dire, ils n'ont qu'à parler; mais pour moi, je me borne à les battre et à me taire. Veuille le Ciel que j'apprenne de bonnes nouvelles de ma sœur! cela m'intéresse plus que toutes les négociations de l'univers.

Federic.

Nach Abschrift der Cabinetskanzlei.


10291. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Elsterwerda, 8 septembre 1758.

Mon cher Frère. Vous voyez que npus n'avons pas tardé de vous secourir, cela n'aurait pas été cependant aussitôt, si les Russes ne se fussent retirés le 2. Je les ai encore suivis jusqu'à un petit mille de Landsberg, où j'ai laissé mon armée dans les forêts. Comme ce pays n'est pas propre pour la poursuite ni pour rien, j'ai laissé la besogne des Russes à Dohna, et je suis accouru à votre secours. Dans sept jours, nous avons fait 24 milles d'Allemagne, et nous sommes, je vous assure, en état de combattre, pourvu que la grosse Excellence de Kolin veuille y prêter le collet.

J'ai parlé sur mon passage à ma sœur Amélie,1 qui m'a chargé de vous faire mille amitiés; comme il est très problématique, jusqu'à présent, si nous pourrons nous voir ou non, j'ai toutefois voulu m'acquitter de ma commission.

Je vous embrasse, mon cher frère, bien tendrement, vous priant de me croire avec la plus parfaite tendresse et estime, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Voici une lettre pour le margrave de Baireuth.2

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10292. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Elsterwerda, 8 septembre [1758].

J'ai bien reçu votre lettre du 5 de ce mois. Demain, je compte être à Grossenhain et de me joindre aux corps du margrave Charles et de Zieten.

Au reste, mes nouvelles sont que Daun s'est replié sur Stolpen. S'ils ont quelques magasins, soit à Bautzen ou à Zittau, vous pouvez compter qu'on les leur prendra.

Ayez la bonté de faire transporter vos pontons à Meissen, pour qu'au premier signal de ma part on y puisse faire un pont pour ma



1 Vergl. S. 208. Anm. 3.

2 Nr. 10290.