11538. AU FELD-MARÉCHAL PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

Sophienthal, 17 octobre 1759.

La lettre de Votre Altesse du 11 de ce mois m'est bien entrée. Ne me félicitez pas encore sur ma situation, parcequ'il ne faut porter de jugement sur cette campagne que quand elle sera achevée.

Quant à ce qui regarde Votre Altesse, je n'ai aucun doute qu'Elle ne réussisse; de la manière que je vois que vous vous y prenez, [un] peu596-3 plus tôt ou plus tard vous parviendrez à votre but.

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Je crois le temps d'expéditions de mer passé, et que, par conséquent, l'Angleterre pourra être à présent en sûreté contre les entreprises des Français. Ces derniers paraissent avoir une grande envie de faire la paix; si Québec est pris, comptez qu'ils la feront. J'ai bien cru que la reine de Hongrie serait celle qui se gendarmerait le plus contre toute idée de la paix; ni elle ni ses descendants ne trouveront jamais d'alliance plus favorable que celle qu'elle a trouvé le moyen de former; mais quelle que soit son ambition, si la France tire son épingle du jeu, il faudra bien qu'elle suive, quoique je voudrais bien parier que cela se fera de mauvaise grâce. Pensons à bien finir la campagne, et espérons tout des négociations de cet hiver! Je tiens depuis Herrnstadt jusqu'à Kœben, l'ennemi tient son poste derrière la Bartsch entre Rützen597-1 et Grand-Osten. Il brûle que c'est affreux, et commet des cruautés qui font dresser les cheveux. Je le resserre avec mes détachements le plus qu'il m'est possible. Je me flatte qu'il décampera en peu de jours.

Federic.597-2

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.



596-3 Vorlage: autre peu.

597-1 Südl. von Guhrau.

597-2 Ein P.S. handelt Uber die Vergebung einer vacanten Präbende im Stifte Herford.