2446. AU CHAMBELLAN D'AMMON A LA HAYE.

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Ammon berichtet, Haag 30. November, dass ihm zwei der einflussreichsten Regenten zehn Artikel als Grundlage für einen unter preussischer Vermittelung und Garantie abzuschliessenden Vergleich zwischen Holland und Frankreich mitgetheilt haben. Die wichtigsten Bestimmungen würden sein: Räumung der Barrierefestungen und der österreichischen Niederlande durch Frankreich; Besetzung dieser Festungen durch holländische, nicht durch österreichische oder andere Frankreich feindliche Truppen; Sequestration der Österreichischen Niederlande durch die Republik bis zum allgemeinen Frieden, unter Fernhaltung österreichischer Truppen;254-1 gute Dienste der Republik in London zum Zwecke der Wiederauslieferung des Cap Breton an Frankreich.

Berlin, 7 décembre 1746.

J'ai reçu la dépêche que vous m'avez envoyée par estafette, touchant les ouvertures confidentes que deux des principaux régents de l'État où vous êtes vous ont faites au sujet d'un accommodement particulier à faire entre la France et la République sous ma médiation et ma garantie. Après avoir mûrement réfléchi sur une affaire d'une si grande importance, je veux que vous deviez faire en mon nom à ces deux régents un compliment très obligeant et fort poli, en les assurant bien affectueusement de ma part combien j'étais sensible au témoignage de l'entière confiance qu'ils avaient bien voulu mettre en moi pour l'avantage de la République, dont les intérêts m'étaient toujours si chers, qu'il n'y avait ni prospérité ni bonheur que je ne souhaitais sincèrement à elle, et que je me montrerais en toutes les occasions son ami véritable. Mais sur ce qui était de ce qu'ils désiraient de moi en cette occasion-ci, je me voyais obligé à leur faire communiquer par vous les remarques suivantes, savoir qu'il y avait à observer:

Premièrement, que le projet d'accommodement qu'ils me proposaient n'était qu'une idée partie de personnes qui ne vous avaient parlé que de leur propre chef, à l'insu et sans aveu du Grand-Pensionnaire et des autres députés de l'État.

Qu'en second lieu je leur laissais considérer si la France voudra entrer dans leur projet, par lequel cette puissance serait obligée de se désister des avantages réels qu'elle avait eus par la guerre, et abandonner ainsi le certain pour l'incertain; que d'ailleurs la république de Hollande, ayant déjà fait à la France tout le mal qu'elle avait pu faire,

 

ne pouvait guère prétendre, vu le délabrement de ses affaires, que la France se dépouillât de toutes ses conquêtes du Pays-Bas pour se débarrasser de douze ou de quinze mille Hollandais.

Que troisièmement, quant à l'Angleterre, j'étais fort et fermement persuadé qu'elle n'entrerait pas dans ces vues-là et que jamais on ne la porterait à se désister du Cap Breton, à moins qu'il n'y ait des révolutions qu'on ne pourrait prévoir encore, et qu'au surplus, depuis le changement arrivé dans le ministère anglais, leur parti était plus décidé que jamais.

4° Pour ce qui regardait la reine de Hongrie, je m'étais en quelque façon lié les mains par le traité de Dresde que j'avais fait avec elle, et qu'ainsi je ne pourrais pas de bonne grâce lui proposer des conditions aussi dures que celles dont le projet fait mention.

Ainsi je ne voyais pas que sur ces propositions-là, et vu l'agitation dans laquelle les esprits sont encore en Europe, ma médiation pourrait être utile, et que je leur avouais naturellement que mon caractère me donnait un extrême éloignement pour me mêler d'affaires dont je prévoyais une issue infructueuse.

Vous assaisonnerez tout cela de force de compliments, tant sur le personnel de ces deux régents que sur mon amitié vers la République, et ne manquerez pas de m'en faire votre rapport.

Federic.

Ce projet est insensé et ridicule. Rendez vos relations plus laconiques, vous m'ennuyez à la mort avec votre long verbiage; vous répétez dans toutes vos relations la même chose et vous entrez dans des détails superflus.

Nach dem Concept. Der Zusatz nach Abschrift der Cabinetskanzlei.



254-1 Vergl. zu diesem Punkte A. Beer, Holland und der österreichische Erbfolgekrieg; Archiv für österr. Geschichte XLVI, 362.