4987. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

[Potsdam], 30 [juin, 1751].392-1

Ma très chère Sœur. Cothenius392-2 est arrivé; il m'a tout-à-fait tranquillisé sur l'état de votre santé, qu'il se flatte d'avoir rétablie du mieux qu'il a pu pendant son séjour de Baireuth. Je vous rends grâce, ma chère sœur, de la façon tendre dont vous daignez vous souvenir de moi, et de la manière gracieuse dont vous interprétez les petits services que je puis vous rendre. Le médecin m'a apporté la belle table et le jus de cerises que vous avez la bonté de m'envoyer, dont je vous fais les plus tendres remercîments.

<393>

Voici la réponse que j'ai reçue de la France;393-1 je n'ai point voulu abuser de la confiance du Margrave et je ne prétends être dans toute cette affaire que l'instrument de vos volontés. Je crois que, si le Margrave juge à propos de signer ce traité, il sera convenable de garder là-dessus un secret impénétrable, afin que nos ennemis, ne se doutent pas même des mesures de prudence qu'on prend contre leurs mauvais desseins. Il sera d'autant mieux que la chose ne fasse pas de bruit, que nous n'en pensons point à nous faire valoir, et que la France n'a d'autre objet dans ses dépenses que d'assurer à ses alliés une tranquillité durable. Je vous prie encore instamment, ne faites rien en tout ceci que ce que vous trouverez convenable à vos intérêts, et soyez sûre, ma chère sœur, que je les regarde comme les miens, étant avec toute la tendresse et torte la considération imaginable, ma très chère sœur, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung un Königl. Hausarchiv zu Berlin. Eigenhändig.



392-1 In der Ausgabe des Œuvres de Frédéric le Grand XXVII, 1, 231 irrthümlich zum 30. Mai 1753 eingereiht.

392-2 Vergl. S. 376.

393-1 Vergl. S. 390. 402.