5392. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLINGGRÆFFEN A VIENNE.

Berlin, 25 mars 1752.

Quoique il ne manque pas des exemples dans le temps présent que des ministres qui sont au timon des affaires, agissent diamétralement contraire aux intérêts de leurs souverains, j'ai néanmoins de la peine à me persuader que ceux de l'Espagne voudraient s'oublier au point de faire entrer leur Prince dans des liaisons avec les cours de Vienne et de Londres qui ne sauraient être ni stables ni aucunement combinables avec les intérêts de l'Espagne. Ce qui me fait présumer que peut-être le roi d'Espagne, se souciant peu de l'agrandissement des possessions de ses frères en Italie,73-1 voudrait bien goûter un traité de neutralité et de garantie; mais de vouloir le faire entrer dans des engagements qui le mèneraient plus loin, c'est ce qui ne me paraît point vraisemblable. S'il arrivait d'ailleurs que le roi d'Espagne d'aujourd'hui vint à manquer et que la Reine douairière dût reprendre les rênes du gouvernement, les choses retourneraient sûrement à leur première face. Quant au roi de Sardaigne, il n'est nullement à présumer qu'il voudra renoncer éternellement, au moyen d'un traité de neutralité, à ses prétentions sur le Milanais et autres pays de sa convenance. Au reste, tout ce que dessus ne doit point vous empêcher à tirer des notices les plus exactes de ce qui sera convenu à Madrid entre les parties contractantes.

Federic.

Nach dem Concept.

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73-1 Vergl. S. 36 Anm. 1.