<XV>lors de la réorganisation de l'Académie, il fut nommé directeur de la classe des mathématiques. Le Roi eut souvent recours à ses lumières dans des cas extraordinaires. En 1744, par exemple, il lui demanda son avis sur le meilleur traité d'artillerie, sur quoi Euler fit l'éloge de l'ouvrage anglais de M. Robins, qu'il traduisit en allemand. En 1749, le Roi chargea le savant géomètre de revoir le nivellement du canal de Finow. Il examina plus tard les salines de Schönebeck, les machines hydrauliques de Sans-Souci et plusieurs projets de finance, et eut ainsi occasion de rendre à l'État des services réels, en lui épargnant des dépenses aussi onéreuses qu'inutiles. Aussi le Roi le consulta souvent avec la plus entière confiance sur ce qui concernait les affaires de l'Académie de Berlin et de l'université de Halle. Après avoir donné des leçons à la princesse Philippine,a fille du margrave Frédéric de Schwedt, Euler lui adressa, lors du séjour de la cour à Magdebourg, en 1760, 1761 et, 1762, les lettres qu'il publia dans la suite sous le titre de : Lettres à une princesse d'Allemagne sur quelques sujets de physique et de philosophie. Pétersbourg, 1768-1772, trois volumes in-8.

En 1765, il s'éleva des différends entre Sulzer et Euler sur les affaires économiques de l'Académie, différends qui, suivis de quelques propos malins de Frédéric, firent prendre à Euler, en 1766, la résolution de retourner à Saint-Pétersbourg, où il mourut le 18 septembre 1783. Il conserva néanmoins jusqu'à sa fin un grand attachement pour les intérêts de la Prusse et de Frédéric.

Le nom d'Euler revient souvent dans les volumes précédents : t. III, p. 28; t. IX, p. 74; t. X, p. 158 et 196; t. XI, p. 147 et 180; et t. XIX, p. 21.

L'Académie de Saint-Pétersbourg conserve cinquante-sept lettres originales de Frédéric à Euler (vingt-neuf en français, dont trois de la main du Roi, et vingt-huit en allemand), dont elle a bien voulu nous donner des copies exactes. C'est donc à son obligeance que nous devons les vingt-deux pièces dont nous avons fait choix, laissant de côté les ordres de Cabinet en allemand et les lettres en français qui ne répondent pas au but de notre travail. La lettre de Frédéric à Euler, datée de Waldow, 15 septembre 1759, avait déjà été publiée dans l'Éloge de M. Léonard


a Voyez t. VI, p. 251, no 23.