<180>généraux français se trouvèrent par cette manœuvre, ils n'imaginèrent d'autre ressource que d'attirer à eux la réserve du Bas-Rhin. Le prince de Condé, en conséquence des ordres que les maréchaux lui donnèrent, laissa M. Le Voyer avec un détachement sur la basse Lippe, et ayant inutilement tenté de prendre Hamm en marche, il traversa la Wettéravie, et déboucha, par Giessen, sur l'Ohm. Son but était de se porter sur la haute Éder, pour y reprendre le projet dans lequel M. de Soubise avait échoué. Le Prince héréditaire, qui jusqu'alors avait observé le prince de Condé, partit aussitôt que lui, et ayant laissé quelques troupes pour observer M. Le Voyer, il traversa la principauté de Waldeck et gagna les bords de l'Ohm, avant que la réserve française du Bas-Rhin pût y arriver.

Pendant ces mouvements des réserves, le prince Ferdinand aurait désiré d'attaquer le maréchal de Soubise avant que le prince de Condé le pût joindre. Il se proposa d'alarmer le front de l'ennemi, et de porter toutefois ses plus grandes forces contre M. de Guerchy, qui campait au delà de la Fulde, proche de Melsungen. Le prince Frédéric de Brunswic fut détaché avec six bataillons et douze escadrons, pour faire le tour de la Werra et s'emparer de Wanfried et d'Eschwege, par où il se trouvait à dos des ennemis. On se disposa pour faire l'attaque générale le 8 d'août; mais une pluie abondante qui survint, et qui gonfla les eaux de la Fulde, empêcha que les troupes ne pussent passer les gués, ni se rendre en même temps aux points qui leur étaient marqués. Cette entreprise aboutit à une canonnade, qui dura trois jours.

Le prince de Condé, pendant ce temps-là, prit le château d'Ulrichstein; après avoir tenté le passage de l'Ohm à différentes reprises, mais toujours en vain, il essaya de pousser un détachement à Hers-feld, pour tendre de là la main aux deux maréchaux qui commandaient l'armée française. Pour seconder les desseins du prince de Condé, le maréchal de Soubise chargea M. de Stainville de bombarder le château de Friedewald; ce qui, ayant réussi, rouvrit la communication jusqu'alors interrompue de l'armée française au Main. Cette armée française était alors tellement disposée en Hesse, qu'elle formait comme un grand demi-cercle, dont l'un des bouts, passant par Marbourg et Giessen, tenait à la