<448> toutes les apparences, on persistera là où vous êtes à vouloir me frustrer de la satisfaction que je suis si justement fondé à demander par rapport aux termes indécents dont le baron de Hœpken s'est servi dans la déclaration en question.1

Mais comme, en ce cas, je ne pourrai guère me dispenser de vous rappeler, mon intention est que vous vous teniez prêt à tout évènement, pour pouvoir partir à la réception de l'ordre que je me réserve de vous en faire.

Vous vous énoncerez, en attendant, là-dessus en conformité là où vous êtes envers des personnes par le canal desquelles le ministère et le Sénat de Suède puissent en être informés. Quant au marquis d'Havrincourt, vous lui insinuerez qu'il ne pouvait que m'être fort désagréable de me voir refuser une satisfaction sur laquelle je ne pouvais guère me dispenser d'insister, et de devoir en venir à la résolution de vous rappeler pour un sujet à l'occasion duquel la Suède témoignait ne pas faire le cas convenable de mon amitié; ce qui m'obligerait à mon tour de ne pas non plus rechercher la sienne, qui d'ailleurs, par la conduite qu'elle tenait, ne pourrait manquer d'être d'un petit usage à ses amis et alliés.

Au surplus, il m'est fort affligeant que la Reine ma sœur suive tellement les impulsions de ceux qui la conseillent, que de s'exposer par là de se mettre à la merci de la Russie. Vous tâcherez d'avoir l'occasion d'en remontrer la conséquence à la Reine, et vous lui ferez sentir toute la pesanteur de l'esclavage russe dans lequel la Suède serait précipitée par la conduite d'un parti qui se proposait peut-être d'en éviter un moindre; et vous vous donnerez toutes les peines possibles pour apprendre indirectement si l'avis que la Russie avait fait déposer 200,000 écus à la banque de Stockholm2 pour s'en aider à la Diète, est fondé, et les relations du chambellan Panin à cet égard avec le parti de la cour, afin de pouvoir m'en faire votre rapport.

Federic.

Nach dem Concept.


7158. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE HÆSELER A COPENHAGUE.

Berlin, 24 décembre 1755.

J'ai bien reçu votre rapport du 16 de ce mois, et il ne me paraît pas probable que la Porte ait fait faire jusqu'ici la déclaration à la Russie3 au sujet de la marche des troupes de la dernière au service de l'Angleterre dont vous faites mention dans votre dit rapport, d'autant plus que, si la chose était fondée, nous aurions été plus à portée d'en être informé ici, avant qu'on en eût pu avoir la nouvelle sur vos lieux. Toutefois vous continuerez de donner votre attention à l'impression que



1 Vergl. 176—178.

2 Vergl. S. 190.

3 Vergl. S. 427.