<29> par des gens apostés. Je connais trop votre dextérité et le zèle que vous portez pour nos intérêts, mais soyez persuadé que, quelques avis qu'on vous a donnés, et que vous m'avez marqués par vos dépêches antérieures,1 n'ont été que pour vous embaumer et pour vous représenter les choses sur tout une autre face qu'elles le sont effectivement. Vos deux derniers rapports et ce que j'ai appris par d'autres canaux, me sont de sûrs garants de ce que je vous avance.

Soyez assuré et n'en doutez pas pour un instant qu'après les brouilleries de l'Angleterre et de la France, la cour où vous vous trouvez a songé d'abord à profiter de l'occasion de m'attaquer conjointement avec la Russie, dès que les Français entreraient dans les Pays-Bas autrichiens. C'est à ce principe que vous dirigerez et en conséquence duquel vous devez diriger votre attention, qui vous déchiffrera les vues et tout l'arrangement que les Autrichiens font dans leur militaire.2 Prenez vos mesures là-dessus, et la suite vous convaincra que les perquisitions que vous aurez faites là-dessus, n'auront point été gratuitement.

Par ma dernière dépêche,3 je vous ai ordonné de m'apprendre les propres lieux où la cour de Vienne fait assembler des magasins en Moravie et en Bohême; songez de m'y satisfaire, tout comme sur les nouveaux arrangements que le maréchal de Neipperg fait faire dans les manœuvres de troupes;4 s'il n'est possible que vous puissiez entrer dans tous les menus détails là-dessus, ce sera au moins le gros de ceci que vous saurez me mander. Je sais par de bonnes lettres que le régiment hussards de Maros vient d'être mis en quartier à la principauté de Teschen et le long des frontières de la Haute-Silésie autrichienne, sous prétexte de veiller contre les faux-sauniers. Qu'on en persuade aux imbécilles tout ce qu'on en voudra, mais des gens judicieux et raisonnables savent trop ce qu'ils en doivent croire.

Au reste, nous avons nos bruits ici qu'il doit être remis à l'Impératrice-Reine une lettre d'un anonyme que la ville de Vienne dût avoir au mois de mars la même catastrophe par un tremblement de terre que celle de Lisbonne avait eu malheureusement,5 et que cet avis de l'anonyme avait causé tant de frayeur à cette Princesse qu'elle avait incontinent après donné ses ordres afin que tous les divertissements de carnaval, comme opéras, comédies, et tout autre spectacle fussent défendus à Vienne, à Prague, à Olmütz et tous autres lieux de sa dépendance, mais qu'au lieu de cela l'archévêque de Vienne et les autres du clergé ordonnassent des actes singuliers pour fléchir le Ciel. Si ces bruits sont vrais, je trouverais un peu étrange que vous ne m'ayez rien marqué là-dessus, vu que ce serait une chose qui méritait assez. que vous m'en fissiez quelque rapport.

Federic.

Nach dem Concept.



1 Vergl. Bd. XI, 404. 411. 453.

2 Vergl. S. 18.

3 Nr. 7178.

4 Vergl. S. 10.

5 Vergl. Bd. XI, 484.