8086. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH AU CAMP D'AUSSIG.

[Sedlitz], 21 [septembre 1756].428-2

Mon cher Maréchal. Je suis bien aise de vous savoir arrivé à Aussig, je me confie entièrement en vos lumières et en vos soins pour la façon dont vous camperez les troupes. Il faudra faire, le plus tôt que vous pourrez, un pont sur l'Elbe, pour savoir ce qui se passe de l'autre côté de la rivière.

Je ne peux faire partir que demain le prince de Bevern avec 9 bataillons, au lieu de 11, à cause que l'on n'aurait pas pu garnir les postes d'en delà l'Elbe avec moins de troupes, et qu'il a fallu retirer aujourd'hui deux bataillons de Schandau. Le prince Ferdinand ne me mande rien du château de Tetschen, qui cependant deviendra un objet important, dès que le camp saxon ne nous empêchera plus de transporter nos vivres en Bohême. Selon le dire des déserteurs, des prisonniers, et selon ce que contiennent beaucoup de lettres interceptées de la montagne, la disette obligera ces gens à finir; j'ai vu hier moimême, en prenant le camp du général Lestwitz, que les chevaux de la cavalerie saxonne allaient paître. Le Roi a demandé des provisions, qu'on lui a laissé parvenir incontinent; le grand-chancelier Malachowski s'est de même rendu chez lui,428-3 enfin, il n'a pas lieu de se plaindre de<429> moi; mais tout cela ne m'empêchera pas d'affamer son armée, pour finir ceci le plus promptement que possible. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Les dragons et trois bataillons d'infanterie qui sont arrivés hier à Peterswalde, pourront vous joindre aujourd'hui.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.



428-2 Ein hier nicht aufgenommenes eigenhändiges Schreiben an Keith vom 22. September ist gedruckt: Varnhagen, Leben Keith's S. 119.

428-3 Vergl. S. 420.