8387. AU DUC RÉGNANT DE BRUNSWICK A BRUNSWICK.

Dresde, 1er [décembre]98-3 1756.

Monsieur mon Frère et Cousin. Votre Altesse sera persuadée de toute ma sensibilité sur la marque sincère qu'Elle me donne en continuant de m'instruire de ce [qui] vient à Sa connaissance des nouvelles qui sauraient regarder mes intérêts, dont je Lui rends mille grâces. Il est vrai, cependant, que les nouvelles qu'on reçoit des desseins que les cours de Vienne et de Versailles avisent contre moi, sont jusqu'à<99> présent si variables qu'il est presqu'encore impossible de s'y diriger, vu que le système qu'elles adoptent, change presque du jour au lendemain, de sorte qu'il me paraît qu'il n'y aura rien de décidé fermement là-dessus, avant que le comte d'Estrées, envoyé par la cour de France à Vienne,99-1 n'ait pas fait son rapport des conférences qu'il a eues avec les ministres de Vienne sur les opérations à faire de leur part dans la campagne future, et que le concert soit réglé.

En attendant, j'ai tout fait pour presser le roi d'Angleterre99-2 à faire dès à présent les arrangements nécessaires, afin de pouvoir assembler de très bonne heure une armée en Allemagne là où il sera nécessaire, et même d'en prévenir les Français, s'il est possible; aussi je me flatte que mes représentations ne laisseront pas de faire impression. Tout ce qui nous reste, c'est d'attendre tranquillement à quoi le système des deux cours susdites se fixera, qui jusqu'ici a varié toujours et qui peut-être variera encore. Je suis avec toute la considération et l'amitié la plus sincère, Monsieur mon Frère et Cousin, de Votre Altesse etc.

Federic.

Nach dem Concept.



98-3 In der Vorlage verschrieben: novembre.

99-1 Vergl. S. 39.

99-2 Vergl, S. 20. 56. 63.