8449. AU MINISTRE DE LA GRANDE-BRETAGNE MITCHELL A DRESDE.

Mitchell tiberreicht in französischer Uebersetzung zwei Schreiben des englischen Gesandten Williams in Petersburg.

Williams meldet, Petersburg 27. November: „Il m'est encore impossible de vous dire quel parti cette cour prendra; je suis persuadé que si l'occasion se présentait pour faire la paix, la plus grande partie du ministère l'embrasserait avec plaisir; mais la déclaration précipitée et violente que la cour a faite,149-1 l'a plongée dans des difficultés desquelles on ne sait pas comment se débarrasser . . .

On débite ici que I'avant-garde de l'armée russienne en Courlande a été battue par les troupes de Sa Majesté le roi de Prusse.

Les mal intentionnés font croire au Grand-Duc que Sa Majesté le roi de Prusse, se liguant avec le roi de Danemark, a envie d'attaquer le duché de Holstein, Je vous prie donc de supplier le roi de Prusse de m'autoriser à dire au Grand-Duc que, loin d'avoir aucune intention d'attaquer le Holstein, Sa Majesté Prussienne n'a rien plus au cœur que de conserver et cultiver l'amitié avec le Grand-Duc. La Grande-Duchesse m'a dit que, si le roi de Prusse donne de telles assurances, il fixera pour jamais le Grand-Duc dans ses intérêts.“

Williams meldet, Petersburg 30. November:149-2 „La maison d'Autriche soutient sa cause ici avec une libéralité étonnante; un vaisseau d'Amsterdam a apporté à Riga 85,000 ducats, laquelle somme doit être remise au plus tôt à l'ambassadeur impérial à Pétersbourg.

Je vous ai écrit par le dernier courrier très particulièrement touchant la santé de l'Impératrice; elle a eu, depuis, deux ou trois rechutes légères, et il y a cinq mois qu'à peine a-t-elle paru en public.149-3 On fait ici grand mystère de sa santé, mats vous pouvez être assuré que je vous en informerai,“

[Dresde, décembre 1756.]

Note.149-4

1° On devrait bien savoir à quoi s'en tenir sur les bruits ridicules qui ont couru sur la prétendue entrée des Prussiens en Courlande.

2° Qu'il fallut nourrir et cultiver les sentiments pacifiques des ministres par toutes sortes de raisons, en appuyant ces raisons par des libéralités en argent, et faire jouer tous les ressorts imaginables pour empêcher la marche des troupes de Russie.

3° Que le scrupule de la déclaration faite précipitamment serait facile à lever par le prétexte spécieux qu'on avait à présent d'autres<150> informations de la véritable situation des affaires, après avoir vu ce que le roi de Prusse alléguait des motifs qui l'avaient obligé de songer à sa sûreté et à sa défense, ce que l'on avait ignoré du temps de la déclaration faite.150-1 4° M. le chevalier Williams est autorisé de dire au Grand-Duc que, loin que le Roi avait jamais eu la moindre pensée d'attaquer le Holstein, il n'avait rien plus à cœur que de conserver et cultiver l'amitié la plus étroite avec Son Altesse Impériale. 5° Il peut de plus assurer fortement à la Grande-Duchesse que, pourvu qu'elle voudrait appuyer auprès du Grand-Duc qu'il employât efficacement son crédit à ce que la Russie ne prît point parti présentement contre le Roi, il lui promettait de ne pas vouloir prendre des engagements relatifs au Holstein et au Sleswig; au lieu que, si la Russie voulait agir hostilement contre lui, il fallait bien qu'il tâchât de se fortifier par d'autres engagements, et qu'ainsi il ne dépendrait que d'eux de conserver la paix qu'ils avaient entre leurs mains. 6° Un argument dont M. le Chevalier se servirait utilement, serait de faire réfléchir sur l'état de la santé de l'Impératrice, qu'on disait mauvais, et le grand inconvénient qu'il y aurait à quelque évènement, si alors le gouvernement se trouvait plongé en guerre et que les troupes fussent éloignées, ce qui saurait occasionner des troubles et des révolutions intérieures.

Nach der Ausfertigung im British Museum zu London (Addit. Manuscripts Vol. 6844).



149-1 Vergl. Bd. XIII, 516.

149-2 Vergl. über das Schreiben vom 30. November auch S. 151.

149-3 Vergl. S. 49. 79.

149-4 Die „Note“ muss Mitchell vom Könige in oder nach einer Unterredung vom 17. oder 18. December zugestellt worden sein. Dies geht aus einem Schreiben Mitchell's an Williams, d. d. Dresden 18. December, hervor, in welchem Schreiben Mitchell meldet, dass er nach Empfang der Williams'schen Schreiben vom 27. und 30. November mit dem Könige conferirt habe und von diesem aufgefordert worden sei, in seinem Namen an Williams über die verschiedenen in Frage stehenden Punkte Antwort zu ertheilen. Dieses unter königlicher Autorisation von Mitchell an Williams geschickte englische Antwortschreiben vom 18. December schliesst sich Punkt für Punkt genau an die im Text gegebene „Note“ an. Vermuthlich hat der König dem englischen Gesandten zuerst mündlich seine Aufträge gegeben und dann dieselben noch einmal schriftlich in der ihm zugesandten „Note“ fixiren lassen. [Das Schreiben Mitchell's an Williams vom 18. December im British Museum, Additional Manuscripts. Vol. 6806.]

150-1 Vergl. S. 79.