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POLITISCHE
CORRESPONDENZ
FRIEDRICH'S DES GROSSEN.
SIEBZEHNTER BAND.

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POLITISCHE
CORRESPONDENZ
FRIEDRICH'S DES GROSSEN.
SIEBZEHNTER BAND.
BERLIN,
VERLAG VON ALEXANDER DUNCKER,
KÖNIGLICHEM HOFBUCHHÄNDLER.
1889.

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1758.
[MAI — DECEMBER 1758.]
Redigirt von Privatdocent Dr. Albert Naudé.

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9975. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.1-1

Starnau,1-2 3 mai 1758.1-3

La lettre1-4 que Votre Altesse m'a faite du 24 [du mois passé],1-5 m'est heureusement parvenue.

Dans les circonstances où je me trouve présentement, et occupé entièrement à investir la ville d'Olmütz, auprès de laquelle je viens d'arriver aujourd'hui, je ne saurais que me rapporter à la lettre antérieure que je vous ai faite du 30 d'avril.1-6 Cependant, comme les Français débitent partout que, malgré tout ce que leurs troupes en Allemagne ont essuyé, ils détacheront, nonobstant de cela, le duc de Broglie avec 24,000 hommes pour passer en Bohême et y renforcer l'armée autrichienne, je me flatte que Votre Altesse fera au mieux pour leur faire passer l'envie d'exécuter ce dessein, et quand même vous ne feriez que le retarder, vous me rendriez toujours un service insigne et important.

J'ai gagné six marches sur Monsieur de Daun. Demain, je serai à Littau que vous connaissez,1-7 où je coupe l'armée de la ville qu'il faut assiéger. C'est un début, mais il reste encore bien des obstacles<2> à vaincre, avant que d'achever bien la campagne. Adieu, mon cher, dites un Avé pour moi.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


9976. AN DEN GENERALLIEUTENANT VON ZIETEN.2-1

[3. Mai 1758.]2-2

...Bin versichert davon, dass, wann Armee2-3 auch weggehet, von dem Volk werden was stehen lassen da bei den unsern, wenn auch weiter nichts wäre, als um ihre Magazine zu decken. Ich habe heute schon Commando in Littau und werde morgen mit [der] Avantgarde auch da sein, also dass wir diesseits den Feind werden vollkommen haben abgeschnitten von Olmütz. Ich fange jetzt an zu glauben, dass D[aun] da warten wird, bis dass sie2-4 werden die Canons und Battferies] werden an die Stadt bringen, alsdann er sich auf Marsch begeben wird; denn dass er Mähren sollte abandonniren, nicht zu präsumiren, noch zu glauben.

Weisungen für die Antwort;2-5 auf der Rückseite des Berichts von Zieten, d. d. Landshut 1. Mai. 2-6


9977. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

[Mai 1758.]2-7

En chiffre!

Nach Baireuth!

Si je portais la guerre dans votre pays, il serait ruiné de fond en comble; ils brûleraient, pilleraient et vous abîmeraient totalement. Il faut par de puissantes diversions attirer l'ennemi d'autres côtés; c'est à quoi je travaille, du moins le mal que vous souffrez, ne sera que passager, et cela vous évite une ruine totale. Nous marchons à Olmütz; j'ai gagné sept marches sur l'ennemi, je le préviens à coup sûr. Le siège ne pourra s'achever que vers la mi-juin, à cause des transports;<3> mais l'ennemi sera réduit dans une triste situation et obligé, malgré lui, d'attirer les Cercles en Bohême.

Voilà tout ce que je peux vous dire en gros jusqu'à présent, n'osant pas confier ces choses à la plume. Un peu de patience, et nous triompherons de toutes les difficultés.

Federic.

Nach dem Concept.3-1 Eigenhändig.


9978. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

Auprès d'Ol mütz, 3 mai 1758.

Ma très chère Sœur. J'ai eu le plaisir de recevoir votre chère lettre du 22 ici en pleine opération. Nous avons coupé l'armée de Daun d'Olmütz : voilà l'ouverture de la campagne, pour le reste, le Ciel y pourvoira.

Je réponds bien que les Français n'arriveront pas en Bohême les premiers trois mois; ils font des gasconnades, mais entre ci et ce temps-là l'appétit leur en passera.

Tous ceux qui me viendront avec vos recommandations, ma chère sœur, seront sûrement bien reçus.

Nous voici dans une crise nouvelle, mais ne craignez rien, les batailles ne seront pas aussi communes que l'année passée; je crois pouvoir même presque avancer que la ville d'Olmütz se prendra sans batailler.

Je souhaiterais bien de recevoir de vous une lettre où vous m'écrivissiez: Je me porte parfaitement bien, et je ne souffre rien. Daignez, ma chère sœur, me l'écrire bientôt et soyez persuadée que ce sera la plus agréable que j'aie reçue de ma vie. Je vous demande mille pardons, si je finis si brusquement ma lettre; mais c'est à présent le temps des grandes affaires. Je suis avec la plus parfaite tendresse, ma très chère sœur, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


9979. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.3-2

Littau, 4 mai 1758.

J'apprends de bon lieu que tout ce que vous avez vis-à-vis de vous des troupes autrichiennes, n'est plus que Hadik avec 4000 hommes et<4> deux régiments d'infanterie encore, Colloredo et un autre que je ne sais pas vous nommer, outre deux régiments de cavalerie encore. Si ces circonstances sont telles qu'on me les a accusées, et que les avis que vous en avez, en sont d'accord, je crois que vous sauriez laisser là un corps suffisant de 10 où de 12,000 hommes aux environs de Dresde ou tel autre lieu que vous y trouverez convenable, en attendant que vous marcherez avec le reste droit à Bamberg, pour y disperser tout ce qu'il y a là des troupes des Cercles,4-1 et pour forcer l'évêque4-2 de faire sa paix, de rappeler ses troupes ou de promettre au moins la neutralité. Vous feriez par là un beau commencement de votre campagne. Je remets cependant tout à votre discernement, et vous jugerez si l'entreprise sera praticable.

Cette expédition cependant ne dérangera en rien notre projet de campagne,4-3 et dès que vous aurez achevé ladite entreprise, vous vous tournerez vers la Bohême, pour agir là conformément au plan dont je suis convenu avec vous par rapport à Prague et au reste.

Federic.

Nach dem Concept.4-4


9980. AN DEN GENERALLIEUTENANT VON ZIETEN [UND AN DEN GENERALMAJOR VON SEYDLITZ].

[Mai 1758.]

Bei den gemeldeten Umständen so gestehe gar gerne, mit Widerwillen zu sehen, dass Kurssell da bleibt.4-5 Meine, dass sich gar nicht halten kann, und glaubte, dass Buccow4-6 da würde stehen bleiben, um sein Magazin zu decken und wieder hinzukommen, wann es ihm gelegen sein 'würde. Und wo der Feind da was starkes herum stehen liesse, würde sich Diericke nicht weit von Glatz entfernen können.

Möchte General Seydlitz4-7 mit 5 Escadrons bei Kurssell lassen, auf dass er Kursseil dirigirte, und dieser nichts thun müsste ohne ihn, und Seydlitz kann dann alles concertiren mit Zastrow; Kurssell Namen haben, Commando aber Seydlitz: alles eigentlich thun und auch durchgreifen, wann noch ein Mann ist! sowohl wegen den Post von Landshut zu souteniren, oder den Feind zu attaquiren, oder im Fall der Noth<5> sich nach Schweidnitz zurückzuziehen. Und Er5-1 mit den andern 3 Escadron Seydlitz kann nur immer in Gottes Namen hieher kommen.

An Seydlitz Ordre!

Wann was findet, im Dienst findet, er durchgreifen kann, und seine Ordres gelten sollen. Wann Kurssell was nicht recht thut, Ordre aufzuzeigen!

Woferne sich der Buccow von der Grenze wegziehen sollte, muss Seydlitz mit seinen Husaren und Freibataillon5-2 nachkommen.

Weisungen für die Antwort an Zieten und für einen Erlass an Seydlitz; auf der Rückseite des Berichts von Zieten, d. d. Landshut 2. Mai.


9981. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.5-3

Littau,5-4 6 [mai 1758].

Mon cher Maréchal. Je viens d'apprendre par mes coureurs que l'ennemi commence à assembler un corps à Mürau,5-5 dont les avantpostes sont à Muglitz et Loschitz. Je ferai camper ici un corps de mes troupes pour leur en imposer. Il faut que ceux de Neustadt5-6 soient sur le qui-vive, et il serait bon qu'il y eût là quelques bataillons d'infanterie, pour les soutenir.

J'ai poursuivi hier la cavalerie qui s'est retirée d'Olmütz à Brünn. On a fait 100 prisonniers sur eux; mais comme j'ai occupé Prossnitz,5-7 et que j'y ai mes dragons, il ne me reste ici que deux régiments de cavalerie. Voudriez-vous bien m'en envoyer demain deux de votre gauche? Je ferai aussi passer l'eau5-8 à une partie de ma pesante artillerie, pour l'avoir plus à portée. Nous avons pris à l'ennemi le magasin d'Olschan,5-9 mais il ne s'y est trouvé que 2000 chariots de foin.

Au reste, Monsieur le Maréchal, je dois vous avertir que je vous destine la direction du siège d'Olmütz, comme à l'officier le plus expérimenté de l'armée. Il dépendra donc de vous de prendre les arrangements préalables que vous trouverez convenables, et même de passer ici, si vous le trouverez à propos. Vous assurant de ma parfaite estime et amitié,

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.5-10

<6>

9982. AN DEN GENERALLIEUTENANT BARON DE LA MOTTE-FOUQUÉ.6-1

Littau, 6. Mai 1758.

Ich habe Euern Rapport vom 4. dieses erhalten. Ihr habt sehr wohl gethan, Euren Marsch, so wie Ihr meldet, einzurichten, und da die Artillerie nebst deren ganzem Train hieher nach Littau kommen muss, so habt Ihr mit solcher nach der von Euch gemachten Disposition den Weg über Sternberg und gerade hieher nach Littau zu nehmen.

Der Feldmarschall Daun wird mit dem grössesten Theil seiner Armee den Marsch aus Böhmen hieher nach Mähren nehmen und dorten nur einen Theil davon stehen lassen, um seine dasige Magazins dadurch zu decken, so ohngefahr ein Corps von ro bis 15,000 Mann sein kann.

Friderich.

Nach dem Concept.


9983. AN DEN OBERSTEN VON HACKE.6-2

Littau, 6. Mai 1758.

...Ich6-3 wünschete übrigens wohl, dass Eure Nachrichten von der Anzeige eines Rückmarsches derer Russen gegründet, und dass solche schon zum Teufel wären. So aber und da daran noch zu zweifeln, so ist es sehr gut und nothwendig, dass Ihr darauf alle Attention habet und continuiret, exacte Nachrichten einzuziehen, um zum voraus informiret und auf Eurer guten Hut zu sein, wenn etwa gedachte Russen was unternehmen möchten.

Friderich.

Nach dem Concept.6-4


9984. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE KNYPHAUSEN ET AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES.

Au quartier d 'Aschm eri tz, près de Littau, 7 mai 1758.

Les dépêches que vous m'avez faites du 18 et du 21 du mois dernier d'avril, me sont heureusement parvenues, dont toutes les nouvelles y contenues m'ont été un sujet de satisfaction particulière. Mais<7> comme je vois qu'il faut bien céder aux pressantes instances que le ministère anglais me fait faire touchant le rappel du sieur Mitchell,7-1 il faut cependant que vous tâchiez soigneusement de faire en sorte qu'on m'envoie à sa place un sujet aussi conciliant et aussi bien intentionné que sûrement le sieur Mitchell l'a été, tandis qu'il a occupé ce poste. Vous vous emploierez d'ailleurs, là où il le faudra, pour ce digne homme, afin qu'il ne soit payé d'ingratitude dans sa patrie, mais qu'il soit, selon les assurances [que le] chevalier Pitt a déjà données à vous, sieur Michell, bien placé, au moyen de quelque bon emploi.

Quant à votre postscript par rapport au payement de quatre millions d'écus du subside7-2 à faire en différents termes, quand j'y recourrai, je ne saurais rien déterminer ici, n'étant pas assez au fait sur ces sortes d'affaires. C'est pourquoi vous vous adresserez là-dessus aux ministres du département des affaires étrangères pour vous concerter avec eux.

Au reste, vous remercierez poliment le baron de Münchhausen7-3 des différentes ouvertures qu'il vous a faites par ordre du Roi son maître; mais pour ce qui regarde la cour de Copenhague, je suis persuadé, si autrement mes lettres que j'en reçois accusent juste, que nul appât artificieux de nos ennemis [ne] la fera sortir de la neutralité qu'elle a adoptée.

Federic.

P. S.

J'ai été bien aise d'apprendre par vous le bon effet que vos deux lettres de créance à la princesse et au prince de Galles son fils7-4 ont produit à la cour d'Angleterre, et je me souviendrai en temps et lieu du bon avis que le duc de Newcastle a donné pour écrire de temps en temps au Prince et à la Princesse, quand il y aura des évènements dignes d'être mandés pendant la présente campagne.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


9985. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Quartier d'Aschmeritz, près de Littau, 7 mai 1758.

Je viens de recevoir, par l'exprès que vous m'avez envoyé, votre lettre du 2 de ce mois, et vous suis bien obligé des nouvelles que vous m'y avez marquées.

<8>

J'espère que la dernière lettre que je vous ai faite du 4 de ce mois,8-1 vous sera heureusement parvenue — en tout cas, je vous en adresse une copie chiffrée ci-clos —, et elle vous aura mis au fait de mes intentions.

Mais pour que vous soyez également bien au fait de ce qui se passe ici, je suis bien aise de vous dire que le maréchal Daun, après avoir appris mon entrée en Moravie, s'est mis en marche pour passer avec son armée de Bohême vers ici, et qu'il se tirera vers Brünn; qu'il n'a plus que 40,000 hommes à peu près ici vis-à-vis de moi, ayant laissé 20,000 hommes auprès de Trautenau et Nachod, pour y protéger les magasins considérables à Kœniggrætz, de sorte qu'il n'y a au delà de 4 ou tout au plus 6000 hommes de troupes vers la Saxe, ce qui, je crois, facilitera beaucoup votre entreprise, pour la faire réussir entièrement et à souhait. Je pense, d'ailleurs, qu'à cette occasion vous ne ménagerez point du tout l'évêque de Bamberg8-2 avec les autres malintentionnés et les ferez revenir à la neutralité.

Quand vous aurez dispersé entièrement l'armée des Cercles, ce qui, je pense, sera une expédition de huit jours de temps à peu près, et que vous aurez tiré de grosses contributions du Bamberg et des autres malintentionnés, vous saurez vous tourner d'abord vers la Bohême et marcher tout droit à Prague,8-3 où sûrement vous ne trouverez pas beaucoup de résistance.

Au reste, il ne faut pas croire que, vu les obstacles des transports difficiles de notre artillerie pesante et de nos vivres, nous aurons fini avec Olmütz avant le 15 du mois de juin. Vous serez persuadé, mon très cher frère, de la haute estime et de l'amitié cordiale avec lesquelles etc.

Federic.

Nach dem Concept.


9986. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

Littau, 8 mai 1758.

Ma très chère Sœur. J'ai été réjoui aujourd'hui par la lettre que vous m'avez fait le plaisir de m'écrire. Je vois par les caractères plus fermes que vous vous portez mieux, ce qui m'a causé un sensible plaisir.

De l'endroit où je suis, ma chère sœur, il ne m'est guère possible de vous écrire des nouvelles, sinon que nous prendrons Olmütz, sans livrer bataille.8-4 Quant au reste, je compte que, dans peu, vous recevrez d'autres nouvelles qui vous feront plaisir.8-5 Je fais mille vœux pour votre prospérité et pour tout ce qui peut vous être agréable.

Je vous supplie de ne me rien écrire dans quatre semaines qui soit sujet à caution, à cause qu'il pourrait facilement arriver dans la position<9> où je me trouve, qu'un courrier soit enlevé. Je vous supplie de me croire avec la plus parfaite tendresse et reconnaissance, ma très chère sœur, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


9987. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

Die Markgräfin von Baireuth schreibt in einem undatirten Briefe: „J'ai vu hier le prince de Deux-Ponts9-1 et les ministres et généraux autrichiens. Le Prince est fort poli; il paraît avoir plus de bon sens que d'esprit. Widmann9-2 est décontenancé et consterné comme un homme qu'on mène à la potence; les autres se contraignent un peu mieux. . . . W. a des idées qu'il faut faire la paix, coûte que coûte, avec vous, ajoutant qu'il faut nous unir pour jamais et tourner nos armes contre un troisième, mais — il a tiré les épaules.“

Der regierende Herzog von Hildburghausen ist nach Baireuth gekommen „il est prussien à brûler“ . Der Markgraf hat mit ihm über Dänemark gesprochen, da der Herzog in Kopenhagen vielen Einfluss besitzt;9-3 nach der Meinung des Herzogs wird sich der König von Dänemark, der „entierement prussien“ ist, wohl noch für Preussen erklären können; um ihn zu gewinnen, ist niemand geeigneter als der frühere preussische Gesandte in Kopenhagen.9-4

[Mai 1758.]9-5

Vous serez bientôt délivrée de vos ennemis. Widmann a exprimé au vrai l'embarras de sa cour; cet embarras est grand. Si la fortune continue à nous seconder, on les forcera à la paix.

Les Russes s'amusent à Danzig;9-6 et rien ne pourra engager le Danemark de quitter sa neutralité.

[Federic]

Nach dem Concept. Eigenhändig.9-7

<10>

9988. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

Littau, 10 mai 1758.

Ma très chère Sœur. Je dirai, comme Cicéron:10-1

Les Dieux sont pour César, mais Caton suit Pompée; vous, la justice et la bonne cause ce sont des synonymes; votre bienveillance me portera plus de fortune que le stoique républicain n'en porta au parti du Sénat. Déjà, j'ose vous assurer qu'il y a plus d'un projet de dérangé chez l'ennemi. Nous mangeons actuellement du gruau préparé pour les Oursomanes; ce n'est pas le tout, mais c'est un bon commencement. Daun marche à Brünn, nous sommes déjà maîtres des environs d'Olmütz, le reste viendra malgré la Vierge que tant de P :10-2 implorent, et maigre Moïse, que cet empereur juif,10-3 qui le croit mettre de son parti, invoque. Je n'adresse mes vœux qu'à vous; vous êtes ma Minerve et mon égide, je me crois fort de votre assistance; votre amitié m'est plus précieuse que le secours de tous les Saints du paradis.

Je suis charmé de ce que notre neveu10-4 enfile une bonne route; dans son âge, c'est beaucoup de bien débuter. Il faut espérer que le sang maternel10-5 fera le reste.

Je ne vous parle point des brigands qui vous ont environnée,10-6 j'ai un certain pressentiment que je renferme en moi-même, qui me fait croire que cet essaim disparaîtra subitement.

Enfin, ma chère sœur, quoi que nous en ayons, il faut encore courir cette année la carrière épineuse des grands évènements et s'étourdir sur toutes les vicissitudes que contient le chapitre des incidents, dont nous avons fait l'année précédente une si cruelle expérience. Je ne renonce pas encore à l'espérance de vous voir, de vous entendre et de vous admirer. Je dois vous avertir que, pendant trois semaines, nous levons la chaîne de notre communication avec la Silésie, mais que cela ne vous cause aucune sorte d'inquiétude! Vous serez instruite de tous les évènements intéressants, mais non pas des détails d'un siège, ni des campements dont les minuties ne méritent pas votre attention. Je suis avec la plus tendre reconnaissance, ma très chère sœur, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.

<11>

9989. AU MARGRAVE D'ANSPACH.

Au quartier d'Aschmeritz, 10 mai 1758.

J'ai ressenti un vrai plaisir en recevant la chère lettre que Votre Altesse a bien voulu prendre la peine de me faire du 1er de ce mois. Tout charmé et sensible que je suis des sentiments qu'Elle m'y témoigne,11-1 nonobstant que je m'en suis toujours tenu assuré, vous compterez sur mon plus parfait retour, et que, de ma part, je vous conserverai invariablement toute mon amitié et tendresse, dont je serai charmé de vous en donner des preuves tout-à-fait convaincantes. Soyez persuadé etc.

Je vous embrasse, mon cher neveu, de tout mon cœur, et vous en dirai davantage, lorsque les temps seront plus tranquilles. Mille amitiés à votre digne et chère mère.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


9990. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE DOHNA.11-2

Aschmeritz, 10 mai 1758.

Selon tous mes avis, que je reçois de Prusse et d'ailleurs, de ce qui regarde les différents mouvements des troupes de Russie sous Fermor, je le tiens très nécessaire que vous envoyiez au plus tôt possible et promptement quelques troupes aux environs du lieu où le général-major de Platen a sa position,11-3 soit pour le soutenir là, soit afin qu'il puisse au moins, dans le cas de nécessité, s'y replier, vu qu'il paraît bien que les Russiens ont envie de tenter quelque chose sur lui. Ce n'est pas que je crois que Fermor y viendra avec tout son corps de troupes, il ne faut point s'imaginer cela, il a trop d'établissements à soutenir qu'il ne saurait pas abandonner. Ce ne sera que pour faire un affront au général-major de Platen par quelque détachement supérieur en troupes à celui-ci. Vous avez les hussards auprès de vous, qui actuellement ne vous sont guère d'un grand usage, ainsi vous en pourrez détacher à Platen 200 sous les ordres du capitaine Zedmar du régiment de Malachowski, qui certainement fera bien ses affaires là. Vous avez d'ailleurs les bataillons autrefois de la garnison de Pillau,11-4 que vous pourrez détacher encore, supposé que vous n'en avez pas absolument besoin là où vous êtes, afin qu'il y ait aussi [de] l'infanterie,11-5 sur laquelle, le cas demandant, Platen pourra se replier en arrière, ou les nouveaux bataillons francs du colonel Hordt11-6 avec un couple de canons encore, ce qui sera tout ce qu'il faut. Vous y agirez tout comme vous le jugerez<12> à propos et nécessaire, pourvu que seulement le général-major Platen soit mis à l'abri, pour ne pas avoir de l'affront par des surprises de l'ennemi ...12-1

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


9991. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.12-2

Aschmeritz, 10. Mai 1758.

Es werden Dieselben 2 Bataillons unter Commando des Generalmajor von Meier stehen lassen,12-3 um die Dragoner und Husaren zu souteniren, und mit den übrigen 8 Bataillons sogleich in das Lager bei Neustadt, wo der Generallieutenant Forcade12-4 stehet, marschiren. Es muss der feindliche Posten zu Aussee12-5 öfters, wo Panduren und Husaren stehn, weggejaget werden, um dass der Major Owstien12-6 weit patrolliren kann; jedoch soll der Posten nicht mainteniret, sondern des Abends wieder zurückgezogen werden.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.12-7


9992. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Quartier Smirschitz, 12. Mai 1758.

. . . Quant12-8 à notre situation ici, le Roi s'est avancé avec un avant-corps jusqu'ici et en a poussé une tête au delà de Prossnitz, sous les ordres du prince de Württemberg, pour observer les mouvements de l'ennemi. Il n'en a pas eu autrefois que les Saxons arrivés de la Hongrie aux environs de Wischau, mais, à présent, le maréchal Daun les a joints avec un avant-corps de 10,000 Autrichiens. Les deux corps ne sont donc pas éloignés l'un de l'autre qu'à deux lieues. La grande armée de Daun est en marche de la Bohême, qui le suit, quoiqu'assez<13> lentement. L'on croit qu'elle se tirera vers Brünn. Le siège d'Olmütz, que le maréchal Keith fera avec un corps séparé, n'ira pas moins son train, dès que les différents transports de l'artillerie nous seront arrivés, ce qui sera entre ici et le 16 ou le 20. L'on présume que la ville ne tiendra au delà de quinze jours. Sa Majesté croit avoir pris une telle position que l'ennemi ne pourra engager aucune affaire d'importance, à moins que Sa Majesté ne le trouve à propos . . .

Eichel.

Auszug aus der Ausfertigung.


9993. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

Au Quartier de Smirschitz, près de Prossnitz, 13 mai 1758.

J'ai vu avec toute la satisfaction possible ce que Votre Altesse a bien voulu prendre la peine de me marquer par Sa lettre du 3 de ce mois,13-1 et vous félicite du succès que vous avez eu avec le landgrave de Hesse-Cassel, pour l'engager à prendre des mesures vigoureuses, pour défendre son pays contre les Français.13-2

Je trouve tout ce que vous me dites par rapport au passage du Rhin à tenter, très bien pensé; mais si j'ose me fier aux avis que je reçois de Hollande, les Français pourraient bien abandonner Wésel,13-3 quand vous pourrez détacher 7 à 8000 hommes, pour passer le Rhin et aller vers Cleves. Si vous croyez la chose faisable, j'en serai d'autant plus aise que je ne doute pas que les Français alors quitteront Wésel et le pays de Clèves, par où vous sauverez mes pauvres sujets-là d'une contribution de 6 à 700,000 écus, que les Français veulent encore en extorquer.13-4

Pour ce qui regarde, d'ailleurs, vos affaires, vous observerez, je vous en prie, que, s'il vous faut du temps encore, pour vous former et pour faire vos arrangements, il faut au moins le même temps aux Français, pour faire les leurs et pour pouvoir se former et se rassembler; de plus, quand ces gens garderont Wésel, il est bien sûr, comme vous le jugez très bien vous-même, que les difficultés pour relancer l'ennemi seront d'autant plus grandes. Mais si vous pourrez avoir Wésel, et que d'ailleurs mon frère Henri exécute heureusement le plan que je lui ai suppédité,13-5 et qui est, à ce que je veux bien vous dire confidemment, de laisser un corps suffisant, pour s'opposer à ce qu'il y a de troupes autrichiennes vis-à-vis de lui aux frontières de Bohême, et qui ne sont pas en grand nombre, et de tomber lui-même tout d'un coup avec tout le reste sur les troupes des Cercles qui se sont assemblées dans le Baireuth et le Bamberg, pour les disperser au mieux, je<14> suis assuré que cela dérangera entièrement tous les projets des Français et rendra beaucoup plus faciles vos opérations.

Quant à mes affaires ici, vous saurez que Daun a quitté la Bohême, pour marcher dans la Moravie. Le lieutenant-général de Fouqué arrivera le 14 avec le premier convoi d'artillerie,14-1 auquel les autres suivront, de sorte que le dernier convoi d'artillerie et tout ce qu'il faut pour faire le siège d'Olmütz, arrivera le 18. J'ai déjà pris ma position de façon que je pourrai prendre la ville, sans que l'ennemi pourra me forcer à une bataille, mais, avec tout cela, la prise ne pourra se faire à vue du pays avant le 10 de juin. Comme l'ennemi avait posté un corps de cavalerie et de troupes légères entre 5 et 6000 hommes à Wischau, pour nous observer, je suis allé aujourd'hui avec un corps de 3000 et ai fait rebrousser bien brusquement ce corps au delà de Wischau, en sorte qu'il s'est enfui tout droit vers Brünn.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


9994. AU FELD-MARÉCHAL KEITH.

Au quartier de Prossnitz, 15 mai 1758.

J'ai été satisfait de ce que vous m'avez marqué par votre lettre d'aujourd'hui. Vous n'avez qu'à envoyer vos ordres aux régiments qui sont en marche, pour qu'ils passent le droit chemin au pont de Chomotau14-2 et de là chez vous. Dès qu'aussi la moitié de l'artillerie et des munitions sera arrivée, vous la ferez poster de la manière qu'ils le doivent être. Au surplus, pour vous faire une idée comment je désire que le retranchement doit être fait, je vous en envoie ci-clos le dessein que j'en ai tracé.14-3

Federic.

Il faut, Monsieur le Maréchal, commencer incessamment à l'investissement d'Olmütz et donner à Schenckendorff, qui est à Sternberg, sans perte de temps, l'ordre d'y marcher. Vous pourrez alors poster les troupes à peu près dans le sens que je vous l'ai marqué.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.

<15>

9995. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Au quartier de Prossnitz, 16 mai 1758.

J'ai reçu vos deux lettres du 15 et du 16. Je ne saurais plus vous envoyer le déserteur autrichien que vous désirez avoir, mais j'ai un bas-officier des Autrichiens qui connaît les êtres d'Olmütz, que je vous enverrai.

Pour ce qui regarde le nombre de la garnison d'Olmütz, cela peut aller à peu près à 4 ou à 4500 hommes.

Quant aux régiments pour faire le siège, ce sont les bataillons du lieutenant-général Fouqué qui consistent en nombre de 16, outre ceux-là un bataillon de Blanckensee, et quant aux généraux, ce serait le lieutenant-général de Fouqué, le prince de Brunswick,15-1 Schenckendorff et Rebentisch. Vous aurez les mêmes officiers de l'artillerie qui ont servi au siège de Schweidnitz, savoir Dieskau et Moller,15-2 que je ne pourrai vous envoyer que lorsque l'investissement sera fait.

Quant à Littau, il ne faut pas que vous quittiez ce lieu,15-3 avant que toutes les troupes ne soient arrivées devant Olmütz; et dès que les convois seront passés, je retirerai les postes de Neustadt et de Sternberg à Littau, dont le margrave Charles aura le commandement, et vu la disposition de l'ennemi, je suis intentionné de ne rassembler l'armée que lorsque son approche m'y obligera. Mais comme M. Daun marche à Brünn, je ne vois pas ce qui m'oblige de faire cette réunion trop tôt, à cause que la subsistance des troupes me devient plus facile en les laissant séparées qu'en les rassemblant trop tôt et sans raison.

Je destine à bloquer la ville de l'autre côté de la rivière15-4 les 5 escadrons hussards de Seydlitz qui arriveront incessamment de la Silésie, et les 5 derniers escadrons du régiment de Baireuth, outre les 2 escadrons de Seydlitz qui y sont déjà, et je compte de retirer encore à l'armée les dragons de Württemberg et le régiment de Möhring15-5 qui arriveront avec le général Fouqué.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


9996. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Au quartier de Prossnitz, 17 mai 1758.

J'ai reçu votre lettre d'aujoud'hui. Par ce que vous m'y marquez par rapport à l'inondation de Littau,15-6 qui a mal réussi, je vois que nos ingénieurs n'ont pas bien pris leurs mesures, et qu'il faut qu'ils<16> n'aient pas justement levé leurs niveaux, sans quoi il n'aurait pas été possible que la chose leur eût manqué; outre cela, il faut qu'ils fassent de meilleures et de plus fortes digues.

Mais ce qui est à présent la chose la plus principale à faire, c'est que les régiments pour le siège soient postés incessamment de la façon que je les veux avoir, et qu'on travaille avec bien de l'application à tous les arrangements à faire. Dès que j'en serai averti, je ferai peut-être moi-même là une course à cheval, pour arranger le reste. Il faut que vous sachiez que nous n'avons pas du temps à perdre, et que nous pensions très sérieusement et avec la plus grande attention d'arranger tout pour commencer le siège; qu'en conséquence les régiments sous le général Fouqué16-1 marchent incessamment là où je veux qu'ils soient postés; que les gabions, les fascines et les canons, avec tout ce qu'il faut, soient mis à leurs lieux, et que tous les arrangements à prendre pour le siège soient poussés avec plus de vigilance et d'activité, afin que cela ne traîne plus si longtemps.

Au reste, j'enverrai peut-être demain le prince Maurice, pour en prendre le commandement.16-2

Federic.

Nach der Ausfertigung.


9997. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

Au Quartier de Prossnitz, 17 mai 1758.

J'ai reçu la lettre que Votre Altesse m'a faite du 10 de ce mois.16-3 J'ai trouvé le plan que vous m'y marquez pour faire passer un corps suffisant des troupes au delà du Rhin, si bien disposé, si beau et si excellent qu'il n'y a pas un mot ni à y ajouter ni à y retrancher. Aussi je suis persuadé que tout réussira à votre gré, et qu'il ne saurait manquer que vous n'obligerez par là les Français d'abandonner Wésel.

Comme bien des lettres m'assurent, ce que cependant je ne veux pas encore garantir tout-à-fait d'authentique, que les Saxons désertés autrefois en Saxe de mon service, et qu'on a rassemblés en Hongrie, passeront, sous les ordres du général Dyherrn, après qu'on les a de nouveau enrégimentés, au service de la France et joindront l'armée du prince16-4 de Clermont, je crois, suppose que cela se vérifie, que vous ferez<17> bien de faire disséminer et disperser par des imprimés et des billets par écrit alors des assurances que tous ceux de ces gens qui en reviendront de leur propre gré, auraient leur pardon, et qu'ils ne seraient point punis ni en vie ni par confiscation de leur bien; sur quoi, le cas existant, Votre Altesse pourra même leur faire expédier alors des assurances par écrit : au lieu que tous ceux d'entre eux qui ne profiteront pas de ce pardon, et qu'on prendra les armes à la main, seraient pendus surle-champ. Je suis sûr que cela fera bien de l'impression sur ces gens, et qu'au moins les Français en tireront point ou peu de service.

Je viens d'apprendre qu'à Ratisbonne on a fait une forte remise en argent, au delà de 150,000 florins, de la caisse des Cercles au prince de Deux-Ponts, chef commandant de l'armée des Cercles, à quelle somme [les] états de Cologne et de Münster avaient contribué la plus grande part par les remises en argent qu'ils y avaient faites. Je crois que cette circonstance vous servira d'avis à l'Électeur, et que vous ferez sentir auxdits états le ressentiment qui leur en est dû, afin de ne pas pouvoir plus jeter leur argent au vent.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


9998. AU DUC RÉGNANT DE BRUNSWICK A BRUNSWICK.

Au quartier de Prossnitz, 17 mai 1758.

J'ai reçu la lettre que Votre Altesse m'a écrite du 8 de ce mois, et vous remercie bien de toutes les confidences que vous avez bien voulu m'y faire sur différents sujets,17-1 sur lesquels je n'aurais pas manqué de m'expliquer avec tout le détail requis, si je ne me voyais pas présentement extrêmement pressé par rapport au temps par bien des arrangements à faire, tant pour le siège d'Olmütz que je vais commencer, que par d'autres choses indispensablement à régler. Votre Altesse voudra donc agréer les excuses que je Lui fais, quand je ne saurais vous dire qu'en gros [que] je trouve, de même que Votre Altesse, les demandes des ministres d'Hanovre un peu extraordinaires et en partie contradictoires, de sorte que je dois présumer que ces gens, pourvu qu'ils y songent, en reviendront eux-mêmes, pour ne pas vouloir des choses impossibles. Mais pour ce qui regarde les incursions que Votre<18> Altesse paraît appréhender, je crois pouvoir bien Lui assurer que, dans les circonstances présentes, vous n'en aurez rien à craindre pendant cette année-ci, ni des troupes françaises ni de quelque puissance que ce puisse être. A cela j'ose bien ajouter qu'une défense par de minces garnisons à Brunswick ou à Wolfenbüttel n'aboutira à rien, et que la meilleure protection que Votre Altesse pourra donner à Ses États, sera d'employer ce qu'il y a de troupes et les mettre dans une telle position, afin de tenir éloigné l'ennemi de vos frontières. Ce que je remets cependant tout-à-fait à votre pénétration, pour y agir conformément à votre convenance.

Federic.

Nach dem Concept.


9999. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Quartier de Prossnitz, 17 mai 1758.

J'ai reçu votre lettre du 11 de ce mois. Vous pouvez être fermement persuadé qu'il n'y a pas autant de régiments autrichiens dans le camp de Budin et aux environs-là que vous le croyez. Il se peut qu'il y ait des bataillons des régiments qu'on vous a spécifiés, mais pour des régiments entiers, il n'y en a certainement pas autant. Quand vous aurez une fois commencé votre entreprise, vous la trouverez sûrement plus aisée que vous ne la vous représentez à présent. Dès que vous arriverez dans le Bambergeois,18-1 les troupes des Cercles se retireront à Rothenburg; c'est apparemment à cette occasion qu'il y aura quelques affaires d'arriere-garde, où vous tâcherez de profiter, et soyez persuadé, je vous en prie, que tout ira bien, et ce que je vous prie d'ailleurs avec instance, c'est de penser, dans toutes les affaires avec les troupes des Cercles, de prendre du monde, pour en faire des recrues. Si vous n'en avez pas besoin dans votre corps, ils nous seront très utiles ici. Ce que je puis vous marquer positivement, c'est que le maréchal Daun marche avec toute son armée à Brünn, et qu'il retire en troupes tout ce qu'il peut en Bohême, et qu'en conséquence, au lieu d'y détacher, il retirera de là vers soi tout ce qui sera humainement possible. Quand vous serez dans le Bamberg, j'espère que vous presserez sensiblement et de main pesante l'évêque, afin qu'il s'accommode à la neutralité;18-2 il en sera alors suivi par bien d'autres, de même que de l'électeur de Bavière, ce qui sera un grand coup gagné.

Avec Olmütz, je pense d'achever, sans donner bataille; mais je le répète encore, comme je vous l'ai déjà écrit,18-3 qu'avant le 12 ou le 15 de juin nous n'aurons pas fini le siège.

Federic.

Je ne vous mande point de détails ici, tout est bien; nous avons eu de petits avantages sur l'ennemi, mais cela ne vaut pas la peine<19> d'en faire un grand cancan; ainsi j'attends à avoir quelque chose de mieux à vous dire.

Das Hauptschreiben nach dem Concept. Der Zusatz eigenbändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.


10000. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

[Mai 1758.]19-1

Chiffre !

Mon frère marchera, dès qu'il le pourra, dans le pays de Bamberg, qu'il ne traitera pas doucement, pour y attirer l'armée de l'Empire ou pour la faire fuir, ce qui revient au même, et ce qui ménagera davantage votre pays que s'il y entrait directement.

Si les Français attendent pour agir l'année qui vient, ils m'ont la mine de ne rien faire; car la guerre finira certainement, d'une façon ou d'autre, cette année.

La mauvaise humeur des Autrichiens vient de mon entrée en Moravie, qui dérange tous leurs projets. Avec du temps et un peu de patience, nous verrons dissiper tous ces nuages qui semblent à présent nous menacer d'un cruel orage.

Federic.

Nach dem Concept. Eigenhändig. Auf der Rückseite des Déchiffrés eines undatirten Schreibens der Markgräfin. Die Ausfertigung ging chiffrirt ab.


10001. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH.

Au camp de Prossnitz, 18 mai 1758.

Ma très chère Sœur. Votre lettre m'a fait tout le plaisir imaginable, me servant de preuve de votre meilleure santé. Quant au reste, ma chère sœur, des choses qui se passent il n'y en a aucune qui soit sans remède; ce qui regarde votre précieuse santé, n'en est pas de même : vous êtes si délicate que la moindre chose peut renverser votre tempérament. Je vous conjure de vous conserver et de penser que, sans vous, toutes les prospérités de l'univers me paraîtraient insipides.

<20>

Mon canon commence d'arriver, et dans quelques jours l'on pourra ouvrir la tranchée devant Olmütz. Voilà, ma chère sœur, où nous en sommes. M. de Daun a été à Leutomischl, selon mes dernières nouvelles, et je ne sais quand il reviendra en Moravie. On dit que les Français recommencent à faire des gasconnades, il faudra voir comment ils les soutiendront; ils parlent le même langage que du temps de Louis XIV; mais ils n'ont ni les Turennes ni les Condés, pour appuyer leurs rodomontades :

La montagne en travail enfante une souris.20-1

Enfin, ma chère sœur, il faut prendre encore un peu de patience, pour voir comment tout ceci tournera, et comment la Très-Sainte Fortune en voudra décider.

Je ne vous entretiens pas de bagatelles, ma chère sœur, je ne vous rends pas compte d'un petit avantage que nous avons eu sur l'ennemi dans un combat de cavalerie, et que le général de Ville s'est retiré derrière Brünn : ce sont de ces choses qui peuvent s'écrire, mais qui ne décident pas de la guerre.

Daignez, je vous en conjure, me conserver votre précieuse amitié, et soyez persuadée que rien au monde n'est capable d'altérer les sentiments tendres et reconnaissants avec lesquels j'ai l'honneur d'être, ma très chère sœur, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10002. AUX MINISTRES D'ÉTAT ET DE CABINET COMTES DE PODEWTLS ET DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Au quartier général de Prossnitz, 19 mai 1758.

Ne doutant pas que le double de la dépêche du sieur de Hellen du 6 de ce mois ne vous soit parvenu, vous aurez vu ce qu'il marque touchant le rescrit ostensible que le comte Affry a reçu de sa cour pour le lire aux ministres de la République, et d'un manifeste que la cour de France va publier contre moi et l'Hanovre.20-2

Quoiqu'il faille attendre la publication dudit manifeste, pour voir ce qu'on y dira, ma volonté est cependant que vous devez préparer en attendant tous les matériaux, pour pouvoir d'abord après la publication de ce manifeste y répondre d'une manière bien solide, mais également verte et énergique. Comme je n'ai pas besoin de vous fournir ces matériaux, vu que vous êtes assez informés de toutes les circonstances qui pourront y avoir du rapport, et que d'ailleurs mes occupations présentes ne me permettent pas d'entrer dans de pareils détails, je vous dirai seulement que vous relèverez, entre autres, dans votre réponse que la cour de France ne se sert en cette occasion de la Paix de West<21>phalie21-1 que pour colorer ses démarches injustes qu'elle a faites en entrant avec ses troupes en Allemagne; qu'elle n'a pris d'engagement contre moi qu'en haine de la première convention de neutralité dans l'Allemagne que j'avais faite alors avec le roi d'Angleterre, et par jalousie de ce que j'avais garanti la tranquillité d'Hanovre;21-2 que, si la France avait autant à cœur alors de conserver la paix en Allemagne, comme elle le prétend, elle n'aurait eu qu'à disposer la reine de Hongrie de me donner une réponse claire et nette et telle que je la fis demander21-3 par mon ministre feu de Klinggræffen,21-4 par où tous les malheurs de la guerre auraient été prévenus, etc.

Enfin, pour donner plus de poids à la réponse que vous composerez, vous ne laisserez pas de bien récriminer, où il le faudra, de sorte que, quand on prétend nous reprocher ce que j'ai été obligé de faire dans le Mecklembourg,21-5 vous direz que mes procédés n'y avaient été autres que contre un prince qui s'était déclaré mon ennemi, contre lequel j'avais cependant usé de bien de [la] modération, et qu'on n'avait qu'à comparer mes procédés avec ceux dont les Français avaient usé dans le Halberstadt et dans le pays de Clèves21-6 etc. Que l'on trouverait alors qui de nous avait agi conformément aux lois de la guerre entre nations policées. Enfin, pour mieux récriminer, vous relèverez non seulement la dureté avec laquelle les pays de Brunswick, de Gotha, de Weimar et même de Saxe21-7 ont été traités, mais même les pays de leurs alliés, comme Cologne, avec le pays de Juliers et de Berg et d'autres dans ces contrées; à quelle occasion vous pourrez faire usage de bien des circonstances que le président Ammon21-8 a marquées dans ses rapports, afin de faire voir par là que les Français ont foulé partout les princes et États de l'Allemagne, qu'elle21-9 n'envisage autrement que comme ses ennemis nés et héréditaires, et qu'elle tâche d'opprimer pour cela à l'occasion de la présente guerre; que, pour ce qui regarde les belles promesses de la France, vous toucherez l'engagement qu'elle a contracté avec la reine de Hongrie par rapport à la cession de la Flandre et du Brabant,21-10 pour lui aider à reconquérir la Silésie, et ne manquerez pas de relever ce qui se passa l'année 1733, où la cour de France déclara ne vouloir pas la guerre, ni gagner un pouce de terre, quand, bientôt après, elle prit Kehl et s'appropria bientôt, après tout, le duché de Lorraine, et que le même esprit régnait encore à cette cour.

Enfin, voilà simplement quelques idées que je vous suppédite, afin que, si jamais le susdit manifeste vient à paraître, vous ayez déjà tout<22> préparé les matériaux, pour en faire le plus tôt possible une réponse solidement composée, bien écrite, vive et énergique, que vous ferez publier alors.22-1

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10003. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT - DESSAU.22-2

Smirschitz, 20. Mai 1758.

Ich danke Denenselben für die Mir gegebene Nachricht. Von hier kann Ich Nachricht geben, laut Rapport der zurückgekommenen Patrollen, dass bei Könitz22-3 ein Corps von 4000 Mann vom Feinde stehe, worbei die Generals Lacy und Laudon. Es ist Laudon vor etlichen Tagen bei Namiescht gewesen; Ich glaube aber, dass, wann man ihn jetzo aufsuchen, nicht mehr finden würde.

Hier ist eine verflogene Zeitung ausgesprenget, als ob Jahnus von seinem Corps was nach dem Gebirge detachirt hätte; Ich habe aber davon nichts zuverlässiges gehöret. Sollten Dieselben nun davon Nachricht einziehen, so bitte Mir solches gleich zu melden. Ich sollte glauben, dass die Patrollen vom Rittmeister Reitzenstein als auch die Husaren von Seydlitz, so bei Aussee beim Markgraf Karl stehn, gleich Nachricht darvon haben würden, und da Ich glaube, dass die von Seydlitz etwas saumselig in ihrem Patrolliren sein werden, als bitte solches oft ihnen zu erinnern, um dass die Patrollen weit genug vorwärts gehen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10004. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE KNYPHAUSEN A LONDRES.

Quartier général près de Prossnitz, 21 mai 1758.

Les dépêches que vous m'avez faites du 23, du 24 et du 26 d'avril, tout comme celle du 2 de ce mois, m'ont été fidèlement rendues. Comme j'ai été d'abord bien aise d'apprendre la bonne disposition où vous avez trouvé également Mrs. Pitt et Holdernesse pour appuyer au projet de faire diversion à la France, tant en Europe qu'en Amérique, je ne saurais que fort applaudir aux mesures qu'ils ont prises, dont ils ont bien voulu vous faire communication, et on a tout lieu d'espérer qu'ils22-4 porteront coup, pourvu qu'ils soient bien conduits à leur exécution et avec cette activité qu'il faut. Il n'y a qu'une seule chose<23> que je ne puis me dispenser de vous faire observer, quoique uniquement à vous seul et pour votre seule direction, c'est que, dans toutes ces mesures, il ne s'agit que des intérêts de l'Angleterre seule, sans qu'il en soit aucunement question des miens, et qu'il me paraît cependant que dans de bonnes alliances il faudra observer les intérêts des deux partis qui [les] ont contractées. En attendant, comme l'on ne saurait envisager la France que comme la cheville ouvrière parmi nos ennemis, il est toujours bon, et j'en suis bien aise que l'Angleterre agisse avec vigueur contre celle-là pour humilier son orgueil, et quant au reste, il faut bien l'attendre du bénéfice du temps.

Quant aux détails que vous me marquez relativement aux affaires à régler avec le prince Ferdinand, le duc de Brunswick et le landgrave de Cassel, je vous dirai que, dans l'éloignement des lieux où je me trouve actuellement, et très occupé que je suis à présent par rapport à mes opérations militaires présentes, j'aurais de la peine d'entrer moimême dans tous ces détails; cependant, comme j'ai déjà prévenu en quelque façon le duc de Brunswick sur la nécessité qu'il y a pour sa propre sûreté d'augmenter ses troupes qu'il a parmi l'armée alliée,23-1 et que d'ailleurs mes ministres écriront d'abord au prince Ferdinand de Brunswick et au Landgrave, conformément à ce que vous proposez dans votre dépêche, je crois que cela ne manquera pas de produire un bon effet. Au surplus, j'approuve les expédients que vous avez proposés pour que le susdit Landgrave soit aidé et soulagé,23-2 ce qu'il mérite certainement par sa fermeté et à tous égards.

Ce que vous me marquez touchant la confidence que le baron de Münchhausen23-3 vous a faite touchant la nouvelle tentative que la France a faite auprès du roi d'Angleterre, m'a fait plaisir, aussi pouvez-vous l'en remercier encore de ma part, en lui assurant, comme aux ministres d'Angleterre, si vous le trouverez convenable, que, quelque offre ou proposition que jamais la France ou ses alliés voudraient me faire, je resterais inébranlablement attaché à l'Angleterre et n'écouterais rien, sans en communiquer et me concerter avec elle, et pour ce qui regarde le bruit ou l'avis qu'on prétend avoir là de l'envoi d'un officier général, nommé de Mortagne,23-4 que la cour de France me dut avoir envoyé, vous pouvez traiter cela comme un conte fait à plaisir et y donner un haut démenti envers tous qui le voudront entendre, partout où vous le jugerez nécessaire.

Le plan pour l'ouverture de la campagne que le sieur Pitt vous a confié pour me le communiquer, m'a paru bien juste et bien pensé, quoique je n'aie pas assez de connaissance locale des lieux les plus<24> propres pour faire la descente.24-1 Nonobstant cela, je me flatte d'un bon succès qu'il aura, surtout s'il était possible que le projet saurait être exécuté à peu près en même temps que le prince Ferdinand se mettra de nouveau en mouvement, et que ce Prince en fut à temps informé secrètement. Quant au second parti dont M. de Pitt vous a parlé,24-2 et qu'il voudrait attacher à l'envoi d'un corps des troupes anglaises en Allemagne, vous pourrez bien vous expliquer là-dessus de façon que je pourrais bien adopter cette idée, au cas que les évènements me secondassent pour porter quelque coup considérable aux Autrichiens qui les mettrait, pour ainsi dire, hors du combat; qu'en attendant il serait toujours bon que le premier point du plan fût exécuté.

Je vous sais beaucoup de gré des anecdotes concernant différentes cours dont vous avez voulu bien me rendre compte,24-3 et que j'ai trouvées également curieuses et intéressantes.

En général, vous pouvez être assuré que je suis très satisfait de toutes les démarches que vous avez faites jusqu'à présent, tant auprès du Roi qu'auprès de son ministère, dont il n'y [a] aucune qui ne soit pas conforme à mes intentions. Mais ce que je ne saurais me dispenser de vous dire, c'est que j'espère que vous ne me ferez pas tous les huit jours de si volumineuses relations que cette fois-ci; non pas que les matières qu'elles comprennent, m'eussent ennuyé; tout au contraire, je les ai trouvées toutes intéressantes et instructives; mais vous considérerez, que, le moment où il faut que je prête toute mon attention sur mes opérations militaires, il me coûte un peu d'en partager le temps avec d'autres affaires, et il pourrait arriver que, faute du temps, je ne saurais vous répondre sur tous les articles d'une volumineuse dépêche . . .24-4

Federic.

P. S.

Soli et secret, ce que vous prendrez la peine de déchiffrer tout vous-même.

Quoique je convienne de tous les avantages que je pourrai retirer, avec l'assistance du ministère actuel, de mon alliance avec l'Angleterre, je vous prie cependant de considérer et de vous bien imprimer que,<25> jusqu'à présent, nous n'avons pas encore retiré le moindre avantage de ces gens; car pour ce qui regarde les subsides, ils sont actuellement encore dans leur pays et, s'il me sera possible de m'aider moi-même, je n'en ferai aucun usage dans le cours de cette année-ci. Ainsi, si l'on veut apprécier au juste toutes les idées relativement à ces gens, il ne me revient de leur assistance au delà de l'armée hanovrienne, qui est le seul avantage que je retire jusqu'à présent de leur alliance. Par ces considérations et comme je n'ai pu avoir d'eux quelque escadre dans la Baltique,25-1 dont cependant j'aurais retiré un grand secours, tant contre la Suède pour l'empêcher de ne pas pouvoir faire des transports en Poméranie, que contre la Russie pour la mettre hors d'état de faire des ostentations dans la Baltique et d'envoyer des galères pour menacer les côtes maritimes de ma Poméranie et porter secours aux Suédois — quoique je comprenne bien que les ministres anglais ne m'ont actuellement refusé ce secours que parcequ'il leur faut à présent partout avoir des flottes pour s'aider dans leurs propres affaires, et que l'Angleterre n'est pas si forte en nombre de vaisseaux de guerre pour en avoir de reste à envoyer dans la Baltique25-2 —, par toutes ces considérations, dis-je, il faut que vous observiez que, dans les conjonctures présentes, il faut que nous tirions d'ailleurs tous les avantages que nous pourrons de notre alliance, et c'est en conséquence déjà un grand avantage que ces gens, comme il le paraît, veulent pousser la guerre contre la France également sur ses côtes maritimes qu'aux Indes.

Le second article principal sera, qu'ils ne négligent pas de fortifier l'armée du prince Ferdinand de Brunswick — qui apparemment se sera mis à présent en mouvement pour chasser les Français de l'autre rive du Bas-Rhin25-3 —, soit par des corps entiers, soit par des augmentations des corps de cette armée,25-4 ce qui m'est égal.

Indépendamment de tout cela, la chose la plus principale que je vous dirai pour votre direction, est que, si le Ciel bénira mes entreprises et que la fortune secondera mes opérations militaires, que vous tâchiez de ménager soigneusement et avec adresse les ministres anglais de façon qu'en faveur de la perspective de notre réunion et des avantages que l'Angleterre en saura retirer, ils ne me soient du tout contraires dans ceux que, le cas venant à exister, je pourrai retirer de la guerre présente.25-5 Et quoiqu'il soit vrai que moi-même je ne saurais déjà voir clair comment la guerre se finira, j'ai cependant quelque espérance que, pourvu que la fortune ne nous soit absolument pas contraire dans cette guerre, il en ressortira toujours quelques avantages pour moi, tout comme pour la nation anglaise. C'est aussi par cette considération, et afin que j'aie les mains d'autant plus libres pour faire mes conditions sur mes avantages, que jusqu'à présent — comme je le veux<26> bien vous dire en confidence; — je n'ai point voulu recourir aux subsides qu'on me donne, parceque je n'en voudrais pas être gêné sur les avantages que de bons événements sauraient me procurer.

Par ce peu de mots, vous pénétrerez à peu près ma façon de penser en gros et en général, et quoique je convienne volontiers que, sous les grands hasards que j'ai encore à risquer, il soit douteux si je puis me flatter des avantages, vous saurez en attendant vous y diriger dans le cas que la fortune me sera favorable, pour pressentir les ministres anglais jusqu'où l'on pourra compter sur ces gens par rapport à mes avantages à faire, si la fortune et les évènements me seront favorables. Autant je puis vous dire pour votre direction que j'ai déjà flatté le sieur Yorke par l'idée que, quand nous aurions préalablement fini avec les Autrichiens ici, nous pourrions alors réunir nos forces pour tomber sur la France, et c'est aussi en conséquence que vous sauriez toujours faire semblant au moins d'adopter l'idée que le sieur Pitt a prétendu attacher dans le cas d'un envoi d'un corps de troupes anglaises en Allemagne,26-1 quoique naturellement ce ministre, d'ailleurs assez intelligent, eût dû envisager — ce que je ne dis cependant que pour vous seul — que j'ai, outre les Autrichiens, à combattre les Russes, et que naturellement je dois la première protection à mes sujets. Au surplus, comme le chevalier Pitt me paraît être un homme bien vif et fort entêté, je crois qu'il sera très nécessaire que vous appreniez à connaître à fond sa véritable façon de penser, afin que, quand tels évènements heureux m'arriveraient que je les souhaite, nous en saurions profiter aussi avantageusement pour y faire condescendre ce ministre, autant qu'on le saura désirer.

De vous dire d'avance et actuellement déjà jusqu'où mes prétentions sauraient aller alors, voilà ce que je ne suis pas à même de faire dans ce moment-ci, et tout dépendra des évènements de cette campagne et des avantages, tout comme des progrès que nous pourrons faire sur l'ennemi; mais au sujet des idées vagues que je vous fournis, vous aurez peut-être l'occasion de vous bien orienter sur ce que l'Angleterre, les cas susdits supposés, voudra faire, et si nous pourrons nous promettre de réussir avec eux, ou si nous rencontrerons des difficultés parmi eux.

Au reste, je ne doute pas de la sagesse et de la prudence que je vous connais, que vous ne laisserez pas apercevoir, ni direz pas un mot de tout ce que je vous écris dans ce post-scriptum à âme qui vive, et pas même au sieur Michell, ni à mes ministres à Berlin, vu que c'est à vous seul que j'ai bien voulu m'expliquer dans la dernière confidence sur ces articles, afin que vous sachiez vous seul vous en diriger.

Federic.

<27>

J'ai reçu de vous deux volumes in-folio, cela est admirable en temps de paix; mais si vous m'en envoyez encore autant, ne pensez pas que j'aie le temps de les lire, et daignez de grâce ne m'envoyer que des in-douze tout au plus.

Federic.

Nach dem Concept; die Ergänzungen nach der Ausfertigung. Der letzte Zusatz von vier Zeilen eigenhändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.


10005. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Hauptquartier bei Prossnitz, 21. Mai 1758.

Ich bin Willens, Laudon mit seinem Corps aus Namiescht zu verjagen27-1 und, so viel möglich sein wird, von ihm gefangen zu machen. Ich habe zu dem Ende resolvirt, dass Ew. Liebden diese Nacht einen General27-2 mit 3 Bataillons detachiren sollen, welcher denselben Weg um Namiescht marschiren muss, den Ich geritten, weil27-3 Sie mit Mir dagewesen, so dass er Namiescht mit Anbruch des Tages im Rücken attaquirt. Seine Kanonen müssen nicht mit Kugeln, sondern Kartätschen geladen sein, und er muss einige Zwölfpfünder mit sich nehmen. Ich werde zur selben Zeit das Regiment von Puttkammer sich an Front zeigen lassen, und, wo es kann, soll es attaquiren. Ich schicke ingleichen das Regiment Zieten und 4 Bataillons von hinten herum über Czech und Laskow27-4 auf den Weg, der von Namiescht nach Könitz geht, um sie da zu empfangen, wann sie ihre Retraite dahin nehmen. Ich lasse zu gleicher Zeit Plumenau27-5 attaquiren, damit sie von allen Seiten allarmirt sein und nicht wissen, wo sie sich hinwenden sollen.

Diesen Augenblick bekomme Ich den Brief von Ew. Liebden. Ich begreife nicht, was der Feldmarschall Keith mit die Zwölfpfünder machen will. Was die ledige Wagens anbelangt, so werden sie ohne die nöthige Escorten von Queisten27-6 nicht fahren können.

Leopold Daun ist noch den 17. bei Leutomischl gewesen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10006. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Prossnitz, 22. Mai 1758.

Ew. Liebden Schreiben vom 21. dieses habe Ich erhalten. Ich habe heute eine kleine Expedition gemachet27-7 und alles dasjenige Pan durenzeug, so von Könitz längst den Bergen weg hierherwärts gestanden,<28> weggejaget. Sie haben ihre Bagage, Tornister, Mantels etc. verloren und im Lauf gelassen; einige von ihnen seind todtgeschossen und 12 gefangen gemachet worden.28-1 Mehr hat ihnen nicht geschehen können, weil sie sich durch lauter Wald retiriret haben.

Bei dieser Gelegenheit habe Ich unterwegens erfahren, dass die feindliche Armee bei Könitz campiren wolle, und hiesse es, dass Daun heute hinkommen und von einer Seite, die Kavallerieregimenter aber, so bei Brünn gestanden, von der andern Seite dort einrücken wollen. Ob solches gewiss wahr ist, kann Ich nicht sagen; dieses aber ist gewiss, dass sie sich von allen benachbarten Dörfern Vieh gegen Zettels liefern lassen und dass sie der Orten noch alles Korn wollen zusammen haben; deswegen sie dasjenige, so der Landmann noch übrig hat, aufschreiben lassen. Ich bin bis auf eine Viertelmeile von Könitz gewesen, wegen des difficilen Terrains aber und da es lauter Busch ist, habe Ich nicht weiter poussiren wollen. Indess wird es so viel helfen, dass das leichte Volk etwas in Furcht gesetzet worden und sich nicht so leichte herantrauen wird.28-2

Uebrigens was Ew. Liebden vom Feinde dorten vor Sich haben, ist nicht Laudon, als den wir hier vorgehabt haben,28-3 sondern vielmehr ist ersterer der General Jahnus.

Schliesslichen, wenn wir dortiger Orten Convois durchbekommen werden, so etwa der Obrister von Tauentzien von Neisse schicket oder von welchen auch der Gerierallieutenant Retzow Nachricht hat, so wird es doch nöthig sein, dass Ew. Liebden solchen etwa 4 Bataillons entgegenschicken, als ohngefähr die besten Bataillons so zu Sternberg stehen, auch die 2 Freibataillons, wo sich solche jetzo befinden, und zwar bis gegen Hof oder auch die Oerter, wo die schlimmsten Passages seind.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10007. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Hauptquartier bei Prossnitz, 22. Mai 1758.

Eichel meldet dem Minister, dass er mit dem englischen Gesandten Yorke, in Gegenwart von Mitchell, die Ratificationen des preussisch-englischen Vertrages vom 11. April28-4 ausgetauscht habe.28-5 Das erhaltene, vom König von England unterzeich<29>nete Exemplar werde er nach Berlin senden, wenn Yorke abreise, da alsdann eine starke Escorte bis nach Neisse mitgehen werde. Obschon Yorke durch Briefe aus England zur Rückreise gedrängt werde, so scheine er doch den Wunsch zu hegen, noch im preussischen Feldlager zu bleiben, bis die Belagerung von Olmütz beendet sei . . .

Sur les ordres exprès de Sa Majesté, je dois marquer à Votre Excellence que tout va jusqu'à présent assez bien ici. Notre artillerie pesante pour faire le siège, est arrivée, l'on prépare tout pour ouvrir le premier jour les tranchées. Jusqu'au 16 de juin, Sa Majesté couvrira le siège avec une armée d'observation, que le général Keith avec un corps séparé conduira. Le Roi fait savoir à Votre Excellence qu'il croit avoir pris ici telle position que l'ennemi ne pourra pas l'obliger à donner bataille, qu'on pourrait ainsi être tout tranquille à Berlin sur ce sujet. Le maréchal Daun, qui a campé jusqu'ici avec son armée à Leutomischl en Bohême, est aujourd'hui, à ce qu'on dit, arrivé en Moravie et campe auprès d'une petite ville nommée Könitz, d'où, à ce que l'on croit, il marchera vers Brünn. Au dire des déserteurs, son armée n'est qu'au nombre de 20,000 hommes à peu près, outre deux corps de 10,000 qu'il a détachés sous les ordres de Laudon et de Jahnus.29-1 Il a laissé en Bohême un corps de 8 à 10,000 hommes aux environs de Nachod pour couvrir ses magasins, indépendamment des troupes qui sont aux frontières de Saxe, dont on dit qu' [elles] ne passent pas le nombre de 10 ou 12,000. Enfin, le Roi se flatte de bons succès, pourvu que les Russes nous laissent achever ici, et si d'ailleurs les desseins des Anglais avec les expéditions des princes Ferdinand et Henri prospèrent, Sa Majesté croit que peut-être ses ennemis seront obligés de donner la main à une bonne paix plus avantageuse pour elle qu'ils ne l'ont pas cru . . .29-2

Eichel.

Auszug aus der Ausfertigung.


10008. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Quartier Prossnitz, 23. Mai 1758.

Es soll Meinen Nachrichten nach die österreichische Armee gewiss nach Konitz gekommen sein; so lange aber der Marschall Daun noch nicht alle detachirte Truppen an sich ziehet, kann es ihm noch kein Ernst sein, dass er etwas gegen uns unternehmen will, und muss also erst das Lager von Jahnus,29-3 so Ew. Liebden sehen, herum sein . . .

Friderich.

<30>

Es ist der Prinz Löwenstein, der bei Konitz stehet, mit Panduren und ein Regiment Cuirassiers.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der Zusatz eigenhändig.30-1


10009. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Au quartier de Prossnitz, 24 mai 1758.

J'ai bien reçu votre lettre du 23. Les avis qu'on a eus ici touchant l'arrivée du maréchal Daun à Könitz, ont été mal fondés.30-2 Il est encore à Leutomischl, et les mouvements que fait actuellement mon frère Henri, lui donnent des appréhensions, de sorte qu'il ne veut pas abandonner les magasins de Leutomischl qui lui sont actuellement l'objet le plus principal qu'il a à observer; voilà l'unique raison qu'il a pour y rester, sans se mouvoir. C'est aussi pourquoi je ne veux pas vous incommoder à présent pour m'envoyer ici ce que j'avais cru nécessaire d'avoir.30-3

Mais ce que je souhaite fort, c'est qu'on mît tout l'empressement possible là où vous êtes, pour commencer le siège au plus tôt. Les jours nous sont bien précieux, et voilà déjà aujourd'hui le 24 de mai. Demain, nous assurerons tous les postes, de façon que ni partis ennemis, ni qui que ce soit ne pourra plus percer, ainsi que rien ne pourra troubler votre siège. Vous pourrez garder encore auprès de vous le régiment de Würtemberg-dragons avec les hussards pour autant de temps que vous le jugerez nécessaire; mais comme je ne vois pas à quoi les hussards vous pourraient être utiles là, je crois qu'ils sauraient mieux servir ici. Au surplus, si vous voulez faire construire encore un pont au delà des eaux-là, vous n'avez qu'à demander les pontons qu'il faut, dont nous avons de reste, et plus vous aurez des communications d'un côté à l'autre, plus vous aurez de facilité pour que tout passe avec d'autant plus de diligence.

Federic.

Nach der Ausfertigung.

<31>

10010. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Smirschitz, 24. Mai 1758.

Deroselben Brief habe erhalten, worfür Ich Ihnen danke. Was die Umstände vom Feinde betrifft, worvon Ich Ihnen geschrieben,31-1 hat sich vieles verändert, indem Ich zuverlässige Nachricht habe, dass Daun noch bei Leutomischl stehet, und was hier bei uns herum ist, sind etliche ungarische Regimenter und Husaren. Ich mache deswegen Anstalt, die Höhe von Namiescht zu besetzen, um die Streifereien zu verhindern. Es werden Dieselben also ein Bataillon mit darzu geben, und sollte Ich meinen, dass nach den jetzigen Umständen man in Littau nur ein Bataillon lassen darf. Das Bataillon, so Dieselben Mir also schicken, muss so abmarschiren, dass es morgen früh um 8 Uhr in der Gegend Namiescht ist, da Ich dann mit etlichen Bataillons von hier aus hinmarschiren werde, die Höhen besetzen und alles arrangiren werde.

Wegen des Officiers, so sich auf der Feldwacht negligiret, haben Dieselbe sehr gut gethan, dass Sie ihm in Arrest gesetzet und dafür bestraft, und da überdem jetzo nicht viel zu thun, so lasse Mir angelegen sein, die Ordnung und Exactitude in der Armee wiederherzustellen, so etwas herausgekommen ist. Ich communicire Ihnen deswegen die gegebene Ordres bei der Parole von gestern und vorgestern, um dass Dieselben bei Dero Corps solche auch befehlen lassen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10011. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Au quartier de Prossnitz,] 25 [mai 1758].

J'approuve fort votre disposition,31-2 mon cher Maréchal, je me flatte qu'un nuage ou la pluie qui arrivera enfin, couvrira votre clair de lune, mais enfin il en faudra arriver là.

Monsieur Leopold Daun n'est pas encore dans notre voisinage. Je lui ai mis une nouvelle lunette sur le nez à Lupin,31-3 qui est entre ci et Namiescht, mais qui le tient en échec, parceque, si quelque corps voulait attaquer ce camp, il se mettrait à même d'être pris à revers. Pour celui-ci, quoique je n'y ai pas une grande armée, j'en réponds; celui de Littau, vous le connaissez.31-4

Mais, malgré toutes ces belles dispositions, il est sûr que la prise d'Olmütz et tout ce qui pourra accélérer le siège, vaudra mieux que tout ce que nous pourrons faire. Notre bonheur consiste dans le mauvais état de nos ennemis, mais à la longue cela changera; ainsi hâtez<32>vous, autant que la prudence vous le permet. Pour les patrouilles de l'autre côté de la Morawa,32-1 il me semble que Meier32-2 et ses hussards sont assez forts pour le faire, dès qu'ils embrassent la place de ce côté-là. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10012. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Au camp de Prossnitz, 26 [mai 1758].

J'espère, mon cher Maréchal, que, le siège une fois commencé, tout ira bien. Quant aux chemins de la Silésie, vous saurez qu'il est impossible de les avoir journellement libres; on ne pourra passer désormais qu'avec des convois. Celui que j'attends sera si bien soutenu que tout le monde pourra passer avec; mais pour des voyageurs seuls, il est impossible de les faire passer les montagnes. L'ennemi y a niché 6000 hommes, de sorte que, lorsqu'il n'y a pas une nécessité de les déloger de leur repaire, pour avoir ses munitions de guerre et de bouche, il est impossible de guerroyer sans cesse dans ces bois, pour chasser cette canaille. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Comme je crois que vous n'aurez demain plus besoin des chasseurs, je vous prie d'en envoyer 60 ou 70 au général Wedell, qui tient avec son détachement la hauteur de Namiescht.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10013. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Smirschitz, 26. Mai 1758.

Da Ich in Erfahrung gekommen, dass der Feind stark detachirt hat, in der Gegend von Hof und Mora,32-3 um unsere Convois zu beunruhigen, und weil Mir daran sehr viel gelegen, als will Ich, dass Dieselbe sofort den Generallieutenant von Retzow mit denen 4 Bataillons und denen 2 Bataillons, so in Sternberg stehen, dem Transport entgegen marschiren lassen bis in der Gegend Hof. Es wird der Generallieutenant Retzow überdem wissen, wann und welchen Weg der Transport kommt; als muss er so weit entgegenmarschiren, dass er es sicher anhero bringet. Ich habe dem Generalmajor von Meier befohlen, das bei ihm stehende Bataillon und 100 Husaren auch dahin marschiren zu lassen. Es können Dieselben vor Dero Person mit dem Prinz von Hessen so lange anhero zu dieser Armee kommen.

Wann es vorbei ist, so marschiret Retzow wieder nach Neustadt.

Friderich.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.

<33>

10014. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

[Hauptquartier zu Smirschitz,] 27. [Mai 1758].

Nach allen Nachrichten, die ich mir habe schaffen können, und nach allen dem, was man judiciren kann, so wird sich die feindliche Armee nach Konitz ziehen. Noch stehet sie nicht dar, und kann ich auch den Ort noch nicht richtig benennen, wor sie ist. Bei solcher Bewandniss muss ich meine Anstalten auf alle Fälle machen. Den Posten auf der Anhöhe von Namiescht33-1 habe ich besetzet und von hier Wege hin machen lassen. Heute habe Marwitz hingeschicket, um über das Wasser, was bei Senitz läuft, einen hoch ufrichte33-2 Bach, Brücken zu machen, damit Ihr Corps im benöthigten Fall desto eher zu mir stossen könnte. Sie werden die Wege Ihrerseits dahin auch wohl recognosciren lassen, und glaube ich, dass es gar mit 3 Colomnen angehen soll, nach Namiescht oder hierher zu marschiren.

Eben erfahre ich durch zwei Deserteurs, dass der Daun bei Gewitsch stehet. Er soll noch wenig Kanonen bei sich haben. Ich suche ihm das Loch bei Namiescht schwer zu machen, um ihm zu forciren, wann er Order zu schlagen hat, nach Prossnitz zu kommen, allwo man ihm einigermassen verfolgen kann, welches bei Namiescht ohnmöglich wäre. Ich glaube also, dass sich das Jahnus'sche Corps immermehr nach Ihrem Unken Flügel ziehen wird. Wor Sie was allda erfahren, so bitte Ihnen, mir es zu schreiben. Adieu!

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Eigenhändig.


10015. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Au quartier général de Smirschitz,] 27 [mai 1758].

Mon cher Maréchal. Vous connaissez trop bien les fanfaronnades de l'ennemi pour y ajouter foi. Sibenschein tâchera à tout moment de faire cours des faux bruits,33-3 pour vous tenir sur le qui-vive, mais il n'est pas entreprenant, et dès que la tranchée sera ouverte, tous ces gens seront réduits sur la défensive. Quant à la poudre de Dieskau, je suis étonné qu'il en ait si peu; il devait avoir 4000 centner. Le grand convoi de Neisse doit être le 6 de juin à Troppau, par conséquent le 10 dans votre camp. Ils amènent tout le reste de canons et munitions destinés pour le siège.

Daun a été avant-hier à Gewitsch, à un bon mille de Konitz; jusqu'à présent, il n'y a encore point d'armée à Konitz, mais je bouche tous les trous, pour que les troupes légères ne nous incommodent pas<34> dans nos opérations. J'espère d'y réussir, et au cas que Daun ait ordre de tout hasarder pour dégager la ville, il attendra qu'elle soit pressée à un certain point, avant que de l'entreprendre. Je crois que cela lui sera rendu très difficile, et que peut-être il se fera répéter par plus d'une reprise les ordres d'en venir à cette extrémité. En attendant, je compte que vous aurez 3 ou 4 jours à établir vos batteries, ce qui donnera au convoi le moyen d'arriver pour mettre l'artillerie en état de finir le siège. Nous ne sommes forts nulle part, mon cher Maréchal, mais l'industrie est une grande ressource pour les faibles, et avec laquelle, s'il plaît à la fortune, nous réussirons dans nos entreprises.

Le convoi de farine du bataillon de Kleist est arrivé ici, sans qu'il n'ait vu d'ennemi,34-1 et s'il plaît encore à la fortune, le grand convoi de Neisse arrivera de même. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10016. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

[Hauptquartier Prossnitz, 28. Mai 1758.]34-2

Er hat recht wohl gethan.34-3 Der Suceurs aus Schweden kann ohnmöglich so bald kommen, vornehmlich weilen es in Stralsund an Lebensmittel fehlet.

Hier hoffen wir gegen den 15. Juni mit Olmütz fertig zu seind, und ich vermuthete nicht, dass vor Ende Juli von denen Russen was würde zu besorgen seind. Dann hätte ich auch schon vorläufig gedacht, wie man ihnen was opponiren würde können.

Friderich.

Weisungen für die Antwort. Eigenhändig auf der Rückseite des Berichts von Dohna, d. d. Falkenhagen 16. Mai


10017. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Au quartier de Prossnitz,] 29 [mai 1758].

Mon cher Maréchal. Je suis bien aise que vous n'ayez, pour ainsi dire, rien perdu, mais il me semble que la première parallèle est très éloignée de la place. Par là vous vous déclarez, et le feu que vous essuierez en faisant la seconde, en sera d'autant plus dangereux.

<35>

Selon ce que l'on me marque de Silésie, le grand convoi35-1 arrivera plus tôt qu'on ne l'avait cru; on dit que la tête sera le 30 à Troppau; cela étant, vous viendra toute la poudre et le canon qui vous manque, le 5 au plus tard. Si vous en écrivez à Retzow, vous pourrez apprendre le jour et l'heure que tout pourra être rendu à votre camp.

Je ne saurais encore voir clair où M. de Daun veut se placer. Les déserteurs disent que les mauvais chemins l'arrêtent beaucoup, et qu'il est obligé d'en faire accommoder de nouveaux pour traverser ce pays sur plus d'une colonne. Cependant, dans quelques jours, on verra clair dans ses desseins. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10018. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Quartier Prossnitz, 29. Mai 1758.35-2

Ew. Liebden Schreiben vom 28. habe Ich erhalten, und danke Ich Deroselben sehr vor Dero Attention, Mir alles sogleich zu melden, sobald und was Dieselbe nur von einer Veränderung vom Feinde sehen und hören. Ich habe gestern den Major und Quartiermeister-Lieutenant von Marwitz abgeschicket, um die Position, so gegen Ew. Liebden linken Flügel ist, zu besehen, im Fall der Feind sich vorwärts nach Muglitz nähern und nach Dero Flanque kommen sollte, damit Dieselbe Sich sodann so nehmen und drehen können, wie es erfordert wird.

Hier seind gestern Deserteurs vom Feinde angekommen, welche aussagen, dass bei Könitz nichts mehr als 2 schwache Bataillons mit 4 Husarenregimentern stünden, welches alles ein Corps von 3 à 4000 Mann, wie das von Jahnus, ausmachen kann. Was des Marschalls Daun Armee aufhielte, solches wären die gar üble Wege auf der Strasse von Brünn, die so fast impracticabel wären, und sagen gedachte Deserteurs sogar, dass der Feldmarschall Daun einen Wald durchhauen Hesse, um nur mit 2 Colonnen marschiren zu können, und da hiess es dann, er würde sein Lager bei Raditz,35-3 einem kleinen Flecken, so zwischen Wischau und Brünn belegen, nehmen.

Alles dieses aber seind nur noch lauter solche Sachen, welchen noch nicht zu trauen, mithin müssen wir also noch erwarten und sehen, wo sich die feindliche Armee recht und eigentlich hinwenden wird, um als<36>denn des Feindes Absichten und Desseins beurtheilen zu können; bevor aber die feindliche Armee nicht recht feste stehet, so kann man davon noch nicht ein Wort sagen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10019. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

[Prossnitz, 29. Mai 1758.]36-1

Ew. Liebden danke sehr für die Mir gegebene Nachricht vom Feinde, und Ich habe Selbsten die Nachrichten, dass Daun bei Gewitsch stehen soll; man muss also wissen und erwarten, was er thun wird.

Ich bin heute beim General Wedeil36-2 gewesen und habe dem General Puttkammer anbefohlen, gnau und fleissig zu patrolliren, um Nachricht vom Feinde zu haben. Es ist der vom General Puttkammer detachirte Major von Ziegler beordret an Ew. Liebden auch täglich Rapport zu thun und, sobald was neues ist, an Denenselben melden zu lassen, um dass Dieselben von hier aus allemal avertirt sein.

Ich glaube nicht, dass der General Harsch bei der Armee ist, dann Ich habe noch nicht das geringste von ihm gehöret; Ich soll fast glauben, dass das ganze Corps, so bei Gewitsch stehet, das Corps von Laudon und Jahnus und etwa einem dergleichen Art sein wird, und dass es Daun mit der Armee noch nicht ist; sollte er es aber sein und sich Ihnen nähern, so dass es das Gros der Armee gewiss ist, so will Ich, dass Dieselben im Namen Meiner sogleich den Markgraf Karl von Neustadt an Sich ziehen, ohne Meine Ordre abzuwarten, weil darbei so viel Zeit verloren gehet. Es muss aber zuverlässig sein, dass Daun mit der Armee sich Ihnen sehr genähert; alsdann keine Ordre von Mir abgewartet werden darf, sondern Sie ziehen gleich den Markgraf Karl an Sich und geben Mir von allem Nachricht.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10020. AN DAS GENERALDIRECTORIUM IN BERLIN.

Prossnitz, 29. Mai 1758.

Da Se. Königl. Majestät höchst missfällig vernehmen müssen, wie ohnerachtet Dero letzthin an Dero Generaldirectorium unter dem 9. dieses ergangenen nachdrücklichen und positiven Ordre, alsofort und sonder einigen Anstand zu dem Transport des in der Neumark liegenden schlesischen Magazingetreides 300 Schiffe oder sogenannte Kähne nach<37> Küstrin und der Orten abzuschicken, um solches Getreide von dar weiter nacher Breslau zu bringen, dennoch dieser Ordre bis dato noch kein Genüge geschehen und vielmehr diese Sache von neuem in eine ganz unnöthige Correspondenz mit dem Minister von Schlabrendorff gezogen, auch wohl gar aus Particulier-Absichten und an sich criminellem Privatinteresse eine Ohnmöglichkeit, solches zu thun, vorgegeben werden wollen, so verweisen höchstgedachte Se. Königl. Majestät solches ohnüberlegtes Verfahren Dero gesammten Generaldirectorio, in specie aber dessen dirigirenden Ministern sammt und sonders auf das nachdrücklichste hierdurch und befehlen denenselben hierdurch nochmalen höchsten Ernstes, sich niemalen weiter einfallen zu lassen, gegen Dero positive Ordres und Befehle — zumalen in einer so sehr importanten Sache, als wie diese ist, davon die Wohlfahrt des Staates und der Armee mit abhänget, und wovon erwähnte Minister vielleicht die sonst daher entstehende horrible Suites bisher selbst nicht eingesehen haben — zu raisonniren, noch Ohnmöglichkeiten vorzugeben, mithin sonder den allergeringsten Zeitverlust obgedachte Kähne zu erwähntem Transport an die neumärkische Kammer abzuschicken, auch darunter gar keine weitere Fachsen zu machen: oder aber gewiss zu gewärtigen, dass, wenn daher unglückliche Folgen entstehen [und] die Armee daher Mangel an der nöthigen Subsistance leiden sollte, sodann gedachtes Generaldirectorium und insonderheit die dirigirende Minister mit Kopf, Ehre und Vermögen davor repondiren sollen. Gestalten dann auch Se. Königl. Majestät denenselben nicht verhalten wollen, dass, im Fall dieser Dero positiven Ordre binnen denen nächsten dreien Tagen, von Einlauf derselben an zu rechnen, kein Gnüge geschehen sein wird, Sie Dero Generallieutenant von Rochow beordert haben,37-1 dass derselbe durch militärische Execution den Einhalt derselben betreiben und zum Effect bringen soll.

Friderich.

Nach dem Concept.


10021. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Quartier Prossnitz, 30. Mai 1758.

Ew. Liebden Schreiben vom 29. habe Ich erhalten, und dienet Deroselben darauf in Antwort, wie dass Ich hier sehr auf alle Mouve<38>ments vom Feinde attent bin; weil Ich aber auch nicht gerne ohnnöthige Mouvements machen wollte, so warte Ich, bis sich der Feind erst noch mehr declariret haben wird, um Mich alsdenn darnach zu richten. Es kann der Feind zwei Absichten haben: die eine, um uns, so viel wie möglich, einzuschränken und uns dadurch die Lebensmittel zu benehmen; die zweite kann sein, um der Stadt zum Suceurs zu kommen. Ziehen wir uns nun zu früh zusammen, so verlassen wir zu viel Terrain, dass der Feind mit seinen leichten Corps uns absolut die Fourage und die Lebensmittel benehmen kann.

Vor das Corps von Ew. Liebden von der Seite von Littau bin Ich gar nicht besorget, so lange der Feind in seiner jetzigen Position bleibet, indem Ew. Liebden die schönste Position haben, die man nur haben kann; wenn aber der Feind von Gewitsch sein Lager änderte und in den Gegenden von Könitz oder daherum vorrücken sollte, alsdenn wird es nöthig sein, dass Ew. Liebden Dero Fronte ändern und Dero rechten Flügel auf die Anhöhe setzen, wo Dieselbe vor jetzt Dero linken Flügel haben, und dass Sie also Dero linken Flügel alsdenn mehr nach Senitz zu ziehen. Käme es dann auf eine Bataille an, und dass man siehet, dass der Feind batailliren will, so sollen Ew. Liebden nur darauf attent sein und werden es gleich daraus merken können, wenn der Feind alles an sich ziehet. Wir brauchen alsdenn nicht mehr als drei Stunden, um zusammen zu sein.

Indessen haben Ew. Liebden bei Littau vor den Thoren und wo es sonsten nöthig ist, Pallisaden setzen und das Ding so machen zu lassen, dass es doch vor einen feindlichen Anlauf gesichert sei. Die Bauerzeitung, so die verwichene Nacht bei dem Generalmajor Puttkammer gekommen,38-1 halte Ich nichts und ohngegründet zu sein, und dass der Kerl vielmehr nur von denen Panduren abgeschicket worden, um uns durch eine Nachricht zu embarrassiren, die nichts ist.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10022. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Au quartier de Prossnitz, 30 mai 1758.

Je vous remercie de tout le détail que vous m'avez marqué par votre lettre du 29. Cependant, il me paraît que, pour cette fois-ci, les ingénieurs ont mal réfléchi sur leurs idées par rapport à la tranchée. Vous savez que je voudrais voir toutes les mesures prises pour bientôt finir avec la place; au lieu de cela, les ingénieurs ont pris le chemin le plus long, et où il nous faudra avoir huit jours pour arriver au glacis. Mais, selon mon idée, si les ingénieurs avaient pris le chemin le plus droit, nous aurions pu être en cinq jours au glacis, pour y éventer les<39> raines; mais, à présent, tout me paraît être trop loin de la place. Je ne sais pas s'il sera faisable de déloger entièrement l'ennemi du retranchement, mais s'il n'y a pas moyen de cela, je ne vois pas le grand tort que les canons de l'ennemi là nous sauraient faire. Ce que je vous avoue franchement, c'est que nos batteries me paraissent nullement être bien placées pour tirer en ricochet, et vous ne trouverez pas une seule ligne de prolongation enfilée pour démonter.

Au surplus, je ne crois pas qu'ils pourront enfiler la ligne de prolongation de leur attaque, tandis qu'ils ne sauront pas prendre poste sur cette espèce d'île entre le ruisseau dit la Powelska39-1 et la rivière de la Marche. Regardez seulement vous-même, je vous en prie, la forteresse et ensuite les batteries, et je crois que vous trouverez qu'il n'y a point de prolongation, et qu'on ne saura placer les batteries de ricochet pour enfiler qu'au delà du ruisseau dit Powelska, pour avoir les lignes de prolongation sur ce qu'il leur faut démonter et ruiner.

Je crois que le commandant manque de poudre ou de boulets.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10023. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Smirschitz, 30. Mai 1758.

Da man sich bei den jetzigen Umständen pur nach dem Feinde richten muss, und der Feind vorjetzo Denenselben näher als Mir stehet, so muss bei erforderlichem Fall der Markgraf Karl, der General Wedell und Ich zu Denenselben stossen. Es ist aber nach aller Deserteurs Aussage, da Ich heute drei frische gehabt habe, die Armee in schlechten Umständen, so dass sie ohnmöglich etwas entrepreniren kann. Ich kann dahero Mein Corps nicht eher bewegen, bis dass des Feindes seine Mouvements Mich darzu obligiren. Mit denen grossen Corps nach der Deserteurs Aussage ist es nicht so gefährlich; denn sie machen fast alle aus fünf tausend immer achtzehn.

Im übrigen avertire Ich Dieselben, dass, wann morgen früh Meine Patrollen zurück sein und nichts veränderliches vorgehet, so dass der Feind keine Mouvements machet, Ich die ganze Kavallerie zu Prödlitz39-2 fouragiren lassen werde.

Hier ist alles beim selbigen. Dieskau bauet Battrien und Marschall39-3 schiesst nicht.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der Zusatz eigenhändig.

<40>

10024. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Smirschitz, 30. Mai 1758.

Es ist Mir sehr angenehm, von Ew. Liebden zu vernehmen, wie bei Dero Corps und auf der ganzen Seite alles noch wohl stehet, und da40-1 sich die Umstände vom Feinde sehr geändert, weil sich fast alles hierher gezogen, was jenseit des Marchflusses gewesen ist. Wann sich nun binnen hier und dieser Zeit, da unsere grosse40-2 Convoi ankommen soll, nichts mehr vom Jahnus'schen Corps rechts wegziehet und in die Berge gehet, so würde es freilich nicht nöthig sein, dass der Generallieutenant von Retzow mit denen Bataillons dem Convoi entgegenmarschirte,40-3 und Ich sollte glauben, dass die mitkommende Escorte und die 2 Freibataillons es genug decken könnten. Weil Daun mit der Armee bei Gewitsch stehet, ohngeacht40-4 und ohngeacht Ich sie vor sehr schwach und in Übeln Umständen halte, so ist und kann es doch sein, dass er vom Hofe Ordre hat, dieses40-5 zu entrepreniren. Wann dieses nun geschähe, so werden Dieselben von Ihrer Seite, als Ich auch und der Prinz Moritz uns bei Gross-Senitz zusammenziehen. Dieses wird dahero von Denenselben [sowohl] als Mir die grösste Attention bedürfen, und im Fall, dass es auf den Plutz40-6 geschehen sollte und müsste, so können Dieselben nichts mehr als die 2 Freibataillons in Sternberg zurücklassen, um die Convois zu decken, und mit allem übrigen zur Armee bei uns stossen;40-7 jedoch muss die Equipage bei Littau zurückgelassen werden.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10025. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Hauptquartier bei Prossnitz, 31. Mai 1758.

Ich weiss zwar noch nicht,40-8 was der Feind thun kann; weil Ich aber anfange zu soupçonniren, dass, da es in der Festung Olmütz so<41> sehr an Ammunition fehlet, er, der Feldmarschall Daun, zwischen hier und 3 oder 4 Tage etwas tentiren dörfte, um den Ort zu secondiren, daher Ich dann glaube, dass solchenfalls er zwischen Littau und Namiescht durchzupenetriren suchen wird, um uns zu einer Bataille zu engagiren.

Um nun von Meiner Sache sicher zu sein, so habe Ich sofort den Obristen Mehring mit seinem Regiment Husaren nach Wilimow detachiret, um morgen früh die österreichische Vorposten bei Luka41-1 zu tentiren und zu probiren, ob sie hartnäckig sein werden. Wenn diese Vorposten weichen und keine Standhaftigkeit bezeigen, so kann man es vor eine gewisse Marque halten, dass der Feind dort nichts tentiren will; wenn aber solche Vorposten an der feindlichen Chaine hartnäckige Resistance thun, so kann man davon gewiss concludiren, dass nicht nur sie souteniret seind, sondern auch überdem der Feind gewiss die Intention habe, dorten was zu tentiren. Ich avertire also Ew. Liebden davon.

Hier stehe Ich auf den ersten Wink, und sowie Ich glaube und merke, dass es dem Feinde ein Ernst ist, so marschire Ich rechts in zwei Colonnen ab, die eine über Gross-Senitz und die andere über Teschetitz, um Mich dem Feind vorzusetzen, da dann Ew. Liebden den Markgraf Karl auch ohnverzüglich avertiren werden, um zusammen zu Mir zu stossen. Die Bagage von Ew. Liebden Corps sowohl als auch die vom Markgraf Karl haben Dieselbe bei Littau stehen zu lassen, und marschiren Dieselbe in solchem Fall links ab, um Sich hinter Mein erstes Treffen en ordre de bataille laut der Disposition zu stellen; Ich aber Meines Ortes werde schon attent sein, um, zu welcher Stunde und zu welcher Zeit es auch sein möge, gleich marschiren zu können. In Zeit von drei Stunden kann Ich mit Meinem Corps da sein, und glaube Ich, dass, wenn Ew. Liebden und der Markgraf Karl Sich auch so anschicken, um parat zu sein, es auch mit Denenselben ziemlich geschwinde gehen wird, damit in einer Zeit von 3, höchstens 4 Stunden die ganze Armee zusammen sein kann. Die Artilleristen, so zur Feldartillerie gehören, seind schon bestellet,41-2 um erforderlichen Falls gleich zu uns stossen zu können.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.

<42>

10026. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Au quartier de Prossnitz, 31 mai 1758.]42-1

Je vous assure, Monsieur le Maréchal, que je suis aussi fâché que vous que mes bataillons ne se trouvent pas complets, mais que ce n'est pas ma faute. Il faut considérer leur valeur intrinsèque et non pas leur nombre, voilà tout ce que je puis vous dire, et que beaucoup de choses sont faisables et possibles, quand on les entreprend. Je suis votre fidèle ami

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10027. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.42-2

[Smirschitz,] 1er juin [1758].

J'ai d'abord envoyé à Prossnitz, et s'il y a moyen de trouver de la toile,42-3 vous l'aurez; je prévois que, quoi qu'on dise, l'artillerie sera obligée de descendre de son mont pagnote, pour se mettre à portée de pouvoir atteindre la place, et je crois, à vous dire le vrai, qu'ils feraient fort bien de ne pas tirer à présent leur poudre au moineau, car cela ne sera que du bruit. A vous dire le vrai, il me semble que toutes ces batteries conviendraient mieux au bout du crochet b, en le prolongeant; de là elles feront leur effet, et du moins pourront-elles faire taire le feu de la place. Voilà, mon cher Maréchal, à quoi il en faudra pourtant venir, car si vous ne ruinez pas les défenses, vous ne sauriez approcher avec les tranchées au pied du glacis. Je suis votre fidèle ami

Federic.

Daun est à Gewitsch, et jusqu'à présent, il m'est impossible de dire quel est son dessein.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10028. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.42-4

Smirschitz, 1. Juni 1758.

Was das Recognosciren vom Feinde anbetrifft, worvon Mir Ew. Liebden erwähnen, kann zwei Ursachen zum Grunde haben: erstlich, dass sie uns inquietiren und sehr beunruhigen wollen, zweitens, dass sie Dieselben genau recognosciren wollen. Es gehet hier ebenso: sie recognosciren auf alle Art, und wo sie nur ankommen können. Dahero<43> glaube Ich, dass sie uns mehr suchen zu beunruhigen, als dass sie sonsten was tentiren wollen.43-1 Demohngeachtet sei wie ihm wolle, so sind wir doch allemal in der Verfassung und im Stande, dahin zu marschiren und zusammenzustossen, wo der Feind kommen will.

Was die Equipage Dero Corps angehet, so halte darfür, dass, wann die Pontons nicht in Littau gut bleiben können, so wird es besser sein, dass Dieselben solche gleich nach dem Feldmarschall43-2 schicken, um Sich leichter zu machen. Was das hiesige Corps angehet, so habe befohlen, dass, wann es zum Marsche kommt, die Bagage über die Chomotauer Brücke gebracht werden soll, allwo sie zwischen zwei Armen des Wassers43-3 auffahren, woselbst das Bataillon Nimschefsky sufficient ist, selbige zu decken. Indessen glaube, dass es gut ist, dass Dieselben alle das, was Ihrem Corps zur Last ist, bei Zeiten nur wegschicken, auf dass, wann es zum Marsche kommt, [es] sowohl Mir als Deroselben nicht hindert.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.43-4


10029. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Smirschitz, 2. Juni 1758.

Ew. Liebden wissen, wie man ohnmöglich so leichtgläubig sein kann, alle abgeschickten oder Deserteurs einbringende43-5 Nachrichten zu glauben und viel weniger darnach gleich zu handeln. Unsere anjetzo<44> einhabende Posten sind so stark, dass sie fast inattaquable sein, und sollte einer attaquirt werden, so sind wir ja immer in den Umständen und haben Zeit, dass wir ihm secundiren können. Die Brücken, so der Feind bei Müglitz oder Neuschloss machen lasset, werden zu dem Grunde sein, damit der Feind Communication habe mit dem, was im Gebirge geschickt ist. Ueberdem glaube Ich gewiss, dass der Feldmarschall Daun uns noch nicht so nahe ist, als wir glauben; denn bei Gewitsch und Könitz ist das Laudon'sche Corps, und er wird mit der Armee noch in der Gegend Trübau44-1 sein. Es wird also des Feindes erstes grosses Mouvement, welches er thun wird, uns von allen diesen entwickeln, worauf man dann also sehr attent sein muss.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.44-2


10030. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Klein-Latein, 2. Juni 1758.

Ich habe das von Ew. Liebden Mir überschickte Protokoll von dem angekommenen Deserteur erhalten, und muss Ich Ihnen im Gegentheil Nachricht geben von einem, so bei dem General Wedell heute angekommen ist. Er ist vom Gotha'schen Regiment, welches bei der sogenannten grossen Armee ist, unter Daun. Sie haben gestern noch bei Trübau gestanden, und er macht eine ganz andere Description von der Armee. Es ist dahero bald so und anders bei dergleichen Leuten; man muss dahero so lange warten, bis der Feind wirkliche Mouvements macht, so sein wahres Dessein decouvriren, welches ihm aber für denen Défilés, so für44-3 unseren Posten liegen, ziemlich schwer fallen wird; deswegen er vielleicht wohl etliche Pandurenattaquen an einem oder andern Ort wagen wird, um darnach in die Zeitungen setzen zu lassen, er habe einen Posten attaquiret, und weil er so stark gewesen, habe er nicht seinen Zweck erlangen können. Unterdessen wird der Feind allemal bei einer solchen Attaque doppelten Verlust haben; deswegen man bei solchen ausgesprengten Sachen ohne Grund sich nicht darum kehren muss und das Wahre erwarten muss.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.

<45>

10031. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Au quartier de Prossnitz, 2 juin 1758.

J'ai reçu, mon cher Maréchal, la lettre que vous m'avez faite du 1er de ce mois, et espère que votre maladie ne sera d'aucune suite, et que j'apprenne au plus tôt votre parfait rétablissement.

Quant à notre siège, vous ne prendrez pas en mauvaise part, quand je vous dirai que j'ai fait et dirigé aussi moi-même des sièges, mais que je n'ai jamais vu qu'on saurait tirer de niveau et avec effet un coup de canon ou faire un jet de bombe à 1800 jusqu'à 2000 pas; et si j'ose vous le dire naturellement, c'est la faute du colonel Wrede, qui, sans se servir des instruments, pour lever avec exactitude l'éloignement, l'a envisagé et annoncé pour 900 pas, quoiqu'il se trouve à présent au double et plus : de sorte donc qu'on peut envisager la parallèle 13 comme la première, et que tout le reste du travail n'est que gratuitement et fait à pure perte. En attendant, le grand convoi45-1 arrivera le 5 ou le 6 au plus tard, au commandeur duquel, le général-major de Puttkammer, je viens d'envoyer l'ordre45-2 de ne pas passer à Neustadt avec le convoi, mais de le mener tout droit de Bautsch45-3 à Chomotau. Par là vous aurez non seulement tout ce qu'il faut pour l'artillerie, mais il arrivera aussi force de recrues pour les régiments faibles sous vos ordres; alors rien ne manquera pour pousser le siège, pourvu que seulement tout y soit bien appliqué, et qu'on ne voudra pas employer à une distance de 2000 pas ce qui ne convient que jusqu'à 800 pas. Il se peut que par hasard quelque boulet porte à votre camp, mais croyez aussi que la plus grande partie des boulets qu'on tire sur les bastions, passent à la ville, où cependant leur destination n'est pas, et nous devrions tirer aussi peu sur la ville que l'ennemi ne doit tirer sur notre camp, vu que ce ne sont pas les lieux de la destination des boulets. Et, d'ailleurs, il y a des règles établies pour les sièges, desquelles, si l'on s'en départit, on ne réussit jamais. Enfin, je vous dirai d'avance que les dispositions et les arrangements faits des batteries ne valent rien, quand on ne se dirige pas aux lignes de prolongation, et qu'au défaut de cela, on n'effectue rien. Je vous renvoie ci-clos le plan d'attaque que vous avez joint à votre lettre, où j'ai marqué ce que j'ai trouvé nécessaire, pour vous faire mieux comprendre mes idées.45-4 Il faut absolument avec les ingénieurs et les artilleurs qu'on les tienne un peu de court, et qu'on les mène à leur devoir et à ce qu'ils auront à faire. Pour que vous soyez aussi plus sûr de ce fait, je vous prie de faire lever présentement et de nouveau l'éloignement de notre tranchée du glacis, et vous verrez que nous en sommes encore éloignés à 12 jusqu'à<46> 1500 pas. Est-il donc permis que nos ingénieurs veulent déjà commencer d'aller à la sape? Il faut de nécessité absolue que le siège soit traité plus sérieusement, et qu'on y mette pour base sûre un plan fait avec toutes les dimensions, sans quoi il n'en ressortira rien, sinon que nous perdrons mal à propos le temps et serons obligés de nous en retourner aux règles usitées, et que l'expérience solidement établie, pour réussir dans ces entreprises.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10032. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Klein-Latein,] 3 [juin 1758].

J'espère, mon cher Maréchal, que, quand une fois vos nouvelles batteries seront établies, que le siège commencera à prendre forme. En examinant encore le dessin de la place, il m'est venu une idée que je vous prie de communiquer aux ingénieurs, c'est celle de faire brèche en même temps au bastion qu'à l'enveloppe, lorsque vous serez établi sur le chemin couvert. Je sais bien qu'il n'est pas encore temps d'y penser à présent; mais lorsque la batterie à brèche se fera sur la contre-escarpe, je crois que l'on pourra peut-être exécuter cette idée. Je propose tout ceci au cas que le plan soit juste, car si les ouvrages se trouvaient à l'approche différents du plan, alors il n'y aurait rien à faire, et il faudrait prendre un ouvrage, l'un après l'autre. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Daun a été encore avant-hier à Mährisch-Trübau, il n'a que ses grandes canailles46-1 qui nous masquent sa manoeuvre, et de petites canailles en duodecimo, par multitude de quantités, qui empêchent nos patrouilles de pénétrer dans ces bois et ces coupe-gorges, où ces brigands se sont fourrés. Mais que cela ne vous embarrasse pas, je vous assure que nous serons actifs, et qu'au cas que Daun veuille hasarder le paquet, qu'il ne se battra pas, comme il le voudra, mais comme je le jugerai à propos.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10033. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.46-2

Hauptquartier Klein-Latein, 3. Juni 1758.

Ich bekomme vom Prinz Moritz die Nachricht, dass das Lager, so der Feind ihm gegenüber bei Allerheiligen gehabt, diese Nacht auf<47>gebrochen sei.47-1 Da Ich nun vermuthe, dass dieses wird die March passiret haben, um vielleicht unser ankommendes Convoi47-2 zu inquietiren, so werden Ew. Liebden, falls Sie hievon sichere Nachricht haben, statt zwei Bataillons fünfe bis sechse ihm entgegenschicken müssen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10034. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Klein-Latein,] 3 [juin 1758].

L'approche du convoi du général Puttkammer a donné lieu à tous les détachements de troupes que l'on a vus, Monsieur, de votre camp. Jahnus a passé la Morawa. Sur quoi, j'ai écrit au Margrave47-3 de prendre ses mesures et d'envoyer tout son corps au devant du convoi, si ce n'en était pas assez de quelques bataillons, pour que tout arrivât sûrement à Chomotau. La tête du convoi peut y être le 7, s'il ne survient quelque empêchement. Je voudrais que l'on renvoyât tous les chevaux de paysans silésiens par Fulneck,47-4 ce qui est plus éloigné encore de la Pandourerie,47-5 et par où ces pauvres gens pourront retourner en paix chez eux.

Quant à votre siège, mon cher Maréchal, dès qu'on voudra y procéder en règle et bien ruiner les défenses de l'ennemi, avant d'approcher du chemin couvert, je suis sûr que cela ira à merveille; mais si l'on ne veut pas se servir des obus en ricochets et chercher les lignes de prolongation de l'ennemi qu'il faut enfiler pour protéger nos travailleurs, on ne fera rien qui vaille : nous perdrons du temps, du monde et nous tirerons notre ammunition aux moineaux. Pendant quoi, M. Daun cherchera à nous affamer et à nous faire toute la chicane possible. Dieskau fait du bruit comme un diable; pour quiconque s'en contente il passera pour un admirable artilleur, mais Dieu sait où il tire et s'il attrape. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10035. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Hauptquartier Klein-Latein, 3. Juni 1758.

Da Mir der Prinz Moritz anjetzo schreibt,47-6 dass das Lager des Feindes bei Allerheiligen noch ebenso stehet wie gestern, so wird es<48> auch nicht nöthig sein, dass so viele Bataillons dem Convoi entgegenmarschiren. Ich glaube wohl, dass es von einigen kleinen Partien wird angefallen werden; Ich hoffe aber, der General Puttkammer wird sich mit dem, was er hat, wohl aus der Affaire ziehen.48-1

Was die Bataillons, so bei Neustadt stehen, anbelangt, so müssen selbige nicht cantonniren, sondern so campirt bleiben, wie sie gewesen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10036. AN DEN FELDMARSCHALL VON KEITH.

Klein-Latein, 4. Juni 1758.

Der König übersendet Nachrichten von Deserteuren.48-2

L'ennemi, à ce que j'apprends, veut se mettre en beaucoup de corps, et l'on m'assure que M. de Daun détache de l'infanterie à Wischau. Si cela est, c'est la disposition de M. de Bourgogne au siège de Lille,48-3 qui apparemment réussira à ses imitateurs aussi mal qu'elle lui réussit alors.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der vollständig abgedruckte französische Zusatz eigenhändig.


10037. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Klein-Latein,] 4 [juin 1758].

Je suis fort surpris de la sortie que l'ennemi a faite.48-4 J'espère que par ses déserteurs vous apprendrez des particularités vraies de ce qui se passe en ville; surtout si les ingénieurs les interrogent, on pourra savoir par eux si le plan est exact et d'autres circonstances semblables.

J'ai ici l'oeil sur l'ennemi, et vous pouvez compter que, jusques ici, je le suis à vue. Je ne détache point vers Tobitschau,48-5 parceque, jusqu'au moment présent, il n'y a de tout ce côté que 400 uhlans; mais si l'ennemi fait filer des troupes dans ces environs, j'aurai soin de m'y opposer à temps et de rompre ses desseins, avant qu'il ne les exécute. Vous aurez vu la déposition du déserteur que je vous ai envoyée.48-6 Pourvu que le siège aille vite, ne craignez rien pour le reste; j'ai beaucoup de postes à observer, mais cela n'empêchera pas que l'on ne soit<49> vigilant partout, et que l'on ne prenne bien ses mesures. Mandez-moi, s'il vous plaît, le nom du village où vous avez le pont de pontons,49-1 car il pourrait peut-être me devenir nécessaire, en cas que l'ennemi suivît votre idée. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10038. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Klein-Latein,] 5 [juin 1758].

Je viens de recevoir votre lettre, mon cher Maréchal, et je souhaiterais que l'on fît tous les jours un bulletin en forme où l'on marquât l'ouvrage qui s'est fait, le nombre de morts et de blessés, les noms des officiers, s'il y en a, etc., afin que tout fût selon les règles et l'usage.

Tout est tranquille ici jusqu'à présent, et il faudra voir ce que M. Daun voudra entreprendre. Jusqu'à présent, il ne donne aucun signe de vie. Hier, nous avons fait un grand fourrage du côté de Prœdlitz, sans qu'il y ait eu un coup de pistolet de tiré. Je crois que Daun attend quelque secours, et qu'il ne veut entreprendre que lorsqu'il aura rassemblé toutes ses forces. Si l'ennemi s'avisait de détacher par Kremsier, j'enverrais d'abord tout droit par votre pont un corps pour s'y opposer, auquel le général Meier pourrait se joindre par Wisternitz.49-2 Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10039. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Klein-Latein, 5. Juni 1758.

Es wird der General Puttkammer49-3 Meinen Nachrichten nach an 7000 Mann stark sein; dieweil aber wegen der grossen Menge von Wagens es ihm doch schwer fallen wird, selbige gut und sicher decken zu können, als werden Ew. Liebden, wo sich was vom Feinde über die Morawa ziehet, ihm doch noch etwas entgegen detachiren müssen. Ich glaube, dass der General Puttkammer übermorgen mit der Tete heran sein wird.49-4

Wann es mit Ew. Liebden Corps zum Abmarsche kommen sollte, so wird selbiges wohl etwas geschwinde geschehen; dahero Dieselben wohl immer in solcher Paratschaft sein werden, dass die Bursche auf drei Tage Brod bei sich und auf fünf Tage auf die Wagens haben.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.49-5

<50>

10040. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL VON KEITH.

Klein-Latein, 6. Juni 1758.

Ich danke für die Mir gegebene Nachrichten. Es ist die Nacht über viel Kleingewehrfeuer in der Gegend Olmütz gewesen, und Ich habe noch nicht erfahren können, was und worauf es geschehen. Es muss mit allem Fleiss gearbeitet werden an denen Batterien, dass solche einmal fertig werden, denn es sind nunmehro schon eilf Tage verflossen, dahero man nunmehro wohl mit allem fertig sein könnte.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10041. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Klein-Latein,] 7 [juin 1758].

Je vous suis obligé des nouvelles de la sortie repoussée que vous me donnez,50-1 mais il n'y a ni détail ni rien; je n'apprends que par des bruits d'armée les pertes que nous faisons, et je n'en sais rien de positif; il faut absolument que je reçoive tous les jours mon bulletin50-2 avec le nom des officiers tués ou blessés, le nombre de soldats et le nom de leurs régiments. Malgré tout ce que vous me dites, vous n'avancez point avec le siège, et je le vois traîner jusques à la fin du mois. C'est que l'on ne tient ni les ingénieurs ni les artilleurs à leur devoir, et quand on leur laisse les coudées franches, ils font tout de travers. Il faut leur tenir la bride plus haute. Mes affaires en souffrent prodigieusement, et nous perdons des hommes, nous tirons notre ammunition aux moineaux, nous consumons tous les fourrages, et la perte la plus considérable de toutes c'est celle du temps, et enfin l'ennemi se rendra formidable par notre impardonnable lenteur.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10042. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Au quartier de Klein-Latein, 7 juin 1758.

Je vous remercie, mon cher Maréchal, des bulletins que vous m'avez envoyés et de ce que vous me marquez d'ailleurs. Vous pouvez commencer à tirer demain.50-3 Vous saurez ce que vous avez d'artillerie et<51> de munitions, et j'attends encore ce soir de vous une spécification de ce qu'il nous faut encore de munitions, outre ce qui en vient actuellement, et je renverrai incessamment les chariots, dès qu'ils seront déchargés de ce qu'ils apportent,51-1 pour nous mener un nouveau transport de tout ce qu'il nous faut encore, et peut-être de quelque farine pour le général de Retzow.

Vous pourrez envoyer d'abord le colonel Rapin avec son bataillon franc à Holitz,51-2 et si le régiment de Baireuth se mettra du côté de Wisternitz,51-3 la ville sera d'autant mieux serrée et investie.

Comme les circonstances présentes, selon tous mes avis, ne me laissent encore rien à appréhender des Russes,51-4 mais me permettent de retirer encore, au moins pour le moment présent, 7 à 8 bataillons de la Silésie, j'en donnerai mes ordres, et ces bataillons nous viendront bien à propos encore, tant pour nos sièges que pour garnir tous les postes qu'il nous faut occuper. Mais afin que ces bataillons puissent servir d'escorte au nouveau transport de munitions qu'il nous faut encore de Neisse, j'attends incessamment et ce soir encore de vous une spécification de ce qu'il nous en faut encore de munitions, exclusivement de ce qui vient d'arriver présentement avec le convoi du généralmajor de Puttkammer.

Federic.

Les Russes ne viendront point.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10043. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.51-5

Quartier de Klein-Latein, 7 juin 1758.

J'ai reçu, mon cher Frère, les lettres que vous avez faites du 21 et 28 de mai,51-6 qui m'ont causé bien de la satisfaction du beau commencement que vous avez fait de vos opérations, et que les choses sont parvenues là où vous me les marquez. Je suis presque parfaitement assuré que, dès que l'évêque de Bamberg et de Würzburg se verront51-7 bien pressés, ils crieront au secours ou ils rappelleront leurs troupes; l'un ou Vautre en arrivera certainement et contribuera beaucoup à ce que<52> les Cercles, au moins pour la plus grande part, adopteront le parti de la neutralité, et qu'en conséquence le chapelet commencera à se défiler. Vous devez être certainement persuadé que la France commence fort à se lasser de la présente guerre, et que les Autrichiens commencent à ne battre plus que d'une aile, et qu'au surplus, les Russes, si ce qu'on m'en marque, accuse juste, se méfient. C'est aussi par de bonnes raisons que je souhaite que vous fassiez ébruiter adroitement en Saxe que l'on pourrait être assuré que nous n'accepterions point autrement la paix, sans avoir une satisfaction éclatante au sujet de la guerre à laquelle l'on nous avait forcés, dût-elle continuer quatre ans encore.

Pour ce qui nous regarde ici, nous continuons à faire le siège d'Olmütz, mais qui, parceque les convois que j'ai fait venir de Neisse, ont un peu traîné, pourrait bien durer quelques jours plus que je vous l'avais mandé,52-1 de sorte que cela pourrait traîner jusqu'au 18 ou au 20 de ce mois. Que cela cependant ne vous inquiète point, car, dès que cela sera achevé et que nous avancerons alors, pour marcher plus au corps des Autrichiens, ils se verront sûrement obligés, soit huit jours plus tôt ou plus tard, de retirer à eux les troupes de Bohême, ce qui vous donnera alors les mains libres pour faire ce que vous voudrez.52-2 Quant aux Russes, nous n'en aurons rien à appréhender devant le mois d'août.

Au reste, le lieutenant-colonel de Belling vient de m'écrire du 19 de mai que, comme le bataillon des hussards qu'il a levé,52-3 était complet et tout-à-fait en état de servir, il s'offrait de vouloir lever encore le second bataillon des gens très propres pour le service dans un temps de trois semaines et de mettre tout en état de servir pendant le temps de six semaines. Je veux bien y donner mon agrément, à moins que52-4 vous, mon cher frère, sachiez fournir, des contributions levées des pays de Bamberg et de Würzburg, non seulement tous les frais nécessaires pour l'uniforme et pour acheter les chevaux avec tout ce qu'il faut d'ailleurs fournir à ce second bataillon de nécessaire, mais que vous sauriez faire payer d'avance des susdites contributions tout à la fois la paye de ce bataillon pour une année entière; car il faut que je vous avoue que je ne saurais rien fournir à toutes ces dépenses ni de la caisse générale de guerre à Berlin, ni de celle du ministre de Borcke.

Ces conditions-là supposées, je veux bien permettre que le lieutenant-colonel de Belling puisse travailler d'abord à lever et à former ce second bataillon, mais qu'il nomme et vous propose aussi tous les officiers qu'il y faut, excepté ceux de l'État-major, que j'y placerai moimême. Et comme il lui sera permis de placer quelques-uns des jeunes officiers de son premier bataillon auprès le second à lever, il faut qu'il<53> s'oblige encore de remplacer ces jeunes officiers des jeunes gentilshommes de la Saxe ou des pays de Gotha, de Weimar ou d'alentour. Vous aurez la bonté, mon cher frère, de faire savoir mes intentions sur tout ceci audit lieutenant-colonel et d'arranger le reste avec lui, selon que vous le trouverez convenable.

Federic.

Nach den Concept.


10044. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

[Klein-Latein, juin 1758.]53-1

Baireuth!

Je serai dans la joie de mon cœur, si l'expédition de mon frère vous a été avantageuse. Messieurs de Bamberg, Würzburg et le Bavarois en paieront la folle enchère, ou ils retireront leurs troupes de Bohême.53-2

Les Français se lassent, les Russes se méfient et les Autrichiens perdent courage.53-3 Avec cela, ma chère sœur, il n'y a qu'à tenir bon, et la bonne cause triomphera. J'espère qu'alors l'on trouvera remède à tout, et qu'une bien heureuse paix me procurera le bonheur de vous voir, de vous entendre et de vous embrasser.

Le siège d'Olmütz durera à peu près jusques au 20 de ce mois.53-4

Federic.

Nach dem Concept. Eigenhändig. 53-5


10045. A LA REINE DE SUÈDE A STOCKHOLM.

[Klein-Latein, 8 juin 1758.]53-6

Suède!

Ce que vous proposez,53-7 serait admirable, si nous pouvions l'exécuter;53-8 mais cent difficultés l'empêchent. Le Sénat regrettera tôt ou tard son impertinence envers le chevalier Goodrick, et certainement cette clique ne se soutiendra pas.

<54>

Nous assiégeons Olmütz, et l'on frappera quelque grand coup du côté du Rhin.

Enfin, ma chère sœur, la paix se fera dans cette année, mais je ne crois pas que vos gros dos54-1 y trouvent leur compte.

Federic.

Nach dem Concept. Eigenhändig.54-2


10046. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.54-3

Au quartier général de Klein-Latein, 8 juin 1758.

Les lettres du 22 et du 24 de mai dernier que Votre Altesse a bien voulu me faire, m'ont été rendues, et je ne saurais assez vous remercier des sentiments qu'il vous a plu de me renouveler à mon égard; surtout vous sais-je infiniment gré de votre attention pour m'informer sur la façon de penser du roi de Danemark à mon sujet, en conséquence de ce qu'il a bien voulu s'en ouvrir à Madame la Duchesse votre chère mère.54-4

Quant à vos opérations, je me flatte54-5 à présent d'en avoir bientôt de bonnes nouvelles et des meilleures. A ce qu'il me paraît, Votre Altesse n'a pas Elle-même assez de confiance en Soi pour la bonne réussite, au lieu que j'espère tout de votre habileté et des mesures que vous avez prises, pour le succès.

Pour ce qui regarde celles de mon frère Henri, je crois que vous apprendrez plus tôt que moi ce qui se passe, et quels seront les succès de ses entreprises.

Nous poussons ici au mieux le siège d'Olmütz, qui cependant saurait bien durer jusqu'au 20 de ce mois, avant que la place soit rendue.

Au surplus, toutes mes nouvelles me confirment que nous n'aurons rien à appréhender des Russiens, et qu'au moins ils ne remueront pas avant le mois d'août.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.

<55>

10047. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE KNYPHAUSEN A LONDRES.

Au camp de Klein-Latein, 8 juin 1758.

Der König bestätigt den Empfang der Berichte vom 5. bis zum 19. Mai und spricht die Erwartung aus, dass der Immediaterlass vom 21. Mai55-1 dem Gesandten zugekommen sei.

J'ai vu avec plaisir par vos susdites dépêches que les ministres anglais vont prendre à présent des mesures vigoureuses, afin de pousser à bout les Français. Aussi me vient-il de tous côtés des avis que les Français sont absolument dégoûtés et las de la guerre, et pourvu que les expéditions projetées des ministres anglais55-2 soient de quelque succès, à ce que j'espère et souhaite, les Français chercheront à faire de tous côtés des propositions de paix. C'est pourquoi votre plus grande attention sera à présent de faire comprendre doucement aux ministres anglais et principalement au sieur Pitt que, quoique je ne m'opposerais jamais à une bonne et solide paix, je croyais cependant qu'il faudrait faire semblant alors comme si l'on se montrait sur le haut ton et n'était pas trop en peine de faire en tout cas encore trois ou quatre campagnes, pour se procurer une paix stable et solide. Je suis bien persuadé qu'alors, en faisant semblant comme susdit, on amènerait la France à accepter telles propositions que, sans cela, elle n'aurait acceptées jamais.

Die Belagerung von Olmütz kann, wie der König zum Schluss schreibt, in Folge der guten und hartnäckigen Vertheidigung des Commandanten [General Marschall] noch bis zum 18. oder spätestens 20. Juni sich hinziehen.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10048. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Klein-Latein,] 8 [juin 1758].

Tous les ordres sont partis pour la Silésie, et j'espère que, dans 8 ou 10 jours, et les 8 bataillons et la poudre et les balles seront arrivés. L'ennemi a attaqué cette nuit le régiment de Möhring, nous y avons perdu 40 à 50 hommes, mais nous avons gardé notre poste.

Si je suis sûr de ma journée, je me suis proposé de tourner une après-midi chez vous;55-3 mais il faut que je suis sûr de ne rien négliger ici. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.

<56>

10049. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Klein-Latein, 8. Juni 1758.

Ich glaube nicht, dass es das Dessein des Feindes ist, Ew. Liebden zu attaquiren, sondern dass sie was in die Gegend von Hof detachiren werden;56-1 deshalb die da stehenden Freibataillons sehr auf ihrer Hut sein müssen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.56-2


10050. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Klein-Latein, 9. Juni 1758.

Ew. Liebden sehn nun, dass es eben dasjenige vom Feinde ist, so sich vor etlichen Tagen hat sehen lassen, so den Obrist Le Noble attaquirt hat.56-3 Es ist also höchst nöthig, dass Dieselben sogleich etliche Bataillons der Convoi entgegenmarschiren lassen und selbige sicher anhero schaffen, sonsten es ohnmöglich gut darmit gehen wird. Ueberdem werden Ew. Liebden an den Obrist Le Noble einen harten Verweis geben, dass seine Leute in so schlechter Ordnung und diese Campagne nicht so thäten, wie es sein sollte.56-4

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10051. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL VON KEITH.

Klein-Latein, 9. Juni 1758.

Ich danke sehr für die Mir gegebene Nachrichten.56-5 Ich habe solches schon vorhero erfahren, dass die Freibataillons zersprenget sein worden. Es hat der Markgraf Karl deswegen sogleich von Mir Ordre erhalten, etliche Bataillons dahin zu detachiren, und ist die Schuld des<57> Markgraf Karls, dass er pur auf seine Sicherheit gedacht und dem Transport nichts entgegendetachiret hat. Die Attaque anlangend, so ist selbige sehr gut. Es ist nun hauptsächlich darauf zu sehen, dass sie von den Ingenieurs gut executirt wird, und da allezeit unter der Artillerie und Ingenieurs keine Harmonie ist und einer dem andern die Schuld von dem schlechten Fortgang beimisset, als will Ich, dass Ihr denjenigen, an dem die wahre Ursache lieget, ohne Unterschied ernstlich dafür ansehet und nicht das geringste passiren lasset.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10052. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Klein-Latein, 9. Juni 1758.57-1

...Je dois répéter à Votre Excellence de la part du Roi que tout va assez bien avec le siège d'Olmütz, quoique le commandant, le général Marschall, s'y défende en brave homme; que, nonobstant cela, la ville sera prise, mais que le siège saurait bien durer huit jours plus tard qu'on avait cru, vu les difficultés qu'on a trouvées de faire passer tous les grands convois de la Silésie ici avec les munitions nécessaires au siège et les subsistances pour l'armée, qui ont été de 7000 chariots, que l'ennemi a tenté d'attaquer dans les passages les plus difficiles, mais sans succès et sans qu'il y ait été perdu un seul chariot du convoi. Généralement, on estime que le siège pourrait finir à peu près le 20 de ce mois. Jusqu'à présent, nous n'avons rien vu de l'armée de Daun, qui campe auprès de Gewitsch, où il se retranche, de sorte qu'on se flatte que Olmütz sera pris, sans que l'ennemi osera tenter bataille, tant par la situation fort avantageuse de l'armée du Roi que par le très mauvais état où se trouve l'armée de l'ennemi. Enfin, je me flatte que, si les opérations du Roi tournent à son gré et que celles du prince Henri et du duc Ferdinand avec l'expédition des Anglais sur les côtes de France succèdent en quelque façon, nous pourrons trouver alors un fil pour sortir bientôt du grand labyrinthe par une bonne et avantageuse paix, à moins que nous ne la mettions à un prix excessif. Il n'y a que les Russes, que les cours ennemies regardent comme leur dernière ressource; mais outre qu'ils paraissent se méfier de leurs alliés, je me flatte qu'en tout cas le Roi secondera à temps ses provinces contre les entreprises des Russes qui sûrement alors n'auront pas beau jeu . . .

Eichel.

Auszug aus der Ausfertigung.

<58>

10053. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Klein-Latein,] 10 [juin 1758].

J'espère, mon cher Maréchal, qu'à présent tout ira fort bien. Balbi crie qu'il n'a point de protection; cela n'est pas vrai, car il a toute une ligne de canon derrière lui. Mais on veut m'envoyer d'Hérode à Pilate, et ce n'est pas la façon de me dérouter. J'ai vu votre feu de nos hauteurs, il me semble que celui de la ville diminue beaucoup, hors ces forts de l'eau qui font le même effet. Je n'ai pas grande opinion des flèches que l'on construit à présent sur le glacis. Cela se tournera facilement, et l'ennemi n'y saurait faire des mines, parceque cela est au pied du glacis.

Vous aurez à ce soir M. Yorke, qui passe pour aller à Giebau.58-1

J'ai fort bien fait de repartir hier d'abord,58-2 d'autant plus que deux de mes postes ont pris une fausse alarme. Vous avez votre besogne là-bas; mais vous vous trompez extrêmement, si vous croyez que j'en manque ici. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10054. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Quartier général de Klein-Latein, 10 juin 1758.

Le général-major de Yorke, ministre de Sa Majesté Britannique, ayant reçu son rappel pour aller retourner à son poste, je l'ai déjà muni de ses lettres de récréance, et comme j'ai tout sujet d'être satisfait de lui et de la manière qu'il s'est comporté envers moi pendant le temps qu'il a résidé ici, j'ai résolu de lui faire le présent ordinaire des ministres qui ont séjourné à ma cour, et dont j'ai été content de leur façon d'agir envers moi. Mais comme je ne suis pas à même de lui donner ce présent ici, où tous les moyens d'en avoir me manquent, ma volonté est que vous choisissiez d'abord un portrait de prix, garni de diamants, pour le lui offrir de ma part avec un compliment convenable. Au surplus, je mets le prix de ce portrait à 1500 écus58-3 à peu près, que vous choisirez au mieux, selon le bon goût que je vous connais, et garni en sorte que vous le saurez faire passer auprès du public à un prix de 3000 écus.

Je n'ai pas pu me dispenser de donner ce présent audit Yorke, quoique je m'en serais bien passé dans ma situation présente où j'ai tant d'autres dépenses à soutenir pour les frais de la guerre; mais comme c'est un homme ambitieux, qui cependant sait assez bien cacher son or<59>gueil, et qui d'ailleurs est d'un grand parentage en Angleterre, que je veux ménager dans le moment présent, je veux que vous le flattiez au mieux pendant le temps qu'il restera à Berlin, et que vous ayez soin qu'on lui fasse toute sorte de distinctions, afin qu'il en parte pénétré.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10055. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Klein-Latein, 10. Juni 1758.

Ich habe von dem Obrist von Möhring59-1 eben diese Nachrichten schon erhalten,59-2 und Ich will nicht darfür schwören, dass eine Partie darvon auf Ew. Liebden Posten heranprellet; allein sie werden auf diesen guten Posten nichts ausrichten. Was man vom Feinde marschiren gesehn, stellet nicht sehr viel vor, weil es ohngefähr 4 Regimenter Husaren und Infanterie ausmachet. Der sicherste Rath ist der, so Ich Ew. Liebden geben kann, dass Sie mit etliche Bataillons und den Möhring'- schen Husaren den Feind aus der Gegend Wilimow verjagen, darbei man vielleicht Gefangene machen wird, oder durch Bauren und andere Leuten des Feindes Dessein erfahren wird. Findt man den Feind zu stark, so können Sich Ew. Liebden allemal in Dero Posten wieder zurückziehen.

Es ist nöthig, dass ein paar Bataillons mit Möhring dem Feind recognosciren. Man muss ihm aus Wilimow und gegen Luka jagen; dar man dann wird sehen können, was vor ein Corps dar ist, wie stark es ist, und wäre es rechts oder links marschiret, so werden Sie alles erfahren. Die Vorposten zu attaquiren, ist keine Gefahr, aber mit das Hauptcorps ohne Noth ist nicht nöthig sich einzulassen. Puttkammer ist gut durchgekommen.59-3

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der Zusatz eigenhändig.59-4

<60>

10056. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Quartier de Klein-Latein, 11 juin 1758.

Je ne vous fais la présente lettre que pour vous demander s'il n'y a pas moyen d'engager dans l'Empire, soit des déserteurs, soit d'autres gens propres pour servir dans des bataillons francs, pour me les faire parvenir ici, afin d'en recruter ces bataillons.

Je compte que le 20 ou 22 nous aurons fini ici. Le commandant se défend en habile homme et mieux que tous les commandants autrichiens que j'ai vus. Je ne dois pas vous en dire davantage, ignorant le sort de ma lettre.60-1

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10057. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Klein-Latein,] 11 [juin 1758].

Tout ce que Balbi écrit, mon cher Maréchal, n'est que du verbiage qui doit servir de manteau à l'ignorance et au peu d'expérience des ingénieurs. Je réponds

1mo que la batterie de la droite est nécessaire, et qu'elle s'achève;

2do que la grande batterie est inutile, parcequ'elle est trop éloignée de la place;

3tio que, si les ingénieurs approchent de la place, qu'ils se tireront, en avançant, de tous les feux collatéraux, et que l'on ne se moque pas de moi en débitant des sottises, mais qu'il faut de bons arguments pour me vaincre. Quoi? n'est-ce pas une honte! Il y a quinze jours que la tranchée est ouverte, et nous ne sommes pas encore au glacis. Ah! que si Coehoorn et Vauban ressuscitaient, qu'ils honoreraient d'un bonnet d'oreilles d'âne ceux qui, dans ces temps modernes, se mêlent de leur métier ! Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10058. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Klein-Latein, 12 juin 1758.

J'ai vu avec satisfaction par votre lettre que nos affaires du siège commencent à avancer, et par le tirage que j'ai entendu, il m'a paru que l'ennemi ne tire plus de la porte de l'eau que de temps à autre avec un seul canon, et du ravelin encore aussi avec un, de sorte que je crois que les sapeurs pourront à présent pousser leur travail, et pourvu que vous presserez à cette heure les ingénieurs, j'espère que l'ouvrage sera bientôt fini.

<61>

La nuit passée,61-1 l'ennemi a attaqué le régiment de hussards de Zieten, mais on l'a bien rebroussé et chassé au delà du camp où le régiment [de] hussards de l'Empereur a été campé, où nous les avons chargés encore, de sorte qu'ils ont été obligés de se retirer dans les broussailles au delà de Prumnen,61-2 où il n'y a eu moyen de les chasser plus outre, vu ces broussailles et le terrain. L'ennemi a eu 10 hommes de morts, mais nous de notre côté n'avons pas perdu aucun.

J'ai fait dire au lieutenant-général de Retzow qu'il doit faire transporter peu à peu à Littau toute la farine qui est encore auprès de votre pont; dès que cela sera achevé, vous en saurez retirer vos chasseurs à Horka.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10059. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Klein-Latein, 12. Juni 1758.

Da Ew. Liebden doch etliche Escadrons Husaren bei Sich haben, als muss nicht gestattet werden, dass Ihnen der Feind so nahe an die Commandos kommen kann; überdem müssen keine Leute aus Neustadt gelassen werden, und muss alles aufs genaueste und schärfste examiniret werden. Und wann die Husaren eine Embuscade machen, so können sie von den streifenden Partien vom Feinde bei dem Edelmann61-3 gewiss 20 oder 30 Gefangene machen.

Ueberdem, sollten Ew. Liebden von den sich hier umtreibenden Kerls, so spioniren, einen habhaft werden, so müssen Sie solchen sogleich henken lassen, darmit man das Handwerk leget und die Kerls in Furcht erhält, sonsten man von solchem Gesindel niemalen befreiet ist.61-4

P. S.

Ew. Liebden können das Bataillon von Unruh wieder aus Sternberg nehmen und dem Obrist Le Noble gute Ordnung und Wachsamkeit anrecommandiren.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.

<62>

10060. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Klein-Latein, 13 juin 1758.

Je vous remercie des nouvelles que vous me donnez. Je suis bien aise que la sortie de l'ennemi62-1 a été repoussée avec tant de perte pour lui. Tout ce qu'il y a à faire à cette heure, c'est de pousser nos travaux avec beaucoup de vivacité en avant; nous profiterons sûrement de la consternation dans laquelle il est encore. Si nos batteries ne peuvent pas faire taire le feu du fort de l'eau, il faudra y mettre encore quelques haubitz. Pour ce qui est de notre canon blessé, je crois bien que nous en avons; dans tous les sièges on en a toujours eu, il faudra les faire raccommoder le mieux qu'on pourra.

Federic.

Retzow a ordre de vous payer 2000 écus.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10061. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Klein-Latein, 13. Juni 1758.

Ew. Liebden gebe hierdurch in Nachricht, wie der Feind die vergangene Nacht einen Ausfall gethan, aber [solcher] mit 100 Mann Verlust vom Feinde ist repoussirt worden. Den wirklichen Schaden, so wir darbei erlitten, kann noch nicht sagen, jedoch kann er nicht gross sein, weil nur 1 Lieutenant von Markgraf Heinrich darbei blessirt worden ist.62-2

Es wird morgen hier eine grosse Fouragirung gemacht, überdem weiss Ich nicht, wie es kommt, dass der Feind die vorige Nacht und heute gar keine Patrollen gegen uns gethan. Sollten Ew. Liebden was von Neuigkeiten erfahren, so bitte Mir doch Nachricht darvon zu geben.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.62-3

<63>

10062. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Klein-Latein, 13 juin 1758.

Je suis très content de la façon dont la sortie a été repoussée.

Je ne sais d'autre moyen pour empêcher la désertion que d'assurer le soldat que nos renforts arriveront incessamment de la Silésie, qui le soulageront de beaucoup dans ses travaux. Je crois bien que l'ennemi pendant la nuit répare le dommage que notre canon lui fait pendant le jour; mais, enfin, il faudra avec de la patience vaincre les obstacles qu'il nous oppose.

Pour rendre vos gens de bonne humeur, envoyez demain avec le major que j'envoie aujourd'hui, Lilhövel63-1 à Delin.63-2 Il y a là une cave de vin. Faites donner à chaque homme une demi-mesure, et qu'on leur promette une gratification après le siège, et tout redeviendra de bonne humeur. Il ne faut que des coïonneries pour remettre l'esprit du soldat, et de l'espérance.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10063. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Au quartier de Klein-Latein, 14 juin 1758.

J'ai reçu, mon cher Maréchal, votre lettre du 13 de ce mois, sur laquelle je vous dirai que, pourvu que vous, avec ce que vous avez de gens de génie, poussiez présentement avec vigueur le siège, nous en aurons bientôt fait et fini.

L'espérance et la crainte sont les deux ressorts qui font agir les hommes. Si vous les employez d'un côté, et que le secours arrive de l'autre, nous aurons bientôt fait.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10064. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Klein-Latein,] 14 [juin 1758].

Je suis très fâché, mon cher Maréchal, de l'accident arrivé au général Fouqué; j'espère pour le bien de l'armée qu'il ne sera pas dangereux: une contusion n'est pas léthale. Je lui envoie mon chirurgien, qui est tout ce que je peux faire, et en même temps je ferai venir le général Neuwied;63-3 il ne remplacera pas Fouqué, mais voilà tout ce que je peux faire pour vous : nous n'avons pas des lieutenants-généraux par douzaine, et je n'en ai pas à vous en envoyer d'autre.

<64>

Si l'ennemi ne fait aucun mouvement, je viendrai demain à 11 heures dans votre camp à la nouvelle parallèle, et il faudra constater la façon dont nous procéderons aux mines, pour que l'on suive un système. Les ingénieurs et mineurs se disputeront selon leur coutume, mais il faut les accorder. De plus, je vous ai renvoyé un de vos prisonniers, qui se fait fort de savoir toutes les mines et leurs emplacements; il faut faire dresser un procès-verbal de sa déposition, pour qu'il serve à diriger les ouvrages.

Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10065. AN DEN GENERALFELDMARSCH ALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Klein-Latein, 14. Juni 1758.

Ew. Liebden danke für die Mir gegebene Nachrichten. Was die Deserteurs anlanget, so hat sich bis dahero gezeiget, dass sie gute Dienste bei denen Freibataillons gethan, welche sich selbsten engagiret haben. Es können Ew. Liebden die, so von selbsten Dienste unter selbigen haben wollen, nur solche sofort an die Freibataillons schicken. Die Aussage der Deserteurs betreffend, so glaube Ich gewiss, dass der Feind nichts rechts tentiren wird als kleine Neckereien.64-1 Es kann aber alsdann sich wohl ändern, wann die ankommenden Bataillons die Stadt näher eingeschlossen haben. Man muss alsdann sehen, was er vor Mouvements machen wird, da Ich dann im Gegentheil Meine Precaution auch schon auf andere Art annehmen werde.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10066. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Klein-Latein,] 16 [juin 1758].

J'ai reçu votre bulletin, mon cher Maréchal, et je dois vous avertir, qu'il y a une femme d'arrivée qui dit que hier on avait vu défiler de l'infanterie à Kojetein.64-2 Pour savoir si cela est vrai, j'ai d'abord ordonné au colonel Werner d'y marcher ce soir avec 500 chevaux, pour<65> avoir quelque certitude de cette nouvelle, et j'ai écrit à Meier65-1 de patrouiller à Prerau,65-2 pour être bien informé de ce qui se passe.

Je souhaiterais pour beaucoup de raisons que le siège finît bientôt, car les attentions que l'ennemi me donne, se multiplient journellement. Vous ne sauriez empêcher le vieux Maréchal65-3 de faire des fascines hors de la ville, avant que vos bataillons65-4 ne soient arrivés. Je les attends avec impatience, mais je ne saurais ni presser ni hâter leur marche; j'espère cependant que dans peu de jours ils arriveront. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10067. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Klein-Latein, 16. Juni 1758.

Ew. Liebden gebe hierdurch in Nachricht, wie ein Unterofficier, so vom Feinde desertiret, heute hier angekommen ist. Er ist vom Harsch'schen Corps, so bei Allerheiligen65-5 stehet. Dieser saget vor gewiss aus, dass das da sich befindliche Corps aus 7 schwachen Bataillons und 2 Regimentern Kavallerie bestünde. Ueberdem ist Mir sehr lieb, dass der Baum gefunden worden, worvon man die feindliche Bewegungen decouvriren kann. Was die heute gesehene Wagens anbetrifft, so glaube Ich, dass es Brodwagens und nichts anders sonsten gewesen sein wird.

Mit der Belagerung gehet es nicht so geschwinde, als Ich es wohl wünschte. Der General Marschall defendiret sich gut und aufs äusserste. Wir sind nunmehro am verdeckten Weg, und nun müssen die Minen erst devantirt65-6 werden. Wann dieses vorbei wird sein, und dass man den verdeckten Weg inhaben wird, so wird er Meines Erachtens die Schleusen erst anstrengen. Es ist derenthalben zwar nicht unüberwindlich, allein es gehet doch darbei so viel Zeit verloren, von der man nöthig profitiren könnte.65-7 Ich glaube, dass wir nöthig haben, den 18. auf unserer Hut zu sein, weil Daun sich einbilden wird, dass ihm der Tag favorable ist.65-8

Ich habe die Nachricht, dass ein Corps Infanterie sich in die Gegend von Kojetein gezogen haben soll; Ich habe deswegen gleich Meine Anstalten gemacht, um gewisse Nachrichten darvon zu haben, welche Ich aber für65-9 morgen früh wohl nicht haben kann.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.

<66>

10068. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL VON KEITH.

Klein-Latein, 16. Juni 1758.

Auf Ordre Sr. Majesté soll ich Ew. Excellence hierdurch benachrichtigen, wie Se. Majesté nur noch auf eine Antwort warteten und, sobald dieselbe einlaufen wird, alsdann soll der Markgraf Karl mit denen Bataillons, so bei Neustadt stehen, gleich zu dem General Meier stossen und verhindern, dass nichts durchkommen kann.66-1

V. Moellendorff.

Nach der Ausfertigung.


10069. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Klein-Latein, 16. Juni 1758.

Ew. Liebden danke gar sehr für die Mir gegebene Nachricht, und so viel wie Ich daraus abnehmen kann, wo es sich so richtig befindet, so wird das Corps, so gegen Denenselben über gestanden, auf den Posten von Laudon marschiret,66-2 und das andere wird nach Kremsier sich gezogen haben, um über das Wasser66-3 zu gehen und Succurs in die Stadt zu schicken; dieweil Ich aber noch nicht gewiss in dieser Sache bin, als kann Ich noch keine Ordres deswegen geben, was geschehen soll. Ich habe unterdess Meine Patrollen und alles in Bereitschaft, dass Ich hoffe, morgen gewisse Nachricht darvon zu haben. Sollten Ew. Liebden etwa was erfahren, so bitte Mir doch sofort Nachricht darvon zu geben.

Morgen früh werde ich in diesem allen klar sehen können.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der Zusatz eigenhändig.


10070. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Klein-Latein,] 17 [juin 1758].

Depuis hier, l'ennemi fait toute sorte de mouvements, mais je crois m'apercevoir que c'est une feinte pour attirer mon attention de ce côté-ci,<67> tandis qu'il veut frapper un coup avec les troupes qu'il a à Prerau. C'est ce qui m'a fait résoudre à faire marcher le camp de Neustadt67-1 à Dollein,67-2 afin que, si ces troupes se trouvent nécessaires du côté du général Meier, elles y soient d'abord, ou que, si ce camp de Wilimow67-3 que nous voyons aujourd'hui, s'augmente, je puisse me faire joindre par Chomotau des troupes du Margrave. Je vous avertis de tout ceci, et vous pouvez être persuadé que, d'ailleurs, je ne vous donnerai pas l'alarme en vain, et que, si je vous demande les artilleurs,67-4 que c'est un signe qu'il me les faut absolument. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10071. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Klein-Latein, 17. Juni 1758.

Der grosse Retraiteschuss, so Ew. Liebden vernommen, ist Meines Erachtens gewiss ein Zeichen, dass nichts rechts da ist, und ist dies ein allgemeiner Gebrauch, wann man sich cachiren will. So viel Nachricht habe Ich erhalten, dass bei Wilimow ein klein Lager stehen soll. Es wird vermuthlich Harsch oder Jahnus sein, deswegen Ich gleich Selbsten hin werde, um zu sehn, was es ist. Es sind überdem dieses alles Masken, denn sein wahres Dessein, so Daun vor hat, wird sein, was herum zu schicken und in Olmütz was hereinzuwerfen. Ich habe zu dem Ende dem Markgraf Karl Ordre gegeben, gleich aufzubrechen und nach Dollein zu marschiren,67-5 da er dann à portée von allem ist, entweder zu Meier'n zu stossen oder wann er hier nöthig, dass man ihm gleich an sich ziehen kann.

Des Feindes Dessein ist, von Prerau aus Secours in Olmütz zu werfen. Derowegen lasse ich den Markgrafen nach Dollein marschiren; da ist er à portée den Meiren zu secondiren oder (was ich nicht glaube) wann etwa Daun was rechts mit der Armee thun wollte, so kann der Markgraf in drei Stunden von Dollein über Chomotau zu mir stossen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der Zusatz eigenhändig.

<68>

10072. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Klein-Latein, 17. Juni 1758.

Ich habe mit den Kapitän von Kleist über allem gesprochen, was von Denenselben gesehen und gehört worden; Ich schreibe es aber Ew. Liebden nochmalen und bleibe darbei, dass es alles, was der Feind da machen thut, pure Masken sein.68-1 Ich habe den Obrist von Werner nach Kojetein geschickt,68-2 welcher aber anjetzo zurücke kommt und Gefangene einbringet, welcher Mir alles versichert, was ich daher weiss, nämlich dass bei Kremsier vorgestern ein Corps von der ganzen Armee detachiret worden, ohngefähr 3 oder 4 Mann per Compagnie, welches in allem mit Infanterie, Kavallerie, Dragonern und Husaren an 6000 Mann ausmachet. Wie viel nun darvon nach Prerau marschiret ist, kann Ich nicht sagen; zurück kann aber nicht viel sein, weil gestern Abend ohngefähr 3000 Mann allda angekommen, das übrige werden sie zurückgelassen haben, um, in Fall sie gejaget würden, sich darauf zu repliiren. Es hat Mir auch der Feldmarschall von Keith heute früh melden lassen, dass sie das Freibataillon von Rapin attaquiret hätten, so im Dorfe [Hodolein]68-3 stehet. Also, wann Ich dieses alles zusammennehme, so kann nicht anderscher68-4 schliessen, als dass es lauter Finten, dass Daun so hin und her marschiren lässet, um unsere Attention dahin zu ziehen, um dass er hinten herumgehen kann. Ich habe deshalb den Markgraf Karl mit denen Bataillons nach Dollein marschiren lassen. Es wird uns Daun vorjetzo noch nicht attaquiren, weil er keine Ursache darzu hat. Es sind Minen im verdeckten Weg, da wir uns erst durchquälen müssen, und alsdann hat er68-5 die Inundation noch. Will also Daun den ordentlichen Weg gehen und nicht eher ohne Noth und Unzeit was thun, so wird er uns nicht eher attaquiren, als bis die Stadt sehr leidet und blessirt ist.

Demohngeachtet aber, dass Ich Dieselben in alle Fälle und von Meiner Idee instruire, so gebe Ich hierdurch in Nachricht, dass, so lange Harsch und Jahnus da stehet, so müssen Dieselben in Ihrem und Ich in Meinem Lager bleiben und uns nicht rühren; sollte der Feind aber was tentiren, so stelle Ich Mir solches in voraus für, dass er die Höhen, wo Möhring stehet,68-6 wird suchen zu gewinnen, [um]68-7 sich da formiren und in die Plaine penetriren zu können, bei Gross und Klein-Senitz; deshalb Ich Möhringen sehr recommandiret, beständige Patrollen zu schicken, dass, wann das Corps, so da stehet, eine Bewegung vorwärts machet, so ziehen Sich Ew. Liebden mit Dero Corps und setzen den linken Flügel an Klein-Senitz, etwas von die Berge ab, und Ich werde<69> dann mit Meinem Corps ohngefähr zwischen Ohnitz und Nebotein69-1 Mir setzen. Der Markgraf Karl, so zu Dollein stehet, kann gleich zu uns stossen, nur muss Littau besetzt bleiben; die leichten 12pfündigen Canons müssen auch allda bleiben, und die 5 Vierundzwanzigpfünder werden mitgenommen; nur muss dieses Mouvement nicht eher geschehen, als bis man gewiss versichert und überzeuget ist, dass der Feind was tentiret, weil wir dann noch Zeit haben, denn die Défilés, so er bei Wilimow zu passiren hat, werden ihm sehr sauer werden.

Wegen der Reconvalescirten bin Ich es wohl zufrieden, dass sie nach Krenow69-2 gehen können.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10073. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Klein-Latein, 17 juin 1758.

Sur la lettre que vous m'avez faite cette après-midi, je vous dirai qu'il faut que le général-major Meier dans le désastre [qui] lui est arrivé, [ait] commis69-3 absolument quelque faute, ou qu'il s'est laissé surprendre, car son poste était bon.69-4

Quant au margrave Charles, je suis persuadé qu'il postera ses bataillons, comme il le trouvera convenable et nécessaire;69-5 il n'aura guère à craindre là, l'armée ennemie étant marchée à Wischau. Notre grande affaire sera donc toujours de prendre Olmütz.

J'ai des nouvelles que le prince Ferdinand de Brunswick a heureusement passé le Rhin.69-6

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10074. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Klein-Latein,] 17 [juin 1758].

Si du secours est entré en ville, vous aurez sûrement besoin là de plus grande vigilance pour vous préserver contre les sorties que l'ennemi ne manquera pas de faire. Je ne sais s'il ne serait pas bon d'avoir dans la tranchée quelques pièces de trois livres chargées à cartouche, pour fortifier davantage l'infanterie.

Daun a fait un mouvement; mais ce n'est, je crois, que pour me donner le change et protéger par là le secours qu'il a jeté dans la ville.<70> A présent, le Margrave doit être à Dollein.70-1 Quand vous saurez quelque chose de Meier70-2 et de ce qui s'est jeté en ville, je vous prie de me l'apprendre. Adieu.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10075. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Klein-Latein, 17 juin 1758.]70-3

Je suis bien aise que le bruit soit plus grand que la besogne, j'espère que le régiment de Baireuth n'aura pas tant souffert qu'on le croit; si ces gens ont voulu se défendre, ils n'ont pas beaucoup risqué.

A présent, le voile est levé; Daun est marché hier vers Wischau, il arrive aujourd'hui dans son camp, de sorte que je n'ai besoin de rien, et que vous pouvez employer les bataillons du margrave Charles, comme vous le jugerez à propos, et vous n'avez que m'envoyer le Margrave et le prince de Hesse, sous prétexte d'être à la grande armée.70-4 Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Des nouvelles du régiment de Baireuth!

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10076. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Klein-Latein, 17. Juni 1758.

Ich überschicke anbei Ew. Liebden die Aussage eines Deserteurs,70-5 und eben dieses saget Mir eine gefangene Frau, so bei einer feindlichen Feldwacht, welche der General Puttkammer repoussirt, gefangen worden, und bekräftiget dieses von Wort zu Wort, welche eben von der Armee kommt. Es ist also weiter nichts als das Corps von Jahnus, so gegen Denenselben über ist.

Von Olmütz habe Nachricht, dass der Succurs, so sich in die Stadt werfen wollen, repoussirt ist. Es hat das Bataillon von Nimschefsky sich sehr darbei distinguiret. Ich glaube nicht, dass was hereingekommen ist in die Stadt, und sollte ja was sich durchgeschlichen haben, so wird es doch blutwenig sein.

Ich werde morgen Mein Hauptquartier wieder in Smirschitz nehmen, wo Ich es vorhero gehabt,70-6 und es werden Ew. Liebden auch Dero<71> Position verändern müssen, dass Sie den rechten Flügel dahin bringen, wo jetzo der linke ist; jedoch dieses hat bis morgen Zeit genug.71-1 Es werden also [Ew. Liebden] aus allem diesen ersehen, wie Ich Mir nicht in Meiner Rechnung betrogen habe.

Der Prinz Ferdinand ist den Rhein passiret,71-2 und Wesel ist ledig.71-3

Friderich.

Das Baireuthische Regiment soll was gelitten haben, jedoch nicht viel;71-4 Detail habe ich noch nicht von allem.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus - und Staatsarchiv zu Zerbst.


10077. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Klein-Latein,] 18 [juin 1758].

J'ai été étonné de la perte que le régiment de Baireuth a faite.71-5 Meier est un brave homme, mais il n'entend rien à la guerre; il avait avec lui le bataillon de Nimschefsky : comment diable se laisse-t-il surprendre! Il y a là bien des fautes :

1° étant averti d'être attaqué, de n'avoir pas renvoyé tentes et bagage;

2° de n'avoir pas dès la pointe du jour poussé des patrouilles en avant, pour savoir si l'ennemi y était on non;

3° de n'avoir pas marché à 4 ou 500 pas au devant de lui pour l'attaquer, au heu de se laisser attaquer par lui.

Voici trois points dont vous ferez la leçon aux officiers en mon nom.

Pour le régiment, je ne lui bonifierai pas un sol. Je choisirai un autre général pour commander cette brigade,71-6 tant qu'elle sera en détachement. Pour les bataillons d'infanterie, il ne faut non seulement penser à votre droite, mais encore à votre gauche, et il sera très nécessaire que quelques bataillons restent du côté de Chomotau.

Nous avons eu cette nuit deux alarmes, l'une au camp de Zieten, l'autre auprès du général Wedell,71-7 mais sans que nous y ayons perdu; au contraire, l'ennemi y a eu quelque monde de tué. Daun va se camper à Raussnitz, entre Wischau et Brünn, et pourvu que votre be<72>sogne prenne une bonne et prompte fin, j'espère que le reste ira bien. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Le prince Ferdinand a heureusement passé le Rhin.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10078. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Klein-Latein, 18. Juni 1758.

Ew. Liebden gebe in Antwort, wie es währender Belagerung nicht möglich ist, dass wir einen Offensiveposten nehmen können, zumalen da wir nicht zusammen sein; die Position aber, so Dieselben Mir vorschlagen, approbire sehr; nur um das Regiment von Möhring etwas wieder ausruhen zu lassen, so muss selbiges durch 1 Bataillon gedeckt werden, und da Ew. Liebden die Jägers auf dem Berge vom rechten Flügel nicht mehr nöthig brauchen, so halte es für gut, dass sie in den Busch gesetzet würden, wo Möhring stehet, damit sie das Regiment souteniren.

Der Feind ist mit der grossen Armee nach Raussnitz marschiret, allwo er ein sehr stark Lager nimmt und sich da setzen wird, und alle diese Corps, so er vor sich hat, sind, um seinen Marsch zu decken und uns zu allarmiren. Wann das Corps bei Luka und Wilimow wegmarschiren sollte, so werde Ich von da mehr hierher ziehen müssen; so lange sie aber am Walde stehen bleiben, werde Ich nichts rühren.

Das Regiment von Zieten ist die Nacht attaquiret worden. Es war aber nur Blenkerei; sie haben 2 Blessirte, und der Feind hat 7 Todte zurückgelassen.

In Olmütz ist nichts hereingekommen; es würde dem Regiment von Baireuth auch nicht viel Schaden geschehen sein, wann sie sich nicht hätten im Lager überfallen lassen.

Ich avertire hierdurch Ew. Liebden und glaube gewiss, dass, wann der Feind sehen wird, dass Ew. Liebden das Lager verändert, so werden sie gewiss was auf Littau tentiren und da heranprellen. Ich bin aber darum ohne Sorge, weil sie da wohl keinen Schaden thun können. Es können Dieselben also das Lager heute noch verändern.

Ich nehme heute mein Quartier wieder in Smirschitz.72-1

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der Zusatz eigenhändig.

<73>

10079. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

18 [juin 1758], jour funeste.73-1

Je vous envoie, mon cher Maréchal, le capitaine Wendessen pour dresser les sapeurs. Comme personne ne leur a montré leur métier, je ne m'étonne pas qu'ils le fassent mal; mais il leur fera faire leur exercice, avant que d'aller à la sape, et vous verrez que cela en ira mieux.

J'attends les listes de Baireuth, sans beaucoup m'attendre à de meilleures nouvelles.

Je ne sais quand arriveront nos bataillons;73-2 mais à vue de pays, si vous distribuez vos charges pour sept jours, je me flatte que cela ira.

J'ai une multitude de canailles vis-à-vis de moi; mais que cela ne vous inquiète pas, je n'ai pas besoin de secours et me tirerai d'affaire, pourvu que vous finissiez promptement votre siège qui ne finit point. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10080. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Smirschitz, 18. Juni 1758.

Es können Ew. Liebden die Kriegeskasse an den Feldmarschall von Keith nach Schnabelin73-3 abschicken. Es beweget sich der Feind, jedoch kann Ich bis dato noch nicht darhinter kommen, was er eigentlich vorhabe. Gegen morgen früh gedenke Ich, dass Ich es wissen will, was sein Dessein ist. Es können Ew. Liebden also nur tranquil stehen bleiben, denn es hat noch gar nichts zu sagen, und Ich werde Dieselben, im Fall es nöthig ist, zeitig genung darvon avertiren.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10081. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Smirschitz, 19 juin 1758.

Je vous suis fort obligé de tout ce que vous m'écrivez, et je trouve que vous ferez très bien de faire continuer le travail de la sape de la façon que vous le dites. L'armée autrichienne est entre Wischau et moi; mais jusqu'ici il n'est pas nécessaire que vous interrompiez votre ouvrage pour cela. Je vous avertirai à temps de tout.

Federic.

Nach der Ausfertigung.

<74>

10082. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Prossnitz,] 19 [juin 1758].

Mon cher Maréchal. Dans ce moment, j'apprends que le grand convoi74-1 ne partira de Neisse que le 21. Il faut donc que vous arrangiez sur cela vos bouches à feu, car, selon toutes les apparences, il ne pourra arriver ici que le 27.

On me mande de Berlin la mort de mon frère.74-2 Jugez de mon chagrin. Il faut que les officiers mettent un crêpe. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Marwitz vient d'arriver; il m'a dit à peu près la façon dont vous avez réglé ces quartiers, à laquelle je n'ai rien à ajouter.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10083. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Lager bei Prossnitz, 19. Juni 1758.

Ich danke Ew. Liebden zuvorderst vor die in Dero heutigem Schreiben Mir gegebene Nachrichten und gebe Deroselben demnächst in Antwort, wie dass hier die feindliche Armee vor Wischau stehet, und zwar in drei Treffen und zwar gegen einem Orte Chwalkowitz74-3 genannt. Ich werde morgen derselben eine Fouragirung dichte vor der Nase thun lassen und zugleich sehen, ob man sie recognosciren kann. Nachdem der Feind sich seithero in dem Gusto der Nachtattaquen befindet, derselbe aber noch nichts auf Prossnitz probiret hat, so präparire Ich Mich alle Tage, dass solcher einmal da heranlaufen wird, und hoffe alsdann, ihn brav ablaufen zu lassen.

Uebrigens werde Ich Ew. Liebden nicht eher an Mich ziehen, bis Ich meine, dass es Noth am Mann sein wird.

Weilen auch Mein Bruder, der Prinz von Preussen, ohnvermuthet gestorben ist, so ist Meine Intention, dass die Officiers einen Flor um den Arm, wenn sie sonsten dergleichen kriegen können, tragen sollen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.

<75>

10084. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Lager bei Prossnitz, 20. Juni 1758.

Ew. Liebden beide Schreiben vom 20. dieses habe erhalten, und bin Ich Deroselben sowohl vor die communicirte Nachrichten als vor die überschickte Kriegesgefangene obligiret. Von hier aus habe Ew. Liebden neues schreiben wollen, dass wir heute bis auf eine Viertelmeile vom Feinde fouragiret haben, da wir denn also die ganze Armee von solchem stehen sehen. So wie Ich und die meisten mit Mir gewesene Officiers solche rechnen können, so ist solche ohngefähr bis ohngefähr 45,000 Mann, exclusive die detachirte Corps, und also nur wie wir solche gesehen haben. Es gehet die Rede unter ihnen, als wollten sie uns den 24. attaquiren, Ich glaube es aber nicht. Demohngeachtet habe Ich die Precaution genommen, dass solchenfalls und so wie sie an uns herankommen, Ich die weitläuftige Vorstädte von Prossnitz in Brand stecken lassen werde, wodurch Ich die Zeit gewinne, Ew. Liebden und Meine andere detachirete Corps an Mich zu ziehen, auch noch die Artillerieofficiers von Olmütz an Mich zu bekommen.75-1

Ich sollte glauben, dass, wenn bei dem Regiment von Möhring75-2 ein guter General mit 3 Bataillons detachiret wäre,75-3 dass solches gnug sein würde, und dass Ich das übrige alles an Mich werde ziehen können; den General aber herauszufinden, den Ich da lassen wollte, darüber bin Ich noch etwas embarrassiret, denn da habe schon vor, durch Ew. Liebden mit dem Corps die meisten Regimenter hierher zu ziehen. Indessen, wenn Ich Ew. Liebden hier nöthig haben werde, so will Ich Dieselbe schon geschwinde genug davon avertiren lassen.

Ich lasse hier Pechkränze machen; wor in Littau Pech ist, so bitte mir welchen schleunigst zu schicken.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der Zusatz eigenhändig.


10085. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Smirschitz, 20. Juni 1758.

Ew. Liebden werden die 3 Grenadierbataillons Wangenheim, Rohr und Heyden unter Commando des Generalmajor von Kreytzen bei dem Möhring'schen Husarenregiment stehen lassen und mit den sämmtlichen<76> Bataillons, Canons und Kavallerieregiments aufbrechen und grade anhero nach dem linken Flügel gegen dem Dorf Studnitz76-1 marschiren und Sich so campiren, dass man das angekommene Corps von Prossnitz aus nicht sehen kann, hinter denen Dragonerregimentern. Ich habe zu dem Ende dem Major von Marwitz befohlen, das Lager auszustechen; die schweren zwölfpfündigen Canons müssen ja mitgebracht werden. Dem Generalmajor von Kreytzen werden Ew. Liebden anbefehlen, dass er sehr leichte stehet und beständig parat ist, dass man ihm im erforderlichen Fall gleich an sich ziehen kann. Es brechen Ew. Liebden heute Abends um 11 Uhr auf und marschiren den geradesten Weg anhero. Ich halte es für besser, dass wir uns nunmehro zusammenziehen; Ich lasse deswegen den General von Kreytzen mit denen 3 Bataillons zurück, um dass wir die Communication und Wege sicher behalten.

Ich habe Marwitz den Ort angewiesen, verstochen hinter Krockow,76-2 dass der Feind nichts sehen kann, wor Sie campiren, und ich werde morgen frühe bei guter Zeit dar seind.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der Zusatz eigenhändig.


10086. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Smirschitz, 21 juin 1758.

Je vous suis fort obligé des arrangements que vous avez pris, comme je vois par votre lettre d'aujourd'hui. J'ai attiré à moi le prince Moritz avec ro bataillons et 16 escadrons, et j'ai laissé avec le régiment de hussards de Mœhring le général Kreytzen avec 3 bataillons. Ainsi je ne regarde plus les entreprises que le maréchal Daun pourrait faire, comme dangereuses, tout au contraire, comme avantageuses pour nous. Je ne saurais m'imaginer qu'il prenne le parti de s'affaiblir et de faire de gros détachements du côté de Prerau; en tout cas, si je puis être averti par le moyen de vos patrouilles six ou sept heures d'avance, je pourrais toujours donner du secours au général Retzow,76-3 et si le besoin est pressant, vous pourriez toujours y envoyer quelques bataillons, que je remplacerais par ceux que j'y enverrais; d'ailleurs, je compte que le 27 notre renfort arrivera,76-4 ce qui le mettra tout-à-fait hors de toute insulte.

Federic.

<77>

P. S.

Il me serait bien difficile de dire ce que le maréchal Daun fera ou non. S'il a des ordres de sa cour, il est obligé d'agir malgré lui; mail s'il ne veut avoir égard qu'aux règles de la guerre, il lui sera bien difficile de m'attaquer ici; ma droite est hors d'insulte, et s'il veut tourner ma gauche, il est toujours obligé de défiler en ma présence dans un terrain plus bas et plus étroit que celui que j'occupe.77-1

Nach der Ausfertigung.


10087. AU FELD -MARÉCHAL DE KEITH.

Smirschitz, 22 juin 1758.

J'ai fort bien reçu tous vos rapports; j'envoie le général Zieten avec 3 bataillons et 2 régiments de cavalerie, que vous pouvez d'abord faire passer la rivière.77-2 Donnez avec lui quelques pièces de douze livres dont vous pouvez vous passer; elles sont excellentes dans ces sortes d'occasions, pour repousser l'ennemi.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10088. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Smirschitz, 22 juin 1758.

Il me vient tout à l'heure un déserteur autrichien qui dit être sorti de leur armée avec un détachement de 1200 fantassins, commandé par un général,77-3 2 lieutenants-colonels, 2 majors et 16 capitaines. Ils sont partis cette nuit de leur armée avec ordre de joindre le corps de Prerau et de se jeter ensuite dans la ville. Je compte que ce renfort leur viendra à peu près, quand le général Zieten arrivera à Holitz.77-4 Mon intention est qu'il prenne bien ses précautions, pour n'être point attaqué ou surpris la nuit, mais que demain matin il aille à leur rencontre et les attaque, s'il peut. Vous lui enverrez pour cet effet les pièces de douze que vous vouliez m'envoyer, et s'il vous le demande et vous le jugez nécessaire, vous lui enverrez encore quelques bataillons : pour lors, je suis persuadé que nous sortirons à notre honneur et gloire de cette affaire.

Federic.

Nach der Ausfertigung.

<78>

10089. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Smirschitz, 23 juin 1758.

Je suis fort fâché d'apprendre que le secours que l'ennemi a voulu jeter dans la ville, y est entré.78-1 Il faudra, quand les 8 bataillons viendront de Silésie,78-2 tâcher de les placer de façon qu'on leur bouche tous les trous et surtout celui par où ils viennent d'entrer.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10090. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Smirschitz, 23 juin 1758.

J'ai reçu votre rapport d'aujourd'hui. Je crois comme vous que, quand les bataillons de la Silésie arriveront, et avec quelque chose de ceux que vous avez encore là, on pourra si bien leur boucher tous les trous de la ville que rien n'y entrera plus.

Pour ce qui est de la sape, il me semble qu'elle avance avec une furieuse lenteur; une fois ils devraient être au pied du glacis, pour que le mineur puisse faire son puits. Et, si le feu du chemin couvert est si vif, ne se peut-il point qu'on ajuste quelque petite batterie simplement de quelques canons ou d'haubitz, pour enfiler les lignes de prolongation du chemin couvert? On réussirait peut-être à faire taire ce feu, du moins on le rendrait moins vif.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10091. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Smirschitz, 24. juin 1758.

J'ai reçu votre rapport du 24 de juin. Tout ce que vous m'écrivez, est fort bien, mais je trouve, avec tout cela, que les ingénieurs ne font pas ce qu'ils devraient faire, et qu'il faudra les presser un peu plus. Cette sape avance avec une furieuse lenteur, elle me coûte tous les jours du monde, et à la fin il y aura plus de monde de tué qu'à une bataille.

Nos bataillons qui viennent de Silésie, n'ont point de tentes; ainsi il faudra les mettre dans des villages autant que possible. Vous direz, s'il vous plaît, à Messieurs les ingénieurs qu'au lieu d'une belle couronne civique ou rurale,78-3 je leur prépare un beau bonnet d'âne, doit-il m'en coûter les oreilles de mon meilleur mulet.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.

<79>

10092. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Smirschitz,] 25 [juin 1758].

Hier sur les 5 heures, nous avons entendu un terrible feu de canons à Olmütz, nous avons tous cru que l'ennemi avait tenté une sortie; mais comme aucunes nouvelles n'en sont venues, je m'imagine que Dieskau a voulu se divertir aux dépens des ouvrages d'Olmütz. J'envoie en même temps au général Zieten,79-1 pour l'avertir de rester là-bas jusqu'à l'arrivée du secours de Troppau, ce qui sera après-demain.79-2

Ici tout est tranquille, et vous pouvez l'être tout-à-fait pour ce qui nous regarde. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10093. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Camp de Prossnitz, 25 juin 1758.79-3

Mon cher Frère. J'ai reçu une très triste et fâcheuse nouvelle de Berlin, la mort de mon frère, à laquelle je ne m'attendais aucunement. J'en suis d'autant plus affligé que je l'ai toujours tendrement aimé, et que j'ai pris tous les chagrins qu'il m'a donnés,79-4 comme une suite de sa faiblesse à suivre de mauvais conseils, et comme un effet de son tempérament colère, dont il n'était pas toujours le maître; et faisant réflexion à son bon cœur et à ses autres bonnes qualités, j'ai supporté avec douceur beaucoup de choses dans sa conduite qui étaient très irrégulières, et par lesquelles il a manqué à ce qu'il me devait. Je sais la tendresse que vous avez eue pour lui; j'espère qu'après avoir donné à l'amitié et à la nature les premiers mouvements de votre douleur, vous ferez tous les efforts dont une âme forte est capable, non pas pour effacer de votre souvenir un frère dont l'empreinte doit sans cesse vivre dans votre cœur et le mien, mais pour modérer l'excès d'une affliction qui pourrait vous être funeste. Pensez, je vous prie, qu'en moins d'une année je viens de perdre une mère que j'adorais,79-5 et un frère que j'ai toujours tendrement aimé; dans la situation critique où je me trouve, ne me causez pas de nouvelles afflictions par le mal que le chagrin vous pourrait faire, et usez de votre raison et de la philosophie comme des seuls remèdes pour nous rendre supportables les maux pour lesquels<80> il n'y en a point. Pensez à l'État et à notre patrie qui serait peut-être exposée aux plus grands malheurs, si, dans le cours de cette terrible guerre, nos neveux80-1 tombaient en tutelle; pensez, enfin, que tous les hommes sont mortels, et que nos liaisons les plus tendres, nos attachements les plus forts ne nous garantissent pas de la loi commune qui est imposée à notre espèce, et qu'après tout, notre vie est si courte qu'elle ne nous laisse pas même le temps de nous affliger, et qu'en pleurant les autres, nous pouvons croire, sans nous tromper, que dans peu on nous pleurera à notre tour.

Enfin, mon cher frère, je ne veux ni ne puis m'étendre sur le triste sujet de cette lettre; je crains pour vous, je vous souhaite longue vie et bonne santé, et je souhaite en même temps que la multitude de vos occupations et la gloire que vous acquerrez, vous servent à vous distraire d'objets qui ne peuvent que vous percer le cœur, vous affliger et vous abattre, étant avec une parfaite tendresse et estime, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10094. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Smirschitz, 25 juin 1758.

J'ai été bien aise d'apprendre par votre rapport d'aujourd'hui que le feu de canon que nous avons entendu hier,80-2 a été de nos batteries et a empêché l'ennemi de faire de nouvelles embrasures. Après-demain, je compte que nos bataillons arriveront de la Silésie;80-3 pour lors, la ville sera enfermée de l'autre côté, comme il faut, et ce qui est de ce côté ici, j'en aurai soin; vous pouvez être en toute sûreté là-dessus. Vous n'avez plus besoin d'envoyer vos patrouilles jusqu'à Tobitschau, les miennes y vont tous les jours; j'ai fait placer d'ailleurs une grande garde de camp entre Senitz et Prikas80-4 qui pourra m'avertir de tout ce qui se passe à Littau et de ce qui voudrait marcher à Krœnau et Horka. Il est cependant nécessaire de ne plus laisser fourrager les chevaux du train des vivres sans ordre, mais avec de l'ordre et une escorte suffisante, comme il convient.

Il ne faut pas que le train fourrage sans escorte au delà d'un quart de mille.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.80-5

<81>

10095. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Smirschitz, 27 juin 1758.

Je vous suis bien obligé des arrangements que vous avez pris touchant mes lettres et le convoi. Puisque les bataillons81-1 viennent demain, il faudra commencer l'investiture entière de la place de l'autre côté. J'enverrai demain mon quartier-maître-lieutenant Marwitz prendre vos ordres chez vous, pour arranger ensuite avec le général Retzow81-2 la chaîne des quartiers autour de la ville. Je crois que deux bataillons de ceux qui viennent, pourront passer encore de votre côté, et qu'il y en aura encore assez de l'autre.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10096. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL VON KEITH.

Smirschitz, 28. Juni 1758.

Da Mir an dem ankommenden Convoi81-3 sehr viel gelegen, als wird es gut sein, dass Ihr dennoch 2 Bataillons dem Generallieutenant von Zieten81-4 sofort noch nachschicket, um ihm formidable zu machen, dass der ankommende Convoi sicher anhero kommet.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10097. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Smirschitz,] 28 [juin 1758].

L'ennemi a fait un mouvement, il a passé le défilé de Prcedlitz et s'est mis entre Nesnitz81-5 et nous. Je crois que son intention est de détacher par sa droite du côté de Prerau, j'y serai attentif; en même temps, je serai bien aise d'apprendre de vous que le convoi soit arrivé, car je crains toujours qu'il n'y soit arrivé quelque chose. Je ne puis donc rien vous dire de positif avant demain matin, que je verrai plus clair dans les mouvements de l'ennemi. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10098. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Smirschitz,] 29 [juin 1758].

Je suis bien aise, mon cher Maréchal, que vous ayez encore envoyé deux bataillons au général-lieutenant Zieten;81-6 il y a cette escorte qui est<82> toujours très embarrassante, et qui affaiblit celui qui doit la couvrir.82-1 J'attends avec impatience l'arrivée du tout, car voici un cas fort critique. Or, par la difficulté que je trouve à faire passer le convoi, vous pouvez juger facilement qu'il me sera impossible d'en faire venir un autre, d'autant plus que je ne pourrai, quoi que je fasse, lui fournir une aussi grosse escorte. Il faut donc prendre ses mesures pour finir le siège avec ce qui nous arrivera à présent.

L'ennemi a attiré à lui la plupart des détachements qu'il avait sur ma droite, je l'observe de si près qu'il ne saurait détacher au delà de 2000 hommes, sans que je ne le sache à l'instant, et s'il me veut forcer à combattre, c'est moi qui lui donnerai le terrain qui m'est convenable. Ainsi ne soyez pas en peine pour moi; s'il s'agit de bataille, j'avertirai à temps, pour que les artilleurs arrivent, mais je ne donnerai pas d'alarme en vain. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10099. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL VON KEITH.

Smirschitz, 29. Juni 1758.

Da so wenig Ich als Ihr bei dem Convoi was jetzo mehr thun können, als es abzuwarten, und da Ich glaube, dass der General von Zieten sich heute schon Luft gemachet hat und es ihm arretiret hat, dass er das Corps vom Feinde attaquiren und erst wegjagen [müssen], ehe er mit der82-2 Convoi weiter kommen kann, [so]82-3 glaube, dass er heute Abend spät nach Giebau kommen wird.

Es hat der Feind hier in Prossnitz heute uns attaquiret. Daun ist selbst zugegen gewesen, der Prinz von Löwenstein hat das Commando gehabt. Das Corps war wohl mit Infanterie und Kavallerie 3000 Mann. Sie sind garstig zurückgejaget worden und haben etliche 50 Mann verloren nebst ein Rittmeister und ein Volontär. Vermuthlich werden sie sobald nicht wieder kommen.

Sobald Nachricht von der Convoi einlaufet, bitte Mir doch sogleich Nachricht darvon zu geben.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10100. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Smirschitz,] 30 juin 1758.

J'ai eu des nouvelles du général de Zieten à peu près semblables aux vôtres, mon cher Maréchal; j'espère que la tête du convoi arrivera peut-être aujourd'hui dans votre camp, et que le reste suivra successivement.

<83>

Vous aurez appris par Jacques Rosbuf83-1 tout ce que l'on lui a dit dans l'armée autrichienne. Parmi tous les mensonges dont on l'a chargé, je crois démêler quelques vérités qui consistent en ce que Daun compte sur notre convoi, qu'il fera attaquer la ville de Littau, et que, lorsqu'il croira Olmütz à l'extrémité, il se verra forcé de m'attaquer, si je ne l'attaque pas auparavant. Quant aux deux premiers points, je me flatte que le convoi sera sauvé; pour ce qui regarde la ville de Littau, j'y pourvoirai à temps, et pour ce qui est de ma conduite, je ne me remue pas de mon camp, à moins que M. Daun ne me tourne. S'il passe le ruisseau à Ivan,83-2 je change ma position. J'ai une belle plaine très avantageuse pour mes troupes à ma gauche, et alors je le laisserai venir et l'attaquerai tout de suite. Voilà à peu près les mesures que j'ai prises jusqu'à présent, ou s'il plaît à ce seigneur de décamper pour se retirer, j'engage une affaire d'arrière-garde avec ses dernières troupes, où il pourra être frotté comme il faut. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Il faut que le général Retzow envoie aussi de temps à autre des patrouilles à Prerau pour savoir ce qui s'y passe.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10101. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Du camp près de Prossnitz, 30 juin 1758.]83-3

Voici, mon cher Maréchal, mes dispositions préalables, en cas que les Autrichiens viennent m'attaquer.83-4 Je vous ferai avertir à temps, et alors vous aurez la bonté de m'envoyer tout ce que je vous demande, et de poster d'avance les bataillons du général de Retzow de façon qu'il peut les mettre en marche au premier ordre pour me joindre. Adieu, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10102. DISPOSITION PRÉALABLE POUR LE MARÉCHAL KEITH, EN CAS QUE LES ENNEMIS VIENNENT ATTAQUER LE CAMP DU ROI.

Le Maréchal enverra, dès qu'il recevra du Roi la nouvelle de la marche des Autrichiens, le lieutenant-général Retzow avec 7 bataillons, le régiment de Württemberg-dragons, les colonels Moller83-5 et Dieskau avec les artilleurs et, s'il se peut, 6 pièces de 12 livres par Holitschan83-6<84> à l'armée; et pour que les artilleurs arrivent plus vite, on leur fournira des chevaux. Les deux colonels d'artillerie recevront la disposition cijointe,84-1 que le Maréchal leur donnera d'avance, pour qu'ils y soient préparés.

Le Roi enverra tous ses gros bagages à l'armée du Maréchal, qui seront placés à l'endroit qu'il trouvera le plus convenable.

Le jour de la bataille, dès la pointe du jour, le Maréchal fera prendre les armes à toutes les troupes de son armée, pour qu'elles soient prêtes ou à repousser les sorties de la ville ou pour défendre leurs retranchements, le Roi ne pouvant pas, faute de troupes, couvrir le siège pendant la bataille, et paraissant probable que Laudon, Jahnus ou Buccow pourraient peut-être tenter quelque chose, soit de ce côté-ci ou de l'autre de la Morawa. Le Maréchal, pour plus de sûreté, fera détendre les tentes de ses troupes, qu'il peut mettre en masse avec le bagage de l'armée.

Dès que la bataille sera gagnée, le Roi en fera non seulement avertir le Maréchal, mais il renverra des troupes et artilleurs au siège, et le Maréchal renverra le bagage de l'armée au lieu qu'on lui dira, avec tout ce qu'il pourra ramasser de chariots vides et de chirurgiens, pour panser et transporter les blessés à Horka, ainsi que nos chariots de pain, pour que rien n'empêche la poursuite de l'ennemi.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10103. [DISPOSITION POUR LES COLONELS D'ARTILLERIE DIESKAU ET MOLLER.]

Du camp près de Prossnitz, 30 juin 1758.

Les colonels de Dieskau et Moller sont instruits par ceci [de] ce qu'ils auront à faire en cas de bataille.

L'armée n'attaquera qu'avec une aile, comme près de Leuthen. Dix bataillons auront l'attaque devant l'armée. Si c'est l'aile droite qui attaque, les deux principales batteries seront formées de cette façon :

40 canons, pièces de batterie de 12 livres [et] de 24 livres.

9 bataillons

haubitz de 10 livres et canons.

bataillon.

Si c'est l'aile gauche qui attaque, on n'a qu'à placer à la gauche ce qu'il y a ici sur la droite, et la grande batterie sera toujours placée devant l'armée; sur l'aile qui n'attaque pas, on transportera les autres canons.

NB. Les 7 haubitz84-2 seront réparties dans les 10. bataillons qui forment l'attaque.

<85>

Il faut que les canons tirent toujours pour démonter les canons de l'ennemi, et lorsqu'ils auront éteint leur feu, il faut qu'ils tirent en écharpe tant sur l'infanterie que sur la cavalerie qui sera attaquée.

Les batteries seront toujours avancées, comme à Leuthen, et pourra surtout celle de 40 pièces faire un grand effet, si les canonniers tirent bien, et qu'ils commencent à tirer à cartouches à 800 pas.

Les 20 canons qui sont sur l'aile qui n'attaque pas, y pourront à la fin aussi être ajoutés et faire un bon effet pour mettre l'ennemi en confusion et pour faciliter le choc à nos gens.

Il faudra faire cet arrangement que cette quantité de canons soit tenue ensemble, afin que Messieurs les colonels en puissent d'abord disposer.

Ils prendront 6 pièces de 12 livres avec eux et viendront ici avec les artilleurs, pour arriver plus vite et pour pouvoir faire toutes les dispositions à temps, et ils donneront leurs ordres aux officiers et aux soldats d'avance en conséquence de ceci.

Ces messieurs ne partiront avec leurs gens que lorsque M. le Maréchal le leur ordonnera.

Federic.

Nach Abschrift der Cabinetskanzlei; die nicht vorliegende Ausfertigung war jedenfalls eigenhändig.


10104. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.85-1

[Smirschitz, 1er juillet 1758.]

Mon cher Maréchal. Il faudra incessamment faire revenir le général Retzow,85-2 puisque j'apprends que le général Zieten s'est retiré vers Troppau.85-3 Je crois dans la situation présente qu'il faudra renoncer à notre siège. L'ennemi est marché à Kremsier, et de là il marchera demain à Prerau. Faites donc d'abord revenir Retzow; car, après ce terrible contretemps, je ne vois plus jour à prendre Olmütz, et comme les difficultés pourraient aller en augmentant, je vous dirai, sous le sceau du secret, que je crois [que] le meilleur parti pour nous sera de marcher à Kœniggrætz, d'y prendre le magasin des Autrichiens et de faire revenir à moi par Neisse les bataillons et régiments qui se sont retirés par Troppau. Pensez-y bien, car il faudra retirer notre canon, emporter la farine que l'on pourra, ainsi que les fours, et quand je saurai votre avis sur tout ceci, je prendrai mon dernier parti.

<86>

Voilà ce que je vois de mieux et de plus certain; il vaut mieux prendre un parti désagréable que de n'en prendre point ou d'attendre les extrémités. Répondez-moi, s'il vous plaît, et écrivez-en au général Retzow. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10105. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Smirschitz,] 1er juillet [1758].

Il faut marcher demain, mon cher Maréchal; vous n'avez qu'à tout dire à Retzow et prendre avec lui les meilleurs arrangements. Je compte de partir avec vous à peu près en même temps. Votre colonne peut passer par Littau. Vous retirerez à vous le général Kreytzen avec le régiment de Mœhring,86-1 et quand vous partirez de Littau, vous prendrez également la garnison avec vous.

Il faut marcher le second jour à Müglitz; moi je serai le second à Mœhrisch-Trilbau, où je vous attendrai le troisième, qui sera le 4 du mois. Je ferai garnir d'avance le défilé du Schöne Hengst,86-2 et alors nous pourrons tranquillement poursuivre notre marche à Kœniggrætz, prendre le magasin de l'ennemi et aviser à ce qu'il y aura à faire. Adieu, je vous embrasse.

Federic.

Si vous voulez de la cavalerie, je vous en enverrai.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10106. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Smirschitz, 1er juillet 1758.]

J'ai à présent des nouvelles que l'ennemi est à Trubec86-3 près de Prerau. Vous voyez la conséquence qu'il y a de retirer incessamment toutes les troupes que vous avez de l'autre côté de la rivière, et que, mal gré bon gré, il faudra dès demain lever le siège et marcher à Littau.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10107. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Smirschitz,] 1er [juillet 1758].

Il faut bien imprimer à tous les officiers de votre armée que personne ne fasse le découragé, et que, si quelque officier fait la grimace ou dit que tout est perdu, qu'il sera mis à la forteresse avec cassation,<87> s'il ne fait bonne mine et n'encourage les soldats. Cela évitera beaucoup de désertion et diminuera considérablement les malheurs auxquels nous serions sans cela à coup sûr exposés. J'ai ordonné dans ce moment même que l'on vous envoie des chevaux. Adieu.

Wobersnow vous enverra mes dispositions, dont vous pourrez vous servir après-demain de Littau à Müglitz.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10108. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Smirschitz, 1er juillet 1758.]

Quand vous marcherez sur Muglitz, il faudra couvrir votre droite, en garnissant les villages de Muglitz et Sobatsch.87-1

Je m'en remets, au reste, à votre disposition. Marquez-moi l'heure de votre départ, et si vous voulez m'envoyer du canon et des chariots de farine, envoyez-les à Wedell.

NB. Dites aux régiments qui ont été commandés avec Zieten,87-2 que je prends leur bagage et tentes avec moi. Adieu.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10109. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT - DESSAU.87-3

Bresko,87-4 2. Juli 1758.

Ich danke Ew. Liebden vor denen Mir gegebenen Nachrichten; Ich marschire morgen um ein Viertel auf Viere, Meine Tête wird also wohl frühe bei Ihnen sein, die letzten aber werden vor ½ 10 Uhr kaum durchdefilirt sein. Ew. Liebden werden also nicht nöthig haben, vor Uhr Generalmarsch schlagen zu lassen und um 10 Vergatterung. Ich habe heut das ganze Corps von Buccow auf Meiner Unken Flanke während dem Marsch gehabt, jedoch ohne dass er hätte was unternehmen können.

Von Olmütz habe Ich noch keine Nachricht, doch, glaube Ich, wird alles gut gegangen sein, indem man nur drei Kanonenschuss des Morgens in dasiger Gegend gehöret hat,

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.

<88>

10110. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Mährisch-Trübau, 4. Juli 1758.

Ew. Liebden berichte hiedurch, dass Ich den Weg über den Schönen Hengst88-1 vor Mir besetzt und verhauen gefunden, es sind Panduren im Holze; ob aber mehr dahinter steht, kann man hier nicht wissen. Ich avertire Ihnen hiervon, damit, wann Ich sollte aufgehalten werden, Sie Sich nicht wundern, wann Ich nicht gleich bei Leutomischl zu Ihnen stosse, sondern Mir diesen Weg, von hinten zu, degagiren. Ich marschire indessen mit einigen Bataillons hin, diesen Weg aufzuräumen und die Panduren daraus zu delogiren.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10111. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.88-2

Trübau en Moravie, 4 juillet 1758.

Ce n'est que depuis trois jours que j'ai reçu la lettre du 7 de juin que vous m'avez faite, l'exprès auquel vous l'aviez confiée, n'ayant pas pu passer plus tôt sûrement jusqu'à moi. Par ma présente, il faut que je vous avertisse que, — le dernier convoi des munitions que je faisais venir de Neisse, absolument nécessaire pour emporter Olmütz, ayant été chemin faisant intercepté par l'ennemi très supérieur en forces à l'escorte qui conduisait le convoi, et obligé en partie de rebrousser chemin à Troppau d'où il était parti, — le manque de munitions pour finir le siège d'Olmütz m'a obligé de le lever; d'où je suis marché avec mon corps d'armée, afin de pénétrer d'ici en Bohême, y prendre le magasin que l'ennemi a à Leutomischl, et d'aller après cela prendre Kœniggrætz avec le magasin considérable que l'ennemi y a amassé.

Ma raison pour faire cette manœuvre, est que, ne pouvant prendre Olmütz sans munitions, je pense au moins de me mettre en sûreté de ce côté-là, afin que, si l'ennemi voulait tomber avec ses forces sur la Haute-Silésie, je puisse y diriger mes opérations.

Voilà, cependant, mon cher frère, ce que je vous dis pour votre seule direction, vous priant avec instance de vouloir bien m'en garder le secret encore, faisant ébruiter ici comme si ma marche sera dirigée tout droit à Prague. Je pense que, dès que l'ennemi saura que je veux entreprendre Prague, tout ce que vous avez de l'ennemi vis-à-vis de vous, se tirera vers là pour couvrir Prague.

Federic.

Nach dem Concept.

<89>

10112. AN DEN VICECOMMANDANTEN D'O IN GLATZ.

Hauptquartier Trübau, 4. Juli 1758.

Weilen der letztere Convoi, so von Neisse zur Belagerung von Olmütz gehen sollen, unterwegens von einem starken Corps feindlicher Truppen attaquiret und zum Theil intercipiret, auch der solchem, dem Convoi, von Mir mit einigen Corps entgegengeschickte Generallieutenant von Zieten von dem sehr überlegen gewesenen Feinde dergestalt coupiret worden, dass er mit dem übrigen Convoi nicht wieder zu Mir mit einigem verhofften Succes zurückkommen können, sondern sich mit allem auf Troppau repliiren müssen, so habe Ich auch darauf nicht anders gekonnt, da es uns dadurch an der erforderlichen Munition gefehlet, um Olmütz völlig zu emportiren, als die Belagerung aufzuheben. Ich bin also mit der Armee im Marsch hieher begriffen, in der Intention, in Böhmen einzudringen und dem Feind zuvorderst das Magazin zu Leutomischl zu nehmen, demnächst aber weiter auf Königgrätz zu poussiren und Mich auch allda des feindlichen Magazins zu bemeistern.

Dieses dienet Euch zur geheimen Nachricht. Ihr sollet aber cito und mit aller Sicherheit den Minister von Schlabrendorff avertiren, dass er sofort einige Quantité Mehl nach Glatz hinschaffe,89-1 damit Meine Armee im Fall der Noth sich dessen bedienen und darauf recurriren könne, welches zu mehrerer Précaution und am sichersten ist.

Nachdem auch der Generallieutenant von Zieten sich auf Troppau replüret hat, so habe Ich an den dort sonst commandirenden Major von Kleist den 1. dieses zwei Briefe gleiches Einhaltes geschrieben, dass er mit allem, so von obgedachtem Convoi und sonsten nach Troppau zurückgekommen, wenn er zuvorderst 2 Bataillons nach Cosel geschicket haben wird, um sich darin zu werfen, aus Troppau ziehen und vorerst mit allem nach Neisse marschiren und allda nebst dem Commandeur der nach Troppau zurückgekommenen Convoi-Escorte Meine weitere Ordre erwarten solle. So hoffe Ich, dass wenigstens einer von diesen Meinen Briefen an Kleist angekommen sein wird. Ihr sollet aber sogleich von Meinetwegen an den Generallieutenant von Zieten schreiben und ihm den Einhalt Meiner Ordre an Kleist wiederholen, auch von Meinetwegen dabei fügen, was Ich Euch wegen der aufgehobenen Belagerung von Olmütz geschrieben, und dass also er mit dem, so er von seinem Corps noch bei sich hat, von Neisse aufbrechen und seinen Marsch<90> so nehmen solle, dass er in der Gegend von Königgrätz zu Mir stosse. Ihr müsset aber vor die sichere, gute und baldige Bestellung dieses Eures Briefes über Neisse bestens sorgen, weil Ihr ihn à clair schreiben müsset, da der Generallieutenant von Zieten keinen Chiffre hat.

Friderich.

Nach dem Concept.


10113. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Finckenstein und Podewils berichten, Berlin 3. Juni, dass sie ein sehr umfangreiches Schreiben des hannoverschen Ministeriums, d. d. Hannover 19. Mai, über die bei einem künftigen Frieden von Hannover gewünschten Erwerbungen90-1 empfangen hätten. Der Baron Münchhausen beginne das Schreiben mit einer längeren allgemein gehaltenen Einleitung. „Après ce début, il entre en matière et expose les vues de Sa Majesté Britannique comme électeur, qui ne visent pas à moins

1° qu'à la cessation de l'alternative de l'évêché d'Osnabrück en faveur de la maison d'Hanovre;90-2

2° à la sécularisation de l'évêché de Paderborn;

3°à celle de l'évêché de Hildesheim;

4° à l'acquisition de l'Eichsfeld, et,

enfin, à l'aplanissement des différends qui subsistent pour les limites entre l'évêché de Münster d'un côté et celui d'Osnabrück et la comté de Diepholz de l'autre.

Comme Votre Majesté a fait parler tantôt de l'une tantôt de l'autre de ces acquisitions,90-3 pour voir apparemment laquelle ferait le mieux la convenance du pays d'Hanovre, le baron de Münchhausen suppose gratuitement que l'intention de Votre Majesté a porté sur le total, et se fonde sur les insinuations qu'Elle a fait faire à Sa Majesté Britannique sur les quatre premiers articles; mais, prévoyant cependant que la prétention pourrait être trouvée trop forte, il ajoute une peinture exagérée des efforts que Sa Majesté Britannique a faits pour soutenir la guerre, des malheurs qu'elle a essuyés, des dépenses énormes qu'elle a été obligée de faire et qui, selon lui, ont épuisé tout le trésor d'Hanovre, et de la nécessité où elle se trouverait, au cas que ces acquisitions vinssent à manquer, d'en venir après la paix à la réduction de son armée.

Après cette ouverture, ce ministre demande qu'on se concerte incessamment sur la conclusion de cette négociation et sur la forme qu'il faudrait y donner, et pour mieux ménager le secret, il propose de la terminer tout simplement par un acte de promesse d'un côté et par un acte d'acceptation de l'autre.

Enfin, pour présenter du moins quelque objet d'utilité dans une affaire où tout l'avantage doit être du côté du pays d'Hanovre, le baron de Münchhausen renouvelle l'offre d'accommoder en même temps les anciens différends entre les deux maisons royales, et nomme pour cet effet la succession d'Ost-Frîse,90-4 le procès touchant les prétentions de part et d'autre et les limites entre le pays de Lüneburg et îa Marche de Brandebourg, la principauté de Minden et le pays de Hoya.

Telle est la substance de cette lettre à laquelle nous avons répondu préalablement90-5 et en termes généraux que les dispositions favorables de Votre Majesté pour les intérêts du roi d'Angleterre étaient toujours les mêmes, et qu'Elle serait charmée<91> de pouvoir les réaliser par les preuves les moins équivoques, mais que, malgré cela, nous ne pouvions pas procéder définitivement dans une affaire de cette importance, avant que de Lui en avoir fait notre très humble rapport, comme nous ne manquerions pas de le faire. Nous sentons cependant que le baron de Münchhausen demandera, dans quelque temps d'ici, une réponse plus détaillée et plus catégorique, et, en attendant qu'il plaise à Votre Majesté de nous faire savoir Ses intentions sur ce sujet, nous prenons la liberté de Lui exposer les idées que la lecture de la susdite lettre nous a fait naître, et qui se réduisent aux observations suivantes :

1° Que les demandes de la cour d'Hanovre nous paraissent exorbitantes, et qu'en supposant les évènements les plus heureux et la paix la plus avantageuse pour Votre Majesté, il sera toujours très difficile d'effectuer la sécularisation de tant d'évêchés, qui rencontrerait les plus grands obstacles de la part de toutes les puissances catholiques.

2° Que, si la chose était même faisable, Votre Majesté ne saurait S'y engager en faveur de l'électeur d'Hanovre, sans heurter de front les maisons de Hesse et de Brunswick, qui croiraient avoir le même droit de prétendre un dédommagement, l'Angleterre en ayant même promis un au Landgrave,91-1 et plusieurs raisons nous donnant lieu de croire que les vues de ce Prince portent également sur l'Eichsfeld.

3° Que, vu les liaisons intimes qui subsistent aujourd'hui entre Votre Majesté et l'Angleterre,91-2 Elle ne pourrait guère conclure une convention de cette nature, sans en faire part au ministère britannique, lequel, à en juger par l'éloignement que le sieur Pitt a déjà témoigné pour tout agrandissement de la maison d'Hanovre, y donnerait difficilement les mains.91-3

4° Que, s'il était question de la sécularisation de l'évêché de Hildesheim, ce pays“, enclavé en quelque manière dans les États de Votre Majesté, serait bien autant de Sa convenance que de celle du roi d'Angleterre.

5° Qu'en général, il nous paraît être de l'intérêt de Votre Majesté de tramer cette négociation jusqu'à ce que les évènements se développent un peu davantage, et que les moyens les plus propres pour gagner du temps seraient, selon nous, de faire sentir au baron de Münchhausen la nécessité d'un concert préalable avec l'Angleterre et de demander en même temps que ce soit lui qui nous envoie un projet de traité.

6° Que cette dernière précaution serait d'autant plus nécessaire que la forme proposée par ce ministre nous paraît captieuse et sujette à plusieurs inconvénients.

Trübau en Moravie, 4 juillet 1758.

In dem ersten Theil des Schreibens werden dem Minister Mittheilungen über die Aufhebung der Belagerung von Olmütz und über den Marsch nach Böhmen gemacht, in ähnlicher, nur kürzerer Fassung wie dem Prinzen Heinrich.91-4 Dem Minister wird angekündigt, dass demnächst eine eingehende Relation91-5 gesandt werden solle . . .

Au surplus, ayant reçu votre relation du 3 juin, touchant les demandes chimériques des ministres d'Hanovre, dont j'ai honte moimême pour cette pauvre gent imbécille, j'approuve fort la réponse que vous avez faite. Aussi continuerez-vous de leur répondre convenablement sur le même pied que vous m'avez indiqué, pour autant que ces gens-là en peuvent savoir, et appuierez surtout que notre dernière convention avec l'Angleterre91-6 nous liait les mains à ne pouvoir rien faire ni conclure à l'insu du ministère britannique.

Federic.

Nach der Ausfertigung.

<92>

10114. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

[Leutomischl, 7 juillet 1758.]92-1

Précis de la résolution du Roi sur une ample lettre que les ministres du département des affaires étrangères ont reçue de ceux d'Hanovre.

Que Sa Majesté avait été très surprise du projet tout-à-fait chimérique des ministres d'Hanovre dont ils s'étaient ouverts envers ceux de Sa Majesté; que le Roi approuvait parfaitement la façon de penser de Messieurs ses ministres sur un projet aussi extravagant que ridicule et le sentiment qu'ils en avaient marqué; qu'ils n'avaient qu'à répondre en conséquence et de se servir de ces raisons solides pour endoctriner ces gens-là pour autant qu'il serait convenable, surtout sur ce que, quelque porté que serait toujours le Roi pour le bien et les intérêts de Sa Majesté Britannique, qu'il regardait comme les siens propres, que cependant les mains lui étaient en quelque façon liées par la dernière convention faite avec l'Angleterre, pour ne pas pouvoir entrer en négociation sur des affaires de pareille nature, sans en communiquer préalablement avec l'Angleterre et de son gré.

Nota. Le Roi n'a pas laissé de communiquer quelque chose, quoique dans le dernier secret, au sieur Mitchell de ce projet extravagant, qui en a été frappé et a conseillé au Roi de ne pas négliger de faire communication sous secret à quelques-uns au moins du ministère anglais les plus discrets et confidents, pour que le ministère d'Hanovre dont il connaissait les mauvaises allures, ne prévînt le roi d'Angleterre là-dessus, comme sur un plan que Sa Majesté avait imaginé et offert elle-même, mais dont elle traînait à présent la conclusion; ce que les ministres d'Hanovre tâcheraient de représenter d'une manière odieuse; mais, quoique Sa Majesté ait écouté tranquillement cette insinuation du sieur Mitchell, Sa Majesté n'a pas résolu là-dessus.

Nota. C'est par surcroît de précaution qu'on a brûlé d'abord ici le rapport fait au Roi à ce sujet, ainsi que la minute de sa réponse, pour empêcher que, ni par hasard ni accident, quelque chose ne puisse en parvenir à la connaissance des ennemis et surtout de la cour de Vienne, qui ne manquerait pas d'en faire grand bruit et de relever les soupçons de la France, qu'elle a déjà témoignés à l'occasion de la dernière convention avec l'Angleterre.92-2

P. S.

Leutomischl, 7 juillet 1758.

Comme aussi vos rapports du 6 et du 15, du 17 et du 20 du mois dernier de juin me sont à la fois heureusement entrés, touchant<93> différents sujets, je n'ai à présent pas le loisir de vous répondre qu'à celui principalement qui regarde les subsides de l'Angleterre et les moyens les plus propres et les plus avantageux pour vous les remettre. Auquel sujet je vous dirai que, bien que les différentes pertes et dommages qui me sont survenus depuis peu, ne me permettent pas de laisser ces subsides en arrière, mais [m'obligent] de les tirer à présent, afin de m'en aider dans mes pressants besoins, je ne saurais cependant goûter ni agréer le plan que les marchands Splitgerber et Schütze vous ont présenté pour nous les remettre, ce plan visant plutôt à leur profit particulier qu'à mon avantage. C'est pourquoi il n'en sera aussi rien, mais ma volonté est que vous devez instruire incessamment le sieur Michell à Londres et l'autoriser dûment sur tout ce qu'il faut pour lever ces subsides aux termes dont on conviendra, et d'en acheter des barres en or, selon le plan que lui, Michell, m'a proposé, il y a quelque temps, et qui se trouve dans vos papiers. Mais supposé que, par cet achat de l'or, le prix en haussât, il faut qu'il fasse alors des remises par lettres de change. Sur quoi, il faut que vous observiez qu'il n'est guère possible, par rapport à ces remises à nous faire, pour achever l'envoi de toute la somme, que Michell s'en tienne à un seul système fixe, mais qu'il agisse conformément aux circonstances et se règle, pour nous remettre ces subsides, de la façon la plus avantageuse et la plus convenable à mes intérêts. Voilà sur quoi vous devez bien l'instruire, afin que les remises dont nous pourrions avoir bientôt besoin, se fassent au plus tôt au sieur Kœppen, pour en rafraîchir la caisse générale de guerre.

Pour ce qui regarde l'invasion que les Russes menacent de faire dans mes provinces ici, je vois bien qu'il ne tardera guère longtemps que j'aurai à faire à deux ennemis, savoir devant moi aux Autrichiens, et aux Russes à mon derrière, qui voudront percer entre Glogau et la Warthe . . .93-1

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der „Précis“ mit den Nota nach einer Abschrift der Ministerialkanzlei.

<94>

10115. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE. P. S.94-1

Leutomischl, [7 juillet 1758].

Dans la situation présente de mes affaires-ci, j'ai bien voulu vous dire pour votre direction que vous devez faire semblant et faire des ostentations et des bruits, comme si vous voudrez aller tout droit pour attaquer l'armée ennemie vis-à-vis de vous, mais qu'il faut cependant que vous soyez sur vos gardes pour bien aller bride en main, et qu'au contraire vous vous prépariez de pouvoir me renvoyer quelque partie des troupes sous vos ordres, si le cas de nécessité l'exigera d'en retirer à moi, vu que, selon mes nouvelles, les troupes de Russie en Pologne pourraient bien faire une invasion dans mon pays du côté de la Warthe entre Landsberg et Glogau, auquel cas j'aurai deux ennemis sur les bras pour combattre, les Autrichiens par devant et les Russes en dos, dans quel cas il sera d'une nécessité indispensable de faire revenir quelques troupes que vous me détacherez en arrière.

Federic.

Nach dein Concept. Das Datum nach der Ausfertigung.


10116. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.94-2

Leutomischl, 7 juillet 1758.

La lettre que vous m'avez faite du 3 du mois passé, vient de m'être rendue, et je vous félicite très cordialement de votre passage du Rhin,94-3 qui a été exécuté aussi heureusement, comme de tous les glorieux succès que vos entreprises ont eus du depuis, qui, à ce que j'espère, seront encore plus grands pour rejeter l'ennemi au delà de la Meuse. Veuille le Ciel bénir toutes vos entreprises de tous les succès possibles, dont assurément personne ne prendra plus de part que moi, et qui certainement contribueront beaucoup au prompt rétablissement d'une paix glorieuse et solide, quand une fois l'ennemi se verra rembarré au delà de la Meuse et mis par là hors d'état de pouvoir entreprendre quelque chose de considérable.

Pour mettre Votre Altesse au fait de ma situation présente, je vous avertis qu'un convoi de munitions et autres choses nécessaires pour achever le siège d'Olmütz, que je faisais venir de Neisse sur Troppau sous une escorte de 12 à 13,000 hommes, y compris les reconvalescents et les recrues des régiments, ayant été entrepris dans les montagnes et les défilés de la Moravie aux environs de Sternberg par<95> un corps ennemi au delà de 18,000 hommes, troupes régulières et irrégulières, a95-1 souffert un échec, en sorte que le convoi fut partagé, et qu'il n'en arriva que la tête, et que l'autre partie fut en partie interceptée, en partie obligée de rebrousser chemin à Troppau, avec une perte de 700 hommes des nôtres tués, blessés ou pris prisonniers. Entre les derniers se trouve le brave général-major de Puttkammer. Je me suis vu obligé par là de lever le siège d'Olmütz, faute de munitions que nous n'avions plus95-2 suffisamment pour le continuer, et comme l'armée ennemie fit là-dessus un mouvement de son camp d'Ewanowitz95-3 vers Prerau, pour nous couper toute communication avec la Haute-Silésie, je suis entré avec mon corps d'armée, tout comme avec le corps des troupes sous les ordres du maréchal Keith, qui avait fait le siège, en Bohême par Trübau et Zwittau, d'où nous sommes passés ici sans la moindre perte de troupes, de tout le train d'artillerie et des bagages. Nous avons pris ici un magasin assez considérable en farines et en grains de l'ennemi, d'où la garnison ennemie s'est d'abord retirée à l'arrivée de mon avant-garde, après avoir mis le feu aux magasins de foin et de paille.

A présent, je marcherai droit vers Kœniggrætz, pour m'emparer de cette place et du magasin très considérable que l'ennemi y a assemblé déjà avant l'ouverture de la campagne, et après cela je recommencerai mes opérations selon les circonstances. Par la marche que je fais, je crois embarrasser extrêmement l'ennemi, surtout si le coup sur le magasin de Kœniggrætz me réussira à mon gré, et je serai plus à portée d'avoir la communication avec la Silésie et mes autres provinces, supposé que ma présence y sera nécessaire. Car je ne saurais dissimuler à Votre Altesse que, selon toutes les nouvelles qui me reviennent, les forces de Russie en Pologne pourraient bien avoir à présent l'intention sérieuse de pousser dans la Marche-Neuve et de percer entre la rivière de la Warthe et la ville de Glogau, dans la persuasion de ne pas trouver de l'opposition. Ce qui, cependant, m'embarrasse plus que tout cela, c'est que je me vois obligé, dans cette situation où j'aurai l'armée des Autrichiens devant moi et celle de Russie sur mes derrières, de rappeler de l'armée sous les ordres de Votre Altesse mes régiments de cavalerie et hussards qui y ont été joints jusqu'à présent.95-4 Votre Altesse en reconnaîtra la nécessité indispensable, et que je ne saurais presque plus me passer desdits régiments, si les Russiens entreprennent mes États ici. Mes vœux les plus sincères seraient que non seulement je saurais laisser ces troupes parmi les autres de Votre Altesse, mais que même je saurais Lui détacher le double et plus en nombre; mais des circonstances aussi gênantes que celles où je me trouverai, si les troupes de Russie entament mes provinces susdites, ne permettront<96> presque plus que je me passe de celles-ci, afin de pouvoir faire face à l'ennemi des deux côtés, [et] d'aller au plus pressé.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10117. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.96-1

Leitomischl, 7. Juli 1758.

. . .Sonst96-2 ist Euch noch in Antwort und zu Eurer Direction, wie zuvörderst Ich Euch wegen Euer Verhalten auf Meine Euch schon längst geschickte eigenhändige Instruction verweise,96-3 demnächst aber bei jetzigen besonders critiquen Umständen Mein Wille ist, dass Ihr principalement darauf denken sollet, welcher von beiden Feinden, denen Schweden oder denen Russen, am meisten Schaden thun kann, welchem Ihr dann resistiren müsset, und da Meinen Nachrichten nach es scheint, als ob die Russen in der Neumark eindringen und zwischen dem Warthefluss und Glogau einfallen wollen, so wird dieses vorerst wohl das pressanteste zu behindern sein.96-4

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Geueralstabs zu Berlin.


10118. UNTERREDUNG DES KÖNIGS MIT DEM GROSSBRITANNISCHEN MINISTER MITCHELL.

[Juli 1758.]

Mitchell berichtet an Holdernesse, Leitomischl 8. Juli, (secret) : „The King of Prussia told me he was very sorry his project upon Olmütz had miscarried, because he thought, if it had succeeded, it must have disposed the court of Vienna to peace, but, added he, as one cannot always do what they wish, they must do what they can, the part I have taken I think the best in my present situation, and the celerity with which this march will be executed, may perhaps confound our enemies, as they will hardly guess my intention till I have gained a march upon them. If I get safe to Kœnigingrætz,96-5 I hope soon to be master of it, and I can then send off part of my baggage and artillery through<97> into Silesia. I make no doubt Marshal Daun will endeavour to make an irruption into Silesia, but I shall give him some alarms by the feints I intend making upon Prag, so soon as I can open the communication with my brother Henry, who is already in Bohemia on the side of Eger.

In conversation, the King of Prussia said that he could not detach a greater number to escort the convoy, as his army was only 40,000 man; if the convoy had come safe, it would have been 10,000 stronger. He reckons the Austrian army 60,000, besides 20,000 irregulars . . .“

Nach der Ausfertigung im Public Record Office zu London.


10119. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Leutomischl, 8 [juillet 1758].

Nous marcherons demain par Hohenmauth sur Kœniggrætz; savoir le 9 mon camp sera au delà de Hohenmauth à un endroit qui se nomme Sarmask,97-1 le 10 à Holitz,97-2 et le 10 nous aurons investi Kœniggrætz.

Le Margrave97-3 partira d'ici le ro et suivra ma route avec de la farine, 4 de vos mortiers et 8 pièces de 24, avec leur munition et artilleurs que vous aurez la bonté de lui donner avec, ainsi que les mineurs et quelques ingénieurs.

Je compte que, le 10, vous pourrez recevoir votre pain. J'ai laissé ici du vin, de l'eau de vie et de la bière qu'il faut donner gratis aux troupes. Les trois jours de pain, il faut qu'on les prolonge pour quatre jours, et qu'on donne en revanche un jour de plus de la viande aux soldats, ce que vous pourrez faire d'autant plus facilement que je vous laisse ici beaucoup de bestiaux que le Margrave vous remettra.

Quant à vos marches, je compte que, dans trois jours, vous pourrez être à Pardubitz, c'est-à-dire le 13 de ce mois. Comme le général de Retzow connaît tous ces environs, il pourra vous être d'une grande utilité. Je dois en même temps vous informer que je ferai un pont à Wisoka,97-4 et que je posterai un corps de troupes vers Brzezerat97-5 et Platitz,97-6 pour vous assurer le passage des digues que le général Retzow connaît, et qui mènent à Kœniggrætz. J'espère d'être maître de Kœniggrætz le 14, et qu'alors nous pourrons

1° nous débarrasser du gros canon, des malades et du bagage;

2° assurer les chemins du pays de Glatz;

<98>

3° avoir des nouvelles de l'ennemi et prendre sur tout cela nos arrangements ultérieurs.

Je vous prie de communiquer tout ceci au général Fouqué et Retzow.

On me dit que vous êtes malade, ce qui me fait beaucoup de peine dans la situation présente. Ce qu'il y a de plus fâcheux, c'est qu'on n'a ni le temps ni le moyen de vous assister. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.

J'ai dit au Margrave de faire lire ma lettre au premier généralofficier de vous qui a l'avant-garde.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10120. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.98-1

Hrusova.98-2 9. [Juli 1758].

Eben bin ich hier mit meinem Lager fertig und überschicke Ihnen die Marschrouten,98-3 und können Sie morgen und der Feldmarschall übermorgen auf zwei Colonnen marschiren, welches den Weg sehr verkürzen wird. Prinz Moritz stehet schon bei Hohenmauth und Buccow bei Rocoteinitz.98-4 Ich verlange sehr nach Nachrichten vom Feldmarschall und von des Daun seinem Marsch und bitte mir solche schleunigst zu communiciren. Adieu!

Friderich.

Ich bitte, mein Brief an Fouqué, Retzow und den Feldmarschall zu communiciren.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10121. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Au camp de Hrusova, 9 juillet 1758.

Je suis persuadé, mon cher Maréchal, que le déserteur autrichien vous a dit tout ce que vous me mandez, mais j'ai bien de la peine à croire que Daun ait fait des marches aussi fortes et aussi vives;98-5 cela ne lui ressemble pas, et en combinant le temps, je n'y vois aucune<99> apparence. Mais il me faut des nouvelles du général Retzow,99-1 et si cette grande proximité de l'ennemi a lieu, il faut nécessairement qu'il en sache des nouvelles positives. J'envoie Wendessen pour cet effet chez vous et chez Retzow, pour recueillir des notions moins apocryphes; ce sera sur ces connaissances que je me déterminerai pour ma marche, et pour le reste, vous avez de bons défilés devant vous. Si vous gâtez tous les chemins, surtout la sortie de Leutomischl, en faisant abattre une couple de maisons dans les rues étroites, vous gagnez trois heures, et toute cette marche est pleine de défilés et de chicanes. Je fais cuire du pain pour vous à Hohenmauth, et votre corps, qui pourra marcher de Leutomischl à Hohenmauth sur deux colonnes, accélérera infiniment sa marche. Ce côté-ci est couvert, jusque dans ces environs, par des étangs. Vous pouvez dans chaque chemin faire défiler un chariot de front, de sorte que cela ira vite, et Hohenmauth n'est pas plus éloigné de Leutomischl que pas même Spandau de Berlin.

J'attends le rapport du général de Retzow, pour régler là-dessus mes dispositions ultérieures. Adieu, mon cher Maréchal, je vous embrasse.

Federic.99-2

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10122. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

[Hrusova,] 9. Juli 1758.

Mein lieber Markgraf. Nach der Aussage der Gefangenen so sehe ich clair, dass Daun zum höchsten heute bei Kronau sein wird. Dessen ohngeachtet, um die Escorte zu assuriren, so bleiben Sie morgen noch dar stehen, schicken aber morgen unter Bedeckung zwei Ihrer Bataillons alle Mehlwagens, Pontons und Train vom Feldmarschall durch Hohenmauth durch. Die Bataillons bleiben drin, und den 11. marschiren Sie mit dem Feldmarschall in zwei Colonnen nach Hohenmauth, den 12. nach Holitz.

NB. So wie Sie nach Hohenmauth marschiren, so gehen die zwei Bataillons mit dem schweren Train nach Holitz wieder vor, dardurch der Train hinten auf 1000 Wagens verringert wird und auf zwei Colonnen leichter kann marschiret werden.

Sagen Sie dieses alles dem Feldmarschall und machen den 11. die Bedeckung bis Hohenmauth. Adieu!

Von Hohenmauth erwarte Ihren Bericht.

Friderich.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.

<100>

10123. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Hrusova, 9. Juli 1758.

Ew. Liebden gebe hierdurch in Nachricht, dass, nachdem Ich alle die Mir geschickten Deserteurs Selbst examiniret und der General von Retzow auch mit allem heran und in Leutomischl ist, als kann Ich Denenselben positive schreiben, dass zwar der General Lacy mit 6 Grenadiercompagnien in Krenow100-1 gewesen, aber von dem Regiment von Ferdinand und Neu-Wied weggejaget worden, und also die Grosse Armee den 8. ohngefähr bei Gewitsch sein können und heute, als den 9., bei Zwittau, wo es viel und möglich ist. Ich lasse desfalls den Markgraf Karl morgen noch da100-2 stehen und habe ihm geschrieben, dass er morgen mit zwei Bataillons alle schwere Bagage, Pontons und was ihm sonsten hinderlich sein kann, nach Hohenmauth vorausschicken soll, damit es ihm an seinem übermorgenden Marsch nicht hindert und desto leichter ist.

Wir aber werden um 3 Uhr Generalmarsch und 1/4 auf 4 Uhr Vergatterung schlagen lassen; bis Hohenmauth gehen wir zusammen. Wann Ich allda durch bin, will Ich Ew. Liebden auf etliche Worte Selbst sprechen und alles übrige und nöthige abreden. Die 14 Pontons und Mehlwagens, so zu unserem Corps gehören und zu Hohenmauth sein, müssen wir mitnehmen, und meine Ich, dass die beide allda stehende Bataillons solches mitbringen sollen, sobald sie von dem Markgraf Karl abgelöset werden.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10124. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Hrusova, 10. Juli 1758.

Ew. Liebden beide Briefe habe erhalten, und danke Ich Denenselben für die Mir gegebene Nachrichten. Was vom Feinde in Zwittau eingeriicket ist, kann ohnmöglich was anders als die Avantgarde von den Oesterreichern sein, und, wann sie auch heute marschiren, so können sie Ihnen doch nichts thun, dann es werden über 12 oder 16 Compagnien nicht sein. Ew. Liebden müssen dahero nur 6 zwölfpfündige Canons bei der Arrièregarde geben, welche den Feind immer in Respect erhalten werden. Ich hoffe, dass Dieselben heute Sich Ihrer völligen Bagage entledigen und solche nach Hohenmauth schicken werden, welches Ihnen den morgenden Marsch sehr erleichtern wird. Ich denke heute bis Holitz zu marschiren.

Friderich.

Zieten ist den 7. in Neisse gut angekommen.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.

<101>

10125. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Holitz, 11. Juli 1758.

Ew. Liebden gebe hierdurch in Nachricht, dass der hier bei Mir angekommene Deserteur aussaget, dass die Armee noch weit zurücke und die Avantgarde aus 15 Bataillons bestehet und auch noch nicht ganz heran sei, deswegen sie in Ihrer Arrièregarde wohl nicht viel thun können.

Ich habe Ew. Liebden die Disposition und Marschroute zu dem heutigen Marsche überschicket101-1 bis hierher.

Meine Patrollen haben eingebracht, dass bei Pardubitz 600 Mann vom Feinde gestanden, auf deren Annäherung aber sie aufgebrochen und wegmarschirt sein.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10126. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Rokitno,101-2.] 12 [juillet 1758].

Mon très cher Frère. Daignez faire parvenir ce paquet101-3 à ma sœur de Baireuth. Il y a huit jours que je n'apprends rien d'elle, j'espère que c'est un bon signe; enfin, je vois bien que tant que durera cette campagne, je serai condamné à ignorer tout ce qui se passe dans le monde et même ce qui regarde mes plus chers et plus proches parents. Adieu, cher frère, je vous embrasse de tout mon cœur.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10127. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.101-4

Rokitno, 12. Juli 1758.

Ew. Liebden danke für die Mir gegebene Nachrichten, und ist es recht gut, dass Dieselben das Bataillon an die Brücke101-5 detachiret. Ich bin hierher marschiret, um den General von Retzow zu secundiren, welcher attaquiret worden ist;101-6 allein bei Meiner Ankunft war schon alles vorbei. Der Feind ist hässlich zurückgejaget worden, und hat der Generallieutenant von Retzow über 300 Gefangene gemacht. Ich werde zu dem Ende hier stehen bleiben morgen, um dass alles vom Feldmarschall von Keith vorbeikommet; und da überdem Meine Bataillons, so<102> Ich bei Mir habe, sehr fatiguiret sein, als will Ich selbige morgen hier ausruhen lassen.

Das Bataillon von Plotho wird mit der Bäckerei und etwas schwerer Artillerie ankommen; als können Ew. Liebden, wo das Bataillon sehr fatiguiret, sie in der Stadt102-1 einquartieren. Es muss die sämmtliche Bagage, so da ist und annoch ankommen wird, alle jenseit der Stadt in das österreichsche Retranchement aufgefahren werden; die Bäckerei muss in der Stadt bleiben und gleich gebacken werden, und wo von denen heute bestellten Broden noch was fehlen sollte, so muss von unserem Mehl noch darzu genommen werden. Es müssen Ew. Liebden etliche Bataillons auf die Höhen von Sanct Johannesberg102-2 setzen und selbigen die Front auswärts machen lassen, darmit sie den Weg hierher decken und sicher machen. Es haben Meine Bataillons, so Ich bei Mir habe, von morgen an kein Brod mehr ; es werden Ew. Liebden zu dem Ende die Brodwagens von Meinem Bataillon morgen alle Brod laden lassen, darmit, wann übermorgen die Bataillons ankommen, dieselben welches finden.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10128. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Rokitno, 13. Juli 1758.

Es wird heute noch alles bei Ew. Liebden zu Königgrätz eintreffen; ausgenommen Ich mit Meinen Bataillons werde wohl für102-3 morgen früh nicht da sein. Ich habe Nachricht, dass ein Corps vom Feinde sich in der Gegend Hohenelbe102-4 hingezogen haben soll; es müssen Ew. Liebden deshalb die Puttkammer'sche Husaren sofort dahin patrolliren lassen, um Nachricht darvon zu haben. Es müssen unsere Brodwagens heute noch alle beladen werden, darmit, wann wir morgen ankommen, gleich Brod kriegen können.

Ich kann kein rechtes Lager auf diesseits des Adlers nehmen, derowegen ich gesonnen bin, mir mit der Armee zwischen der Elbe und Adler zu setzen, um desto stärker nach der glatzischen Grenze zu detachiren und die Gorgen der Berge besetzen zu lassen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der Zusatz eigenhandig.

<103>

10129. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Rokitno, 13. Juli 1758.

Ew. Liebden danke für die Mir gegebene Nachrichten, und da Ich glauben sollte, dass man, weil ein Haufen Korn in der Stadt ist, wenigstens auf drei Tage Brod aus selbigem schaffen kann, als muss alle nur nöthige Anstalt darzu gemacht werden.

Da Ich gerne wissen möchte, was in Neustadt und Opotschno103-1 vom Feinde ist, als ist es nöthig, dass gleich Patrullen darhin geschickt werden. Ich bin willens, Mir morgen über den Adler zu ziehen, dahero Ich gerne wissen möchte, ob die Brücke fertig ist, und weil es nöthig, dass eine neue Ordre de bataille gemachet werden muss, als werde Ich morgen früh solche Ew. Liebden schicken, darmit alles morgen darnach gleich campiren kann.

Ew. Liebden werden alle nöthige Anstalten zum Brauen inachen lassen, darmit wir so viel Bier als möglich bekommen.

Wo die Brücke fertig, so will Ich Mir darnach richten und morgen noch herüber marschiren; sollten Sie aber nicht fertig sein, so muss Ich diesseit bleiben und Mir in der Gegend von Meinem letzten Lager103-2 setzen. Es werden also Dieselben Mir morgen einen Officier nach Wisoka entgegen schicken, um dass Ich Mir darnach richten kann und weiss, ob die Brücke fertig ist oder nicht. Ew. Liebden wissen überdem, wo und wie Ich Mein Lager nehmen will, deshalb Sie die darzu nöthigen Anstalten schon machen werden. Es wird nöthig sein, dass eine Tête de pont gemacht wird über den Adler.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10130. AN DEN GENERALLIEUTENANT VON ZIETEN.103-3

Hauptquartier Königgrätz, 14. Juli 1758.

Euer Schreiben vom 11. dieses habe Ich richtig erhalten, von welchem Ich sehr zufrieden gewesen bin. Von allem, was Ihr in dem Postscript meldet, weiss Ich hier nichts, indess es Mich doch sehr embarrassiret.103-4 Wenn Ich wüsste, dass die Russen nicht kommen würden, so liess Ich Euch mit wenigstens einem Theil Eurer Truppen durch das Glatzische hieher kommen. Wenn indess bei Neisse nur 400 Husaren stehen<104> blieben, nebst den beiden Bataillons von Treskow, so sollte Ich glauben, dass es vorerst genug wäre.

Nachstehendes wird Euch der Obrist von Tauentzien ganz deutsch expliciren ...104-1

Friderich.

Nach einer ersten Ausfertigung.104-2


10131. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

Quartier général de Königgrätz, 15 juillet 1758.

Le temps ne me permettant pas à présent de vous écrire de ma main propre, ce que vous aurez la bonté d'excuser, je n'ai pas voulu cependant manquer de vous avertir104-3 qu'un convoi de munitions de guerre pour le siège d'Olmütz de quelques farines et autres choses ayant été attaqué et intercepté par un gros corps d'ennemis, que le maréchal Daun avait détaché dans les montagnes de la Moravie entre Troppau et l'armée, je me suis vu obligé de lever le siège d'Olmütz, vu que par là les munitions qui restaient à l'armée du siège, ne suffisaient pas pour le pousser et achever. Comme donc ma présence en Moravie, après avoir manqué Olmütz, n'était plus d'aucune utilité, et que, par un mouvement que l'armée ennemie fit vers Prerau, elle pouvait nous empêcher toute communication avec la Haute-Silésie, j'ai pris avec toute mon armée la route de Bohême, pour faire une nouvelle diversion à l'ennemi du côté de Kœniggrætz. Ce mouvement a obligé l'ennemi d'abandonner également la Moravie, et quoiqu'il nous ait suivi d'assez près, j'ai cependant ramené ici toute mon armée avec toute l'artillerie, munitions de guerre et de bouche, malades et bagages, sans que l'ennemi en ait pu rien gagner sur nous.

Je me rapporte, au reste, à la relation ci-jointe104-4 de ce qui est arrivé depuis le commencement de notre campagne jusqu'à présent, et en attendant encore les autres événements de la campagne, je ne manquerai pas de vous en faire part successivement. Je suis etc.

Je vous demande mille pardons de ne vous avoir pas écrit moimême; je vous jure que je n'en ai pas le temps. Voilà mon pauvre frère de Prusse mort,104-5 vous pouvez juger quelle peine cela me fait.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.

<105>

10132. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Quartier général de Königgrätz, 15 juillet 1758.

... Il y a105-1 ici beaucoup de bonnes choses à faire encore; mais ce qui m'en empêche, ce sont les Russes qui me menacent d'une invasion en Silésie. Comme je n'en ai pas encore aucunes nouvelles sûres à ce sujet, vous concevrez vous-même que, si les Russes entrent effectivement dans la Silésie, il faudra que je m'y replie alors et y aille au secours de cette province. Voilà aussi pourquoi vous dirigerez aussi vos démarches et opérations en conséquence des nouvelles que vous aurez des entreprises des Russes sur la Silésie, quand vous en aurez sur lesquelles vous saurez compter pour sûres.

Federic.

Nach dem Concept.


10133. RELATION DE LA CAMPAGNE DE 1758.105-2

Après la prise de Schweidnitz, l'armée du Roi se retira de Landshut et se cantonna dans les environs de Frankenstein. Le lieutenantgénéral de Zieten couvrait la frontière de Landshut à Braunau et le lieutenant-général de Fouqué formait le cordon de la comté de Glatz. Pendant que l'ennemi prenait le change par ces dispositions, l'armée du Roi marcha à Neisse et de là en trois jours à Troppau. Le maréchal de Keith prit le chemin de Jaegerndorf. Ces deux colonnes débouchèrent le 3 de mai dans les plaines d'Olmütz, l'une par Sternberg et l'autre par Giebau. Le général Fouqué partit du comté de Glatz, sitôt qu'il remarqua que l'ennemi par ses mouvements dénotait la<106> marche qu'il méditait en Moravie. Ce général marcha à Neisse et convoya le canon et les munitions de guerre pour le siège d'Olmütz. Il arriva le 12 à Giebau,106-1 sans avoir été inquiété par l'ennemi.

Notre armée d'observation passa aussitôt la Morawa à Littau, où l'on fit quelques prisonniers sur l'ennemi. Le 12, le Roi s'avança vers Olschan et fit pousser un corps de cavalerie des ennemis qui s'y était posté, qui se retira au delà de Prossnitz.106-2 Le prince de Württemberg établit son camp auprès de cette ville, consistant en 4 régiments de dragons, un régiment de hussards et quelques bataillons d'infanterie. La tranchée devant Olmütz fut ouverte le 27 de mai du côté de Tobitschau,106-3 et l'autre côté de la rivière vers Dollein fut investi par un régiment de dragons, 2 bataillons d'infanterie et 500 hussards. Le Roi fit encore pousser la cavalerie autrichienne et saxonne sous les ordres du général de Ville jusqu'au delà de Wischau, et notre armée prit tous les postes convenables pour couvrir l'armée du siège du maréchal de Keith. En conséquence de quoi, le margrave Charles occupa le poste de Neustadt, le prince d'Anhalt celui de Littau, le général Wedell celui de Namiescht, et le Roi celui des hauteurs qui se trouvent entre Prossnitz et Olschan.106-4

Le 10 juin,106-5 le général de Puttkammer arriva, sans être inquiété, avec un convoi de la Silésie. Mais, comme ce convoi n'était pas suffisant pour achever le siège, l'on prit des arrangements pour qu'il fût succédé par un autre.

Cependant, l'avant-garde de l'ennemi était arrivée en Moravie. Le général Harsch prit son camp sur les hauteurs de Allerheiligen vis-à-vis de Littau. Le maréchal Daun arriva avec son armée à Gewitsch, et presque en même temps l'ennemi porta un corps de 4 à 6000 hommes à Prossnitz. Cette position obligea le maréchal de Keith à placer les dragons de Baireuth proche de Wisternitz, les compagnies franches à Bistrowan et Holian.106-6 L'ennemi méditait de jeter du secours dans la ville. Il attaqua la nuit du 8 de juin106-7 le bataillon franc et le força de se retirer. Le régiment de Baireuth, qui, pendant toute la nuit, avait été à cheval, crut, sans attendre le retour de ses patrouilles, pouvoir rentrer au camp. A peine furent-ils dans leurs tentes, que l'ennemi culbuta leur grande garde, entra dans leur camp, prit environ 300 hommes prisonniers, fit passer le renfort à Olmütz, et tout le régiment de Baireuth aurait été ruiné, si le bataillon de Nimschefsky ne fut arrivé à temps pour l'obliger à rebrousser chemin.106-8

Ce succès des Autrichiens leur fit prendre goût aux expéditions nocturnes. Ils attaquèrent trois fois le régiment de Zieten à Kosteletz<107> et furent repoussés toutes les fois avec perte.107-1 Les bataillons francs de Le Noble et Rapin ne furent pas aussi heureux. Ils étaient du corps du prince Charles et postés à Starnberg. Ils devaient marcher à Bæhrn pour couvrir le convoi qui arriva le 10, et furent assez maltraités par les pandours autrichiens,107-2 pour y perdre 3 petits canons et près de 400 hommes. Cependant, depuis le secours qui avait passé à Olmütz, et la position de l'ennemi à Prerau, il était absolument nécessaire de resserrer davantage Olmütz au delà de la Morawa. Le corps du margrave Charles y marcha107-3 et prit sa position, de sorte que sa droite tenait Chomotau et son pont sur la Morawa, et sa gauche s'appuyait au pont de Holitz.

Le . .,107-4 le maréchal Daun déboucha des montagnes avec son armée et prit le camp de Prcedlitz entre Wischau et Prossnitz. Nous n'entrerons point dans le détail des petites affaires qui se sont passées pendant cette campagne, parceque ce n'est point le journal des patrouilles de hussards, mais celui de l'armée que nous donnons au public.

Pendant ces entrefaites, le maréchal Daun avait eu nouvelle de la marche de notre convoi. Ce convoi était composé de beaucoup de munitions de guerre pour le siège, de l'argent pour les troupes et de quelques farines propres à l'usage du corps qui le couvrait. Ce corps consistait dans 8 bataillons et près de 4000 reconvalescents, tant cavalerie qu'infanterie, enrégimentés pour l'ordre de la marche. Le tout ensemble était parti le 25 de Troppau. M. de Daun jugea qu'il devoit profiter de cette occasion pour obliger les Prussiens, sans se commettre, à lever le siège d'Olmütz. Pour cet effet, il détacha le général Jahnus, qui se trouvait vers Müglitz, vers Bæhrn, et il fit partir un détachement de Prerau qui marcha par Stadt Liebe,107-5 pour que le convoi fût attaqué des deux côtés, et pour en imposer, il s'approcha de notre armée en appuyant sa droite du côté de Kojetein et sa gauche sur une colline qui était tout proche de Prcedlitz. Cependant, ce mouvement n'en imposa à personne, et, la sûreté du convoi faisant notre objet principal, le Roi y envoya le général de Zieten107-6 avec 3 bataillons, 2 régiments de cuirassiers et 900 hussards. Le 29, avant l'arrivée du général de Zieten, le convoi fut attaqué, mais l'ennemi, repoussé et battu, y perdit 3 canons et environ quelques cents hommes. Le 30, le convoi fut attaqué de nouveau entre Bautsch et Domstadt.107-7 A peine 400 chariots, 4 bataillons et environ 1000 hommes de la cavalerie eurent-ils ouvert la marche et passé les défilés de Domstadt, que l'ennemi se porta avec toutes ses forces et du côté de Bæhrn et de Domstadt sur le convoi. La tête était coupée, et quoique le général de Zieten ait<108> fait dans cette occasion tout ce que l'on peut attendre d'un bon général, il a été obligé d'abandonner ses chariots et de se retirer à Troppau. La tête du convoi arriva le 30 au soir à l'armée. L'ennemi a fait près de 600 hommes prisonniers, le général Puttkammer et quelques officiers, dont, sans doute, il aura imprimé les noms dans ses relations.

Ce malheureux évènement nous a obligés à lever le siège d'Olmütz. Si le convoi était arrivé, la ville n'aurait pu tenir tout au plus que 15 jours, malgré la belle défense de M. de Marschall.

Le 2 juillet, le Roi a pris avec toute son armée la route de la Bohême.108-1 Le maréchal de Keith a emporté toute son artillerie, à l'exception de 4 mortiers et d'un canon de 24 livres dont l'affût s'était cassé et qui était intransportable. Le Maréchal est marché sur Littau, de là sur Müglitz et Trübau. Le Roi a pris par Konitz et Trübau. L'avant-garde sous le prince Maurice s'est emparée à Leutomischl d'un dépôt de l'armée autrichienne consistant en farine et fourrages.108-2 Les sieurs Buccow et Laudon ont accompagné la marche de l'armée, sans cependant s'approcher de trop près de nos troupes.

Lorsque notre arrière-garde passa par les défilés de Kronau pour poursuivre sa marche vers Zwittau, le général Lacy, qui se trouvait à Giebau,108-3 en fut averti. Il fit occuper le village de Kronau par des grenadiers autrichiens; mais le régiment de Neuwied les en délogea bien vite,108-4 et la marche se continua sans autre inquiétude. De Zwittau l'armée marcha à Leutomischl où elle fit séjour, et de là elle passa Hohenmauth et gagna un défilé où elle se campa le 12.

Lorsque le général de Retzow se mit en marche vers les hauteurs de Holitz, il les trouva occupées par les ennemis.108-5 Il gagna une hauteur vis-à-vis d'une chapelle qui se trouve sur une colline proche du petit bourg de Holitz. Il conduisit le train d'artillerie et les munitions de bouche. L'ennemi se mit à canonner selon sa coutume, et, bientôt après, le général de Saint-Ignon avec un corps de cavalerie d'environ onze cents chevaux attaqua le régiment de cuirassiers de Bredow et le replia. Aussitôt d'autres troupes prirent les Autrichiens en flanc et les ramenèrent battant et éparpillés. Le maréchal Keith arriva justement, lorsque l'ennemi était en déroute. Il fit prendre l'infanterie qui se maintenait encore sur les hauteurs, à revers, et tout ce qu'il y avait d'Autrichiens s'enfuit dans les bois. Nous leurs avons fait 6 officiers et près de 300 hommes prisonniers.

Pendant que le Maréchal se trouvait occupé de cette marche, le Roi avait pris les devants de Leutomischl. Il était arrivé, le 11, auprès de Kœniggrætz.108-6 Le général Buccow y était avec environ 7000 hommes, tant derrière l'Elbe que dans le retranchement qui enveloppe la ville.<109> Dès que nos troupes furent arrivées, elles passèrent l'Adler pour attaquer le lendemain le retranchement, à l'exception de quelques bataillons qui se postèrent, du côté de Lhota, dans un faubourg de la ville, où l'on fit une batterie pour prendre l'ennemi à revers. En même temps, l'on voulut faire passer l'Elbe à un gros de cavalerie, mais les ponts que l'ennemi avait rompus, nous firent perdre cette journée, et les ponts ne furent en état de service que le 13 au matin. Pendant ce temps, M. de Buccow avait évacué le retranchement et îa ville, et s'était retiré du côté de Chlumetz. Nous sommes entrés dans ce poste109-1 que tant de camps autrichiens ont rendu célèbre dans cette guerre et dans la précédente. 109-2

Le même jour,109-3 le Roi, averti de ce qu'un corps autrichien s'était mis entre lui et Holitz, se mit en marche avec un corps pour prendre l'ennemi à revers; mais l'affaire étant déjà finie à notre avantage, nous avons été employés à assurer la marche du convoi. Toute notre artillerie qui a été employée au siège d'Olmütz, plus de 1500 malades et blessés de l'armée, tout notre train de munitions de guerre et de bouche est heureusement arrivé ici. Il est impossible de savoir d'avance de quel côté nous nous tournerons; mais ce que l'on peut assurer avec certitude, c'est que la campagne est bien éloignée d'être finie.

Nach der art das Ministerium am 15. Juli gesandten Abschrift. Die eigenhändige Niederschrift des Königs liegt nicht mehr vor.


10134. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Opotschno, 15. [Juli 1758].

Wir haben einen Pandurencapitän mit 100 Mann gefangen gemacht und den Laudon mit drei Bataillons als einen Hasen gejaget, ohngeachtet er wohl 6000 Mann stark war. Lassen Sie morgen um 3 Uhr die schwere Artillerie und Kranken in die Mehlwagen über Caravalhota109-4 gegen Neustadt marschiren, unter Bedeckung derer Grenadierbataillons aus dem zweiten Treffen, 100 Pferde von Werner, das Dragonerregiment von Platen unter Commando des Generals Lattorff.

Ich werde morgen hier stehen bleiben und nicht eher wegmarschiren als übermorgen; so wie ich Lattorffen109-5 in Sicherheit weiss. Hier schaffe ich vor meine 7 Bataillons einen Broddach109-6 obenein. Adieu!

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Eigenhändig.

<110>

10135. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Opotschno, 17. Juli 1758.

Ew. Liebden gebe hierdurch in Nachricht, wie Ich hier so lange stehen bleiben werde, bis dass alles von der Convoi von Neustadt abgefahren und durch ist, auch werde Ich allhier Nachricht erwarten, vom General von Fouqué,110-1 wie es im Glatzschen aussiehet und ob alles rein vom Feinde ist. Wann alles gut und ruhig ist, so wird Ihnen die Convoi überliefert werden, und wo nichts neues vorfallt, so werden die Bataillons, so der General Lattorff mit hat, bei Neustadt stehen bleiben, wo sie sich recht gut nähren können und sich Brod und alles benöthigte ausschreiben können. Und wo nichts neues bei Ew. Liebden vorfällt, dass sich der Feind näherte, so [nicht] andere Umstände vorfallen, so bin Ich willens, so lange hier stehen zu bleiben, bis Ich den Convoi zurück mitkriegen kann. Deshalb Ich Ihnen das Patrolliren nach Jaromirs bestens recommandire, darmit wir von allem gleich Nachricht haben, und da Ich Ihnen zwar auf dieser Seite decke, so müssen wir durch die Patrollen von jenseit von allem Nachricht haben.110-2 Von welchem Ich Rapport haben muss.

Der Obristlieutenant Enbers110-3 muss sogleich Lattorffen folgen und soll, wor es angehet, von Glatz [und] Neisse sich nach Cosel werfen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der Zusatz eigenhändig.


10136. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Opotschno, 18. Juli 1758.

Ich werde mit Meinem Corps Mir allhier suchen zu ernähren mit Brod und andern benöthigten Dingen. Es wird die Convoi heute bis Lewin110-4 gehen und also in guter Sicherheit sein.

Ich ersuche110-5 Ew. Liebden, Mir doch gewisse Nachricht zu geben, ob was vom Feinde bei Jaromirs stehet oder nicht. Um den ankom<111>menden Mehltransport111-1 sicher zur Armee zu bringen, muss Ich solches positive wissen, um, wann was da sein sollte, Meine Mesures darnach zu nehmen. Es kann vor dem 25. die Convoi mit den Mehlwagens nicht in hiesiger Gegend sein, deswegen Ew. Liebden die benöthigte Anstalten machen und durch Ausschreibungen mit Brod Sich bis dahin zu behelfen suchen werden.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.111-2


10137. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Opotschno, 18. Juli 1758.

Ich danke Ew. Liebden gar sehr für die Mir gegebene Nachrichten,111-3 und sollte Ich glauben, dass, wo der Feind dahin gehet, so wird er sich auf denen Anhöhen zwischen Chlum und Pardubitz setzen und vielleicht ein Corps nach Hohenbruck111-4 detachiren, um auf unsere linke Flanque was zu unternehmen. Ich habe vergessen, vor Meinem Abmärsche es Ew. Liebden zu erinnern, dass die Bäckerei sehr exponiret ist, weil sie jenseit dem Wasser111-5 ist; dahero es viel besser wäre, wann sie diesseit gebracht wird. Als muss alles mögliche angewendet werden, dass sie mit dem Backen fertig wird, und dass man sie diesseit des Wassers nimmt; welches Ew. Liebden dem Prinz Moritz sagen und ihm auch Nachricht darvon geben werden. Ich werde Mir übrigens nach den Umständen richten und wie die Nachrichten lauten werden. Sollte es continuiren, dass sich der Feind näherte und dass Meine Gegenwart nöthig da ist, so werde sofort wieder zu Ihnen stossen. Unterdess glaube Ich nicht, dass der Feind eher allda was thun wird, bis er ganz über Jaromirs herüber sich gezogen haben wird.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.

<112>

10138. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

[Opotschno,] 18. [Juli 1758].

Soeben schicket mir der Markgraf die Aussage einer Frau, so von der Oestreicher Armee kömmt.112-1 Es wäre nicht übel, wann die Pontonbrücke vom Adler auf der Elbe geleget würde, damit man mit starken Detachements den Feind recognosciren könnte, um seine Positiones richtig zu wissen. Ich glaube, er wird sich bei Nechanitz112-2 vorbeiziehen, um auf jenseite Jaromirs die Elbe zu passiren und sich sodann bei Skalitz zu setzen; kann man ihm aber aufpassen und seine Mouvements decouvriren, so ist noch mancher Querstreich zu machen und ihn vielleicht gegen seinem Vorhaben zur Bataille zu bringen.

Ich bitte dieses wohl zu bedenken und zu überlegen. Adieu!

Friderich.

Lesen Sie meinen Brief dem Markgrafen vor.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Eigenhändig.


10139. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Opotschno, 19. Juli 1758.

Ich habe Ew. Liebden Brief soeben richtig erhalten und den Uebermarsch der Oesterreicher ersehen,112-3 deswegen wir unsere jetzigen Umstände in Considération ziehen müssen. Ich Meines Theiles sehe den Marsch des Feindes an, [da] sie ihm auf der Seite thun, dass ihre grosse Idee dahin gehet, nicht sogleich, aber durch einige Mouvements, zu machen, Mich von der Metau abzuschneiden und das Lager bei Skalitz zu nehmen; hingegen Meine Idee diese ist, dass Ich mit dem Corps, was bei Mir ist, und mit dem Detachement vom General Lattorff112-4 und mit etwas vom General Fouqué hinginge und nähme das Lager von Zwol, da Ich den rechten Flügel an der Aupa und den Unken an der Metau112-5 haben [werde], da man sehr feste stehet. Alsdann meine Ich, wann Ich dieses Lager genommen habe, anstatt dass der General Fouqué das Mehl nach Königgrätz bringen sollen,112-6 solches nur bis Nachod bringet, und kann die Armee von Nachod das Brod empfangen. Unterdess muss man sehn, wie der Feind sich stellet und was er für Position nimmt, worvon Dieselben vielleicht heute Mir schon nähere Nachricht werden geben können. Man muss suchen, darvon zu profitiren, und findet man ihm in solcher Position, dass man darvon profitiren kann, so muss man zwischen Smirschitz und Königgrätz über die Elbe gehen und dem Feind allda attaquiren.

<113>

Es werden deswegen Ew. Liebden Mir Dero Gedanken und Meinung darüber schreiben und mit dem Feldmarschall von Keith darüber sprechen, was er darvon wohl denket. Ich kann überdem bald bei der Armee sein, Lattorff etwas später, oder man nimmt den Posten bei Zwol. Deswegen die ganze Sache darauf ankommet, dass man siehet. dass uns der Feind die Blösse zeiget, oder dass das Terrain so ist, dass man ihm was anhaben kann. Sollten wir es so weit bringen können, dass es hier zur Bataille kommt und dass wir sie schlagen, so kommen durch der einen Sache alle unsere Umstände in den besten Stand.

Schreiben Sie mir gleich Antwort auf allem diesen, und recht natürlich!

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der Zusatz eigenhändig.


10140. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Opotschno, 19. Juli 1758.

Ew. Liebden danke gar sehr für die Mir gegebene Nachrichten, was allda neues vorgefallen ist. Ich soupçonnire noch immer, dass der Feind über Nechanitz nach dem Gebirge gehen wird. Ich habe heute Patrullen bis Jaromirs gehabt, von hier aus; allein sie haben nichts vom Feinde gefunden. Sobald was neues passiret oder sonsten Dieselbe was positives erfahren, so bitte Mir doch sogleich solches zu wissen zu thun.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10141. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Opotschno, 19. Juli 1758.

Ew. Liebden gebe hierdurch in Antwort, wie die Patroll, so der General Czettritz [geführt], Mir sein Rapport sehr wahrscheinlich vorkommt,113-1 und Ich sollte glauben, dass dasjenige, so noch vor Denenselben stehet, nichts als ein avancirtes Corps ist; allein das bin Ich versichert, dass wo man gegen der Metau nicht alle mögliche Präcautiones nimmt, so wird das Mehl nicht so gut durchkommen. Bei<114> Reichenberg114-1 stehet das Corps von Laudon, welches ohngefähr 6000 Mann ist; bei Giesshübel,114-2 unweit Sattel, stehn 3000 Panduren und Husaren. Die Husaren von Skalitz fangen auch schon an hier herumzuschwärmen. So lange als Ich nun hier stehe, decke Ich solches alles; sowie Ich aber weggehe, so läuft alles Krop nach dem Glatzschen, und Fouqué würde eine Bataille von Glatz bis Nachod haben und also das Mehl nicht gut durchbringen.114-3 Dies ist also das einzige, worüber Ich am meisten balancire. Es sei dann gewiss, dass man den Feind attaquiren kann, sonsten müssen wir hauptsächlich dahin sehen, um das Mehl sicher und gut nach Nachod zu bringen. Dann gehe Ich hier weg, und wir können den Feind da nicht attaquiren, so geben [wir] allen dem Gesindel freien Willen, und das Mehl müssen wir doch durch haben. Dies ist also Mein grösster Embarras. Der Posten von Zwol114-4 ist sehr gut und solchen kann Ich allemal nehmen; allein gehe Ich weg, so sind sie gleich im Glatzschen und machen uns ein Haufen Umstände; und stehet die Armee zwischen Pardubitz und Bohdanetsch,114-5 so kann man ihr so nichts anhaben. Als bitte Ich Ew. Liebden, Mir hierüber sichere und deutliche Nachricht zu geben. Von der Patroll von Czettritz kommt Mir alles sehr glaubhaft für, und es siehet Daun sehr ähnlich; sollten Sie aber Gelegenheit sehn, dass wir schlagen können, so will Ich gleich da sein.

Magazine und Escorten decken, Positiones nehmen und zugleich Anstalten zu Attaquen machen, seind dreierlei. Morgen werden Sie gewisse erfahren, ob der Feind noch hinter die Teiche114-6 stehet, oder ob er darüber ist. Ist er derhinter, so muss ich den Transport decken; ist er herüber, so muss man ihm zu attaquiren suchen, aber Lattorff und einen Theil Fouqué an uns ziehen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der Zusatz eigenhändig.


10142. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Opotschno, 19. Juli 1758.

Aus dem Zusammenhang der Patroll vom General von Czettritz114-7 sehe Ich, dass die Armee zwischen Pardubitz und Bohdanetsch stehet, da man ihr wohl nicht viel wird anhaben können; dahero wir sehr attent auf ihre Mouvements sein müssen, um, wann sie sich bloss geben, dass wir sie suchen zu überrumpeln.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.

<115>

10143. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

[Opotschno,] 19 [juillet 1758].

Non, mon cher Maréchal, il n'est point question de me couper de l'armée de Smirschitz. Daun a coupé mon convoi,115-1 mais il ne coupera plus rien. Je vois que vous n'êtes pas au fait du terrain; si je ne couvre ici la farine, Fouqué pourrait en souffrir. Mais cela fait, je prends le camp de Zwol, jusqu'à nouvel ordre, ou que les barbares ne m'obligent de retourner en Silésie, ou que j'aie occasion de battre notre homme dans vos environs. Adieu, mon cher maréchal, je vous souhaite une prompte reconvalescence115-2 et vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10144. AM DEN GENERALLIEUTENANT VON ZIETEN.

Opotschno, 19. Juli 1758.

Der Obriste von Tauentzien wird Euch wieder alles expliciren,115-3 sowie es mit Meinem vorigen letzteren115-4 geschehen, so Euch hoffentlich richtig zugekommen sein wird.

Ihr könnet dorten115-5 etwas von Husaren stehen lassen, sonsten aber ist Meine Intention, dass Ihr mit denen bei Euch habenden Reconvalescirten, Rekruten und allem, was sonsten zur Armee gehöret, hieher marschiren und zu Mir stossen sollet.

Dem Generalmajor von Lattorff zu Cosel sollet Ihr allenfalls in dem Chiffre, welchen der Obrist von Tauentzien hat, von welchem gedachter Generalmajor eine Abschrift hat, zu wissen machen, dass, wenn auch der Feind dorthin käme, ihn zu attaquiren, er gewiss Succurs bekommen werde, nur ginge es die ersten acht Tage nicht an.

Friderich.

Nach dem Concept.


10145. AN DEN ETATSMINISTER FREIHERRN VON SCHLABRENDORFF IN BRESLAU.

Opotschno, 19. Juli 1758.

Ich muss mit vieler Unzufriedenheit vernehmen, dass Ihr Euch emaneipiret habet, sowohl von Glatz als auch von der Gegend Schweidnitz Truppen nach Euren Orten kommen zu lassen und, so zu sagen, von der Betise Meiner Generals zu profitiren. Ihr müsset Euch bescheiden, dass Ihr nicht commandirender General seid und es Euch gar nicht gebühret, von denen Truppen zu disponiren und vor Euren Kopf dergleichen zu unternehmen, so Mich sehr derangiren und hier in Ver<116>legenheit setzen kann. Ihr sollet Euch also nur um die Magazine bekümmern und darauf arbeiten, dass in Breslau das meiste, dann aber auch in Schweidnitz, Glatz der nöthige Vorrath, etwas aber zu Glogau sei, dass Ich Mich kann hinwenden, auf welcher Seite Ich will.

Friderich.

Nach dem Concept.


10146. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Opotschno, 19 juillet 1758.

En conséquence de ce que vous me marquez par votre lettre du 20 de ce mois,116-1 il faut que je vous rende justice par dire que, dans les circonstances où vous vous trouvez actuellement, il est impossible de mieux faire que vous l'avez fait, ce qu'aussi j'approuve parfaitement.116-2 Je doute presque moi-même que je saurais rester longtemps encore en Bohême, parceque peut-être les Russes m'obligeront de reprendre la route de Silésie, pour y faire face également à eux; car autant que je puis juger de leurs mouvements, ils y viendront, quoique je juge que cela n'arrivera qu'au mois d'août qui vient. Enfin, je verrai si c'est aux Autrichiens ou aux Russes que je marcherai le premier au corps, et comment je saurai avec l'assistance du Ciel débrouiller cette fusée assez épineuse.

Quant à la somme de 300,350 écus, selon votre lettre allemande absolument nécessaire pour établir vos magasins en Saxe, je viens de donner mes ordres au commissariat de guerre à Dresde de [se] servir d'abord à cet usage d'un certain fonds en argent qui se trouve déposé auprès de lui des contributions et des dons gratuits de la Saxe, pour en prendre ladite somme, afin d'établir ces magasins selon vos ordres. Je ne doute pas, au reste, que vous aurez la bonté d'avoir soin, autant qu'il sera possible, afin qu'il nous entre de bonnes sommes des contributions demandées du Würzburg et du Bamberg.

J'accuse encore la lettre que vous m'avez faite du 4 de ce mois.116-3

Federic.

Nach dem Concept.


10147. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Opotschno,] 19 [juillet 1758].

Mon cher Frère. Il est sûr que c'est se tromper très fort que de vouloir trouver un bonheur parfait dans ce monde, ainsi que tout ce<117> qui s'appelle perfection. Vous devez donc vous y attendre aussi peu que tout autre mortel. Les malheurs de la vie ont tous des ressources, hors la mort des personnes qui nous sont chères. On vint dire à une femme spartiate que son fils avait été tué à la bataille de Marathon; elle répondit à celui qui lui apportait cette triste nouvelle : « J'ai su, en le mettant au monde, qu'il n'était pas immortel »; et voilà ce que l'on doit penser en pareil cas et dans toutes les pertes que nous faisons : que nos affections s'attachent à des objets mortels, que nos biens ne sont qu'une jouissance précaire et incertaine, en un mot, qu'il n'y a rien de stable ni d'assuré dans cette vie.

Mais, mon cher frère, après avoir fait ces réflexions, il ne faut pas devenir misanthrope; tout homme qui vit en société, doit tâcher de se rendre utile à cette société, principalement un prince, comme vous, doit penser qu'il ne peut renoncer au monde qu'en le quittant tout-à-fait. Tout ce que je puis vous conseiller, c'est de faire tous les efforts sur vous pour vous distraire et détourner vos yeux d'un objet douloureux qui ne fera qu'aigrir vos peines, sans vous soulager. Je sens la force des premières impressions, il n'est point de constance qui n'y succombe; mais, cela fait, il faut pourtant prendre le dessus sur soimême. Vous avez perdu un frère,117-1 mais il vous reste toute une famille qui vous aime, et vous devez vous conserver pour elle; faites donc, je vous prie, tout ce que vous pourrez imaginer de mieux, non pour vous consoler, mais pour vous étourdir. Je suis véritablement en peine pour vous, et je crains bien que ce chagrin n'altère vos jours et ne ruine entièrement le peu de santé que vous avez.117-2

Je ne vous écris rien d'affaires, parceque mon grimoire117-3 en sera d'ailleurs assez rempli. Mandez-moi, je vous prie, ce que vous savez de ma sœur de Baireuth; il y a longtemps que je n'ai pas de ses nouvelles. Je suis avec une parfaite tendresse, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10148. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Opotschno, juillet 1758.]117-4

Mes dernières nouvelles assurent que les Russes se sont retirés de la Nouvelle - Marche, et on les a chassés de Silésie. Ils ont un gros<118> magasin à Posen; je crois qu'ils voudront tenter sur Glogau, tandis que l'armée autrichienne voudra reprendre le chemin de Schweidnitz. Je crois que le pont d'Aussig118-1 n'a été fait que pour favoriser les incursions des troupes légères par la Lusace; car, pour ce qui regarde les Russes, c'est à moi à défendre la Silésie, à Dohna la Nouvelle-Marche, et quant à vous, je ne vous prescris rien que d'avoir l'œil que rien de considérable ne pénètre par la Lusace, et de profiter de toutes les occasions de faire en gros ou en détail tout le mal que vous pourrez aux ennemis, selon que vous le jugerez à propos.

Nous sommes arrivés ici avec notre grosse artillerie et nos malades, que je renvoie à Glatz.118-2 L'ennemi fait des mouvements, j'en ferai incessamment vis-à-vis de lui, et il faudra voir comment on pourra s'y prendre pour l'engager au combat d'une manière avantageuse pour nous.118-3 Si je ne trouve pas la chose possible, il faudra différer jusqu'à ce que l'on trouve le moment favorable, et ensuite se tourner contre les Russes; mais si ces gens-ci sont battus, nous n'aurons rien d'important à craindre des autres.

Federic.

Eigenhändig auf der Rückseite des Berichts, Zschopau 4. Juli 1758.


10149. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

Au quartier d'Opotschno, 20 juillet 1758.

J'ai reçu avec toute la satisfaction imaginable les lettres que Votre Altesse m'a faites du 18, 24, 26 et 28 du mois de juin dernier,118-4 et vous félicite très cordialement de tous les succès et de la belle victoire118-5 que Votre Altesse a remportée sur l'ennemi, par la conduite aussi prudente que valeureuse que vous avez tenue pour parvenir a vos fins, ce dont je prends infiniment part, étant persuadé que les suites en seront encore parfaitement heureuses.

Comme, par ma lettre partie en dernier lieu de Kœniggrætz,118-6 je vous ai déjà averti comme quoi les Russiens menaçaient de quelque invasion mes provinces de la Poméranie, de la Nouvelle-Marche ou de la Silésie, j'ai eu des nouvelles en arrivant ici que, malheureusement, ils ont exécuté une partie de leur dessein en tombant avec un gros parti de cosaques et de troupes irrégulières sur des lieux limitrophes<119> de la Poméranie et de la Nouvelle-Marche, et avec un autre sur la Silésie du côté de Guhrau,119-1 qu'ils ont ravagés, en commettant tout ce que la cruauté la plus barbare et presque inouïe a pu inspirer à des gens les plus féroces et insensés; et quoique ces partis se soient retirés après coup des premières susdites provinces, et qu'on les a chassés de la Silésie, j'ai cependant d'autres nouvelles que toutes les troupes russiennes en Pologne s'assemblent du côté de Posen, pour pousser, äoit avec un soit avec deux corps, dans la Nouvelle-Marche du côté de la Warthe, ou en Silésie vers Glogau. Comme, en attendant, le lieutenant-général comte de Dohna avec son corps d'armée, malgré qu'il ait encore à observer les Suédois, s'est mis en marche pour protéger la Nouvelle- et la Moyenne-Marche avec la Poméranie contre les Russiens, en cas qu'ils y viennent en forme,119-2 et moi je serai obligé de prendre, outre l'armée autrichienne que j'ai devant moi, encore celle des Russiens sur mes cornes, supposé, comme il y a toute apparence, qu'ils entreront dans la Silésie, pour combattre l'une ou l'autre qui me viendra la plus proche, Votre Altesse conviendra Elle-même que, dans ces circonstances aussi critiques, s'il en fut jamais, je ne saurais plus me passer de mes dragons et hussards, enfin de cette cavalerie que jusqu'ici je Lui ai laissée parmi les troupes sous Ses ordres.119-3 Vous conviendrez que ce n'est que dans ce seul cas et pour des dangers aussi éminents qui menacent mon pays, que je me vois obligé de rappeler cette cavalerie, que, sans cela, je vous aurais laissée de bien bon cœur encore pendant toute la campagne présente; mais c'est à présent la nécessité indispensable qui me force de la rappeler, tout comme je vous en ai déjà prévenu par ma lettre antérieure à celle-ci,119-4 de sorte que Votre Altesse voudra bien ordonner à cette cavalerie de se mettre d'abord et au plus tôt en marche, pour revenir à nous. Elle voudra d'ailleurs marquer à cette cavalerie la route la plus droite, pour retourner incessamment par le chemin le plus court, soit par la Vieille-Marche soit par le Halberstadt et le Magdeburg, pour passer tout droit vers l'Oder du côté de Schwedt au corps d'armée du lieutenant-général comte de Dohna, auquel, selon mon intention, ils se joindront au plus tôt mieux. Je me flatte que vous en disposerez en sorte que cette cavalerie puisse être dans un temps de quatre semaines à sa présente destination . . .119-5

Federic.

<120>

Je vous félicite, mon cher, du fond de mon cœur. Je souhaiterais seulement pouvoir vous donner bientôt de bonnes nouvelles d'ici. Voilà une grosse armée russienne qui se forme du côté de Posen, et Daun est entre Bohdanetsch et Pardubitz; mon armée est à Kœniggrætz, que nous avons pris sans perte, et j'ai pris ce poste pour couvrir ma grosse artillerie et mes 1700 malades que j'ai mis in salvo à Glatz; d'ailleurs attendez-vous à une campagne à peu près pareille à celle de l'année passée.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.120-1


10150. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Quartier Opotschno, 20. Juli 1758.

Eure beide Schreiben vom 24. und vom 29. Junii seind Mir gestern allhier richtig eingeliefert worden. Alles was Ihr Mir darinnen und besonders im letzteren von Eurer jetzigen dortigen Situation und gemachten Dispositionen meldet, ist recht gut, und habe Ich das Vertrauen, dass Ihr alles bei sich darzu ergebender Gelegenheit mit erwünschtem Succes ausführen werdet. Habet120-2 Ihr aber Gelegenheit, wann sich die Schweden nähern, ihnen eins anzubringen, so sollet Dir solches nicht versäumen. Sonsten thut120-3 Ihr Techt wohl, und hat es Meine Approbation, dass Ihr zusammenbleibet und alles an Euch ziehet; wobei Euch noch zur Nachricht dienet, wie dass Ich bereits an den Prinz Ferdinand von Braunschweig geschrieben und von ihm Meine von Eurem Corps d'armée zeither detachirt gewesene Kavallerie wiederum zurückgefordert,120-4 auch es damit so einzurichten verlanget habe, dass solche den geradesten Weg, es sei durch die Altmark oder durch Magdeburg, zu Eurem Corps marschiren. Von hier kann Ich Euch nichts detachiren. Allein wollen die Russen auf Schlesien losgehen, so muss Ich solche schon mit auf die Hörner nehmen, und habe Ich also deshalb hier nicht einen Mann übrig.

Im übrigen verlange Ich von Euch, dass Ihr Mir oft Nachrichten von allem, so bei Euch und dortiger Orten passiret, gebet.

Was hier zeither vorgefallen, solches wird Euch der Etatsminister Graf von Finckenstein vermittelst der davon aufgesetzten ganz summarischen Relation bereits communiciret haben,120-5 und ist zeither nichts hauptsächliches vorgefallen, als dass, nachdem die Oesterreicher Königingrätz120-6 nach Meiner Ankunft verlassen haben und wegen ohnvermeidlich<121> gewesene Verhinderungen die Zeit gewinnen können, vorher das considerable dort gewesene Magazin theils wegtransportiren, theils destruiren zu lassen, Ich solchen Ort occupiret habe; inzwischen vorgerücket bin und sehen werde, was mit denen Oesterreichern zu thun sein wird, wiewohl Ich Mich dabei mit nach denen Mouvements derer Russen werde richten müssen und, wann solche auf Schlesien kommen, Mich auch dahin dirigiren muss.

Friderich.

Mon armée est à Kœniggrætz.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10151. AN DEN GENERALMAJOR VON KURSSELL.121-1

Opotschno, 20. Juli 1758.

Da Ich avertiret werde,121-2 als ob die russische Truppen aus Polen etwas auf Frankfurt oder Crossen unternehmen wollen, so befehle Ich hierdurch, dass Ihr mit denen Regimentern, so Ihr noch bei Euch habet, sogleich und sonder allen Verzug den geradesten und kürzesten Weg nach Glogau marschiren sollet. Das eine Grenadierbataillon, so Ihr noch bei Euch habet, sollet Ihr in Schweidnitz lassen, der Generalmajor Angelelli aber mit seinem Freibataillon nebst dem Generalmajor Seydlitz können noch auf Euren jetzigen und bisherigen Posten stehen bleiben, um dort das gehörige wahrzunehmen. Hierbei dienet Euch weiter zu Eurer Nachricht und Direction, dass Ich auch den Generalmajor von Diericke beordert habe, mit denen Bataillons, so er bei sich hat, von Breslau nach Glogau zu marschiren, auch seinen Dahinmarsch bestens zu beschleunigen und deshalb zu eilen; und ist Mein Wille, dass alsdenn Ihr beide mit denen 10 Bataillons, so Ihr zusammenbringet, von Glogau sogleich und ohngesäumt mit gehörigen starken Märschen nach Crossen marschiren sollet. Daferne Ihr unterwegens zu Glogau von dem Obristen von Hacke erfahret, dass von denen Russen was auf Glogau kommen will, so sollet Ihr solchenfalls Eure, nämlich die beide Kurssell'sche Bataillons zu Glogau lassen; wenn es scheinet, als ob die Russen ihren ganzen Effort gegen Crossen oder gegen Frankfurt an der Oder thun wollen, so müsset Ihr sogleich und auf das allerbaldigste mit Euren Bataillons dahin marschiren, und verweise Ich Euch sodann überhaupt an die weitere Ordres des Generallieutenant Grafen von Dohna, unter welche Ich Euch zusammen setze, und müsset Ihr mithin dahin marschiren, wo derselbe es nöthig finden wird, auch dessen Ordres auf das präciseste nachleben.

Frideric h.

Nach einer Abschrift der Cabinetskanzlei im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.

<122>

10152. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Quartier Opotschno, 20. Juli 1758.

Ich communicire Euch vermittelst der Originalanlage, was Mir wegen der Absichten derer Russen von dem Obristen von Hacke aus Glogau gemeldet worden.122-1 Bei welchem Umstände dann und da es sehr apparentlich ist, dass das Dessein derer Russen sei, auf Crossen oder Frankfurt zu gehen, so wird Euch die abschriftliche Ordre zeigen, was Ich an die Generalmajors von Kurssell und Diericke befohlen habe.122-2 Mein Wille ist also, dass Ihr mit den 10 Bataillons, so kommen, zusammenstossen könnet, an denen Orten, wo Ihr vermeinet, den Feind am ersten auf den Hals zu gehen.

Ich recommandire Euch aber dabei, dass Ihr die Russen nur mit einem Flügel attaquiret und den anderen refusiret,122-3 dabei auch ordentlich Batteries von schweren Canons machet, und zwar an den Fleck, wo Ihr die Attaque machet;122-4 da müsset Ihr von aller Eurer schweren Artillerie eine Batterie von 30 oder 40 Canons122-5 auffahren lassen, auch von denen Regimentern Leute dabei mitgeben, die im Fall der Noth selbige geschwinde fortbringen, wann mit solchen avanciret wird. Ueberhaupt müsset Ihr Euch so dirigiren, wie das Schema122-6 zeiget, so Ich Euch hier beifüge. Wenn es auf der Welt möglich ist, so müsset Ihr das Moment zur Attaque nehmen, wann die Russen in ihr Lager rücken wollen oder ihre Position ändern, oder auch marschiren. Eine Affaire von der Kavallerie müsset Ihr, wo möglich und wenn es die Umstände zugeben, nicht eher engagiren, bis Ihr mit der feindlichen Infanterie fertig seid, [denn] sie ihre Kavallerie en embuscade schicken und legen, da Ihr solche gar nicht recht poussiren könnet; also Ihr Eure Kavallerie nicht eher gebrauchen müsset, bis Ihr mit der Infanterie fertig seid.

Diericke est bon, vous pouvez vous en servir; Kurssell est brave, mais sans tête.122-7 Je crois que vous pourrez battre l'ennemi du côté de<123> Sternberg;123-1 si cela réussit bien, il faudra tout aussitôt vous retourner contre les Russes.123-2

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig. Die Ergänzung nach dem Concept.


10153. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Quartier d'Opotschno, 20 juillet 1758.

Mes nouvelles continuent d'être que les Russes veulent passer par Crossen ou Francfort vers la Saxe. Je viens de donner mes ordres au comte Dohna, que je fortifie de ro bataillons,123-3 d'aller en avant aux Russes et de les combattre, avant qu'ils puissent exécuter leur dessein. Pensez, cher frère, s'il n'y a pas moyen que vous puissiez prêter au comte Dohna seulement pour un jour de bataille 10 escadrons de votre cavalerie,123-4 que Dohna vous renverra incessamment, dès que la bataille sera donnée.

Vous voyez que mes lettres changent selon les nouvelles qui me viennent. Ce que je vous mande, mon cher frère, doit être une opération de vitesse. Quant à nous, je crois que peut-être dans peu de jours nous aurons une affaire aux environs de Chlum.

Je viens de recevoir encore des nouvelles de Berlin. Quelquefois mes affaires m'étourdissent sur nos malheurs communs; mais tout d'un coup, quand cela me revient à l'esprit, mon cœur saigne, et je deviens d'une mélancolie horrible. Chaque lettre de mes sœurs, la vue du régiment,123-5 tout me rend d'une sensibilité affreuse.

Federic.

Das Hauptschreiben nach dem Concept. Der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.


10154. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Opotschno, 20. Juli 1758.

Ich danke Ew. Liebden vor die gegebene Neuigkeiten und wollte nur wünschen, dass die Nachrichten gewiss und die ganze Armee herüber wäre;123-6 Ich warte dieserhalb auf allen Umständen, um sicher zu sein, und sehe dem Rapport des Fürst Moritz entgegen, um sicher zu sein.

Morgen, denke Ich, wird der Generallieutenant Fouqué123-7 in der Nähe sein, dass also, wann es nöthig wäre, mit der meisten Kavallerie und 15 bis 16 Bataillons hinkommen könnte. Hier kann Ich von einem Augenbück zum andern wegmarschiren, indem Mich nichts aufhält.<124> Sobald man nur sichere und gute Gelegenheit hat, wird das andere schon alles gut gehen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10155. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Opotschno, 20. Juli 1758.

Ew. Liebden danke sehr für die Mir gegebene Nachrichten. Ich glaube, dass zwar was vom Feinde da herüber ist;124-1 allein Ich halte es nur für ein detachirtes Corps, und dass es um den übrigen124-2 bei Bohdanetsch uns zu decken stehet.

Morgen wird der General von Fouqué von Glatz abgehen,124-3 und wo nicht Noth an Mann ist, so bleibe Ich morgen noch hier stehen, um ihm zu decken; alsdann kann Ich marschiren, wo es nöthig ist. Ich kann auch den General Lattorff124-4 an Mir ziehen und ein Theil von Fouqué; allein 12 Bataillons müssen um Nachod bleiben, um daherum und die dahin kommende Bäckerei zu decken, so da angeleget wird. So viel kann Ich Ew. Liebden schreiben, dass, wo der Feind da stehet und man ihm was anhaben kann und will, so müssen wir in der Gegend Lochenitz124-5 und Smirschitz darzwischen hinübergehn; sonsten wir in alle hohle Wege und Wälder kommen und nichts ausrichten können. Es würde sehr gut sein, wenn ein Tête de pont angeleget wird, welches die Brücke decket.

Ich darf bei jetzigen Umständen nicht im Blinden tappen, ich muss sicher von meiner Sache seind, um zu agiren. Morgen oder übermorgen kann ich mit Gewissheit hier weg, aber vorhero ist die Convoi124-6 immer hasardiret. Nun kömmt es darauf an, wie man die Sache zum besten anstellet, den Feind zur Bataille zu bringen; und bitte ich mir Ihre Meinung hierüber deutlich aus.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der Zusatz eigenhändig.


10156. A LA REINE DE SUÈDE A STOCKHOLM.

Königgrätz, 20 juillet 1758.

Ma très chère Sœur. Nous ne pouvons que joindre nos afflictions pour donner nos communs regrets à la perte que nous venons de faire. J'ai toujours tendrement aimé ce frère, et j'ai été d'autant plus frappé de sa mort que je croyais sa maladie une sciatique, et non pas une<125> atteinte mortelle. Voilà, ma chère sœur, ce que l'on gagne à vivre: l'on voit passer ses plus chers parents qui s'évanouissent comme un ombre, l'on perd ses amis, et cela pour supporter encore quelques années de malheurs et les suivre alors. Ce n'est pas la peine de vivre, et, depuis deux ans, chagrins domestiques, pertes sensibles des personnes les plus respectables, fatalités, malheurs publics, tout s'est amassé sur ma tête. Je suis sûr et persuadé que vous y prenez part, mais je ne peux m'empêcher de vous avouer que tant de fatalités et de travers rendent ma situation terrible et accablante. Il suffisait de la mort de ma chère et digne mère pour me plonger le poignard dans le cœur,125-1 et que n'est-il pas arrivé depuis, et à quoi n'ai-je pas encore à m'attendre? Enfin, ma chère sœur, daignez me conserver dans votre précieux souvenir, et pensez à un frère que sera, tant qu'il respirera, avec la plus parfaite tendresse, ma très chère sœur, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10157. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

Auprès de Königgrätz, 20 juillet 1758.

Ma très chère Sœur. Je profite d'un petit moment de loisir pour vous renouveler les assurances de ma plus tendre amitié. Vous saurez sans doute le malheur qui vient de m'enlever mon frère de Prusse;125-2 vous pouvez juger de mon affliction et de ma douleur. Il a eu, à la vérité, l'année dernière de très mauvais procédés envers moi;125-3 mais c'était plutôt à l'instigation de méchantes gens que de lui-même. Cependant, il n'est plus, et nous le perdons pour toujours. Ô vous, la plus chère de ma famille, vous qui me tenez le plus à cœur dans ce monde, pour l'amour de ce qui vous est le plus précieux, conservezvous, et que j'aie du moins la consolation de pouvoir verser mes larmes dans votre sein. Ne craignez rien pour nous et pour ce qui peut-être vous paraîtra redoutable; vous verrez que nous nous tirerons d'affaire.

Comme il y a très longtemps que je n'ai pas la moindre de vos nouvelles, cela me fait trembler pour vos jours. Pour Dieu, faites écrire par un domestique: « La Margrave se porte bien, » ou « elle à été incommodée »; cela vaut mieux que la cruelle incertitude dans laquelle je me trouve. Daignez m'en tirer par un petit mot, et soyez sûre que mon existence est inséparable de la vôtre. Je suis avec la plus tendre amitié et reconnaissance, ma très chère sœur, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.

<126>

10158. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE KNVPHAUSEN A LONDRES.

Quartier d'Opotschno, 21 juillet 1758.

Tous les rapports que vous m'avez faits depuis le 13 de juin jusqu'au 27 dudit mois me sont à la fois heureusement parvenus, sur lesquels je suis bien aise de vous dire que je prends infiniment part de tous les succès heureux et glorieux que les armes de l'Angleterre ont eus jusqu'à présent, et dont j'espère des suites heureuses pour elle. Je suis d'ailleurs charmé d'apprendre combien ces ministres et surtout le sieur Pitt restent dans les bonnes voies pour la cause commune et paraissent être touchés de mes intérêts. Sur quoi, vous ne manquerez pas de faire des compliments de ma part, aussi souvent que des occasions convenables s'y présentent.

Im Folgenden werden dem Gesandten die schon mehrfach auseinandergesetzten Gründe für die Aufhebung der Belagerung von Olmütz mitgetheilt.

Mais ce qui m'a donné plus à penser que tout le reste et prendre en conséquence ce parti, c'est la nouvelle circonstance qui est arrivée par rapport aux Russes, qui, en formant deux corps d'armée de leurs troupes en Pologne, ont le dessein d'agir avec un corps, qui s'assemble du côté de Thorn, contre mes provinces de la Nouvelle-Marche, et de passer [avec] l'autre assez [fort], sur Fraustadt, en Silésie du côté de Glogau ou sur Crossen et Francfort-sur-l'Oder pour pousser en Saxe; ainsi que je ne pourrai pas me dispenser, si le cas arrive, comme il paraît jusqu'à présent très probable, que les Russes voudraient exécuter leur dessein pour entrer en Silésie et faire là leurs plus grands efforts, de sortir de la Bohême et de passer dans la Silésie pour m'y opposer là aux entreprises des Russes.

Vous concevrez aisément que, par cette fâcheuse circonstance nouvelle, j'ai perdu la supériorité que j'avais gagnée l'automne et l'hiver dernier sur les Autrichiens, me voyant obligé à présent de courir vers tous les côtés les plus pressés pour éteindre l'incendie qui s'y voudra élever, de sorte que vous devez croire pour sûr que la guerre me devient extrêmement onéreuse. Le sieur Pitt ne songe qu'aux Français et voudrait que je m'y joignisse pour les pousser à bout, mais il ne paraît point songer que je suis obligé moi de diriger mon attention sur les Autrichiens, sur les Russes et sur les Suédois, tâche très pénible et fâcheuse, et qui deviendra à la longue insoutenable. Enfin, il faudra voir les évènements qui arriveront pendant les mois d'août et de septembre qui viennent, et qui apparemment décideront de tout.

En attendant, je n'ai pu me dispenser dans ces moments critiques d'écrire au prince Ferdinand de Brunswick126-1 pour me renvoyer ma cavalerie au plus tôt qui l'a joint jusqu'à présent, vu le besoin extrême que j'en ai. Vous en informerez les ministres anglais, en leur repré<127>sentant convenablement que, dans une crise aussi violente que ma présente, où mes ennemis voudraient m'accabler de tous côtés, j'avais un besoin indispensable de cette cavalerie pour ma propre défense; mais, comme j'espère avec l'assistance du Ciel [de me tirer] encore de cet embarras présent, pourvu que mes affaires succédassent, les susdits ministres pourraient être assurés que, quand mes desseins auraient prospéré en quelque manière, je renverrai non seulement cette troupe de cavalerie à l'armée alliée sous les ordres du prince Ferdinand, mais y joindrai plus de mes troupes encore, autant que les circonstances le permettront alors.

Enfin, songez vous-même et faites le valoir, s'il est possible, aux ministres anglais que, quand même les Français font des pertes très considérables vis-à-vis d'eux, je ne m'en trouve pas beaucoup soulagé, ayant moi seul toutes les forces des Autrichiens, des Russes et des Suédois sur les bras. Je ne vous parle pas à présent de la flotte de Russie qui est au point de sortir de Kronstadt pour bloquer, à ce qu'on dit, le port de Danzig et pour troubler le commerce de cette ville, afin de l'obliger de se rendre aux Russes, mais dont je dois également appréhender des ravages qu'elle fera sur mes côtes de Poméranie.

Federic.

Nach dem Concept.


10159. AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE.

Au quartier d'Opotschno, 21 juillet 1758.

Les dépêches que vous m'avez faites depuis le 16 de juin dernier jusqu'au 6 de ce mois, m'ont été fidèlement rendues, quoique à la fois ici.

Tout ce que les Autrichiens ont débité là où vous êtes, des avantages qu'ils avaient remportés dans différentes occasions sur mes troupes pendant mon séjour dans la Moravie, a été controuvé et très faussement brodé; tout au contraire, vous pouvez être parfaitement assuré, comme M. Yorke en a été en partie témoin oculaire,127-1 que, dans toutes les petites affaires que mes partis et détachements ont eues avec les Autrichiens, ceux-ci ont eu des revers et ont été vivement repoussés, quand ils ont cru pouvoir faire des surprises; aussi mes troupes n'ont du tout manqué de subsistance, mais le seul revers que j'ai eu, est celui que le second convoi de munitions que je faisais venir de Neisse, pour achever ce qui restait à faire le siège d'Olmütz, fut intercepté en passant les grands défilés des montagnes de Moravie . . .

Es folgen Mittheilungen über die Aufhebung der Belagerung von Olmütz und über die durch den Anmarsch der Russen drohende Gefahr.

Quant aux affaires de vos contrées, il faut bien que je remette à mes ministres à Berlin de vous répondre sur ces sujets, mon temps et mes occupations présentes ne me permettant pas d'entrer dans ces détails;<128> je n'ai cependant pas grande espérance que l'affaire de l'augmentation128-1 réussira, ni que ces gens-là se laisseront entraîner.

Vous prendrez l'occasion convenable de dire ou répondre au sieur d'Affry sur la lettre dont vous m'avez envoyé copie, que vous étiez dépourvu de commission pour communiquer là-dessus avec lui. Vous ajouterez cependant, par manière de votre propre réflexion, qu'à la vérité je n'avais nulle connaissance de tout ce dont on se plaignait par rapport au dur traitement qu'on disait souffrir le sieur de Fraigne,128-2 et que, si on en accusait juste, c'était bien contre mes intentions et mes ordres, qui avaient été de le traiter comme d'autres prisonniers de guerre, que j'en prendrais aussi des informations. Mais, en supposant même pour un moment qu'il essuyât un traitement un peu irrégulier, il était aussi de raison de songer au métier d'espion qu'il avait fait; qu'on payait et distinguait les espions accrédités, mais que régulièrement on pendait ceux qui n'étaient point accrédités, et qu'au surplus, quelque porté que j'étais toujours, pour user de complaisance envers la France, autant que cela pourrait convenir, on devrait cependant songer que les procédés irréguliers, cruels et barbares dont les Français avaient agi contre les pauvres sujets de mes provinces,128-3 qu'ils avaient tenues pour quelque temps envahies, n'invitaient pas trop à faire des complaisances. Ce que vous relèverez bien envers le sieur d'Affry, quoique tout comme de votre propre mouvement.

Federic.

Nach dem Concept.


10160. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL VON KALKSTEIN IN BERLIN.

Opotschno, 21. Juli 1758.

Nachdem Mir Euer Schreiben vom 14. dieses allhier zugekommen ist, und Ich dessen Einhalt mit mehrern ersehen habe, so könnet Ihr versichert sein, dass Ich von solchem sensiblement gerühret worden bin und es auf das danknehmigste erkenne, wenn Ihr Euch Meinem Verlangen conformiren und für das Wohlsein und gute Erziehung derer von Meines verstorbenen Bruders, des Prinzen von Preussen [Liebden] hinterlassenen Söhne, und besonders des ältesten, mit Sorge tragen wollet.128-4 Ihr könnet dagegen gewiss von aller Meiner Erkenntlichkeit deshalb versichert bleiben, und dass Ich mit Freuden alle Gelegenheit ergreifen werde, um Euch zu überzeugen, mit [wie] viel Estime Ich bin etc.

Friderich.

Mille obligations, mon cher Maréchal; ma besogne est très difficile, il faudrait dans ma situation un plus habile général que moi pour<129> réussir, mais je ferai tout ce qui dépendra de moi et ce que me permet la prudence et la sûreté de l'État, car je suis dans une situation où il ne faut rien donner au hasard. Vous me comprenez.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10161. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

Opotschno, 21 juillet 1758.

Après que j'avais fait expédier hier le courrier que Votre Altesse m'avait envoyé, je viens de recevoir la lettre que vous m'avez écrite du 6 de ce mois. Je suis ravi de tous les heureux succès de vos opérations et vous prie d'être assuré que c'est avec une satisfaction infinie que j'y prends part; aussi je vous en félicite de tout mon cœur. La prise de Düsseldorf, qui apparemment sera suivie bientôt de celle de Wesel, vous met à même de vous tourner à présent de quel côté vous voudrez.

Mais autant que je juge par mes dernières lettres de Londres, le ministère anglais paraît avoir envie de faire entrer les troupes sous vos ordres dans les Pays-Bas, où la plupart des villes, hormis Ostende et Nieuport, sont dégarnies de garnisons, auxquelles l'armée française aura de la peine à suppléer, vu que vous l'avez, pour ainsi dire, coupée à présent de la France, de sorte qu'elle n'y peut parvenir que par un détour assez considérable, expédition que les ministres anglais voudraient favoriser par quelque descente sur les côtes de la Flandre.

Quant à ma situation, je me réfère à ma lettre d'hier.129-1

Vous pourrez juger facilement de la douleur que me cause la mort de mon frère.129-2 Vous connaissez trop ma façon de penser, pour en douter.

J'ai ici cinq armées contre moi, et cela de tous les côtés, que je vous prie de vous souvenir de ma position d'Erfurt,129-3 pour vous rappeler la mienne; cependant, j'espère vous donner dans peu, malgré tout cela, de bonnes nouvelles, mais nos manœuvres sont difficiles, et autant qu'il se peut, je ne voudrais jouer qu'à jeu sûr. Adieu, mon cher, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.

<130>

10162. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Opotschno, 21. Juli 1758.

Ew. Liebden danke gar sehr für die Mir gegebene Nachrichten, und will Ich es recht gerne sehn und wünschen, dass der Feind immer gegen Trautenau was detachiret, und wo Ich noch ein paar Tage Zeit habe, so gedenke Ich noch mit einem guten Succurs bei Ihnen zu kommen, alsdann sich die Umstände wohl ändern werden.

Friderich.

Ich hoffe, dass Daun bald dummdreist werden wird, und sodann werden wir unsere Sachen alle in die Richte bringen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10163. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Opotschno, 21. Juli 1758.

Der Bericht, so Ich von Ew. Liebden erhalten, ist Mir sehr angenehm, indem Ich daraus einigermaassen hoffen kann, dass der Feind dreist wird, und dass man ihm vielleicht zur Bataille krieget. Ueberdem ist es Mir lieb, dass Ich bis morgen hier bleiben kann, indem morgen Mittag in der Zeit bis den 24. inclusive mit Brod verpfleget werde. Es müssen Ew. Liebden in Königgrätz an solchen Leuten, wo es der Feind wieder erfährt, aussprengen lassen, dass sobald die Russen der neumärkischen Grenze sich nähern würden, Ich mit 12 Regimenter dahin marschiren würde, und wären deswegen schon alle Anstalten gemacht. Ich suche dergleichen Bruit hier auch auszubreiten. Den General Lattorff werde Ich sofort avertiren, damit Ich ihn übermorgen auch an Mir haben kann, und lässet Mir der Feind die Zeit, dass Ich bis übermorgen hier stehen bleiben kann, so werde nicht allein mit Lattorffen, sondern auch mit noch was vom General Fouqué zur Armee stossen.

Wegen des Ueberganges130-1 und derer darzu gehörigen Brücken, so glaube Ich, wird es am besten sein, dass sie zwischen Lochenitz und Predmieritz130-2 geschlagen werden; dann gehen wir näher an der Stadt130-3 über, so kommen wir in Défilés und Wälder, wo wir nicht fortkommen; allein da wird das Terrain wohl zu passiren sein.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.

<131>

10164. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Opotschno, 21 [juillet 1758].

Mon cher Maréchal. Je suis charmé de savoir l'ennemi entre Dobrawitz131-1 et Libischan.131-2 Nous pourrons, dans le terrain qu'il a à parcourir, engager une affaire avantageuse, rien ne pourrait nous arriver de plus à propos dans les circonstances où nous nous trouvons; je travaillerai à rassembler ici tout ce que je pourrai de Fouqué joint au corps de Lattorff131-3 et au mien, pour donner sur l'ennemi en force. Je me flatte que cela pourra avoir lieu le 24 ou 25 de ce mois. Adieu, mon cher maréchal, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10165. MÉMOIRE.131-4

[juillet 1758.]131-5

Depuis que les Autrichiens eurent réussi à intercepter le convoi qui s'était mis en marche de Troppau, pour apporter les munitions pour la continuation du siège d'Olmütz, ce qui donna lieu à la levée de ce siège, surtout depuis que l'armée russienne par ses mouvements vers Posen dénote clairement le dessein d'opérer contre l'électorat, la situation des affaires du Roi se trouve131-6 fort empirée. Il a à combattre une armée autrichienne aux environs de Kœniggrætz, un corps en Haute-Silésie, l'armée russienne de Posen, les Suédois en Poméranie et l'armée des Cercles et Autrichiens à Chomotau. Le Roi ne peut former que trois armées; ses intérêts et ses moyens l'obligent à combattre successivement ses ennemis et à imiter l'exemple qu'Horace131-7 a donné en petit à ceux qui se trouvent en un cas semblable.

L'ennemi se trouve posté son avant-garde à Chlum, son armée à Libischan; il a détaché le général de Ville avec environ 7000 hommes en Haute-Silésie à Troppau, de plus 4 régiments de cavalerie vers Trautenau, Laudon avec 5000 hommes à Reichenau,131-8 de sorte qu'avec les détachements qu'il a sur la hauteur de Saint-Jean, on doit croire<132> son armée affaiblie de 18,000 hommes, y compris le détachement de 4000 hommes qui couvre son bagage à Pardubitz, de sorte que nous ne saurions attaquer son armée avec plus d'avantages qu'à présent :

1° il est plus faible qu'il a été;

2° il ne s'attend point à être attaqué;

3° nous épargnons par cette bataille à la Silésie l'invasion et la ruine qu'entraînerait l'entrée de ces troupes;

4° si nous battons à présent les Autrichiens, cela ralentira à coup sûr la célérité des Russes et nous donnera sûrement le temps de nous opposer à eux plus en force;

5° si cette bataille réussit, nous gardons pied en Bohême, nous ruinons la diversion de la Haute-Silésie;

6° peut-être pourrons-nous, après cette action, faciliter les opérations du prince Henri sur Prague;

7° le terrain est moins difficile que tout autre part en Bohême.

Si nous battons l'ennemi, nous pouvons nous emparer de son magasin de Pardubitz et donner à toute la campagne une tournure avantageuse. Si donc nous avions le malheur d'être battus, notre situation n'en deviendrait pas plus mauvaise; il faudrait rentrer en Silésie et vivre à nos dépens, tâchant d'arrêter l'ennemi de poste en poste et de nous opposer à ses entreprises : or, si nous nous retirons à présent en Silésie, nous nous mettrions précisément dans le cas où nous serions, si nous avions le malheur d'être battus. Donc il vaut mieux de hasarder l'évènement que de nous retirer et de nous reconnaître battus, sans l'être.

Federic.

Nach der eigenhändigen Aufzeichnung des Königs.


10166. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Opotschno, 22. Juli 1758.

Nachdem Ich reiflich überleget habe, wie man die Oesterreicher zum besten attaquiren könnte, wann sie in der jetzigen Position stehen bleiben, so halte Ich vor gut, Ihnen généralement Meine Idee aufzusetzen:

Erstlich, wann man über die Elbe gehen muss, so ist wohl zu observiren, dass erstlich in Klein-Skalitz132-1 muss Posto gefasst werden; 2° die Dörfer Smirschitz, Plotischt,132-2 so auf jenseit der Elbe liegen, müssen stark besetzet werden;

2° muss recognoscirt werden, wie das Ufer jenseit der Elbe ist,<133> allwo noch ein Graben ist, wo es auch nöthig ist, dass Brücken gemacht werden;

3° muss die Expedition des Abends entrepreniret werden, die Infanterie und schwere Artillerie in 6 Colonnen über die Brücken defiliren, die Kavallerie durch die Gués.

Sowie alles in ordre de bataille herüber ist, so muss rechts abmarschirt werden, über Lochenitz auf denen Anhöhen längst, Nedelisti133-1 links gelassen, so dass unserer rechter Flügel Infanterie gegen den Busch zu stehen kommt, den Ich anno 45 verhacken lassen,133-2 und unser linker Flügel gegen Lochenitz an der Elbe gegen Skalitz über. Auf dieser Art machen wir uns alle diese Anhöhen zu Nutze, so wir anno 45 occupirt haben, und kommen dem Feind bei Chlum in der Flanke. Sollte der Feind in der jetzigen Position bleiben, so gestehe, dass es noch avantageuser wäre, wenn wir bei Klein-Skalitz die Elbe passiren könnten, indem man desto eher die Höhen gewinnet.

Indem Ich mit Mein Brief so weit gewesen bin, so kriege Ich den Ihrigen den Augenblick und werde also müssen bei Fouquéen das Arrangement machen, dass er mit dem General Lattorff133-3 so viele Wagens mitschicket, dass wir können 150,000 Portiones backen; denn es ist besser mehr als weniger.

Wegen den Projecten des Uebergang des Wassers, so ersehe Ich aus Ihrem Brief die Ohnmöglichkeit, solches bei Skalitz zu passiren; wird man also sich nothwendig, vornehmlich aber wegen der schweren Artillerie, an dem zweiten Project halten müssen.133-4 Nach dem aber doch, so weit der Feind seine Position zwischen der Zeit nicht ändert, wär' Mein Rath, uns doch sogleich rechts zu ziehen, die Höhen von Nadielisti133-5 zu gewinnen und das Grenadier[-Corps]133-6 vom Feinde bei Chlum zuerst zu attaquiren. Dieses setzt des Feindes Armee in die Necessität, entweder das Corps zu abandonniren, welches sie nicht thun können, oder zu souteniren. Wollen sie das Corps souteniren, so verlassen sie ihre Position von Libischan, und ist es alsdann so gut als eine Bataille, so man ihnen auf dem Marsch giebet. Aber marschirt man gerade auf Libischan, um solches zu attaquiren, so werden133-7 der Attaque das Corps, so bei Chlum postiret ist, in die Flanke und im Rücken der Attaque kommen.

Nun müssen Dieselben alles wohl überlegen und Mir melden, wo da was veränderliches vorgeht. Nur muss Ich darbeisetzen, dass, nun der Ort zum Uebergange bestimmet ist, so erfolget die Nothwendigkeit<134> daraus, dass man die Vorstadt von Königgrätz jenseit der Elbe etwas fortificiren lässet. Dies kann unter dem Prätexte geschehen, sowohl um die Bäckerei zu decken, als wie auch, dass man für einen Pandurenanfall besorget wäre.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10167. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Opotschno, 22. Juli 1758.

Ew. Liebden gebe hierdurch in Nachricht, wie Ich morgen bis Libritz134-1 marschiren und das fehlende Mehl zu denen 150,000 Portiones134-2 mitbringen werde. Es werden diese Wagens weiter morgen nicht fortkommen können, und da Ich es doch den 23. noch zur Armee haben wollte, als wird dieses das einzige Mittel sein, dass Sie morgen früh die Pferde von den Brodwagens nach Libritz schicken mit Escorte von einem Bataillon, welche es morgen noch zur Armee bringen können. Ich denke ohngefähr gegen 12 Uhr in Libritz einzutreffen.

Friderich.

Wor es so gehet, wie ich es wünsche, so sollte es wohl angehen, dass wir den Feind den 25. angreifen könnten.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der Zusatz eigenhändig.


10168. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Opotschno, 22. Juli 1758.

Ew. Liebden gebe hierdurch in Antwort, wie Ich nicht allein mit dem Corps von Lattorff, sondern auch noch mit 4 Bataillons von General Fouqué,134-3 den Möhring'schen und Puttkammer'schen Husaren und dem Dragonerregiment von Württemberg zur Armee stossen werde.

Ich habe zwar Mir vorgenommen, morgen nur bis Obersitz134-4 zu marschiren und das Mehl, so der General Lattorff mitbringet, zu decken und sicher zu überbringen; allein sollte es noth sein, so kann Ich doch morgen noch zur Armee stossen und etliche Bataillons bei dem Mehl zurücklassen, wenigstens werde Ich für Meine Person morgen da sein, und marschire Ich morgen früh um 4 Uhr von hier ab; deswegen Dieselben Mir morgen avertiren können, ob es nöthig ist, dass Ich den Marsch forcire. Meiner Meinung nach ist es immer gut, wie der selige Feldmarschall Schwerin sagt: « Frische Eier, gute Eier! »134-5; deswegen Ew.<135> Liebden nur alles veranstalten, und auf dem morgenden Marsche erwarte Ich weitere Nachricht.135-1

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10169. AN DEN GENERALMAJOR ANGELELLI IN LANDSHUT.

[Quartier Königgrätz, 24. Juli 1758.]

. . . Ich würde vielleicht nächstens mit einem Corps d'armée an der Seite von Friedland durchkommen; also er alsdenn nur auf der Seite sich gegen Mich repliiren könnte, wenn er zu stark pressiret würde . . .

Aus dem Concept eines Erlasses an Zastrow in Schweidnitz, d. d. Quartier Königgrätz 24. Juli [1758], in welchem diesem befohlen wird,135-2 die obige Weisung für Angelelli in Chiffern zu setzen und sie ihm zuzusenden.


10170. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE KNYPHAUSEN A LONDRES.

Quartier de Königgrätz, 24 juillet 1758.

J'ai reçu à la fois vos rapports du 29 juin dernier et du 4 et 7 de ce mois, et je suis content au possible de tout ce que vous m'y marquez des bonnes intentions du ministère britannique et des résolutions nécessaires et vigoureuses du sieur Pitt, me référant, au reste, à ma lettre du 21 de ce mois.

L'exaction des contributions dans le Brabant135-3 est bonne, l'effet qui en résultera entre autres sera que les revenus de la reine de Hongrie, partie principale belligérante, en seront moindres. Vous avez donc très bien fait de conseiller cette mesure, mais je ne saurais m'empêcher de vous dire que, dans la situation violente et fâcheuse où je me trouve actuellement, que toutes les forces de l'Autriche et de la Russie me pressent de tous côtés, et que je me trouve obligé de faire tête à six armées ennemies, je ne saurais guère en être soulagé.

Comme, au surplus, je ne pourrais pas, sans embarras, vous fournir la somme que vous me demandez pour continuer votre séjour à Londres,135-4 et que d'ailleurs vous me marquez que vous vous y êtes expédié relativement aux affaires, j'ai résolu de vous accorder votre rappel, et mes ministres auront soin de vous faire parvenir ce qu'il faudra à cet égard. Les circonstances d'à présent exigent que vous pressiez le prompt payement, au moins du gros terme du subside anglais,135-5 afin que l'argent<136> qui en proviendra en puisse être remis sans délai, vu la nécessité qu'il y a. Je vous répète, avant de finir, que j'ai été extrêmement satisfait de vos susdits rapports.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10171. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Quartier Königgrätz, 24. Juli 1758.

Die Nachrichten, so Ihr Mir in Eurem letzteren Rapport vom 19. meldet, seind nicht angenehm. Wenn Ihr aber meldet, wie Ich noch ein Corps [Infanterie] und insonderheit leichter Kavallerie dorthin vorschicken müsste, so ist Euch in Antwort, dass, wann Ich so stark wäre, allenthalben dem Feind Armees opponiren zu können, Ich es gewiss herzlich gern thun würde; so aber kann Ich nicht mehr als die 10 Bataillons, davon Ich Euch durch Mein ehegestriges Schreiben avertiret,136-1 dorthin detachiren. Auf alle die übele Zeitungen aber, so Ihr Mir gebet, werde Ich obligiret sein, Mich nach Schlesien zurückzuziehen, alsdann Ich schon mit dahin sehen werde, die Lausnitz gegen eine Invasion derer Russen zu decken, wenn Ihr nur den Feind überall von Berlin und denen übrigen dasigen Landen abhaltet. Der schlimmste Umstand von der Sache ist, dass Ich und Ihr, jeder seines Ortes, zwei feindliche Armeen zu observiren und zu kehren hat. Daher auch man, sowie man mit einer fertig ist, sich sogleich nach der andern tourniren und solcher zu Halse gehen muss. Welches freilich sehr schlimm ist; dem ohnerachtet bleibet nichts anderes übrig, als dem nächsten dem ersten, obwohl unter gehörig guter Disposition, mit Vigueur auf den Hals zu gehen und zu suchen, ihn recht tüchtig und stark zu schlagen, es mögen nun solches Eurer Orten die Schweden oder die Russen oder eine Colonne von denen Russen sein, wer es von beiden Feinden sei. Das könnet Ihr glauben, dass, wenn solches geschiehet, alsdenn sich alles bald heben und erleichtern wird.

Die Euch angegebene Anzahl der Russen stimmet nicht mit Meinen Nachrichten. Dann nach diesen der Fermor ohngefähr 20,000, das andere Corps136-2 15,000 Mann stark sein soll, so dass, wenn auch alles zusammen, es ohngefähr 35,000 ausmachet, gegen die Ihr wohl durchkommen werdet.

Sonsten könnet Ihr Küstrin und Frankfurt von diesseits der Oder decken, weil es nicht angehet, dass der Feind über die Oder kommen kann; aber Crossen wird nicht angehen, und werde Ich schon sehen müssen, wie Ich es von Meiner Seite damit halte . . .136-3

<137>

Tout ceci s'éclaircira dans peu, et les orages qui nous menacent, se dissiperont; mais il faut être actif et profiter de tous ses avantages.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10172. AN DEN OBRISTEN VON HACKE IN GLOGAU.

Quartier Rohenitz,137-1 27. Juli 1758.

Ich habe Euer Schreiben vom 23. dieses wohl erhalten und gebe Euch in Antwort, dass: seid137-2 nicht da nicht besorget, dass Ich die Stadt Glogau abandonniren werde. Thuet nur Euer Devoir, wie Ich es versichert bin, und hütet [Euch] vor Surprisen. Zur Belagerung wird es nicht kommen. Ihr werdet selbst erachten, dass Ich nicht [zugleich an] allen Orten detachiren kann, sondern nur, wo Ich es vorerst am nöthigsten erachte; wegen des übrigen lasset Mich [nur] machen. Nur nehmet Euch wohl vor Surprisen in Acht. Dabei ist Euch zur Nachricht, davon Ihr jedoch noch keiner Seelen ein Wort sagen sollet, dass Ich ohngefähr den [29. dieses] in der Gegend von Friedland in Schlesien sein werde, um mehr à portée zu sein.

Friderich

P. S.

Ihr sollet fleissig und so oft es nur möglich ist, mit Euren Berichten continuiren von allem so dorten passiret.137-3

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Die Ergänzungen nach dem Concept.


10173. AN DEN ETATSMINISTER FREIHERRN VON SCHLABRENDORFF IN BRESLAU.

[Rohertitz, 27. Juli 1758.]137-4

[Ich habe Euer Schreiben] vom 23. erhalten. Wegen der Magazine sehe Ich gerne, dass, so viel Ihr nur könnet, in Breslau am meisten sei,137-5 und dass, was Ihr sonst schicket, nach Schweidnitz gebracht werde, etwas von Neisse und etwas von Brieg.

Keine kleine Depots, die seind nichts nutze; nichts nach Landshut, das ist zu weit vor, auch nicht zu Frankenstein, sondern alles, was Ihr schicket, nach Schweidnitz. Ich habe gar keine Ursache, aus Böhmen<138> zu gehen wegen des Feindes, obschon denselben bei Königgrätz zu attaquiren wegen seines festen Postens nicht möglich gewesen; aber da sie Mir so viel wegen der Russen in die Ohren schreien, so zwinget Mich solches zurückzugehen. Indess ist aller Tage Ende noch nicht gekommen. Ich hätte sonst hier wohl stehen bleiben können bis Ende August und hätte wenigstens ihre Ernte tranquillement abwarten können, so aber muss Ich machen, wegen der Russen mehr à portée zu sein. Besorget alles wohl nach meiner Intention.

Friderich.

Nach dan Concept.


10174. AU MAJOR DE PLACE D'O A GLATZ.

[Rohenitz,] 27 juillet [1758].

J'ai reçu votre lettre du 23. Quoique je sois bien fâché de faire transporter encore plus loin les malades et blessés de Glatz, cependant, comme les places pour tous n'y suffisent guère, il vaut mieux que vous les fassiez transporter à Breslau, dont je viens d'avertir aussi le sieur Cothenius. Le général Zieten que vous en avertirez, donnera, au cas qu'il le faut, quelque escorte pour faire passer sûrement ces malades jusqu'à envers Breslau.

Federic.

Nach dem Concept.


10175. AN DEN GENERALMAJOR VON LATTORFF IN COSEL.

Quartier Rohenitz, 28. Juli 1758.

Ich habe Eure beide Schreiben vom 25. dieses erhalten. Bei denen von Euch gemeldeten Umständen gebe Ich Euch in Antwort, wie Ich dem Generallieutenant Fouqué aufgegeben, Euch noch Kanoniers nebst einigen Mineurs von Neisse und Glatz zu schicken. Ich glaube wohl, dass des Feindes Absicht sein kann, Euch zu attaquiren; seid aber nur vigilant und habt Geduld, er muss doch dazu erst Canons hin haben und anbringen, und alsdann ist Zeit, daran zu gedenken. Ihr werdet gewiss Succurs bekommen.138-1 Jetzt kann Ich Euch keinen Renfort schicken; besser ist es, wann es mit dem Suceurs kommt.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10176. AU MARGRAVE RÉGNANT DE BAIREUTH A BAIREUTH.

Quartier de Rohenitz, 28 juillet 1758.

La lettre que Votre [Altesse] a pris la peine de me faire du 12 de ce mois,138-2 m'a été fidèlement rendue, et les marques de votre chère<139> amitié, dont vous m'y donnez des nouvelles très convaincantes, m'ont sensiblement touché, ainsi que je vous en ai toute l'obligation imaginable.

Les bonnes intentions que Votre Altesse marque pour le rétablissement de la paix et de la tranquillité publique, ne pourront pas être assez applaudies; mais Elle me permettra de Lui dire, quant au projet à Sa lettre, que, dans la situation où les choses se trouvent présentement, l'on ne saurait guère se promettre que vos bonnes idées auraient tout l'effet désirable. Les deux points les plus principaux entre tous les autres, et qui regardent les grandes raisons qui ont motivé cette guerre, ne s'y trouvent pas touchés, savoir, en premier lieu, les affaires d'Amérique, qui cependant font le principal objet de l'Angleterre, dont je ne saurais abandonner les intérêts ; d'ailleurs, les cessions et les possessions des places de la Flandre que les Français ont obtenues de la cour de Vienne,139-1 ne sont aucunement touchées dans ledit projet, et d'ailleurs j'ai lieu de remarquer qu'on n'y a point songé, ni à ce qui me regarde, ni à ce qui regarde les Russes et les Suédois.

Au surplus, je ne saurais pas me dispenser de vous faire observer que ni moi ni la Reine-Impératrice ne voudrions nous jamais assujettir à un tel arbitrage que le projet propose, qui irait directement contre le droit de tout souverain, qui serait sujet à une infinité d'inconvénients, et auquel aucune puissance souveraine du monde [ne] voudrait donner les mains.

Voilà en peu les considérations que j'ai faites sur le projet mentionné, et les bonnes intentions que je connais à Votre Altesse pour désirer une paix stable et solide, me persuadent qu'Elle les trouvera justes et dignes de Sa réflexion ultérieure.

Federic.

Nach dem Concept.


10177. AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE.

Au camp auprès de la Metau,139-2 28 juillet 1758.

Les rapports que vous m'avez faits du 14 et du 16 de ce mois, m'ont été fidèlement rendus, et [je] vous sais tout le gré imaginable de la<140> conduite que vous avez observée touchant un certain quidam qui vous a fait cette ouverture importante dont votre dépêche du 16 m'instruit,140-1 et au sujet de laquelle j'approuve fort que vous en avez d'abord fait communication au prince Ferdinand de Brunswick. Votre prudence reconnue me persuade que vous aurez observé un parfait silence, là où vous êtes, de cette circonstance, pour n'en faire rien éclater. Quant aux 20 ducats que vous avez dépensés à cette occasion, mes ministres à Berlin auront soin de vous les faire bonifier incessamment et de manière que vous n'y perdiez en aucune façon.

Je suis, d'ailleurs, bien aise de pouvoir vous dire que, grâce à Dieu! mes affaires sont bien éloignées d'être dans un état aussi fâcheux que les rapports controuvés dont les Autrichiens en ont voulu imposer au public, le représentent. Je suis arrivé ici par des marches bien courtes et pas à pas avec toute mon artillerie, bagages et tout, sans que l'ennemi ait pu entreprendre la moindre chose avec succès, et il s'en faut beaucoup que mes affaires se trouvassent dans un état désespéré, tout au contraire, malgré la perte du dernier convoi en Moravie, dont mes ennemis ont, à ce que j'apprends à présent, furieusement grossi la perte, je me serais toujours soutenu en Moravie ou en Bohême, que sûrement l'armée de Daun ne m'aurait pas fait quitter, s'il n'était arrivé que les forces des Russes en Pologne avaient menacé d'invasion mes autres provinces, et c'est par ce seul motif [que] je me suis vu obligé de me rapprocher plus à mes provinces héréditaires, pour être à portée partout.

Je ne doute pas, au reste, que mes ministres vous auront mis à présent au fait de tout ce qui s'est passé depuis l'ouverture de la présente campagne jusqu'à présent,140-2 et bien que ma tâche soit assez difficile à présent, pour résister également aux armées de Russie et autrichienne, je me flatte cependant de parvenir avec l'assistance du Ciel à leur résister efficacement et de sortir encore avec satisfaction et d'honneur de cette campagne, en faisant avorter bien des projets pernicieux de mes ennemis, malgré leur prétendue supériorité.

Federic.

Nach dem Concept.


10178. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Auprès de la Metau, 28 juillet 1758.

Chiffre!

A mon frère Henri!

J'ai été jusqu'ici mal informé, faute de pouvoir recevoir la moindre nouvelle de ce qui se passait en Europe; à présent, depuis dix jours, j'ai reçu toute sorte d'avis et de lettres, d'où il résulte que les Russes, au lieu d'avancer, se retranchent auprès de Meseritz; que les Suédois<141> ne s'avancent que jusques Anklam. Ceci m'a obligé de quitter Kceniggraetz et de me mettre à petites marches du côté de Landshut. Ce que j'augure des desseins de l'ennemi, c'est 1° que Daun, au lieu de marcher vers la Silésie, prendra ou le chemin de Bœhmisch-Friedland ou celui de Zittau. Pour moi, je m'opposerai à lui ou aux Russes, et cela dépend de la proximité qui en décidera. Pour vous, bornez-vous à couvrir l'Elbe et laissez-moi faire; j'espère de battre ou les Russes ou les Autrichiens, cela dépendra de celui qui m'en donnera heu le premier. En même temps, vous ne devez pas ignorer que le général de Ville marche du côté de Cosel, auquel je compte m'opposer encore.

Vous verrez par là que je ne néglige rien de mon côté, et que je ferai humainement ce qui dépendra de moi, pour m'opposer à tous les endroits où je suis obligé d'accourir. Je fais la guerre offensive en me retirant, et j'amène avec moi au delà de 1000 prisonniers de l'ennemi. Dès que j'aurai le poste de Landshut, je me règlerai sur les nouvelles que je recevrai pour prendre mes mesures, et vous serez informé à temps de tout ce qui pourra vous être communiqué.

Federic.

Je crois que Daun marchera en Lusace; j'ai de certains indices qui semblent le dénoter, quoique cependant je puis me tromper. Nous n'avons perdu ni canons, ni bagages, ni hommes dans toute notre expédition, et nous ramenons 800 prisonniers faits en différentes occasions. Je vous écris ces particularités, pour vous détromper des impertinentes nouvelles que nos ennemis débitent dans leurs écrits publics. Adieu, mon cher frère, je vous embrasse.

Federic.

Das Hauptschreiben nach dem eigenhändigen Concept. Der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.


10179. AN DEN GENERALLIEUTENANT VON ZIETEN.

[28./20. Juli 1758.]

......Was mein Dessein angehet, kann ihm en gros sagen, damit er auch seine Anstalt in Schlesien darnach machet; kann sein, dass mich über Braunau würde nachziehen nach der Gegend von Friedberg und Landshut; dass hernach gleich Corps nach Oberschlesien detachiren würde, um de Ville wegzujagen; und, drittens, dass entweder die Oesterreicher oder Russen würde suchen, den ersten den besten zu attaquiren und wegzujagen.

Hier wäre nichts zu thun gewesen, wie er die Gegenden selbst kennte.

Weisungen für die Antwort; auf der Rückseite eines Berichts von Zieten, d. d. Nachod 28. Juli 1758.

<142>

10180. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Bei der Metau, 30. Juli 1758.

Euer Schreiben vom 24. dieses ist Mir noch gestern richtig eingeliefert worden. Zu Eurer Direction und secreten Nachricht mache Ich Euch hiermit bekannt, wie dass Ich Mich von hier nach denen schlesischen Grenzen zurückziehe und Meine Intention ist, Mich vorerst bei Landshut zu setzen, wo Ich ein festes Lager nehmen kann. Wann alsdann die Russen Mir die Zeit lassen und nicht eher andringen werden, so werde Ich demnächst mit 14 oder 16 Bataillons nach Crossen marschiren, allda über die Oder gehen und mit Euch zusammenstossen, auch alsdenn können die Russen gleich hinter einander attaquiren.

Ich schreibe auch heute an den Generallieutenant von Rochow nach Berlin, dass er Euch einige schwere Artillerie von 12pfündigen Canons, so Ich zu Berlin neu anfertigen lassen, mit gehörigem Gespann und Knechten sogleich zuschicken soll. Wann Ihr bei jeder dieser Canons nur zwei Kanoniers zum Richten geben könnet, so würde es vorerst damit angehen und Ihr die übrigen Leute zum Ziehen und anderen Manœuvres von denen Regimentern nehmen können. Sollte Euch aber der Feind die Zeit lassen, dass Ich obgedachter Maassen zu Euch stossen kann, so werde Ich so viel Artilleristen mit Mir bringen, dass solches Geschütz mit bedienet werden kann.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10181. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.142-1

Hauptquartier an der Metau, 1. August 1758.

Ich habe Euer Schreiben vom 28. voriges gestern erhalten und gebe Euch darauf in Antwort, dass Ihr den Brigademajor von Kalkstein nicht zum Freiregiment von Hordt setzen müsset. Dann Euch, obschon zu Eurer alleinigen Direction dienet, dass Ich hier zu denen Freibataillons zwar brave und determinirte Officiers gebe, die aber liederlich und bei guten Feldregimentern deshalb nicht wohl zu gebrauchen seind.

Ich benachrichtige Euch ferner, dass Ich ohngefähr den 8. dieses Monats Mich mit Meiner Armee gegen Landshut in Schlesien ziehen werde. Ich werde vielleicht alsdann, wenn Ich glaube, dass es möglich und nöthig, auch dass Euch die Russen Zeit lassen und dass dieselben auch Stand halten werden, wie Ich es schon geschrieben,142-2 zu Euch<143> kommen, mit einander über die Oder gehen,143-1 um alsdenn denen Russen gerade auf den Hals zu kommen und sie recht tüchtig zu schlagen. Wenn das geschehen sein wird, so gehet ein jeder von uns beiden wieder nach seinen Revieren. Ich glaube aber, dass es denen Leuten an vielem fehlen muss. Ob es so ist, weiss Ich nicht, halte aber, dass sie warten wollen, bis die Ernte vorbei, und dass sie nicht eher agiren wollen. Dass Ihr ein paar Märsche über die Oder thut, glaube Ich, dass solches nicht schaden, noch präjudiciren kann. Hinter der Oder oder Rivière beständig stehen zu bleiben, ist eine Defensive, damit nichts herauskommt und womit [Lehwaldt]143-2 es versehen hatte, dass er den Feind erwartet hatte und ihm nicht entgegengegangen war.

Sonst ist nöthig, dass Ihr Euch bemühet, durch Leute, so um Meseritz bekannt, zu erfahren und eine Karte zu formiren, wie die Position der Russen bei Meseritz ist, wie er143-3 stehet und wie Gegenden und andere Umstände seind, um nicht so blind an den Feind zu laufen, wie [Lehwaldt] im vorigen Jahre gethan.

Im übrigen bitte Ich Euch um öftere Zeitungen und Nachrichten von Euch, es mögen auch Bagatellen sein, wie sie wollen; nur schreibet Mir öfters.

Friderich.

Il y a bien des choses que je ne saurais vous écrire, mais un des premiers objets est le terrain, duquel il faut que vous vous mettiez bien au fait; et si avec cela je suis informé du tout à temps, j'espère de me tirer d'affaires.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalslabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10182. AUX MINISTRES D'ÉTAT ET DE CABINET COMTES DE PODEWILS ET DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Auprès de la Metau, 2 août 1758.

C'est au sujet de ce que le sieur d'Ammon, résident à Cologne, nous a marqué par son rapport du 18 juillet,143-4 que je vous dirai que, quoique je le crois assez entendu pour ne pas abandonner son poste à Cologne sur des soupçons tout-à-fait légers, j'approuve cependant que, quand les circonstances l'exigent ou l'exigeront, il passe, pour plus de sûreté, à Düsseldorf, où il faudra cependant qu'il continue ses corres<144>pondances, afin de nous rapporter, tout comme au prince Ferdinand de Brunswick, tout ce qui viendra à sa connaissance de tout ce qui se passe dans ces cantons-là.

J'espère que, dans peu, la face des choses changera à notre avantage, mais je ne peux rien dire.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10183. AN DEN OBERST VON TAUENTZIEN IN NEISSE.

[August 1758.]

Sobald der Generallieutenant von Treskow wieder zu Neisse angelanget sein wird, welches den 6. dieses geschehen dörfte, so ist Mein Wille, dass Ihr ihm alles, was zum dortigen Gouvernement und sonst gehöret, gehörig überliefern und abgeben sollet.

Ihr sollet alsdenn mit Meinem ersten Bataillon Garde von dar aufbrechen und mit solchem nach Breslau marschiren, allwo das Bataillon bis weitere Ordre bleibet, Ihr aber daselbst inzwischen auch die Fonctions eines Vicecommandanten verrichten sollet. Weil auch der Minister von Schlabrendorff144-1 considerable Geldbestände nach Neisse bringen lassen, so sollet Ihr diese Gelder alsdenn auch mitnehmen und durch das Bataillon nach Breslau escortiren, worvon aber nicht der geringste Lärm vorher gemachet, sondern alles in der Stille tractiret werden muss.

Ich glaube noch nicht, dass der Feind bei Neisse so herumschwärmet, dass das Bataillon nebst dem Gelde von solchem auf dem Marsch inquietiret werden sollte; Ihr könnet dennoch aber auf dem ersten Marsch und bis nach Grottkau die dort befindliche Husaren mehrerer Sicherheit wegen mitnehmen, da Ihr dann diese von Grottkau wieder zurückschicket, mit dem Bataillon und Gelde aber den Marsch auf Ohlau nach Breslau nehmet.

Friderich.

Nach dem Concept.


10184. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.144-2

Prinz Heinrich schreibt, Lager von Zschopau 28. Juli: „J'ai gémi à l'occasion de la mésintelligence qui a été entre vous et mon frère, le souvenir que vous m'en donnez,144-3 aggrave mes peines; mais le respect et la douleur m'imposent le silence, de<145> sorte que je ne puis rien répondre sur ce sujet. Ma sensibilité durera, tandis que mon frère repose à l'abri de l'infortune; s'il vivait encore, je retrancherais volontiers de mes jours pour effacer le nombre de ceux où vous avez été fâché contre lui, mais il [n']en est plus temps. Je supporterai avec patience mon malheur, cependant si la constance peut rendre l'homme maître de ses actions, elle ne doit pas étouffer le sentiment, et tandis que l'on peut renoncer au bonheur et à l'agrément de la vie, on sent toujours qu'il est dur d'en être privé, et il n'y aurait d'ailleurs point de vertu à se passer des choses indifférentes.

Ma sœur de Baireuth a été à l'extrémité, elle ne peut pas écrire; je crains qu'elle ne [se] relèvera pas de cette maladie. Elle ignore encore la mort de mon frère, et l'on appréhende avec raison que cette nouvelle fera évanouir le peu d'espérance que l'on a de son rétablissement.“

Klenny,145-1 près de Skalitz, 3 août 1758.

Mon cher Frère. Nous avons assez d'ennemis étrangers, sans vouloir nous déchirer dans notre famille. J'espère que vous rendez assez justice à mes sentiments pour ne me pas regarder comme un frère ou comme un parent dénaturé. Il s'agit à présent, mon cher frère, de conserver l'État et de faire usage de tous les moyens imaginables pour nous défendre contre nos ennemis.

Ce que vous me dites de ma sœur de Baireuth, me fait trembler; c'est, après notre digne mère, ce que j'ai le plus tendrement chéri dans le monde; c'est une sœur qui a mon cœur et toute ma confiance, et dont le caractère ne pourrait être payé par toutes les couronnes de l'univers. J'ai, depuis ma tendre jeunesse, été élevé avec elle; ainsi vous pouvez compter qu'il règne entre nous deux ces liens indissolubles de la tendresse et de l'attachement pour la vie que toutes les autres liaisons et la disproportion de l'âge ne cimentent jamais. Veuille le Ciel que je périsse avant elle, et que ce dernier coup ne m'ôte pas la vie, sans que cependant je la perde réellement!

Si je vous parlais, je vous dirais mille choses que je ne peux confier à la plume, pour vous informer en gros de ce qui se passe ici. Vous saurez que, jusqu'à présent, je n'ai rien perdu, et que, vu les circonstances où je suis, les affaires de mon armée vont aussi bien que cela se peut. Vous direz que ce n'est pas le tout; j'en conviens, le reste pour le chiffre.145-2

Enfin, mon cher frère, voici un terrible temps d'épreuve pour notre pauvre famille et pour tout ce qui est prussien. Si cela dure, il faudra se munir d'un cœur d'acier pour y résister. Mais, malgré tout ce que je sens, je fais bonne mine à mauvais jeu, et je tâche, autant qu'il est en moi, de ne point décourager des gens qu'il faut mener avec l'espérance et une noble confiance en eux-mêmes. Je n'ose pas poursuivre les matières que j'entame, et, de crainte d'en trop dire, je me renferme dans les assurances de la tendre amitié et de la haute estime avec laquelle je suis, mon cher frère, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

<146>

Si vous le pouvez, je vous conjure de faire dire de ma part à ma chère sœur de Baireuth tout ce que l'amitié la plus vive et la plus tendre pourra vous inspirer.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10185. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Quartier de Klinge, 3 août 1758.

J'ai reçu votre lettre du 28 juillet.146-1 Vous avez très bien fait de renvoyer les prisonniers autrichiens à Burg. Quant au calcul que vous tirez de votre cavalerie avec celle des Autrichiens, vous devez savoir que c'est la même chose partout. J'ai ici 15 régiments de cavalerie dans mon armée, et l'ennemi en a 34 contre moi. Mais, depuis que les Russes s'arrêtent à Meseritz et me donnent le temps de gagner la Silésie, vous n'aurez plus besoin de détacher la moindre chose,146-2 sinon que vous vouliez laisser bien encore les hussards de Belling, à cause de la prodigieuse quantité de troupes légères dont l'ennemi est fourni.

Vous saurez que mon dessein est de prendre un camp fort à Landshut et de marcher ensuite à la hâte avec un détachement du côté de l'Oder, de passer la rivière et de tomber sur le corps des Russes. Je n'ai point besoin de votre cavalerie pour cela, j'en aurai auprès de mon détachement moi-même; mais j'ai de très fortes présomptions que Daun marchera avec son armée du côté de Zittau, et que la guerre se tournera tout de suite de votre côté-là. Si cela arrive, il faudra que je marche du côté de Gœrlitz, pour empêcher Daun de se tourner du côté de Dresde, et vous garderez devant vous ce que vous avez une fois.

Quant au prince Soubise, l'événement est très fâcheux,146-3 mais il n'est pas décisif, d'autant plus que les secours des Anglais vont joindre bientôt le prince Ferdinand.146-4 Soubise est d'ailleurs trop faible pour pouvoir se tourner de ce côté-là; le moindre échec que l'armée de M. de Contades146-5 aura, obligera Soubise d'aller de ce côté pour le renforcer. Mais le grand embarras de tout ceci est de couvrir Berlin, et à tout événement il n'y a d'autre moyen que d'écarter les Russes, et, cela fait, il y aura moyen à tout.

Je serai le 8 aux environs de Landshut; après avoir pris les arrangements pour la position de l'armée et avoir observé ce que feront les Palatins,146-6 je prendrai mes mesures en conséquence, et vous recevrez<147> de mes lettres, dès qu'il y aura quelque évènement; ainsi soyez tranquille et pensez aux ennemis que vous avez vis-à-vis de vous; un grand point serait de brûler leur magasin d'où ils tirent subsistance. Je sais très bien que ce sont des choses dont les projets sont plus faciles que l'exécution, aussi je vous laisse le maître de faire tout ce que vous jugerez à propos et, s'il se trouve des occasions, d'en profiter sur-le-champ.

Aujourd'hui,147-1 à l'aube du jour, Laudon est venu attaquer avec 9000 pandours et quelques troupes régulières notre flanc droit, où était posté le colonel de Le Noble avec son bataillon franc et deux compagnies de chasseurs à pied, qui y étaient postés dans un buisson sur la pente d'une montagne que Laudon canonna et y jeta des grenades des haubitz. Mais, malgré tous ses efforts, de Le Noble se soutint et chassa Laudon avec son monde, dès que deux bataillons vinrent l'appuyer. Nous avons tué au delà de 100 hommes à l'ennemi et pris trois officiers et au delà de 50 hommes prisonniers, sans avoir perdu quelque monde.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10186. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.147-2

Au quartier de Klinge, auprès de Skalitz, 3 août 1758.

J'ai reçu la lettre que Votre Altesse m'a faite du 23 juillet.147-3 Je suis bien fâché de ce que vous m'avez marqué de l'échec du comte147-4 d'Ysenburg, comprenant bien que cela doit causer un grand dérangement dans vos affaires; mais comme vous aurez bientôt le secours de 8000 Anglais, cela vous doit servir pour fermer une bonne brèche parmi vos troupes. Je vois très bien que vous avez bien des affaires sur les bras, mais je trouve que tous les partis que vous avez pris, sont à ne pouvoir jamais mieux faire, et si j'aurais eu à vous donner mon avis là-dessus, je n'aurais point pu vous conseiller autrement que vous vous y êtes pris.

Mais pour ce qui regarde ma cavalerie auprès de vous,147-5 considérez, je vous prie, que j'ai à mon armée ici 15 régiments de cavalerie contre 34 régiments de cavalerie qui se trouvent à l'armée de l'ennemi vis-à-vis de moi. Mais ce n'est pas de quoi je vous parle; prenez en considération, je vous prie, que j'ai, outre cela, à observer deux armées ennemies, savoir<148> celle des Russiens et celle des Suédois, auxquelles je n'ai à opposer qu'une armée; en sorte que, si je puis augmenter son nombre de 10 escadrons de cavalerie, cela me fait déjà quelque chose; aussi, pourvu que vous sauriez vous arranger seulement de me renvoyer les ro escadrons de dragons, j'en suis content et vous laisserai avec plaisir encore les 5 escadrons de hussards à votre disposition. Et, comme je crois qu'en attendant que vous vous arrangerez pour me renvoyer les susdits escadrons de dragons, vous aurez déjà bien rossé l'armée française devant vous, et que d'ailleurs la cavalerie anglaise vous sera arrivée, je me flatte que vous sauriez alors vous passer d'autant mieux de mes escadrons, auxquels les Anglais suppléeront au surplus. La réflexion que Votre Altesse fait sur le long trajet que ces escadrons seront obligés de faire pour me joindre, est très juste; c'est aussi pourquoi mon intention est que vous envoyiez ces escadrons à l'armée en Saxe sous les ordres de mon frère le prince Henri, qui m'en détachera d'autres des siens;148-1 par là sera gagné un chemin assez considérable, et moi, j'aurai le secours que je désire. Soyez persuadé, mon cher prince, que je ne vous demanderais jamais cette cavalerie, si ce n'était pas la nécessité; mais, dans la situation où je me vois actuellement, il faut bien que je rassemble tout ce que je puis, et je ne sais faire autrement pour sortir d'affaire. Au reste, je suis presque tout-à-fait persuadé qu'entre ici et la fin du mois d'août nous aurons, vous, moi et mon frère Henri, encore trois ou quatre batailles, et qu'alors nos affaires prendront une face bien plus avantageuse qu'à présent . . .148-2

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10187. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Quartier de Klinge, 3 août 1758.

J'ai reçu la lettre que vous m'avez faite en dernier lieu, avec celle que vous m'avez écrite conjointement avec le comte de Podewils. Je suis bien fâché de l'échec que les Hessois ont eu contre Soubise;148-3 je ferai tout ce que je pourrai, mais il est fâcheux, que, quand je ferme un trou, il s'en ouvre un autre, et il m'est impossible de répondre qu'il n'arrive par-ci par-là quelque malheur.

Je quitte la Bohême, pour être plus à portée au comte Dohna. S'il sera possible, je ferai quelque excursion vers Dohna, pour me joindre à lui avec quelque renfort que je lui amènerai, pour aller alors tout droit aux Russes et les combattre vivement. Cela fait, je retournerai,<149> moi, incessamment ici et renverrai Dohna pour marcher droit aux Suédois. Gardez-moi, en attendant, sur ceci le plus grand secret encore.

Il faut avoir patience et attendre les mois d'août, septembre, octobre, novembre et décembre. Avec beaucoup d'ennemis, on ne peut pas faire dans un moment donné ce que l'on veut; mais ce qui ne se fait pas d'abord, réussit conla Sputa,149-1 et vous pouvez compter que je ne ménagerai ni moi ni mes troupes.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10188. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

Camp de Skalitz, 4 août 1758.

Ma très chère Sœur. J'apprends que vous êtes très mal;149-2 jugez de mon inquiétude, de mon chagrin et de mon désespoir. Si jamais je vous ai demandé une marque d'amitié, si jamais vous avez eu de la tendresse pour moi, je vous en demande à présent une preuve. Conservez-vous, si ce n'est pas pour vous-même, pensez que c'est pour un frère qui vous adore, qui vous regarde comme sa meilleure amie, comme sa consolation; pensez que de tous mes parents vous m'êtes la plus chère qui me reste. Je trouverai moyen de me débarrasser de tous mes ennemis, je tirerai, s'il plaît au Ciel, l'État d'affaire; mais si je vous perds, cette perte est irréparable pour moi, ce sera vous qui me plongerez le poignard dans le cœur. Tout ce qui sont des évènements, peuvent se changer, mais la mort d'une personne comme vous est un mal sans remède; pour tout ce qui vous est cher et précieux, tâchez de vaincre de grands chagrins que vous avez, et ceux qui peuvent nous être communs; mais surtout conservez-vous, ma vie est liée à la vôtre, sans vous elle me devient insupportable. Vous êtes ma consolation et la seule personne à laquelle mon cœur puisse s'ouvrir sans contrainte. Oh, ma chère sœur, ou bien vous me connaissez mal, ou si vous me connaissez bien, vous ferez tous les efforts possibles pour vous rétablir; vous calmerez vos soucis, vous vous vaincrez vous-même, vous aurez !a plus grande attention pour votre personne.

Pour ce qui me regarde, n'ayez aucune inquiétude, vous savez que les affaires ne vont jamais de plain-pied; mais je vous assure que vous aurez de bonnes nouvelles de nos opérations militaires. Je me porte bien et me porterai de même, si j'apprends que vous êtes mieux; mais si je reçois de mauvaises nouvelles de Baireuth, ma constance y succombera.

Voilà tout ce que mon chagrin me permet de vous dire, si ce n'est de vous assurer de la tendressse inviolable que je vous ai vouée du berceau, avec laquelle je suis, ma très chère sœur, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.

<150>

10189. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Im Lager bei Klinge, 4. August 1758.

Ich habe Eueren Bericht vom 31. voriges erhalten. Ihr thut ganz gut, dass Ihr den Feind zu observiren suchet. Aber mit dem Observiren ist es nicht allein ausgerichtet, sondern Ihr müsset suchen, eine so viel möglich exacte Nachricht von des Feindes Position und denen Gegenden, wo er stehet, zu bekommen. Zu dem Ende Ihr Leute, Förster, Schlächter und dergleichen [aussenden müsset], die bei Meseritz und da herum die Gegenden, Weg und Steg kennen, deren Ihr von Zielenzig, Driesen,150-1 Landsberg und so weiter genug haben könnet, und alsdann nach deren Nachrichten eine Karte davon und von der Position des Feindes, wie er stehet und wie das Terrain ist, fertigen lassen, dass man doch ohngefähr sehen kann; dann Meine Intention ist, dahin zu gehen und, so geschwinde wie Ich kann, über die Oder zu kommen und dem Feinde gerade auf den Hals zu gehen, um ihn zu attaquiren. Ich werde den 8. dieses bei Landshut sein, und sobald Ich nur alles gegen die österreichsche Armee daselbst werde vorgekehret haben, dass Mir dort von ihnen kein Uebel geschehen kann, so werde Ich, wie gedacht, mit einem Corps von ohngefähr 12 oder 14 Bataillons und 30 bis 40 Escadrons dahin marschiren, es müssten Mir dann die Oesterreicher Gelegenheit geben, dass Ich sie erst könnte bei die Ohren kriegen. Auf welchen Fall Ihr vorerst allein dort stehen bleiben und den Feind halten müsset. Ich glaube aber, dass Ich werde im Stande sein, zu Euch und dahin marschiren zu können, und muss Ich eilen, wann Ich was thun will. Dann wo Ich den Russen Zeit lasse, so theilen sie sich, und gehet ein Theil nach der Mark und ein Theil nach Schlesien, und dann wissen wir an keinem Ort was rechts zu opponiren.

Wegen der Bataillons, so Ihr nach Küstrin und nach Stettin detachiret habet, so ist solches nicht gut, denn Ihr nicht stark genug seid, um detachiren zu können. Sie dörfen auch nur zu Küstrin die Thore zumachen, alsdann sie nichts zu besorgen haben; auch zu Stettin desgleichen. Wann Ihr also schlagen wollet, so müsset Ihr alles an Euch ziehen. Ich hoffe auch, dass Ihr den Generalmajor von Platen150-2 näher haben werdet . . .150-3

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.150-4

<151>

10190. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Quartier Wernersdorf,151-1 8 août 1758.

Mon cher Frère. Je vous fais cette lettre pour vous marquer, quoique dans le dernier secret, lequel je vous conjure de me garder inviolablement sur tout ce que ma lettre comprend cette fois-ci, que je serai demain auprès de Landshut, et que je pense de marcher à peu près le 11, quoique au plus tard, avec 14 bataillons d'infanterie, 33 escadrons de cuirassiers et de dragons et 10 escadrons de hussards, pour être le 15 entre Liegnitz et Glogau et faire là un jour de repos; après je continuerai ma marche, afin de passer le 19 ou le 20 l'Oder et me joindre avec le général Dohna, auquel j'ai déjà détaché d'avance 9 bataillons,151-2 de sorte que cela fera ensemble 23 bataillons que je lui amènerai, avec le susdit corps de cavalerie, au secours. Avec tous ces corps joints alors, je crois que je serai assez en force, pour attaquer l'armée russienne et de la combattre de façon que nous n'aurons rien plus à appréhender de ce côté-là.

Vers le temps que j'arriverai vers le général Dohna, je ferai disséminer le bruit que je me tournerai moi-seul vers les Russes, et que le général Dohna marchera de son côté droit aux Suédois, pour attaquer ceux-ci. Je dois vous en avertir, afin que, quand ce bruit viendra jusqu'à vous, vous l'accréditiez au dehors, mais que, quant à vous-même, vous n'y fassiez guère attention, mon véritable plan vous étant connu. Aussi ledit bruit ne servira, selon mon intention, que pour en imposer aux Suédois, afin qu'ils s'arrêtent quelques jours au moins, pour ne pas avancer en avant, et que nous gagnions cinq ou six jours, avant que les Suédois s'aperçoivent de mon véritable dessein.151-3

Je vous avertis, d'ailleurs, que les Autrichiens détacheront 12 bataillons vers la Lusace, dans le dessein de les faire joindre au prince Charles de Saxe,151-4 qui avec un corps des Russes voudra percer par Crossen dans la Saxe. Mais quand je ferai [ma] marche et que j'aurai chassé les Russes, le dessein du prince échouera de soi-même. Au<152> reste, je vous donnerai encore de mes nouvelles pendant ma susdite marche ... 152-1

Federic.

Nous revenons avec 800 prisonniers que nous avons faits, et nous n'avons perdu que deux hommes de Le Noble.

Nach dem Concept. Der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.


10191. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Hauptquartier W ernersdorf, 8. August 1758.

Der König macht dem Grafen Dohna in der gleichen Weise wie dem Prinzen Heinrich Mittheilung von seinem bevorstehenden Marsche gegen die Russen und von dem Gerücht, das zur Täuschung der schwedischen Truppen ausgesprengt werden soll.152-2

An diesen Bruit, wann er an Euch kommen wird, sollet Ihr Euch nicht kehren, doch solchen favorisiren und zu dem Ende an die Landräthe der Mittel- und Uckermark schreiben und ihnen pro forma Marschrouten schicken, wie Ihr Euren Marsch nach Pommern nehmen werdet. Ihr sollet aber wohl observiren, dass Ihr solches nicht zu früh thut, noch Euch von solchem Bruit etwas eher echappiren lasset, bis gegen die Zeit, da Ich nahe komme; dann Meine Absicht ist, durch solchen Bruit die Schweden zu imponiren, damit solche währender Zeit, da wir die Expedition gegen die Russen vornehmen, dort stehen bleiben und nicht vorwärts rücken, und wenn wir auch damit nur fünf oder sechs Tage gewinnen, eher die Schweden unsere Absicht recht erfahren können, so ist es allemal so viel Zeit gewonnen, dass wir mit denen Russen endigen können, ehe die Schweden was weiter zu unternehmen im Stande sein. Ihr sollet Euch also sehr in Acht nehmen, etwas von vorgedachtem Bruit zu früh auszubringen.

Sonst will Ich wissen, und sollet Ihr Mir citissime schreiben, ob und wie viel Ihr bei Eurem Corps an Pontons habet, um Brücken zu schlagen, imgleichen ob Euch der Generallieutenant Rochow zu Berlin nach Meiner Ordre 14 zwölfpfündige Canons und 19 Haubitzen, so Ich allda ganz neu erst machen lassen, mit dem Attirail und Gespann schon zugeschicket hat.

Friderich.

P. S.

Ich152-3 gedenke, zwischen Beuthen und der Gegend Züllichau bei einem Ort Schiwitz,152-4 nicht weit von der Gegend Grünberg oder Rothenburg über<153> die Oder zu gehen, um bald über zu kommen. Wann Ich aber auf Meinem Marsch weiter daher ankomme, so werde Ich Euch den Ort schreiben, wo Ich Mich mit Euch conjungiren will, und welchen Tag. Meine Intention ist nicht, gerade auf Meseritz zu gehen, wohl aber rechter Hand herumzumarschiren, als wenn Ich nach Posen wollte, um den Feind so aus seinem Lager zu bringen und mit Avantage zu attaquiren. Also habet Ihr Euch jetzt gleich nach allem und nach der Beschaffenheit derer dortigen Gegenden genau zu erkundigen, ohne jedoch, dass Ihr Euch etwas von denen eigentlichen Absichten merken lassen müsset. Ich werde Euch den Ort schreiben, wo wir zwischen Beuthen und Züllichau zusammenstossen können. Ich wiederhole aber, dass, ohne dass Ihr Euch von allem das geringste merken lassen müsset, Ihr unter der Hand und unter allerhand Prätexten suchen müsset, Euch nach der Beschaffenheit derer Situationen und nach allen Wegen und Umständen so genau als möglich zu erkundigen, auf dass Ihr alles wohl im Kopfe habet und Ich Mich mit Euch auf alles dieses besprechen und concertiren kann.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10192. AN DEN ETATSMINISTER FREIHERRN VON SCHLABRENDORFF IN BRESLAU.

Wernersdorf, 8. August 1758.

Der König benachrichtigt den Minister von dem bevorstehenden Marsche gegen die Russen, in ähnlicher, nur kürzerer Fassung wie den Prinzen Heinrich.153-1

Ihr sollet Euch also wegen der deshalb zu machenden Arrangements darnach dirigiren, ohne Meine rechte Absicht merken zu lassen, und muss Ich Mich insonderheit zu Glogau mit Mehl versehen, und zwar wenigstens auf 18 Tage; sorget also wohl, damit es an nichts fehle.

P. S.

Ich will gerne den Oderstrom bei Grampow153-2 oder Schewitz oder Schickenitz153-3 und so der Gegend von Waldkirchen und Sorge,153-4 nicht weit von Grünberg oder so von Rothenburg, passiren, um bald überzukommen zwischen Beuthen und Zülüchau. Ich verlange also, bald zu wissen, ob Ihr der Orten so viel Schiffe zu denen alsdann zu schlagenden Brücken zusammen habt, damit Ich solche zum Uebergang gebrauchen kann.153-5

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.

<154>

10193. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

[Grüssau,] 9 août 1758.

Ma très chère Sœur. J'ai été plus mort que vif en recevant votre lettre, ma chère sœur; mon Dieu, quelle écriture! Il faut que vous reveniez du tombeau; car, certainement, vous devez avoir été cent fois plus mal qu'on me l'a dit. Je bénis le Ciel de l'avoir ignoré, mais je vous supplie en grâce d'emprunter la main d'un autre pour m'écrire et de ne vous point fatiguer de façon que cela pourrait empirer votre maladie. Quoi? toute malade et infirme que vous êtes, vous pensez à tous les embarras où je me trouve? En vérité, cela en est trop! Pensez plutôt, pensez-le et persuadez-le-vous bien que, sans vous, il n'est plus de bonheur pour moi dans la vie, que de vos jours dépendent les miens, et qu'il dépend de vous d'abréger ou de prolonger ma carrière. Oui, ma chère sœur, ce n'est en vérité point un compliment, mais c'est le fond de mon cœur, c'est ma façon de penser véritable et constante dont je ne saurais me départir. Voyez donc à présent si vous prendrez tout le soin possible de votre conservation; à cette condition seule je jugerai de vos bontés pour moi et de l'amitié que vous me conservez.

J'ai terriblement à faire, c'est ce qui m'empêche de m'étendre plus longtemps sur une matière dont mon cœur est rempli. Soyez-en bien persuadée, de même que personne ne vous aime ni ne vous adore plus que, ma très chère sœur, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10194. AN DEN MARKGRAFEN VON BAIREUTH IN BAIREUTH.

[August 1758.]

Leid, dass die Markgräfin schlecht; hoffte, dass die Gefahr nicht so gross, und Ich bäte sehr um die Umstände von der Krankheit, wovon Ich nichts gewusst. Den Cothenius habe in sechs Monat nicht gesehen; durch den Doctor, der dort,154-1 die Umstände!

Weisungen für die Antwort; auf der Rückseite eines Schreibens des Markgrafen, d. d. ce 5 août 1758.


10195. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Grüssau, 9 août 1758.

Mon cher Frère. J'ai bien reçu la lettre que vous m'avez faite du 2 de ce mois. Je suis sur le point de marcher vers le lieutenantgénéral Dohna. Dans les circonstances critiques où celui-ci se trouve, il m'est impossible de retirer d'abord les escadrons de cavalerie que vous lui avez détachés,154-2 mais, dès que je m'approcherai plus près à<155> Dohna, je donnerai mes ordres à cette cavalerie de retourner d'abord vers vous sur Torgau, de sorte que j'espère qu'elle vous arrivera de retour encore plus tôt que vous n'aurez à faire avec l'ennemi. Cette cavalerie aura cet ordre de moi le 19 à peu près pour se mettre en marche le 20; à moins qu'il n'y aura de nouveaux évènements, elle dirigera sa marche sur Torgau. Mais, comme vous savez vous-même combien notre cavalerie est quelquefois lourde,155-1 je crois que vous ferez bien d'envoyer à sa rencontre quelques hussards ou quelque infanterie, pour la prendre aux environs de Torgau et pour l'amener à vous.

Le malheur arrivé au lieutenant-général Itzenplitz155-2 m'a bien affligé et mis en peine. Vous savez combien les bons généraux sont rares, et que je n'en ai pas en abondance. Pour vous mettre au fait de ma situation sur cet article, vous saurez que je ne saurais ôter le général Treskow de Neisse, à cause de l'ennemi qui a envahi la Haute-Silésie; que Fouqué m'est indispensablement nécessaire pour les détachements, et que je ne sais me passer de Retzow, à cause des magasins.155-3 Quand j'excepte ceux-ci, vous considérerez ce qui m'en reste d'autres. A présent, il faut que je marche et qu'auprès du détachement que je prends avec moi, je joins tout ce que j'en puis pour le coup décisif que je pense d'entreprendre. Le général-major Saldern est mort,155-4 Puttkammer pris prisonnier de guerre, ainsi qu'il me manque effectivement un généralmajor du nombre requis auprès de mon armée. Nonobstant cela, je vous enverrai, dès que l'affaire avec les Russes sera passée, le prince François de Brunswick, qui certainement est bon général, sujet capable, qui a beaucoup d'ambition et d'envie pour se pousser, et duquel vous pourrez vous servir avec succès pour des détachements et pour conduire une aile de l'armée, dont il s'acquittera très bien.

J'ai été bien aise et réjoui du beau coup qui vous a réussi sur les Autrichiens;155-5 je suis persuadé qu'ils tâcheront de vous faire toutes les peines possibles, mais aussi je ne doute pas que vous vous en tirerez avec gloire et honneur.

<156>

Vous conviendrez, je crois, de tout ce que je vous écris. Mandezmoi, je vous prie, quelquefois comment se porte ma sœur de Baireuth.

Federic.

Nach dem Concept. Der Zusatz eigenbändig auf der im übrigen chifirirten Ausfertigung.


10196. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Kloster Grüssau, 9. August 1758.

Seit gestern und heute frühe habe Ich Eure vier Schreiben vom 3., 4., 5. und 7. dieses richtig erhalten. Nachdem Ich deren Einhalt ersehen, so muss Ich Euch nur reine sagen, dass Ihr Eure Dispositiones nichts nutze machet. Was ist ein Corps von 3 Bataillons, so Ihr über die Oder schicket?156-1 Solche können sich nicht souteniren, und müssen wenigstens 8 Bataillons nebst Euern Husaren und Dragoners sein, dann könnet Ihr damit was ausrichten, sonsten bei solchen detachirten keine Solidität ist, Ich auch nicht weiss, was Ihr mit Euren Husaren und Dragonern jenseit der Oder machen wollet.

Der Ort, wo Ich in Schlesien über die Oder zu gehen gedenke, heisset Tschi[cherzig].156-2 Ich denke den 18. über die Oder zu gehen und von dar gerade auf Züllichau zu marschiren. Ich repetire Euch, was Ich Euch gestern schon geschrieben habe,156-3 ohne solches weitläuftig zu wiederholen. Ich werde Euch aber gegen die Zeit Ordre geben, auf Sternberg zu marschiren, und werde alsdenn sehen, wo wir uns ohngefähr bei Paradies156-4 conjungiren. Ich erinnere Euch jedoch in gnädiger Absicht, dass es Mir scheinet, als ob Ihr, wenn Ihr Gefahr sehet, keine Partie nehmen wollet, da doch nichts anders übrig ist, als dass wir darauf gehen müssen. Ich hoffe, Ihr werdet Euch bei Zeiten von Eurer Bagage losmachen und lassen alle Compagniewagens zurück, nehmen alsdenn auch nichts mit als die Chaisen der Commandeurs, ferner die Regimentfeldscherwagens und die 5 Brodwagens, jedoch mit Brod wohl beladen, auf dass, wenn Ihr von Mir die Ordre krieget, über die Oder zu gehen, Ihr auf 9 Tage Brod darauf vorräthig habet.

Die Kavallerieregimenter, so Euch Mein Bruder Heinrich zugesandt,156-5 denke Ich nicht nöthig zu haben. Ihr sollet also dem Generalmajor Zieten156-6 sagen, dass, wenn Ich herankommen werde, Ich ihm sagen würde, bald wiederum zurück nach Meinem Bruder Heinrich, und zwar über Torgau zu gehen; mithin er nebst den Escadrons nicht lange bei Euch bleiben würde.

<157>

Ich wiederhole nochmal, dass Ihr eine convenable Avantgarde über die Oder schicken sollet, nämlich alle Eure Husarenregimenter, den Generallieutenant Schorlemer mit seinem Regiment, der sein Tage nichts thun will, sondern sitzet und kalmäusert; ferner 4 Grenadierbataillons und die Regimenter von Kanitz und von Rauter: alsdenn wird die Sache ein ganz ander Ansehen gewinnen, sonsten aber nichts anders herauskommen wird, als dass der Feind Mein Land ravagiret und Ihr en détail geschlagen werdet. Ich rathe Euch sehr, dass Ihr und alle Eure Officiers Euch aus denen Köpfen bringet, als ob die Russen in einem inattaquablen Lager stünden, welches sonsten Ich Euch und allen Euren Officiers nicht gut heissen werde.

Den bewussten Bruit, davon Ich Euch gestern geschrieben,157-1 dass Ich allein auf die Russen, und Ihr indess auf die Schweden marschiren werdet, auszubringen, ist jetzo noch zu früh; unterwegens [auf] Meinem Marsch werde Ich Euch den Tag schreiben,157-2 wenn es geschehen soll. Ihr könnet erachten, dass alles behutsam geschehen muss und dass, so nöthig wie Ich auch hier bin, Ich Mich von hier, so zu sagen, wegstehlen muss.157-3

Friderich.

Nach dem Concept.


10197. AN DEN OBRISTEN VON HACKE IN GLOGAU.

Hauptquartier Kloster Grüssau, 9. August 1758.

Ich befehle hierdurch, dass Ihr von nun an sogleich keinen Menschen mehr über die Oder nach jener Seite lassen sollet, auch keine Briefe, insonderheit von denen Italienern und Juden, als auf welche Ihr insbesondere vigiliren sollet, da Ich in Erfahrung gekommen bin, dass verschiedene von solchen Leuten nicht redlich noch kauscher sein, sondern eine sehr verdächtige Correspondance jenseit der Oder unterhalten; welchen Ihr also wohl auf den Dienst passen lassen sollet.

Ich bitte, an mir die besten Karten, so man von der polnischen Grenze auftreiben kann; mir sofort zu schicken.

Friderich.157-4

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.

<158>

10198. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Grüssau, 10 août 1758.158-1

Mon très cher Frère. Je vous prie de me garder le secret le plus absolu sur tout ce que cette lettre comprend, qui n'est que pour votre direction seule.

Je marche demain contre les Russes. Comme les évènements de la guerre peuvent produire toutes sortes d'accidents, et qu'il peut m'arriver facilement d'être tué, j'ai cru de mon devoir de vous mettre au fait de mes mesures, d'autant plus que vous êtes le tuteur de notre neveu avec une autorité illimitée.

1° Si je suis tué, il faut sur-le-champ que toutes les armées prêtent le serment de fidélité à mon neveu.

2° Il faut continuer d'agir avec tant d'activité que l'ennemi ne s'aperçoive d'aucun changement dans le commandement. 3° Voici le plan que j'ai actuellement : de battre les Russes à plate couture, s'il est possible; de renvoyer sur-le-champ Dohna contre les Suédois et, pour moi, de retourner avec mon corps, soit contre la Lusace, si l'ennemi voulait pénétrer de ce côté-là, soit de rejoindre l'armée et de détacher 6 ou 7000 hommes en Haute-Silésie, pour rechasser de Ville qui l'infeste; pour vous, de vous laisser agir, selon que l'occasion se présente, votre plus grande attention devant se porter sur les projets de l'ennemi qu'il faut toujours déranger, avant qu'il parvienne à les mettre à maturité.

Pour ce qui regarde les finances, je crois devoir vous informer que tous ces dérangements qui viennent d'arriver en dernier lieu, surtout ceux que je prévois encore, m'ont obligé d'accepter les subsides anglais,158-2 qui ne seront payables que dans le mois d'octobre.

Pour la politique, il est certain que, si nous soutenons bien cette campagne, l'ennemi, las, fatigué et épuisé parla guerre, sera le premier à désirer la paix; je me flatte que l'on y parviendra pendant le cours de cet hiver.

Voilà tout ce que je puis vous dire des affaires en gros; quant au détail, ce sera à vous à vous mettre incessamment au fait de tout; mais si, incontinent après ma mort, l'on montre de l'impatience et un désir trop violent pour la paix, ce sera le moyen de l'avoir mauvaise et d'être obligé de recevoir la loi de ceux que nous aurons vaincus.158-3

Je dois ajouter à tout ceci mon itinéraire, pour que vous sachiez où je serai et en quel lieu vous pouvez me trouver. Le 13 je serai à<159> Liegnitz; le 14 entre Lüben et Raudten; le 15 repos; le 16 vers Grünberg; le 17 à ce village que je vous ai écrit, où je veux passer l'Oder;159-1 le 18 les ponts se feront, le 19 le passage, le 20 jonction avec Dohna, et du 20 au 25 j'espère d'engager une affaire entre Meseritz et Posen.

Voilà tout ce que je suis en état de vous dire jusqu'à présent. Vous serez incessamment informé du succès de cette opération.

Federic.

Nach dem eigenhändigen Concept. Der erste Absatz nach der, im übrigen chiffrirten, Ausfertigung.


10199. INSTRUCTION FÜR DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.159-2

[Grüssau, 10. August 1758.]

<160><161>

1.

Es wird angefraget, wie die Position von der Armee genommen werden soll, wenn Se. Königl. Majestät mit Dero Corps d'armée wegmarschiret sind.

1.

Die Regimenter, so von der Höhe wegmarschiren, sollen ersetzet werden aus dem zweiten Treffen, sonst aber soll das Lager hinter Grüssau bleiben. Alles was zum ersten Treffen gehöret, soll im ersten Treffen campiren; die Regimenter vom zweiten Treffen campiren auch im zweiten Treffen, es sei denn, dass Dörfer damit besetzet werden.

2.

Fraget sich, was zu thun sei, wenn der Feind den Posten von Landshut zu emportiren suchen wollte.

2.

Wenn solches geschiehet, soll bis Liebau vorgerücket und der rechte Flügel auf den Schottenberg, der linke auf dem Berge, so bei Liebau lieget, zu stehen kommen. Ueber das kleine Wasser, so daselbst befindlich, werden Colonnenbrücken employiret, und muss nachgesehen werden, ob die Brücken und Wege, so im Winter zu diesem Behuf schon gemacht worden, noch im Stande sind; sonst sie repariret werden müssen. Es kann in drei Colonnen dahin marschiret werden.

3.

Falls der Feind sich an dem Posten von Landshut nicht zu reiben Lust hätte, sondern vorbeigehen wollte?

3.

Muss er sogleich attaquiret werden.

4.

Wenn der Feind mit einem kleinen Corps Demonstrationes auf Landshut machte, mit der Armee aber über Hirschberg in Schlesien eindringe?

4.

Alsdenn bleibet etwas bei Landshut stehen, das übrige marschiret laut der auf der Karte marquirten Route. Der General Fouqué commandiret, was stehen bleibet. Es kann auch ein Umweg genommen und der General Retzow mit einem Corps de garde entgegengesandt [werden], um den Posten zu occupiren. Indessen müssen zum Voraus die nähesten Wege ausgemacht werden, wo das Brod folgen kann.

5.

Wenn der Feind seinen Marsch nach Löwenberg nehmen wollte etc.?

5.

Der Feind kann nicht nach Löwenberg kommen, er muss sich zuvorderst in der Lausnitz etabliren. Siehet man, dass sich derselbe mit der ganzen Armee nach Zittau ziehet, so kann der Markgraf alsdenn bei Friedeberg, Greifenberg und der Gegend sein Lager nehmen. Die Lagers, so Sie nehmen, haben Se. Königl. Majestät in der Karte160-1 mit Tinte marquiret, und selbige sind auf alle Fälle gerichtet und ganz sicher; sollte indessen der Feind doch durchgehen wollen, welches aber wegen der Lebensmittel nicht wohl practicable, so darf die Armee ihre Position in demselbigen Lager nur etwas drehen und detachiren, ihnen ihre Convois zu ruiniren.

6.

Wenn der Feind in der Lausnitz eingedrungen und nach der Elbe gehen wollte?

6.

Wofern der Feind aus der Lausnitz nach der Elbe gehet, muss der Queiss passiret werden; das, was

 

er gegen den Queiss stehen lässet, muss attaquiret werden; auch kann man suchen, bei diesen Umständen, da er sein Magazin in Zittau, solches über Ostritz zu ruiniren.

7.

Wann der General de Ville in Oberschlesien Progressen machete, wie ihm von hier aus zu begegnen?

7.

In Oberschlesien ist nichts zu machen, und muss man ihm daselbst gewähren lassen, bis die Expedition mit denen Russen ihre Endschaft erreichet. Sonsten aber muss dieses Corps nicht aus die Berge, sondern lediglich sein Augenmerk dahin richten, Schweidnitz und Breslau zu decken.

8.

Wenn wider allem Vermuthen oder menschlichem Voraussehen die Russen Avantage haben und sich nach Schlesien hereinziehen sollten?

8.

Dieses Corps kann hierunter nichts helfen.

9.

Noch befehlen Se. Königl. Majestät, dass ein Detachement unter Commando des Generallieutenant von Zieten von ohngefähr 3 Bataillons Infanterie, 1 Regiment Dragoner, nämlich Württemberg, 1 Freibataillon und das Regiment von Puttkammer Husaren gegen Greifenberg geschicket werden sollte. Das Freibataillon kann Greifenberg légèrement besetzen, und die Husaren suchen durch ihre Patrouilles sichere Nachricht von der Bewegung des Feindes sowohl in Böhmen als der Lausnitz einzuziehen. Der Posten, so der General Zieten alsdenn nehmen könnte, würde wohl Ottendorf161-1 sein, wiewohl demselben die Wahl davon gelassen wird.

10.

Wenn der Feldmarschall Daun zurücke gehet, dörfte er seinen Marsch auf Jung-Bunzlau nehmen, von da aber ein Detachement von 8 bis 10,000 Mann nach Zittau senden. Bestehet das Detachement von leichten Truppen, so muss der General Zieten, im Fall er es nöthig hat, mit ein paar Regimenter Kürassiers und die Infanterie bis auf 6 Bataillons verstärket werden; so ist derselbe vollkommen im Stande, solches Détachement in den Rücken zu kommen; im Fall sie nach Guben oder der Gegend, auch wenn sie nach der Mark gehen wollten, kann er sie auf den Fuss folgen.

<162>

Der General Zieten darf nicht agiren anders, als wenn ein Detachement in der Lausnitz kommet; sollte es aber geschehen, dass sich der Daun bei Gabel oder Zittau setzete, so muss sich dieses Detachement nicht weiter von der Armee als Naumburg, Bunzlau oder höchstens Lauban entfernen, damit er von des Markgrafen Armee nicht abgeschnitten wird.

11.

Es wird supponiret, dass, wenn der Markgraf die in der Karte marquirte Lagers nehme, der Daun sich über Görlitz nach Rothenburg zöge und ein Detachement von 20,000 Mann nach dem Saganischen schickte, alsdenn der Markgraf gegen Bunzlau vorrücken und sich bei Gross-Walditz162-1 setzen kann; dieser Posten ist sehr fest.

Es wird auch noch ferner supponiret, dieses feindliche Corps hätte sich von Crossen Meister gemacht: so werden Se. Königl. Majestät über Frankfurt oder Glogau marschiren und sie suchen wieder wegzujagen. Denn wenn die Expedition gegen die Russen vorbei ist, die Passage über der Oder keiner mehr verhindern kann; und wenn auch der Feind mit der ganzen Armee gegen Glogau marschirete, so würde der König entweder der Gegend Lebus oder bei Breslau die Oder passiren.

12.

Sobald man erfähret, dass sich der Feind der Oder approchiren sollte, müssen alle Fähren, Schiffe und Prähme entweder nach Glogau oder Breslau gebracht werden.

13.

Allen Officiers und Unterofficiers von der Infanterie, so hinter dem Bataillon stehen, muss befohlen werden, dass, wenn ein Soldat, der nicht blessiret, austritt, sogleich auf der Stelle todtgestochen werden muss.

14.

Die Armee muss allemal in zwei Treffen stehen, auch, wo möglich, noch eine kleine Reserve machen; es muss auch beständig eine Reserve-Artillerie parat bleiben. 15.

Wenn man vermuthet, dass der Feind attaquiren will, müssen alle Detachements eingezogen werden. Die Kavallerie muss bei solchen Fällen so gesetzet werden, dass sie nicht zu Anfange der Bataille unter der Canonnade stehen dörfe, sondern nur pflegweise gebraucht werden, dass, wenn es Gelegenheit giebet, in der Infanterie einzuhauen, sich aber hernach gleich wieder zurückzuziehen.

16.

Gegen den Flügel, den der Feind attaquiret, müssen wenigstens 50 bis 60 Canons gesetzet werden, und die Regimenter müssen Leute<163> dabei geben, damit alles gehörig soigniret und es an nichts fehle. Es ist besser überflüssig als zu wenig. Der Oberster Dieskau weiss, wo alles stehet, und wird es besorgen.

17.

In Schweidnitz können noch 8 Stück grosse Canons präpariret werden, so man allenfalls mitnehmen kann.

18.

Im Fall, da Gott vor sei! Se. Königl. Majestät bleiben sollten, so muss ohne Zeitverlust der Prinz Friederich163-1 sogleich in allen Festungen gehuldiget werden, des Prinzen Heinrich Königl. Hoheit aber die Tutelle führen, welchem alle königliche Idees dieserwegen bereits bekannt gemacht,163-2 welche er in solchem Fall zu nehmen hat.

Bei so bewandten Umständen lassen Se. Königl. Majestät nochmals alle Dero Officiers ermahnen, künftighin mit derselben Vigueur zu agiren, als bei dessen Leben geschehen, damit der Feind nicht merken könne, dass ein Unterscheid im Commando sei.

19.

Ist die Bataille gegen die Russen gewonnen, so werden die 23 Bataillons nebst der Kavallerie wieder zur Armee stossen; es werden auch Se. Königl. Majestät kurz vor der Bataille alle Officiers schriftlich instruiren, was sie zu thun haben.163-3

20.

Wenn denn ein so starkes Corps wieder zur Armee stosset, so kann der Markgraf den General Fouqué mit 10 bis 12 Bataillons, auch dem Seydlitz'schen Husarenregiment bei Landshut stehen lassen.

21.

Der Generalmajor Puttkammer gehet morgen mit denen Husaren nach Löwenberg, welchen ein paar Bataillons und das Regiment von Württemberg unter Commando des Generalmajor von Wedell folgen können, auch bei dieser und allen anderen Gelegenheiten nur suchen sollen, offensive zu agiren; als wenn, zum Exempel, über Schönberg etwas feindliches herauskäme, es sogleich attaquiret werden muss.

22.

Die Husarenpatrouilles müssen keinen von unseren Leuten nach Böhmen, noch weniger aber von denen Böhmen nach Schlesien passiren lassen.

23.

Der General Zieten kömmt den 11. mit zwei Regimentern Kavallerie, um den Abgang der Dragonerregimenter im Lager zu ersetzen.

<164>

24.

Der General Fouqué bleibt noch etliche Tage stehen,164-1 und der Commandant d'O zu Glatz soll mit dem Markgrafen correspondiren, wie denn auch der Markgraf die Briefe von vorgedachtem Commandanten sowohl als von dem General Treskow, so an Se. Königl. Majestät einlaufen, erbrechen kann.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10200. AN DEN GEHEIMEN KRIEGSRATH EICHEL.

[Grüssau, 10. August 1758.]164-2

Der Commandantenchifffe164-3 soll sofort vor den Markgraf Karl abgeschrieben werden, dass er ihm heute noch kriegt.

Friderich.

Und eine Order an Schlabrendorff,164-4 immer Fahrzeuge parat zu haben, wann es nöthig wäre, über der Oder bei Breslau oder Leubus zu kommen, dass ich sie kriegen könnte.

Friderich.

Eigenhändig.


10201. AN DEN GENERALMAJOR VON LATTORFF IN COSEL.

Hauptquartier Kloster Grüssau, 10. August 1758.

Ich habe Euer Schreiben vom 7. dieses erhalten. Ich bin ungemein von Euch und der Conduite, so Ihr gegen den Feind gehalten, um selbigen wegzujagen, da er Euch zu nahe gekommen, zufrieden,164-5 worunter Ihr wie ein braver Officier gehandelt, und werde immer mehr dadurch in der guten und gnädigsten Opinion, so Ich von Euch gehabt, confirmiret, dass Ihr ein tüchtiger Officier und rechtschaffener General seid, so Meine Estime und Mein Vertrauen meritiret.

Was die Oberschlesier bei der dasigen Garnison angehet, da autorisire Ich Euch, dass Ihr bei Desertionsfällen nur sogleich Execution<165> halten und, denen Umständen nach und wann es nöthig ist, durch Lebensstrafen Exempel statuiren lassen sollet.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10202. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE DOHNA.

Liegnitz, 12 août 1758.

Vous savez que mon intention est de passer l'Oder à Tschicherzig,165-1 non loin de Polnisch-Nettkow, ou, pour mieux dire, près de Züllichau. Je serai dans ces environs le 17. Le 18, je ferai mon pont, et le 19 je pourrai le passer pour vous joindre. Selon mon plan, cette jonction devrait avoir lieu à Züllichau. Ainsi, pour que tout réussît à souhait, il faudrait que vous partiez de Francfort le 17, que vous marchiez trois milles vers Züllichau; le 18 à Schneidemühle,165-2 le 19 à Züllichau. Il faudrait laisser un Garnisonbataillon à Francfort avec vos chariots, excepté Regiments-Feldscherwagens et Commandeurschaisen, prendre quatre Löhnungen avec du pain pour huit jours. Le soldat en porterait trois, et cinq jours sur les chariots. On pourrait cuire pour vous à Francfort pendant notre expédition. Tout cela peut se faire, pourvu que l'ennemi ne se soit pas plus avancé de Meseritz; car auquel cas il faudrait que je passe l'Oder à Crossen, que nous nous joignissions auprès de Ziebingen165-3 ensemble, que nous marchions ensuite sur le ventre aux Russes.

Dites-moi donc si vous trouvez à tout cela des difficultés, et si vous êtes arrangé à tout.

Voilà mon plan. Si aucun évènement ne vient à la traverse, il faut l'exécuter tout de suite; et en cas que l'ennemi reste à Meseritz, vous me manderez positivement sur-le-champ votre réponse, pour que je règle ma marche en conséquence. Et si rien n'arrive, vous écrirez le 17 aux Landräthe de la Marche que vous aviez ordre de retourner en Poméranie,165-4 dès que je serais arrivé auprès de Crossen, et que, le 20, vous vous mettriez en marche pour Prenzlau; et pour rendre la chose plus vraisemblable, il faut envoyer de ces côtés un officier et une vingtaine hussards. Mais nous autres, il faut commencer par bien frotter les Russes, et dites à tous vos officiers, quand vous passerez l'Oder, que ma devise est vaincre ou mourir, et que, quiconque ne pense pas de même, ne doit pas passer l'Oder, mais s'en aller à tous les diables

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.

<166>

10203. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

Liegnitz, 12 août 1758.

J'ai bien reçu votre lettre du 30 de juillet dernier, et je me flatte que, quand les troupes anglaises166-1 vous seront arrivées, que, moyennant ce secours, vous vous trouverez entièrement en état de résister aux Français. S'il s'agit d'une bataille, j'apprendrai avec plaisir que Votre Altesse Se soit servi de mes dragons;166-2 mais si Elle détache dans le pays d'Hanovre, je La prie d'y détacher les miens, afin qu'ils soient d'autant plus à portée de mes États.

Je marche actuellement contre les Russes, je passerai l'Oder du côté de Sagan, pour aller à Crossen, je me joindrai à Dohna du côté de Züllichau; entre ci et le 25 nous aurons une affaire générale, soit près de Meseritz où se trouve l'ennemi, soit du côté de Posen, si je suis obligé de retourner.

Si je suis heureux, je pourrai peut-être me passer de votre cavalerie, mais si malheur m'arrive, sans considérer tous les risques que ma cavalerie a à courir, la nécessité m'obligera à la redemander. Si l'occasion favorise Votre Altesse pour entreprendre quelque chose, je suis persuadé qu'Elle pourra le faire entre ci et ce temps-là, sinon, quand Elle sera jointe par les Anglais.

Vous sentez, mon cher, comme vous le devez, nos pertes; je souhaite que vous n'en fassiez jamais d'aussi sensibles. Toutes les calamités fondent sur nous : celles de la mort de nos proches sont irréparables; pour les autres, avec beaucoup de courage et de persévérance, on en vient à bout, et l'on n'en a que les soins et la peine, chose qu'il ne faut pas mettre en compte, lorsqu'il s'agit du bien et du salut de la patrie.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10204. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Liegnitz, 12 août 1758.

Monsieur. Votre Excellence voudra bien me permettre de Lui dire que le Roi,166-3 s'étant mis en marche le 10 de ce mois avec un bon corps d'armée pour aller se joindre à celui du comte Dohna, a trouvé<167> bon de réduire sa suite à un fort petit nombre, et Sa Majesté a ordonné, afin que la voiture du cabinet puisse rester en arrière, que je suivisse seul à cheval.

Votre Excellence jugera Elle-même que je n'ai pu me charger de presque point de papiers, et que, pour ne point risquer les chiffres du Roi, j'ai été obligé de ne me charger que du seul chiffre du sieur de Hellen à la Haye. Comme, cependant, il pourrait arriver que les ministres du Roi dans l'étranger vinssent à mander des choses essentielles au service du Roi, j'ose très humblement supplier Votre Excellence de vouloir bien avoir la grâce de faire dresser sous Son seing des rapports au Roi sur les matières qu'Elle jugerait affecter les intérêts du Roi, contenues dans les duplicats des dépêches des ministres dans l'étranger au Département, et de les faire chiffrer de ce chiffre du sieur de Hellen, afin que le Roi puisse en être informé pendant sa présente expédition. Votre Excellence me pardonnera d'autant plus généreusement ma demande que ce n'est que le zèle pour le service du Roi qui m'engage à la Lui adresser. C'est avec les sentiments etc.

L.-E.-H. COeper.

Nach der Ausfertigung.


10205. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Kloster Grüssau, 12. August 1758.

. . . Ich habe inzwischen mit grossem Leidwesen ersehen, wie gar ohnverschämt sowohl die französische holländische Zeitungsschreiber und andere aus denen Wiener Nachrichten von so vielen über Sr. Königl. Majestät Truppen erhaltenen Vortheilen s[alva] v[enia] gelogen und Affaires erdichtet haben, davon gar nichts existiret hat oder aber die sehr zur Désavantage derer Oesterreicher ausgefallen seind, und was vor übele Impression solches auf das Publicum in Ermangelung besserer und wahrer Nachrichten von uns, von deren Detail sich niemand derer unsrigen chargiren wollen, des Königs Majestät aber ohnmöglich die Zeit gehabt, davon etwas aufsetzen zu lassen, gemachet hat. Ew. Excellenz werden inzwischen ein Échantillon davon sehen, wann Dieselbe nur einliegende Relation von dem, was den 11. Juli wegen der Affaire mit dem Generallieutenant von Retzow vorgefallen,167-1 mit dem, was man davon auf eine recht ohnverschämte Art nach denen Wiener Nachrichten in einigen Zeitungen gesetzet, conferiren wollen. Ich kann Ew. Excellenz auf meine Ehre davor repondiren, dass in der Anlage nicht ein ohnwahres Wort gesetzet, noch das geringste brodiret, sondern alles von einem recht tüchtigen und ehrliebenden Officier, der selbst dabei<168> gewesen und alles mit grosser Attention observiret hat, zu meiner Nachricht aufgesetzet worden. Vernünftige österreichsche Officiers schämen sich selbst davor, dass man in denen Wiener Nachrichten so sehr fausse und impudente Sachen publiciret hat, von welchen vernünftige Leute in Wien selbst erkennen, was sie glauben sollen, und die deshalb nach einigen Briefen, so ich selbst gesehen, den General Laudon unter dem Charakter des grossprahlerichten qualificiren.

Ich thue nunmehro den dritten Krieg mit, ich muss aber gestehen, dass in allen ich noch niemalen einen so ruhigen Marsch gesehen, da der Feind sich stets in einer gewissen Entfernung gehalten und, wenn er es ein oder zweimal probiret hat, was zu tentiren, so sehr schlecht darunter reussiret, als denn von Smirschitz in Mähren bis hieher. Wie dann auch der Wahrheit nach in Mähren nichts zur Avantage des Feindes in allen Rencontres und kleinen Affairen vorgefallen ist, ausser was mit dem General Meier vom Baireuther Regiment168-1 durch sein starkes Versehen, davon gleichfalls einiges Detail beilege,168-2 ferner mit dem zweiten Convoi bei Domstädtel und dann die Nacht vor unserem Aufbruch von Königgrätz durch ein recht sehr grobes Versehen des Generalmajor von Saldern, der auch darüber verloren worden,168-3 ohne dass man noch bis diese Stunde weiss, wo er eigentlich geblieben, geschehen ist, so aber doch auch bei weitem nicht so und von der Importance gewesen, als es in denen Wiener Nachrichten debitiret werden wollen. Bei dem ganzen nachherigen Marsch aus Mähren und so weiter hieher seind des Königs Majestät allemal bei der Arrièregarde gebheben und haben solche sage Dispositions gemachet, die Freund und Feind admiriren müssen, und [wobei] letztere sich nicht unterstehen dörfen, das geringste zu entamiren, so dass ich der Wahrheit nach sagen kann, dass auch nicht ein Marketenderkarren verloren gegangen, woferne dergleichen sich nicht wider die Ordres abwärts in Dörfer zum plündern muthwillig gemachet hat. Der in den Wiener Nachrichten vorgegebene schleunige und precipitirete Abmarsch des Königes seit der aufgehobenen Belagerung von Olmütz dementiret sich von selbst, da jedermann jetzo weiss, dass des Königs Majestät die ganze Zeit her keine stärkere Märsche als täglich von ein bis zwei Meilen und zuweilen nur von einer halben Meile, sehr selten aber von drei Meilen gethan und um den zweiten oder dritten Tag Ruhetag gehalten haben, auch an den mehristen Orten wegen Ihrer zu nehmenden Arrangements zur Versorgung derer Armee zwei, drei und mehr Tage stehen geblieben seind, davon dann die mährischen und böhmischen Feldmarken, so auf dem Marsch betroffen und zur Subsistance der Armee fouragiret worden, redende Zeugen seind; ohne dass<169> der Feind, so uns allemal in einer gewissen, obschon sehr entfernten Distance gefolget ist, sich unterstanden, eine Fouragirung zu behindern oder zu troubliren.

Ew. Excellenz wollen nicht ungnädig nehmen, wenn ich mich über diesen Articul etwas etendiret habe, so bloss aus Respect vor die Wahrheit und um Ew. Excelleuz nur einigermassen davon zu informiren, geschehen ist, da es scheinet, als ob man sowohl österreichscher als russischund französischerseits ein Concert genommen habe, dasjenige durch Gasconnaden und Unwahrheiten zu suppliren, was man, gottlob! nicht ausrichten können, um nur einige Opinion von sich bei dem Publico zu machen. Ich hoffe, bei meinem jetzigen Otio Ew. Excellenz nächstens mehrere wahre Details von dem, was mit obgedachtem Convoi und bei der Saldern'schen Affaire bei Königgrätz vorgefallen, communiciren zu können, auch einiges Detail, was währender Belagerung von Olmütz täglich vorgegangen, zu schicken. Zu Dero Wohlwollen und gnädigen Andenken ich mich respectuosest empfehle.

Eichel.

P. S.

Von der österreichschen grossen Armee wissen wir noch weiter nichts, als dass solche noch in ihrem letzteren Lager in Böhmen stehen und 12 Bataillons nach der Lausnitz detachiret haben soll, um sich mit dem sächsischen Prinz Karl, wann er mit einem Corps Russen dahin kommen wird, zu conjungiren,169-1 welches aber, ob Gott will! aus Ew. Excellenz bekannten Ursachen nicht reussiren wird.

Auszug aus der Ausfertigung.


10206. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Heinzendorf, près de Bolkwitz,169-2 13. August 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 11. dieses richtig erhalten und habe nicht sonder Befremden aus solchem ersehen, dass Ihr Mir nichts eigentliches von der Position des Feindes anzeigen können. Es soll derselbe bei Meseritz stehen: so schreibet Mir, ob die russische Armee daselbst wirklich sich befinde, massen Ich nothwendig wissen muss, wo der Feind ist, sonst Ich ja nichts thun [kann. Ihr]169-3 könnet über Küstrin über die Oder detachiren, und da Ihr so viel Husaren bei Euch habet, von dem, so Ihr wissen wollet, [Euch] leicht au fait setzen. Sollte der Feind auf Küstrin einen Anschlag haben, so müsste man suchen, da über die Oder zu kommen, und zu dem Ende eine so grosse Anzahl Kähne als möglich zusammenbringen, da dann sehr leicht eine Brücke über die Oder zu schlagen sein würde. Ich habe die erforderliche Pontons bei Meiner hiesigen Armee, um eine Brücke über die Oder zu<170> schlagen; Ich habe auch deren für Euer Corps d'armée fertigen lassen und kann nicht anders glauben, als dass sie zu Berlin parat stehen, daher Ihr dann solche nur abholen lassen müsset.

Was das von Euch vorgeschlagene Avancement betrifft, so kann Ich vor itzt um so weniger solches goutiren, da bei Eurer Armee bis dato noch nichts von Eclat sich zugetragen. Sie müssen erst recht anbeissen, alsdann mit dem übrigen es sich von selbsten finden wird.

Küstrin n'a rien à craindre; dès que l'on rompt les ponts, aucune bombe n'y peut atteindre. C'est une leurre de l'ennemi, pour vous éloigner de Crossen, mais dont vos Oursomanes170-1 seront les dupes.

Je n'avance rien dans votre corps, avant qu'on ne l'ait mérité en combattant pour la patrie, comme cela convient, et non pas comme cela est allé jusques à présent.

Federic.

Voilà une lettre à laquelle il faut une prompte réponse à Muler.170-2

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Die französischen Zusätze eigenhändig, ebenso der Zusatz im Datum: „près de Bolkwitz“ .


10207. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE DOHNA.

Heinzendorf, 14 août 1758.170-3

Je vous prie de ne point chiffrer des compliments qui me font perdre un temps infini à les déchiffrer. Je vois enfin, par la relation du général Manteuffel, que l'ennemi est entre Landsberg et Schwerin.170-4 Je crois qu'il est embarrassé pour ses subsistances, et que la nécessité l'obligera peut-être à tenter fortune, ce qui pourrait fort bien arriver. Vous avez bien fait jusqu'ici de ne point quitter votre camp de Francfort. Mais il faudra pourtant penser à nous joindre. Je serai le 17 à l'Oder, comme je l'ai écrit;170-5 le 18, mes ponts sont faits, et je crois qu'en prenant l'ennemi en venant de Züllichau, cela lui donnera la plus grande jalousie pour Posen, où il doit avoir ses magasins, et l'obligera à des marches. Si cela arrive, nous en aurons beau jeu. Mais mandezmoi si l'endroit le plus propre pour notre jonction serait Liebenau,170-6 ou quel autre endroit vous croyez le plus convenable. Je n'ai point d'appréhension des Autrichiens, on y a déjà pourvu, et ne pensez absolument qu'à notre jonction et à la façon d'attaquer l'ennemi.

<171>

Voilà notre affaire, et répondez-moi sur tous ces points, dont j'ai [par] vous besoin d'être informé. Envoyez-moi quelque chasseur jusqu'à Züllichau, pour que je puisse diriger mes marches sur Meseritz et faire former mes colonnes. Je crois que vous serez obligé de laisser deux bataillons à Francfort, pour que la ville en soit mieux munie, et qu'au cas que vous ayez besoin de convois, vous puissiez les tirer de là.

Je vous envoie Krusemarck qui vous expliquera toutes mes idées, et auquel vous donnerez une réponse positive sur tout. Je vous prie, point de chiffres allemands! il faut être court et ne chiffrer que les choses secrètes. Krusemarck vous dira toutes mes idées; il ne s'agit que de m'informer bien exactement des mouvements de l'ennemi; et, si plaît au Ciel, quelque difficulté que l'on nous fasse, nous la surmonterons. Mon armée est à Landshut, un corps à Greifenberg, de sorte que, si malheur n'arrive, ce flanc-là sera gardé. Quant au reste, il faudra agir du jour [à] la journée et à mesure que l'on avance, à mesure que nous verrons plus clair; mais ce que Krusemarck vous dira, ce sont mes idées. Je ne sais si peut-être l'ennemi pourrait avoir des magasins à un endroit que j'ignore; c'est ce que vous saurez peut-être.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Genetalstahs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig, ebenso der Anfang des Schreibens bis „votre camp de Francfort“ ; das danach Folgende war chiffrirt.


10208. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Heinzendorf, 14 août 1758.

Je compte d'être le 17 à l'Oder. Comme les Russes font des mouvements tous les jours, et que mes généraux n'en sont que médiocrement bien instruits,171-1 je ne puis aller qu'à tâtons, je ne puis rien vous dire de plus précis jusqu'à ce que j'aie fait encore quelques marches.

En attendant, vous saurez que j'ai fait marcher Zieten du côté de Greifenberg,171-2 pour observer les Autrichiens et pour tâtonner les détachements qu'ils pourraient envoyer en Lusace.

Quant à votre cavalerie,171-3 vous pouvez compter là-dessus qu'on vous la renverra, mais pour peu qu'on en aura besoin, vous sentez bien qu'il faudra en faire usage.

Tout ce que je puis vous dire des Russes, c'est qu'ils sont entre Landsberg, Schwerin et Kœnigswalde.171-4

Federic.

Nach der Ausfertigung.

<172>

10209. AN DEN OBRISTEN VON HACKE IN GLOGAU.

Heinzendorf, 14. August 1758.

Ihr müsst sogleich alle nur mögliche Anstalten machen, dieweil die Infanterie nur bis zum 21. mit Brod und die Kavallerie mit bis den 18. verpfleget ist, und Ich selbige bis den 28. inclusive verpfleget wissen will: als muss sogleich Anstalt zum Backen gemacht werden, und müsset Ihr Mir das Brod durch Bauerwagens nachschicken. Der Capitän von Wendessen weiss, wo Ich hinmarschire und wo Ich ohngefähr übergehen werde.

Mein Corps gebrauchet täglich 15,000 Portiones, und für die drei Tage, so die Kavallerie weniger als die Infanterie hat, sind auch 15,000 Portiones nöthig. Ihr sollt also auf 7 Tage bis den 28. Mir darfür sorgen, dass Ihr Mir täglich 15,000 Portiones backen lasst und Mir solches zuverlässig nachschicket.

Dieses ist sehr pressant, und könnte man es mit Wagens nicht mitkriegen, so könnte es Wendessen auf die Schiffe mitnehmen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10210. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.172-1

Heinzendorf, 14. August 1758.

Woferne nichts neues währender Meiner Abwesenheit dorten sich zugetragen und die Umstände sich nicht geändert haben, so werden Ew. Liebden den Generallieutenant von Zieten mit einigen Bataillons, durch etwas Kavallerie renforcirt, zu detachiren belieben und ihn dahin instruiren, dass, wann der Feind durch die Lausnitz gehen wollte, er ihm resistiren, allenfalls im Rücken nachgehen müsse.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10211. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Dalkau,172-2 15. August 1758.

Eure beide Berichte vom 13. und 14. dieses sind Mir wohl eingekommen, und will Ich Euch darauf in Antwort nicht verhalten, dass Ich der Meinung bin, der Russen ihre Absicht ziele dahin, mit einem Corps in die Lausnitz einzudringen.172-3 Meine Idee ist noch immer dieselbe, betreffend den Uebergang über die Oder, und Fermorn, der bei Schwerin stehet, zu attaquiren; wovon Ich auch nicht abgehen werde,<173> es wäre dann, dass sie alle über die Warthe gingen. Dann kriege Ich der Leute Magazin zu Posen, so müssen die anderen, so jenseit der Warthe, von selbst zurück. Sollte aber die sämmtlich russische Armee über die Warthe gehen, so wird doch immer ein Corps bei Landsberg sein müssen, um dem Feinde behinderlich zu fallen, und dann würde das Moment sein, bei Küstrin über die Oder zu gehen. Ihr werdet aber sehen, dass, so wie wir Meseritz uns näheren werden, alle das Krop zurückkommen wird.

Unterdessen schadet das Detachement von Schorlemer173-1 im geringsten nicht, sondern ist vielmehr gut, um bei Küstrin über die Oder kommen zu können, um da zu sein, wo sich die gesammte Macht der russischen Armee hinwendet.

Morgen werde Ich in Wartenberg sein, und würde Ich Mir doch nichts umgehen, wann Ich auch über Züllichau ginge.

Was den Articul vom Brod angehet, so bin Ich damit vollenkommen für Mein Corps d'armée versorget.

Avant que j'arrive dans votre voisinage, l'ennemi fera encore d'autres mouvements; ainsi il faudra se donner patience jusqu'à ce qu'il se détermine. En ce temps, j'avance, et nous trouverons toujours le moment de frapper notre coup, soit de droite ou de gauche.

J'attends demain Krusemarck173-2 à Wartenberg, et dès que je lui aurai parlé, vous recevrez une grande instruction détaillée de ma part.

Je m'arrange de façon que, de quelque côté que cela tourne, je suis en état d'agir également.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10212. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Wartenberg,173-3 16. August 1758.

Ihr habt ganz wohl gethan zu marschiren,173-4 und approbire Ich vollenkommen, dass Ihr die zwei Regimenter von Meinem Bruder173-5 bei Euch behalten habet. Uebrigens werde Ich so geschwinde als möglich zu Euch stossen. Küstrin muss sich durchaus, bei Risico des Kopfs! nicht an den Feind ergeben. Heute ist der siebente Tag Meines Marsches, und habe Ich in der Zeit 21 Meilen marschiret. Ich marschire nunmehr gerade auf Frankfurt, damit, wann es noch Zeit ist, Ich zu<174> Euch stossen könne. Ich wünsche von Herzen, dass Ihr den Feind schlaget, und geschiehet es, so müsset Ihr Mir nur gleich Nachricht geben, damit Ich auch etwas dabei thun und den Feind verfolgen helfen kann. Sollte aber, da Gott vor sei! ein Unglück geschehen, so müsset Ihr Euch so lange zu [halten] suchen, bis Ich bei Frankfurt zu Euch stosse; da wir dann den Feind nochmals angreifen und, so lange wir uns nur regen können, an sie machen müssen. Das beste aber ist, dass darunter nichts zu besorgen ist und Ihr alles wohl ausrichten werdet.

Vous avez très bien fait, et il faut que vous gardiez avec vous la cavalerie de mon frère. Je marche par Crossen où je serai le 18, le 19 repos, le 21 à Francfort, le 22 dans votre armée. J'ai du pain jusqu'au 28; pour le fourrage, vous en aurez soin.

Federic.

Quoi qu'il arrive, il faut que Küstrin tienne, ou sous peine de mort et des plus grands supplices, si quelqu'un parle de se rendre.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Die Zusätze eigenhändig.


10213. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Wartenberg, 16. August 1758.

Da Ich heute bei Meiner Ankunft zu Wartenberg die Nachricht von dem Generallieutenant Grafen von Dohna erhalte, dass die russische Armee bis Küstrin vorgerücket sei und den Platz angefangen habe zu beschiessen, er also auch sein bisheriges Lager geändert habe, um Küstrin zu Hülfe zu eilen und den Uebergang der Russen über die Oder zu hindern und zu schlagen, so könnte es leicht geschehen, dass, ehe Ich Mich mit der Dohna'schen Armee conjungiren könne, es zur Action zwischen derselben und den Russen gekommen wäre. Unterdessen thue Ich Mein möglichstes, um die Junction vor der Bataille zu effectuiren. Ich gedenke also, den 18. bei Crossen, den 21. bei Frankfurt und den 22. bei Dohna zu sein.

Ew. Liebden habe Ich von obigem, damit Sie au fait von demjenigen, so hier passirt, sein möchten, im Vertrauen Nachricht geben wollen.

Uebrigens überkommen Ew. Liebden beigehend die Continuation Meiner diesjährigen Campagne.174-1

Friderich.

Nach der Ausfertigung.

<175>

10214. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Plothow,175-1 17. August 1758.

Ich habe Ew. Liebden Schreiben vom 16. dieses richtig erhalten und daraus mit mehrern ersehen, was Dieselben Mir vom Feinde in dasigen Gegenden zu melden beliebet, und habe Ich das gewisse Zutrauen zu Ew. Liebden, Dieselben werden alle möglichste Attention darauf richten, damit dorten in keinem Stücke etwas versäumet werde. Sollten Ew. Liebden hiernächst von derer Oesterreicher Bewegungen gegen die Lausnitz etwas in Erfahrung bringen, so ersuche Dieselben, Meinem Bruder, dem Prinzen Heinrich, ungesäumt Theil davon zu geben.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10215. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Plothow, 17 août 1758.

De tout ce que vous m'écrivez en date du 14 de ce mois, je juge que l'ennemi fait tout ce qu'il peut pour vous donner beaucoup de jalousie du côté de la Saxe, afin de faciliter les opérations des Russes.

Vous saurez qu'après avoir bombardé Küstrin, sans l'avoir pu prendre jusqu'à présent, ce qui y a causé un grand incendie, ils sont sur le point de passer l'Oder. Toutefois, je ne puis joindre Dohna que le 22 de ce mois; ainsi, à moins de ne vouloir tout perdre, je n'oserais vous renvoyer les dix escadrons175-2 qu'après la jonction. Le margrave Charles aura l'œil sur le corps qui pourra vouloir pénétrer en Lusace, et avant qu'il puisse être en atat d'entreprendre quelque chose en force, mon affaire avec la Russie sera décidée, qui paraît à présent la plus importante à tous égards.

Ayez toutes vos attentions à ne vous pas laisser couper de l'Elbe, ce serait le plus mauvais tour que l'on pourrait vous jouer. Quant au reste, je crois que toutes ces manœuvres ne sont que pour vous amuser; elles pourraient devenir sérieuses avec le temps, mais j'espère alors d'être en état de vous aider et de m'y opposer conjointement avec vous.

Federic.

Nach dem Concept. Der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.


10216. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

17 [août 1758].175-3

Mon cher Frère. J'ai reçu une lettre de ma sœur, avec des nouvelles de sa santé175-4 qui ne mettent guère l'esprit en repos. Vous pouvez juger de l'impression que tant d'appréhensions doivent jeter dans<176> mon esprit. Enfin, mon cher frère, nous n'avons que des pertes à regretter et des pertes à craindre. Cela et les affaires qui me passent actuellement par les mains, ne me mettent pas à mon aise, ni en état de faire la belle conversation.

Mon frère Ferdinand a été assez mal, mais il est hors de tout danger.

Quant aux affaires, je vous renvoie a mon grimoire,176-1 vous priant etc.

Federic.

Voudriez-vous bien vous charger à passer les incluses176-2 à leur adresse.

J'ai oublié de vous dire que je n'ai pas pensé à faire revenir M. de Mailly;176-3 je lui écris même qu'il n'a qu'à rester chez lui. Pour ce qui regarde Mittrowsky,176-4 il dépendra de vous de le relâcher sur sa parole.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10217. UNTERREDUNG DES KÖNIGS MIT DEM GROSSBRITANNISCHEN MINISTER MITCHELL.

[August 1758.]

Mitchell berichtet an Holdernesse, Crossen 18. August (secret), er habe dem Könige die Gefahren vorgestellt, welche durch die Abberufung der preussischen Kavallerie176-5 von der hannoverschen Armee entstehen könnten: „His Prussian Majesty, after hearing with attention every thing I had to say, replyed: « You must remember those troops were only lent till I had occasion for them, and, though that is the case, I had no intention to withdraw them, if the necessity of my affairs had not obliged me, and you cannot but be sensible I want troops, as you see the hard struggle I am forced to make against armies much superior in number, and upon what unequal terms I am obliged to act and to risk every thing. But, as a proof of the regard I have for His Majesty, I have some days ago upon a representation made by Prince Ferdinand, given him leave to keep the troops and to use them in case he thinks there will be an action soon;176-6 I have also acquainted him of my march, and that, if I succeed against the Russians, the cavalry shall remain with him, but, if I am unfortunate, they must be sent back immediately;176-7 for I cannot do without them . . .  »“

Nach der Ausfertigung im Public Record Office zu London.

<177>

10218. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Crossen, 18 août 1758.

J'ai reçu et lu votre rapport du 15 de ce mois, et il faut bien que je vous dise que, si vous employez Kœppen à régler l'article du change des subsides en question,177-1 c'est la même chose comme si vous commettiez à Splitgerber de mettre lui-même le prix au change qu'il exige. Il faut donc faire choix de quelque autre pour financer cette affaire.

Quant à celles qui se passent ici, je puis vous dire qu'en 5 ou 6 jours tout sera décidé, au cas que les choses aillent bien, comme j'espère.

A la réception de la bonne nouvelle, vous pourrez venir un jour chez moi, et alors nous réglerions ensemble les affaires dans le détail desquelles je ne saurais entrer présentement.

Je ferai une diligence qui vous étonnera tous.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10219. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Crossen, 18. August 1758.

Euren Bericht vom 17.177-2 habe Ich erhalten, und bin von Euren Dispositionen wohl zufrieden; und da Ich es dem Verlauf der Sachen nach für nöthig zu sein erachte, so werde morgen nach Ziebingen177-3 und übermorgen bei Frankfurt jenseit der Oder sein. Sollte Mir etwas von russischen Truppen nachkommen, so werde solche gewiss wegjagen; kommen sie Mir aber nicht zu nahe, so werde den Bienenschwarm nicht stören, um je eher je lieber den 21. mit Euch zusammenzustossen.

Unterdessen müsset Ihr die Leute in dem Wollupschen177-4 und anhegenden Aemtern avertiren, dass sie ihr Vieh und beste Effecten und Lebensmittel nach Lebus schaffen, damit der Feind da nichts finde, maassen es das beste sein wird, dass wir die Russen nur heranlassen, um sie recht zu schlagen.

<178>

Uebrigens werdet Ihr wohl thun, Mir einen im Grunde gelegenen Ort zu choisiren, woselbst Ich, damit Ich nicht so leicht gesehen werde, zu campiren gesonnen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10220. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Ziebingen, 19. August 1758.

Euren Bericht vom 18. habe Ich wohl erhalten, und dienet Euch zur Nachricht, dass Ich morgen in Frankfurt sein werde.

Indessen müsset Ihr auf alle die Oerter raffiniren, wo wir über die Oder an den Feind kommen können, und wäre Meine Idee diese, dass man bei dem Hornwerk178-1 eine Brücke über die Oder schlüge, das Hornwerk, den Wall und Contre-Escarpe stark mit Canons besetzte. Pontonbrücken könnte man alsdann zwei schlagen, bei dem Hornwerk, und sie sodann herumbringen und feste machen. Damit auch solches um so leichter angehen möge, so müsste man falsche Miene machen, als wäre man gesonnen, Brücken bei Sonnenburg oder Freienwalde übet die Oder zu schlagen. Diese Passage über die Oder wird nothwendig gut von Statten gehen, woferne der Feind den Galgenberg nicht besetzet hat. Auf den Fall aber dieser besetzet sein sollte, so müsste man gar einmal weiter nicht daran denken, und würdet Ihr auf etwas anderes raffiniren müssen. Herüber müssen wir, es mag kosten, was es wolle; denn Ich käme sonst in die grösste Verlegenheit und Bredouille.

Uebrigens approbire, dass der Capitän von Schulenburg sogleich nach Berlin abreiset, um sich daselbst der ihm aufgetragenen Commission178-2 mit so mehr Nachdruck zu unterziehen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10221. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Ziebingen, 20. August 1758.

Ew. Liebden Schreiben vom 18. dieses habe wohl erhalten, und thun Ew. Liebden über die Maassen wohl, dass Sie das in Dero obgedachtem Schreiben erwähnte Mouvement178-3 machen wollen.

<179>

Ich marschire heute nach Frankfurt, morgen halte Ich Rasttag, übermorgen marschire Ich zu Dohna, um die Russen zu attaquiren, sobald Ich nur einigermaassen im Stande sein werde. So aber wie das vorbei, so werde Ich Mich gegen die Lausnitz drehen müssen, um Mich allda denen Oesterreichern zu opponiren.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10222. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

Francfort-sur-l'Oder, 20 août 1758.

J'ai bien reçu votre rapport du 14 de ce mois, et j'entre dans les raisons de Votre Altesse, pour convenir avec Elle que Sa situation est gênée.179-1 Votre Altesse sera d'accord avec moi que la mienne ne l'est pas moins dans les circonstances présentes qui me mettent dans le plus grand embarras du monde, et il faut que nous considérions que mon frère Henri ne saurait être à son aise vis-à-vis de l'ennemi qu'il a en tête, n'ayant en tout que 15 escadrons de cavalerie, après les détachements qu'il a été obligé de faire à l'armée de Dohna,179-2 et pour se conserver la communication avec ces pays-ci. Les Russes se sont avancés de plus près de Küstrin et l'ont brûlé au moyen d'un terrible bombardement; la place tiendra bon nonobstant. Après avoir pendant 11 jours fait près de 31 milles de chemin, je marche demain pour me joindre à Dohna, afin de passer l'Oder; je ne manquerai pas de donner de mes nouvelles à Votre. Altesse, dès qu'il y aura quelque chose de décidé ici.

Quant à Sa manœuvre, j'en reconnais la nécessité; mais, d'un autre côté, vous avez été joint par un gros renfort de troupes anglaises, qui vous mettra certainement en état de combattre les Français avec avantage, surtout dans un pays plus uni que celui où vous vous êtes trouvé au delà du Rhin, de façon que j'espère que Contades vous fournira, pour le combattre, une occasion belle et honorable.

Au reste, je me suis expliqué tout au long envers Votre Altesse<180> dans ma lettre précédente180-1 au sujet de ma cavalerie qui sert dans Son armée.

Federic.

Nous allons combattre les Russes, mon cher, nous sommes partis le 11 de Grüssau et avons fait par conséquent 31 milles en 9 jours.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10223. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Francfort-sur-l'Oder, 20 août 1758.

J'ai bien reçu votre rapport du 19 de ce mois, et je ferai de mon mieux à ce que vous soyez content de moi en peu de jours d'ici. Présentement, il me suffira de vous dire que j'ai fait en 11 jours180-2 31 lieues de marche.

Quant à Knyphausen, j'agrée qu'il s'arrête encore une couple de mois à Londres,180-3 mais vous savez, comme moi, que l'état actuel de mes caisses ne souffre guère un extraordinaire si considérable, et que nous sommes plus que jamais dans le cas de devoir user d'épargne.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10224. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Frankfurt, 20. August 1758.

Ich überschicke Euch anbei die Ordre de bataille.180-4 Ueberdem ist es Mir sehr lieb, dass noch alles ruhig und in gutem Stande bei Euch ist. Morgen früh gegen 7 Uhr werde Ich bei Euch sein, und werde Ich in Eurem Hauptquartier abtreten und mit Euch von allen übrigen Sachen und Arrangements Abrede nehmen; worauf Ihr Euch verlassen könnet, dass Ich gegen 7 Uhr bei Euch eintreffen werde.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10225. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Gorgast,180-5 21. August 1758.

Ew. Liebden Schreiben vom 19. habe Ich ganz wohl erhalten und haben Dieselben dem General von Treskow von Meinetwegen zu antworten, dass er gegenwärtig nichts zu besorgen hätte. Er hätte genug an 2700 Mann, um Neisse rechtschaffen zu defendiren. Ich könnte nicht überall sein, und würde Ich ihm, wenn Ich hier mit denen<181> Russen fertig sein würde, schon zu Hülfe kommen. Dem Generallieutenant von Zieten181-1 belieben Ew. Liebden aufzugeben, dass er den Feind nach Kottbus verfolge und ihn nicht aus Augen lasse. Uebrigens sobald Ich mit denen Russen fertig sein werde, werde Ich nach der Lausnitz marschiren und nach Neisse detachiren können. Dieses wird sich hoffentlich nicht mehr lange verzögern, indem Ich den 23. oder 24. über die Oder gehen und die Russen, welche bei Küstrin jenseit der Oder stehen, sobald Ich à portée, attaquiren werde.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10226. AN DEN GENERALLIEUTENANT VON ZIETEN.181-2

[August 1758.]

Ich werde den 23. über die Oder gehen, den 24. den Feind attaquiren, den 25. die Oder bei Küstrin gleich wieder passiren und alsdann mir sogleich nach Guben ziehen. Er soll mir nur den Feind so lange abhalten, dass ich die wenige Tage gewinne.

Friderich.

Weisungen für die Antwort. Eigenhändig auf der Rückseite des Berichts von Zieten, Löwenberg 20. August.


10227. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Gorgast, 22. August 1758.181-3

Da alle Meine Nachrichten einstimmig versichern, dass die österreichische Armee je mehr und mehr nach der Lausnitz sich ziehe, als habe Ich Ew. Liebden hierdurch aufgeben sollen, um die Leute von Berlin abzuziehen, Ihre Märsche so zu dirigiren, dass Sie über Guben zu Mir stossen können; und müssen Dieselben die österreichische Armee beständig cotoyiren und nur einen kleinen halben Marsch vorlassen. Diese Nacht gehe Ich über die Oder und gedenke Ich, zwischen dem 24. und 25. zu attaquiren, welches vermuthlich bei Landsberg sein wird. So wie das vorbei, werde Mich gleich nach Guben ziehen.

Wenn aber Ew. Liebden nach der Lausnitz Sich herunterziehen werden, so muss doch der Generallieutenant von Fouqué bei Landshut stehen bleiben.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.

<182>

10228. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Gorgast, 22 août 1758.

J'ai reçu votre lettre du 19 de ce mois, et je dois vous dire que vous pensez admirablement sur les circonstances présentes des affaires;182-1 je ne saurais rien y ajouter, si ce n'est que le dessein du général Daun n'est pas probablement de prendre Pirna. Pour l'éviter, il vous restera toujours de prendre le camp de Zehist,182-2 et l'ennemi pourra en effet bombarder la ville,182-3 mais il la prendra tout aussi peu que les Russes ont pris Küstrin.

Quant à ce qui me regarde, je compte passer cette nuit ou demain matin l'Oder, et après-demain je tâcherai de combattre l'ennemi. Le dessein de Daun est sûrement de faire marcher Laudon à Berlin,182-4 pour nous empêcher de passer l'Oder; mais le général Zieten,182-5 à ce que j'espère, l'en empêchera.

Le capitaine Monjou est fait major et commandera dorénavant le bataillon franc de Chossignon.182-6

Federic.

Nach dem Concept.


10229. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Gorgast, 22 août 1758.

J'ai bien reçu vos deux rapports du 20 d'août. Je me réfère à ma précédente182-7 et me bornerai simplement à vous dire qu'au cas que je réussisse ici contre les Russes, le corps de ma cavalerie qui est encore avec l'armée alliée,182-8 y restera; mais que, si je suis malheureux, il faudra qu'elle retourne à mon armée. Je passerai cette nuit ou demain matin l'Oder et tâcherai de combattre l'ennemi le lendemain.

Federic.

Vous aurez dans peu de jours de mes nouvelles.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.

<183>

10230. AN DIE GENERALE DER ARMEE.

Order an meine Generals dieser Armee, wie sie sich im Fall zu verhalten haben, wann ich sollte todt geschossen werden.

Im Lager bei Küstrin, 22. August 1758.

Sollte die Bataille gegen die Russen gewonnen werden, wie wir es alle hoffen, so muss der Feind mit aller Vigueur verfolget werden. Alle Freibataillons mit einem preussischen183-1 Grenadierbataillon und Kreytzen nebst Malachowski-Husaren erstlich geschicket nach Driesen, um sie auszunistelen; darnach muss dieses Corps in Polen herein, um die Polen so viel mehr gegen die Russen zu animiren, und sich also der Weichsel nähern. Der General Dohna mit seinem Corps und 2 Bataillons Pioniers und Burgsdorff183-2 marschiret sogleich gegen Königsberg183-3 und Soldin, jaget die Russen aus Pommern und wendet sich über Stettin gegen die Schweden.

Das Corps, was ich bei mir gehabt habe, neben die zwei Kürassierregimenter von meinem Bruder Heinrich,183-4 Kurssell und Bülow marschiren sogleich wieder von Küstrin nach Frankfurt und so in der Lausnitz, um dem Laudon Inhalt zu thun. Auf vier Wochen Mehl können sie aus Berlin auf dem Neuen Graben183-5 nachkriegen, und muss dieses Corps erstlich die Mark decken und nach denen Umständen entweder zum Markgrafen oder Prinz Heinrich stossen.

Es muss gleich nach meinem Tod die Armee in meines Neveus Eid genommen werden, und da mein Bruder Heinrich Vormund desselben mit einer unbeschränkten Autorität ist, so muss die ganze Armee seine Befehls so respectiren als die von dem regierenden Herrn.

Ich will, dass nach meinem Tod keine Umstände mit mir gemacht werden. Man soll mir nicht öffnen, sondern stille nach Sans-souci bringen und in meinem Garten begraben lassen.183-6

Dieses ist mein letzter Wille, und hoffe, dass alle meine Generals und die Armee solchem stricte nachleben werden.

Friderich.

NB. Sollte die Bataille verloren gehen, so muss sich die Armee hinter Küstrin setzen, von allen anderen Armeen Secours an sich ziehen und je eher je lieber dem Feind von frischem wieder auf den Hals gehen.

Friderich.

Eigenhändig.

<184>

10231. AN DEN GENERALLIEUTENANT VON ROCHOW IN BERLIN.

Klossow, 184-1 24. August 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 21. dieses erhalten und habe Euch darauf in Antwort ertheilen wollen, dass Ihr einen Capitän mit 100 Mann nach Potsdam abschicken sollet. Was aber Spandau betrifft, so finde Ich nicht für nöthig, dahin etwas von Truppen von der Berliner Garnison zu detachiren, es wäre dann, dass der Feind mit einer überlegenen Macht, welches aber nicht geschehen und also der Cas nicht existiren wird, auf Berlin anmarschirete. Geschähe das letztere, so aber, den gegenwärtigen Umständen nach, da keine überlegene Macht mehr nach Berlin kommen kann, nicht zu vermuthen stehet, so muss die Garnison nach Spandau; jetzt aber muss nichts dahin detachiret werden; also müsset Ihr aus der Stadt nicht heraus, es geschehe was will.

Friderich.184-2

Nach dem Concept.


10232. RELATION.184-3

Notre dernière relation184-4 a contenu les détails de la retraite de l'armée du Roi jusqu'à Kœniggrætz. Nous y ajouterons à présent la marche en Bohême, et ce qui en ont été les suites.

Après que le général-lieutenant de Retzow eut battu le corps du général de Saint-Ignon qui l'attaqua auprès de Holitz,184-5 et qu'il eut rejoint l'armée à Kœniggrætz, le Roi détacha le lieutenant-général Fouqué avec 16 bataillons et 15 escadrons pour occuper le poste de Nachod et les gorges de la comté de Glatz.184-6 Le Roi marcha lui-même à Opotschno, dont le général Laudon fut chassé avec perte d'un capit[aine] et de 100 pandours qui furent faits prisonniers.184-7 Le 22 de juillet, le maréchal Daun prit son camp sur les hauteurs de Libischan. Ce camp était inattaquable par son front et par ses ailes.

Des raisons dont on verra bientôt les suites, obligèrent le Roi de<185> quitter la Bohême et de se retirer en Silésie. Cette retraite se fit de la manière suivante :

Le 26, l'armée quitta le camp de Kœniggrætz; la nuit du 25 ou 26, le régiment de Panwitz,185-1 qui occupait le faubourg au delà de l'Elbe, fut attaqué par des pandours. Le malheur voulut que le général de Saldern185-2 et le colonel de Blanckenburg,185-3 qui avait les dispositions de la retraite, furent tués à la première décharge. Cela fit que les officiers qui ne connaissaient pas tous les postes, ne les retirèrent pas avec l'ordre et selon la disposition que les commandeurs en avaient, et ils oublièrent un poste où il y avait 2 canons et 28 hommes, qui tombèrent entre les mains des ennemis. D'ailleurs, la retraite se fit sans perte. L'ennemi détacha la valeur de 3000 hommes après notre arrière-garde, mais ils furent si bien tenus en respect que même on les chassa des hauteurs de Libritz où ils voulaient se former.

Le 28, l'armée passa la Metau,185-4 et nos hussards firent 50 prisonniers sur ceux de l'ennemi. Nous prîmes le camp de Jassena,185-5 où il ne se passa rien de remarquable. Le lieutenant-général de Retzow fut détaché vers les hauteurs de Studnitz, d'où il chassa le général Jahnus.

Le 1er d'août,185-6 l'armée marcha à Skalitz. Le lendemain,185-7 une montagne qui était au delà de sa droite occupée par le bataillon franc de Le Noble, fut attaquée par 8000 hommes sous les ordres du général Laudon. Le Noble les repoussa, et soutenu ensuite par un bataillon de grenadiers, cela acheva de mettre l'ennemi en déroute. On leur prit 4 officiers et 67 hommes. L'armée se campa le 6 à Wissoka,185-8 le 7 à Pölitz et le 9 à Landshut, sans voir d'ennemis.

C'est de là dont un détachement est parti sous les ordres du Roi pour joindre l'armée du lieutenant-général de Dohna. Nous nous sommes mis en marche le 11. Le 20, nous sommes arrivés à Francfort, le 22, la jonction des troupes s'est faite au camp de Küstrin, le 23, nous avons passé l'Oder à Güstebiese,185-9 et nous avons pris notre position entre Zellin et Klossow. Cette marche qui était de 4 milles, avait très fort fatigué l'armée, surtout si l'on réfléchit au passage de rivière et aux<186> peines que l'on eut à construire le pont. Le 24, nous n'avons marché que l'après-midi; pour nous approcher de l'ennemi, notre avant-garde se porta sur la Mietzel186-1 et l'armée au village de Darmietzel. Par ce passage de rivière, nous avons coupé l'armée russienne de tous les gros détachements qu'elle a faits tant à Kœnigsberg186-2 qu'à Schwedt et vers Freienwalde. L'on amène quantité de prisonniers à notre armée.

Demain, cela en viendra à une action décisive. Les mesures se prennent avec tant de justesse qu'il ne faut point douter que cela ne réussisse à souhait.

Les Moscovites font une guerre de barbares dans les États du Roi; ils brûlent tous les jours des villages, ils pillent d'une façon inhumaine, ils tuent des femmes, des enfants, des vieillards et commettent des horreurs qui font frémir la nature. L'on a eu naguère des nouvelles de Pétersbourg qui marquent que 5 officiers et 200 prisonniers qu'ils avaient de la bataille de Jægerndorf, avaient été envoyés en Sibérie.

Nous nous réservons de vous donner incessamment la relation186-3 de la bataille qui va se donner.

Nach der eigenhändigen Niederschrift des Königs.


10233. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

Camp auprès de Küstrin, 25 [août 1758].

Ma très chère Sœur. J'ai la satisfaction de vous mander que nous avons battu les Russes; nous n'y avons pas perdu grand'chose, mais l'ennemi a fait des pertes très considérables en hommes et en artillerie, Je vous embrasse de tout mon cœur; rien ne m'est arrivé, mais je me flatte que cette nouvelle contribuera au rétablissement de votre santé et à votre entière guérison.186-4

Adieu, chère et très chère sœur, je vous embrasse mille et mille fois.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10234. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Auprès de Küstrin et Tamsel,186-5 25 [août 1758].

Nous venons de battre les Russes; la bataille a duré 9 heures et a été très sanglante. Je ne saurais vous rendre raison de tout, parcequ'il est nuit, mais tant y a que nous avons pris trois lieutenantsgénéraux. Dans ce moment, on me dit que Fermor va se rendre. Nous avons leur caisse de guerre, et l'obscurité nous empêche de les poursuivre. Nous leur avons pris beaucoup de canons, mais comme il<187> m'est impossible de rendre raison d'aucun détail, je le remets jusqu'à demain. Ceci n'est que pour contenter le public.

Si nous n'avions pas combattu pour la patrie,187-1 jamais je n'aurais pu parvenir à faire garder cette contenance aux troupes, et encore cela a beaucoup coûté.

A 8 heures et demie du soir.

Federic.187-2

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10235. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Près de Tamsel, 25 [août 1758].

Mon cher Frère. J'ai tourné les Russes toute cette matinée, je les ai attaqués à 9 heures, nous sommes restés dans un feu épouvantable jusqu'à 7 heures du soir. La bataille du poste de Quartschen187-3 fut gagnée à 2 heures; après quoi nous avons été sur le point d'être battus totalement, et par trois succès différents, où je n'ai pas toujours trouvé tout le secours possible dans l'infanterie, je les ai battus. Je suis très content de la cavalerie.

Je ne sais ni la perte de l'ennemi, ni la mienne. Nous avons trois lieutenants-généraux. On me dit dans ce moment que Fermor s'est rendu“, je ne l'assure pas. Pour le canon et le reste du détail, je me réserve à vous le faire, quand je le saurai.

Adieu, cher frère, je suis accablé; je vous embrasse de tout mon cœur.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10236. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Ohnweit Klossow,187-4 25. August 1758.

. . . Den187-5 25. habe Ich den Feind angegriffen und geschlagen. Man ist in Verfolgung desselben begriffen. Morgen werde Ich einen Ruhetag halten müssen, sodann aber Meinen Marsch mit einem Theil der hiesigen Armee auf Guben dirigiren und gedenke dadurch Meinen Hauptendzweck zu erreichen, dass den 28. dieses Berlin vollkommen gedecket und ausser Gefahr sein soll.

Friderich.

<188>

Wir haben die russische Armee heute morgen um 9 Uhr attaquiret, dieses ist zwei Meilen von Klossow geschehen. Die Bataille ist ungemein blutig und hartnäckig gewesen, indem sie ganze neun Stunden gedauret hat. Wir haben einen vollenkommenen Sieg über den Feind erfochten. Particularia kann Ich vor der Hand an Ew. Liebden noch weiter nicht melden, als dass wir drei Generallieutenants und eine grosse Menge Canons erbeutet haben.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10237. AU COLONEL COMTE DE HORDT.188-1

Au quartier général de Zorndorf, 26 août 1758.

J'ai reçu votre lettre du 25 d'août, et je dois vous dire par la présente qu'au cas que vous ne soyez à même de construire deux ponts à Kienitz,188-2 vous vous borniez à en faire construire un, en y amenant tous les pontons et bateaux. Mon intention est d'y faire passer toutes les munitions de guerre du corps du comte Dohna, et il faudra que ce qui se trouve de munitions de guerre à Küstrin, en sorte cette nuit au faubourg. Je compte de détacher demain à sa rencontre. Je ne saurais assez vous recommander l'article des susdites munitions de guerre, pour y faire une extrême diligence, et que vous y ajoutiez même tout ce qui s'en trouvera encore à Küstrin. Le pont que vous ferez construire, ne devra pas être plus proche qu'à Kienitz. Quant aux prisonniers de guerre, il faudra que vous les gardiez chez vous.

Federic.

Nach dem Concept.


10238. AU ROI DE LA GRANDE-BRETAGNE.

An camp de Tamsel, 26 août 1758.

Monsieur mon Frère. J'espère que Votre Majesté apprendra avec satisfaction la nouvelle que je Lui mande de la défaite de l'armée russienne sous le commandement du maréchal Fermor. Nous les avons vaincus hier après un combat de 10 heures. Ils s'enfuient à présent en Pologne.

Comme M. Mitchell s'y est trouvé présent, je m'en rapporte à lui sur les détails, étant etc.188-3

Federic.

Nach der Ausfertigung im Königl. Staatsarchiv zu Hannover. Eigenhändig.

<189>

10239. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

Tamsel, 26 août 1758.

Je me flatte que Votre Altesse sera bien aise que je Lui donne la nouvelle de la défaite de l'armée russienne sous le commandement du maréchal Fermor; nous les avons vaincus hier après un combat de 10 heures. Ils s'enfuient à présent par Landsberg.

Je vous envoie ci-joint la relation détaillée de ladite bataille;189-1 mais il faut que j'avertisse en même temps Votre Altesse que les pertes de l'ennemi, bien loin de s'y trouver exagérées, n'y sont pas rédigées à leur juste valeur, et que nous apprenons de jour en jour, même d'un moment à l'autre, que leursdites pertes vont à bien au delà que nous ne l'avons cru d'abord, et que ne le porte la ci-jointe relation.189-1

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10240. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Im Lager zwischen Küstrin und . . .,189-2 26. August 1758.

Ew. Liebden habe Ich bereits unterm gestrigen Dato geschrieben,189-3 dass die Russen geschlagen worden. Ich muss aber Denenselben hierdurch zu wissen thun, dass es sehr schwer gehalten, sie vom Platz zu bringen, dass sich diese Leute wieder gesetzet. Ich hoffe aber, dass aus Mangel von Brod und andere Umstände sie gezwungen sein werden wegzugehen. Sie sind an Zahl so stark gewesen, dass man die Bataille nicht so decisiv, wie man es verlanget, hat machen können. Ich schreibe Ew. Liebden diese Unistände, damit Sie Sich darnach richten können, indem es sich erst zeigen wird, ob diese Bataille Meiner Feinde Desseins derangiren wird oder nicht, oder ob sie ihren Verlust von 12 bis 13,000 Mann leicht ertragen wollen; ob sie die bei Küstrin und Schwedt Commandirte an sich ziehen, sich postiren oder noch einmal eins wagen wollen, oder aber ob sie sonst suchen werden, hier stehen zu bleiben, um der Oesterreicher Project durch die Lausnitz zu favorisiren. Ew. Liebden werden also wohl Dero Mesures darnach nehmen müssen, dass Sie den Daun immer cotoyiren. Ich werde hier nicht fort können, bis dass Ich erst die Russen vom Halse los sein werde. Also müssen Ew. Liebden, auf den Fall der Daun nach der Mark hin wollte, [ihn] daran verhindern und ihm vorbeugen, da dann nach Erforderniss der Umstände mit Ew. Liebden Ich Mich conjungiren

<190>

werde. Ich behalte Mir aber vor, über die gegenwärtige Conjoncturen mit Ew. Liebden nach denen Umständen näher zu correspondiren, und werden Ew. Liebden übrigens belieben, wegen des letzthin über die Russen erfochtenen completen Sieges ein grosses Victoria-Schiessen in Ihrem Lager zu verordnen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10241 AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Quartier général près de Küstrin, 26 août 1758.

Votre Excellence aura sans doute reçu à bon port la lettre du Roi d'hier190-1 au sujet de la glorieuse journée où Sa Majesté a remporté une victoire complète sur l'armée russienne. Aujourd'hui, je dois avoir l'honneur de dire à Votre Excellence, par ordre exprès du Roi, de S'arranger en sorte avec le département des affaires ecclésiastiques à ce que le Te Deum en soit chanté solennellement le plus tôt le mieux dans tous les États du Roi et nommément la Silésie, et qu'Elle avertisse aussi le ministre d'État M. de Borcke à Torgau que la même chose se fasse en Saxe, sur le pied que cela s'est pratiqué ci-devant en pareilles occasions.

Il est d'autant plus nécessaire de relever le prix de cette victoire, afin de tâcher de retenir par là les ennemis du Roi à ne pas précipiter l'exécution de leurs mauvais desseins, le Roi étant à la veille de livrer une seconde bataille aux Russes, qui, quoique sensiblement battus pendant le temps d'au delà de 9 heures de suite et après une perte réelle de plus de 12,000 hommes, paraissent vouloir tenter de nouveau fortune contre leurs vainqueurs. Jamais on n'a vu plus d'opiniâtreté dans un ennemi. Cela a extrêmement fatigué les troupes du Roi, qui à la fin sont pourtant venues si glorieusement à bout de leur tâche. Le Roi tire présentement à lui tout ce qu'il y a moyen de munitions de guerre, et pour lors, je compte qu'il y aura une seconde bataille. Dieu veuille qu'elle soit plus courte et moins meurtrière que celle d'hier!

Coeper.

Nach der Ausfertigung.


10242. AN DEN MAJOR DE RÈGE.

[August 1758.]

Wo er wirklich höret, dass die Oesterreicher sich dort näherten, sollte er sich nach Frankfurt werfen; und dem General Zieten citisssime, dass die Oesterreicher nach Guben.190-2

Weisungen für die Antwort; auf der Rückseite des Berichts des Majors de Rege, Crossen 25. August.

<191>

10243. RELATION.191-1

Relation de la bataille de Zorndorf, du 25 d'août 1758.

L'armée moscovite était vis-à-vis de Küstrin le 22, lorsque le Roi joignit le général comte Dohna. Les batteries étaient établies et la parallèle immédiatement devant la chaussée qui mène de la forteresse dans la plaine, de sorte que notre armée ne pouvait passer l'Oder de ce côté, vu les établissements que l'ennemi avait pris d'avance, de sorte que le Roi marcha la nuit du 22 au 23, en descendant l'Oder, vers Güstebiese.191-2 Le pont fut construit très promptement, l'armée l'eut passé à midi et continua sa marche jusqu'au village de Lösau,191-3 où elle se campa, ayant par ce mouvement coupé M. de Rumänzoff du corps du général Fermor. Le 24, l'armée se campa à Darmietzel. Ces mouvements différents de l'armée du Roi avaient obligé le maréchal Fermor de lever son camp de Küstrin, et il était marché vers Quartschen191-4 où il avait sa gauche, et le village de Zicher,191-5 qui faisait l'extrémité de sa droite.

Le Roi partit de son camp à 3 heures; il passa le moulin de Damm,191-6 défila par la forêt de Massin,191-7 déboucha dans la plaine par le village de Batzlow.191-8 Notre marche continua jusques à Zorndorf, de façon que l'ennemi était totalement pris à revers. Les Moscovites étaient formés sur quatre lignes dans une espèce de carré, de sorte que, faisant face de tous les côtés, cela ne les dérangea guère. L'armée du Roi s'appuya à une espèce de fond191-9 qui conduisait tout droit à la droite de l'ennemi. La droite du Roi tirait vers Wilkendorf.191-10 La première attaque de notre infanterie fut repoussée; mais, dans le moment qu'une nouvelle attaque s'avançait, le général-lieutenant de Seydlitz donna avec la cavalerie si à propos dans l'infanterie de l'ennemi qu'il renversa toute leur droite. L'armée moscovite, prise en flanc, se retira par des marais du côté de Küstrin, la nôtre fit un quart de conversion, et lorsqu'on voulut la poursuivre, elle tint ferme longtemps auprès de Quartschen; mais à la fin, forcée de céder le terrain, elle se retira derrière les bois du côté de Zomdorf. La nuit nous empêcha de les poursuivre plus loin.

<192>

La bataille avait commencé à 9 heures, et elle ne finit qu'à 6 heures et demie. Nous avons 6 généraux des ennemis, 60 officiers, 1700 prisonniers; l'on en amène à tous moments. Ils ont perdu de leur aveu au delà de 18,000 hommes, 73 pièces de canon, 14 drapeaux, toute leur caisse militaire forte d'environ 858,000 roubles.

Hier,192-1 on les a canonnés encore, et la nuit ils se sont retirés à Vietz.192-2 Le général Rumänzoff a quitté son poste de Schwedt, il s'est replié sur Kœnigsberg;192-3 on apprendra, dans peu, que l'ennemi aura évacué tous les États du Roi.

Notre perte consiste dans les généraux Froideville et Zieten des cuirassiers192-4 tués, 563 morts, 1082 blessés, parmi lesquels 86 officiers, Le général Forcade, Kahlden et Bülow sont légèrement blessés, et, d'ailleurs, nous n'avons perdu que deux aides de camp du Roi, le jeune comte Schwerin192-5 et le sieur d'Oppen.

Le général Dohna va sans doute poursuivre les Russes, tandis qu'un détachement tournera vers la Basse-Lusace, pour en chasser le général Laudon.

Les Russes ont commis des barbaries affreuses; pendant et avant que l'action a commencé, nous n'avons vu que villages en feu et incendies, non pas sur le camp de bataille, mais alentour; ils ont égorgé inhumainement tous les paysans du village de Batzlow et de Blumberg,192-6 ils commettent des cruautés qui révoltent la nature.192-7

Nach der eigenhändigen Niederschrift des Königs.


10244. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Tamsel, 27 août 1758.

Je puis vous dire aujourd'hui que les troupes russes qui s'étaient avancées jusqu'à Schwedt, se sont retirées à Kœnigsberg, de façon qu'elles se trouvent tout proches de leur grande armée, et il paraît, par les dispositions et démarches de l'ennemi, qu'il pourrait encore y avoir ici une bataille, au cas que le général Rumänzoff vînt à se joindre à ladite armée, de façon que, si je repassais dans cet instant l'Oder, l'ennemi ne manquerait pas de s'en rapprocher. Il faudra donc que vous soyez fort sur vos gardes à Berlin des Autrichiens; et je pense qu'en faisant bien valoir les avantages de la dernière victoire sur les<193> Russes, cela pourrait peut-être déconcerter les plans de nos ennemis, et que nous pourrions leur en imposer par là.

Je n'ai point encore de nouvelles de la marche du corps du lieutenant-général Zieten, qui a ordre de côtoyer les Autrichiens sur leur marche en Lusace. En attendant, et jusqu'à ce que je puisse en faire davantage, je fais défiler d'ici le régiment d'hussards de Zieten, pour se rendre du côté de Francfort.

Au surplus, je vous envoie ci-joint la relation de la dernière bataille, et vous ne manquerez pas d'en faire usage, en la faisant parvenir à mes ministres dans l'étranger et en la rendant publique.193-1

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10245. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Tamsel, [28.]193-2 August 1758.

Ew. Liebden muss Ich hierdurch avertiren, dass, obgleich die Vortheile, so uns die letzthin über die Russen erfochtene Victorie ergeben, gross sind, Ich dennoch für rathsam befunden habe, die hier angeschlossene Relation193-3 einigermaassen zu exageriren, und ist die Intention dabei, dass auf den Fall sie von den Oesterreichern intercipiret werden sollte, sie dadurch in ihrem Operationsplan auf die Mark um so eher zurückgehalten werden mögen.

Die detachirte Corps Russen, so unter Rumänzoff bei Schwedt, Freienwalde, Soldin und der Orten gestanden, ziehen sich zurück nach Polen. Es stehet hierselbst noch eine Arrièregarde von der russischen Armee, welche aber so postiret, dass ihr nicht wohl beizukommen. Dieses verhindert Mich, von hier zu gehen, bis sie wirklich nach Landsberg abmarschiret. Ich habe unterdessen an den Generallieutenant von Zieten unter dem 27. dieses193-4 geschrieben, seinen Marsch zu beschleunigen und den Laudon nicht vorzulassen. Ich hoffe, Ew. Liebden werden Sich Ihres Ortes mit ihm so concertiren und Ordre zu geben belieben, dass Meine brandenburgische Lande vorm Feinde gedecket bleiben und Berlin nicht einem zweiten Affront193-5 ausgesetzet sein müsse.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10246. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Tamsel, 28 août 1758.

J'ai bien reçu votre lettre du 25 de ce mois, et je puis avoir le plaisir de vous dire aujourd'hui que les choses prennent ici une tour<194>nure assez favorable; le comte Rumänzoff ayant abandonné, cul pardessus tête, son poste de Schwedt, se retire tout droit à Landsberg, et il ne se trouve ici de l'armée russienne qu'une arrière-garde, mais elle se trouve postée avantageusement et ne saurait être attaquée.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10247. AN DEN GENERALLIEUTENANT VON ZIETEN.

[August 1758.]194-1

Hätte zu lange gezaudert — Peitz über194-2 — wäre Mir nicht . . ., dass er so langsam. P[rinz] F[ranz] stünde mit den Regimentern bei Wilmersdorf;194-3 möchte machen, dass er bei Guben oder sonst zu Prinz Franz, bis Ich selber dahin marschiren könnte, welches Ich glaubete, dass es in ein paar Tagen geschehen könnte.

Weisungen für die Antwort; auf der Rückseite des Berichts von Zieten, Naumburg am Hoher 27. August.


10248. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

[Tamsel,] 29. August 1758.

Die Bataille, so Ich letzthin mit denen Russen gehabt, äussert von Zeit zu Zeit mehrere Merkmale, woraus man schliessen kann, dass sie von grösserer Importance gewesen, und muss Ich denen ersten Nachrichten, so Ich Ew. Liebden von solcher gegeben habe,194-4 noch hinzufugen, was Ihnen nicht wahrscheinlich vorkommen wird, welches aber doch wahr ist, nämlich, dass der Feind an die 20,000 Mann auf dem Wahlplatze gelassen.

Die Gefangene, so bereits beisammen, gehen über 2000 Mann. Wir haben 6 Generals und 73 Officiers von denen Russen, auch sind 25 Fahnen und 103 Geschütz von ihnen zusammengebracht worden. Die russische Armee ist am Tage der Bataille 70,000 Mann stark gewesen, und da wir auch durch die Bataille verloren haben, so folget von selbsten, dass die Russen an der Zahl noch stärker als wir sein müssen. Sie haben auf den hiesigen Bergen sich so avantageux postiret, dass Ich sie in der Position ohnmöglich attaquiren kann. Also werden Ew. Liebden nicht allein nach Görlitz zu marschiren belieben, auf den Fall der Feldmarschall Daun den Weg nehmen sollte, sondern absonderlich attent sein, dass, wenn Daun zwischen Bautzen und Dresden<195> über Königsbrück nach der Mark marschiren wollte, dass Ew. Liebden in solchem Fall ihm zuvorkommen können.

Ich habe unterdessen den Generallieutenant von Zieten und den Prinz Franz von Braunschweig195-1 dem Feinde vorgezogen, damit Laudon nicht weiter penetriren könne. Ew. Liebden werden aber leicht zu ermessen belieben, dass Ich dadurch nicht im Stande sein werde, die österreichische Armee abzuhalten, dazumalen Ich Mich hier für die Russen nicht rühren kann, ohne alles wieder zu verderben. Ich werde erforderlichen Falls diese Armee hier stehen lassen und zu Ew. Liebden kommen. Unterdessen müssen Sie Sich nach denen Nachrichten vom Feinde dirigiren, weil Ich von hier aus solches zu thun nicht vermag.

Uebrigens muss Ew. Liebden die betrübte Zeitung hinterbringen, dass Laudon den 25. dieses die Festung Peitz eingenommen hat.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10249. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

[Tamsel,] 29. August 1756.

Ew. Liebden habe Ich hierdurch nicht unterlassen wollen zu avertiren, dass auf den Fall der Feind sich nach Weissenberg ziehen sollte, Dieselben nach Dero habenden Instruction195-2 sogleich nach Görlitz marschiren müssen. Uebrigens so glaube Ich nicht, dass Daun nach Dresden gehen, sondern seinen Marsch längst der Elbe, weil da mehr Städte und Dörfer belegen, nach der Mark dirigiren werde.

Friderich.

P. S.

Ew. Liebden belieben während Dero Marsches unsere Equipage aus Glogau an Sich zu ziehen, welche vermuthlich auf ihrem Transport zu Ew. Liebden vom Feinde nichts risquiren wird.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10250. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Tamsel, 29 août 1758.

Comme les avis qui m'entrent portent unanimement que les Autrichiens s'avancent de plus en plus, sous le commandement de Laudon, de la frontière du Brandebourg, j'ai fait marcher de mes troupes pour s'opposer à l'exécution des desseins dudit général autrichien, et j'espère qu'elles seront encore à même de s'y opposer efficacement. Je marcherais moi-même de ce côté-là, sans l'armée russe qui paraît vouloir se poster ici de nouveau le plus fortement que possible. Je saurai en<196> peu de quoi il s'agit, et je virerai l'armée battue tant et la tournerai de tant de façons que force lui sera de se retirer.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10251. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.196-1

[Tamsel, 29. August 1758.]196-2

Das Lauffeuer, was die Canaillen gemacht haben, muss um Peitz196-3 seind. Weilen noch ihre ganze Armee dar stehet, können wir leider nichts thun. Ein Knecht, der aus ihrem Lager desertiret, saget aus, sie wollten noch dar stehen bleiben. Von Rumänzoff habe nichts weiteres erfahren. 10 Kanonen und ohngefähr 3 bis 400 Mann sollen sie gefangen von uns haben. Hier heisst es patience par force!

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerhst. Eigenhändig.


10252. AN DEN GENERALLIEUTENANT VON ZIETEN.

Tamsel, 30. August 1758.

Da der österreichische General Laudon sich der brandenburgischen Grenze je mehr und mehr nähern soll, als habe Ich Euch hierdurch erinnern wollen, Eure Märsche best möglichst zu acceleriren, damit Ihr à portée sein möget, dessen Desseins Einhalt zu thun. Ihr werdet zu dem Ende, nach eingezogener Kundschaft von des Feindes Position, wohl thun, [über] Guben [und] Lübben zu marschiren, und Euch in allen Stücken mit des Prinz Franz von Braunschweig Liebden196-4 so zu arrangiren, dass Ihr erforderlichen Falls Euch mit ihm conjungiren, Berlin decken und dem österreichischen Corps unter dem General Laudon Einhalt thun könnet.

Friderich.

Nach dem Concept.196-5


10253. AN DEN GENERALMAJOR PRINZ FRANZ VON BRAUNSCHWEIG.196-6

Tamsel, 30. August 1758.

Auf Euer Liebden Rapport vom 29. dieses approbire Ich zwar den Marsch nach Lieberose; es führet aber dieser Marsch Ew. Liebden<197> zu weit links, und würde also wohl besser gethan seind, wann, um Berlin zu decken, Ew. Liebden auf Teupitz marschireten. Von Oesterreichern ist bis.....,197-1 Baruth und Zossen, bis hieher etwas gewesen, und kann Ich Ew. Liebden nicht bestimmen, worauf eigentlich ihre Absicht gerichtet sein mag. Dem seie aber, wie ihm wolle, marschiren Ew. Liebden zwischen Lindenberg197-2 und Teupitz, so können Sich Dieselben rechts und links wenden, wo es nöthig ist. Der Generallieutenant von Zieten,197-3 mit welchem Ew. Liebden fleissig zu correspondiren belieben werden, muss über Guben und Lübben marschiren und nach Erforderniss der Umstände mit Ew. Liebden sich conjungiren. Ich werde vor drei bis vier Tage nicht von hier kommen können.

Friderich.

Nach dem Concept.


10254. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

[Tamsel, 30. August 1785.]197-4

Den Husaren,197-5 so Sie mir geschickt haben, hat mir einen Umstand gesagt, worvon ich profitiren muss; es bestehet in diesem: die Russen ihre Wagens, wor sie ihren Proviant haben, stehen bei Landsberg aufgefahren. Das ist ihr rechtes Magazin, auf die Wagens haben sie vier Monat Lebensmittel Lasse ich die verbrennen, so muss die Armee Hals über Kopf zurücke laufen, und bin ich sie gewisse los. Um dieses zu bewirken, habe ich anjetzo das Project gemacht, und werde ich alles anwenden, um solches zur Execution bringen zu lassen; das ist besser als eine Bataille. Sagen Sie mir Ihre Meinung davon.197-6

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Eigenhändig.


10255. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

[Tamsel,] 30. August 1758.

Ew. Liebden Schreiben vom 28. dieses197-7 habe Ich zu recht erhalten und gebe Denenselben darauf in Antwort, dass auf den Fall der Feind Görlitz verlassen, Ew. Liebden diesseits Sich ziehen und Görlitz leicht besetzen, damit Dieselbe nicht nöthig Sich dort zu engagiren. Ueberhaupt müssen Ew. Liebden Ihre Positions nicht allzu nahe am<198> Feinde nehmen und Sich beständig nach der sächsischen Seite halten, wovon Dieselben am besten in loco zu judiciren im Stande sein werden. Ich Meines Ortes decke die Mark durch den Generallieutenant Zieten und den Prinz Franz von Braunschweig, welcher zu ersterem stossen wird, so lange bis Ich Selber werde können nach der Lausnitz marschiren. Denn Ich ein Project habe,198-1 welches, so es Mir gelinget, Mir Hoffnung giebet, bald mit denen Russen fertig zu sein. Ew. Liebden können Sich versichert halten, dass über 20,000 Russen hieselbst auf dem champ de bataille todt gefunden worden.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10256. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Tamsel, 30 août 1758.

J'ai bien reçu votre lettre du 27 de ce mois, et vous pouvez compter que les avantages qui nous reviennent de la victoire remportée sur les Russes, sont encore beaucoup plus considérables que nous ne les avons crus d'abord. La bataille a été fort meurtrière pour l'ennemi, car on a trouvé au delà de 20,000 hommes de ses troupes étendus sur le champ de bataille. Nous avons 6 généraux de prisonniers, avec 73 autres officiers, et au delà de 2000 soldats, sans compter 103 pièces d'artillerie, 24 drapeaux et étendards et une paire de timbales qui nous sont tombés entre les mains. Vous ferez chanter le Te Deum dans votre armée en action de grâces de la journée de Zorndorf.

Le margrave Charles me marque en date du 28 d'août198-2 qu'à la réception de la nouvelle de la défaite des Russes, le maréchal Daun avait donné ordre à son armée de marcher de Gœrlitz à Reichenbach,198-3 par le chemin de Bautzen, et que son intention pouvait être de joindre l'armée de l'Empire près de Pirna; que la seconde colonne de l'armée autrichienne dirigerait sa marche par Schœnberg,198-4 que le corps de troupes qui avait eu ordre de pénétrer par Kottbus dans la Marche, avait aussi eu ordre de rétrograder, de même que tous leurs détachements. J'ai cru devoir vous mander ceci, pour vous aider à en former un jugement.

Pour ce qui regarde le corps de troupes aux ordres du général Laudon, je tâcherai de couvrir la Marche contre ses entreprises, et je ferai pour cet effet joindre le général Zieten par le prince François de Brunswick,198-5 pour empêcher ce général autrichien de ne pas détacher à droite et à gauche.

Au reste, j'ai formé un projet, lequel, s'il me réussit, j'espère que, dans trois jours, je pourrai me voir débarrassé des Russes,198-6 ce qui me mettrait alors en état de vous seconder.

<199>

Au reste, mon très cher frère, je ne saurais que louer infiniment vos dispositions sages et prudentes, et il me serait difficile d'y ajouter la moindre chose pour les perfectionner.

Vous recevez ci-joint une lettre pour la margrave de Baireuth,199-1 et je suis etc.

J'espère de vous donner dans peu quelques nouvelles plus intéressantes.

Federic.

Nach dem Concept. Der letzte Absatz und der eigenhändige Zusatz allein auf der, im übrigen chiffrirten, Ausfertigung.


10257. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

[Tamsel,] 30 août 1758.199-2

Ma très chère Sœur. Dans ce moment, je reçois votre chère lettre du 20 d'août, où je trouve toutes ces marques de votre amitié et de votre tendresse à laquelle je me confie, et dont je suis aussi persuadé que du jour; mais, ma chère sœur, ce que je cherche à présent dans vos lettres, c'est l'état de votre santé,199-3 et voilà sur quoi vous me parlez si incertainement que j'ai trouvé peu de consolation en la recevant. Pour Dieu, connaissez-moi mieux que vous ne faites, et ne pensez pas que tout ce qui est du ressort de la vanité et de l'intérêt, entre en compte avec la tendre et inviolable amitié et l'attachement pour la vie que je vous ai voué. Si vous m'aimez, donnez-moi quelques espérances de votre rétablissement. Non, la vie me serait insupportable sans vous. Ceci ne sont pas des phrases, cela est vrai. Pour vous dire comme je suis, tout autre que moi aurait été au comble de la joie, après avoir remporté une aussi grande victoire que celle du 25, où plus de 30,000 Russes ont péri. Pour moi, j'ai eu le malheur d'y perdre un aide de camp que j'avais élevé, qui s'était singulièrement attaché à moi.199-4 Ce brave garçon, dans un moment critique, s'est mis à la tête d'un escadron, il a chargé et renversé un corps russe, et par malheur il a été tué, après avoir reçu quarante-sept blessures. Depuis ce moment, mes yeux sont devenus des fontaines de larmes, et, quoi que fasse ma raison, je ne saurais m'en consoler. Me voilà comme je suis; je vous confie toutes mes peines et mes chagrins intérieurs. Pensez donc ce que je deviendrais, si j'avais le malheur irréparable de vous perdre. O ma chère, ma divine sœur! daignez faire l'impossible pour vous rétablir. Ma vie, mon bonheur, mon existence est entre vos mains. Faites, je vous conjure, qu'il m'arrive bientôt des consolations, et que je ne devienne pas le plus malheureux de tous les mortels. Ce sont les senti<200>ments avec lesquels je serai jusqu'au dernier soupir de ma vie, ma très chère sœur, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.200-1

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10258. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Tamsel, 30 août 1758.

Quoique la situation où se trouvent ici nos affaires, ne soit pas tout-à-fait riante, vous ne devez pourtant pas vous en former une idée qui nous soit désavantageuse. Si mon dessein me réussit, j'espère de me débarrasser ici des Russes en trois ou quatre jours. En attendant, je fais ce que je puis pour vous garantir de toute invasion ennemie. J'ai détaché pour cet effet le prince François de Brunswick200-2 avec 6 bataillons qui a dû s'être rendu hier à Fürstenwalde. Ajoutez à cela le régiment d'hussards de Zieten,200-3 qui se trouve dans les environs de Francfort, et le lieutenant-général de Zieten, ayant ordre de marcher droit, avec le corps qu'il mène, sur Guben, pour se joindre, le cas l'exigeant, audit prince. Je me flatte que c'en sera autant qu'il faudra pour s'opposer à l'ennemi de ce côté-là.

Au reste, je ferai avec la peau de renard ce que je ne pourrai faire avec celle de lion.200-4

Fededric.

Nach der Ausfertigung.


10259. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Tamsel, 30 août 1758.

Coeper theilt die Namen von 6 gefangenen russischen Generalen mit. Er nennt die Generallieutenants Soltykoff und Czernitcheff, Generalmajor von Manteuffel von Zegen,200-5 die Brigadiers von Sievers und von Thiesenhausen; der Generallieutenant Browne sei bereits gestorben.

... Je me flatte de pouvoir faire parvenir en peu à Votre Excellence le nom de tous les officiers russiens prisonniers; M. le général de Wobersnow veut bien avoir la bonté de m'en procurer une liste. Le nombre, si je ne me trompe, en monte actuellement à près de 80. Il se trouve aussi que la perte que l'ennemi a faite à la bataille, va plus loin qu'on ne le croyait d'abord, et que ne le porte la relation du Roi.200-6

Les morts trouvés sur le champ de bataille doivent passer les 20,000; le nombre des pièces d'artillerie s'est accru jusqu'à 103 pièces,<201> celui des drapeaux et des étendards à 24.201-1 Le nombre des prisonniers russiens excède actuellement les deux mille, et on vient aussi de remettre une paire de timbales prises à l'ennemi.

Le général Froideville n'est point mort,201-2 il n'est que blessé à la tête; il se trouve actuellement à Francfort. Le capitaine et adjudant du Roi, comte de Schwerin, n'est point tué non plus; il doit être blessé et prisonnier. Mais pour le capitaine d'Oppen, que Votre Excellence aura sans doute connu, on l'a trouvé sur le champ de bataille mort de 45 blessures.

L.-E.-H. Coeper.

Nach der Ausfertigung.


10260. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

[Tamsel, 31. August 1758]201-3

Ich habe nun gute Nachricht von der feindlichen Armee gekriegt. Sie haben ihres Geständniss nach 28,000 Mann verloren. Sie seind nur 30,000 stark. Der Rumänzoff ist nach Berlinchen marschiret, das scheinet der Weg nach Driesen zu seind. Gestern hat Fermor seine Bagage nach Landsberg geschicket, und wird die also in guten Empfang genommen werden.201-4 Sie haben gesagt, wann der Rumänzoff käme, wollten sie noch einmal dran; das glaube ich nicht,“ sie wären in grossen Schrecken und hätten nur auf zehn Tage zu leben.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Eigenhändig.


10261. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

[Tamsel,] 31. August 1758.

Ew. Liebden Schreiben vom 30. dieses habe Ich soeben erhalten, und kann Ich Mich kaum vorstellen, dass der Feldmarschall Daun so weit, als Ew. Liebden zu erwähnen belieben, vorgerücket sein sollte.201-5 Ich habe vielmehr in denen Gedanken gestanden, dass er nach Zittau angefangen sich zurückzuziehen. Ew. Liebden thun also ganz wohl, wenn Sie nicht weiter vormarschiren, weil wir hierselbst dem Laudon gewachsen, und da Ich Ew. Liebden nichts von des Daun's Vorhaben mit Zuverlässigkeit melden kann, so werden Sie belieben, Ihre Mouvements lediglich nach den seinen, es seie zur rechten oder linken, einzurichten. Der Ruhetag, den Ew. Liebden gemachet, verschläget der Sache nichts. Ew. Liebden belieben, den Feldmarschall Daun zu Dero<202> einzigem Augenmerk zu nehmen; mit denen übrigen gedenke Ich alleine fertig zu werden. Ich hoffe übrigens, dass die Russen diese Nacht abmarschiren sollen, und kann es überhaupt mit ihnen hier nicht über einige Tage mehr dauern.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10262. AU MINISTRE DE LA GRANDE-BRETAGNE MITCHELL A TAMSEL.

Tamsel, 31 août 1758.

Comme il m'est fort probable que la défaite de l'armée russienne sous Fermor causera une grande consternation à Pétersbourg et fournirait, par conséquent, une bonne occasion au sieur de Keith d'inspirer de la défiance contre les alliés et peut-être même le désir d'une paix séparée, par des insinuations adroitement lâchées sur la politique de la cour de Vienne qui est bien aise à laisser à ses alliés le plus grand fardeau de la guerre, et sur l'ancienne antipathie des Suédois, qui les a engagés à rester dans l'inaction et à attendre un évènement dont ils seront peut-être charmés dans le fond de cœur, je vous prie d'en écrire sur ce pied au ministre d'Angleterre, le sieur de Keith, à Pétersbourg, pour l'engager à faire valoir l'idée que je viens de vous exposer, et à tâcher de lui faire faire fortune pour le bien de la cause commune.

Federic.

Nach dem Concept.


10263. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Tamsel, 31 août 1758.

J'ai été extrêmement surpris d'apprendre par une lettre que la margrave de Schwedt202-1 m'écrit en date du 28 d'août, qu'elle se soit retirée dans le Mecklembourg, pendant un temps où toute la famille royale se trouve à Berlin. Je vous ordonne donc de faire à ce sujet de vives remontrances au Margrave son époux, de lui dire tout net de ma part qu'il n'y avait rien qui fût plus ridicule que sa conduite qui lui avait fait prendre le parti d'envoyer la Margrave dans le Mecklembourg, pendant que la famille royale se trouvait à Berlin; que sa conduite était tout-à-fait singulière et déplacée; que je sentais tout ce qu'il y avait de choquant pour moi, mais qu'il devait compter que je trouverais des moyens à le ranger et à lui faire changer ses procédés bizarres et mauvais comportements. Mon intention est que vous ne le ménagiez pour rien.

<203>

Le prince François est déjà à Beeskow203-1 et, selon toutes les apparences, vous n'avez plus lieu de craindre à Berlin.

Federic.

Vous recevez ci-joint une lettre203-2 à la margrave de Schwedt.

P. S.

J'ai bien reçu votre rapport du 29 d'août,203-3 et je goûte parfaitement l'idée que vous m'y exposez. Je l'ai communiquée incessamment ici au sieur Mitchell,203-4 pour tâcher de lui faire faire fortune par le canal du sieur Keith.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz „Le prince François etc.“ eigenhändig.


10264. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.203-5

Blumberg, 1er septembre 1758.

Mon cher Frère. Je ne m'étonne pas que le chasseur vous ait fait une description très confuse de la bataille du 25; pour moi, j'ai eu peine à en concevoir tous les détails. Il s'y est passé tant de choses inouïes qu'on doit avoir beaucoup de difficultés à combiner tant de différents faits; vous serez informé de tout, mais ce qui est très vrai et ce qui paraît incroyable, est que l'ennemi a eu 26,000 morts sur la place, que nous avons 2000 de ses prisonniers, qu'il traîne encore 10,000 blessés avec lui, qu'il a été le jour de l'action 80,000 hommes et moi 37,000, que 8000 hommes commandés par un Rumänzoff et Soltykoff se sont retirés de Schwedt, Stargard et Soldin avec Fermor à Landsberg, que, dans peu de jours, il n'y aura plus de Russe dans le pays.

Quant aux détails, j'ai la carte du lieu, je sais toutes les circonstances, mais des raisons que vous approuverez en temps et lieu, m'empêchent de vous en faire tous les détails : bref, les Autrichiens sont de tous nos ennemis ceux qui entendent mieux la guerre que les Russes les plus féroces203-6 et les Français les plus légers. Je ne saurais vous faire une idée de toutes les barbaries que ces infâmes commettent ici, les cheveux m'en dressent à la tête : ils égorgent des femmes et des enfants, ils mutilent les membres des malheureux qu'ils attrapent, ils pillent, ils brûlent; enfin, ce sont des horreurs qu'un cœur sensible ne<204> supporte qu'avec la plus cruelle amertume. Si le terrain n'était pas aussi difficile dans ces contrées, j'aurais pu mettre une fin plus prompte à tant de calamités; mais les considérations qui m'arrêtent, sont valables, et je me flatte que nos malheurs tirent à leur fin.

Voilà, mon cher frère, tout ce que je puis vous dire à présent, pour satisfaire votre curiosité. Ma cavalerie a fait des merveilles et des prodiges, mon infanterie que j'ai amenée de Silésie, de même.

Je vous embrasse de tout mon cœur, vous assurant de la tendresse infinie avec laquelle je suis, mon cher frère, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10265. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Blumberg, 1er septembre 1758.]204-1

Chiffre!

Toutes mes armées sont à présent dans un état critique et la vôtre par conséquent, je le sais, je le sens; mais dans le moment présent, quoi que je veuille faire, il m'est impossible d'y porter remède. Je suis obligé de tenir bon ici jusqu'à ce que j'oblige ces bêtes féroces à repasser Landsberg. Tout ce qu'il y avait en Poméranie et dans la Nouvelle-Marche, s'y rassemble à présent. J'ai fait une marche, et vous me connaissez assez pour ne me pas soupçonner de timidité; mais les marais et les bois de la Warthe sont plus dans mon chemin que l'ennemi. Demain, je pousserai un corps en avant, mais, malgré toutes les manœuvres que je pourrai faire, il ne faut point se flatter que je réussisse avant le 6 de ce mois. Alors mon dessein est de joindre le margrave Charles vers Kottbus, Zieten204-2 et le prince François et de marcher avec tout cela sur les Autrichiens, que j'espère trouver vers Mühlberg ou dans des plaines. Voilà tout ce que mes circonstances me permettent de faire; pourvu que je sois aussi vite débarrassé de ces gens-ci, j'espère que le reste ira bien.

Il n'y a pas le mot à dire sur votre conduite, mais par ce que j'ai vu ici le 25, je me crois obligé de vous dire de tenir votre infanterie sous une sévère discipline, de leur faire NB. respecter le bâton et de prendre dans votre armée tous les canons, de tout calibre, que le temps vous permettra d'y rassembler.

Federic.

Nach dem Concept. Eigenhändig.

<205>

10266. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.205-1

Blumberg, 1er septembre 1758.

J'ai bien reçu votre rapport du 27 d'août, dont je suis fort obligé à Votre Altesse pour la part qu'Elle m'y témoigne prendre à la journée du 25 d'août. Je puis Lui dire aujourd'hui qu'il est très constaté que les Russes ont laissé 26,000 hommes sur le champ de bataille, que nous en avons fait au delà de 2000 prisonniers, et qu'ils ont traîné avec eux plus de 10,000 de blessés. Le nombre des canons que nous leur avons pris, s'est accrû à 106 pièces; nous avons d'eux 24 drapeaux et une paire de timbales, outre 6 généraux et 82 officiers. Ils étaient à 80,000 hommes le jour de la bataille, auxquels je n'ai eu à opposer que 37,000 hommes. Votre Altesse jugera donc que je ne saurais guère me dispenser de Lui redemander ma cavalerie,205-2 en ayant un grand besoin pour pousser ici mes ennemis; laquelle, cependant, il Lui sera libre de garder, s'il s'agissait de quelque bataille prochaine; mais au cas qu'il n'en fût point question, je me flatte qu'Elle me la renverra, pour être rendue ici en trois ou quatre semaines.

Au reste, je Lui envoie quelques-uns de nos prisonniers kalmouks, desquels Elle pourra user selon Son bon plaisir . . .205-3

Federic.

P. S.

Tout ce que je pourrai faire, c'est de laisser mes hussards à Votre Altesse, quoique d'ailleurs j'en aurais aussi un assez grand besoin.

Nach der Ausfertigung in Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10267. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Blumberg, 1er septembre 1758.

J'ai bien reçu votre rapport du 30 d'août dernier. L'armée russienne sous Fermor s'est retirée aujourd'hui des hauteurs de Cammin.205-4 Je compte qu'en quelques jours d'ici elle se trouvera à Landsberg, de façon que vous n'aurez qu'à vous patienter un peu, pour que je puisse aviser ultérieurement sur ce qu'il y aura à faire de plus pour la délivrance de mes États.

Federic.

Les Russes viennent de s'enfuir, nous leur avons pris quelques canons, leur tête est déjà à Landsberg, et j'espère que, dans peu de<206> jours, ces brigands féroces et infâmes seront expulsés de ces pauvres provinces.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10268. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.206-1

Blumberg, 1. September 1758.

Da Ich nunmehro in Erfahrung gebracht, dass der Feldmarschall Daun bei Bautzen stehe, als werden Ew. Liebden belieben, auf Pforten206-2 zu marschiren, um so mehr, da des Feldmarschall Daun Dessein zu sein scheinet, längst der Elbe auf die Mark zu agiren. Ich gedenke in einigen Tagen mit den Russen hieselbst fertig zu sein, weil sie bereits die Camminische Berge verlassen und ihre Tête bei Landsberg angekommen, und gedenke, sobald Ich mit ihnen in Richtigkeit sein werde, Mich mit Ew. Liebden, dem Prinz Franz und Zieten zu conjungiren und gegen die Oesterreicher zu agiren.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10269. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Blumberg, 2 septembre 1758.

J'ai reçu votre lettre du 30 d'août. Je marche aujourd'hui à Küstrin, je me joindrai au margrave Charles à Sonnenwalde, de là je marcherai ou bien pour passer le pont à Torgau, ou bien tout droit à Meissen pour venir en dos à Daun et l'obliger à rebrousser. En cas que j'aie besoin d'un pont sur l'Elbe pour vous joindre, vous tiendrez tous vos pontons prêts. Je vous demande de vos nouvelles.

Le secours arrivera plus vite que vous ne le croyez, je ne saurais que vous applaudir.206-3

Federic.

Das Hauptschreiben nach dem Concept. Der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.


10270. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Blumberg, 2. September 1758.

Ew. Liebden Schreiben vom 1. dieses habe Ich richtig erhalten, und werden Ew. Liebden nur grade nach Forst zu marschiren und das<207> Schloss von Brühl207-1 verbrennen zu lassen belieben. Ich werde207-2 von Forst entweder auf Kottbus oder Spremberg, wo es am besten übergehen207-3 kann, gerades207-4 Weges auf Lübben marschiren, und müssen Ew. Liebden Ihren Marsch so dirigiren, dass wir bei Sonnenwalde zusammenstossen.

Ich marschire heute über Küstrin, und werde Ich den 6. dieses bei Sonnenwalde sein können, da wir uns dann, indem der Laudon vermuthlich davonlaufen wird, mit leichter Mühe werden conjungiren können.

Ueberlegen Sie man mit Retzow passage de rivière.207-5

Friderich.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.207-6


10271. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Müllrose, 3 [septembre 1758].

L'ennemi s'est en allé à Landsberg;207-7 les grands bois m'ont empêché de le talonner avec toute l'armée, j'ai cependant été hier avec<208> une avant-garde à un mille de lui, mais, sur des nouvelles pressantes de mon frère Henri, j'ai été obligé de faire cette marche-ci.

Je serai demain à Trebatsch,208-1 près de Cossenblatt.208-2 Je ne sais si vous trouverez des chevaux pour vous y rendre,208-3 vous pourriez de là le même jour vous en retourner encore à Wusterhausen et le 5 à Berlin. J'ai un corps à Lübben qui couvre la frontière. Adieu, mon cher, si cela ne se peut pas, vous n'avez qu'à me le marquer.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10272. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Müllrose, 4. September 1758.

Der Einhalt Ew. Liebden Schreiben vom 2. dieses ist Mir sehr angenehm gewesen. Ich werde morgen bei Lübben sein, den 6. Ruhe, und werden Ew. Liebden dem Feinde Jalousie geben, damit er nach Bautzen und Görlitz sich ziehe. Der Feind hat Kottbus und Peitz208-4 verlassen. Es würde gut sein, wenn Ew. Liebden einen Unterofficier mit 30 Mann, so zur Campagne-Dienst nicht ganz tüchtig,208-5 dahin detachireten, bis Brösicke von Berlin wieder abmarschiren könne.208-6 Ich werde Meinen Marsch gegen Torgau oder Dresden nehmen, und werden Ew. Liebden über Elsterwerda oder Herzberg marschiren können, und da der Generallieutenant von Zieten auch zugerücket ist, so können Ew. Liebden Dero Briefe über Kottbus gehen lassen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10273. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Trebatsch, 4 septembre 1758.

J'ai bien reçu vos deux rapports du 1er et du 2 de septembre, et il faut que je vous dise par la présente que, mes ministres en Angleterre m'ayant adressé en date du 4 d'août la dépêche dont vous trouverez ci-close la copie, mon intention est que vous leur donniez en réponse : que comme je n'étais point accoutumé d'être esclave de mes alliés, ils n'avaient qu'à déclarer de ma part au ministère britannique que j'avais fait pour mes alliés tout ce qui avait été en mon pouvoir, autant que les circonstances avaient voulu le permettre; que c'était en<209> conséquence que j'avais envoyé à l'armée d'Hanovre un corps de ma cavalerie sous les ordres du duc de Holstein-Gottorp, pour aider à purger l'Allemagne des armées de la France, et qu'en cela je n'avais consulté que le bien de la cause commune, pendant que l'état de mes affaires vis-à-vis de mes ennemis ne s'y opposait pas absolument; mais que présentement où mes États se trouvaient presque tout-à-fait inondés par mesdits ennemis, la crise où je me voyais réduit exigeait de moi que je rappelasse mon susdit corps de cavalerie209-1 que j'avais fourni de si bonne grâce, et que j'étais toujours prêt à renvoyer à l'armée des alliés en Allemagne, dès que le danger éminent dont je me voyais menacé, me permettrait de le faire, sans risquer ma ruine. Que le subside que l'Angleterre m'avait accordé,209-2 ne devait point l'inférer, et qu'en tout cas je m'en passerais plutôt que de voir mes États à la merci de mes ennemis, faute de la protection que je leur devais naturellement.

Vous enjoindrez en même temps à mes ministres à Londres d'accompagner la susdite déclaration de réflexions sages et judicieuses, propres à faire convenir M. Pitt de la nécessité du rappel de ma cavalerie, vu les grands et prodigieux efforts que faisaient mes ennemis de tous côtés contre moi, et qui exigeaient que je misse en œuvre tout ce que j'avais de forces, pour me garantir de leurs mauvais desseins qui ne butaient pas à moins qu'à ma perte.209-3

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10274. AU COLONEL COMTE DE BORCKE209-4 A RATHENOW.

Trebatsch, 4 septembre 1758.

J'ai vu par votre lettre du 29 d'août le parti que vous avez pris de faire partir les Princes de Prusse pour Rathenow, sur des bruits qui s'étaient répandus de l'approche de l'ennemi. Vous avez mal fait d'en agir si précipitamment, et il aurait fallu que vous consultassiez mes ministres pour vous diriger en conséquence de ce qu'ils vous auraient dit.

Federic.

Nach Abschrift der Cabinetskanzlei.


10275. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.209-5

Trebatsch, 4. September 1758.

„Da der Marsch von Beeskow nach Lübben vor der Infanterie würde zu stark sein,“ so wird dem Prinzen Moritz befohlen, am 6. September die Infanterie in sechs vor Lübben liegende Dörfer zu vertheilen.

<210>

Kottbus und Peitz haben sie in der Eile verlassen und sich nach Spremberg gezogen. Der Daun ist gestern gegen Meissen marschiret. Morgen gehet meine Avantgarde nach Luckau, und ich denke, dieses wird die grosse Perücke210-1 andre Gedanken beibringen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der oben vollständig abgedruckte Zusatz eigenhändig.


10276. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Trebatsch, 4. September 1758.

Der König theilt seine für die nächsten Tage geplanten Märsche dem Markgrafen mit.

Der Feind hat Kottbus und Peitz verlassen; ich denke, wir wollen ihn bald aus der Lausnitz und Sachsen haben.

Friderich.

Eigenhändiger Zusatz zur Ausfertigung.


10277. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Trebatsch, 4. September 1758.

Wann Sie auch morgen in Lübben wären, so hilft es nichts, denn der Markgraf Kari ist nicht heran und ohne ihn können wir nichts machen. Indessen kömmt Zieten in Luckau, und kriege ich durch der Avantgarde Connexion mit Torgau. Ihre Dörfer210-2 seind nur eine Meile von Lübben und seind es also doch nur drei Märsche,210-3 überdem muss der 6. Ruhetag seind, oder es gehen Menschen und Pferde dabei zu Grunde.

Friderich.

Eigenhändiger Zusatz zur Ausfertigung; im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10278. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Lübben, 5 septembre 1758.

Pour répondre à votre lettre du 2 de ce mois, je vous dirai que je suis arrivé ici le 5, ayant fait toute la diligence possible, et que demain je suis obligé de faire ici à Lübben jour de repos, mon avantgarde étant à Luckau. Mais, dès le 7, je serai en état de faire quatre marches forcées, pour aller où il en sera besoin.

Au reste, je ne puis qu'approuver les mesures que vous avez prises.<211> Si les ennemis s'aventurent trop, ils seront battus, et s'ils vont bride en main, nous en viendrons à bout sans coup férir.

Federic.

Je suis arrivé à Lübben, je sauverai sûrement Torgau et le magasin, mais, pour vous secourir, j'attends le margrave Charles; je crois qu'il me joindra après-demain, et alors, selon que j'apprendrai des nouvelles de Daun, ou je passerai l'Elbe pour lui venir à dos, ou je lui brûlerai ses ponts et marcherai à vous.

Federic.

Nach dem Concept. Der Zusatz eigenhändig.


10279. AN DEN GENERALFELDMARSCH ALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Lübben, 5. September 1758.

Sobald die Brückenwagens, so Ew. Liebden anhero schicken werden, ankommen, werde Ich solche sogleich repariren lassen. Morgen ist Ruhetag, und habe Ich nunmehro schon wieder einigermaassen Connexion mit Torgau. Es ist Daun gestern nicht weiter als Königsbrück gewesen, deshalb wir nicht nöthig zu laufen haben, um Daun bei unserer Ankunft im Lager von Zittau zu finden, es sei denn, dass ihm im211-1 während unserem Marsch noch andere Gedanken einkämen, welche Ich anjetzo nicht rathen kann.

Die grosse Perücke lässet uns Zeit, aber später hätten wir doch nicht kommen müssen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerhst. Der Zusatz eigenhändig.


10280. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

Lübben, 6 septembre 1758.211-2

Je viens de recevoir la lettre obligeante que Votre Altesse m'a écrite du 2 de ce mois, et je L'en remercie de tout mon cœur. J'ai été obligé de retourner de ce côté-ci, laissant Dohna avec son armée dans la Nouvelle-Marche, pour m'opposer aux Autrichiens sous Daun qui en veulent à mon frère Henri.

Quant au reste, Votre Altesse pourra garder ma cavalerie dans Son armée,211-3 au cas qu'il y ait espoir d'une bataille.

Je vais, mon cher, marcher à grandes journées, pour m'opposer et combattre un autre ennemi. Vous me dites des choses bien obligeantes. Je voudrais mériter votre approbation, mais je ne saurais nier que le métier que je fais, est bien dur, que mon pauvre pays souffre prodi<212>gieusement, et que cette guerre est la plus cruelle et la plus barbare dont il y ait des exemples dans l'histoire.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10281. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Lübben, 6. September 1758.

Ew. Liebden Schreiben vom 4. dieses habe Ich richtig erhalten, und habe Ich Denenselben zu Dero ferneren Direction sagen wollen, dass Sie Ihren Marsch beschleunigen müssen, weil Daun bei Meissen eine Brücke schlagen und Meinem Bruder in dem Rücken gehen will. Mein Dessein ist, bei Torgau über die Elbe zu gehen und dem Daun in Rücken zu kommen, und hoffe Ich daselbst so viel Fahrzeuge zusammen zu bringen, dass Ich damit und Meinen Pontons zwischen Strehla212-1 und Grossenhain eine Brücke werde schlagen können. Ew. Liebden marschiren Ihres Ortes den nächsten Weg nach Elsterwerda und schicken oft an Mich, um Mich zu avertiren, wo Sie sind. Ich muss Meinen Marsch nach des Feindes richten, also bin oft gezwungen, hier und da was zu ändern, um Mich in die Umstände zu schicken.

Laudon stehet bei Hoyerswerda; auf Ihren Anmarsch läuft er nach Kamenz.

Uebrigens kann Ew. Liebden den Ort, wo wir wirklich zusammenstossen können, annoch nicht determiniren.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10282. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

[Lübben,] 6. [September 1758].

Ich marschire morgen nach Herzberg. Weilen Sie Ruhetag gehabt haben, 30 können Sie morgen auch vier Meilen marschiren, ich denke ohnweit Schlieben, und lasse ich Ihnen den Ort über, dar Sie mir nach dem Einrücken rapportiren werden. In Torgau ist alles richtig, aber ein Mann von Königsbrück saget, man habe gestern in der Gegend Dresden canoniren gehöret; dieses aber rathe ich ohngefähr, und kann nichts rechtes seind. Was mir aber zum meisten embärrassiret, ist, dass der Markgraf in der Gegend Muskau212-2 stehet; nun muss ich mir schon darnach richten, und machen unsere Märsche, so dass wir ohnweit Meissen zu einander stossen. Adieu!

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Eigenhändig.

<213>

10283. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Lübben, 6. September 1758.

Ew. Liebden habe Ich hierdurch zu wissen thun wollen, dass Ich Meinen Marsch ändern müssen, und statt dass Ich morgen auf Herzberg, Ich auf Dobrilugk marschiren werde. Ew. Liebden belieben Ihres Orts morgen einen starken Marsch zu thun, und Ich glaube, Sie werden vielleicht bis Sonnenwalde kommen können.

Der Generallieutenant von Zieten wird morgen bei Costorf213-1 seind, und werde Ich Denenselben Meinen übermorgendrigen Marsch zu wissen thun. Ich glaube, dass wir übermorgen werden können zusammenstossen und den 9. dieses mit dem Markgraf Karl uns conjungiren. Eher aber wird es wohl nicht möglich seind.

Die Brücken213-2 werde Ich hier stehen lassen, auf dass Ew. Liebden sie hier finden und mit Sich nehmen können. Uebrigens so werden Dieselbe den Hauptmann von Dollen noch heute vorauszuschicken belieben, damit, wann Ich denselben brauche, er gleich bei der Hand seie, um die erforderliche Anstalten machen zu können.

Der General Laudon ist nach Hoyerswerda gelaufen, und ist für Torgau nichts zu besorgen.

Sie werden aus diesem Brief sehen, dass ich den Marsch habe ändern müssen; wegen der Pferde werde alles thun, um solche nach Sonnenwalde zu schaffen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst. Der Zusatz eigenhändig.


10284. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.213-3

Lübben, 6. September 1758.

Ich habe Euern Rapport vom 5. dieses wohl erhalten und melde Euch hierdurch, dass der Obriste Graf Hordt213-4 bereits wieder zu Euch hin beordert worden. Er wird in drei Tagen bei Frankfurt stehen, und müsset Ihr Euch mit ihm so arrangiren, dass man mit Hinzugebung von etwas Husaren der feindlichen Bagage ankommen könne, um solche zu verbrennen213-5 und den Feind dadurch zu obligiren, sich zu retiriren. Morgen werde Ich Meinen Marsch nach Dobrilugk antreten, den 9. aber bei Grossenhain sein, um Mich mit der ganzen Armee zu conjungiren. Uebrigens so werdet Ihr noch wohl Eure Position behalten müssen, bis<214> der Hunger und andere Umstände den Feind wegtreiben werden, maassen, wenn es ihm gleich an Mehl nicht fehlen sollte, er jedoch bei der grossen Menge seiner Pferde nicht Fourage hinreichend haben wird ...

Der König genehmigt ein Avancement.

Friderich.

Hordt marche aujourd'hui encore deux milles vers le chemin qu'il doit faire, il fera grande diligence et vous avertira de son approche.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10285. AN DEN COMMANDANTEN VON GLOGAU, OBERSTEN VON HACKE.

Lübben, 6. September 1758.

Ich approbire den Einhalt Eures Berichts vom 4. dieses in allen Stücken, und würde es eine gute Sache sein, wann wir der Russen ihr Magazin zu Posen ruiniren könnten. Ihr könnet versichert sein, dass Ich diese Leute214-1 sehr geschwind völlig wegjagen würde, wann Ich nicht mit so vielen Feinden zu thun hätte.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10286. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Dobrilugk, 7 septembre 1758.

Le maréchal Daun ayant commencé à rétrograder, vous pouvez, ce me semble, vous tenir assuré, et je vous en réponds qu'il ne tentera rien sur Meissen; vous vous appliquerez donc à soutenir Pirna.214-2

Le margrave Charles a fait plus de 400 prisonniers sur l'ennemi. Dès que j'approcherai davantage, je vous prierai de faire tendre votre pont de pontons pour faciliter notre communication.

Federic.

Das Hauptschreiben nach dem Concept. Der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.


10287. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL PRINZ MORITZ VON ANHALT-DESSAU.

Dobrilugk, 7. September 1758.

Es ist Daun im Begriff gewesen, bei Meissen über die Elbe zu gehen, er hat sich aber auf unsere Annäherung nach Königsbrück zurückgezogen. Hadik beschiesset Pirna, und, wie man sagt, soll die Stadt abgebrannt sein, die Festung214-3 aber hält sich. Es ist der Markgraf Karl heute in Hoyerswerda eingerücket,214-4 deswegen wir morgen<215> zusammen sein wollen, und also Ich wie auch Ew. Liebden morgen nach Elsterwerda marschiren und zusammenstossen, daher übermorgen alles zusammen sein wird.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Herzogl. Haus- und Staatsarchiv zu Zerbst.


10288. AN DEN COMMANDANTEN VON NEISSE, GENERALLIEUTENANT VON TRESKOW.

Dobrilugk, 7. September 1758.

Auf Euer Schreiben vom 2. dieses vermelde Ich Euch hierdurch in Antwort, dass wir die Russen recht derbe geschlagen haben, und dass, sobald Ich hier Luft gemacht haben werde, Ich nach Schlesien detachiren und Fouqué auf Neisse schicken werde, da sich dann die Sachen daselbst bald ändern müssen. Uebrigens begreife Ich nicht allzu wohl, wo die Oesterreicher dort 24,000 Mann zusammengebracht haben sollten. Wann sie hören werden, dass die Sachen hier und mit den Russen schief gehen, werden sie sich an dem, dass sie Schlesien ausgefressen, genügen lassen.

Friderich.

Nach dem Concept.


10289. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Dobrilugk, 7 septembre 1758.

Vous recevez ci-joint un précis des exactions, cruautés et horreurs que les Russes ont commises dans la Nouvelle-Marche,215-1 et je crois que le meilleur usage que nous en pourrions faire, serait de le faire insérer dans les gazettes tant françaises qu'allemandes,215-2 pour donner connaissance au public des cruautés et abominations que les Russes ont exercées dans la Nouvelle-Marche.

Je crois avoir renversé tous les desseins des Autrichiens sur la Saxe : mais, mais, mais, sur ce sujet les mais ne finiraient jamais!

Federic.

Das Corps des Generals Demikow, welches über Neuen-Wedell215-3 und Fürstenau medio Juni in die Neumark eindrang, fing seine Grausamkeiten damit an, dass es nicht nur Neuen-Wedell ausplünderte, die Einwohner mit Kantschuen übel tractirte,<216> die Weibspersonen schändete und selbst der General einige Bürgertöchter von 12 bis 15 Jahren mit sich wegnahm, sondern sie plünderten auch Fürstenau, steckten es in Brand und erschlugen des Arrendators216-1 Schmid Ehefrau. Sie nahmen ferner ihren Marsch über Hochzeit, Zatten und Regenthin, verheerten und plünderten auch diese Dörfer, desgleichen das Dorf Neuenbrück,216-2 allwo sie des dasigen Schulmeisters Tochter, ein Kind von 10 Jahren, geschändet, welches überhaupt an allen Weibspersonen verübet wurde, sobald sie sich mit der Flucht zu retten nicht vermögend waren. In Driesen steckten sie die Vorstadt und alle Scheunen in Brand. Sie plünderten ferner die Dörfer Hammer, Eschbruch, Modderwiese, Neuteich und Trebitsch. Auch steckten sie Vorbruch216-3 in Brand, schleppten den Förster Pohle nackend mit sich und tractirten ihn auf das grausamste.

Anfangs Juli plünderten sie Friedeberg, schlugen den Gärtner vom Amte Driesen todt, gingen mit den Magistratspersonen auf das grausamste um, begingen dabei sodomitische Schandthaten mit denen Weibsbildern; auch steckten sie die Mühle zu Altenfliess in Brand.

Bei Annäherung der Hauptarmee gegen Küstrin verheerten die Russen nicht nur ebenfalls den ganzen Strich, welchen sie passirten, sondern sie tractirten auch die Einwohner ohne Ansehen der Person sehr übel mit Schlägen. In Tamsel erschossen sie den Administrator, in Blumberg und Gross-Cammin massacrirten sie unterschiedliche Bauern, auch ganz kleine unschuldige Kinder nebst ihren Müttern, wovon die zerstümmelten Körper in denen Häusern und Scheunen gefunden worden. Die Dörfer Zorndorf, Zicher und das Amt Quartschen steckten sie in Brand und machten also auch diese ganze Gegend zur Wüsten.

Nach dergleichen Beispielen von Grausamkeiten und Mordbrennerei sollte man kaum glauben, dass eine Nation ihre Bosheit weiter treiben könnte. Nur die russische Armee wusste und verübte noch grössere Schandthaten, um ihr verabscheuungswürdiges Andenken bei der Nachwelt zu verewigen. Sie scheueten sich nämlich nicht, die Kirchen zu eröffnen und zu verunreinigen, der Bibel zu dem schändlichsten Gebrauch sich zu bedienen, die Gräber und Gewölbe zu Öffnen, die todten Gerippe herauszureissen und umherzuschleppen: wie sie dann solches unter andern in Cammin an dem Leichnam des seligen Generalfeldmarschalls von Schlabrendorff und in Birkholz an dem Leichnam des Generallieutenants von Ruitz verübet haben.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz zu dem königlichen Schreiben eigenhändig.


10290. AU MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

Elsterwerda, 8 septembre 1758.

Je reçois votre lettre216-4 au moment que je suis dans le plus fort de mes opérations. Après avoir chassé les Moscovites de la Nouvelle-Marche, je me suis tourné vers Dresde pour chasser M. de Daun de la Lusace; c'est dans cette situation que votre lettre m'a été rendue. J'applaudis216-5 fort à vos bonnes intentions, mais je dois vous dire que<217> je suis muet comme une carpe. Si les Français, Autrichiens et Russes ont quelque chose à dire, ils n'ont qu'à parler; mais pour moi, je me borne à les battre et à me taire. Veuille le Ciel que j'apprenne de bonnes nouvelles de ma sœur! cela m'intéresse plus que toutes les négociations de l'univers.

Federic.

Nach Abschrift der Cabinetskanzlei.


10291. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Elsterwerda, 8 septembre 1758.

Mon cher Frère. Vous voyez que npus n'avons pas tardé de vous secourir, cela n'aurait pas été cependant aussitôt, si les Russes ne se fussent retirés le 2. Je les ai encore suivis jusqu'à un petit mille de Landsberg, où j'ai laissé mon armée dans les forêts. Comme ce pays n'est pas propre pour la poursuite ni pour rien, j'ai laissé la besogne des Russes à Dohna, et je suis accouru à votre secours. Dans sept jours, nous avons fait 24 milles d'Allemagne, et nous sommes, je vous assure, en état de combattre, pourvu que la grosse Excellence de Kolin veuille y prêter le collet.

J'ai parlé sur mon passage à ma sœur Amélie,217-1 qui m'a chargé de vous faire mille amitiés; comme il est très problématique, jusqu'à présent, si nous pourrons nous voir ou non, j'ai toutefois voulu m'acquitter de ma commission.

Je vous embrasse, mon cher frère, bien tendrement, vous priant de me croire avec la plus parfaite tendresse et estime, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Voici une lettre pour le margrave de Baireuth.217-2

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10292. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Elsterwerda, 8 septembre [1758].

J'ai bien reçu votre lettre du 5 de ce mois. Demain, je compte être à Grossenhain et de me joindre aux corps du margrave Charles et de Zieten.

Au reste, mes nouvelles sont que Daun s'est replié sur Stolpen. S'ils ont quelques magasins, soit à Bautzen ou à Zittau, vous pouvez compter qu'on les leur prendra.

Ayez la bonté de faire transporter vos pontons à Meissen, pour qu'au premier signal de ma part on y puisse faire un pont pour ma<218> communication, et afin que les troupes que je destine pour vous joindre, y puissent être plus tôt.

Federic.

Vous recevez ci-jointe une lettre au margrave de Baireuth que je vous prie de vouloir bien lui faire parvenir sûrement.218-1 Il y est joint encore une autre lettre que je vous ai écrite,218-2 et une relation de la bataille du 25 d'août.218-3

Das Hauptschreiben nach dem Concept. Der Zusatz auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.


10293. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Elsterwerda, 8 septembre 1758.

Je vous dirai encore sur votre lettre en clair du 5 de ce mois que demain je marche à Grossenhain, et que je pousserai même ma tête à une lieue au delà vers Dresde. Faites que je sache au plus tôt les desseins de Daun sur Dresde, afin que je puisse aviser à tout ce qu'il faudra que je détache et fasse pour vous aider.

Federic.

Vous ne vous plaindrez pas de manque de diligence.

Das Hauptschreiben nach dem Concept. Der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffriren Ausfertigung.


10294. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

Elsterwerda, 8 septembre 1758.

J'ai vu, par la lettre de Votre Altesse du 2 de ce mois, que Sa Majesté Britannique vient de Lui accorder une pension annuelle de 2000 livres sterling, et j'ai été charmé de voir que la reconnaissance ait porté ce Prince à s'acquitter par là en quelque sorte envers Elle des obligations essentielles qu'il a à Votre Altesse, qui certes a bien mérité, par Ses services qu'Elle a rendus à Sa Majesté Britannique, la susdite pension et même une plus forte. Je Lui en fais, en attendant, mon compliment.

Je crois que nous aurons une bataille en peu de jours entre Pirna et Dresde; demain, je serai avec l'armée à Radeburg. Daun est à Stolpen, et l'on m'assure qu'il s'approche de Schandau, où il à 3 ponts, pour se joindre aux autres. Je prends mes mesures pour tous les cas, très résolu de lui bien frotter les oreilles, pour peu qu'il m'y donne lieu. Voilà le précis de ce qui se passe ici. Je commence à croire qu'il nous faut une bataille tous les quinze jours, de même que l'on purge régulièrement des corps spongieux. Mais, grand Dieu! quelle effusion<219> de sang et encore quel sang précieux! Ce n'est pas ma faute; dès que l'on ne saurait finir la guerre autrement, il faut bien en venir là.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10295. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Grossenhain, 9. September 1758.

Da Mir an dem heutigen Marsche viel gelegen und es nicht vier Meilen sein, so Ew. Liebden zu marschiren haben, und wir ja schon, wann es die Noth erfordert, fünf zurückgeleget haben, als werden Ew. Liebden alles mögliche anwenden und suchen baldmöglichst allhier einzurücken.219-1

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10296. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Grossenhain, 9. September 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 7. dieses erhalten und habe den Marsch, den Ihr Mir in solchem vorschlaget,219-2 nicht genehmigen können, weil dadurch die Oder und Küstrin dem Feinde offen sein würde. Ihr könnet den Feind, welches Euch ganz freistehet, durch Eure gute Positions, so Ihr nehmen werdet, aufhalten; nur aber muss Küstrin, Frankfurt und die Oder gedeckt und sicher bleiben. Ihr könnet übrigens spargiren lassen, dass Ich die Oesterreicher geschlagen und ein starker Renfort von des Prinz Heinrichs Armee zu Euch stossen würde.

Je suis venu ici à temps, et si vous apprenez la nouvelle d'une bataille, que cela ne vous étonne pas; mais il ne fallait pas tarder un moment, ou mon frère aurait passé de mauvais quarts d'heure.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10297. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Grossenhain, 9 septembre 1758.

J'ai reçu votre lettre du 8 de ce mois. Je marche aujourd'hui jusqu'à Dobritz, à trois petits milles de Dresde. L'on croit que Daun veut passer l'Elbe à Schandau; en cas que j'en aie la moindre nouvelle, je viendrai vous joindre en force. Je puis être demain à bon<220> temps à Dresde et camper derrière le grand jardin. Il faut que personne [ne] sorte des portes de Dresde, afin que l'ennemi ignore le nombre des troupes que j'amène. En cas que Daun reste à Stolpen, je tâcherai de lui intercepter Zittau et lui rendre difficile sa retraite par la Bohême.

Der König genehmigt ein Avancement im Regiment des Prinzen.

Vous n'avez qu'à répondre au prince de Deux-Ponts que vous m'écrirez touchant l'échange des otages;220-1 en attendant nous verrons à quoi notre besogne nous mènera. On m'assure iei que Pirna est prise; il se peut que ce soit la ville, mais pour le Sonnenstein, je n'en crois rien.220-2

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10298. AU MINISTRE D'ÉTAT DE BORCKE.220-3

Dobritz,220-4 9 septembre 1758.

Mon dessein n'est pas d'aller à Dresde qu'en cas que Daun passe la rivière ou qu'il fasse un fort détachement contre mon frère. Il est toujours bon que vous fassiez tenir le pain prêt, et si pour l'armée de mon frère vous manquiez de farine, j'ai déjà donné mes ordres à ce qu'il en soit transporté de Magdeburg à Torgau 1000 winspels; et en cas que j'aie besoin de farine pour mon armée, je pourrai peut-être prendre pour quinze jours de votre farine de Torgau, qui me sera suffisante pour les marches que j'aurai encore à faire.

Je suis très fâché de ce que le Sonnenstein est pris; j'ai fait 25 milles en sept jours, j'espérais du moins que ce ne serait pas peine perdue; mais je commence à craindre que cela ne me mènera pas à grand'chose qu'à faire de nouvelles courses.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10299. A LA DUCHESSE RÉGNANTE DE SAXE-GOTHA.

Du camp près de Dresde, 9 septembre220-5 1758.

Madame. Rien ne m'est plus flatteur que la part qu'une princesse de votre mérite veut prendre à ce que la fortune a fait pour moi. J'ai<221> aussi deviné que vous seriez bien aise du malheur qu'a essuyé une nation la plus féroce et la plus barbare de celles qui habitent notre Continent. Un cœur comme le vôtre se doit plaire, en voyant humilier l'orgueil et punir les auteurs des cruautés affreuses qui font frémir la nature.

J'aurais souhaité, Madame, que cette expédition, toute heureuse qu'elle a été pour mes provinces, eût pu adoucir votre situation. J'en ressens toute l'amertume et, bien loin de prétendre que vous et mes amis soient les martyrs de l'amitié, je me contente de leurs sentiments. Ne croyez pas, Madame, que je sois assez irraisonnable pour désirer du Duc et de vous des choses qui vous pourraient causer du chagrin : bien éloigné de cette façon de penser, j'ose vous conseiller plutôt de céder à la nécessité,221-1 et cela d'autant plus que le grand orage est passé.

Les nouvelles de Constantinople sont excellentes, et certainement nos ennemis ne tarderont pas à s'en ressentir. Les Russes fuient en Pologne, les Suédois se retirent, et ces gens-ci, après avoir rebroussé chemin, redoublent de circonspection. Je regarde la campagne autant que finie, et vous savez le proverbe : Chi ha tempo, ha vita. Rien ne peut altérer les sentiments de la haute estime etc.

Federic.

Nach einer Abschrift221-2 im Kaiserl. Königl. Kriegsarchiv zu Wien.


10300. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Gross-Dobritz, 10. September 1758.

Ich kann Ew. Liebden nicht bergen, wie dass es Mir sehr wundert, dass es so langsam mit dem gestrigen Marsche gegangen ist. Wir haben anjetzo sehr oft fünf auch sechstehalb Meilen marschiret, und es ist niemalen ein Nachtmarsch daraus geworden. Die Ursachen sind, dass die Officiers, so vor der Tête reiten, die Bursche aufhalten und ihnen keinen ordentlichen Tritt marschiren lassen. Ueberdem will Ich hoffen, dass die Officiers, so mit denen Regimentern, so nicht nach dem Lager gelangen können, sich in die Dörfer werden einquartiert haben, welches bei denen Umständen allemal das beste ist. Ich erwarte also von Ew. Liebden Bericht, wenn alles eingerücket und heran ist.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.

<222>

10301. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Gross-Dobritz, 10 [septembre 1758].

Mon cher Frère. J'ai aujourd'hui reçu toutes vos lettres; mais les chasseurs, au heu de prendre le chemin le plus court, ont pris de grands détours, ce qui me les a fait tenir plus tard. Veuille le Ciel que Daun passe la rivière, et qu'il ait ordre de tenter quelque chose! Ce serait mon salut.

J'envoie Wensen222-1 à Dresde, pour que je trouve la munition qui me sera nécessaire. Il en faut beaucoup, parceque malheureusement nos coïons, dans le milieu de l'action, disent qu'ils n'ont point de poudre; ils la tirent mal à propos pour s'en défaire, de sorte que, dans toutes les actions à présent, j'ai un Pulverwagen derrière chaque bataillon.

Vous me dites que votre terrain est trop étendu; occupez bien la première ligne, et si l'ennemi passe la rivière, j'aurai soin de la seconde et de la réserve.

Je dînerai demain chez vous, à Dresde, si vous le voulez bien. Je n'amènerai que Seydlitz avec moi, et si vous pouvez en sûreté vous absenter du camp222-2 pour deux heures, je vous prie de venir à Dresde, mais de prendre en même temps de si bonnes mesures que vous soyez d'heure en heure informé des moindres mouvements des ennemis.

Mon camp de toute l'armée sera demain à un quart de mille de Kaditz,222-3

Adieu, mon cher frère; je me réjouis véritablement de vous revoir et vous prie d'être persuadé de la parfaite tendresse avec laquelle je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10302. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Dobritz, 10 septembre 1758.

J'ai eu le plaisir de recevoir toutes vos lettres. Je suis assez bien informé de la position de Daun et de celle de Laudon, mais il faut nécessairement que ces gens aient encore un projet, et cela ne peut être que sur Dresde ou pour vous obliger de quitter cette ville. Je ne crois pas qu'ils vous attaquent en front, mais je pense qu'ils voudront vous tourner par votre droite. Ma présence empêche ces gens-là de faire un pont à Pillnitz, mais il n'en est pas de même de celui de Radnitz222-4 et de Schandau. Quant au pont de pontons, je sens bien que nous n'en avons pas besoin actuellement. Demain, mon armée avancera, et en peu de jours il faudra que tout ceci se décide.

<223>

Je joins ici une lettre à la margrave de Baireuth,223-1 vous priant de lui la faire parvenir sûrement.

Je marcherai demain vers Dresde à un mille de la ville, pour couvrir ma marche et empêcher que l'ennemi ne devine mon dessein. Je viendrai à midi à Dresde avec Seydlitz; si rien ne vous en empêche, venez-y aussi; nous pourrons dîner tous trois ensemble et, cela fait, aller et vaquer chacun de son côté à sa besogne. L'on s'explique mieux dans un quart d'heure de conversation que dans six pages d'écriture. Si vous avez un quartier à Dresde, j'y viendrai, et nous serons tous deux tous seuls. Je serai charmé de vous revoir, cela me fera un sensible plaisir; mais ne partez qu'à 11 heures de votre camp. Adieu, cher frère!

Federic.

Das Hauptschreiben nach dem Concept. Der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.


10303. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

[Gross-Dobritz,] 10 septembre 1758.

Ma très chère Sœur. Voici le premier jour favorable pour moi depuis six mois. Je reçois deux de vos chères lettres, et j'entrevois l'espérance de votre guérison. Ce rayon, tout faible qu'il est, ma chère sœur, me console. L'abscès ouvert et une circonstance que le médecin ajoute, me donnent un nouveau courage; mais, ma chère sœur, que les émotions de l'esprit n'altèrent pas les effets des remèdes, et pour l'amour de tout ce qui vous est cher, tâchez de conserver une tranquillité d'âme intarissable! Nous sommes bientôt à la fin de nos travaux, et, selon toutes les apparences, le bout de cette année le sera de la guerre.

Je suis accouru de ce côté-ci au secours de mon frère, et je crois que ma campagne se terminera dans la Lusace. Le maréchal Daun s'est retiré à Stolpen vers la Bohême, et mon frère a les tonneliers223-2 et les cercles vis-à-vis de lui.

J'ose ajouter à votre lettre une réponse à Voltaire;223-3 je ne sais si vous daignerez la lui envoyer, mais tout cela, ma chère sœur, ne m'intéresse que faiblement: votre personne et votre santé sont le principal! En revenant des Russes, pour prendre ce chemin-ci, j'ai vu ma sœur Amélie,223-4 qui m'a appris que de l'héritage de notre chère mère vous n'aviez pas voulu accepter la porcelaine et me l'aviez cédée : je reconnais à ce procédé votre cœur et vos sentiments; mais cette porcelaine n'en restera pas moins à votre disposition.

<224>

Vous me demandez des nouvelles des Russes. Ils ont été bien battus et traités cruellement; nos gens n'ont fait presque quartier à personne. Ils ont laissé 26,000 morts sur la place, 2000 prisonniers, 6 généraux, 103 canons, 25 drapeaux, 82 officiers; mais malgré cette perte, il leur reste près de 40,000 combattants, ce qui n'est pas un petit embarras pour moi. J'ai fait une relation de cette affaire,224-1 fort à la hâte, mais il est impossible de comprendre cette relation, à moins que de voir le plan. Les Russes ont les officiers les plus ignorants qu'il y ait dans l'univers dans le métier de la guerre; leurs généraux ne font que des fautes grossières; le commun soldat a de la valeur. Depuis 50224-2 ans, cette armée est sans cesse victorieuse; mais si elle recevait une couple de corrections comme la dernière, cela deviendrait la plus méprisable troupe de l'univers.

Avant que de dépêcher la personne en question, je lui donnerai encore une lettre, parceque je crains224-3 qu'ensuite messieurs les cercles ne nous barrent le chemin.224-4

Adieu, chère sœur, mon cœur et mes vœux sont pour vous. Veuille le Ciel que vous ne me causiez plus de larmes, et que la continuation de votre reconvalescence me rassure entièrement! Je suis avec la tendresse la plus inviolable, ma très chère sœur, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10304. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

[Gross-Dobritz,] 10 [septembre 1758].

Ma très chère Sœur. Votre homme veut partir; je ne saurais ie congédier, sans lui donner encore cette lettre. Je l'ai questionné sur tout ce qu'il sait et ne sait pas. Il m'a dit qu'il ne vous a pas vue. Je vous supplie en grâce, si vous m'envoyez quelqu'un, qu'il vous voie, avant que de partir. Je croirai au moins retrouver dans ses yeux l'image de celle que mon cœur adore. Enfin, ma chère sœur, je commence à me flatter sur votre guérison, et cette idée met du moins un peu de baume dans mon sang; pour Dieu, ne démentez pas mes espérances! Ce serait un faux bond terrible, et ces sortes de rechutes dans les chagrins tuent.

J'irai demain dîner à Dresde chez mon frère Henri.

Je vous envoie, ma chère sœur, une sottise, qui m'a passé par la tête, pour vous amuser.224-5 Vous direz en la lisant: Eh! qu'il est foux!<225> Et je vous répondrai que, lorsque l'on n'est pas destiné dans le monde de devenir sage, que c'est peine perdue d'y prétendre, et que, depuis les sept Sages de la Grèce, il n'y en a plus eu.

Je vous embrasse mille fois, mon cœur et mon âme sont à Baireuth chez vous, et mon corps chétif végète ici sur les grands chemins et dans les camps. Voilà une chienne de vie; mais ce qui m'en console, c'est qu'elle tire à sa fin. Daignez rendre justice aux sentiments d'une tendresse inviolable que je vous ai vouée jusqu'au tombeau, étant, ma très chère sœur, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10305. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Dobritz, 10 septembre 1758.

J'ai reçu votre rapport du 8 de ce mois, et j'agrée le pardon général que vous me proposez pour ceux d'entre mes sujets et déserteurs de mon armée qui servent actuellement dans les troupes de Suède, et j'ai donné mes ordres au ministre d'État de Katte, pour qu'il se concerte avec vous sur ledit pardon que vous n'aurez qu'à faire imprimer et publier convenablement tout de suite.225-1

Au reste, je vous prie de considérer que je ne saurais marcher d'un endroit à l'autre, avant que les choses ne se soient décidées d'une certaine manière là où je me trouve, et que, jusques là, je ne saurais me passer d'aucunes troupes, de façon que, si je prenais même la résolution de détacher à l'heure qu'il est quelques troupes contre les Suédois, elles ne pourraient faire qu'un objet peu considérable.

Federic.

Je ne vous manderai rien d'ici, avant que d'y voir bien jour.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.

<226>

10306. AN DEN GENERAL DER INFANTERIE MARKGRAF KARL.

Dobritz, 10. September 1758.

Ew. Liebden Schreiben vom 10. dieses habe Ich wohl erhalten, und werden Dieselbe die bei Sich habende Gefangene nur noch mitzunehmen belieben; dann Ich solche nach Dresden abschicken werde, damit Sie derselben entledigt sein mögen.

Uebrigens so hoffe Ich, dass der Obrist von Dieskau alle seine blaue Wagens mitgenommen haben wird, maassen Ich deren nur sieben wegen des grossen Ausgangs mit Patronen bei Meinem Corps habe.

Um die schwere Artillerie besser und ungehinderter mit fortzubringen, so werden Ew. Liebden wohl daran thun, solche bei denen Bataillons eintheilen zu lassen.226-1

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10307. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Hauptquartier Wahnsdorf,226-2 11. September 1758.

Dem General Dohna wird mitgetheilt, dass das Generaldirectorium Befehl erhalten habe, Fourage und Gelder für das Dohna'sche Corps zu hefern.

Quant aux Russes, ils ne se tiennent dans ce pays-là que pour faire diversion. Si je batte ici l'ennemi, tout cela se tournerait tout de suite; mais je ne puis vous dire encore quelle tournure cela prendra dans ce pays-ci, puisque je ne fais que d'y arriver aujourd'hui.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10308. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE KNYPHAUSEN A LONDRES.

Quartier général à Wahnsdorf, près de Dresde, 12 septembre 1758.

Le rapport que vous m'avez fait à la date du 25 d'août, m'a été fidèlement rendu. Quelque bonne et intéressante que saurait être toujours la nouvelle qu'en conséquence de ce que les ministres anglais vous en ont dit, le sieur de Porter a marquée par la poste ordinaire, que la Porte semblait vouloir se remuer, et qu'au moins il était certain qu'on y venait de donner des ordres pour faire des préparatifs de guerre qui inquiétaient beaucoup les ministres étrangers des puissances<227> ennemies communes à nous, je suis cependant bien aise de vous faire observer pour votre direction que la continuation de la guerre dans l'année qui vient saurait être très avantageuse à l'Angleterre, mais que, quant à moi, je vous prie de me dire d'où de mes provinces pour la plupart ruinées par les incursions et les dévastations que nos ennemis y ont faites, je saurais prendre les hommes et l'argent qu'il faut pour continuer l'année future efficacement la guerre. D'ailleurs, pour vous parler confidemment, cette lettre du sieur Porter, n'aurait-elle pas l'air, par les circonstances qui l'accompagnent, d'être fabriquée à Londres?227-1 Car s'il en était quelque chose de réel, et que les puissances ennemies en étaient dans cette appréhension que cette lettre accuse, on le remarquerait d'abord aux démarches des Autrichiens et des Russes, et d'ailleurs les lettres de Pologne en marqueraient quelque chose, où cependant rien se trouve jusqu'à présent qui en donne le moindre indice. Je vous le redis ainsi que la continuation de la guerre saura être avantageuse à l'Angleterre, mais qu'on considère que j'en porte presque tout le fardeau. Si je m'en tirerai avec honneur encore cette année-ci, j'aurai tout lieu d'en remercier le Ciel, mais dans la situation où je me trouve, cela ne pourra pas aller plus loin.

Nonobstant tout cela, vous devez être assuré que je me garderai bien de tenir un pareil langage envers nos ennemis communs, tout au contraire, je leur parlerai avec toute la fermeté imaginable. En attendant, je suis du sentiment que, s'il se rencontrera un moyen pour sortir avec gloire et honneur de cette guerre, qu'il ne faudrait point le rejeter.

Federic.

Nach dem Concept.227-2


10309. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

12227-3 [septembre 1758].

Mon cher Frère. Il est très bien que M. Hadik ait été chassé de votre droite. Quoique mes patrouilles ne m'aient pas toutes fait leur rapport, je peux vous dire cependant avec certitude qu'il y a un corps de 7 ou 8000 hommes du côté de Radeberg. Je détache ce soir un gros corps qui l'en délogera demain matin, et je m'arrange pour marcher en avant et me camper à Loschwitz et Dürre-Bühlau;227-4 je couvrirai ma marche par des détachements d'infanterie qui occuperont<228> les bois, et en même temps que Laudon sera obligé de quitter son poste, je déboucherai du bois et prendrai la position susmentionnée. Je crois que cela décidera les mouvements de Daun, et qu'alors l'on verra clair dans la tournure que prendra toute la campagne.

La tiraillerie que vous avez entendue, n'a point été à Dresde, mais à Pillnitz, et l'on croit que Mayr a fait tirer sur quelques hussards ou pandours. Je compte d'avoir vers le midi des nouvelles plus détaillées de tout ceci, que je ne manquerai pas de vous communiquer incessamment.228-1

Je vous rends mille grâces de l'agréable journée que vous m'avez fait passer hier;228-2 exceptez-en le moment où j'ai vu ma sœur Amélie,228-3 il ne m'est rien arrivé depuis six mois qui m'ait fait autant de plaisir. Ne doutez point, mon cher frère, de la tendre amitié et de la haute estime avec laquelle je suis jusqu'au tombeau, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung;. Eigenhändig.


10310. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

12228-4 [septembre 1758], l'après-midi à 3 heures.

Voici des nouvelles certaines : Laudon est à Radeberg228-5 avec à peu près 8000 hommes. L'armée est ou à Stolpen ou à Lohmen.228-6 Ils ont fait des abattis garnis de pandours du côté de Vogelhaus,228-7 où mes patrouilles n'ont pu percer. Le corps de Gœrlitz228-8 est marché à Zittau et de là vers Daun. Sur ces nouvelles, je fais marcher ce soir un corps d'infanterie à Radeberg pour chasser de là Laudon demain à la pointe du jour, et en même temps, je me porterai avec l'armée sur deux colonnes vers le débouché du bois qui va à Loschwitz et Dürre-Bühlau. Je ferai alors remonter les pontons à cet endroit pour avoir avec vous une plus courte communication. L'ennemi a un dessein: je ne perdrai pas un moment pour le faire éventer quel qu'il soit. Dès que j'apprendrai quelque chose de plus, vous en serez incontinent informé. Adieu, cher frère, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.

<229>

10311. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

13229-1 [septembre 1758].

La nuit qui m'a surpris et 6 bataillons qui avaient manqué leur route, m'ont empêché de prendre hier le poste que j'ai voulu occuper; mais je marcherai, dès qu'il sera jour, et vous pouvez compter que vous serez d'abord instruit de tout. Retzow attaque en même temps Laudon, de sorte qu'à tout bien prendre, il vaut mieux que ces différents corps soient entamés en même temps, que si on les prenait à diverses reprises. Toute l'armée me suit, ce qui me donnera le moyen de pousser en avant et d'etablir mon camp dans l'endroit le plus avantageux, pour rompre les projets de l'ennemi et pour le resserrer dans ses vivres. Dans trois heures, j'espère de vous en dire davantage. Adieu, cher frère, je vous embrasse mille fois.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10312. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

13229-2 [septembre 1758], à midi.

Mon cher Frère. Nous avons délogé l'ennemi de tous ses abattis, et nous l'avons poussé jusques dans son camp. J'ai campé l'armée sur les hauteurs de Schcemberg;229-3 ce mouvement aurait été décisif, s'il avait plu au général Retzow d'exécuter mes ordres, mais celui-là, au lieu de chasser Laudon, s'est campé vis-à-vis de lui : j'en suis outré, mais que faire! L'ennemi a eu près de 50 canons du côté du Weisse-Hirsch,229-4 qu'il a retirés hier au soir. Je crois qu'il a voulu faire un pont à Pillnitz, et que, sur ces entrefaites, il a changé d'avis; enfin, tant que je n'aurai pas Radeberg, il me sera impossible de déterminer Monsieur Leopolde229-5 à aucune manœuvre décisive. J'ai ordonné que l'on doit avancer le pont de pontons dans ces environs, pour rapprocher notre communication. Adieu, cher frère, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10313. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

[September 1758.]229-6

Euer Schreiben und Duplicat vom 12. dieses habe Ich erhalten und bin von dessen Einhalt und der faussen Demarche, so Ihr gethan,<230> sehr surpreniret gewesen.230-1 Ich muss Euch reine sagen, wie es die grösseste Sottise gewesen, so Ihr thun können, dass Ihr von Eurem dortigen Posten zurückgegangen und die Russen aus den Augen gelassen, welches, und dass Ihr dort weggegangen, eine Sache ist, so Ich sehr desapprobire, wodurch Ihr Meine ganze Boutique derangiren könnet. Ihr sollet also durchaus nicht zurückgehen, noch die Russen wieder vorlassen, sonsten, wie Ihr selbst erachten sollen, die Russen über die Oder gehen und alsdenn diese auf der einen Seite, die Schweden aber auf der andern Seite bei Berlin zusammenkommen und Euch zugleich in die Mitte nehmen, welches dann nicht gut gehen kann. Ihr sollet also Euren begangenen faux pas sogleich bestens redressiren und Eure Mesures deshalb wohl nehmen und so halten, dass Ihr nicht über die Oder zurückgehet, noch die Russen vorlasset.

Ich werde inzwischen wegen Berlin und derer Schweden sogleich den Generalmajor von Wedell mit 8 Bataillons und etwas Kavallerie nach der Gegend Berlin und gegen die Schweden beordern.230-2 Könnet Ihr alsdenn demselben noch ein Regiment Dragoner von Eurem Corps dahinschicken, so wird Mir solches lieb sein, damit er sodann die Schweden so besser poussiren könne. Ihr aber müsset durchaus nicht zurückgehen, noch die Russen wieder vor und über die Oder lassen.

Friderich.

Nach dem Concept.230-3


10314. AN DEN COMMANDANTEN VON BERLIN, GENERALLIEUTENANT VON ROCHOW.

Rochow berichtet, Berlin 12.-September, es ständen bei der Stadt Lychen in der Uckermark230-5 2000 Mann Schweden unter General Lieven, sie hätten daselbst ein Lager für die nachfolgende grosse schwedische Armee abgestochen. Um die Schmelzwerke und Mühlen bei Zehdenik zu schützen, habe er 300 Mann von der berliner Garnison unter dem Major von Sydow nach Zehdenik entsendet.

[September 1758.]230-4

... 300 gegen Armee ridicul!230-6 nichts! ist so gut als wenn er sie schenkt (?) — werden aufheben — gleich zurückziehen!

Nächster Tage gegen Schweden Avantgarde230-7 — ich mit 10,000 Mann nachkommen;230-8 gnug sein, um Schweden zu jagen — Avantgarde 6 Tage da s [ein] . . .230-9

Weisungen fur die Antwort; auf der Rückseite des Berichts von Rochow, d. d. Berlin 12. September.

<231>

10315. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

14 [septembre 1758].

Je commence à juger par tout ce que je vois, et par le rapport de mes patrouilles que, dès que je ferai un mouvement par ma gauche, Daun voudra se porter de ce côté-là pour soutenir Bautzen et Zittau. Pour ce qui est des feux que l'on a moins vus cette nuit que les autres, je crois qu'il n'en faut chercher la cause que dans le vent et les pluies. Si l'on a entendu marcher quelque chose sur le pont de Pirna, c'est sans doute quelque détachement que Daun a fait passer aux Cercles, et qu'il se croit obligé de retirer à lui. Je crois Retzow actuellement à Radeberg. Dès que je serai sûr de quelques nouvelles, et que j'aurai tiré les choses au clair, je vous en informerai incessamment, ce qui se fera plus vite et plus facilement depuis l'établissement de notre pont.

Adieu, cher frère, je vous embrasse bien tendrement.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10316. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

14 [septembre 1758].

Mon cher Frère. Je suis bien aise que vous approuviez ma manœuvre, celle d'aujourd'hui a réussi au point que nous occupons Radeberg, et que Laudon se retire vers Stolpen. Je suis à présent aux aguets pour savoir ce qui se passe à Bischofswerda et à Bautzen, pour me diriger là-dessus.

Cependant, sur des nouvelles que j'ai reçues de Berlin, je détache aujourd'hui 6 bataillons, dont 4 sont déjà à Grossenhain, 2 ici de l'armée, et avec votre permission le régiment de Cassel; j'en donne le commandement à Wedell,231-1 il prendra, de plus, 500 hussards de Mœhring avec lui, et dans six jours il faut qu'il soit à Berlin. „Voilà vraiment des régiments d'infanterie qui deviennent des postillons ou des courriers; ce sont les suites de l'acharnement de nos ennemis, auxquels l'on ne peut résister que par la grande célérité et l'audace, souvent même la témérité et le désespoir.

Dès que je saurai quelques nouvelles, je vous les communiquerai incessamment; la campagne n'est pas encore proche de sa fin, et je crois que nous en aurons jusqu'à la fin d'octobre.

<232>

Soyez persuadé, mon cher frère, de la tendresse et de tous les sentiments avec lesquels je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10317. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Schœnfeld,232-1 [14 septembre 1758].232-2

Je n'ai pas voulu vous répondre d'abord, mon cher frère, pour ne vous pas dire des choses que j'aurais été obligé de révoquer d'abord; à présent, je peux vous dire avec certitude que Daun est à Stolpen, où je l'ai vu sa droite appuyée à Lauterbach.232-3 Laudon a abandonné Radeberg, et il est à Arensdorf,232-4 où il s'est campé en triangle. Pour vous dire ce que je conclus de ces différentes positions, c'est que Daun abandonnera l'Elbe, qu'il voudra marcher par Bautzen, pour aller à Zittau. Je tâcherai demain ou après-demain de presser vivement Laudon, pour voir si l'autre ne voudra pas le secourir; ce qui obligera Daun ou de voir battre son détachement à sa barbe ou d'engager une bataille, et c'est où je l'attends, car son poste de Stolpen est trop avantageux pour que je m'y casse le nez: ainsi ce moyen me reste encore, et je le prends du côté de ses subsistances, qui est sa partie faible. Je vous avertirai de tout et à temps.

Si vous voulez que je vous dise ouvertement mon sentiment, je suis d'opinion que vous ferez bien de différer votre détachement de Freiberg — d'ailleurs très judicieux — jusqu'à ce que j'aie éloigné cet homme des bords de l'Elbe; après quoi vous aurez les coudées franches, et vous pourrez faire tout ce que vous trouverez à propos.

Adieu, cher frère, je suis excédé de fatigue, et je vais me reposer, pour vous donner demain avis et de mes nouvelles et des mesures que j'aurai prises. Je vous embrasse de tout mon cœur.

Federic.

J'envoie un bataillon à Pillnitz, pour garder les ponts.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10318. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

14 [septembre 1758].

Je viens d'apprendre dans ce moment par Mayr que l'ennemi lève son pont de Pirna,232-5 et par un boucher qui vient de Stolpen, que l'armée<233> ennemie renvoie tous ses caissons, sa grosse artillerie et ses munitions vers le Ziegenrück. Ceci m'a, par précaution, fait résoudre à tenir demain vers les 5 heures l'armée prête à profiter de la retraite de l'ennemi. En cas que Daun se retire, je tâcherai de chauffer Laudon et son arrière-garde. Si l'ennemi ne marche point, je vous prie, mon cher frère, de vouloir dîner demain avec moi à Pillnitz, si rien ne vous en empêche. Dès que j'apprendrai quelque chose, je vous le ferai savoir incessamment.

Adieu, cher frère, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10319. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Schœnfeld, 15 septembre 1758.

Pour vous répondre au rapport que vous m'avez fait du 13 de ce mois, je vous dirai que j'ai détaché d'ici le général-major Wedell avec 8 bataillons et 5 escadrons, qui s'est actuellement mis en marche de Grossenhain pour aller tout droit à Berlin et marcher contre les Suédois, après avoir rassemblé tout ce qu'il y a là de troupes en garnison, afin de chasser en arrière celles des Suédois. Au surplus, je l'ai instruit d'ébruiter partout que lui et son corps ne faisait que l'avant-garde d'un corps de 10 à 12,000 hommes, avec lequel je le suivrais incessamment moi-même, pour marcher droit aux Suédois. J'en écris dans le même sens au lieutenant-général Rochow,233-1 et d'une façon si positive que peut-être il y ajoutera foi lui-même, ce qui ne sera pas mal. Aussi ferezvous bien de seconder ce bruit, en le disséminant partout, afin d'en imposer d'autant mieux aux Suédois, qui peut-être en seront arrêtés, pour ne pas se trop presser de pousser plus en avant.

Cependant, si malheureusement les Suédois devaient, nonobstant cela, s'approcher de Berlin, alors il faudra bien que vous songiez à mettre ma famille en sûreté, et que vous avec le Département et les caisses suiviez cette retraite, afin que tout reste en activité; sur quoi, je me remets à votre prudence, et que vous agirez selon mes intentions, conformément aux circonstances.

J'espère que dans peu je réduirai les Autrichiens à quifter la Lusace; quant au reste, je vous ai instruit de tout ce que je crois pouvoir faire. Un peu de patience! Je trouve partout des difficultés énormes, ce n'est Pas l'affaire d'un jour de les surmonter. Certainement, on ne m'accusera pas de paresse, mais il ne faut pas non plus que l'on m'accuse d'étourderie.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.

<234>

10320. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

Schœnfeld, près de Dresde, 15 septembre 1758.

J'ai reçu la lettre que Votre Altesse a eu la bonté de m'écrire du 8 de ce mois, et tout ce qu'Elle y marque touchant ma cavalerie qui se trouve actuellement auprès de Son armée,234-1 est très fondé; mais d'un autre côté, Elle voudra bien considérer la situation épouvantable dans laquelle je me trouve à présent, ayant partout des ennemis dans mon pays et devant moi, et que les Russes, quoique battus d'importance, ayant tiré à eux tout ce qu'ils pouvaient des troupes de la Pologne, se sont postés sur la frontière de la Nouvelle-Marche, s'y étant rétranchés au possible, de façon que je suis obligé de laisser vis-à-vis d'eux le comte Dohna avec son armée, pour les y observer de près. Les Suédois, d'autre part, ont pénétré par la Marche-Uckeraine, qu'ils tâchent d'abîmer, faisant mine de vouloir marcher droit en avant sur Berlin, de sorte que je ne saurais me dispenser d'y détacher quelques troupes,234-2 pour m'opposer à eux, pendant que j'ai ici toutes les mains pleines à faire contre les Autrichiens. Je ne saurais donc rien changer, vu ma situation présente, à la déclaration que j'ai faite antérieurement à Votre Altesse.

Es folgt die schon mehrfach gestellte Forderung, die 10 Schwadronen preussischer Dragoner dem Könige zurückzusenden. 234-3

Mais autre chose serait, si Votre Altesse était résolue de donner la bataille, et en ce cas ma cavalerie ne La quitterait qu'après ladite bataille, et vous pouvez compter que, dès que je me serai débarrassé ici de mes ennemis les plus pressants, ce sera avec plaisir que je vous renvoierai non seulement ladite cavalerie, mais plus de troupes encore. Veuillez, en attendant, seulement prendre en considération ma situation présente.

Au reste, Votre Altesse a sagement fait de ne point entrer en matière avec le commissaire français en question,234-4 puisqu'il n'aurait s'agi, tout au plus, que de chipotages incertains et de propositions vagues et captieuses.

<235>

Je vous prie, mon cher Ferdinand, de m'envoyer dans la place du Kalmouk235-1 un petit-maître bien ridicule et amusant.235-2

Federic.

Je m'en vais aujourd'hui tenter d'entourer Laudon.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Die Zusätze eigenhändig.


10321. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

15 [septembre 1758].

Mon cher Frère. Dès que je fus informé que vous aviez le régiment de Cassel chez vous,235-3 j'ai commandé le bataillon de Salmuth, qui est à Dresde, et chemin faisant Wedell attirera à lui celui qui est à Torgau, de sorte que cela ne vous dérangera pas.

Mes patrouilles rapportent que le pont de Pirna est levé,235-4 que la garnison de Pirna235-5 est dans des transes extrêmes; que Daun renvoie son bagage, et qu'il a garni le Ziegenrück avec un corps à peu près de 5000 hommes. Retzow avance encore aujourd'hui, et selon l'occasion je le renforcerai, pour lui faire prendre le camp de Harthau,235-6 afin qu'il tire plus que Daun du côté de Bautzen.

Si vous voulez venir dîner à midi à Pillnitz, vous me ferez plaisir, nous ne serons que peu de personnes.

Je suis avec une parfaite amitié, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10322. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

16235-7 [septembre 1758].

Mon cher Frère. Nous avons pris Laudon par le front et les deux flancs; il a été chassé au pied du camp de Fabius Maximus. Laudon à perdu au delà de 500 hommes et plus de 1000 fusils que ses gens ont jetés par la peur qu'ils ont eue. Nous avons 5 officiers et passé les 200 prisonniers; mais comme l'on en amène encore incessamment, je crois que le nombre en augmentera. Le prince de Durlach235-8 a passé Bischofswerda et se joint incessamment avec Daun.<236> Si vous voulez venir voir demain le camp, je me flatte que vous me ferez le plaisir de dîner chez moi.236-1

Adieu, cher frère, je vous embrasse bien tendrement.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10323. BERICHT VON DER KÖNIGLICHEN ARMEE.236-2

Hauptquartier Schönfeld, 16. September 1758.

Se. Königl. Majestät nahmen mit Dero Armee den 13. das Lager bei Schönfeld gegen der feindlichen Armee über, so sich bis Stolpen in das Gebirge zurückgezogen hatte.

Der Generallieutenant von Retzow marschirte selbigen Tages mit einem Corps gegen Radeberg, woselbst der feindliche General Laudon mit 12,000 Mann detachiret stand; derselbe aber verliess bei Zeiten sein festes Lager und setzte sich auf die Höhen von Arensdorf.236-3

Den 15. rückte der Generallieutenant von Retzow bis Wolmsdorf236-4 vor, und da Se. Königl. Majestät resolvirten, das Laudon'sche Corps noch weiter zurückzutreiben, so brach der Prinz Karl von Bevern dieselbe Nacht mit einigen Bataillons auf und richtete seinen Marsch so ein, dass er beim Anbruch des folgenden Tages dem Laudon'schen Corps in der rechten Flanque stand, sowie der Generallieutenant von Retzow, dasselbe von der andern Seite anzugreifen, seinen Marsch nahm. Se. Königl. Majestät brachen gleichfalls den 16. früh mit etlichen Bataillons und Escadrons auf und marschirten den geraden Weg nach Fischbach,236-5 um dem Feind im Rücken zu kommen.

Der General Laudon, welcher, wie gewöhnlich, den Angriff nicht abwartete, konnte doch seine Retraite so geschwinde nicht machen, dass er nicht in grösster Unordnung bis in die Hauptarmee des Generalfeldmarschall Daun culbutiret worden. Die Avantgarde des Generallieutenant von Retzow stiess auf einen feindlichen Posten von ungarischer Infanterie und Scharfschützen. Die Freibataillons und Husaren griffen solchen im Walde an, trieben selbigen nach wenigem Widerstande zurück und hieben bei der Retraite über 600 Mann nieder; 6 Officiers und 320 Mann wurden gefangen genommen, die übrigen wurfen die Gewehre weg und salvirten sich mit der Flucht, da wir dann an 1000 Stück weggeworfener Gewehre gefunden. Der Feldmarschall Daun sähe in seinem Lager diesen Echec ganz gelassen an, ohne einen Mann zum Soutien zu detachiren, und der Generallieutenant von Retzow bezog das von dem Laudon'schen Corps verlassene Lager.

Nach Abschrift der Cabinetskanzlei.

<237>

10324. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

[Schönfeld, September 1758.]

Ich erhalte sogleich Euer Schreiben vom 15. dieses. Da Ich aus solchem ersehe, dass Ihr in solchem noch von dort wegzumarschiren und die Russen zu verlassen, hergegen nach denen Schweden zu greifen redet, Ich Euch aber dergleichen falsche Demarche zu thun in Meinem Schreiben vom 13. dieses,237-1 von welchem Ich mit einem besonderen Feldjäger zugleich ein Duplicat geschicket habe, [strengstens verboten], so sage Ich Euch nochmals hierdurch, dass Ich darunter gar keinen Scherz verstehe, sondern wiederholet befehle, dass Ihr Euch, ohne [Euch] jetzo an die Schweden zu kehren, von dort nicht wegrühren, sondern absolut da stehen bleiben sollet, bis dass die Russen aus Landsberg weg sein, hergegen Eure Leute dahin detachiret sein werden.

Friderich.

Nach dem Concept.237-2


10325. AUX MINISTRES D'ÉTAT COMTES DE PODEWILS ET DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Schœnfeld, 17 septembre 1758.237-3

J'ai vu tout ce que votre rapport du 10 de ce mois comprend au sujet des moyens plus convenables à mes intérêts pour remettre successivement à Berlin la somme du subside d'Angleterre;237-4 à quoi je vous dirai que, mon temps et mes grandes occupations militaires ne me permettant pas dans le moment présent d'entrer en ces sortes d'affaires, vous ne devez plus m'en mêler, mais arranger plutôt vous seuls tout ce qu'il y faudra de la manière que vous jugerez la plus convenable et la plus avantageuse à mes intérêts. De vouloir vous amuser à consulter là-dessus le ministre Boden, ce sera à pure perte et sans vous aider en rien, vu qu'il ne s'y entend aucunement, et qu'il n'a point d'idées ou connaissances ni du commerce ni des grandes finances et des cours de change. Il faut plutôt que vous vous concertiez avec des marchands et des banquiers habiles et entendus pour vous décider sur le parti le plus avantageux et le plus profitable pour moi. Je vous laisse les maîtres d'arranger et de finir tout cela, sans m'y mêler plus.

Au reste, il m'est indifférent, quant aux matières, que ce soit en argent ou en or. Agissez selon que vous l'entendrez et conformément a mes intérêts.

Comme je viens d'apprendre à regret [que] la Princesse de Prusse va de lieu à autre, malgré son état de grossesse, ma volonté est que, pour finir ses inconvénients, vous arrangerez qu'elle établisse son séjour a Magdeburg, jusqu'à ce que le temps de ses couches sera passé entièrement, et pour n'en pas ombrager le public, vous masquerez son<238> voyage et son séjour à Magdeburg de quelque bon et valable prétexte, soit que ma belle-sœur avait choisi ce lieu préférablement parceque Madame sa mère238-1 y serait plus à portée d'y venir l'assister à ses couches, soit de quelque autre prétexte plus plausible, si vous pouvez en imaginer encore.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10326. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

<239>

Finckenstein berichtet, Berlin 15. September: „Le baron de Wrangel à qui Votre Majesté a accordé un asile dans Ses États,238-2 est venu ce matin chez moi pour me dire qu'il avait des nouvelles certaines par ses amis de Suède qu'il y avait une très grande fermentation dans sa patrie; que les paysans commençaient à remuer dans plusieurs provinces, et que les recherches et les inquisitions de la commission établie par le Sénat ne faisaient qu'aigrir de plus en plus; que cette multitude manquait de chef et de conducteur, ce qui était d'autant plus triste qu'au moyen de cela la révolution serait presque inévitable et peut-être aussi avantageuse pour les intérêts de la reine de Suède que pour ceux de Votre Majesté; que, pour remédier à cet inconvénient, il avait songé à y envoyer deux ou trois personnes affidées d'entre ceux qui avaient été proscrits par la dernière Diète, pour les faire passer en Norvège, où, côtoyant la frontière de la Suède, ils tâcheraient de s'aboucher avec les plus importants de ceux qui veulent remuer et leur indiqueraient les chefs qu'ils doivent choisir, et réduiraient leurs prétentions à trois ou quatre points généraux, tels que, dès qu'ils seraient accordés, la cour y trouverait d'abord pour elle une supériorité parfaite. Mais qu'il lui faudrait pour cet effet 1500 à 2000 écus, puisqu'il faudrait à ces gens de l'argent, premièrement pour leur voyage, secundo pour gagner quelques amis particuliers en Norvège, pour n'être pas exposés aux recherches du gouvernement, et tertio pour donner quelques petits encouragements à ceux

Schœnfeld, 17 septembre 1758.

J'ai reçu aujourd'hui le rapport que vous m'avez fait du 15 de ce mois. Je suis bien fâché de la nouvelle rechute dont le comte de Podewils s'est ressenti;238-3 mais comme cet accident n'a été que passager, j'espère qu'il n'aura guère de suites, surtout s'il suit le bon conseil de son médecin et use de toutes les précautions qui lui ont été recommandées.

J'ai vu ce que le baron Wrangel vient de vous proposer au sujet de ses nouvelles de Suède. Remerciez-le de ma part de ses bonnes intentions, et dites-lui que je lui ferai payer avec plaisir par vous les 2000 écus, qu'il pourra employer à ses vues dont il vous a dit le détail. Aussi le conseiller privé Kœppen, à qui le sieur Eichel vient d'écrire, vous paiera d'abord les susdits 2000 écus en or contre votre quittance, portant simplement que cet argent vous était payé à un certain usage dont j'étais informé. Je n'hésite point de hasarder cette somme au sieur de Wrangel. Car, si son affaire réussit, cela m'épargnera d'autres frais bien au delà de la somme, et si l'affaire

d'entre les paysans auxquels ils trouveraient de bonnes dispositions. Que si Votre Majesté risquait cette somme modique, Elle Se délivrerait peut-être par là des Suédois, qui, sans beaucoup nuire, ne laissaient pas que d'incommoder, et Elle mettrait le roi et la reine de Suède à même de régler dorénavant les affaires intérieures du pays d'une manière conforme aux intérêts communs.“ Jedoch habe Wrangel offen erklärt, dass er für den erhofften Erfolg nicht bürgen könne, und dass die Summe vielleicht verloren sein werde, da es dem Senate möglicherweise gelingen könne, vor Ankunft der Emissäre die Unruhen zu unterdrücken.

Finckenstein schreibt, er müsse der Mittheilung Wrangel's hinzufügen: „que tout ce qu'il dit d'une fermentation en Suède, est vrai et se confirme par toutes les nouvelles de ce pays-là, et qu'il est sûr qu'on s'y porte de nouveau à des recherches et à des violences qui pourraient avoir des suites fâcheuses pour la cour et pour îa Reine en particulier.“

manque, il faudra penser comme si les Suédois avaient pillé encore ces 2000 écus de mes provinces au delà de leurs autres exactions.239-1

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10327. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Schönfeld, 17. September 1758.

Auf Sr. Königl. Majestät allergnädigsten Befehl soll an Ew. Excellenz ich anliegendes239-2 zur weiteren Besorgung übersenden, damit solches sogleich in das Französische übersetzet und in denen Zeitungen überall mit inseriret und public gemachet werde. Es desideriren Se. Königl. Majestät aber hauptsächlich dabei, dass dieser und alle dergleichen Articul nicht nur bloss und alleine in denen Berlinschen oder Breslauer gedruckten Zeitungen inseriret, sondern auch nach Hamburg,<240> Leipzig, insonderheit aber in einer guten und reinen Uebersetzung nach Holland geschicket werden müsse, um auch allda, wenn es auch einige Discretion kosten sollte, denen französischen gedruckten Zeitungen überall sogleich gänzlich mit inseriret zu werden; als welches Sie auch wegen des in denen Berlinschen Zeitungen jüngsthin enthalten gewesenen Articuls — worin die ganz infame Nachricht von der letzteren Bataille, so [in] der Warschauer Zeitung auf Anstiften des Grafen Brühl enthalten, refutiret worden240-1 — vor ganz nothwendig erachten, und mir befohlen haben, Ew. Excellenz zu melden, auf dergleichen eine ganz besondere Attention mit zu haben, dass solches sowohl vor dieses Mal und wegen des letzterwähnten Articuls als auch sonsten in allen weiteren Vorfällen prompt, bald und accurat geschehen müsse. Welches mir anbefohlene dann hierdurch schuldigst ausrichte.

Eichel.

P. S. Ew. Excellenz wollen zu Gnaden halten, wenn gewisser Ursachen halber mir die Freiheit nehme, anliegendes an den Geheimen Rath Koppen240-2 mit einzulegen.

Nach der Ausfertigung.


10328. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[17 septembre 1758], à 7 heures.240-3

Mon cher Frère. Je dois vous avertir que cet après-midi les officiers de ma droite ont observé que la première ligne du prince de Deux-Ponts a levé son camp, qu'elle a marché vers le Kœnigstein où elle s'est campée entre Thürmsdorf et Leupoldishain;240-4 que la seconde ligne est incessamment avancée pour reprendre le poste de la première, où elle se trouve actuellement. Il est bien difficile de deviner au juste à quoi mène ce mouvement. Je ne puis conjecturer que deux choses : ou que c'est pour renforcer Daun à qui l'aventure d'hier240-5 a pu déplaire, ou que c'est pour renforcer Hadik, afin qu'il soit en état de vous tourner par votre droite, soit du côté de Freiberg ou ailleurs. Cela s'éclaircira demain. Je vous informerai de tout ce que nous pourrons voir et apprendre, et vos patrouilles vous instruiront du reste.

Adieu, mon cher frère; je vous remercie encore du plaisir que m'a causé votre apparition,240-6 en vous assurant de ma plus tendre amitié.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.

<241>

10329. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Quartier Schönfeld, 17. September 1758.

Da Ich die ganz sichere und zuverlässige Nachricht erhalte,241-1 wie dass nunmehro endlich der Ottomanischen Pforte die Augen über die russischen Démarches sowohl in Polen als gegen Mich aufgegangen sein und dieselbe mit der grossesten Chaleur alle serieuse Anstalten machet, um, wo nicht noch in diesem Jahre, dennoch ohnfehlbar in dem nächstkommenden Frühjahr mit einer considerablen Armee im Felde zu erscheinen und mit denen Russen zu brechen, als habe Ich nicht ermangeln wollen, Euch von dieser Nachricht sofort Communication zu thun. Ihr könnet leicht erachten, wie accablant diese von der Türkischen Pforte auf einmal gefasste Resolution denen Ministern zu Constantinopel derer gegen Mich alliirten feindlichen Puissances sein müsse, die darüber die grosseste Consternation empfunden haben. Dagegen der türkische Hof aber alle Fermeté bezeiget hat, so dass, als der französische Gesandte Vergennes einen derer türkischen ersteren Minister befragen lassen, in was vor Absicht die Pforte dergleichen starke Armements auf denen europäischen Grenzen mache, er die fière Antwort darauf bekommen, wie die Pforte von dem, so sie thäte und vorhätte, niemanden Rede noch Antwort zu geben schuldig sei.

Ihr könnet diese Zeitung auch gar wohl in das Publicum bei EuremCorps d'armée glissiren lassen, da Ich glaube, dass solches denen Leuten noch mehr Muth gegen die Russen inspiriren soll; wie dann auch diese vielleicht bald die Ordre erhalten dürften, sich wieder zurückzuziehen.

Observiret Ihr Eures Ortes nur alles dasjenige wohl, was Ich Euch in Meinem letzteren Schreiben241-2 befohlen habe, auf dass die Russen kein Aufwasser wider Euch bekommen, noch weiter vor oder auch über die Oder poussiren können, sondern vielmehr aus Mangel der Subsistance und sonst bald genöthiget werden, sich zurückzuziehen und Meine Lande der Orten zu quittiren.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10330. AN DEN GEHEIMEN COMMERZIENRATH VON REXIN IN KONSTANTINOPEL.

Lager bei Schönfeld, 18. September 1758.

Ihr werdet von selbst erachten, wie sehr angenehm Mir die Nachrichten von der so ohnvermuthet gefassten vigoureusen Resolution der Pforte241-3 gewesen sein müssen, welche Ich aus Eurem Schreiben vom 15. Julii dieses Jahres, so Mir gestern hier richtig eingeliefert worden, ersehen habe. Nunmehro müsset Ihr alle Eure Kräfte und Savoir-faire anwenden, dass die Pforte in solcher vor ihr selbst interessanten Ge<242>sinnung verbleibe, auch dieselbe hiernächst realisire. Kann es in diesem Jahre wegen der so spät avancirten Saison nicht geschehen, so ist es schon gut, wenn es nur in dem kommenden Frühjahre gewiss geschiehet und die Pforte sich inzwischen dazu arrangiret. Könnet Ihr es zum wirklichen Bruch, es sei mit den Russen oder mit den Oesterreichern bringen, so müsset Ihr kein Geld sparen, wenn auch alles zu solchem Behuf verwandt werden sollte.

Wie Ihr aber leicht begreifen werdet, dass die Minister der Gegenpartie Himmel und Erden zu bewegen suchen werden, um den guten Vorsatz der Pforte, es sei durch Corruptiones oder andere Intriguen, zu hintertreiben und die Pforte wiederum einzuschläfern, mithin bei ihren durch den Krieg mit Mir und Meinen Alliirten schon sehr delabrirten Umständen, da sie ihre alte und beste Truppen bereits verloren und ihre Fonds mehrentheils epuisiret haben, den ihnen so sehr gefährlich seinden Coup abzuwenden, so müsset Ihr dagegen auf das sorgfältigste durch Eure Freunde arbeiten und Euer Geld adroitement employiren. Ich bin auch aus Engelland versichert worden, dass M. Porter mit Fonds und Credit versehen sei, um die Pforte in Bewegung zu bringen, der also hoffentlich Euch bestens secondiren wird. Cajoliret ihn also sehr und lasset es an nichts fehlen, um seine Freundschaft und Vertrauen zu erhalten, auf dass er Euch in Eurem Hauptbut bestens assistire.

Ich hoffe, dass Euch Meine Minister bereits die Relation242-1 von unserer letztern Bataille und Victoire über die grosse russische Armee zugesandt haben werden.242-2 Sie werden Euch auch nächstens eine Relation von Meiner jetzigen Campagne242-3 nebst einigen Reflexionen über die jetzige Situation der Sachen von Europa und denen vasten Absichten derer Oesterreicher und derer Russen zusenden.242-4 Die Oesterreicher sowohl als die Russen und der Hof zu Warschau haben sich dieses Jahr ein rechtes Fait daraus gemachet, auch die allergrobeste Lügen von vielen erhaltenen Avantages über Mich und Meine Truppen auszustreuen, um das Publicum damit zu betrügen. Ich habe solche schändliche Lügen meprisiret und bin Meinen geraden Weg fortgegangen. Seid gewiss versichert, dass nachstehendes Précis von Meiner Campagne die reine Wahrheit sei. Es ist an dem, dass ein Convoi, welchen Ich zur Belagerung von Olmütz aus Neisse kommen liess, um solche zu endigen, in den mährischen Gebirgen von den Oesterreichern theils aufgehoben, theils obligiret worden, wieder nach Neisse zurückzugehen. Dieses aber würde Mich nicht behindert haben, Olmütz zu nehmen, der Daun'schen Armee alsdenn auf dem Halse zu gehen, sie zur Bataille zu<243> zwingen, so sehr Daun auch solche zu evitiren suchte, und alsdenn bis nach Wien und in Ungern vorzudringen, wenn nicht zu eben der Zeit die russische Armee nach Meinen Grenzen der Neumark marschiret und in diese sowie auch in Pommern eingefallen wäre. Welches und da Ich keine genügsame Truppen dort hatte, um sich denen Russen und denen Schweden zugleich zu opponiren, Mich lediglich und allein obligirete, ohne dass die Oesterreicher das geringste dazu gethan hätten, die Belagerung von Olmütz aufzuheben und durch Böhmen zurückzumarschiren. Ich war im vorigen Jahre, nachdem Apraxin mit der russischen Armee aus Preussen zurückgelaufen war, genöthiget, Meine daselbst habende Armee heraus nach der Mark zu ziehen, um der überall auf Mich dringenden superieuren Macht derer Franzosen, Oesterreicher und Schweden um so mehr zu resistiren. Erstere beide wurden bei Rossbach und bei Breslau oder Lissa tüchtig geschlagen, die Schweden aber bis in Stralsund zurückgejaget. Die Russen, von denen Franzosen und Oesterreichern animiret, profitireten von der Gelegenheit, dass Ich gar keine Truppen in Preussen hatte, und occupireten solches, ohne dass ihnen die geringste Résistance geschehen konnte. Sie drungen darauf in das Polnische Preussen, ohne das geringste Ménagement vor die Republik Polen zu haben, jugen die polnischen Garnisons aus denen haltbaren Plätzen und wollten auch durchaus in Danzig Garnison legen, so ihnen aber wegen der Résistance des Magistrats bisher noch fehlgeschlagen. Ich fand also die ganze russische Armee 70,000 Mann stark schon bei Küstrin in der vortheilhaftesten Position wegen der Moräste und Wälder, auch übrigen Terrains; dem ohnerachtet Ich solcher mit einem Corps von ohngefähr 40,000 Mann gerade auf den Hals ging und solche, gottlob! complet schlug. Ihr könnet sicher glauben, dass da Meine Leute ihnen anfänglich gar kein Qnartier gegeben, über 30,000 Mann von ihnen todt auf dem Platz liegen geblieben und von Meinen Bauren begraben worden, diejenigen nicht zu rechnen, so auf der Flucht in denen Morästen ersticket sein, und dass sie über 1100 todte und blessirte Officiers haben, ohne die Gefangene, so wir von ihnen gemacht, die sich auch an 3000 belaufen, und 106 von ihnen eroberte Canons seind in Küstrin von jedermann zu sehen. Es ist gewiss, dass gedachte 70,000 Russen die Elite von ihrer Armee gewesen, die dadurch fast ganz ruiniret ist. Ich würde auch das übrige von ihrer Armee völlig detruiret und vielleicht gefangen bekommen haben, daferne nicht Daun mit der österreichischen Armee unterdessen in der Lausnitz und in Sachsen eingerücket wäre und Miene gemachet, mit der ganzen Force nach der Churmark und nach Berlin zu marschiren; daher Ich denn sogleich wieder zu Meiner hiesigen Armee zurückgegangen bin und gegen den übrigen Theil der russischen Armee den Generallieutenant Dohna mit einem Corps stehen lassen, um die Russen völlig aus der Neumark weg und vorerst zurück nach Polen zu treiben, wohin diese sich auch schon zurückziehen. Hier aber habe Ich<244> Daunen mit seiner Armee zurück gegen die böhmische Grenzen gedränget, der sich sehr hütet, dass es nicht zu einer decisiven Affaire komme, und indess ein Avantcorps unter dem General Laudon vor sich stehen lassen, welches Ich aber vor drei Tagen attaquiren und es bis in das Lager von Daun culbutiren lassen;244-1 und da Ich dem Daun alle Subsistance von vorne, coupire, so wird er sich binnen kurzer Zeit entweder zu einer Bataille, oder aber, wie es scheinet, nach Böhmen zurückzugehen resolviren müssen.

Und dieses ist bis dato die hiesige Situation. Machet allen guten Gebrauch davon und lasset Euch von keine österreichsche Fanfaronnaden irre machen; seid vielmehr gewiss, dass die Sache dererselben und ihre Armee von Tag zu Tag schlechter werden. Eure Treue und gute Dienste werde Ich gewiss als Euer gnädiger König erkennen, wenn zumalen Ihr den Bruch der Pforte zu Stande bringet.244-2

Meine Minister haben Ordre, Euch von Zeit zu Zeit über Amsterdam alles, was weiter passiren wird, zu schreiben. Die Franzosen seind sehr herunter, nachdem sie von dem Prinz Ferdinand von Braunschweig und der hannoverschen Armee bei Crefeld tüchtig geschlagen worden,244-3 und die Engelländer ihnen in Amerika Cap Breton genommen haben.

Nach dem Concept.


10331. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Schönfeld, 18. September 1758.

Wiewohl Ich vermittelst Meiner Antwort244-4 auf Euer Schreiben vom 15. dieses, welche erstere mit ebendemselben Feldjäger abgegangen, welcher Mir Euer Schreiben überbracht, Euch schon umständlich beschieden habe, wie Ihr Euch dorten wegen der Russen verhalten sollet, so finde Ich dennoch vor nothwendig, Euch solches hierdurch nochmalen kurz und punktweise zu wiederholen, auf dass darunter kein Missverständniss vorgehen könne.

Und zwar erstlich sollet Ihr mit Eurem Corps durchaus nicht eher aus Eurer Position weggehen, bevor nicht die Russen von Landsberg ganz weg sind und Ihr Landsberg besetzt haben werdet. Zweitens, dass Ihr alsdann ein Corps nach Driesen detachiret, um diesen Ort wieder wegzunehmen. Alsdann und drittens könnet Ihr auf die Schweden marschiren. Dieses ist Meine positive und stricte Ordre, nach welcher Ihr Euch absolute achten und folgen sollet.

Ich habe Euch schon vorhin bekannt gemacht,244-5 dass Ich von hier schon den Generalmajor von Wedell mit 8 Bataillons und 5 Escadrons gegen die Schweden detachiret habe; also wenn Ihr auch, wenn die<245> Russen dorten erst weg sind und eher nicht, daselbst wegen Driesen und sonsten 10 oder 11 Bataillons lasset und danebst ein Husarenregiment wegen der flüchtigen Russen dort lasset, so bleibet Ihr doch allemal gegen die Schweden noch stärker, als es nöthig ist. Dieses ist Eure positive Instruction.

Vous ne pouvez partir qu'après que mes troupes auront occupé Landsberg.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10332. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

[Schönfeld, 18. September 1758.]

Und245-1 da man Mich versichern will, als wäre das Gros der Russen von Landsberg weg, so weiss Ich nicht, was Ihr zu befürchten habet, um nicht dahin zu detachiren.

Wenn die Russen von Landsberg weg, so soll der Generalmajor Wobersnow nach Driesen marschiren und es wegnehmen, die Artillerie dazu soll er aus Küstrin nehmen; Mir aber muss es gleich gemeldet werden, weil Ich ihm Ingenieurs dazu schicken will.

Alsdenn und wenn die Russen dort weg seind, könnet Ihr den General Malachowski mit Husaren dort stehen lassen, um die flüchtige dort herumschwärmende Russen zu verfolgen; Ihr aber könnet sodann gegen die Schweden marschiren, um Euren Muth an solche zu kühlen.

Dieses alles ist Meine ernstliche und positive Ordre.

Friderich.

Nach dem Concept.245-2


10333. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

[Schœnfeld,] 18 [septembre 1758].

Ma très chère Sœur. Non, tous les évènements fâcheux qui me sont arrivés, toutes les vicissitudes de la fortune ne sont rien en comparaison de la douloureuse inquiétude que me cause votre maladie. Au nom de vous-même, si vous m'aimez, si je vous suis cher encore, faites humainement ce qui dépend de vous, pour vous rétablir; pensez que vous êtes mon unique consolation, et de toute la terre la personne que j'aime le plus tendrement. Votre perte me précipiterait au tombeau, et certainement je ne veux ni ne pourrai vous survivre. Oh! ma chère sœur, faites l'impossible pour vous remettre, sacrifiez-moi vos chagrins et vos afflictions, pour que votre esprit tranquille n'altère point la santé du corps ni ne dérange les remèdes dont vous vous servez. Grand Dieu! quels temps que ceux-ci. Je ne fais que des pertes sen<246>sibles, et je tremble pour ce que j'ai de plus précieux. Est-ce là de tous les mondes le meilleur? et que sera-ce du pire? En vérité, ma chère sœur, toutes ces réflexions me donnent bien du dégoût pour la vie, et il me prend envie de cracher au visage à ceux qui me souhaitent une longue carrière. Daignez me faire écrire souvent, pour que j'apprenne des nouvelles auxquelles mon cœur s'intéresse plus qu'à tout au monde. Veuille le Ciel qu'elles soient bonnes; car tant que je vivrai, personne ne vous sera ni plus dévoué ni plus tendrement et sincèrement attaché que, ma très chère sœur, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10334. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

<247>

Prinz Ferdinand berichtet, Dülmen 11. September, er glaube, dass Soubise den Krieg nach Hannover hinüberspielen wolle; der Plan des Feindes sei muthmaasslich, ihn, den Prinzen, aus seiner jetzigen Stellung zu verdrängen und zum Rückzüge über die Weser zu nöthigen. „J'espere qu'il se trompera dans ses calculs : je ne bougerai d'ici que dans le seul cas que je pourrai combattre l'armée du maréchal de Contades. mais je viens d'envoyer un nouveau renfort au général d'Oberg, avec ordre de marcher d'abord à Paderborn, ce qui laissera l'ennemi en suspens s'il se portera à Hameln ou à Cassel. Le prince d'Ysenburg246-1 a, de son côté, reçu quelque renfort de nouvelle levée, et la ville de Hameln est actuellement mise à l'abri de toute surprise. Dès que le prince de Soubise se portera avec son armée dans le pays d'Hanovre, le général d'Oberg marchera à Cassel, par où il forcera ce Prince de retourner sur ses pas; et l'évacuation de la Hesse s'en suivra, j'espère, s'il peut battre le corps que ledit prince aura laissé en arrière pour couvrir ses derrières.“

Schœnfeld, 18 septembre 1758.

J'ai reçu aujourd'hui avec satisfaction la lettre que Votre Altesse m'a faite en date du 11 de ce mois. Mes vœux sont que les desseins que vous avez formés, selon le plan que vous avez bien voulu me communiquer, réussissent parfaitement à votre gré. Votre plan est des mieux pensés et disposés; on en doit espérer une parfaite réussite, pourvu que toutes les parties en soient exactement exécutées, si M. d'Oberg surtout s'acquitte bien de ce dont vous l'avez chargé, et en particulier par rapport de sa marche à Cassel, si Soubise se porte avec son armée sur le pays d'Hanovre; si, dis-je, M. d'Oberg s'en acquitte bien habilement, vous rejetterez bien loin par là l'ennemi, pour en être quitte. Un autre effet arriverait, si M. d'Oberg ne réussissait pas sur ce dessein, de sorte que ce sera l'évènement qui en décidera. Enfin, je vois bien que vous aurez bien de la besogne à faire pour contenir l'ennemi de nos frontières.

Vous me parlez toujours, cher prince, de retenir chez vous ma cavalerie. Je vous ai réitérativement déclaré mes intentions là-dessus,246-2

 

auxquelles je m'en tiens; mais je prie en même temps Votre Altesse d'envisager l'état fâcheux dans lequel je me trouve actuellement en butte aux forces des Russes, des Suédois, des Autrichiens et de l'armée des Cercles. Je viens d'apprendre aujourd'hui par une lettre de Halberstadt, du président de la chambre Pfuel, que 2000 Français ont été le 15 de ce mois à Seesen dans le Brunswick, qu'ils ont annoncé des quartiers dans le Goslar, et qu'on parlait d'un camp de 14,000 hommes que Soubise voulait former entre Osterode et Nordheim, et que ce Prince avait voulu surprendre le 15 Clausthal avec 3000 hommes. Si ces avis se confirment, voilà mes provinces de Halberstadt, Hohenstein et en partie le Magdeburg de nouveau menacées d'être envahies par les Français, sans que je saurais fournir assez de troupes pour m'opposer encore de ce côté-là. Faites vos réflexions là-dessus, cher prince, et ne pensez pas tout-à-fait en général anglais, mais aussi en général prussien. Vous voulez garder toujours ma cavalerie auprès de l'armée sous vos ordres; elle ne sert effectivement qu'à couvrir les États d'Hanovre, en attendant que mes ennemis susdits accablent mes États de tous côtés. Les Suédois, qui depuis la bataille de Zorndorf, apparemment pour aider les Russiens par quelque diversion, sont rentrés dans la Marche-Ukeraine, y ont poussé jusqu'à Prenzlau d'où ils ont détaché à Ruppin. Je me suis donc vu obligé de détacher quelques troupes d'ici pour couvrir Berlin que les Suédois menacent.247-1

Le général Dohna est encore avec son corps d'armée dans la Nouvelle-Marche, pour observer ce qui reste de l'armée russienne à Landsberg-sur-la-Warthe, assez nombreuse encore, malgré les grandes pertes qu'elle a essuyées. L'on vient à la vérité de m'annoncer aujourd'hui que ces Russes avaient pris le parti de se retirer dudit Landsberg, et qu'ils commençaient à en défiler, mais il faut que j'en attende la confirmation du lieutenant-général comte de Dohna.

Quant à moi, ayant rejoint mon armée le 8 de ce mois, je suis marché ici pour presser l'armée autrichienne sous Daun, qui s'est campé entre Stolpen et Bischofswerda, ou pour combattre, ou se retirer en Bohême. Jusqu'à présent, Daun se tient fort boutonné et paraît ne pas avoir envie d'en venir à une affaire décisive. Je joins ci-clos un bulletin247-2 sur ce qui est arrivé à Laudon, que Daun avait laissé en avant avec 12,000 hommes, pour nous observer et pour couvrir son camp vis-à-vis de nous.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.

<248>

10335. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

A trois heures.248-1

Mon cher Frère. Il est très sûr que l'armée des Cercles est diminuée de 10 bataillons et sûrement d'autant d'escadrons;248-2 le brouillard tombé, j'ai vu le corps de grenadiers de Lohmen renforcé de peut-être 4 bataillons, et j'ai vu quelque infanterie ou vers Rosenthal248-3 ou Gieshübel,248-4 ce que l'on n'a pas bien pu distinguer, de sorte que je crois que vous pouvez faire votre détachement248-5 en toute sûreté. J'en fais un par ma gauche vers Pulsnitz, pour me faciliter les fourrages.

J'ai reçu dans ce moment des lettres de Breslau qui marquent que mon frère248-6 se porte mieux, mais qu'il a encore des restes de sa fièvre, et qu'il faut qu'il prenne les eaux. J'ai écrit qu'on ne pouvait à présent lui faire prendre cette cure qu'à Breslau, par les raisons que vous comprenez. Il a encore des intervalles de délire, mais le médecin assure que cela n'aura aucune suite. Adieu, mon cher frère; je vous prie de me croire avec autant de tendresse que d'estime votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10336. AU PRTNCE HENRI DE PRUSSE.

[Schœnfeld,] 19 [septembre 1758].248-7

Mon cher Frère. Je vous écris pour vous dire simplement qu'il n'y a rien de nouveau. Un déserteur arrivé de l'armée de Daun dépose que les officiers avaient reçu ordre de renvoyer tout le superflu de leur bagage en Bohême, à cause qu'ils manquent de fourrage. Cela pourra obliger les armées à les suivre dans quelques semaines. Je tâcherai de rétrécir Daun du côté de Bautzen. Si vous en faites autant du côté de Freiberg,248-8 il y a tout heu de se flatter que la faim opérera ce que l'épée n'a pu faire.

J'ai reçu hier une lettre du prince Ferdinand,248-9 qui me marque qu'il a fait un détachement qu'il envoie droit à Cassel, pour obliger le<249> prince de Soubise à revenir sur ses pas. L'idée est excellente, il faut voir si elle sera bien exécutée.

Wedell doit être aujourd'hui à Berlin. Les Suédois ont eu une émeute dans leur armée: Les Dalécarliens n'ont pas voulu attaquer un poste, où il y avait de mes troupes. Hamilton les a voulu décimer, sur quoi beaucoup de régiments ont pris les armes; ils ont forcé les prisons et sont parvenus à retirer et sauver les coupables. Depuis ce temps, il y a plus de 12 de leurs officiers qui se sont entrecoupé la gorge. L'équité naturelle ne règne donc plus de nos temps que chez les Dalécarliens, et ces gens, tout rustres qu'ils sont, font la leçon des procédés de l'Europe; et quoi, ces nations policées, ces peuples éclairés par la philosophie, ces hommes moux et efféminés sont plus durs, plus injustes et plus féroces que les barbares mêmes? Dans quel temps vivons-nous, mon cher frère ! Les proscriptions des triumvirs, la guerre de trente ans n'a rien fourni de plus affreux, de plus cruel que la guerre que nous avons à soutenir. L'on force nos parents, que dis-je? notre propre sang249-1 à se déclarer contre nous; la méchanceté de nos ennemis est parvenue à son comble. Quand verrons-nous la fin de tant de perfidies, d'horreurs, de trahisons, de meurtres, d'embrasements, de dévastations et de cruautés?

Mais, je m'arrête là; il n'est pas temps de déplorer nos malheurs, il ne faut songer qu'à y apporter un prompt remède. Nous y ferons ce que nous pourrons, et quoi qu'il arrive, ne doutez jamais des sentiments de tendresse et de la haute estime avec laquelle je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10337. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Schœnfeld, 19 septembre 1758.

J'ai été bien aise de voir ce que votre lettre du 17 m'a appris. J'espère que tout sera présentement tranquille à vos lieux, après que le corps de troupes sous les ordres du général-major Wedell249-2 sera déjà infailliblement arrivé là.

Quant à nous, on commence à douter qu'on pourra parvenir ici à quelque affaire décisive, vu que, par les arrangements que le maréchal Daun prend, il me paraît que ses ordres sont de ne rien hasarder; et comme le poste où il se trouve, entre Radeburg249-3 et Bischofswerda, est tel que je ne saurais l'entamer là, il faut que je me borne à le tenir en sorte que, par le manque de subsistance et la difficulté de la mener à son armée, il se trouve réduit de rentrer en Bohême.

Nach der Ausfertigung.

Federic.

<250>

10338. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE KNYPHAUSEN A LONDRES.

[Schœnfeld,] 19 septembre 1758.

Le rapport que vous m'avez fait du 8 de ce mois, m'ayant été bien rendu, je suis bien aise de vous dire que je ne manquerai pas de prendre toute l'attention imaginable à ce que Sa Majesté Britannique vous a confié au sujet de la conduite de la cour de Brunswick,250-1 pour m'en éclairer et pour la conserver dans son attachement à la bonne cause.

Vous ferez, au surplus, les compliments les plus obligeants de ma part au Roi de la part que Sa Majesté a bien voulu prendre à mes succès sur les Russes, et combien je souhaitais que toutes Ses entreprises en Amérique eussent également tous les succès désirés.

A cette occasion je pense que vous ne sauriez pas mal faire d'insinuer aux ministres anglais que, selon moi, ils sauraient porter un coup de la dernière importance aux Français s'ils prissent des arrangements pour déloger entièrement les Français de l'île de Domingue. Je ne suis pas à la vérité assez informé si cette entreprise se peut exécuter en égard des Espagnols, et sans que ceux-ci en prendraient ombrage et jalousie; mais s'il n'y a rien à craindre par rapport aux Espagnols, je suis sûr que les Anglais enfonceront le poignard au cœur des Français, s'ils déposséderont ceux-ci de la susdite île.

Der König unterrichtet den Gesandten, ähnlich wie am 19. den Grafen Finckenstein, über die militärische Lage. Daun hat eine schwierig anzugreifende Stellung eingenommen, in der er sich noch weiter verschanzt; er wird vermuthlich, ohne auf ein entscheidendes Zusammentreffen sich einzulassen, nach Böhmen zurückkehren.

Der König sendet Knyphausen den Bericht Uber das Gefecht mit Laudon.250-2

Federic.

Nach dem Concept.


10339. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Schönfeld, 20. September 1758.

Es kann nicht fehlen, als dass Euch nicht Meine seit dem 14. dieses von hier abgeschickte vier bis fünf Schreiben und positive Ordres250-3 wegen Eures dortigen Verhaltens richtig zugekommen sein sollten, worauf Ich aber noch keine Antwort, noch weiteren Bericht erhalten, als den vom 15.,250-4 so der letzte ist. Inzwischen erhalte Ich heute einen Bericht vom 18. dieses von dem Magistrat zu Frankfurt an der Oder, nach welchem selbigen Morgen eine Partei von 150 Russen bis nach dem Dorfe Schwetig250-5 und von dar gerade gegen Frankfurt gegangen, nachdem noch mehrere dergleichen den ganzen Sternbergschen Kreis durchstreifet und ausgeplündert haben. Dabei Ich vernehme, dass das<251> Hordt'sche Regiment von Euch aus Frankfurt weggezogen und nur 4 Compagnien Landmiliz da geblieben. Ich kann Mich also aus allen Euren Manœuvres nicht mehr richten. Ich habe Husaren vom Zieten'schen Regiment von Glogau aus nacher Crossen und Frankfurt geschickt:251-1 wo sind die geblieben? und worum habt Ihr die Hordt'schen Bataillons an Euch gezogen?

Jedermann will hier Nachricht haben, dass die Russen sich von Landsberg weg und nach Polen zurückgezogen; ein von Euch gekommener Feldjäger hat Mich versichert, eine Colonne davon defiliren gesehen zu haben. Seind solche fort, warum schreibet Ihr es Mir nicht, und warum detachiret Ihr nicht sogleich Husaren und die, so Ich von Glogau geschickt, um das Gesindel im Sternbergschen und bei Frankfurt wegzujagen? Ich erwarte mit der grössesten Ungeduld, dass Ihr Euch über dies alles deutlich expliciret, und den Empfang Meiner Ordres, die alle wiederholen, wie Ihr Euch verhalten und dass Ihr [die] Russen bei Landsberg durchaus nicht verlassen sollet, bis sie ganz dort weg sein und Ihr Landsberg wirklich wieder besetzet haben werdet, auch wie Ihr Euch weiter verhalten sollet; denn Ich sonst glauben muss, es sei Mir das ganze dortige Corps d'armée zu nichts weiter, als dass es in Essen und Trinken unterhalten werde und es weiter nichts ausrichte.

Friderich.

Nach dem Concept.251-2


10340. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Schönfeld, 20. September 1758.

Ich habe heute sogleich Euern Bericht vom 17. dieses erhalten, der Mir insoweit Vergnügen verursachet, als Ich zeither sehr darauf gehoffet habe, nur Eure Position, und wie es dorren mit denen Russen stehet, zu wissen. Es ist Mir auch lieb, dass Ihr Eure vorige Stellung251-3 wieder genommen habet, ohne dass der Feind etwas von Eurer Aenderung gemerket. Meine Intention ist sonst, dass, sowie nur der Generalmajor von Wedell einigermaassen die Schweden vorwärts gejaget und zurückgetrieben hat, Ihr alsdenn sogleich und alsofort die beiden Dragonerregimenter251-4 von ihm wieder an Euch ziehen sollet.

Was die Zeitung wegen eines Corps von 12,000 Mann, so die Russen an sich ziehen wollen, betrifft, so glaube Ich, dass, was besoffene russische Generals am Tisch sagen, mehr Fanfaronnaden sein, als dass man darauf bauen könne. Ich weiss auch nicht, woher sie sogleich ein Corps Truppen, vor sich zu verstärken, nehmen wollen, und<252> habe wenigstens nichts von dergleichen gehöret. Es müsste dann das Corps sein, so unter dem Generalmajor Resanow bei Stolpe in Pommern gestanden und über Bütow nach Preussen zurückmarschiret, auch aus wenigen tausend Mann, und mehrentheils Kosacken, bestehen soll. Es ist aber doch nothwendig, dass Ihr sogleich alle gute und sichere Nachrichten durch die Leute in der Neumark und anstossenden Pommern und sonstherum sogleich einzuziehen suchet, ob etwa einige Corps der Gegenden auf dem Marsch sein, um zu denen Russen nach Landsberg zu stossen. Auf den Fall nun, dass was dahin stossen sollte, so könnet Ihr gewiss versichert sein, dass auf die erste Nachricht davon Ich Euch noch mehr mit Truppen verstärken und zu Euch stossen lassen werde. Inzwischen arbeitet nur nach allen Kräften darauf, dass Ihr denen dortigen Regimentern aus Preussen ihre bisherige Schwachheit und schlechte Denkungsart aus dem Kopf bringet, und dass sie dagegen auf Preussisch und als rechtschaffene brave Leute denken.

Il ne faut pas ajouter foi aux fanfaronnades que les Russes font dans leurs débauches. Je ne vois pas d'où viendraient ces 12,000 hommes, et, après tout, les Turcs leur feront mettre de l'eau dans leur vin.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.Der Zusatz eigenhändig.252-1


10341. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Schœnfeld,] 20 [septembre 1758].

Mon cher Frère. J'espère que le détachement de Knobloch252-2 répondra à vos intentions.

Quant aux Autrichiens, avec un peu de patience nous nous en déferons.

Quant aux Suédois, vous leur faites de beaux projets de jonction avec les Français; mais, mon cher frère, un mouvement de Dohna vers Stralsund les rejette d'abord en Poméranie, je ne crains plus à présent ces gens-là.

Dès que ces gens qui ne portent point de chapeaux,252-3 se mêleront<253> de cette guerre, vous lui verrez prendre toute une autre forme, et nos plus cruels ennemis seront les premiers qui soupireront après la paix.

Adieu, mon cher frère, je vous embrasse bien tendrement.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10342. AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE.253-1

Schœnfeld, 20 septembre 1758.

J'ai reçu votre rapport du 12 de ce mois et vous sais parfaitement gré de la communication que vous m'avez faite de la copie d'une lettre de Constantinople,253-2 aussi prêterez beaucoup d'attention sur l'importante nouvelle qu'elle comprend, et qui vient de m'être confirmée de plusieurs autres endroits, afin de l'approfondir mieux encore et de m'informer de tout ce qui en viendra à votre connaissance.

Quant à la lettre qu'un inconnu qui s'est qualifié du nom de Perrot,253-3 vous a donnée pour moi, il ne s'y agit que d'une proposition dudit sieur Perrot d'armer deux vaisseaux de guerre de 30 ou 40 pièces de canons sous mon pavillon, pour aller en course contre les vaisseaux de mes ennemis, mais particulièrement pour tâcher d'intercepter les vaisseaux suédois de la Compagnie des Indes qu'il évalue chacun à 2 jusqu'à 300,000 livres sterling, et promet que, si je voulais faire l'armement, tout le profit des prises m'en devait revenir, ou une certaine partie, en cas que j'accordais seulement mon pavillon aux entrepreneurs. Il prie, au surplus, dans la lettre de lui envoyer le plus tôt possible ma résolution, puisque, son projet agréé, les vaisseaux devaient être équipés avant Noël, pour pouvoir intercepter les vaisseaux suédois à leur retour des Indes, son adresse étant: à M. Perrot chez M. Spies, marchand de Rotterdam.

Comme je crois ne devoir pas hésiter un moment [d'accorder] la demande de cet homme, surtout après cette insolente déclaration de la Suède253-4 que vous n'ignorez pas, et en conséquence [de laquelle] elle<254> déclare à toutes les puissances commerçantes par mer à mes États qu'elle ne ménagerait aucun des vaisseaux des puissances neutres qui entreraient ou sortiraient de mes ports, mais qu'elle les déclarerait tous de bonne prise, je n'ai plus rien à ménager avec cette puissance sur cet article. C'est aussi en conséquence que vous marquerez incontinent au sieur Perrot que j'avais goûté sa proposition, et que je lui accordais mon pavillon pour son entreprise; sur quoi, il pourra d'abord s'arranger en conséquence. Que, quant aux conditions, mon intention n'était du tout de faire moi-même cet armement, mais que je laisserais plutôt ce soin aux entrepreneurs, qui cependant me paieraient en argent une quote-part ou certaine partie du profit des prises qui leur en reviendraient. Ce que vous réglerez tout avec lui, de même que les sûretés que les entrepreneurs me donneront pour la paie de ma quote-part de ce qui leur en reviendra en profit.

Au surplus, vous ménagerez fidèlement le secret au sieur Perrot sur toute cette affaire, et dès que vous serez convenu avec lui sur les articles susdits, et que vous en aurez mis par écrit quelque convention là-dessus que vous signerez tous deux, vous pourrez écrire directement au ministre d'État et de cabinet le comte de Finckenstein, que j'ai prévenu là-dessus,254-1 pour vous faire avoir incessamment les lettres patentes pour les susdits vaisseaux au sujet de mon pavillon, si le sieur Perrot en demande.

Federic.

Nach dem Concept.


10343. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Schönfeld, 20. September 1758.

Eichel übersendet dem Minister Briefe des Königs zur weiteren Beförderung, den Brief an Hellen,254-2 „den des Königs Majestät pressiren“ , und den an Knyphausen;254-3 ferner eine Antwort an die Herzogin von Gotha,254-4 die „eigenhändig von des Königs Majestät und von besonderer Importance ist; daher wohl nöthig sein dörfte, vor deren sichere und richtige Beförderung eine ganz besondere Attention zu haben“ .

Eichel bestätigt den Empfang der durch Finckenstein übersandten Briefschaften von Rexin254-5 und schreibt hierzu:

Vorläufig approbiren des Königs Majestät sehr, dass Ew. Excellenz durch Herr Schickler254-6 eine gewisse Relation254-7 an den Briefsteller abgehen lassen, und da die erstere wegen der Anzahl Trophäen und Gefangenen noch nicht ganz accurat gewesen, so wünschen des Königs Majestät, dass die nähere Nachricht deshalb, wie solche unter dem Namen eines preussischen Officiers in der Breslauer Zeitung254-8 gestanden,<255> nebst der Relation von der diesjährigen Campagne mit der Continuation,255-1 auch dem letzteren kleinen Bulletin255-2 auch dahin geschicket, hinfüro aber durch denselben Canal damit continuiret werden könnte, da man so sehr heisshungrig nach denen dort so rar eingehenden Nouvellen ist.

Insonderheit würde man gerne sehen, wenn ein etwas succinctes Promemoria255-3 von denen bisherigen Unternehmen derer Russen in Preussen und in Polen, — deren Absicht, diese Provinzen als Conqueten zu behalten, auch wegen der Poteaux Nova Russia wie Nova Servia,255-4 desgleichen was wegen Danzig,255-5 Thorn etc. geschehen, ingleichen wie hart und méprisant mit der Republik und denen Polen verfahren worden, auch endlich die affreusen Suites in Égard Polen, Schweden, Dänemark und der Pforte, wenn es hierunter denen Russen, denen Oesterreichern aber die teutsche Reichsfürsten und Teutschland überhaupt unter die Füsse zu bringen gelingen sollte, — aufgesetzet, in Chiffres gebracht und Absender des Briefes quaestionis zu seiner Information und Gebrauch mitgeschicket werden könnte . . .

Eichel.255-6

Auszug aus der Ausfertigung.


10344. AN DEN GEHEIMEN COMMERZIENRATH VON REXIN IN KONSTANTINOPEL.

Lager bei Schönfeld, anderthalb Meilen von Dresden, 20. September 1758.

Da ich schon anfing mich zu beunruhigen, ob auch die durch die bewusste Armenianer übersandte Briefe255-7 dorten richtig angekommen, insonderheit aber, ob der noch vorhin schon abgereisete Courier255-8 mit denen Hauptsachen arriviret oder aber einer oder andere verunglücket sei, so erhalte ich endlich zu meiner besonderen Satisfaction Dero höchst angenehmes Schreiben vom 15. Juli, so mich völlig beruhiget hat, und dessen Einhalt unserm Herrn Principal,255-9 den ich solches auch lesen<256> lassen, sehr viel Zufriedenheit gegeben.256-1 Alles, was Dieselbe von Mir darin verlangen, ist getreulich besorget worden. Dem Benoît ist verlangter Maassen ein Chiffre zur Correspondenz mit Ihnen zugesandt,256-2 auch demselben zugleich das höchste Secret auf Ehre, Leben und Reputation eingebunden worden. Der Chiffre fängt verlangtermaassen mit 1118 an und verfolget von dar die Zahlen sowohl durch alle Significantes als auch durch alle Nonvaleurs und offen gelassene Numeros, wornach Sie Ihre Mesures nehmen können.

Dass Sie von uns wenig oder gar keine Zeitungen erhalten haben,256-3 solches wundert mich nicht, da unsere Correspondance vorhin gar nicht eingerichtet gewesen; dass aber auch Porter nichts dergleichen erhalten, das befremdet mich, wenigstens sollte er wissen, dass der Prinz Ferdinand von Braunschweig mit einiger Kavallerie von uns, so unser König ihm geschickt, und mit den hannoverschen Truppen, nicht nur im verwichenen Monat März und April die französische Armee unter dem Prinz Clermont in einer Bataille recht tüchtig und mit grossem Verlust geschlagen hat,256-4 sondern dass auch die Engelländer das Cap Breton in Amerika genommen und denen Franzosen dadurch einen capitalen Stoss beigebracht und den considerablesten Theil ihres Commercii ruiniret haben.

Inzwischen ist von unserm Herrn Principal dem Herrn Grafen von Finckenstein aufgetragen,256-5 Sie von allem, so hiesiger Orten vorgehet, successivement durch Briefe über Amsterdam zu informiren, damit Sie dorten Ihren Gebrauch davon machen können.

Ich gratulire zu Dero bisherigem Success; was Sie aber von der Passion des Grossveziers256-6 schreiben, macht mich glauben, dass Sie werden sehr auf Ihrer Hut sein und alle Adresse gebrauchen müssen, damit die gegenseitige Minister nicht Mittel und Wege finden, dasjenige Gute, so Sie ausgerichtet, wieder umzustossen und die Pforte von neuem einzuschläfern.

Eichel.

Machen Sie, dass dorten die Sachen nach des Königs Wunsch und Verlangen gehen, und seind versichert, dass der König gegen Sie auf das gnädigste dankbar sein wird, und dass Ihr Glück gemachet ist.

Nach dem Concept.

<257>

10345. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

L'après-midi à 3 heures.257-1

Mon cher Frère. Je ne doute pas que votre détachement257-2 ne fasse un bon effet; ici Maximus257-3 se retranche, je le laisse faire d'autant plus volontiers que je n'ai aucune envie de l'attaquer.257-4

Voici un confortatif, c'est la relation de l'ambassadeur de Hollande à Constantinople;257-5 vous verrez par son impartialité que les faits que je vous ai accusés dernièrement,257-6 sont vrais et orthodoxes.

Adieu, cher frère, je ne vous apprendrai qu'en deux mots que la retraite des Russes et des Suédois se confirme.257-7 Je vous embrasse de tout mon cœur.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10346. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

[Schœnfeld,] 20 [septembre 1758].

Ma très chère Sœur. Votre maladie me met au désespoir; il ne manquait plus que cela pour achever de m'accabler. Bon Dieu, faut-il que j'éprouve tous les maux de Job? Je ne sais pourquoi, mais un instinct me rassure encore, il me dit que vous vous tirerez d'affaire avec beaucoup de ménagement. Je me mets à vos genoux, je vous supplie, je vous conjure de faire tout ce qu'il faut pour réchapper de cette maladie. Mangez, employez les remèdes et faites aveuglement ce que votre médecin exigera; pensez que votre mort me rendrait la plus misérable créature de celles qui rampent sur la surface de la terre; pensez que je serais accablé de douleur et que la mort la plus affreuse me serait douce, pour qu'elle me tirât de cette misérable vie. Ma douleur m'empêche de vous en dire davantage, soyez toutefois persuadée que, dans tout l'univers, personne n'égale la sincère tendresse, le vif attachement et l'amitié à toute épreuve avec laquelle je serai jusqu'au tombeau, ma très chère sœur, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.

<258>

10347. AU MARGRAVE RÉGNANT DE BAIREUTH A BAIREUTH.

Schœnfeld, [20]258-1 septembre 1758.

La lettre que Votre Altesse m'a faite du 16 de ce mois, m'a été bien rendue. Je vous sais tout le gré imaginable de toutes les peines que vous [vous] donnez pour mener les affaires à la paix;258-2 je connais vos bonnes intentions dont je vous remercie infiniment. Votre Altesse peut être persuadée que je ne me refuserai pas à une paix et un accommodement raisonnable. J'écouterai volontiers toutes les propositions qu'on m'en voudra faire, mais jamais on obtiendra de moi que j'offre des conditions et que je fasse les premières ouvertures, et cela d'autant moins à présent où j'ai tout lieu d'espérer qu'en peu de temps les Turcs feront une diversion considérable à mes ennemis principaux.258-3 Voilà ma façon de penser sur les affaires dont Votre Altesse a bien voulu prendre [la peine] de Se charger.

La maladie de ma chère sœur et le fâcheux état de sa santé ma bien affligé; je vous prie de lui rendre la lettre ci-close258-4 que je lui fais, et, par tendresse pour elle, j'ose bien y joindre une petite note par rapport à certain remède, que je vous prie de vouloir bien communiquer au médecin Wagner.

Federic.

Nach dem Concept.


10348. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Schœnfeld,] 20 [septembre 1758].

Mon cher Frère. Il suffit de ne nous être pas trompés dans notre projet pour déranger les subsistances de l'ennemi.258-5 II faudra continuer sur ce plan, et à la longue cela mènera à quelque chose.

La diversion des Turcs est une espérance éloignée qui ne guérirait258-6 pas notre mal présent.

Les lettres de Baireuth me mettent au désespoir. Je suis bien malheureux depuis deux ans; il ne faut plus qu'une catastrophe là-bas pour achever de me peindre. Il m'est impossible de vous en dire davantage; mon cœur est serré et trop attendri pour vous dire autre chose, sinon, mon cher frère, que je vous embrasse bien cordialement.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10349. AUX MINISTRES D'ÉTAT COMTES DE PODEWILS ET DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Schœnfeld, 21 septembre 1758.258-7

Der König macht den Ministern, ähnlich wie am 20. dem Gesandten von der Hellen,258-8 Mittheilung von dem Anerbieten des Engländers Perrot und von seiner Zustimmung zu diesem Anerbieten. Finckenstein soll, nachdem Hellen mit Perrot abgeschlossen, die „lettres patentes“ an Hellen senden.

<259>

Der König fügt diesen Weisungen hinzu :

Aussi s'il y aura d'autres gens encore qui voudront armer des vaisseaux pour courir contre ceux de mes ennemis, je veux que leur soit accordé mon pavillon à cet usage, contre une reconnaissance proportionnée au profit qu'ils tireront des prises qu'ils feront; surtout contre les Suédois, que je ne saurais plus ménager après toutes les démarches indignes qu'ils ont exercées contre moi.

Federic.

Auszug aus dem Concept.


10350. AU SECRETAIRE BENOÎT A VARSOVIE.

Schœnfeld, 21 septembre 1758.

Comme il me revient partout par de bons canaux que la Porte Ottomane a pris tout d'un coup la résolution de ne plus rester en inactivité, mais de rompre, soit d'abord soit le printemps qui vient, avec la Russie ou avec les Autrichiens ou avec tous deux; qu'elle envoie de grosses sommes en argent aux frontières pour payer les Janissaires et pour acheter tous les grains à la ronde; qu'elle fait faire sans discontinuation des préparatifs de guerre et vient donner ses ordres aux spahis pour se remonter et s'armer; enfin qu'elle remue en sorte que les ministres de France, d'Autriche, de Russie et de Venise259-1 ont envoyé des courriers pour donner part à leurs cours respectives de tous ces mouvements, je suis surpris que vous n'avez sonné mot jusqu'ici dans tous vos rapports d'une nouvelle si importante, ayant toujours cru que ce serait là où vous êtes, que ces sortes de nouvelles éclateraient le premier. J'attends donc que vous approfondiez au plus juste ce que l'on a appris en Pologne à ce sujet, afin de m'informer exactement de ce que vous avez appris sur un sujet de telle conséquence.

D'ailleurs, je vous recommande principalement d'avoir la plus grande attention si les Russes envoient des secours en troupes, en ammunitions ou en argent à leur armée sous les ordres du comte Fermor, et de vous arranger incessamment de sorte que vous en sauriez exactement et au plus tôt [être] instruit, dont alors vous m'informerez sans perte du temps et au plus tôt possible.

Federic.

Nach dem Concept.


10351. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Schœnfeld,] 21 [septembre 1758].

Mon cher Frère. Nous nous sommes partagé l'Elbe; vous avez la rive gauche, moi la droite; il ne nous reste qu'à suivre notre Projet. Vous ne pouvez pas tenter des choses impossibles,259-2 mais je m'en repose sur vous des faisables. Il n'y a rien de nouveau de ce côté.

<260>

Ne m'ôtez pas, je vous en conjure, l'espérance qui est la seule ressource des malheureux. Pensez que je suis né et élevé avec ma sœur de Baireuth, que ces premiers attachements sont indissolubles, qu'entre nous jamais la plus vive tendresse n'a reçu la moindre altération, que nous avons des corps séparés, mais que nous n'avons qu'une âme. Pensez qu'après avoir essuyé tant d'espèces de malheurs, capables de me dégoûter de la vie, il ne me reste plus que celui que j'appréhende, pour me la rendre insupportable. Voilà, mon cher frère, le fond de mon cœur, et je ne vous peins qu'une partie de ces idées lugubres qui y régnent. Mes pensées sont si noires aujourd'hui que vous ne trouverez pas mauvais que je les renferme dans moi-même, vous assurant de la parfaite tendresse avec laquelle je suis, mon cher frère, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10352. AN DEN COMMANDANTEN VON LEIPZIG, GENERALMAJOR VON HAUSS.

Schönfeld, 21. September 1758.

Ich habe den Einhalt Eures Berichtes vom 20. dieses wegen der von der Stadt Leipzig zu bezahlenden noch rückständigen Contribution von 600,000 Thaler mit mehrern ersehen. Worauf Ich denn in Antwort ertheile, wie Ich von Euch hoffen will, dass Ihr keine ridicule Apprehensiones vor Packknechte und dergleichen Gesindel haben werdet, wenn hiernächst und bei weiterer Renitenz der Stadt, es am Ende dahin kommen müsste, dass Ihr die Vorstädte abzubrennen drohen, und endlich wohl gar ein oder zwei Kaufmannshäuser in denen Vorstädten anstecken lassen müsstet. Sonsten aber ist Euch zur Resolution, dass Ihr die rückständige 600,000 Thaler herbeischaffen und beitreiben müsset.260-1 Wollen die Leipziger und besonders die Kaufleute solche in der Güte bezahlen, so ist es gut, wo nicht, so müsset Ihr solche durch Execution und rigoureuse Mittel beischaffen. Da auch jetzo dorten die Messe ist, so befehle Ich Euch hierdurch, dass insonderheit Ihr wohl darauf Acht geben und vigiliren sollet, dass nicht bei solcher Gelegenheit die reichen Kaufleute der Stadt Leipzig aus der Stadt kommen und sich davon machen können, denn die reichen Kaufleute der Stadt eben diejenigen seind, so zu Bezahlung der rückständigen Contribution das meiste beitragen müssen, und von denen andern nicht viel zu erhalten stehet. Welches Ihr wohl observiren sollet.

Wenn übrigens auch beiliegende Vorstellung unter dem Namen des Magistrats und der Bürgerschaft zu Leipzig an Mich gelanget ist, so sollet Ihr ersteren darauf von Meinetwegen mündlich zur Resolution<261> sagen, dass in gegenwärtigem Fall kein Raisonniren sein, sondern sie bezahlen oder aber, in Entstehung baldiger Bezahlung, sich alles Uebel, so daher in kurzer Zeit entstehen würde, vorstellen müssten.261-1

Friderich.

Nach dem Concept.


10353. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE SCHMETTAU A DRESDE.

Schœnfeld, 22 septembre 1758.261-2

Je vous remercie du rapport que vous venez de me faire sur différents avis que vous avez appris par vos espions. Il y en a, comme à l'ordinaire, qui sont vrais, mais aussi il y en a quelques-uns qui ne sont pas tout-à-fait exacts. Ce n'est pas à Zittau où l'armée autrichienne fait cuire son pain, c'est plutôt à Gabel où elle a établi sa boulangerie, et d'où elle fait venir le pain.

Quant à la ville de Freiberg, je sais que les troupes des Cercles l'ont abandonnée.

Au surplus, vous ferez bien de prêter attention sur ce qui se dit des nouvelles à la jeune cour saxonne à Dresde. Cette cour ne manque pas d'être assez bien instruite de ce qui se passe au dehors. Tâchez donc d'en être informé par de bons canaux de ce qu'on y a de nouvelles, et rendez-moi compte de ce que vous aurez appris.

Federic.

Nach dem Abdruck261-3 bei: Preuss, Friedrich der Grosse, Bd. II, Urkundenbuch S. 15.


10354. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

<262>

Finckenstein berichtet, Berlin 20. September: „Le secours que Votre Majesté envoie ici sous les ordres du général Wedell,261-4 et qui doit arriver aujourd'hui, l'aurait jamais pu venir plus à propos. Les Suédois ont commencé, depuis avanthier, à s'approcher de nouveau et plus près que jamais de la capitale. Ils ont occupé Ruppin, Fehrbellin et Zehdenick.

Le baron de Seckendorff, qui s'est laissé employer par la cour impériale pendant toute cette guerre,261-5 et qui y a joué un assez mauvais rôle, vient de passer par Cassel, où il a dit au ministre Waitz

Schœnfeld, 22 septembre 1758.261-6

La lettre que vous m'avez faite du 20, m'a été bien rendue. Je ne crois pas qu'on aura plus à craindre à Berlin les Suédois, et je me persuade entièrement que, dès que le général Wedell se sera mis en marche de Berlin pour aller en avant à l'armée de Suède, elle se tirera en arrière, ainsi que ce n'est pas de ce côté-là qu'on aura à appréhender.

qu'il était autorisé de la part des cours de Vienne et de Versailles de déclarer à tous les princes de l'Empire le désir des deux cours pour mettre fin à cette malheureuse guerre, et qu'il allait par leurs ordres à La Haye, pour faire la même insinuation au ministre de Votre Majesté et à celui d'Angleterre. Le sieur de Waitz a répondu que ce désir serait fort louable, mais qu'il ne voyait pas comment on pourrait le concilier avec les procédures étranges du Conseil Aulique et tant d'autres démarches qui ne visent pas à moins qu'à la ruine de toute l'Allemagne. Le prétendu négociateur a voulu excuser en quelques façons l'Empereur et a montré plusieurs lettres particulières où il était parlé en termes vagues de pacification, et a produit un passe-port de l'Impératrice-Reine pour son voyage; mais il n'a été question d'aucun plein pouvoir. Comme le personnage est des plus suspects, je crois que j'agirai conformément aux intentions de Votre Majesté en avertissant le sieur de Hellen d'être fort sur ses gardes avec un homme de cette trempe.“

Je vous remercie de ce que vous m'avez appris au sujet du baron Seckendorff. La réponse que le sieur Waitz lui a faite sur les ouvertures qu'il a bien voulu lui faire, est très juste. Quoique vous l'accusiez à bon droit de personne suspecte, il faudra pourtant voir ce qu'il chipotera en Hollande, et de quelle façon il s'y conduira, dont, à ce que j'espère, le sieur de Hellen, après que vous l'avez déjà prévenu et instruit, conformément à mes intentions, nous rendra bon compte. Aussi faudra-t-il que Hellen, quand Seckendorff voudra lui faire des propositions, ne lui réponde autre chose, sinon qu'il n'était nullement instruit [ni] autorisé d'entrer avec lui sur quelques propositions, ni d'en entendre de lui.262-1 Cependant, si contre tout ce que je m'imagine, Seckendorff déclare quelque chose à La Haye d'une pacification, alors et dans ce cas je tiendrai confirmées les nouvelles que Rexin nous a mandées au sujet de l'intention de la Porte de rompre avec les Autrichiens. Car, à moins de la crainte d'une pareille rupture, je ne trouve aucune bonne raison qui dût obliger les Autrichiens et les Français à faire des propositions de paix. Mais, supposé ce cas, il se pourrait bien qu'on eût détaché Seckendorff seulement pour sonder préalablement les esprits, à quoi il n'aurait pas tout-à-fait besoin de pleins pouvoirs.

Au surplus, je ne doute pas que vous n'ayez reçu le double du rapport de Benoît du 13 de ce mois. Quoique ses rapports ne soient pas toujours fort exacts, je crois cependant que tant y a qu'on puisse compter que les Russes songent à se retirer vers la Prusse.262-2 S'ils y sont une fois, et que les Turcs remuent alors, je crois que nos affaires prendront tout autre face qu'elles n'ont eue jusques ici.

Il y a ici des positions qui nous arrêtent, nos quatre armées sont vis-à-vis les unes des autres, mais aucunes d'elles ne peuvent s'attaquer; ceci traînera, tout restant dans la même situation, jusqu'au 12 d'octobre environ.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.

<263>

10355. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE KNYPHAUSEN A LONDRES.

Schœnfeld, 22 septembre 1758.

Quand vous me fites part par une de vos dépêches antérieures [de] ce que vous aviez appris d'une lettre que le sieur Porter à Constantinople avait faite par la poste ordinaire aux ministres anglais touchant les grands préparatifs de guerre que la Porte Ottomane faisait pour entrer en guerre, j'avoue que j'avais de la peine alors d'ajouter foi à une nouvelle si peu attendue que peu vraisemblable que celle-là.263-1 Mais comme, du depuis, de bonnes lettres de Constantinople et d'ailleurs une dépêche du ministre hollandais, le sieur Hochepied,263-2 faite au Grand-Pensionnaire, et dont j'ai eu copie, m'ont confirmé ces nouvelles, je commence à me persuader de la vérité du fait.

C'est donc en conséquence que je veux bien vous dire pour votre direction, que s'il arrivera que la Porte rompt effectivement avec les Autrichiens ou avec les Moscovites, et que l'on voit que par là moi et mes alliés pourront avoir des avantages particuliers pendant la campagne de l'année qui vient, qu'alors je tâcherai de continuer encore la guerre, et aidé et efficacement assisté par mes alliés, je ferai tous mes efforts pour nous rendre cette campagne-là avantageuse; mais que, s'il arrivait que les Turcs ne romperont point, alors aussi je vous avoue que, sans une diversion efficace de la part de la Porte Ottomane, il me sera purement impossible de continuer la guerre pendant une nouvelle campagne.

Voilà ce que j'ai bien voulu vous faire observer pour votre direction.

Federic.

Nach dem Concept.


10356. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

<264><265>

Finckenstein berichtet, Berlin 21. September: „Je ne prendrais pas la liberté de faire un rapport à Votre Majesté sur les aifaires dans un temps où Elle a les occupations les plus importantes, si je ne croyais de mon devoir de L'avertir très humblement des justes appréhensions que

Schœnfeld, 23 septembre 1758.263-3

J'ai reçu la lettre que vous m'avez faite du 21 de ce mois, au sujet des appréhensions où vous êtes de ce263-4 que le ministère de Cassel commence à vous donner

le ministère de Hesse-Cassel commence à nous donner pour un accommodement séparé. Le général Donop qui est ici, et que j'ai voulu rectifier sur ce sujet, m'a parlé avec beaucoup de franchise et m'a dit qu'il sentait à la vérité que ce serait un mauvais parti, à l'envisager selon les vues politiques, que de se séparer de l'Angleterre, après avoir tenu bon jusqu'ici; mais que le ministère hessois se trouvait dans la situation du monde la plus singulière et la plus critique. Le Landgrave depuis plus d'un an n'y était plus; qu'il avait totalement perdu la mémoire et ne pouvait prendre aucune part aux affaires; que c'était le baron de Hardenberg et lui qui avaient mené la barque jusqu'ici, et qui avaient tenu bon pour le système anglais. Que le pays qui le savait, et qui se trouvait sous l'oppression de l'ennemi, commençait à en murmurer et donnait à entendre que c'étaient les ministres tous les deux étrangers264-1 qui causaient la ruine de la Hesse, par leur opiniâtreté à ne pas vouloir rappeler les troupes et se prêter aux circonstances, de sorte qu'ils avaient à craindre non seulement les reproches des susdits états du pays, mais encore ceux du Prince héréditaire, qui pourrait bien les rendre responsables de leur conduite, lorsqu'il viendrait à succéder à son père, ce qui ne pourrait guère tarder d'arriver; que, par conséquent, ils seraient obligés de céder à la fin et d'en venir malgré eux et à une démarche qu'ils désapprouvaient euxmêmes, à moins que l'Angleterre ne voulût se prêter au renouvellement du traité de subsides et à la promesse d'un dédommagement à la paix,264-2 ce qui servirait à les justifier, ou que le Prince héréditaire ne témoignait être content de ce qu'ils avaient fait, et ne les autorisât en quelque manière à persister dans les mêmes principes,“

Ueber die Erneuerung des Subsidienvertrags und die hessischen Entschädigungsansprache hat Finckenstein sofort an Knyphausen und an den Prinzen Ferdinand von Braunschweig geschrieben und beide von dem Stande der Sache unterrichtet.

pour quelque accommodement séparé, en conséquence des propos que le général Donop vient de vous tenir. Tout ce que vous avez fait à ce sujet, a parfaitement mon approbation, et j'applaudis à ce que vous en avez écrit incessamment au baron Knyphausen et au prince Ferdinand de Brunswick. Vous pourrez continuer de même, et cela sans ma participation, et employer tous les moyens pour détourner un si fâcheux coup et pour entretenir ces gens dans la bonne voie. Je suis d'ailleurs content qu'on envoie cet officier du pays de Hesse auprès du prince héréditaire de Cassel que le général Donop connaît pour avoir la confiance du Prince, et par le moyen duquel il croit qu'on lui puisse, le cas existant, faire parvenir les insinuations nécessaires. Enfin, je vous charge de tout ce qu'il convient de faire sur cette affaire, et vous autorise même expressément de faire en ceci si bien que vous l'entendez, sans ma participation.

Comme, d'ailleurs, j'avais oublié de vous marquer mon intention sur ce que le baron Knyphausen a mandé par son rapport du 8 de ce mois, dont je ne doute pas que le double ne vous soit déjà parvenu, touchant la confiance que le Roi lui a faite de l'ombrage que la cour de Brunswick lui a donné depuis quelque temps,264-3 et de ses soupçons sur quelques pourparlers ou négociation secrète de cette cour avec celle de France, je suis bien aise de vous dire encore que vous devez entrer en corre-

„Quant au Prince héréditaire de Hesse-Cassel, le général Donop soumet aux lumières supérieures de Votre Majesté si Elle ne jugerait pas convenable de lui en parler avec quelque bonté, comme d'une chose qu'Elle souhaitait pour ses propres intérêts à venir, et qui Lui paraissait de sa dignité en qualité d'héritier présomptif; et il m'a dit que, le connaissant comme il faisait, il était persuadé que Votre Majesté en pourrait faire tout ce qu'Elle voudrait, puisqu'il savait qu'il La craignait, et qu'il serait sûrement très sensible à tout ce qui lui paraîtrait une marque de bonté et d'amitié de la part de Votre Majesté. Il croit aussi qu'on pourrait se servir avec succès du décret que le Conseil Aulique vient de publier contre lui, pour l'animer contre la cour de Vienne.“

Donop hat ferner den Wunsch geäussert, dass dem Prinzen ein gewisser Officier aus Hessen beigegeben werde, der mit ihm befreundet sei, und durch dessen Vermittlung man die nothwendigen Vorstellungen dem Prinzen zukommen lassen könne.

spondance là-dessus avec le duc régnant de Brunswick en mon nom, pour le rassurer contre toute faiblesse et lui ôter de l'esprit toutes les appréhensions qu'il a conçues. Aussi, conformément aux désirs du roi d'Angleterre, vous vous joindrez à ce qu'il a entrepris moyennant la mission du sieur de Behr, pour tâcher de conserver le Duc dans son attachement à la bonne cause, et ferez en mon nom toutes les démarches pour concourir au même but.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10357. AN DEN ETATSMINISTER FREIHERRN VON SCHLABRENDORFF IN BRESLAU.

Schönfeld, 23. September 1758.

Dass so viel den [Vorschlag] wegen der von denen Oestreichern im Neuen Graben265-1 weggenommenen Schiffe mit Breslauer Kaufmannsgütern anbetrifft,265-2 Ich alle Ursache zu muthmaassen und zu glauben habe, dass endlich durch dieses an sich sonst unerlaubte und wider alle Kriegesregeln laufende Verfahren derer Oestreicher der Breslauschen Kaufmannschaft endlich einmal die Augen über die Absichten der Oestreicher, und wie schlecht dieselbe es mit ihr meinen, aufgehen und sie mithin von ihrem Penchant gegen die Oestreicher und der Blusion, was letztere vor Consideration vor sie hätten, werden abgebracht, dahergegen [wider] solche werden sehr irritiret werden. Aus welcher Ursache Ich denn auch noch zur Zeit Anstand nehme, auf Euern Vorschlag etwas zu veranlassen.

Friderich.

Nach Abschrift der Cabinetskanzlei.

<266>

10358. AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE.

Schœnfeld, 23 septembre 1758.

Je vous adresse ci-clos une certaine pièce écrite en forme de lettre d'un Suisse à un noble Vénitien que le hasard a conduite en mes mains.266-1

L'importance de la matière et la façon de penser extraordinaire dans cette lettre m'ont fait souhaiter qu'elle devienne publique. C'est pourquoi aussi mon intention est que vous devez employer vos soins, afin que la pièce soit imprimée secrètement en Hollande, et qu'un assez grand nombre d'exemplaires soit répandu dans le public, sans qu'on puisse s'apercevoir d'où tout cela vient. Car comme la comparaison et la critique qui s'y trouvent, pourront paraître un peu fortes et sensibles, surtout à ceux qu'elle regarde, vous vous prendrez bien adroitement, tant pour tout ce qui regarde l'impression, que pour la manière de faire secrètement glisser la pièce dans le monde, de sorte qu'absolument vous ne sauriez être même pas soupçonné que la pièce ait été mise sous la presse par votre entremise, ni que vous ayez quelque part à sa publication et distribution. Ce que je vous recommande fortement, et pour le reste vous tiendrai compte de ce que vous débourserez en frais, soit pour l'impression soit pour la distribution.266-2

Federic.

Nach dem Concept.


10359. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Schœnfeld,] 23 [septembre 1758].

Mon cher Frère. Tout est ici in statu-quo. J'ai envoyé du côté de Bautzen, pour me procurer quelques éclaircissements; dès que je les aurai, vous en serez instruit.

Ces nouvelles de paix dont je vous ai fait part,266-3 ne sont à présent que fort vagues; il y a bien des choses à considérer dans cette négociation :

1° d'avoir de bonnes conditions;

2° de ne nous point séparer de nos alliés, qu'en honneur nous ne saurions abandonner, d'autant plus qu'en les quittant il faudrait nous remettre à la discrétion d'ennemis réconciliés;

<267>

3° de bien savoir ce que feront ces gens qui ne portent point de chapeaux;267-1

4° d'accorder l'honorable et l'utile ensemble.

Voilà, mon cher frère, mes lois et mes oracles; comme je ne suis pas prophète, et que je ne voudrais pas même l'être, il ne m'est pas possible de vous dire ce qui arrivera; en attendant, pensons à bien finir cette campagne et ensuite poussons le temps avec les épaules, pour voir ce qu'il conviendra de faire.

Je vous embrasse, cher frère, de tout mon cœur, vous assurant de la tendresse infinie avec laquelle je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10360. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Schönfeld,267-2 24. September 1758.

Euer Schreiben vom 22.267-3 hat Mir der damit abgeschickte Expresse richtig überbracht. Was zuvörderst das in dessen Postscripto gemeldete neue Wirrwarr mit denen Russen anbetrifft, da solche von Landsberg zwar weg, sich hergegen nach Soldin gezogen und Schwedt nebst der Oder menaciren, so thut Mir alles das recht leid, was Ich desfalls von Euch vernehmen muss. Es wird also höchst nöthig sein, dass Ihr nur sogleich die zwei Dragonerregimenter267-4 wieder an Euch ziehet. Die Oder angehend, da müsset Ihr solche, so viel nur immer menschmöglich ist, decken.

Friderich.

P. S.

Nachdem Ich auf den Einhalt Eures Postscripts zuerst geantwortet, so dienet Euch auf das Schreiben selbst vom 21. in Antwort, wie Euch schon geschrieben habe, das Regiment von Plettenberg-Dragoner nur sogleich wieder an Euch zu ziehen, wie dann auch, wann Ihr sonst was von Kavallerie detachiret habet, Ihr solches nur sofort zu Euch nehmen könnet. Sonsten sehe Ich gar wohl ein, dass Eure Position vorjetzt sehr beklommen ist; aber anjetzo ist die Menge der Feinde, so Ich habe und mit denen es sich nicht hier gleich so wie Ich es wünsche, decidiren will, lediglich die Schuld daran, dass Euch nicht sofort helfen und verstärken kann. Indessen werde Ich zwischen hier und zwei Tagen einen Marsch auf Bautzen thun, um den Feldmarschall Daun zu zwingen, die Stadt Bautzen, da er ein Magazin hat, zu verlassen oder solche zu secondiren. Will er solche verlassen, so kann Ich ihm so viel Jalousie auf Gabel geben, dass er aus der Lausnitz wieder heraus und nach Böhmen wieder zurück muss, wodurch Ich alsdann freie Hand<268> bekomme, zu detachiren, wohin Ich will. Sodann kann Ich Euch, befundenen Umständen nach, verstärken. Ich bin dabei der Meinung, dass, wenn Ich von hier gerade auf Posen und Meseritz detachire, Ich die Russen zuerst damit wegbringe. Es ist Mir aber einerlei, und wann Ihr meinet, dass es besser ist, Euch geradezu zu verstärken, so werde Ich ganz gerne von Meiner nurgedachten Opinion abgehen. Sobald nur sich übrigens hier etwas decidiret haben wird, so werde Ich Euch sogleich Nachricht davon geben.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10361. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Schœnfeld,] 24 [septembre 1758].

Mon cher Frère. J'ai reçu vos deux lettres, dont je vous rends grâce.268-1 Les mesures que vous prenez, pour enlever quelque convoi à l'armée de l'Empire, sont très bonnes; pourvu que l'on trouve à s'embarquer à quelque défilé, la chose ne saurait presque pas manquer, surtout si l'on pense à rassurer sa retraite.

J'ai des avis que Daun veut faire un nouveau détachement vers Crossen;268-2 je sais d'ailleurs qu'il a un magasin à Bautzen. Tout cela m'a fait naître un dessein dont, pour le bien des affaires, je dois vous faire part. J'ai balancé, vu le mauvais temps qu'il fait, de vous prier de venir chez moi; mais comme il faut prendre quelques mesures de concert, je voudrais vous expliquer mes idées verbalement.

Vous avez fort bien fait de renvoyer le marquis de Fline;268-3 c'est faire plaisir à un homme dont il nous revient aucun mal.

Je vous embrasse de tout mon cœur, vous assurant de la tendresse avec laquelle je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10362. AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE.

Schœnfeld, 25 septembre 1758.

Voici encore une autre pièce268-4 que je vous adresse, écrite à peu près dans le même goût que celle que je vous ai déjà fait parvenir à la suite de ma lettre du 23 de ce mois.268-5

<269>

Vous en userez tout comme de la première, c'est-à-dire, que, dès que l'impression de la première sera faite, et que vous en aurez agi conformément à mes intentions et aux mesures que je vous ai prescrites, vous ferez également imprimer cette seconde pièce, avec les mêmes précautions et dans le dernier secret, pour que personne au monde ne pourra soupçonner ni vous ni la voie par laquelle elle vous est parvenue, sur quoi je me repose entièrement sur [votre] prudence et savoir-faire. Quand l'impression de cette seconde lettre sera faite, vous vous emploierez adroitement pour en faire passer un bon nombre d'exemplaires en France, afin qu'il y soit distribué, et le reste en Hollande, toujours avec les précautions requises, afin que personne [ne] puisse s'apercevoir d'où ni par qui ces exemplaires y parviennent. Et comme d'ailleurs vous recevrez en peu une traduction allemande de la seconde lettre, dans le goût et dans le style autrichien,269-1 vous la ferez pareillement imprimer avec le même secret et tâcherez269-2 qu'il en soit envoyé bon nombre d'exemplaires en Allemagne et surtout dans l'Empire.

Au surplus, l'impression faite, vous devez m'envoyer 4 ou 5 exemplaires tant de la lettre d'un Suisse que de celle du secrétaire de Kaunitz de l'impression française.269-3

Je me charge, au reste, moi-même de tous les frais et avances que vous ferez à cette occasion, que je vous ferai rembourser, dès que vous m'en aurez marqué le montant.

Federic.

Nach dem Concept.


10363. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Schönfeld, 25. September 1758.

Eichel übersendet an Finckenstein zur weiteren Beförderung das Immediatschreiben an Hellen vom 25. September269-4 und spricht die Hoffnung aus, dass das vorangegangene Immediatschreiben an Hellen vom 23.269-5 dem Minister richtig zugekommen sei.

Ich muss bei dieser Gelegenheit mich über das Sujet der vorigen Missive sowohl als dieser an gedachten von Hellen expliciren, auch Deroselben mit allem Regret nur melden, jedoch mir zuvorderst das höchste Secret gegen jedermann ohne Ausnahme unterthänig erbitten, wie sowohl das erstere als auch dieses Schreiben an den Hellen gewisse Pamphlets von einer Ew. Excellenz gar bekannten Feder anbetrifft, so nurgedachter von Hellen insgeheim und mit dem allergrössesten Secret<270> dorten drucken lassen und alsdenn mit Nehmung aller Präcautionen dergestalt in dasigen Gegenden überall herum distribuiren und ausbreiten lassen soll, dass weder er im geringsten darunter erscheine, noch auch jemand soupçonniren oder merken könne, von was Ort und wie solche in das Public erschienen wären.

Der Hauptumstand aber, so mich obligiret, sowohl alle vorgedachte Umstände an Ew. Excellenz gelangen zu lassen, als auch die eine Pièce davon, als nämlich die zweite, in dem grössesten Vertrauen eines dort impenetrablen Secrets zu communiciren, ist, dass des Königs Majestät exprès verlanget und befohlen haben, [dass] von solcher eine teutsche Uebersetzung, und zwar gar nicht litteralement, sondern nach der Wienerschen Art zu schreiben und in dem gewöhnlichen österreichschen hochtrabenden und guindirten compliquirten Stil270-1 gemachet werden soll, in welchem, so oft der Name der Kaiserin und des Kaunitz vorkommet, allemal solchen die gebräuchliche Wienersche Epitheta bei geleget, die Uebersetzung überall nach der österreichschen Mundart so gedrehet werden solle, dass, wie schon gedacht, solche nicht litteral, sondern frei und nur nach dem Sinne des Französischen sei und es mithin das Ansehen gewinne, als ob die Uebersetzung in österreichisch Teutsch das Original sei und nur jemand davon den Sinn genommen und in gut Französisch, nach der Art dieser Sprache ohngezwungen, übersetzet habe.

Ich gestehe, dass so sehr ich gewünschet habe, dass überhaupt diese Sache unterwegens geblieben, ich dennoch mir alle Mühe gegeben und Proben gemachet habe, ob ich in der österreichschen Denkensart, Tournure und Manier dergleichen Traduction zu machen capabel wäre; ich habe aber gefunden, dass es mir, der ich wenig unter solchen Leuten gewesen, auch wenig von ihren Piecen in solcher Art gelesen, eine wahre Ohnmöglichkeit sei, darunter zu reussiren, so dass ich die zu drei, vier Malen wiederholte Aufsätze nur wieder cassiren müssen. Weilen aber demohnerachtel des Königs Majestät verlangen, dass eine teutsche Uebersetzung von dieser Façon dem Herrn von Hellen auch zugesandt werden soll, um solche gleichfalls dorten in höchstem Secret drucken und demnächst adroitement divulgiren zu lassen, dass solche zum Theil in Holland, hauptsächlich aber in Teutschland dortiger Orten und insonderheit in das Reich herumkomme und bekannt werde, als über welches alles der von Hellen in beiliegendem Schreiben an ihn schon ganz umständlich instruiret worden ist, so muss ich mich unterstehen, deshalb an Ew. Excellenz zu recurriren und ganz gehorsamst zu bitten, ob es nicht angehe, dorten, es sei in der Kanzelei oder sonsten, jemanden zu finden, der des Französischen nur so weit mächtig und zugleich wegen der in österreichisch Teutsch zu fertigenden Uebersetzung im Stande ist, sich davon nach Sr. Königl. Majestät Intention zu ac<271>quittiren. Ich begreife, dass es schwer sein wird, jemanden sogleich zu finden, dem man einestheils das Secret anvertrauen kann und der zugleich im Stande ist, sich [davon] nach der königlichen Intention zu acquittiren. Es findet sich dennoch dorten wohl jemand dazu, der sich davon acquittiret, wenn er vorher etwa verschiedene in österreichschem Stil geschriebene Briefe oder Pièces gelesen und sich aus solchen die Tour, Periodos und etwas entortillirten Schwung und Phrases inprimiret hätte und alsdenn nach solchen eine freie Uebersetzung einrichtete. Ich erinnere mich zurück, wie ich ehemals und zu Anfang des Krieges ein gedrucktes Schreiben eines Grossvaters an seinen Enkel,271-1 die dermalige sächsische Sachen betreffend, gelesen habe, wovon der Herr Geheime Rath Buchholtz, von der Justiz, Autor sein soll, worinnen ich damals sowohl die Solidité als auch die glückliche Imagination admiriret habe, um alles so wahrscheinlich zu fassen, als ob man einen Grossvater mit seinem Enkel sprechen hörete. Ich weiss nicht, ob Ew. Excellenz vor gut fänden, denselben etwa deshalb zu sondiren und dazu zu emploiren, zumalen wenn Dieselbe geruheten, ihm das Secret deshalb einzubinden und überhaupt des Königs Majestät dabei nicht erwähnet würden, da er denn, wenn er zumalen sich zuvorderst dazu durch die von mir vorgeschlagene Adminicula präparirete, sich davon gut acquittiren dörfte, nicht zu erwähnen, dass die Uebersetzung auch nicht gar in das grobe Oesterreichsche fallen, sondern [auch] in dem Stücke etwas ohngezwungen sein müsste, da der Graf Kaunitz gewiss keine Secretaires hat, die sich im Teutschen wie ein ganz grober Oesterreicher ausdrücken, und dass also auch darunter eine Wahrscheinlichkeit zu beobachten sein dörfte.271-2

Die deutsche Uebersetzung soll, sobald sie fertig gestellt ist, an Hellen ababgesandt werden. 271-3

Ich bin höchst beschämt, Ew. Excellenz mit dergleichen, und noch dazu in einem so weitläuftigen Schreiben, zu incommodiren; das Verlangen aber, des Königs Willen auch hierunter zu erfüllen, hat mich zu dieser Démarche gebracht, deshalb unterthänig um Vergebung bitte und mich übrigens auf Ew. Excellenz Assistance reposire. Der ich mich allezeit zu gnädigem Wohlwollen mit meinem gewöhnlichen Respect recommandire.

Eichel.

<272>

Eichel theilt in einem P. S. mit, dass Hellen dem Könige einige französische Exemplare der zu druckenden Flugschriften einsenden solle. Bei dieser Gelegenheit habe sich der König „auch einer andern Pièce, nämlich: « Lettre du cardinal de Richelieu »,272-1 erinnert“ und befohlen, dass Finckenstein davon 5 bis 6 Stück ihm übersenden solle.

Le Roi marchera demain pour s'approcher plus de l'armée autrichienne sous Daun et l'obliger ou de donner bataille ou d'abandonner Bautzen et d'e'vacuer la Lusace et toute la Saxe, pour avoir alors les mains plus libres d'aller à d'autres besoins. Comme nous nous éloignerons par là un peu plus de Dresde, et qu'en conséquence les chemins de là jusqu'à l'armée ne pourraient rester aussi sûrs qu'ils ont été jusqu'à présent pour la correspondance, j'ai cru devoir en informer Votre Excellence.

Eichel meldet, dass, nachdem er das Schreiben bereits geschlossen, vom Könige Befehl komme, er solle während „Dero vorseinden Expedition“ in Dresden zurückbleiben. „Der gute Herr Kriegesrath Cöper muss inzwischen wiederum die Corvée zu Pferde mitthun,272-2 damit des Königs Majestät jemanden bei Sich haben, der nur das allerpressanteste besorge.“ Eichel macht ferner Mittheilungen über Chiffern.

Auszug aus der Ausfertigung.


10364. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Schœnfeld,] 25 [septembre 1758].

Mon cher Frère. Je souhaite que la corvée d'hier ne vous ait pas incommodé. Je vais faire lever nos ponts, pour les envoyer à Dresde, où l'un pourra être remis, comme il l'avait été à mon arrivée. Je marcherai demain à Arensdorf, mon avant-garde ira jusqu'à Herzogswalde;272-3 aprèsdemain, cela ira en force jusqu'à Roth-Nauslitz.272-4 Je crois que Daun restera immobile dans sa place, et que le prince de Durlach reculera devant nous et voudra couvrir Bautzen, et en cas qu'il ne pense pas pouvoir y réussir, il y a toute apparence qu'il marchera du côté de Zittau, et qu'alors l'on pourra si fort resserrer Daun dans ses fourrages qu'il se verra obligé de prendre la route de la Bohême. Ceci sont des suppositions, peut-être arrivera-t-il autre chose.

Vous aurez la bonté de me donner de vos nouvelles par Dresde; j'aurai toujours l'œil sur Daun, et vous pouvez compter fermement que je ne vous abandonnerai pas.

Adieu, mon cher frère, je vous embrasse de tout mon cœur, en vous assurant de la tendresse infinie avec laquelle je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.

<273>

10365. AN DEN GENERALMAJOR VON WEDELL.273-1

Schönfeld, 25. September273-2 1758.

Ich habe Euer Schreiben vom 23. dieses erhalten und gebe Euch darauf in Antwort, wie dass Ihr Euer dortigen Orten immer Wald und sonsten die besten Posten habt, wo Ihr Euch setzen könnet, die Schweden mögen auch gehen, wohin sie wollen. Wenn Ihr einmal ein Corps von ihnen, es mag des Nachts oder bei Tage sein, überfallen könnet, so werdet Ihr sehen, dass sie alle zurücklaufen werden. Dabei es auch gut sein wird, wenn Ihr einen Bruit überall aussprengen werdet, wie ausser Eurem Corps noch ein besonderes Corps gerade nach Pommern marschiret, davon Ich versichert bin, dass es auf gedachte Schweden einen grossen Effect thun wird. Dann aber müsset Ihr auch noch immer weiter ausbringen und dabei bleiben, dass Ihr mit Eurem Corps nur die Avantgarde von einem stärkeren Corps ausmachet, so Euch folgen werde; da Ihr sie dann damit gewiss weg- und zurückbringen werdet.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Wedell'schen Familienarchiv zu Ludwigsdorf in Schlesien.


10366. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL VON KEITH.273-3

Hauswalde,273-4 26. September273-5 1758.

Da der General Laudon sich aus seinem Posten zurückziehet, und also Euren Marsch nichts pressiret, so könnet Ihr, falls die Geld- und Brodwagens von Dresden annoch nicht gänzlich heran sein sollten, das Lager, wo der Generallieutenant von Retzow gestanden, beziehen und morgen früh bei guter Zeit Euren Marsch anhero antreten.

Friderich.273-6

Nach der Ausfertigung.


10367. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Rammenau,] 28 [septembre 1758].

Mon cher Frère. Nous avons occupé le poste que nous avons voulu; aujourd'hui, je fais attaquer Laudon par trois endroits, pour d'autant plus resserrer l'ennemi. Après quoi, je détacherai vers Bautzen.<274> Dès que je pourrai vous dire quelque chose de plus, je vous l'écrirai. Je vous mande ceci simplement pour satisfaire votre curiosité. Adieu, cher frère, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10368. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Rammenau,] 28 [septembre 1758].274-1

Mon cher Frère J'ai obligé Laudon de se retirer vers la grande armée, j'ai appuyé ma gauche sur la montagne de Bischofswerda en occupant la ville. Le prince de Durlach est marché à Lœbau; j'ai détaché le général Retzow, qui sera aujourd'hui non loin de Bautzen. Le prince Durlach est marché à Lœbau, l'on dit qu'il veut aller à Gœrlitz, mais Retzow marchera vers Zittau et Gabel, ce qui lui fera changer de dessein. Faites tout ce que vous trouverez nécessaire de votre côté, tant pour ce qui regarde Leipzig, que pour vos canons. La rive droite de l'Elbe est assurée plus que jamais, Daun ne se battra pas; mais, quoique je me sois campé à demi dans son dos, ce ne sera pas ma position qui l'empêchera de se soutenir, mais le manque de vivres. Je crois que cela traînera jusqu'au 12 d'octobre. Dès qu'il se passera ici la moindre chose, vous en serez aussitôt averti.

Je suis accablé d'affliction des nouvelles que je reçois de Baireuth.274-2

Tout est à peu près encore dans la même position dans la Nouvelle-Marche. Wedell a surpris un corps suédois à Zehdenick.274-3

Je suis triste et fatigué. Adieu, cher frère, je vous embrasse de tout mon cœur.

Federic.

Nous avons fait entre 50 et 60 prisonniers, mais cela ne décide de rien.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10369. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Rammenau,274-4 28. September 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 24. dieses richtig erhalten, und ertheile Ich Euch darauf in Antwort, dass Ihr nur noch suchen müsset. Euch auf eine Zeit zu souteniren; denn da Ich bereits die Oesterreicher von Bautzen abgeschnitten und ein Detachement daselbst hingeschicket, so wird Daun nicht lange mehr in Sachsen stehen bleiben können, und sobald derselbe sich zurückgezogen haben wird, welches Ich auf acht Tage hinausstelle, alsdann werde Ich sofort ein Detachement nach Posen schicken.274-5

<275>

Uebrigens so haben sich die preussischen Regimenter so schlecht bei der Bataille275-1 gehalten, dass Ich ihnen vor der Hand keine Distinction machen kann.

Es folgen Bestimmungen über ein Avancement bei der Artillerie. Das Infanterieregiment Rauter soll der zum Generalmajor ernannte Oberst von Kleist erhalten.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstahs zu Berlin.


10370. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Rammenau,] 29 [septembre 1758].

Mon cher Frère. J'ai, comme je vous l'ai marqué hier, occupé le poste de Bischofswerda et envoyé le général Retzow avec un détachement à Bautzen.275-2 L'ennemi n'a changé dans sa position rien que, depuis ce matin, qu'un corps de 3000 hommes s'est passé sur son flanc droit. Nous avons pris beaucoup d'Autrichiens qui étaient éparpillés en différents villages pour fourrager; à présent, mon cher frère, je suis obligé d'en rester là, parcequ'en conscience il n'est pas raisonnable d'entreprendre davantage. Donnons-nous patience, et les suites de tout ceci se développeront dans peu.

Je vous embrasse bien cordialement, vous priant d'ajouter foi à la tendresse et à la parfaite estime avec laquelle je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10371. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Rammenau,] 30 [septembre 1758].

Mon cher Frère. Je ne saurais à présent changer ma position. Retzow est à Bautzen, le prince de Durlach à Lœbau et Maximus275-3 dans son camp; à moins que d'être fol, je ne saurais attaquer cet homme-là, ce qui m'empêche toute autre opération et me réduit à lui couper les vivres. Voilà ce que je fais, mais il est difficile de prédire, quand cela opérera son effet. Comme l'ennemi a pris quelques postes entre ci et Dresde, il faut s'attendre qu'en temps à autre la communication sera interrompue; mais cela ne se peut pas autrement dans la situation où nous sommes.

Les Russes ont abandonné Landsberg et Driesen, mais ils sont du côté de Pyritz; voilà vraiment un grand avantage. Adieu, mon cher frère; dans ce temps-ci, il faut dévorer des couleuvres et prendre mal gré bon gré patience. Je suis avec autant de tendresse que d'estime, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.

<276>

10372. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE DOHNA.

Rammenau, 30 septembre 1758.

Vous voyez présentement les suites que produit le faux pas que vous avez fait ayant voulu passer l'Oder.276-1 Sans quoi, les Russes ne seraient point entrés en Poméranie ni me ruineraient mon pays de manière qu'ils le font, mais s'en seraient retournés, il y a du temps, par Landsberg en Pologne, si vous fussiez resté immobile dans votre position. Quoi qu'il en soit, il faut que vous défendiez absolument aux Russes le passage de l'Oder, étant là la seule chose que nous ayons à faire pour le présent.

Federic.

Nach dem Concept.276-2


10373. AN DEN GENERALLIEUTENANT BARON DE LA MOTTE-FOUQUÉ.276-3

Fouqué meldet, Landshut 25. September, der österreichische General de Ville marschire mit 18,000 Mann bei Neisse vorbei auf Münsterberg und Frankenstera; Jahnus mit 10,000 sei von Trautenau nach Braunau und Neurode gerückt, Harsch solle mit 2 Regimentern Kavallerie dazu gestossen sein, während Kalnoky mit 4—5000 Mann Jahnus' bisherigen Posten bei Schatzlar und Trautenau eingenommen habe. „Sollten sie ferner eindringen und die Absicht sein, mich von Schweidnitz abzuschneiden, so werde ich genöthigt sein, den hiesigen Posten zu verlassen und mit meinem Corps, welches 4600 Mann ausmacht, gegen Schweidnitz zu marschiren, obgleich der General Kalnoky, sobald ich wegmarschire, diesen wieder occupiren wird.“

Rammenau, 30. September 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 25. dieses richtig erhalten, und werdet Ihr von selbsten ermessen, dass Ich Euch von hier aus nicht sagen kann, was dorten bei den von Euch gemeldeten Umständen zu thun seie. Nur aber glaube Ich nicht, dass der Feind dort in solcher Force, als Ihr vermeinet, sich befinde, und so müsset Ihr nur dahin sehen, irgend einen kleinen Coup gegen den Feind zu thun, und bin Ich persuadirt, dass solches auch dazu beitragen wird, ihn zu conteniren. Uebrigens muss Ich Mich lediglich auf Eure Prudence und Savoir-faire reposiren.276-4

Friderich.

Nach dem Concept.

<277>

10374. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Schœnfeld,] 18 [septembre 1758].277-1

Mon cher Frère. Je suis bien aise de vous donner de bonnes nouvelles pour les mauvaises que vous me mandez.277-2 Les Russes ont commencé vendredi277-3 à évacuer la Nouvelle-Marche277-4 et à prendre la route de Posen. Dès que tout sera parti, je pourrai envoyer Dohna par la Poméranie entre Anclam et Demmin par la Peene, ce qui rejettera les Suédois à Stralsund, et alors Wedell277-5 avec ses 8 bataillons et 5 escadrons de hussards pourra marcher à Halberstadt.

Je ne vous saurais rien dire des ennemis, à cause que le brouillard les cache encore.277-6 Les pandours ont attaqué un poste de Diringshofen cette nuit, où ils ont été très mal accueillis : ce sont ces coups de canon qu'apparemment vous aurez entendus.

Adieu, mon cher frère, la moindre nouvelle que j'aurai, je vous la communiquerai aussitôt. Je vous embrasse de tout mon cœur.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10375. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Schœnfeld,] 22 [septembre 1758].277-7

Mon cher Frère. Je n'ai point de nouvelles de l'ennemi à vous donner, sinon que tous leurs corps demeurent dans la même position où vous les savez.

La nouvelle des Turcs se confirme de plus en plus, et les Autrichiens détachent des émissaires pour sonder de quelles conditions ils pourraient faire la paix. Cela est certain.

Voilà pour la politique; quant aux affaires domestiques, je demeure dans les mêmes inquiétudes sur ma sœur de Baireuth.277-8 Veuille le Ciel que nous recevions de là de meilleures nouvelles!

Adieu, cher frère, je vous embrasse tendrement, vous priant d'ajouter foi aux sentiments de la parfaite estime et à la sincère amitié avec laquelle je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.

<278>

10376. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Dresden, 1. October 1758.

Gestern Abend habe ich noch von Sr. Königl. Majestät eine expresse Ordre, vom 29. voriges datiret,278-1 erhalten, nach welcher ich von Höchstderoselben wegen an Ew. Excellenz melden soll, wie Se. Königl. Majestät Tages vorher, als den 28. voriges, dem General Laudon alle Communication mit Bautzen abgeschnitten und darauf sogleich den Generallieutenant von Retzow gegen Lauban und Zittau detachiret haben, um dadurch den in österreichschen Diensten bekannter Maassen stehenden Prinz von Durlach, welcher von dem Feldmarschall Daun mit einem besonderen Corps Oesterreicher nach der Seite von Görlitz detachiret worden, zu behindern, sich nicht gegen Schlesien wenden zu können, und dass Se. Königl Majestät Sich flattireten, wie vermittelst erstgedachten Mouvements Sie binnen Zeit von 8 bis 10 Tagen den Feldmarschall Daun obligiren werden, sich mit seiner Armee nach Böhmen zu retiriren und die Lausnitz wieder zu quittiren.

So weit ist es, was des Königs Majestät mir befohlen haben, Ew. Excellenz zu melden; um aber dasjenige, was mit dem Laudon vorgefallen ist, noch etwas zu expliciren, so nehme mir die Freiheit, Ew. Excellenz hierbei zwei Originalschreiben,278-2 so mir nach meiner Abreise aus der Armee ein guter Freund, der bei der Generaladjutantur stehende königliche Geheimer Secretarius Galster, geschrieben, zu communiciren, aus welchen die Positions sowohl der königlichen als der österreichschen Armeen [zu ersehen], als auch welchergestalt der General Laudon nach seiner in denen Wiener Diariis allemal so sehr gerühmten Vorsicht und Bravour sich mit der grössesten Précipitation zurückzuziehen und einen Posten zu abandonniren vor gut befunden,278-3 der von der Beschaffenheit ist, dass, wie alle der Orten sehr kundige Officiers mir hier gesaget, wann Laudon die Attaque darauf erwartet hätte, es unsererseits wohl an etliche hundert Mann kosten können, ehe man ihn daraus delogiret und zur Retraite obligiret haben würde, zumalen er mit einer beträchtlichen Artillerie versehen gewesen, aus welcher er noch Tages vorher, ehe er delogiret worden, des Abends ein grässliches Feuer nach dem königlichen Lager, obwohl sonder den allergeringsten Effect, gemachet hat.

Ich habe gelegentlich hier nur noch mit wenigem anhängen wollen, wie ich glaube, dass endlich auch der von denen Oesterreichern bisher qualificirte Fabius Maximus278-4 und duplex victor Regis (wie man solchen auf einer schändlichen Taille-douce, oder wie andere sagen Medaille, betiteln wollen) der Welt vor dasjenige, was er der Wahrheit nach<279> wirklich ist, werde bekannt werden. Man muss es in der That der göttlichen Vorsicht zuschreiben, wenn man siehet, was dergleichen Leute des Königs Majestät und Dero Affaires zuweilen vor vieles Böse hätten ohne Risque noch sonsten beschwerliche Umstände hätten zufügen können, wenn sie nicht ganz verblendet gewesen wären; wovon man aber lieber schweigen, als ihnen durch Recensirung ihrer schlechten Einsicht und groben Fehler die Augen darüber öffnen und, wenn es möglich wäre, ihnen Gelegenheit geben muss, sich davon zu corrigiren.

Meinen gestrigen Nachrichten nach sollen des Königs Majestät sonsten gestern [Bautzen] haben occupiren lassen, bei welcher Gelegenheit von denen dort gestandenen und sich auch, der österreichschen Vorsicht nach, in der Geschwindigkeit retirirten Oesterreichern ein paar Officiers und 40 Mann gefangen gemachet und hieher geschicket worden. Unser jetziger Commandant allhier, der Herr Generallieutenant Graf Schmettau, hat dergleichen Gäste, die ihm dergestalt nach und nach zugeschicket worden, nunmehro über 1000 Mann zusammen, so dass er verlegen zu werden anfanget, wie er solche weiter unterbringen soll, und da hoffentlich Se. Königl. Majestät Dero But mit der österreichschen Armee unter Daun bald erreichen werden, dieser auch schon alles, was von österreichschen Truppen bei denen von denen Franzosen genannten Tonneliers279-1 oder Armée des Cercles gestanden hat, zurück und an sich gezogen haben soll, letztere aber sehr nach denen Winterquartieren verlanget und bereits anfanget, ihre schwere Bagage nach Böhmen defiliren zu lassen, so werden endlich die Herrn Sachsen und der Hof zu Warschau einsehen müssen, was sie von ihren prätendireten Errettern279-2 gehabt haben, die, so weit sie reichen können, sich exorbitante Lieferungen an Fourage, Getreide und dergleichen von ihnen thun lassen, Geld erpresset und ihnen noch zwei bis drei Tage vor denen Ablieferungsterminen durch schwere Executiones die Executionsgebühren abgezwungen, viele Unterthanen sehr übel tractiret, verschiedene rein ausgeplündert, denen mehristen aber Pferde und Vieh weggetrieben haben, unter dem sinnlichen279-3 Vorwand, dass der Feind solches nicht bekommen und die Sachsen dadurch gegen solchen protegiret werden sollten.

Ew. Excellenz werden sonsten aus einem an mich gekommenen Postbericht zu ersehen belieben, was vor ein Désastre mit einem über Berlin gegangenen höchsteigenhändigen Antwortschreiben Sr. Königl. Majestät an die regierende Herzogin von Sachsen-Gotha vorgefallen ist.279-4 Der Postmeister Marcus muss sich sehr übel genommen oder von dem Herrn Hofpostmeister Jordan schlecht instruiret worden sein, dass er ganz ohnbesonnen einen Courier zu Pferde mit solchem Schreiben abgeschicket hat, welchem nichts anders, als was ihm widerfahren, be<280>gegnen können, da statt dessen, wenn man vernünftiger Weise jemanden unter einem fremden Namen auf der fahrenden Post geschicket oder, wie es noch besser gewesen, einen zuverlässigen witzigen Boten zu Fuss damit abgesandt hätte, dieser nichts zu risquiren gehabt haben und der Brief glücklich an seine Direction gekommen sein würde. Der gothaische Hof wird bei denen Umständen, worin er sich siehet, über dieses unglückliche Accident in grosser Verlegenheit sein und sich allerhand Ressentiments zu besorgen haben, obwohl in dem Briefe quaestionis eigentlich nichts enthalten gewesen, so von Conséquence sein können. Ich unterstehe mich indess, Ew. Excellenz ganz gehorsamst zu ersuchen, dem Hofpostmeister Herrn Jordan seine bei diesem Schreiben bezeigte schlechte Ueberlegung und wenige Vorsichtigkeit zu verweisen, auf dass dergleichen übele Suiten daher nicht mehr arriviren.

Eichel bestätigt den Eingang von Briefschaften und räth, dass Finckenstein die von Rexin kommenden Briefe in Berlin öffne, die Originale zurückbehalte und den Inhalt neu chiffrirt an den König melde.

Eichel.

Nach der Ausfertigung.


10377. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.280-1

[Rammenau,] 1er octobre 1758.

Mon cher Frère. Vous faites à merveille de faire enlever des magasins à l'ennemi et de lui rendre la subsistance difficile.280-2 C'est à peu près tout ce que vous et moi pouvons faire dans les circonstances présentes.

On dit qu'il y a une centaine d'hussards sur nos frontières du côté de Mittenwalde.280-3 Si vous pouviez envoyer 80 ou 100 hommes de ce côté-là, cela rétablirait toute la communication.

Pour ce que vous me dites,280-4 mon cher frère, de ce que vous souffrez, je n'en doute pas un moment. Je l'éprouve par moi-même, et je vous assure que, si ce n'était le point d'honneur, il y a longtemps que j'aurais exécuté ce que je vous ai souvent dit l'année passée.280-5

Ce que l'on nous a écrit des mouvements des Turcs, se confirme journellement par quantité d'avis différents; mais — vous m'entendez. Enfin, Job et moi nous sommes obligés d'exercer notre patience; en attendant, la vie s'écoule, et après avoir tout vu et tout considéré, ce n'a été qu'embarras, peines, soucis, afflictions. Était-ce la peine de naître?

<281>

Adieu, mon cher frère. Je ne veux pas noircir davantage votre imagination, et je crois que vous l'avez assez triste, sans que mon chagrin se mêle au vôtre pour l'augmenter. Je vous embrasse bien cordialement, vous assurant de la tendresse infinie et de tous les sentiments avec lesquels je suis, mon cher frère, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10378. AN DEN ETATSMINISTER FREIHERRN VON SCHLABRENDORFF IN BRESLAU.

Rammenau, 1. October 1758.

Eure beiden Berichte vom 24. September sind Mir richtig zugekommen, und werde Ich, was die in Schlesien von den österreichschen Truppen aufgehobene Civilbediente betrifft, an den Feldmarschall Graf Daun, so wie Ihr es Mir vorschlaget, schreiben lassen.281-1

Uebrigens da hiesiger Orten alles menschmögliche vorgekehret wird, den Daun durch unsere Mouvements zu vermögen, sich nach Böhmen zurückzuziehen, und er bereits von Bautzen coupirt worden, auch der General von Retzow nach der Gegend von Zittau und Lauban marschirt, um zu verhindern, dass der Prinz von Durlach nicht nach Schlesien gehen könne, so müsset Ihr dort nur noch etwas in Geduld stehen, bis die Umstände Mir erlauben werden, Euch vom Feinde Luft zu machen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10379. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Rammenau, 1er octobre 1758.

J'ai reçu votre rapport du 26 de septembre dernier.

Après que je viens d'ôter à Daun la communication avec Bautzen, et que j'ai détaché un corps de troupes du côté de Zittau et Lauban pour empêcher le prince de Durlach de se porter sur la Silésie, il faut présentement que j'attende ici que ces mouvements qui resserrent les subsistances à l'armée de Daun, lui fassent prendre le parti de se retirer en Bohême.

J'ai été assez satisfait du rapport de Knyphausen du 15 septembre, et il faut qu'il appuie là où il est sur la diversion à faire par les Turcs.

Quant au rapport de Benoît du 20 de ce même mois,281-2 mes occu<282>pations militaires ne me permettent pas d'y faire réponse, ni d'entrer en aucun détail. Vous le dirigerez sur la conduite qu'il aura à tenir en conformité de mes intentions.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10380. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.282-1

Rammenau, 1er octobre 1758.

J'ai reçu la lettre de Votre Altesse du 19 de septembre dernier,282-2 et je La félicite sur ce que la diversion qu'Elle a faite aux Français, commence à avoir de bons succès.

Es folgt die am 1. October auch dem Minister Finckenstein gesandte Mittheilung über die Unternehmungen und Absichten des Königs, Daun und dem Prinzen von Durlach gegenüber.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10381. AN DEN MARKGRAFEN VON BAIREUTH IN BAIREUTH.

[October 1758.]282-3

Dankte für die Nachricht; hoffe, dass es sich bald noch mehr bessern wird, und Ich glaube, dass, wann man mit der jetzigen Procedur282-4 vor den Winter continuirte, es guten Effect . . .

Pour ce qui regarde les propositions de Paris,282-5 je vous déclare que j'ai des oreilles pour les entendre, mais rien sans mes alliés.

Weisungen für die Beantwortung; auf der Rückseite eines Schreibens des Markgrafen, Baireuth 27. September.

<283>

10382. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Rammenau,] 2 octobre 1758.

Mon cher Frère. Je vous rends grâce des nouvelles que vous daignez me marquer,283-1 cela n'a cependant point empêché mon convoi d'arriver; je dois vous dire de plus que le maréchal Daim marchera en peu de jours à Neustadt283-2 et de là en arrière; cet oracle est plus sûr que celui de Calchas. Retzow chasse aujourd'hui un corps d'Autrichiens du Weissenberg.283-3 Wedell a battu 1000 Suédois à Fehrbellin, dont 200 morts et 300 prisonniers.

Les nouvelles de Turquie se confirment et augmentent journellement de certitude.

Je reçois, le Ciel en soit loué! des lettres de Baireuth qui me rendent l'espérance.283-4 Voilà, mon cher frère, un rayon de soleil à travers un épais nuage. Je vous avoue que l'espérance me fait plaisir, et que, si je n'y trouve pas une consolation parfaite, du moins je jouis de l'illusion tant qu'elle dure. Je suis avec bien de la tendresse, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.283-5


10383. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

Rammenau, 2 octobre 1758.

J'ai bien reçu la lettre que Votre Altesse m'a écrite du 25 de septembre dernier, et j'ai été bien aise de son contenu, quoique d'ailleurs Votre Altesse n'y parle que de Son armée, pendant qu'il me paraît qu'Elle ne saurait, vu Sa situation, employer la cavalerie283-6 à l'égal du parti que j'en saurais tirer vis-à-vis des Suédois qui continuent toujours, pendant que le général-major Wedell fait merveille contre eux, à menacer Berlin, qui doit me tenir tout autant à cœur que le Halberstadt, — et contre les Russes, contre lesquels je n'ai en tout que 30 escadrons.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10384. AN DEN GENERALMAJOR VON WEDELL.283-7

Rammenau, 2. October 1758.

Ich habe Euren Rapport vom 29. September283-8, richtig erhalten und approbire alles, was Ihr Mir in solchem meldet; und müsset Ihr nur<284> continuiren, dreist nach guten und sicheren Dispositionen gegen den Feind zu agiren. Ich sehe übrigens ganz wohl ein, dass Ihr nicht stark genug, grosse Detachements zu machen noch den Feind zu environniren. Unterdessen, so viel Ich hier einsehe, so wird der Feldmarschall Daun vermuthlich in ein paar Tagen von Stolpen nach Neustadt marschiren, und werde Ich alsdann zusehen, was Ich von hier aus werde detachiren können.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Wedell'schen Familienarchiv zu Ludwigsdorf in Schlesien.


10385. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.284-1

Rammenau, 2. October 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 28. September richtig erhalten, und ist Mir der Parti, den Fermor genommen, über Stargard zu defiliren und dadurch das Land zu ruiniren, sehr unangenehm zu vernehmen gewesen. Uebrigens so sehe Ich wohl ein, dass Ihr dagegen vorjetzo nicht viel thun könnet, und werde Ich nichts zu Euch von Truppen defiliren lassen können, bis Ich den Daun hier los sein werde.

Was Ihr Mir wegen des Engelländers von Katt284-2 schreibet, solches ist wohl anjetzo zu weitläuftig und würde zum wenigsten drei Monate Zeit erfordern, da dann die Türken, wenn es ihnen gegen Russland Ernst, die russische Armee längst obligiret haben würden, Meine Lande zu räumen.

Mein Sentiment ist also, dass Ihr vor der Hand nur auf Soldin oder Königsberg oder wo Ihr es convenable finden werdet, marschiret, um Euch zu setzen. Dieses halte Ich für absolute nöthig, wobei Ihr observiren müsset, Euch Posten auszusehen, da Ihr Moräste oder Wald vor Euch habet.

Das Bataillon Husaren von Möhring muss bei dem Wedell'schen Corps stehen bleiben. Habet Ihr aber von Euren Husaren dahin detachiret, so könnet Ihr solche wieder an Euch ziehen, wann Ihr die Plettenberg'schen Dragoner284-3 zurück zu Euch beordern werdet.

Die Avancements bei Eurem Corps d'armée betreffend, so werdet Ihr den Obristen von Kleist, welchen Ich zum Generalmajor declariret und ihm das Rauter'sche Regiment gegeben,284-4 mit ehestem zu Euch kriegen. An des verstorbenen Generalmajor von Kurssell Stelle werde auch einen andern denominiren. Ich kann Euch aber nicht bergen,<285> dass, da die Wege anjetzo durch feindliche Streifereien sehr unsicher, Ich mit Absendung der Generals es noch anstehen lassen muss, weil Ich sonst befürchten müsste, dass sie auf der Route vom Feinde zu Kriegesgefangenen gemacht werden könnten.

Dem Rüsch'schen Regiment kann Ich, da es sich so schlecht gehalten, gegenwärtig das Avancement nicht lassen, und werde Ich also für dieses Mal tüchtige Officiers zu solchem schicken.

Der Gr. Kleist wird, sobald möglich, darhin kommen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10386. AN DEN GENERALLIEUTENANT BARON DE LA MOTTE-FOUQUE.285-1

Rammenau, 2. October 1758.

Ich habe Euer Schreiben vom 27. September nebst dem dabei befindlichen Zettel285-2 erhalten, und sehe Ich nunmehro wohl aus allen Umständen, dass es auf Glatz von Seiten des Feindes ein Ernst werden wird. Und da Daun, wie Mir von guter Hand zugekommen, in einigen Tagen aufbrechen und nach Neustadt marschiren wird, so werde Ich, sobald derselbe einen Marsch rückwärts thun wird, Mich gegen Bautzen wenden und, sobald es Mir sodann möglich, den Generallieutenant von Retzow mit einem Corps zu Euch detachiren, damit Ihr den Feind mit zusammengesetzten Kräften alsdann zu obligiren im Stande sein möget, die Belagerung von Glatz aufzuheben.

Friderich.

Nach dem Concept.


10387. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE EICHEL A DRESDE.

Rammenau, 3 octobre 1758.

Les nouvelles sur les mouvements des Turcs continuant à se confirmer de jour en jour, de façon qu'il ne reste presque plus lieu de douter que la Porte ne dût effectivement vouloir rompre avec la Russie, je suis intentionné que vous en écriviez en ce sens en chiffres à Benoît, pour qu'il ait à en faire part à nos amis en Pologne, leur insinuant qu'après la rupture de la Porte avec la Russie, à laquelle il y avait une si grande apparence qu'on la pouvait presque regarder comme inévitable, les Russes seraient bien obligés de quitter la Poméranie et d'évacuer tout de suite les États de la république de Pologne.285-3

Federic.

Nach dem Concept.

<286>

10388. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Rammenau,] 4 octobre 1758.

Mon très cher Frère. Je suis fort de votre sentiment que nos deux vison-visus se retireront en même temps. Le Maximus a fait tracer un camp à Neustadt où doit venir le quartier général. Les bagages sont renvoyés, deux régiments de cavalerie y sont marchés, mais voilà tout; Retzow est au Wassenberg et donne des jalousies pour Zittau au prince de Durlach. Cette position ne durera pas longtemps; Maximus manque de fourrage, ses chevaux d'artillerie crèvent au piquet, il faudra donc bien qu'il fasse un jour plus tôt ou plus tard ce que la nécessité lui impose.

Les nouvelles de Constantinople sont excellentes; les Turcs marchent vers le Danube et, autant que ceux qui ont été dans ce pays, le débitent, la guerre est infaillible. Mais, d'un autre côté, le général de Ville veut assiéger Glatz, voilà ce qui m'embarrasse. Dès que notre homme se sera retiré d'un pas, je pourrai envoyer Retzow. là-bas, et il n'y aura plus rien à craindre, mais en attendant je n'ose me remuer.

Adieu, mon cher frère, daignez me conserver votre précieuse amitié, et soyez persuadé de la tendresse avec laquelle je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10389. AU MINISTRE DE LA GRANDE-BRETAGNE MITCHELL A DRESDE.

Rammenau, 4 octobre 1758.286-1

Je suis sensible à l'attention que vous avez bien voulu avoir de m'informer des nouvelles qui vous sont entrées par votre courrier sur l'affaire arrivée à la baie de Saint-Cast,286-2 et j'aurais souhaité qu'elle eût été plus avantageuse aux armes de la Grande-Bretagne.

Federic.

Nach der Ausfertigung im British Museum zu London.


10390. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Dresden, 4. October 1758.

Eichel bestätigt den Empfang eines nicht mehr vorliegenden Schreibens vom 30. September.

Was den unglücklichen Vorfall mit dem Schreiben nach Gotha anbetrifft,286-3 so werden Ew. Excellenz das gnädige Sentiment von mir<287> hegen, wie ich wohl sehr weit entfernet davon bin, auch nur einen Augenblick den Gedanken zu hegen, als ob von Seiten Deroselben etwas an der richtigen Beförderung dieses Schreibens unterlassen worden.

Eichel tadelt, wie schon am 1. October, die Unbedachtsamkeit des Hofpostmeisters Jordan und des Postmeisters Marcus.

Angehend das von des Königs Majestät verlangete Pamphlet,287-1 so wird es so sehr darunter nicht pressiren, dass es nicht damit bis zu der von Ew. Excellenz beliebten Zeit damit anstehen könnte, zumal ich glaube, dass mein Séjour allhier sich bis dahin trainiren dörfte, und ich noch wohl selbiges selbst zu des Königs Majestät werde mitnehmen können.

Die von Ew. Excellenz mir adressirete gedruckte Bulletins287-2 hat mir der Herr Mitchell insgesammt bis auf ein einiges Exemplar, so ich des Herrn von Borcke Excellenz, die es hier nachdrucken lassen wollen, zugestellet, abgenommen. Ersterer verlanget dergleichen allemal mit grossem Empressement, um seinen Gebrauch davon sowohl in Engelland als auch sonsten zu machen, daher ich mich nur seinem Verlangen conformiren müssen.

Ich glaube übrigens, dass, wenn der Herr Generalmajor von Wedell weiter fortfahren wird, den vor ihm stehenden Feind bei allen Gelegenheiten zu inquietiren und ihm wenig Ruhe zu lassen, dieser des dortigen längeren Bleiben bald überdrüssig werden und auf seine Retraite denken wird. Sollte er aber auch en force gegen gedachten Herrn General vorgehen wollen, so bin ich persuadiret, dass dieser entweder so gute Posten, daran es dorten gar nicht fehlet, nehmen oder vielleicht gar dem Feind währendem seinem Marsch auf den Hals fallen oder auch solchem einen Flügel zu culbutiren suchen wird, dass der Feind seine Unternehmungen gar sehr zu regrettiren Ursach haben dörfte, zumalen da bis dato gottlob! des Königs Armeen und Corps noch keine andere Bataillen als gegen einen allemal en forces gar inegal superieuren Feind gehabt und denselben demohnerachtet tüchtig geschlagen haben; welches, wie es die vielfältige Erfahrung zeiget, auch angehet, wenn nur Audace und zugleich vernünftige und kluge Disposition dabei ist.

Von dem ohnlängst geschehenen Anprellen einer kleinen Partie österreichscher Husaren bis an die nächsten bei Berlin belegenen Dörfer287-3 auf der einen Seite der Stadt hat man hier vorhin schon etwas erfahren, man prätendiret aber zugleich hier zu wissen, dass es eigentlich keine österreichsche Husaren, sondern vielmehr eine Bande von liederlichem Gesindel und russischen, österreichschen, auch selbst von unsern Deserteurs gewesen sein solle, die unter dem Namen von österreich<288>schen Husaren und Ansehen von solchen von Dorf auf Dorf herumgezogen und denen Unterthanen Geld abpresseten. Sollte dieses richtig sein, so hielte ich davor, dass man die sogenannte Kammerhusaren288-1 gegen solches Gesindel besser als gegen die Schweden gebrauchen, auch durch Zusammenstehung der Bauerschaften, Läutung derer Sturmglocken und dergleichen sich solcher partis bleus und sans aveu bald entlasten könnte, zumalen wenn man sich einiger von ihnen bemächtigen könnte und solche alsdenn denen andern zum Exempel an den ersten den besten Baum executirete. So aber und wenn dergleichen Gesindel sich gefürchtet stehet, und nichts gegen selbige geschiehet, so ist sehr zu besorgen, dass deren Muthwillen mehr und mehr überhand nehmen wird.

Es folgen Mittheilungen über einen Chiffre für den Minister von Borcke.

Von des Königs Majestät Armee habe ich noch keine weitere Nachricht, als dass alles noch in der letztgenannten Position stehen, Bautzen inzwischen occupiret und dabei ohngefähr 150 Mann von denen Oesterreichern gefangen, auch noch Vorräthe von Magazin, Brod und viel zum Backen schon gekneteter Teig gefunden worden sein soll, welches uns hier von einem unserer Husarenofficier, so daher gekommen, versichert werden wollen, wiewohl aus der Armee selbst wir noch keine Nachrichten deshalb haben.

Eichel.

Nach der Ausfertigung.


10391. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Rammenau,] 5 [octobre 1758].

Mon cher Frère. Mes nouvelles confirment toutes la prochaine marche de Daun à Neustadt; cela ne l'empêchera pas de maintenir encore sa communication à Pirna, et ce ne sera que lorsqu'il quittera ce camp, que vos Cercles se remueront. Les lettres de la Nouvelle-Marche sont passables, celles de Pologne confirment la prochaine rupture de la Porte, et mes lettres de Constantinople assurent que les forces des Mahométans prennent le chemin du Danube; cependant, Russes et Autrichiens affectent une grande sécurité. L'on prétend que c'est la France qui endort ces puissances aux bords du précipice, pour gagner l'hiver et essayer alors si conjointement ils ne pourraient pas encore imposer leurs superbes lois aux plus faibles. Enfin, mon cher frère, il faut tout attendre du bénéfice du temps, c'est ce qui nous tirera d'embarras, et qui débrouillera tout.

J'ai eu de cruelles crampes, j'ai été obligé de faire des remèdes, mais cela ne sera rien que de la douleur.

Adieu, mon cher frère, dès qu'il se passera quelque chose qui<289> vaudra la peine de vous être marquée, vous la saurez. Je suis avec la plus tendre estime, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

L'on me mande de Breslau que mon frère Ferdinand commence à aller beaucoup mieux.289-1

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.289-2


10392. AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.289-3

Rammenau, 5 octobre 1758.

Mon cher Maréchal. J'ai bien reçu votre lettre d'aujourd'hui. Les griefs que nous avons contre les Autrichiens relativement à l'accomplissement du cartel, sont qu'ils n'ont pas donné à nos gens ce dont on était convenu pour leur subsistance, et qu'ils les avaient fourrés dans toutes sortes de trous et réduits, pour les obliger par la misère à prendre service chez eux. Vous appuierez sur ces deux points dans votre correspondance avec le maréchal Daun.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10393. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Rammenau, 5. October 1758.

Ich approbire ungemein die Anstalten, so Ihr zufolge Eures Berichts unter dem 2. dieses vorgekehret habet, und hättet Ihr bei denen gegenwärtigen Umständen nicht mehr noch weniger thun können. Wann die Russen weggehen sollten, so müsset Ihr zuvörderst ihnen durchaus nicht gestatten, dass sie sich bei Colberg einnistein, und alsdann könnet Ihr den Generalmajor von Platen, so wie es zu Anfange des Jahres gehalten worden,289-4 in der Gegend bei Stolpe, um solche gegen der Russen Streifereien zu decken, detachiren, Euch aber mit Eurem Corps d'armée ein paar Meilen hinter Stargard, welches nahe genung sein wird, setzen.

Gare Colberg!

Federic.

Je ne vous manderai rien d'ici, avant que de pouvoir vous donner des nouvelles positives.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Die beiden Zusätze eigenhändig.


10394. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Dresden, 5. October 1758.

Eichel übersendet erledigte Briefschaften zur Aufbewahrung im Cabinetsarchiv.

Von dem Herrn Generallieutenant Graf von Schmettau erhalte ich so eben Abends um 8 Uhr ein Billet, worin er mir unter anderem nach<290>stehendes in der Eil schreibet: „Selon mes nouvelles assez sûres, M. le maréchal Daun part demain matin pour se camper vers Neustadt. J'espère presque qu'il ne dénichera pas de la Saxe sans quelque perte, ne serait-ce que par la désertion. On dit que c'est la faim qui le chasse.“

Sollte sich diese Nachricht, wie ich fast glaube, realisiren, so wäre solcher Marsch auf Neustadt wohl der nächste, obschon sehr difficiler Weg nach Böhmen zurück, den man sonsten mit einer Armee nicht gerne nimmet, wenn man nicht von der Passage über Zittau abgeschnitten ist, indem nicht nur die Wege sehr rude sein, sondern man auch wegen übeler Défilés, so man zu passiren hat, eine Affaire d'arrière-garde nebst andern Inconvenientien mit einem in der Nähe stehenden Feind [schwer] evitiren kann. Es wird sich also solches bald zeigen. Gott gebe nur, dass des Königs Majestät vorerst an einem Orte die Campagne beglückt und erwünscht endigen und dadurch freiere Hände bekommen können, auch an anderen Orten denen Sachen den gehörigen Nachdruck zu geben.

Eichel bestätigt den Empfang eines Schreibens vom 3. October.

Nach der Ausfertigung.

Eichel.


10395. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE DOHNA.

Rammenau, 6 octobre 1758.

Je puis vous dire que les Autrichiens se sont effectivement mis en marche pour Neustadt. J'espère que les choses n'en resteront point là, mais qu'ils marcheront bien plus loin. J'y conformerai tous mes arrangements, et j'aurai incessamment les mains libres pour agir conformément aux besoins.290-1

Federic.

Bientôt nous commencerons à respirer.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10396. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Rammenau, 6 octobre 1758.

J'ai reçu votre rapport du 3 de ce mois, et je veux bien vous dire qu'au cas que les Turcs continuent, comme ils ont commencé, je pense ne pas devoir fort appréhender les Russes.

Au reste, vous ferez très bien de continuer de communiquer les lettres russes en question,290-2 à mesure qu'elles seront traduites, au comte Dohna, mais il n'est pas besoin que vous les fassiez parvenir au duc de Bevern.

Federic.

Nach der Ausfertigung.

<291>

10397. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Rammenau,] 6 [octobre 1758].

Mon cher Frère. Daun est marché à Neustadt, comme j'ai eu l'honneur de vous le dire, il y séjournera quelques jours; mais cela m'obligera à changer de batteries. Dans deux jours, je ferai un détachement à Bautzen, et j'enverrai Retzow en Silésie, et alors vous verrez que tous ces gens se retireront. Je crois que Hadik fera ce qu'il pourra avec vos Cercles pour conserver un pied pour l'hiver en Saxe, et qu'ils tâcheront d'établir à Freiberg une tête de quartiers; mais je crois que vous les en empêcherez bien.

La diversion des Turcs non seulement se confirme, mais j'apprends encore que Daun a reçu la nouvelle qu'ils ont pénétré en Hongrie par Belgrade; on dit même — et avec quelque apparence de vérité — que le général Harsch aura le commandement de ce côté-là.

Il m'est venu aujourd'hui 53 déserteurs; j'ai voulu suivre Daun à ce matin, mais j'ai été arrêté tout court par un défilé. Angelelli a été un peu frotté à cette occasion; mais il n'y a pas grand mal. Adieu, cher frère, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10398. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Rammenau,] 6 [octobre 1758].

Mon cher Frère. Dans ce moment, j'apprends que l'ennemi est marché à Wilthen,291-1 pour se rendre de là vers Lœbau, ce qui m'oblige de marcher demain sur Bautzen. Je laisserai quelques bataillons à Bischofswerda291-2 pour couvrir le pain qui me doit suivre. Si j'apprends encore quelque nouvelle, je ne manquerai pas de vous la communiquer incessamment. Adieu.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10399. AN DEN GENERALLIEUTENANT VON TRESKOW IN NEISSE.

Rammenau, 6. October 1758.

Ich habe Euer Schreiben vom 27. dieses wohl erhalten, und müsset Ihr nur noch etwas Geduld haben, denn Ich, sobald Daun nach Zittau marschiret sein wird und Ich bei Görlitz stehen werde, sogleich nach Schlesien, um Euch Luft zu machen, zu detachiren gedenke.

Die Mouvements der Türken müssen den Oesterreichern nothwendig bedenklich vorkommen.

Ihr müsset übrigens suchen, die feindliche Parteien, so Eurer Festung zu nahe kommen, in Respect zu halten, und ihnen zu dem Ende, wann sie sich präsentiren, etwas anzuhaben bemühet sein.

Friderich.

Nach dem Concept.

<292>

10400. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Bautzen, 8 [octobre 1758].

Mon cher Frère. Vous pouvez compter que Daun avec toute son armée est entre Hochkirch292-1 et Lœbau; le prince de Durlach est du côté de Reichenbach et Laudon à Hochkirch même, de sorte que vous n'avez plus rien à appréhender de ce côté-là. Vous n'avez que les Cercles que je vous abandonne. Le général de Ville s'est retiré du pays de Glatz sur Patschkau. Voilà toutes mes nouvelles.

Le maréchal Keith292-2 me joindra demain, et après-demain, je ferai ce que je pourrai pour resserrer l'ennemi et l'obliger à finir le plus tôt possible cette campagne.

Daun a fait défendre sous peine des verges aux soldats de parler des Turcs. L'on assure qu'ils se renforcent à Belgrade.

Ma santé à laquelle vous daignez vous intéresser, va un peu mieux; mais il est bien difficile de se bien porter, lorsque l'esprit sent du malêtre et se trouve dans une agitation continuelle.

Adieu, mon cher frère. Dès qu'il y aura quelque chose qui en vaudra la peine, je vous le manderai incontinent. Vous priant de me croire avec une parfaite tendresse, mon très cher frère, votre très fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10401. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

<293>

Finckenstein berichtet, Berlin 4. October, dass ihm der Baron Münchhausen Miltheilungen aus Wien übersandt habe. Danach sollte dem schwedischen General Hamilton der Vorschlag gemacht worden sein, mit den Russen oder aber mit den Oesterreichern eine Vereinigung zu suchen und dann Berlin anzugreifen. „Le baron Münchhausen ajoute que la même personne ne donnait pas la situation dans laquelle on doit se trouver à Vienne, pour aussi brillante qu'on tâche de le faire croire au public, et qu'on y convenait assez généralement que, si la campagne se terminait sans avantage pour les cours alliées, il n'y aurait rien à faire que de penser à la paix, et qu'on la ferait sûrement alors dans le courant de l'hiver prochain.“

Bautzen, 8 octobre 1758.

J'ai reçu votre rapport du 4 de ce mois, et je suis convaincu que ce que vous m'y marquez de la confidence que le baron Münchhausen vous a faite, est très fondé en vérité, et je me persuade que les Autrichiens, ne faisant que de l'eau claire, s'appliquent à penser au rétablissement de la paix ; mais je vous dirai pour vous seul et en confidence qu'au cas que la Porte vienne effectivement à rompre avec la cour de Vienne, personne ne pourra trouver mauvais que je tâche de me venger de ses procédés envers moi. La paix ne

 

dépendra d'ailleurs pas du ministère d'Hanovre, mais de celui d'Angleterre et principalement du chevalier Pitt.

Au demeurant, la campagne que nous faisons présentement ici, n'aboutira pas à grand' chose, puisque Daun que je pensais être marché sur Neustadt, tire du côté de Lœbau et de Zittau.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10402. AN DEN GENERALMAJOR VON WEDELL.

Bautzen, 8. October 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 5. October erhalten und aus solchem mit Vergnügen ersehen, dass Ihr dort alles thut, was von Euch dependirt und möglich ist, und Ich kann nicht anders, als Euch Meine Zufriedenheit darüber zu marquiren, und ist alles recht sehr gut, was Ihr bis hieher gethan. Ihr müsset Euch beileibe an die Faxen des Generaldirectorii nicht kehren,293-1 sondern ihnen antworten, dass Ihr Euer Metier verstündet und danach thun würdet.

Uebrigens so gerne Ich Euch auch von hier aus Kavallerie zuschicken wollte, so ohnmöglich ist es Mir anjetzo, indem Ich gern Selber mehr hätte und ausser Stande bin, einen Mann zu detachiren, und schreibe Ich Euch zu Eurer Nachricht, dass die österreichische Armee nunmehro bei Löbau, Ich bei Bautzen und der Generallieutenant von Retzow bei Weissenberg stehen. Morgen denke Ich näher an den Feind zu rücken und alle Mittel anzuwenden, um diese Leute aus der Lausnitz herauszuholen oder zum wenigsten sie zu obligiren, ihr vorjähriges Lager bei Zittau zu beziehen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Wedell'schen Familienarchiv zu Ludwigsdorf in Schlesien.


10403. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Bautzen, 8. October 1758.

Aus Eurem Bericht vom 3. dieses habe Ich sehr gerne ersehen, dass Ihr nunmehr mit Eurer Armee bei Pyritz stehet. Die Oesterreicher sind hiesiger Orten nach Löbau marschiret. Wären sie aus Sachsen gegangen, so hätte sogleich was zu Euch detachiret; so aber hält es Mich länger auf. Indessen, sobald möglich, werde Ich schon zusehen, Euch zu Hülfe zu kommen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.

<294>

10404. AN DEN GENERALLIEUTENANT BARON DE LA MOTTE-FOUQUÉ.

Bautzen, 8. October 1758.

Ich sehe aus allen Umständen, dass es anjetzo mit den Oesterreichern dort nichts zu sagen habe. Ihre Intention ist sonder Zweifel, Mich von hier wegzuziehen. Ich muss aber fest an der Klinge halten; sie ruiniren das Land. Uebrigens stehen sie auf dem Sprunge zurückzugehen.

Friderich.

Nach dem Concept.


10405. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Bautzen, 9 [octobre 1758].

Mon cher Frère. J'attends aujourd'hui le maréchal Keith, mon pain et mes vivres; demain je marcherai du côté de Wurschen294-1 et de Hochkirch, où je prendrai un camp sur le flanc de l'ennemi. Je l'obligerai de se décider entre Zittau et Gœrlitz, et dans ces deux cas vous devinez facilement ce qui me reste à faire.

Dohna est à Pyritz, je ne crains que pour Colberg. Toutes ces armées ont les yeux sur Daun; si je l'oblige à plier bagage, chacun s'en retournera chez soi.

Je crois que vos Cercles ont fait un pont à Pirna, pour donner des jalousies et pour occuper cette hauteur qui domine de ce côté-ci de l'Elbe le Sonnenstein; mais cela traînera la campagne peut-être de quelques semaines plus loin; il faudra pourtant que les Cercles s'en retournent, et alors le Sonnenstein sera à vous.294-2

Servez-vous de Dresde, pour faire parvenir de fausses nouvelles aux ennemis; c'est le meilleur usage que vous en puissiez faire.

Les Autrichiens pillent et brûlent, ils traitent la Lusace en pays ennemi; cela me paraît bien le congé de Médée, et cela dénote assez qu'ils n'ont point d'espérance d'y revenir. Je ferai ce que je pourrai pour finir promptement cette campagne, et dès qu'il se passera quelque chose qui en vaille la peine, je vous le ferai savoir incessamment.

Adieu, cher frère, il faut que j'aille arranger mes affaires; je vous embrasse bien tendrement.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10406. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE DOHNA.

Bautzen, 9 octobre 1758.

J'ai reçu votre rapport du 5 de ce mois, et je suis fort content de ce que vous faites et de vos marches et des postes que vous occupez. Si vous étiez secondé de la valeur des troupes, comme autrefois, vous feriez davantage.

<295>

Le général Kleist auquel j'ai donné le régiment de Rauter,295-1 pourra vous rendre de bons services.

Tout ce que je crains des Russes, c'est qu'ils n'assiègent ou brûlent Colberg: ce que vous êtes trop faible pour pouvoir empêcher.

Il est sûr que les Turcs marchent, et en peu cela opérera son effet.

Toute cette campagne dépendra des Autrichiens. Aussitôt qu'ils seront hors de la Lusace, vous verrez que les Suédois se retireront. C'est là le point important, et qui me donne encore bien de l'ouvrage; mais je ne crains pas les difficultés que je surmonterai, et j'en viendrai à bout. Tâchez seulement de surmonter les vôtres.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10407. AU MINISTRE DE LA GRANDE-BRETAGNE MITCHELL A DRESDE.

Bautzen, 9 octobre 1758.

J'ai reçu la lettre de Sa Majesté Britannique que vous m'avez envoyée, Monsieur, avec la vôtre du 7 de ce mois. Comme c'est une réponse à celle que je lui ai écrite de Zorndorf,295-2 je crois pouvoir différer d'y répondre.

Je vous suis très obligé des assurances que vous me donnez de la part du roi d'Angleterre, et, comme nous pensons de la même façon, il n'y a point heu de douter que cela ne mène à une fin heureuse.

Federic.

Nach der Ausfertigung im British Museum zu London.


10408. AN DEN GENERALFELDMARSCHALL VON KEITH.

Rodewitz,295-3 10. October 1758.

Ich danke Euch für die Mir gegebenen Nachrichten, und ist Mir solches sehr angenehm, dass Ihr Gefangenen gemacht, auch dass der General Bülow295-4 angekommen ist. Ihr werdet dahero morgen mit denen 4 Bataillons, so Ich bereits benennt,295-5 und dem Dragonerregiment von Krockow und dem Generalmajor von Bülow morgen hierher zu Mir marschiren; Möhring muss aber allda stehen bleiben.

Wir haben heute auch allhier 1 Officier und 50 Mann gefangen gemacht. Wann Ihr morgen canonniren höret unterwegens, so braucht Ihr Euch nicht befremden; denn Ich werde den Weissen Berg295-6 attaquiren, welches der General Retzow heute schon thun sollen, aber ohneracht darzu Ordre er gehabt hat, ist es doch nicht befolget worden.<296> Laudon hat heute wollen zur Armee stossen; allein er konnte nicht durch und musste sich in die Berge ziehen. Dieses ist gewiss, dass sie den heutigen Marsch sich nicht vermuthet haben.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10409. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE EICHEL A DRESDE.

Rodewitz, 10 octobre 1758.

Der König bestätigt den Empfang von 7 Berichten von Knyphansen, Hellen und Benoît.

Je veux bien vous dire que mon intention est que vous répondiez296-1 en chiffres au baron de Knyphausen, sur son rapport du 19, que, quoique j'eusse un grand besoin de la cavalerie que j'avais auprès de l'armée sous le prince Ferdinand de Brunswick,296-2 que néanmoins je ne l'en avais point encore retirée, de façon qu'elle s'y trouvait encore, et que, quant au contenu de son rapport du 26, que j'en étais content, et qu'il pouvait compter sur le secret que je lui en garderais.296-3

Quant à Benoît, j'écris au comte de Finckenstein296-4 que, supposé le cas que les Russes puissent intimider, par la présence de leurs troupes, les bien intentionnés, nous ne ferions que de l'eau claire à la Diète avec de l'argent;296-5 et qu'au cas que les Russes ne fussent pas à portée pour lui faire faire leurs volontés, les Polonais ne seraient pas assez fous que de méconnaître tout-à-fait leurs intérêts; qu'ainsi il n'y avait rien qui pressât encore sur l'article de l'argent, et qu'il serait encore toujours temps d'y en faire tenir à Benoît, quand j'en aurais de reste.

Federic.

Nach dem Concept.


10410. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Hochkirch, 11 [oct bre 1758].

Mon cher Frère. Nous avons marché hier; on a fait 50 prisonniers des cuirassiers autrichiens, et notre arrière-garde a pris un major, 3 officiers et 20 hussards. Si Retzow avait exécuté mes ordres et occupé en même temps cette montagne que nous avions garnie au Weissenberg296-6 l'année passée, il est incontestable que Daun était sur-lechamp obligé de décamper; mais comme je n'ai point été obéi dans cette occasion, je n'ai pu réussir comme je l'avais désiré. Cependant, l'armée ennemie est à présent tout-à-fait séparée de celle des Cercles,<297> et le reste de la campagne s'écoulera à fourrager de part et d'autre la Lusace. Aujourd'hui, le maréchal Keith me joindra, et je verrai de quel côté je pourrai tourner l'ennemi, sans cependant donner au hasard plus que la prudence ne me le permettra. Adieu, cher frère, je suis avec la plus parfaite estime, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10411. AN DEN PRINZEN HEINRICH VON PREUSSEN.

Rodewitz, 11. October 1758.

Ew. Liebden Schreiben vom 11. dieses habe Ich zu recht erhalten und kann nicht umhin, Denenselben darauf in Antwort zu vermelden, dass Meinem Ermessen nach bei dem Fouragiren der Armee sich nicht die geringste Difficultät hervorthun kann,297-1 wann Ew. Liebden nur alle Dörfer, da Sie hinreichen können, indistincte ausfouragiren zu lassen belieben, maassen ja manches allein auf sechs Tage die nöthige Fourrage wird geben können. Nur aber belieben Ew. Liebden, den Leuten vom Commissariat,297-2 welche die Sachsen favorisiren, nicht allzu viel Glauben beizulegen, sondern die Dörfer nur geradeweg ausfouragiren zu lassen.

Was den Baron von Closel und dessen Project, ein Corps in Meinem Dienst zu errichten, betrifft, so geruhen Ew. Liebden, denselben nur damit bis gegen den kommenden Winter, da mehr Zeit, daran zu gedenken und solches zu überlegen sein wird, zu verweisen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10412. AN DEN GENERALLIEUTENANT BARON DE LA MOTTE-FOUQUÉ.

Rodewitz, 11. October 1758.

Ich habe Euer Schreiben vom 7. wohl erhalten. Ich tentire hier alles, um Mich von den Leuten zu debarrassiren; sobald Ich darunter werde reussirt sein, werde Ich Euch Infanterie und Kavallerie zuschicken. Unterdessen kann Ich hier ohnmöglich nichts präcipitiren, und müsset Ihr nur den Euch zukommenden Succurs vor der Hand überall der Orten bekannt machen.

Friderich.

Nach dem Concept.


10413. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Rodewitz, 11. October 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 6. October erhalten, und wie Ich von dessen Einhalt ganz wohl zufrieden bin, so approbire Ich denselben<298> hierdurch vollkommen, und könnet Ihr mehr, als Ihr in solchem vorgeschlagen habet, nicht thun.298-1

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Geneialstahs zu Berlin.


10414. AN DEN GENERALLIEUTENANT BARON DE LA MOTTE-FOUQUÉ.

Rodewitz, 11. October 1758.

Ich habe Euer Schreiben vom 8. dieses nebst dem dabei befindlich gewesenen Billet des Vicecommandanten d'O richtig erhalten und aus dem letzteren ersehen, dass die Oesterreicher Anstalt vorkehren, um Neisse zu belagern. Obgleich Ich nicht vermuthe, dass es ihnen, auf den Fall, dass sie es wirklich belagern, damit, gelingen werde, so will jedoch, sobald es Mir möglich sein wird, um Neisse in Sicherheit zu setzen, Suceurs dahin schicken.

Friderich.

Nach dem Concept.


10415. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Rodewitz, 11 octobre 1758.298-2

J'ai reçu des lettres de Silésie qui sont fort intéressantes.298-3 Les Autrichiens ont assemblé assez de forces pour pouvoir entreprendre le siège de Neisse. L'expérience de l'année passée me fait voir combien peu je puis me fier sur les gouverneurs de mes places;298-4 cela m'oblige de me mettre à portée de les seconder en cas de besoin.

Je sais que l'ennemi a tracé un camp du côté de Gœrlitz. Je ne puis point les attaquer sur toutes les hauteurs où ils sont. Il ne me reste donc que de les tourner, pour gagner une position qui les coupe de Gœrlitz; c'est ce que je serai obligé d'exécuter après-demain. Je donnerai assez d'occupation à ces gens-là, pour que vous n'ayez rien à en craindre; mais je vous en avertis d'avance, afin que, quand vous apprendrez que j'ai abandonné Bautzen, cela ne vous surprenne pas, et que vous sachiez de quoi il est question.

Federic.

Je crains de vous écrire d'ici, ainsi je m'en tiens au grimoire.298-5

Nach dem Concept. Der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.

<299>

10416. AN DEN ETATSMINISTER FREIHERRN VON SCHLABRENDORFF IN BRESLAU.

Rodewitz, 12. October 1758.299-1

Ich habe Eure beiden Berichte vom 4. dieses nebst der dabeigefügten Abschrift eines Schreibens des Generalmajors von Lattorff aus Cosel unterm 26. September wohl erhalten. Das Ding wird dorten zu bunt, und werde Ich Mich daher genöthigt sehen, in wenig Tagen einen Succurs nach Schlesien zu schicken und zu dem Ende den Feind vorläufig hieselbst zu attaquiren. Ihr müsset also nicht unterlassen [noch] säumen, alle die Commandanten der schlesischen Festungen durch einen Zettel von dieser Meiner Intention zu benachrichtigen, und sie avertiren, dass sie, es koste was es wolle, sich halten müssten, da Ich binnen hier und 14 Tagen einen Succurs nach Schlesien schicken und den Feind aller Orten daselbst aufreiben werde.299-2

Betreffend das Lubomirski'sche Bataillon,299-3 so habe Ich dem Generalmajor von Tauentzien bereits befohlen, die bei solchem engagirten Leute aus der Regimenter Cantons und die, so bereits bei den Regimentern und Husaren gestanden, wieder zu dem Corps, wo sie hingehören, sicher abzuliefern. Die 150 Pferde, so der Fürst Lubomirski bei dem Bataillon beisammen hat, müssen demselben vergütet und folglich eine Escadron von solchen als Lubomirski'sches Husarencorps auf den Verpflegungsetat gebracht werden.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10417. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Dresden, 12. October 1758.

Eichel übersendet ein an ihn gerichtetes Schreiben von Galster.299-4 Er äussert, der Amtmann Krüger299-5 habe verdient, „dass ihm wegen seiner besonderen Marque von Treue und wegen des Hasards, so er sich dabei exponiret hat und noch exponiret bleibet ... eine distinguirte Gnade von des Königs Majeslät widerführe.“

Ein vom Könige an den Prinzen Heinrich gesandter Feldjäger ist die Nacht durch Dresden passirt und hat im Posthause schriftliche Mittheilungen299-6 für Eichel hinterlassen. Daran anschliessend meldet Eichel:

<300>

Er hat dabei sich gegen den hiesigen Postcommissaire noch mündlich geäussert, wie dem Ansehen nach es wohl heute oder morgen zu einer decisiven Affaire mit der Daun'schen Armee kommen dörfte. Der Höchste gebe seinen Segen dazu und beschirme hauptsächlich nur des Königs Majestät theureste Person! Wir haben indess bis dato noch nicht das geringste davon weiter gehöret, es ist auch heute bis jetzo Abends um 8 Uhr noch kein Feldjäger weiter von des Königs Armee angekommen. Ich vor mich wünsche nur, dass es nicht wieder eine Affaire als wie ohngefähr vor eines Jahres Zeit300-1 werden und des Königs Majestät den Feind wie dermalen in einem dergestalt festen Posten finden mögen, dass Sie solchen, ohne alles zu risquiren, nicht attaquiren können. Sollte diese Nacht noch einige Nachricht einlaufen, weil, wie obgedachter Jäger zugleich gesaget, des Königs Majestät von Bautzen aus ganz naher an den Feind marschiret sein sollen, so werde solches noch morgen früh zu melden nicht ermangeln, überhaupt aber sehr attent sein, alles vorfallende Ew. Excellenz sogleich melden zu können.

Von des Prinz Heinrich Hoheit Armee habe gestern den Herrn Generalmajor von Finck gesprochen, der mir dann gesaget, wie die Kreiserarmee immer nach und nach gegen Freiberg defilire und dem Verlaut nach auf Beziehung der Winterquartiere denke, von welchen man aber noch nicht wissen könne, ob sie solche in Böhmen oder in dem Reiche nehmen wolle, dabei sonsten alles ganz ruhig ihrer Orten zuginge.

Ich wünschete wohl von Herzen, dass alle Armees in ihre Winterquartiere gehen und währenden solchen ein redlicher und dauerhafter Friede geschlossen und zu Stande gebracht, auch Ew. Excellenz deshalb in völlige Arbeit gebracht, mithin darunter Dero Tour zu agiren kommen möchte. Was mir über solches Sujet vor verschiedenen Tagen zugekommen, lege hierbei.300-2

Es ist betrübt zu sehen, und hat der Herr von Plotho ganz recht, wenn er schreibet, dass alles Recht, Bilügkeit, Menschheit, Honnêteté und Wohlstand von Seiten derer Feinde von Sr. Königl. Majestät ganz und gar aus den Augen gesetzet werde. Ich weiss nicht, ob man nicht wohl thäte, wiederum par reprêsaille einige derer public gewordenen Schriften gegen des Königs Majestät, und zwar mit weit mehrerem Recht und Fug, als es von dem Gegentheil geschiehet, öffentlich durch den Büttel verbrennen zu lassen, unter welchen [man], wo nicht den Observateur hollandais,300-3 doch hauptsächlich die schändliche Charteque, so unter dem Titel „Lettre du Prince de Prusse et réponse du Roi“ 300-4 erschienen, nebst andern groben Schriften, so österreichscherseits herausgegeben worden, [wird] rechnen können. Es ist mir zum Erstaunen gewesen, wenn ich in den<301> letzteren französischen Zeitungen den Extract der sogenannten „Parallèle de la conduite p.“ 301-1 gelesen, mit was grosser Impudence man auch die offenbaresten Wahrheiten verdrehet, ganz insolent wider solche gelogen und alles in ein falsches Licht gestellet hat. Wenn dieses diejenige Pièce ist, womit nach des Herrn von Hellen vormaligen Berichten das französische Ministerium, es unter dem Namen eines Manifestes herausgeben zu wollen,301-2 gedrohet hat, so hat es billig Ursach, sich davor zu schämen und den Titel eines Manifestes in den der Parallele eines Anonymi zu verändern. Ich hoffe auch, dass solches nicht ohnbeantwortet [bleiben], sondern alles solidement in sein wahres Licht gestellet werden wird. Was mir bei diesem allen in gewisser Maasse etwas plaisant vorkommet, ist, dass ich aus allen Piecen, so sowohl von dem wienerschen Hofe als dem Reichshofrath in denen Zeitungen als sonsten public gemachet werden, [ersehe, wie] diese allemal Chursachsen zum cheval de bataille machen und simuliren, als ob dieses die Ursache von dem Kriege wäre und der Hof zu Wien gar nicht anders dabei interessirte, um dadurch nur dem Publico die einzige und wahre Ursache dieses facheusen Krieges aus dem Andenken zu bringen. Ich bin zu wenig zu beurtheilen [im Stande], ob es also nicht gut und nöthig wäre, bei allen Gelegenheiten und in verschiedenen kleinen Piecen dem Publico das Andenken aller Menées und Procédés des wienerschen Hofes, die dieses unselige Kriegesfeuer erreget, wieder von Zeit zu Zeit zu erneuren und zu unterhalten.

Ew. Excellenz wollen es meinen gerechten Schmerzen und Empfindungen condonniren, wenn ich in dergleichen Digression gerathen und fast darüber von dem Hauptzweck dieses meines Schreibens abgekommen bin, so eigentlich darin bestehet, dass Deroselben ich abermalen eine Posttasche mit verschiedenen Papieren von Importance, die mir, wenn hiernächst ich wiederum zu des Königs Majestät gehen müsste, zur beschwerlichen Last sein würden, adressire . . .

Eichel.

P. S.

Ich habe vergessen, Ew. Excellenz nachrichtlich anzuzeigen, wie dass des Königs Majestät schon seit einiger Zeit her die Relationes des Herrn von Viereck gar nicht mehr, die aber von dem Benoît sehr wenig und selten sehen noch lesen wollen, auch ich nur Zeit meiner Anwesenheit allhier Gelegenheit genommen, die Relations des Benoît der russischen Umstände halber Sr. Königl. Majestät herauszuschicken, ohne dass jedoch ich eigentlich weiss, ob solche gelesen worden seind oder nicht. Ich melde dieses nur deswegen, damit, wenn wegen beider Referenten und deren Rapports etwas importantes vorkommet, ein Königl. Departement nicht etwa in den Gedanken stehe, als ob erstere deshalb immediate beschieden würden, und dass mithin bei importanten<302> Vorfällen nöthig sein dörfte, bei des Königs Majestät aus dem Departement zu berichten und anzufragen.

Nach der Ausfertigung.

I.

Hauptquartier Bautzen, 7. October 1758.

Des Königs Majestät seind mit der Kavallerie heute früh gegen 10 Uhr angekommen und die Infanterie Nachmittags um 2 Uhr. Der Herzog von Württemberg302-1 ist mit denen hier bei sich gehabten Regimentern sofort nach Sr. Königl. Majestät Ankunft aufgebrochen und nach Weissenberg marschiret, wo nunmehro das ganze Corps Retzow wieder beisammen ist. Der Prinz von Baden-Durlach stehet annoch bei Hochkirch, das Corps Laudon auf denen Bergen von Postewitz302-2 und die Daunische Armee bei Neustadt. Die sehr starke Desertion von denen Oesterreichern continuiret noch immerfort. Gestern sind 124 Mann angekommen und heute schon 94. Der Aussage derer Deserteurs nach, müssen zum Feldmarschall Keith, welcher mit einem Corps bei Rammenau stehen geblieben, weit mehrere heute angekommen sein.

Das betrübteste allhier ist, dass seit der ganzen Zeit, die das Corps Retzow mit dem Commissariat302-3 allhier gestanden, annoch nicht auf einen Tag Fourage vor die Armee zusammengebracht worden, so dass die Regimenter schon morgen auf denen Dörfern fouragiren müssen.

Ew. Hochwohlgeboren wissen, dass das triplum vor der Armee erfordert wird, sobald solche in den Cas des Fouragirens gesetzet wird, der Desordres, so bei dieser Gelegenheit vorzugehen pflegen, nicht zu gedenken. Ich wünsche, dass es in der Länge Bestand haben möge. Der Bezirk, den wir mit Sicherheit fouragiren können, ist nicht gar gross.

Galster.

P. S.

Des Fürsten Moritz Durchlaucht seind an einer Verstopfung miserable krank.

II.

Extrait d'une lettre arrivée de Genève d'un correspondant du ministre de Borcke à Dresde, du 21 septembre de l'année présente.

Monsieur l'abbé de Bernis sent le mauvais état où se trouve la France, la difficulté de soutenir cette guerre et le crédit public; pour parer à ces inconvénients, il sent la nécessité de la paix et de travailler sur l'esprit du Roi pour le faire consentir à supprimer des dépenses immenses. Sa Majesté a déjà consenti à quelquesunes. Une certaine personne de qualité et de crédit a pénétré que M. l'abbé de Bernis était rempli de ces idées; qu'il était aujourd'hui mortifié du traité de Versailles avec la cour de Vienne qui avait été l'instrument de sa fortune, ayant ete mis dans la place par madame Pompadour qui régissait tout, et qui avait été captivée par des lettres remplies d'expressions flatteuses que l'Impératrice lui avait écrites de sa main, en la traitant de ma cousine, ce qui avait asservi madame de Pompadour aux intérêts de cette Princesse, qu'elle ne suivait qu'elle dans ses projets et ses desseins pour le présent et l'avenir. Que M. l'abbé de Bernis, qui avait à présent d'autres vues, travaillait à gagner la confiance du Roi, de M. le Dauphin et de madame la Dauphine; qu'il avançait assez dans cette carrière pour avoir osé dire à madame de Pompadour que, quoiqu'il lui dût sa fortune, il ne pouvait épouser ses idées sur l'Impératrice au préjudice de son devoir et du bien du royaume. Le ministre sent qu'il n'y a rien à espérer de la cour d'Espagne ni de celle de Turin, auxquelles ce traité a causé de l'ombrage; et que par toutes ces considérations M. de Bernis n'a<303> rien de plus à eceur que de faire cesser les maux de la France; qu'il mettrait tout en œuvre pour faire cesser l'alliance offensive avec la cour de Vienne, en saisissant la première occasion de faire une paix, la moins mauvaise qui se pourra. Qu'il sera sûrement contrecarré dans ce projet par madame de Pompadour et par M. le maréchal de Belle-Isle qui ne cherche qu'à brouiller. Cette personne espère, cependant, que, par l'esprit et la prudence de M. l'abbé de Bernis, dont elle a grande opinion, qu'il303-1 surmontera tous ces grands obstacles.

M'ayant pris la liberté de communiquer cet extrait à Sa Majesté, elle m'a fait la grâce de me répondre en termes suivants :303-2 Qu'on ne saurait faire fond sur le contenu de cette lettre, lui étant revenu d'autre part que c'était proprement la Pompadour qui souhaitait le retour de la paix, et que Bernis la contrecarrait à cet égard; qu'il faudrait donc attendre qu'on voie plus clair là-dessus, avant d'en juger avec précision.


10418. AN DEN GENERALLIEUTENANT ERBPRINZEN VON HESSEN-CASSEL.303-3

Rodewitz, 13. October 1758.

Ew. Liebden habe Ich hierdurch zu wissen thun wollen, dass, sobald der Generalmajor von Kannacher mit denen bei sich habenden Mehlwagens und deren Escorte303-4 wieder zu Bautzen wird eingerücket sein, welches, wie Ich urtheile, den 17. dieses geschehen wird, Ew. Liebden den 18., als Tages darauf, mit der ganzen Garnison aus Bautzen nach Weissenberg zu marschiren belieben, woselbst Ew. Liebden Meine weitere Ordres erhalten werden. Unsere Ofens müssen bei dem Ausmarsch aus Bautzen abgebrochen und zunächst allem Brod mitgenommen werden.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Königl. Staatsarchiv zu Marburg.


10419. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Rodewitz, 13. October 1758.

Ich habe Euer Schreiben vom 9. October wohl erhalten. Es kommet nunmehro hieselbst alles auf den Feldmarschall Daun an. Die Armee, so er commandiret, ist 50,000 Mann stark, da Ich deren nicht über 30,000 habe. Ihn in seinem Lager zu attaquiren, ist nicht möglich, und kann Ich folglich nicht anders, als ihn durch Mouvements fatiguiren, womit es aber nicht so geschwinde, wie wohl zu wünschen, gehen will.

Von Eurer Position urtheile Ich ganz leicht, dass Ihr nicht alles thun könnet, was Ihr wollet. Indessen ist Mir wahrscheinlich, dass, sobald Ich mit diesen Leuten hier fertig sein werde, die übrigen auch<304> auf ihre Retirade werden denken müssen. Die Winterquartiere in Pommern zu nehmen, daran wird der General Fermor wohl nicht denken. Unterdessen ist die Menge der Feinde unser grösstes Uebel. Da aber die Türken sich bewegen, so ist zu glauben, dass künftiges Jahr sich alles ändern wird. Ihr könnet übrigens gewiss glauben, dass die russische Kaiserin Rekruten zur Fermor'schen Armee abzuschicken verboten habe, und lässet es auch die Saison nicht mehr zu, ihm einen Succurs zu schicken.

Seid versichert, dass Ich hier alles möglichste thue, um Mich vom Feinde zu debarrassiren und Euch nachher soulagiren zu können; jedoch kann Ich darunter nichts präcipitiren, um so weniger, [da], wann uns hier ein Unglück zustösse, die ganze Boutique über den Haufen gehen würde.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10420. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Dresden, 14. October 1758.

Eichel übersendet Briefschaften an den Minister zur weiteren Besorgung.

Was sonsten in denen hiesigen Gegenden sowohl bei Sr. Königl. Majestät Armee als bei der von des Prinzen Heinrich Hoheit vorgefallen und mir von guten Freunden geschrieben worden, davon lege ich zu einiger Information von Ew. Excellenz beiliegende Extracte304-1 hierbei, daraus aber, falls Dieselbe vor nöthig finden, dem Publico was davon bekannt zu machen, nur das nöthige zu nehmen ganz gehorsamst bitte, damit meine Herren Correspondenten nicht etwa glauben möchten, als ob ich Dero Briefe publici juris machete.

Bei dem hiesigen sächsischen jungen Hofe soll man Nachricht haben wollen, wie mir von ganz vertrauter Hand gesaget worden, als ob zu Wien eine grosse Fermentation unter dem dortigen Ministerio sein soll, sogar dass man zu wissen prätendiret, als ob der bekannte Minister Graf Haugwitz arretiret worden sei. Dass durch das Lamentiren der Feldmarschalln Gräfin Daun, so eine Tochter der verstorbenen Favoritin der Kaiserin, nämlich der Gräfin Füchsin304-2 ist, und vor die die Kaiserin viel Gnade und Freundschaft hat, und auf deren fussfälliges Bitten, ihren Mann den Feldmarschall Daun nicht denen Verfolgungen<305> des Prinz Karl von Lothringen zu sacrificiren, letzterem von der Kaiserin insinuiret worden wäre, nur nach seinem Gouvernement nach denen Niederlanden zurückzugehen, dass diesem dabei sehr recommandiret worden, die königlich preussische Lande der Orten sehr zu menagiren, um die Sachen nicht noch mehr zu aigriren, und dass endlich bei dem wienerschen Hofe, den Kaiser ausgenommen, fast Eine Stimme wäre, dass man nichts besseres noch pressanteres zu thun habe, als mit dem König von Preussen ein Accommodement zu treffen, mithin nur auf Mittel zu denken, ihm darüber Propositions zu thun, auch dass selbst man wünsche, dass der König von Engelland dieses Accommodement moyenniren wolle.

Mir hat ferner versichert werden wollen, wie der polnische Hof zu Warschau sich sehr zu mefiiren anfinge, dass ihm jemalen durch Frankreich in seinen vorhin gehabten Absichten geholfen werden würde, und dass daher gedachter Hof, um das noch übrige von Sachsen zu sauviren, nichts mehr als den Frieden und ein Accommodement mit dem Könige von Preussen verlange, ohne auf die ehemals sich vorgespiegelte Satisfaction und Indemnisation zu gedenken.

Diese kleine Anecdotes nehme mir die Freiheit, Ew. Excellenz so zu geben, wie ich solche erhalten, die aber zu menagiren ganz gehorsamst bitte, um meinen hiesigen Canal nicht zu verderben; des Königs Majestät seind sonsten davon schon informiret.

Obgedachter Jäger305-1 hat mir sonsten sagen wollen, als ob er unterwegens ein heftiges und beständiges Kanoniren gehöret habe; ich zweifele aber daran, da mir schon bekannt ist, wie sehr zu Zeiten in dergleichen! diesen Leuten die Sinne trügen.

Ew. Excellenz gnädigem Wohlwollen empfehle mich gehorsamst und unterstehe mich noch unterthänig zu bitten, wenn des Herrn Grafen von Podewils Excellenz Sich meiner gelegentlich erinnern, Deroselben alles meines Respectes und beharrlich treuesten Attachements zu versichern.

Eichel.

Nach der Ausfertigung.


10421. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Camp près de Bautzen, 14 octobre 1758.

J'ai305-2 le chagrin de vous écrire que, l'ennemi m'ayant attaqué aujourd'hui matin305-3 dans ces environs, j'ai été obligé de me retirer à<306> une demi-lieue sur Bautzen. Voilà ce que c'est que de s'être trop affaibli.306-1 Je vous mande ce que dessus, pour que vous sachiez ma position actuelle dans laquelle je tâcherai de me maintenir vis-à-vis de l'ennemi et même de l'attaquer de nouveau, s'il y a moyen.306-2

Nous avons perdu le prince François de Brunswick et le maréchal Keith, qui sont au nombre des morts, et le prince Maurice d'Anhalt est blessé.

Federic.306-3

Nach der Ausfertigung.


10422. AN DEN GENERALLIEUTENANT BARON DE LA MOTTE-FOUQUÉ.

Doberschütz,306-4 14. October 1758.

Ich muss Euch leider hierdurch benachrichtigen, dass, da Mir der Feind das auf Meiner linken306-5 Flanque gelegene Dorf Hochkirch abzugewinnen heute früh Gelegenheit gefunden, Ich Mich dadurch genöthigt gesehen habe, Mich auf Doberschütz, eine halbe Meile auf Bautzen, zu repliiren. Ich bin aber dieserhalb keineswegs intentionirt, einen Schritt weiter zurückzugehen, sondern werde es allenfalls auf eine zweite Bataille hieselbst ankommen lassen, da Ich dann hoffe, dass es mit Gottes Hülfe recht gut gehen soll.

Das einzige, was Ich hiebei regrettire, ist, dass Ich dadurch behindert werde, nicht so bald, wie Ich es wohl gewünschet, nach Schlesien von Meiner hiesigen Armee detachiren zu können.306-6

Friderich.

Nach dem Concept.

<307>

10423. AN DEN GENERALMAJOR VON WEDELL.

Doberschütz, 14. October 1758.

Ich danke Euch für die in Eurem Bericht vom 11. October Mir gegebene anderweite gute Nachrichten Eurer Operationen gegen die Schweden. Ich möchte wohl wünschen, Euch über dergleichen von hier aus schreiben zu können ...307-1

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Wedell'schen Familienarchiv zu Ludwigsdorf in Schlesien.


10424. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Doberschütz,] 15 octobre 1758.

Mon cher Frère. L'affaire de hier n'aurait pas mal tourné, si j'avais eu 8 bataillons de plus; mais le manque de troupes m'a forcé de me retirer. Ma grande perte consiste en canons; il en manque 51 des gros. La cavalerie a très bien fait son devoir. Retzow est survenu à propos pour nous couvrir la retraite. Je me suis campé ici, à trois quarts de mille de Hochkirch. J'y tiendrai bon et, s'il le faut, j'attaquerai l'ennemi. C'est à la vérité un grand malheur qui m'est arrivé, mais il faut le réparer avec fermeté et courage.

Je ne doute pas que vous ne réussissiez à chasser Hadik, et que cela n'oblige les Cercles à se retirer. Mon homme307-2 aura envoyé hier un courrier à Vienne, dont je crois qu'il faudra attendre le retour pour savoir comment se terminera cette campagne. Je crois que vous pouvez garder l'argenterie de Bamberg307-3 jusqu'à la fin de la campagne, où nous pourrons penser à notre aise à ce que nous avons à faire.

Adieu, cher frère; plaignez les malheureux et souvenez-vous de ce que je vous ai dit si souvent, il y a une année.307-4 Je suis avec toute l'estime possible, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10425. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE DOHNA.

Doberschütz, 15 octobre 1758.

J'ai reçu votre rapport du 11 de ce mois. L'ennemi ayant trouvé moyen de s'emparer hier matin du village dans les environs de Hochkirch307-5 dans mon flanc gauche,307-6 je me suis vu obligé par là de me<308> replier à une demi-lieue sur Bautzen, où je l'attendrai de pied ferme et tâcherai de lui livrer une seconde bataille.308-1

Je regrette, en attendant, que cet incident retarde l'envoi du renfort que je vous avais destiné plus tôt,308-2 mais qui ne vous arrivera présentement [que] quelque temps plus tard, et après que j'aurai rétabli mes affaires ici vis-à-vis des Autrichiens.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10426. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

Doberschütz, 15 octobre 1758.

Der König macht dem Prinzen, ähnlich wie dem General Dohna (Nr. 10425), Mittheilung von der Besetzung von Hochkirch durch den Feind und von dem Rückzüge bis auf '/2 Meile von Bautzen „où je l'attends de pied ferme pour lui livrer un second combat“ .

Votre Altesse voit par là combien peu il m'est convenable de faire des détachements, et qu'il me serait bien avantageux d'avoir ici la cavalerie qui est auprès de Son armée,308-3 pour m'en servir efficacement dans un temps où je n'en retire point de service.308-4

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10427. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Doberschütz, 15 octobre 1758.

Je suis obligé de vous parler franchement; je me vois obligé de forcer la marche en Silésie, pour ne point voir perdre toute cette province. J'ai beaucoup de régiments découragés sur lesquels je ne saurais pas trop me fier. Je vous prie, lorsque votre expédition de Freiberg308-5 sera achevée, de m'envoyer 5 ou 6 bataillons, mais point de silésiens, avec une dizaine de canons de douze livres que vous pourrez remplacer de Magdeburg. Dès que je verrai que je n'ai plus besoin de ces bataillons, je vous les renverrai. Si ce n'était pas la plus grande nécessité qui m'y oblige, je ne vous les demanderais pas.

Federic.

Nach der Ausfertigung.

<309>

10428. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Doberschütz, 16 octobre 1758.

Vous recevez ci-jointe ma relation de la bataille du 14 de ce mois. Vous en ferez l'usage accoutumé, en la faisant imprimer et en l'envoyant à mes ministres dans l'étranger.309-1

Au reste, je veux bien que vous sachiez pour votre direction seule que j'ai conçu l'idée de marcher par Gœrlitz en Silésie. Il en arrivera pour lors de deux choses l'une, ou bien que je livrerai bataille pendant ma marche, ou non, et en ce dernier cas Daun sera obligé de se retirer à Zittau, et vous n'aurez rien à appréhender d'une armée autrichienne en Lusace, quand je m'en serai écarté.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10429. RELATION.309-2

Le corps du Roi était parti le 2 de septembre du camp de Blumberg. Il se joignit, le 9, à Grossenhain avec l'armée que le margrave Charles amenait de la Silésie.309-3 Le 10, l'on marcha sur les hauteurs entre Moritzburg309-4 et Dresde, après quoi nous prîmes le camp de Schœn berg.309-5 L'ennemi était dans celui de Stolpen; il avait détaché le général Laudon à Fischbach, d'où il fut délogé par le général Retzow. L'on fit environ 300 prisonniers sur l'ennemi.309-6 Le général de Retzow prit le camp de Fischbach. Après quoi, notre armée fit un mouvement par sa gauche et marcha à Rammenau. Ce mouvement obligea le prince de Durlach de marcher à Bautzen. L'on délogea, deux jours après, le général Laudon d'une hauteur que nous voulions occuper, et nous prîmes le camp de Bischofswerda. M. de Daun jugea à propos de marcher par sa droite, et il se campa dans les montagnes à Wilthen. Le Roi avait déjà fait occuper le poste de Bautzen par le général Retzow,309-7 et, sur les mouvements de l'ennemi, notre armée-y marcha, tandis que le général de Retzow poussa jusques au Weissenberg. Le prince de Durlach s'était posté sur les hauteurs d'Arensdorf,309-8 et le maréchal Daun occupait le camp de Kittlitz. L'armée du Roi marcha à Hochkirch,309-9 dont elle délogea les Autrichiens, et se posta sur les hauteurs qui vont de Hochkirch vers Grœditz.309-10

<310>

La nuit du 13 au 14, le maréchal Daun fit attaquer notre droite,310-1 et comme, outre une nuit extrêmement obscure, il faisait un brouillard très épais, des pandours, ayant délogé nos bataillons francs qui étaient tout-à-fait à l'extrémité de notre flanc, se glissèrent par là dans le village et y mirent le feu, ce qui obligea les bataillons qui avaient couvert son flanc, de l'abandonner et de se retirer au delà du village, Les Autrichiens tentèrent par quelques reprises de le passer, mais ils furent repoussés tant par notre infanterie que par notre cavalerie. En même temps, le général de Retzow fut attaqué par le prince de Durlach; mais, après avoir repoussé l'ennemi et lui avoir fait 300 prisonniers, il vint pour joindre l'armée, dont la gauche fut attaquée au même temps qu'elle reçut ordre de renforcer la droite, ce qu'ils exécutèrent. Au bataillon de Kleist près, qui, s'étant trop avancé pour repousser l'ennemi, ne put rejoindre l'armée et fut obligé de mettre les armes bas, le poste de la droite a été soutenu depuis 4 heures et demie jusqu'à 10 heures, où l'armée reçut ordre de se retirer. Le général de Retzow s'y est joint, et elle occupe à présent le poste de Preititz310-2 et de Doberschütz.

Nous avons perdu le maréchal Keith et le prince François de Brunswick, auxquels nous ne saurions assez donner de regrets. Le prince Maurice d'Anhalt est blessé, et voulant se faire transporter en carrosse à Bautzen, il a été fait prisonnier. Le général de Geist est blessé au bras, Krockow des cuirassiers à l'épaule. Le Roi, le Margrave310-3 et tous les généraux qui s'y sont trouvés, ont reçu ou des contusions ou ont eu des chevaux blessés.

Nous ne pouvons pas évaluer notre perte au juste, mais l'on peut compter, sans se tromper, qu'elle ne passe pas les 3000 hommes. La nuit a empêché les régiments de la droite de détendre les tentes, qui nous ont beaucoup incommodés, et qui, par conséquent, ont été perdues. Mais ce sont des malheurs qui dans ce grand jeu de hasard qu'on nomme la guerre, sont quelquefois inévitables. Nous avons environ 500 prisonniers de l'ennemi, parmi lesquels se trouve le général marquis de Vitelleschi.

L'on espère de donner dans peu de meilleures nouvelles au public.

Nach der eigenhändigen Niederschrift des Königs.


10430. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Doberschütz, 16. October 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 12. dieses wohl erhalten, und ist wohl das vornehmste, worauf es bei dem Rüsch'schen Regiment310-4 an<311>kommt, dieses, dass der Generalmajor Rüsch davon weg muss.311-1 Ihr habet nur also mit guter Manier eine Querelle zu machen und [ihn] in Arrest zu setzen. Ich habe dem von Gersdorff von Malachowski das Regiment zugedacht, der wird es schon in Ordre setzen, und werde Ich auch von hier aus Euch ein paar tüchtige Officiers dazu schicken.

Uebrigens so werdet Ihr dem Generalmajor von Wobersnow von Meinentwegen zu wissen thun: Ich hätte hier eine tüchtige Ohrfeige bekommen, wie er leicht ermessen würde, da Ich bei Nacht wäre attaquiret worden; Ich würde sie aber nach alter Gewohnheit in wenig Tagen auswischen.

Federic.311-2

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generatstabs zu Berlin.


10431. AN DEN GENERALLIEUTENANT ERBPRINZEN VON HESSEN-CASSEL.

Hauptquartier Doberschütz, 16. October 1758.311-3

Des Königlichen Generallieutenants Erbprinzen von Hessen Hochfürstl. Durchlaucht soll ich auf Sr. Königl. Majestät allergnädigstem Befehl hierdurch melden, wie es Sr. Majestät ganz ohnglaublich und unwahrscheinlich scheinet, dass der Feind sich bei der jetzigen Position der Armee der Stadt Bautzen dergestalt nähern könne, um solche bombardiren zu können, und stünden Allerhöchst Se. Majestät mit Dero Armee hier, um Ew. Hochfürstl. Durchlaucht in diesem Embarras nicht kommen zu lassen. Wenn Ew. Hochfürstl. Durchlaucht nur dahin Ordre stellten und vigiliren Hessen, dass keine verdächtige Personen in der Stadt kommen möchten, die solche anzündeten, so würden Sie gegen dieser Gefahr vom Feinde schon geruhig sein können.

v. Dyherrn.

Nach der Ausfertigung im Königl. Staatsarchiv zu Marburg.


10432. A LA MARGRAVE DOUAIRIÈRE D'ANSBACH.

Près de Weissenberg, 16 octobre 1758.

Je vous rends grâce de la part que vous daignez prendre à ce qui me regarde. Je suis bien affligé de vous annoncer une assez mauvaise nouvelle pour moi. Le 14, l'ennemi a surpris le village de Hochkirch que j'avais sur ma droite, et m'a forcé par là de me retirer ici; j'ai perdu à cette affaire le maréchal Keith et le prince François et à peu près entre morts et blessés 3000 hommes. Voilà, ma chère sœur, ce qu'il faut réparer coûte que coûte.

<312>

D'un autre côté, ma chère, mon incomparable sœur de Baireuth me navre le cœur.312-1 Grand Dieu, moi, qui suis [si]312-2 souvent exposé à la mort, cette cruelle m'évite et va saisir ce que j'ai de plus cher et de plus précieux dans l'univers. Jugez de mon chagrin et de la désolation où la triste situation me réduit. Oh! ma chère sœur, que les morts sont plus heureux que les vivants!

Federic.

Nach einer Abschrift im Kaiserl. Königl. Kriegsarchiv zu Wien.312-3


10433. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Doberschütz, 16 octobre 1758.

Je me flatte que vous aurez reçu mes deux lettres d'hier, et c'est en suite de celle qui était chiffrée,312-4 que je dois vous dire que je souhaiterais que vous fissiez tenir prêt à Dresde an die dreihundert Tausend scharfe Flintenpatronen, que vous trouverez à remplacer à Magdeburg, pour me les faire parvenir avec le renfort en question.312-5

Je vous prie de m'envoyer en même temps ici avec les bataillons le colonel Braun,312-6 que je déclarerai général-major, en laissant l'avancement qu'il y aura par là dans le régiment.

Federic.

Nach dem Concept.


10434. AN DEN GENERALMAJOR VON TAUENTZIEN.

Doberschütz, 16. October 1758.

Ich habe Euch hierdurch aufgeben wollen, ungesäumt Anstalt zu machen, dass von denen dort befindlichen österreichischen Canons 15 dreipfündige und 18 sechspfündige Regimentsstücke mit der dazu erforderlichen Ammunition, Pferden und Knechten im Stande gesetzet werden, damit solche Artillerie auf Meiner ersten Ordre, so Euch dieserhalb zukommen wird, Mir zugeführet werden könne. Das dazu erforderliche Geld werdet Ihr von dem Etatsminister von Schlabrendorff, an welchen darüber Meine Ordre ergangen, gezahlt erhalten.

Friderich.

Nach dem Concept.


10435. AN DEN ETATSMINISTER FREIHERRN VON SCHLABRENDORFF IN BRESLAU.

Doberschütz, 16. October 1758.

Der König theilt dem Minister die an Tauentzien gesandten Befehle mit und weist ihn an, die erforderlichen Gelder auszuzahlen.

<313>

Uebrigens, da Ich mit der Verpflegung für Meine hiesige Armee pro November bereits versehen bin, so müsset Ihr nur besorget sein, dass Ihr die pro December zusammen habet und parat haltet, indem Ich Euch, ohne, dass Ihr jemand, es sei auch, wer es wolle, von etwas decouvriret, im Vertrauen sagen will, dass Ich Mich über Görlitz nach Schlesien zu ziehen gedenke. Ihr müsset also die nöthige Arrangements unter der Hand machen, dass fürerst auf vierzehn Tage Mehl für Meine Armee dort parat gehalten werde. Den Tag und Ort Meines Einmarsches in Schlesien kann Ich Euch so eigen noch nicht bestimmen, überhaupt aber kann Ich Euch so viel sagen, dass Ihr Euere Anstalt für der Gegend von Lauban, Naumburg und der Queiss, indem Meine Absicht dahin gehet, um Breslau zu decken, machen müsset. Ein mehres werde zu seiner Zeit, wenn es nöthig sein wird, durch Umwege Euch wissen lassen. Dass der Feind Neisse wegnehmen sollte, glaube Ich nicht, nur aber müsset Ihr dem Commandanten zu Cosel313-1 Courage einsprechen, damit er sich gut halte.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10436. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Prinz Heinrich meldet, Lager von Gamig, 15. October: „Mon très cher Frère. J'ai appris avec un mortel chagrin l'affaire qui s'est passée hier. Je désire que les suites n'en soient pas telles qu'on pourrait les prévoir. Je n'ai ici que 39 pièces de grosse artillerie. Ce nombre est bien petit, et ce que je pourrai vous donner, si vous l'ordonniez,313-2 ne sera pas beaucoup. Il y a un train de grosse artillerie préparé à Magdeburg pour faire le siège de Sonnenstein; si l'on avait des chevaux, valets et les chariots de munitions, vous pourriez vous en servir.

Comme je prévois que l'armée restera aux environs de Bautzen, ainsi mon devoir et mon honneur m'obligent encore de vous représenter que, si vous ne donnez des ordres pour qu'on fasse des arrangements pour les fourrages et la farine, que les deux armées ne pourront subsister et seront obligées, dans un mois ou six semaines, à se retirer, faute de magasins et de subsistance.“

Doberschütz, 16 octobre 1758.

J'ai bien reçu la lettre que vous m'avez faite du 15 de ce mois, et je me suis figuré que vous aviez déjà fait venir, m'en ayant écrit il y a plus de huit jours, l'artillerie qui peut être amenée par eau de Magdeburg.

La situation où je me trouve, pouvant avoir à faire d'un jour à l'autre à l'ennemi, m'oblige d'avoir recours à vous. Ne pensez pas que la guerre restera ici; je compte vers le 20, quand mes détachements m'auront joint, de marcher vers l'ennemi, pour me frayer le chemin à Gœrlitz. Si nous avons une bataille en chemin, tout sera fini; si nous n'en avons point, il faudra que Daun se retire à Zittau. D'une façon ou d'autre cela s'éclaircira.

<314>

Pour moi, voici la dernière farine que je vous demanderai;314-1 nous subsistons ici en fourrageant le pays, il n'y a pas d'autre moyen. Dès qu'il sera possible, je vous renverrai les régiments.

Les Russes ont été repoussées avec une perte considérable de Colberg, et on prétend qu'ils commencent à se retirer vers la Pologne.

Si vous pouviez fournir 300 chariots, cela suffirait pour le transport de nos blessés de Bautzen à Dresde et me mettrait en état d'employer d'un jour à l'autre contre l'ennemi les 1800 hommes qui leur servent d'escorte.

Federic.

Nach dem Concept.


10437. NOTE.

[Dresde, 16 octobre 1758.]314-2

Que le Roi portant lui-seul presque tout le poids de la guerre du Continent, et les fréquentes incursions qu'on faisait jusqu'à présent dans la plupart de ses provinces, ayant occasionné des échecs considérables dans ses revenus, se flattait que le sieur Mitchell voudrait bien représenter à sa cour que, nonobstant toute la bonne volonté à laquelle Sa Majesté se sentait invariablement de vouloir contribuer de toutes Ses forces à soutenir la bonne et juste cause commune, afin de forcer l'ennemi à une paix honorable et avantageuse, Elle ne saurait cependant, vu les circonstances susdites, assez subvenir à tous les frais de la campagne prochaine; et que Sa Majesté Se flattait qu'en considération des susdites circonstances la Grande-Bretagne voudra bien L'aider, pour en supporter les frais, et Lui subvenir de la même somme qui avait été votée l'année passée pour le même objet.

Nach der Ausfertigung im British Museum zu London.


10438. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE EICHEL A DRESDE.

Knyphausen und Michell melden, London 29. September, in einem Berichte „au Roi seul“ , dass am 14. November das englische Parlament zusammentreten und vor allem über die Kosten des nächsten Feldzuges berathen solle. „L'on sent très bien ici, et nous n'avons laissé échapper aucune occasion pour faire observer au ministère que Votre Majesté portait à Elle toute seule presque tout le poids de la guerre du Continent, et que les fréquentes incursions qu'on, a faites dans la plupart de Ses provinces, ont occasionné des déchets considérables dans Ses revenus. Le ministère n'est donc non seulement disposé à fournir des secours pécuniaires à Votre Majesté pour la campagne prochaine ; mais toutes les voies sont même préparées de façon<315> qu'Elle peut compter sur la même somme qui a été votée pour Son service l'année passée, c'est-à-dire sur quatre millions d'écus. Il ne s'agit donc plus que de savoir si Votre Majesté veut agréer ce secours, et, dans ce cas, il serait nécessaire, afin que le ministère eût un titre pour aller en avant, qu'Elle chargeât le sieur Mitchell dans une audience particulière de représenter à sa cour qu'Elle ne saurait subvenir par Elle-même aux frais de la campagne prochaine, et qu'Elle espérait que l'Angleterre L'aiderait à en porter le poids; ou bien il faudrait que Votre Majesté nous fît l'honneur de nous écrire une lettre ostensible qui renfermât la même demande.

Nous supplions seulement Votre Majesté de nous faire savoir promptement Ses intentions sur cette alternative, parceque la rentrée du Parlement est très prochaine, et qu'il est nécessaire que nous prenions des mesures pour cet objet quelque temps d'avance. Votre Majesté peut être persuadée que ce secours Lui sera accordé de la meilleure grâce du monde, et que cette demande ne rencontrera pas la moindre difficulté.“

Doberschütz, 16 octobre 1758.

Après avoir mûrement réfléchi sur le contenu de la dépêche du baron de Knyphausen du 29 de septembre dernier, je reste d'accord qu'il serait fort convenable à mon intérêt que l'Angleterre me fournisse de nouveau la subvention en argent en question. Mais comme je ne suis pas à même de donner audience à ce sujet au sieur Mitchell pour l'autoriser à en faire en mon nom la demande au ministère anglais, je veux bien vous munir de mes pleins pouvoirs à l'effet que vous en parliez de ma part au sieur Mitchell,315-1 le requérant d'en écrire au plus tôt à sa cour; et vous en avertirez Knyphausen.315-2

Au reste, je veux bien vous dire, pour vous tranquilliser, que je marcherai ces premiers jours-ci par Gœrlitz en Silésie.

Je serai attaqué en route ou non. Au premier cas, je livrerai bataille, et les choses se décideront de la sorte; mais au second cas, il faudra que Daun se retire à Zittau, et il n'y aura plus d'armée autrichienne dont il y aurait lieu d'appréhender un danger présent pour mes États.

Federic.

Nach dem Concept.

<316>

10439. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Prinz Heinrich meldet, Lager bei Gamig 16. Octobei: „Mon très cher Frère. Je ferai revenir le général Hülsen incessamment de Freiberg;316-1 mais, mon très cher frère, je suis obligé de vous représenter qu'il m'est impossible de me soutenir ici, après que vous aurez reçu les 6 bataillons,316-2 et que, lorsque vous serez marché en Silésie, je ne saurai absolument que faire avec 20 bataillons; ce sont des troupes que vous sacrifiez. Si j'osais vous supplier de joindre les deux armées, alors vous seriez redoutable d'un côté, au lieu qu'en me séparant de vous, il faut nécessairement que les troupes que vous laisserez ici, succombent, puisque ce n'est déjà qu'avec bien de la peine que nous nous sommes soutenus. Mais si vous le voulez absolument, en ce cas je vous prie de donner les 20 bataillons à commander à un autre, et je vous joindrai avec les 6 bataillons que vous me demandez.

J'attends votre réponse, puisqu'aussi bien le général Hülsen ne pourra me j oindre qu'en deux jours. Mais je vous supplie, mon très cher frère, de ne pas me refuser que j'aille vous joindre d'une ou d'autre manière, puisqu'autrement je ne puis rester dans une situation où je vois visiblement la perte de toutes les troupes que vous laisserez en Saxe. Je ne changerai rien, avant d'avoir reçu votre réponse.“316-3

Doberschütz, 17 octobre 1758.

J'ai reçu votre lettre du 16 de ce mois, et je ne saurais rien changer à ce que je vous ai mandé par mes dernières lettres; il ne s'agit que de me venir joindre pour un temps, puisque nous aurons à faire en peu ici à l'ennemi. Vous viendrez donc me joindre ici en personne avec 8 bataillons, vous amènerez avec vous deux généraux-majors et le colonel de Kleist avec un bataillon de ses hussards. Il restera, après cela, 18 bataillons de votre armée qui, se trouvant dans un bon poste, s'y maintiendront, ou bien en tout cas se replieront sur Dresde. Mais il faudra, et je ne saurais assez vous le recommander que vous y laissiez le général-major de Finck, auquel vous remettrez votre chiffre, n'y en ayant point ici avec lui. Pour vous, je le répète, venez me joindre avec 8 bataillons, deux généraux-majors et Kleist avec un bataillon de hussards. Votre expédition ne sera que temporaire, après quoi vous vous en retournerez avec vos bataillons. Hâtez vos marches, puisqu'il en faudra bientôt en venir ici aux mains avec l'ennemi.

<317>

Ce que vous voulez faire, faites le vite! L'ennemi est à un quart de mille de moi, et qui sait même ce qui se passera demain!

Federic.

Nach dem Concept. Der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffriiten Ausfertigung.


10440. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Doberschütz, 17. October 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 13. dieses wohl erhalten. Das Regiment von Plettenberg-Dragoner317-1 könnet Ihr nach denen von Euch einberichteten Umständen wieder an Euch ziehen.

Hier hat man Mich versichern wollen, dass die Russen die Belagerung von Colberg gar aufgehoben hätten.

Mein Bruder Heinrich stösset hieselbst mit einem Theil seiner Armee in ein paar Tagen zu Mich, und alsdann werde Ich dem Feinde aufs neue auf den Hals gehen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10441. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Dresden, 18. October 1758.

Ew. Excellenz gnädiges Schreiben vom 15. dieses habe ich heute Vormittag um 10 Uhr allhier richtig zu erhalten die Ehre gehabt. Ich war sogleich im Begriff, Deroselben etwas umständlicheres von derjenigen Affaire zu melden, welche den 14. dieses durch eine Surprise des Feindes der königlichen Armee zu einigem Nachtheil ausgefallen ist, — so viel nämlich ich davon durch Schreiben guter Freunde von der Armee und sonsten hier erfahren habe, und zu meiner grossesten Consolation zu melden, dass diese Sache gottlob! bei weitem nicht so übel ist, als wie man sich solches gleich anfänglich sowohl hier als auch vielleicht von einigen bei der Armee selbst vorstellen wollen; und obgleich sehr zu wünschen wäre, dass das Malheur einer Surprise nicht geschehen, noch es dem Feinde darunter, vielleicht aus gar zu grosser Sicherheit derer, so auf den rechten Flügel commandiret und bei so einer nahen Distanz von einem Kanonschuss, so der Feind nur abgestanden, nicht alle Précautions genommen, zu Anfanges gelungen wäre, so ist doch solches weit erträglicher gewesen, als es sonst natürlicher Weise arriviren können; dabei es dann nunmehro wohl eine ausgemachte Sache ist, dass die feindliche Armee einen weit inegaleren Verlust, als der unsrige ist, bei dieser Affaire gehabt und mehr als das Triplum verloren hat, so dass ihm diese Affaire de poste, wie es wohl mehr als wie eine Bataille gewesen, sehr theuer zu stehen gekommen, welchem<318> ohnerachtet er es als eine letztere bei der ganzen Welt ausschreien und solches äusserst grossiren wird — als318-1 so eben der expresse Courier-Jäger mit königlichen Ordres zur weiteren Besorgung von mir hier ankam. Wie aber der Feldjäger mit höchst pressanten Commissionen chargiret ist318-2 und ich solchen nicht aufhalten kann, so muss bis auf morgen das übrige aussetzen und mich inzwischen auf diejenige Relation beziehen, so des Königs Majestät einliegendem Schreiben318-3 an Ew. Excellenz beifügen lassen, um solche sogleich überall public zu machen, sowie ich meines Ortes hier zu thun befehliget bin, und welche aus derselben wahrhaften Feder fliesset, die Ew. Excellenz bekannt ist, und die allemal eine exacte Wahrheit darunter beobachten wollen.

Die Einlage an die Markgräfin von Ansbach318-4 soll Ew. Excellenz ich bestens zur guten Besorgung recommandiren.

Was mir als eines der grossesten Malheurs hierbei vorkommet, ist der, obschon gar nicht ohnvermuthete, Tod der Frau Markgräfin von Baireuth,318-5 so des Königs Majestät in eine ohnendliche Affliction setzen wird, und den der Herr Markgraf sowohl als der p. Cothenius gestern hieher gemeldet hat, und deren Schreiben ich gestern mit Nehmung aller nur ersinnlichen Präcautionen abschicken müssen.

Ich muss tausendmal um Vergebung meines höchst confusen Schreiben, so in der grössesten Eil gefertiget, bitten und werde morgen mit einem Expressen ein mehreres melden.

Eichel.

Nach der Ausfertigung.


10442. UNTERREDUNG EICHEL'S MIT DEM GROSSBRITANNISCHEN MINISTER MITCHELL.318-6

[Dresden, 18. October 1758.]

Mitchell berichtet an Holdernesse, Dresden 19. October (private): „The present situation of affaire as well as my own State of health not permetting me to attend the King of Prussia, that Monarch had been graciously pleased to direct his Privy Counsellor Mr. Eichel to communicate to me his intentions which I have the honour to transmit to Your Lordship in this letter.

I am authorized by the King of Prussia to assure His Majesty of the invariable resolution in which he persists to support with his whole force the common cause, in order to oblige the enemy to accept of an honourable and safe peace, and at the same time I am desired to represent to the King and his ministers that, the weight of the war upon the continent having fallen heavily upon the Prussian dominions, the revenues of which are much exhausted and a great part of the country ravaged and laid waste by the incursions of the enemy, that Monarch<319> saw with concern that it would be difficult for him in the present circumstances to support the expence of the next campaign.

His Prussian Majesty has likewise directed me to say that, however unwillingly he has ever been to be a charge to his allies, yet he thought proper on this great occasion to speak out, and he has empowered me to declare in his name that he thinks it absolutely necessary for the support of the common cause and for carrying on the war upon the continent with vigour that His Majesty would be pleased to contribute, by way of pecuniary assistance, towards the expence of the next campaign a sum of money equal to that which was raised last year for the same purpose, and His Prussian Majesty flatters himself that the King will find no difficulty in obtaining that sum from his Parliament, which has on every occasion acted with so much zeal, harmony and generosity for the support of the common interests of the Protestant religion and the liberties of Europe.

On the part of His Prussian Majesty, I am authorized to declare that he will make the best and most effectuai use of this sum for the purposes to which it is demanded in support of the common cause.“

Nach der Ausfertigung im Public Record Office zu London.


10443. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Prinz Heinrich meldet, Lager bei Gamig 17. October: „Il n'y a que très peu de troupes qui campent près de Pirna, le reste est à Cotta. Ils marchent vers Frauenstein pour passer, comme on assure, du côté de Freiberg et nous tourner par là. J'ai cru devoir vous en avertir, puisqu'il y a lieu de craindre pour Leipzig, comme le général Hülsen revient de Freiberg. 319-1

Le général Oberg a été battu par le prince de Soubise.319-2 On assure que ce dernier va joindre M. de Contades, pour tomber sur le prince Ferdinand.“

Doberschütz, 18 octobre 1758.

J'ai bien reçu votre lettre du 17 de ce mois et, me référant à celle que je vous ai écrite hier, il ne me reste que de vous y répondre qu'il faut se tourner du côté qui presse le plus, qu'ainsi je suis à vous attendre ici au plus tôt avec deux généraux-majors, 8 bataillons et Kleist avec un bataillon de hussards. Vous laisserez Finck avec les 18 bataillons qui, au cas qu'ils ne sauraient se maintenir, pourront se replier sur Dresde. Il n'est pas apparent que l'ennemi attaque cette ville; on y pourrait faire entrer 10 bataillons, et dès que la besogne se sera faite ici, vous pourrez commodément vous en retourner par Dresde avec vos bataillons, pour reprendre votre ancienne position. Hâtez seulement votre arrivée ici.

Grand Dieu, ma sœur de Baireuth!319-3

Federic.

Nach dem Concept. Der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.

<320>

10444. AN DEN ETATSMINISTER FREIHERRN VON SCHLABRENDORFF IN BRESLAU.

Doberschütz, 18. October 1758.

Ich habe Euer Schreiben vom 12. dieses wohl erhalten und kann Euch darauf weiter nichts in Antwort sagen, als dass Ihr nur etwas Geduld haben müsset, bis dass Ich in kurzem in Stande sein werde, den Sachen dort eine andere Gestalt zu verschaffen, und müsset Ihr nur dahin sehen, den unseren einen guten Muth einzusprechen, damit sie die Contenance ja nicht verlieren.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10445. AU LORD-MARÉCHAL D'ÉCOSSE.

Doberschütz, 19 octobre 1758.

C'est avec bien des regrets, milord Maréchal d'Ècosse, que je vous annonce la mort de mon brave maréchal Keith; et, comme si tous les malheurs devaient se réunir pour m'accabler, la princesse de Baireuth, cette sœur la plus chérie, et qui mérita le plus de l'être, vient aussi de m'être enlevée. Dieu vous conserve et vous ait en sa sainte garde!

Federic.

Quelle triste nouvelle et pour vous, et pour moi!

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig. 320-1


10446. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Dresden, 19. October 1758.

Eichel meldet, dass „heute früh“ von des Königs Majestät ein expresser Feldjäger eingetroffen sei.

Von Höchstderoselben habe durch den erwähnten Expressen die Nachricht erhalten, dass dorten noch alles in statu quo ist, ausser dass die feindliche Armee sich wegen ihres rechten Flügels einige Mouvements gemachet und solcher sich von denen Anhöhen, worauf er gestanden, herunter mehr nach der Plaine gegen die Seite von Bautzen zu gezogen haben soll. Es kann sein, dass der Feind dadurch einige Fierté wegen seiner vermeintlich erhaltenen letzteren Avantage marquiren will. Beide Armeen stehen also noch gar nahe gegen einander. Und da der Feldmarschall Daun letzthin einige Corps von der Kreiserarmee an sich gezogen haben soll, so seind heute noch gegen anbrechenden Tag des Prinz Heinrich Hoheit mit einem Corps von verschiedenen Bataillons und einem Train d'artillerie von hier aufgebrochen, um zu des Königs Majestät zu stossen, und muss es mithin sich in<321> wenigen Tagen ausweisen, ob es noch zwischen vorgedachten beiden Armeen zu einer decisiven Action kommen wird oder nicht.

Die Beschaffenheit der letzteren Affaire vom 14. dieses werden Ew. Excellenz aus dem Deroselben durch den Feldjäger Feller, so den 17.321-1 dieses hier abgegangen, zugekommenen königlichen Handschreiben und der solchem beigefügten Relation ersehen haben.321-2 Es ist allemal übel genug, dass der rechte Flügel von des Königs Armee von dem Feinde surpreniret werden können; ich erfahre aber immer mehr und mehr, dass gottlob! der Verlust unsererseits bei weitem nicht so gewesen, als solcher in der ersten Désordre geachtet werden wollen und auch bei der Consternation in denen Horreurs der Nacht auch bei einer Surprise sein können, da sich vieles wieder von denen, so sich bei dem erstem Ueberfall theils verlaufen, theils verirret, wieder eingefunden hat.321-3

Dahergegen dem Feind seine Entreprise gar theuer zu stehen gekommen und er, wie man mir gesaget, alleine an Todten gegen 8000 Mann gehabt, exclusive der Blessirten, und seinen Verlust selbst auf bis 7000 angeben soll. Wie dann unsere Kavallerie und Husaren eine gar entsetzliche Massacre unter ihrer besten Infanterie ausgeübet haben soll. Ich erwarte noch alle Stunde ein mehreres Detail von allem, so alsdenn sogleich zu communiciren nicht ermangeln werde.

Die Prinz Heinrich'sche Armee stehet indess, ausser denen Bataillons, so, wie gedacht, der Prinz mit sich genommen, noch auf ihrem bisherigen Posten. Höchst zu wünschen wäre es aber wohl überall, dass des abscheulichen Vergiessens von Menschenblut durch einen redlichen Frieden ein Ende gemachet würde.

Eichel übersendet dem Minister verschiedenartige Briefschaften.

Eichel.

P. S.

Der Todesfall der Frau Markgräfin von Baireuth Hoheit embarrassiret mich in Egard Sr. Königl. Majestät mehr wie, so zu sagen, alle Kriegesoperationes, da ich urtheile, wie höchst sensible und accablant solcher Deroselben sein müsse. Der Herr Kriegesrath Coeper schreibet mir gestern, dass, obgleich alles beobachtet worden, um des Königs Majestät nach und nach dazu zu präpariren, dennoch diese betrübte Zeitung einen unbeschreiblich grossen Eindruck auf Höchstdieselbe gemachet habe, und er nicht glaube, dass die Wehmuth weiter gehen könne.

Nach der Ausfertigung.

<322>

10447. AU MINISTRE DE LA GRANDE-BRETAGNE MITCHELL A DRESDE.

Doberschütz, 19 octobre 1758.

Le général saxon de Crousaz, qui est encore mon prisonnier de guerre, m'ayant écrit une lettre de La Haye en date du 6 de ce mois,322-1 par laquelle il me marque que, vu le triste embarras où il se trouvait, il se voyait réduit d'opter ou à manquer à sa parole ou à désobéir et de perdre son emploi au service de Saxe, je lui ai répondu qu'il devait tâcher d'entrer au service de la Grande-Bretagne, et que je m'intéresserai pour lui en vous écrivant en sa faveur. J'ai bien voulu vous en avertir, Monsieur, et vous prier d'appuyer auprès de votre cour la requête que ledit général pourrait lui adresser pour entrer à son service.322-2

Federic.

Nach der Ausfertigung im British Museum zu London.


10448. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE DOHNA.

Doberschütz, 19 octobre 1758.

J'ai bien voulu vous communiquer par cette lettre un avis qui m'est entré de bon lieu,322-3 savoir que le comte Woronzow, en envoyant au comte Golowkin à La Haye la relation de la bataille du 25 d'août, lui dit en même temps que, malgré les succès des Russes qui avaient mis le maréchal Daun en état d'exécuter le beau plan concerté, la saison avancée, la difficulté d'envoyer à leur armée des recrues, les322-4 subsistances, les munitions, à cause de l'éloignement, obligerait peut-être l'impératrice de Russie de la faire retourner bientôt vers la Vistule, afin de pouvoir recommencer les opérations au printemps prochain avec autant plus de vigueur, sur quoi ses alliés pouvaient faire fond; en ajoutant cependant que lui, Golowkin, n'en devait pourtant rien dire encore au comte d'Affry ni au ministre autrichien,322-5 et qu'il ne l'en préparait d'avance que pour lui faire savoir quel langage il aurait à tenir, le cas de la retraite arrivant.

Vous ménagerez extrêmement cet avis, qu'on ne vous communique que pour votre direction seule; au reste, je viens de donner ordre au<323> général-major de Wedell de vous renvoyer le régiment de Plettenberg,323-1 dès que les Suédois auraient passé l'Uckermark.323-2

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10449. AN DEN GENERALLIEUTENANT ERBPRINZEN VON HESSEN-CASSEL.

Doberschütz, 19. October 1758.323-3

Ew. Liebden beide Berichte vom 19. dieses habe Ich so eben richtig erhalten, und bin Ich der Meinung, dass die Stadt von einer feindlichen Attaque, indem wir bald bei der Hand sein würden, nichts zu besorgen hat. Unterdessen werden Ew. Liebden ganz wohl daran thun, zu mehrer Précaution die Bataillons, so vorm Thor campiren, herein in die Vorstadt zu legen.

Friderich.

Ich schicke Zieten hin nach Bautzen, um sich mit Ihnen zu bereden.

Friderich.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10450. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Doberschütz,] 20 [octobre 1758].

Mon cher Frère. Quoique votre arrivée soit aussi nécessaire qu'agréable, je crois cependant devoir vous dire qu'il est nécessaire que vous arriviez avec tout le corps, et que peut-être, s'il est nécessaire, je vous enverrai de la cavalerie au devant. Vous pouvez marcher droit sur Bautzen et y faire cantonner toutes les troupes, aux hussards près. Adieu, cher frère, je vous embrasse.

Federic.

A 4 heures du matin.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10451. AN DEN GENERALLIEUTENANT ERBPRINZEN VON HESSEN-CASSEL.

Doberschütz, 20. October 1758.

Ew. Liebden danke Ich für die Mir von dem Marsch verschiedener Trupps feindlicher Husaren durch Neuendorf und Butzke323-4 gege<324>bene Nachricht. Ich weiss schon, was es mit solchen für Bewandniss hat, und sollen sie Mir hoffentlich nicht viel Schaden thun.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Königl. Staatsarchiv zu Marburg.


10452. AN DEN GENERALLIEUTENANT ERBPRINZEN VON HESSEN-CASSEL.

Doberschütz, 20. October 1758.

Ew. Liebden zweites Schreiben vom 20. dieses erhalte Ich so eben, und da nunmehr noch 4 Bataillons in Bautzen eingerücket sind, so sollte Ich meinen, dass es mit der projectirten Attaque des General Laudon's nichts werde zu sagen haben.324-1 Auf den Fall aber, dass es wirklich dazu kommen sollte, so werden Ew. Liebden belieben, sogleich mit 7 Bataillons heraus aus der Stadt zu marschiren und dem Feinde, welcher nicht stark sein kann und meist aus Panduren bestehet, grade auf den Hals zu gehen. Sollte der General Laudon die Attaque effectuiren, so geschiehet es jenseit der Stadt. Die Garnison muss unterdessen wohl auf ihrer Hut sein, und müssen sich die Leute nicht ausziehen, sondern auf allen Fall parat sein.

Ich werde übrigens den Generallieutenant von Zieten auch hinschicken.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Königl. Staatsarchiv zu Marburg.


10453. AN DEN GENERALMAJOR VON WEDELL.

Doberschütz, 21. October 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 15. dieses wohl erhalten, und bin Ich von dessen Inhalt vollkommen zufrieden. Ich kann die guten und vernünftigen Anstalten, so Ihr bei allen dem, so Ihr Mir in obigem Euren Bericht meldet, vorgekehret habet, nicht genug rühmen, und habet Ihr nur weiter auf eben dem Fuss fortzufahren, um der Schweden in kurzem ganz entledigt zu sein.

Das Plettenberg'sche Regiment Dragoner betreffend,324-2 so hat der Generallieutenant Graf von Dohna dessen gegen die Russen nöthig, sonst er Euch solches gewiss nicht abgefordert haben würde.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Wedell'schen Familienarchiv zu Ludwigsdorf in Schlesien.

<325>

10454. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Doberschütz, 21. October 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 17. October richtig erhalten, und ist Mir lieb aus solchem zu vernehmen gewesen, dass die Russen vor Colberg nichts ausrichten, und dieses confirmiret die Nachricht, welche Ich Euch bereits gegeben habe,325-1 nach welcher die Belagerung gar schon aufgehoben sein soll. Uebrigens sollten die Russen sich wirklich retiriren, so müsset Ihr sie nicht allzu weit mit Eurer Infanterie verfolgen, und müsset Ihr Euch genügen lassen, ihnen den Generalmajor von Platen325-2 und Husaren nachzuschicken, bis dass sie Pommern geräumet haben würden. Ich glaube, dass die Russen auf den Fall Driesen evacuiren werden. Sollten sie sich aber da noch zu mainteniren suchen, so muss der Generalmajor von Wobersnow dahin, um sie zu delogiren, und müssten zu dem Ende die dazu erforderliche Canons von Küstrin und das Pulver von Berlin her geholet werden.325-3 Mit denen übrigen Truppen könntet Ihr sodann nach dem Schwedischen Pommern in die Winterquartiere gehen.

Ich hoffe, in wenig Tagen Euch gute Nachricht von hier aus zu geben.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10455. AN DEN GENERALMAJOR VON WEDELL.

Doberschütz, 21. October325-4 1758.

Ich bin von dem, was Ihr Mir von Euren weitern Progressen gegen die Schweden unterm 18. October gemeldet habet, ungemein zufrieden, und müsset Ihr weiter darauf bedacht sein, den Feind zu obligiren, die ganze Uckermark zu räumen, und habe Ich Euch hierdurch präveniren wollen, dass, auf den Fall der Generallieutenant Graf von Dohna nach Schwedisch-Pommern, wann die Russen, wie es sich nunmehr dazu anlässt, aus Hinterpommern sein werden, mit seinem Corps d'armée marschiren wird, Ihr sodann mit Eurem Corps Euch nach Magdeburg und Halle wenden müsset und Meinem Bruder, dem Prinzen Heinrich, Nachricht davon zu geben und dessen weitere Ordres zu erwarten habet.

Der Major von Schenckendorff, mit dessen Conduite der König sehr zufrieden 'st, wird zum Oberstlieutenant ernannt.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Wedell'schen Familienarchiv zu Ludwigsdorf in Schlesien.

<326>

10456. AU MINISTRE DE LA GRANDE-BRETAGNE MITCHELL A DRESDE.

Mitchell schreibt, Dresden 18. October, der englische Gesandte Keith in Petersburg habe ihm mitgetheilt, dass er begonnen habe, nach den Vorschlägen Mitchell's vom 29. August326-1 am Petersburger Hofe zu handeln. „Le Vice-Chancelier326-2 a déclaré qu'il a été toujours contre la guerre, et, à la fin de leur conversation, il lui dit à l'oreille qu'il sera heureux de recevoir les ordres de l'Impératrice de traiter avec lui des moyens de la finir.“

Doberschütz, 21 octobre 1758.

J'ai reçu l'obligeante lettre que vous m'avez écrite en date du 18 de ce mois, et je vous remercie de la nouvelle que vous m'y marquez du succès de l'ouverture que le sieur Keith a faite à Pétersbourg en suite des instructions que vous lui avez fait parvenir en date du 29 d'août dernier, et je. me flatte qu'il réussirait d'autant plus aisément à ramener la cour de Russie à des sentiments de modération, s'il pouvait réussir à gagner un certain sieur Katt326-3 ou Kitt, Anglais de nation, qui doit être en grand crédit à la cour de Russie. Je vous prie d'en toucher un mot au sieur de Keith de ma part.

Quant à moi, je me mettrai en marche d'ici en quelques jours, et je tâcherai, s'il y a moyen, de tourner l'ennemi pour voir l'effet que cela produira. Vous saurez, d'ailleurs, que les Autrichiens se proposent d'assiéger Neisse, et qu'ils s'y sont préparés, et vous pouvez bien croire que je dois être embarrassé pour me tirer d'affaire avec tant d'ennemis; mais je verrai ce que je pourrai faire.

Federic.

Nach der Ausfertigung im British Museum zu London.


10457. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

Doberschütz, 21 octobre 1758.

La lettre de Votre Altesse du 15 de ce mois m'a été bien rendue, et je suis fâché que le général d'Oberg ait essuyé l'échec dont Votre Altesse y fait mention.326-4 Je me flatte, en attendant, que Votre Altesse saura bien redresser les inconvénients qui en pourraient résulter. Je suis d'ailleurs bien aise d'avertir Votre Altesse qu'il m'est revenu que le prince Soubise devait avoir détaché le prince Xavier de son armée,326-5 et que le maréchal de Contades comptait de se renforcer dudit prince Soubise, pour tomber sur Votre Altesse.326-6

Au reste, je pourrai peut-être donner en peu à Votre Altesse de bonnes nouvelles d'ici.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Geoeralstabs zu Berlin.

<327>

10458. AN DEN GENERALMAJOR VON FINCK.327-1

Doberschütz, 21. October 1758.

Im Fall ein feindliches Corps unsere Armee in die rechte Flanque gegen Kesselsdorf kommen und des Laudon's Corps, wie es heisset, zur Verstärkung vom Zweibrück'schen Corps marschiren sollte, so muss das Lager bei Bennrich327-2 von uns genommen werden, ehe es der Feind occupiren kann. Die Bäckerei muss sodann aus Dresden herausgezogen werden, und muss, auf den Fall das Mehl nicht mehr aus Dresden zu bekommen, solches aus Torgau hergenommen werden.

Zugleich muss auch an den Generalmajor von Hauss327-3 geschrieben werden, dass auf den Fall ein starkes feindliches Corps käme, so Leipzig attaquiren wollte,327-4 dass er die Leipziger Bürger in Aengste setzen sollte, die Vorstadt anzustecken, und dass, wann der Feind Ernst brauchen sollte, er sich sodann aus Leipzig herausziehen und über Halle nach Magdeburg marschiren und sich da hereinwerfen müsste.

Nach dem Concept.

Friderich.


10459. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE DOHNA.

Doberschütz, 22 octobre 1758.

Vous jugez sans doute que votre lettre du 18 de ce mois a dû me causer du plaisir, par ce qu'elle renferme sur la retraite des Russes et l'évacuation de Landsberg, Driesen etc., et j'approuve fort l'intention où vous êtes de vous tourner — dès que toutes les bonnes nouvelles que vous me donnez à ce sujet, se seront confirmées, et que Colberg sera effectivement délivré — contre les Suédois. Vous vous borneriez simplement à détacher le général Platen avec des dragons et hussards à la poursuite des Russes,327-5 avec ordre d'avancer, si faire se peut, un peu sur le territoire de Pologne, lui recommandant de s'y bien comporter envers les Polonais et de leur insinuer que c'était pour les délivrer des Russes, à quoi aboutissaient ses démarches.

Vous avertirez le général-major Wedell de votre prochain retour contre les Suédois, afin qu'il y compassé ses mouvements selon mes ordres.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10460. AN DEN GENERALMAJOR VON WEDELL.

Doberschütz, 22. October 1758.

Nach Meinen letztern Nachrichten retiriren sich die Russen aus Hinterpommem wirklich nach Polen.327-6 Es wird der Generallieutenant<328> Graf Dohna, wie ihm solches aufgegeben, mit Euch correspondiren. Eures Orts müsset Ihr, sobald die Schweden aus der Uckermark oder doch der Graf von Dohna nur mit seiner Armee à portée oder auf dem Marsch sein wird, gegen die Schweden zu operiren, Euch nicht länger aufhalten, sondern — da Ich vernommen, dass der Prinz Soubise den Prinz Xavier von Sachsen detachiret haben soll, um auf Freiberg und Leipzig zu marschiren — Euern Marsch auf das Halberstädtische antreten, um Euch von da aus mit dem Generalmajor von Finck von Meines Bruders, des Prinzen Heinrichs, Armee zu concertiren und ihn von allem, so im Halberstädtschen, Magdeburgischen und der Gegend Halle vom Feinde zu Eurer Connaissance etwa kommen möchte, zu benachrichtigen und dem zufolge gemeinschaftlich Eure Mesures danach nehmen.

Der Etats- und Cabinetsminister Graf von Finckenstein zu Berlin wird Euch zu Eurer Correspondance mit dem Generalmajor von Finck einen Chiffre übermachen; Ihr werdet solchen Chiffre sorgfältig asserviren müssen; er dienet aber lediglich zu obiger Euerer Correspondance mit dem Generalmajor von Finck, und hat ihn niemand anders als Ihr beide unter Euch.

Wann Ihr, wie Ich vermuthe, in etwa drei Wochen Zeit in der Gegend von Halberstadt, Magdeburg oder Halle sein werdet, werdet Ihr aus dem Anhaltschen Eure Subsistance mitnehmen können.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Wedell'schen Familienarchiv zu Ludwigsdorf in Schlesien.


10461. AN DEN ETATSMINISTER FREIHERRN VON SCHLABRENDORFF IN BRESLAU.

Doberschütz, 22. October 1758.

In Verfolg Meines Schreibens an Euch vom 16. dieses habe Ich Euch benachrichtigen wollen, dass Ich noch Willens sei, mit Meiner Armee nach Schlesien zu marschiren, und dass Ihr dieserwegen unter der Hand die erforderlichen An[stalt]en zu Verpflegung Meiner Armee machen müsset, damit auf weiteres Erfordern alles parat sei und es an nichts fehlen müsse. Zu Eurer Nachricht kann Ich Euch sagen, dass bis auf den 26. dieses Ich zu leben bei Mir habe.

Uebrigens da die Russen nunmehr auf Polen sich retiriren, so müsset Ihr ausbringen, dass der General Graf Dohna mit seiner ganzen Armee nach Schlesien sich im Marsch befinde.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.

<329>

10462. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Dresden, 22. [October] 1758.

Eichel schreibt, dass vom Könige keine neuen Nachrichten eingetroffen seien.

Ich glaube, dass vielleicht die Conjonction derer Bataillons, mit welchen des Prinz Heinrich Hoheit zur Armee gestossen seind, die Ursache der Behinderung davon ist, wiewohl wir uns hier nunmehro auch alle Tage ganz importante Nachrichten vermuthen müssen, da, wie ich glaube, Ew. Excellenz letzthin schon gemeldet zu haben, die feindliche Armee von denen Bergen, worauf sie sonsten gestanden, nach der Affaire vom 14. dieses herunter in die Plaine und mit einem Flügel näher an Bautzen gerücket ist, so dass beide Armeen gar nahe an einander stehen und fast gar nicht zu zweifeln ist, dass nach geschehener Conjonction mit des Prinz Heinrich Hoheit es nicht bald zu einer decisiven Affaire kommen sollte; wozu uns dann der Allerhöchste Glück und Segen geben und insonderheit nur des Königs Person nebst der von Dero Herrn Bruders Hoheit bewahren und conserviren wolle.

Wegen der Kreiserarmee hat mir der Herr Generalmajor von Finck noch gestern geschrieben, wie der General Hadik bei Chemnitz, der General Ujházy in Zwickau, der Prinz von Zweibrück in Giesshübel und der grösseste Theil seiner unterhabenden Armee hinter Cotta stehe, es auch nicht scheine, als wenn solche Lust habe, das zu Gamig von dem Prinz Heinrich zurückgelassene Corps d'armée zu attaquiren, wowider inzwischen dieses auf seiner Hut und auf alle Fälle parat sei.

Es ist nur sehr zu wünschen, dass sich die Nachricht weiter confirmiren möge, welche mir gestern ein von dem Generallieutenant Graf Dohna angekommener und weiter an des Königs Majestät gegangener Feldjäger von der Retraite der russischen Armee aus Pommern über Callies nach Polen, von der aufgehobenen Belagerung von Colberg und von der Aussage eines Burgemeister aus Pyritz,329-1 so von denen Russen zurückgeschicket worden, mitgebracht hat, als welches alles Ew. Excellenz schon bekannt sein wird, und welches die Freude derer Feinde von Sr. Königl. Majestät über die Sache vom 14. dieses und über die Affaire in Hessen mit dem General Oberg329-2 sehr temperiren, auch denen Sachen, zumalen bei von Gott zu hoffenden neuen Successen Sr. Königl. Majestät wiederum eine ganz neue Face geben dörfte. Das letzte an Rexin ergangene chiffrirte Schreiben, das durch den Berliner Kaufmann Schickler an einen Correspondenten in Amsterdam zur Weiterbeförderung übersandt war,329-3 ist auf dem Comtoir in Amsterdam aus Versehen geöffnet worden. Eichel befindet sich darüber in Unruhe und räth, dass Schickler künftig einem anderen Correspondenten die Briefe zugehen lasse.

Eichel übersendet an Finckenstein eine chiffrirte Abschrift von Knyphausen's Bericht „au Roi seul“ vom 29. September329-4 und bittet, über den Inhalt vorläufig strengstes Geheimniss zu bewahren.

<330>

Sogleich, da ich dieses gemeldet habe, kommt allhier ein Feldjäger von des Königs Majestät Armee an, welcher mir die gute Nachrichten bringet, dass nicht nur Dieselbe noch ganz wohl seind, sondern dass auch ehegestern Nachmittag des Prinzen Heinrich Hoheit mit denen bei Sich gehabten Bataillons und ganzem Train glücklich zu des Königs Majestät gestossen seind, ohne dass der Feind diese Conjonction zu behindern oder doch beschwerlich zu machen etwas tentiret habe, vielmehr hätten des Prinzen Hoheit unterwegens noch ein kleines österreichsches Commando Husaren von 1 Officier und 30 Mann, so sich in einem unsern Couriers und Estafettes gefährlichen Posten der Gegend Königsbrück nichiret und eine Stunde vorher einen hieher gehenden Feldjäger (der aber demohneracht Mittel gefunden, die bei sich gehabte Briefe hieher zu schaffen) enleviret hätte, ganz und gar aufgehoben und gefangen eingebracht. Beide Armeen stünden noch in erstgedachter Position, mithin so nahe, dass es wohl nicht anders als bald zu einer Affaire kommen müsste, die der König um so eher engagiren dörfte, als ihm die Position des feindlichen linken Flügels dazu die Gelegenheit böte, den der Feind deshalb auch en force gesetzet habe.

Ew. Excellenz empfehle mich nur noch übrigens zu geneigtestem Andenken.

Eichel.

Eichel bestätigt in einem P. S. den Empfang von Briefschaften.

Nach der Ausfertigung.


10463. AN DEN GENERALLIEUTENANT VON BRANDES IN BRESLAU.

Doberschütz, 23. October 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 13. dieses richtig erhalten, und könnet Ihr dort, maassen Ihr vom Feinde nichts zu besorgen habet, ganz ruhig sein. Ich habe Mir vorgenommen, nach Schlesien zu marschiren, da Ich dann alles, was von feindlichen Truppen in Schlesien befindlich, wegzujagen verhoffe. Denn ob Ich gleich den 14. dieses hieselbst einen kleinen Echec erlitten, so hat es doch damit nicht viel zu bedeuten, und bin wohl persuadiret, dass der Feind vor Neisse nicht lange sich aufhalten, sondern über Zuckmantel bald zurückgehen werde.

Friderich.

Nach dem Concept.


10464. AN DEN OBRISTLIEUTENANT VON SASS IN BRIEG.330-1

Doberschütz, 23. October 1758.

Euer Schreiben vom 13. dieses habe Ich richtig erhalten, und kann Ich Euch darauf in Antwort sagen, dass Ich in kurzem darauf werde denken können, Euch Hülfe zu schicken, um bei Euch und überhaupt in Schlesien alles wieder in erwünschete Ordnung zu setzen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.

<331>

10465. AN DEN GENERALLIEUTENANT VON TRESKOW IN NEISSE.

Doberschütz, 23. October 1758.

Es hat Mich nicht wenig befremdet, dass Ihr die Resolution machen können, Mir einen Officier hieher zu schicken. Thut nur Euer Devoir und defendiret Eure Festung, und haltet Euch versichert, dass Ich zur rechten Zeit da sein werde, um Euch Luft zu machen.

Friderich.

Nach dem Concept.


10466. AN DEN GENERALMAJOR VON FINCK.

Doberschütz, 23. October 1758.

Da man hier die Zeitung ausbringen wollen, dass die Reichsarmee sich über die Elbe zu ziehen gemeinet, so kann Ich zwar nicht davon judiciren; auf den Fall aber, dass diese Nachricht gegründet sein sollte, so müsset Ihr Euch auch herumziehen, um dem Feind in den Rücken zu kommen und ihm die Subsistance abzuschneiden suchen. Ihr müsset aber Eure Position so nehmen, dass Ihr nichts dabei risquiren könnet. Wofern aber obige Nachricht nicht gegründet sein sollte, so habt Ihr die durch den Prinz Heinrich Euch zugekommene Ordre zu executiren. Dem Ueberbringer dieses werdet Ihr zehn Ducaten auszahlen und Mir berechnen.

Friderich.

Nach dem Concept.


10467. AN DEN GENERALMAJOR VON WEDELL.

Doberschütz, 23. October331-1 1758.

Da es Mir fast vorkommt, als wäre der Feind gesonnen, ein Corps von seiner hiesigen Armee nach der Mark defiliren zu lassen, als habt Ihr von dem, was der Orten vorgeht, genaue Kundschaft einzuziehen und grade nach Berlin zu marschiren. Ich habe an den Generallieutenant Graf von Dohna bereits die Ordre gestellet,331-2 ein Regiment Dragoner von seinem Corps zu Euch zu detachiren, und werdet Ihr nach Erforderniss der Umstände alsdann à portée sein, entweder nach Halle oder nach Sachsen oder, wo es sonsten nöthig sein wird, zu marschiren.

Friderich.

Nach einer Abschrift in den Ministerialakten.331-3

<332>

10468. AN DEN ETATSMINISTER FREIHERRN VON SCHLABRENDORFF IN BRESLAU.

Doberschütz, 24. October332-1 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 21. dieses richtig erhalten, und denke Ich den 26. dieses bei Görlitz zu sein, und da Ich glaube, dass die Oesterreicher alles anwenden werden, um Mich nicht nach Schlesien zu lassen, so supponire Ich, dass dieser Marsch zu einer Bataille Gelegenheit geben wird, und dass, wann diese Leute geschlagen, in Schlesien alles von selbst wegfallen werde. Meine Vortruppen werden also vielleicht schon den 28. dieses Schlesien erreichet haben, oder der Feind müsste etwa nach der Mark zu gehen intendiren wollen, auf welchen Fall Ich ihm dahin332-2 auf dem Marsche attaquiren müsste; weiter lasset sich von denen jetzigen Umständen nichts sagen.

Meine Idee ist übrigens, dass Ich Mehl aus Schweidnitz, wenn Ich bei Jauer marschire, bekommen könne, zu welchem Ende gut sein wird, dass Ihr das zum Transport von etwan 200 Winspel Mehl von Schweidnitz zur Armee benöthigte Fuhrwesen parat haltet. Mein Proviantfuhrwesen und zu leben bis zum 6. oder 8. November habe Ich bei Mir.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10469. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Dresden, 25. October 1758.

...Von des Königs Majestät . . . habe ich durch andere nur bloss erfahren, dass Höchstdieselbe den 23. dieses noch in Dero vorigen Position gestanden, Tages darauf aber aufbrechen wollen, pour332-3 tourner l'armée ennemie du côté de Gœrlitz, afin d'engager, s'il est possible, une affaire décisive et de secourir de là la Silésie qui est fort menacée du côté de Neisse.

Quant à la nouvelle alarme qu'un corps des troupes ennemies donne ici même pour Berlin,332-4 je me réfère à la lettre du général Schmettau. Ce que je crains encore, c'est que par là la correspondance ne souffre. Il faut que je me borne à cela, vu qu'on vient me dire que les chemins ne sont plus sûrs auprès de Torgau, peut-être parcequ'on attribue un dessein à Laudon qui doit avoir marché hier de Camenz à Grossenhain, chemin qui mène droit ou vers Torgau ou vers Berlin.

Bei nächster Gelegenheit ein mehreres zu melden, muss mit Ew. Excellenz gnädigen Erlaubniss mir vorbehalten.

Eichel.

Nach der Ausfertigung.

<333>

10470. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Ullersdorf,333-1 25. October333-2 1758.

Da es Mir fast vorkommt, als wollte der Feind von hier aus von seiner Armee ein Corps nach der Mark detachiren,333-3 so habe Ich resolviret, um ihm den Willen dazu zu benehmen, dass Ihr unter dem Generallieutenant Manteuffel 8 Bataillons, ein Regiment Dragoner und Husaren von Eurer Armee gegen die Schweden detachiren und mit dem Rest Eurer Armee zu dem Generalmajor von Wedell stossen sollet, um auf Dahme,333-4 Lübben oder Sonnenwalde, wie Ihr es à propos finden würdet, zu marschiren und dem Feinde entgegenzugehen; da Ihr dann mehr als hinreichend stark sein werdet, um den Oesterreichern die Lust zu benehmen, in die Mark einzudringen; und muss der Generalmajor von Wedell nur immer nach obspecificirten Gegenden abmarschiren, indem es immer gut sein wird, dass sich nur jemand vorerst dem Feinde der Orten zeiget.333-5

Eure Subsistance werdet Ihr aus dem Sächsischen hernehmen können.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10471. AN DEN ETATSMINISTER FREIHERRN VON SCHLABRENDORFF IN BRESLAU.

P. S.333-6

Görlitz, 26. October 1758.

Wir haben seit gestern dem Feinde zwei forcirte Märsche abgewonnen, damit haben wir den Posten von Görlitz genommen. Heute haben wir eine affaire de cavalerie gehabt, wo wir mit den österreichischen Carabiniers und Cuirassiers zu thun gehabt und 8 Officiers nebst 500 Gemeinen zu Gefangenen gemacht haben.333-7 Auf dem gestrigen Marsche haben wir ebenfalls 8 Officiers und 150 Gemeine gefangen bekommen. Wir haben alle unsere Blessirte in Sicherheit gebracht und<334> nichts von unserer Armee-Equipage verloren, hingegen aber wohl feindliche Wagens bekommen.

Ich wende Mich nun auf der schlesischen Grenze, so dass, wann Ich von hier nach Schlesien gehe, auf Greifenberg marschiren werde.334-1

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv dss Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10472. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Görlitz, 27 octobre 1758.

J'ai bien reçu vos dépêches du 17 et du 20 d'octobre, tout ainsi que la lettre que vous m'avez écrite à l'occasion de la mort de la margrave de Baireuth qui, comme vous l'avez bien prévu, m'afflige infiniment.334-2 Il m'en coûtera beaucoup de me remettre un peu de l'accablante impression qu'elle a faite sur moi, et je vous sais beaucoup de gré de prendre part à un objet qui me touche de si près.

Voilà enfin la Diète en Pologne rompue,334-3 dont vous marquerez mon contentement à Benoît.

Quant à la commission dont la cour de Vienne a chargé celle de Danemark relativement aux affaires concernant le Mecklembourg,334-4 la cour de Danemark vous semble vouloir se servir de ce prétexte pour veiller à la conservation du Mecklembourg. Vous sentez bien que c'est proprement là une idée du baron Bernstorff; mais je vous prie de considérer que les démarches de la Suède et même celles du duc de Mecklembourg contre moi m'ont obligé à la conduite que nous avons tenue relativement à ce duché, et qu'autant que la Suède ne voudra point adopter la neutralité, ni le duc de Mecklembourg afficher d'autres sentiments, je ne pourrai guère m'empêcher d'agir comme j'ai fait jusqu'ici; mais je me flatte que les affaires en viendront à des termes de négociation pendant le courant de l'hiver, et qu'alors il ne sera plus question de l'affaire particulière touchant le Mecklembourg.

Nach der Ausfertigung.334-5


10473. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Dresden, 27. October 1758.

Nachdem ich gestern mit dem Herrn Generallieutenant Graf von Schmettau wegen dessen vorhin gehabten Nachrichten von einem bei Grossenhain angeblich stehenden Corps unter Commando des Laudon334-6<335> gesprochen, hat derselbe mir gesaget, dass nach denen ihm weiter eingegangenen Nachrichten die von des Laudon Anwesenheit zu gedachtem Grossenhain unrichtig befunden worden, welches auch eine unserer Husarenpatrouillen, so selbst an diesem Orte gewesen, confirmiret habe; wohl aber stünde zu Königsbrück ein Corps von ohngefähr 1000 Panduren nebst etwas Husaren, so durch die sächsische Lausnitz, auch in Sachsen selbst jenseit der Elbe, auch dem Verlaut nach im Chur- und Meissenschen Kreise, starke Geldcontributiones ausschriebe, so dass die Sachsen, da sie auch zugleich an uns ihre ordinäre Praestanda zu bezahlen hätten, deshalb in grosser Verlegenheit wären, da sie sich von den Oesterreichern von neuem als feindlich tractiret sähen.

Erwähnter Herr General sagte mir zugleich, wie es seine Richtigkeit habe, dass in der Gegend von Königsbrück ausser obgedachtem Corps Panduren noch ein stärkeres Corps von regulären und irregulären österreichschen Truppen gestanden, desgleichen, dass vor einigen Tagen ein Detachement von 8 Bataillons und 2 Regimenter Dragoner von der Armee des Prinzen von Zweibrück nebst 30 Canons über die österreichsche Schiffbrücke der Gegend Schandau nach Neustadt defiliret sei; wie aber sowohl seine Kundschafter als andere sächsische Leute wissen wollen, so hätten sich beide letztgedachte Corps ganz schleunig auf den Feldmarschall Daun repliiren müssen.

So viel habe ich von mehrgedachtem Herrn Generallieutenant verstanden, der mir auch versprochen hat, noch heute an Ew. Excellenz und an den Herrn Generallieutenant von Rochow deshalb schreiben zu wollen. Es scheinet also wohl nicht, dass vor der Hand etwas wegen Torgau oder gar Berlin zu besorgen sei . . .

Eichel empfiehlt jedoch, in Berlin ein Arrangement zu treffen, um auf alle Fälle sichere und prompte Nachrichten von dem zu haben, was in der Lausitz vorgehe; er schlägt als Correspondenten den Postmeister Witte in Kottbus vor.

Wir haben auch noch keine weitere Nachricht von des Königs Armee weiter gehabt und sehen solcher mit vieler Ungeduld entgegen, seind auch in einiger Verlegenheit wegen eines Convois von Kranken und Blessireten, welche des Königs Majestät vor Evacuation von Bautzen hieher schicken wollen,335-1 die335-2 auch unter Escorte von ein paar Bataillons bis Camenz gekommen ist, wegen des dermalen in dortiger Gegend stark gestandenen Feindes nicht hieher durchkommen können, und von welcher wir bis dato noch nicht wissen, ob sie sich auf Hoyerswerda, Senftenberg oder sonst der Orten gewandt haben335-3 und auf Frankfurt an der Oder gegangen sein. Hier in der Stadt will man bald dieses, bald<336> jenes davon sagen, spricht auch unter der Hand, als ob vor ohngefähr zwei Tagen eine Affaire zwischen des Königs und der Daun'schen Armee, und zwar zum Nachtheil der letzteren vorgefallen sei, deshalb auch die vorerwähnte beide feindliche Corps von Königsbrück und von Neustadt sich so sehr geschwinde nach dem Daun ziehen müssen; es ist aber hier ein so sehr schwätz- und lügenhaftes Volk, dass man sich auf dessen Reden und Nachrichten in nichts Staat machen kann.

Graf Schmettau hat „gestern gegen Abend die hier seit ein paar Tagen gewartete Couriers“ von Dohna, Wedell und Prinz Ferdinand unter einer Husarenescorte an den König abgehen lassen. Eichel hat die für den König ihm zugekommenen Briefe mitgeschickt.

Ich habe gar kein Bedenken gefunden, denjenigen Bericht an des Königs Majestät, so Ew. Excellenz mir mit Dero gestern Mittag hier erhaltenen gnädigen Schreiben zu adressiren beliebet haben, mit abgehen zu lassen, indem ich selbst der Meinung bin, dass solcher die Berichte des Generaldirectorii favorisiren könne.336-1 Indess ich mein Urtel über die Réussite der letzteren um so mehr suspendiren muss, als mit dem Wedell'schen Corps wohl nächstens einige Veränderung vorgehen336-2 und anderweitig davon disponiret werden dörfte, auch vorhin schon des Königs Majestät an den Etatsminister Herrn von Schlabrendorff eine Summa von ohngefähr 300,000 Thaler und etwas drüber von denen englischen Subsidiengeldern, welche zu allererst nach Berlin eingehen werden, zu höchst pressanten Ausgaben assigniret haben, welche demselben auch wohl nicht werden vorenthalten werden können. Es wäre also wohl sehr zu wünschen, dass Herr Schickler und Schütze sich stark pressireten, nur in Engelland, sobald es menschmöglich ist, aufzuräumen und die Fonds nach Berlin zu ziehen, damit sonsten es nicht daran fehle, es moutarde après le dîner werde und irreparable Präjudicia daher entstehen, worüber mich umständlicher zu expliciren, vor dieses Mal die Zeit und der Raum nicht leidet. Mein Wunsch ist nur, dass des Herrn von Boden Excellenz nicht über alles so sehr acariâtre wären und den Minister von Schlabrendorff in gewissen Stücken etwas stark chicanireten, worüber des Königs Majestät schon Tonnen Goldes verloren haben. Doch ist dieses meine Sache nicht, noch mich davon zu mehren, zumalen da ich, von des Königs Majestät jetzo abwesend, nicht wissen kann, wie Dieselbe von Ihren dortigen Fonds disponiren.

Die Unsicherheit der Wege zwischen Dresden und Torgau ist dadurch gehoben worden, dass „jetzo beständig Husarenpatrouillen zwischen Meissen und Torgau gehen, um zu verhindern, dass sich nicht feindliche Mausepartien über die Elbe setzen zu lassen wagen können.“

<337>

In einem diese Nacht von des Königs Majestät erhaltenen Schreiben an mich,337-1 ist unter andern mit enthalten, dass der Generalmajor von Finck, von des Prinzen Heinrich Hoheit hiesigem Corps d'armée, mit dem Generalmajor von Wedell correspondiren müsse, und also Ew. Excellenz dem Generalmajor von Wedell citissime einen Chiffre zu schicken, das Duplicat davon aber an mich zu übermachen hätten, damit ich solchen Chiffre dem Generalmajor von Finck unter der Bedeutung zustellen könnte, dass solcher Chiffre nur lediglich zu seiner Correspondance mit dem Generalmajor von Wedell sei.

Da in Berlin solche Chiffern wohl nicht fertig seien, er selbst aber „dergleichen Militärchiffres allemal vorräthig halten lasse“ , so übersendet Eichel einen Chiffre an Finckenstein, um ihn an Wedell zu übermitteln.

In erwähntem Schreiben des Königs Majestät an mich ist unter andern enthalten, dass, da der Reichstag in Polen getrennet wäre,337-2 also auch Benoît kein Geld brauchete, ihm aber geschrieben werden müsste, dass, da die Russen sich nunmehro nach Polen retirireten, er, Benoît, denen Freunden, jedoch nur als vor sich, sagen müsste, wie er vermuthete, dass der Generallieutenant Graf Dohna die Russen durch Polen verfolgen würde.

Ich untergebe Ew. Excellenz, ob Dieselbe geruhen wollen, etwas deshalb zu Gewinnung der Zeit dorten an gedachten Benoît expediren zu lassen, denn mir solches heute hier zu thun ohnmöglich fallet, auch meinen Courier zu sehr aufhalten würde.

Die Retraite derer Russen nacher Polen, so mir der vor ohngefähr zwei Tagen von dem Generallieutenant Graf Dohna angekommene Feldjäger nochmalen conffrmiret und beigefüget hat, wie die Russen ihren Marsch auf Tuchel gegen Preussen genommen, wiewohl man letzteres noch nicht zuverlässig wisse, hat mir zwar nicht anders als viele Freude verursachen können, ich gestehe aber, dass ich in der Richtigkeit der Aussage des Burgemeister von Pyritz337-3 und in dem, was man aus Preussen von einem Embarquement der russischen Artillerie wissen wollen, noch einigen Zweifel setze und es mir vielmehr Gedanken machet, was der bekannte S.337-4 noch unter dem 3. dieses aus Petersburg in der Beilage schreibet, und was Benoît in seinem letzt hier angekommenen Bericht vom 18. dieses von denen 20 bis 25,000 mit 4 Pferden bespanneten Wagens, so die Russen von denen Polen fordern wollen, meldet. Nur letzterwähnter Feldjäger hat mir zwar confirmiren wollen, dass in pommerund neumärkischen Städten in Garnison gestandene russische Officiers vor ihrem Abzüge gar frei gesaget hätten, wie die Bewegungen derer<338> Türken gegen die russische Lande338-1 sie bloss und allein zu dieser Retraite nöthigten. Gott gebe, dass es wahr und dass unter dieser Retraite, so einen Mangel der weiteren Subsistance zur Ursach haben kann, nicht noch ein vielleicht gar noch gefährlicheres Dessein verborgen sei, und wolle Gott insonderheit verhüten, dass das, was Ekeblad an Hamilton unter dem 26. September von einer Wintercampagne schreibet,338-2 nicht wahr werden möge! Was in beikommender Frankfurter Zeitung338-3 unter dem angestrichenen Articul vom Mainstrom enthalten, ist wohl ein völlig auslachenswürdiger Einfall eines verworrenen wienerschen Kopfes, der auch die Zeit nicht einmal zu combiniren gewusst hat.

Der Todesfall des so braven als sehr würdigen Herrn Generalmajor von Kahlden338-4 hat mich ohnendlich betrübet und um so mehr surpreniret, als noch ehegestern mir von dem Herrn Geheimen Rath Cothenius die Versicherung gegeben worden, dass wenn gedachter Herr General noch 3 Tage nach seiner, des Herrn Cothenius, Durchreise zu Berlin gelebet, alsdenn noch die beste Hoffnung sei, dass er völlig werde genesen können. Die von der betrübten Frau Wittibe an des Königs Majestät und an des Prinz Heinrich Hoheit erlassene Briefe seind gestern von mir mit abgesandt und bestens recommandiret worden.

Ew. Excellenz um Vergebung wegen dieses meines enorm langen Schreibens annoch bitten zu wollen, würde solches noch mehr verlängern; daher nur noch mit wenigen meines beständigen Respectes versichern und mich zu gnädigem Wohlwollen ganz gehorsamst empfehlen will.

Eichel.338-5

Nach der Ausfertigung.


10474. AN DEN GENERALLIEUTENANT BARON DE LA MOTTE-FOUQUÉ.

[October 1758.]338-6

Ich kann Euch hierdurch zu Eurer Nachricht hinterbringen, dass Meine Sachen in recht guter Situation sich befinden, und dass Ich im<339> Begriffe bin, nach Schlesien und, wo nöthig, nach der Gegend von Neisse zu marschiren. Ich avertire Euch dabei, dass 5 Regimenter österreichischer Truppen nach Trautenau marschiret sind, und dass es also nöthig sein wird, dass Ihr auf Eurer Hut seied.

Ihr müsset hiernächst in Schweidnitz auf 9 Tage Brod für 20,000 Mann bestellen339-1 und Mich auf Meinem Marsch, welcher auf Löwenberg gerichtet sein wird, von allem avertiren, damit Ich Mich auf Landshut und, wo es nöthig, auf Neisse wenden könne.

Das Gros von der Daun'schen Armee stehet noch hieselbst; es wird aber solches nach aller Apparence nach Zittau und von da nach Böhmen defiliren und vielleicht nach Trautenau und Braunau ins Glatzische marschiren. Ihr müsset also wohl auf Eurer Hut sein und, da Ihr besser als jemand à portée seid, Nachrichten einzuziehen, Mir solche ohne Zeitverlust communiciren.

Friderich.

Nach dem Concept.


10475. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Görlitz, 29. October 1758.

Ich hoffe, Ihr werdet Meine bereits an Euch erlassene Ordres,339-2 vermöge welcher Ihr den Generalmajor von Wedell mit seinem Corps an Euch ziehen und der Gegend Lübben, Sonnenwalde, oder wo Ihr es nach des Feindes dermaligen Position am convenablesten finden würdet, marschiren und den Generallieutenant von Manteuffel mit 8 Bataillons Infanterie, einem Regiment Dragoner und Husaren von Eurer Armee gegen die Schweden detachiren sollet, wohl erhalten haben. Hiernächst habe Ich Euch erinnern sollen, dass, wenn Ihr nach Erfordemiss der Umstände bis Senftenberg vorgerücket sein werdet, Ihr erfordernden Falls über Torgau nach Dresden und, wenn daselbst alles stille, Euch parat halten müsset, entweder auf Meine oder, wenn Ich von hier auf Neisse marschiren müsste, Meines Bruders, des Prinz Heinrichs, Ordre, da Ich diesen Chiffre339-3 zu Eurer Correspondance mit dem Prinzen ihm copeilich communiciren lassen, dahin zu marschiren, wo es die Umstände erfordern werden.

Das Mehl für Eure Armee werdet Ihr während Eures Aufenthalts in Sachsen aus Torgau bekommen und, auf den Fall Ihr nach Schlesien mmarschiren müsstet, werdet Ihr das benöthigte Mehl aus Glogau in der Gegend von Sagan erhalten und, sobald Ihr zu Meiner Armee gestossen sein würdet, hinlänglich damit versehen werden.

Ich kann Euch übrigens noch nichts positives schreiben noch befehlen; nur müsset Ihr auf alle und jede Fälle parat sein. Von Senftenberg ab werdet Ihr Euch rechts und links hinwenden können, wo es nöthig sein wird.

<340>

Der von Römer,340-1 so Ihr nunmehro bei Euch habet, wird Euch des Markgraf Karls Marschroute340-2 suppeditiren können.

So lange Ihr keinen Feind vor Euch habet, müsset Ihr mit Eurer Armee cantonniren, bis die Umstände ein anderes erfordern werden.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10476. AN DEN GENERALMAJOR VON FINCK.

Görlitz, 29. October 1758.

Ich avertire Euch hierdurch, dass Ich den Generallieutenant Grafen von Dohna beordert habe, gegen Senftenberg zu marschiren. Ich weiss zwar nicht, wie es in Euren Gegenden stehet; auf den Fall aber, wann Ihr das Dohna'sche Corps nöthig haben solltet, so könnet Ihr an ihn schreiben, dass er über Torgau zu Euch stosse. Solltet Ihr aber hören, dass die grosse Force der feindlichen Armee nach Schlesien sich wendet, so müsset Ihr bei Leibe dieserhalb nicht an ihn schreiben.

Friderich.

Nach dem Concept.


10477. AN DEN GENERALMAJOR VON ZASTROW IN SCHWEIDNITZ.

Lauban, 30. October 1758.

Ihr habet sofort zu veranstalten, dass zu Schweidnitz ein Train d'artillerie vor Mich präpariret werde, von 30 Canons; darunter müssen 10 bis 12 zwölfpfündige Batteriestücke sein, das übrige aber ordinäre zwölfpfündige Haubitzen und andere Canons. Bir müsset die benöthigte Wagens zusammen haben, damit für eine jede Kanone 100 Schuss nachgefahren werden können, auch die benöthigte Pferdegeschirre und Zäume zu solchem Behuf zusammenbringen; welches Ich alles werde bezahlen lassen, und muss obiger Train d'artillerie nebst dem dazu gehörigen den 4. November ohnfehlbar parat sein.

Friderich.

Nach dem Concept.


10478. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE DOHNA.

Lauban, 31 octobre 1758.

Je compte que vous serez le 6 de novembre à Senftenberg. La première chose qu'il faut que vous fassiez en y arrivant, ce sera d'apprendre la position que l'ennemi aura pris alors.

Si vous apprenez que le maréchal Daun aura fait quelque gros détachement vers Dresde, et que ce détachement a passé l'Elbe, vous avez deux chemins pour y arriver, l'un étant en passant l'Elbe à Torgau<341> et suivant par là par Meissen et Kesselsdorf la marche du prince d'Anhalt,341-1 pour vous joindre à mon armée auprès de Dresde; l'autre c'est de marcher par Grossenhain entre l'Elbe et Moritzburg sur Dresde et passer la rivière et joindre l'armée.

En cas que l'armée en Saxe ne se trouve point présente, et que, selon mes dernières nouvelles, l'armée des Cercles se retire vers la Bohême, et que vous apprenez en même temps que Daun est marché du côté de Trautenau, vous pourriez diriger votre marche sur Camenz, Bautzen, Lebauen,341-2 envoyant un gros détachement pour prendre Zittau, et envoyer des détachements vers Friedland et Gabel, pour inquiéter l'ennemi, en cas que ces postes ne soient pas fortement garnis; et faites en même temps des démonstrations, comme si vous vouliez de ce côté-là pénétrer en Bohême, et dans ce cas-là il faut que le gros de votre armée reste et cantonne à Gœrlitz et aux environs.

S'il arrivait que quelques corps des Autrichiens considérables voulussent pénétrer en Silésie, et que tout le fort de la guerre se portât de ce côté-là, vous pourriez marcher de Gœrlitz à Lauban et Lœwenberg, pour venir à dos à ce corps qui aurait ainsi pénétré, et le rechasser et vous joindre ensuite à mon armée.

Je ne saurais prévoir quels de ces cas-là arriveront, mais je compte d'être assez éclairci des mouvements de l'ennemi pour pouvoir vous donner mes ordres encore plus précis entre ci et le 6 de novembre.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10479. AN DEN OBERST VON HACKE IN GLOGAU.

Lauban, 31. October 1758.

Ich habe dem Commandeur der nach Crossen detachirten 200 Husaren befohlen, den 6. November den Marsch von Crossen nach Jauer anzutreten. Ihr müsset die bei Euch habende Seydlitz'sche Husaren mit abschicken, und, auf den Fall der Generalmajor von Wobersnow mit den Reconvalescirten gegen die Zeit angekommen sein sollte, so muss derselbe seinen Marsch nach Breslau und von da weiter mit erster Gelegenheit zur Armee fortsetzen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.

<342>

10480. AN DEN GENERALMAJOR VON TAUENTZIEN IN BRESLAU.

Lauban, 31. October 1758.

Ich mache Euch hiermit zu Eurer Nachricht bekannt, dass Ich heute in Löwenberg einzutreffen gedenke, und habet Ihr dahin zu sehen, Mir einen Train von den dort befindlichen österreichischen schweren Canons parat halten zu lassen,342-1 damit, wann Ich solchen fordern lasse, Ich ihn von Euch bekommen könne.

Zweitens, so müssen die Reconvalescirten von der Armee diese Canons und Ammunition nach Schweidnitz transportiren, damit alles den 4. November auf Ordre zu Schweidnitz parat seie. Die Kosten, so obiger Transport an Wagen, Pferden, Knechten u. s. w. verursachen wird, wird Euch der Minister von Schlabrendorff bonificiren.

Uebrigens, da Mir von einer durch die dortigen österreichischen Kriegesgefangenen gemachten Conspiration etwas gemeldet worden, so befehle Ich Euch hierdurch, solchen Vorfall durch ein dazu commandirtes Kriegesrecht auf das allerexacteste untersuchen zu lassen und nach der äussersten Rigueur zu bestrafen. Ihr müsset auch hiernächst die dort befindlichen Gefangenen sehr kurz halten, in die Stockhäuser einsperren lassen und ihnen allenfalls, wie es die Oesterreicher denen unseren gethan haben sollen, täglich nur 2 Kreuzer geben.

Friderich.

Nach dem Abdruck bei Preuss, Friedrich der Grosse. Urk.-Buch Bd. V, S. 128.


10481. AN DEN GENERALLIEUTENANT BARON DE LA MOTTE-FOUQUÉ.

Lauban, 31. October 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 29. dieses wohl erhalten und kann Euch darauf in Antwort vermelden, dass, da anjetzo Ich Mich auf dem Marsche befinde, Ich bald gedenke bei Euch zu sein. Ich fürchte Mich für die Leute dorten gar nicht, und könnet Ihr gewiss glauben, dass sie nicht 30,000 effective stark sind; und gesetzt auch, dass sie es wären, so würden sie doch dadurch, dass Ich anjetzo im Anmärsche bin, in der vorhabenden Belagerung von Neisse sehr derangiret werden. Dem Generallieutenant von Treskow müsset Ihr suchen von Meinem Anmarsch Nachricht zu hinterbringen.

Uebrigens wird Euch Meine Ordre, auf 9 Tage Brod für 20,000 Mann in Schweidnitz parat halten zu lassen,342-2 bereits zugekommen sein.

Friderich.

Nach dem Concept.

<343>

10482. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Finckenstein übersendet, Berlin 29. October, an Eichel zwei Berichte des preussischen Agenten von Rexin in Konstantinopel vom 8. September 1758, mit Postscripten vom 10. September.

Rexin berichtet, Konstantinopel 8. September«  an den König-. „ . . . Der brave Ali Pascha343-1 ist den 6. hujus durch beigebrachten Gift zum grössten Leidwesen des Sultans und des Volks mit Tode abgegangen. Ich habe an ihm einen grossen Beistand verloren. Er hat für Ew. Königl. Majestät allerhöchstes Interesse Tag und Nacht mit unermüdetem Eifer gearbeitet, und alle Präparativen, so bis anhero gemacht worden, sind auf sein Anrathen beschehen. Die Janitscharen sind über seinen Verlust untröstlich, denn das Vertrauen in diesen Mann war allzu gross, und der Sultan hat keinen einzigen Pascha mehr von solcher Capacität eine Armee zu commandiren, als dieser Mann besass. Woher dieser fatale Coup eigentlich seinen Ursprung genommen und auf wessen Anstiften es geschehen, kann man zur Zeit noch nicht erfahren; doch wird es sich in kurzem zeigen und ich mit meinem folgenden Ew. Königl. Majestät anzuzeigen die Gnade haben. Sein Körper wird stündlich hier erwartet und soll auf Befehl des Sultans in das kaiserliche Begräbniss beigesetzet werden. Der Himmel gebe nur, dass durch seinen Hintritt nicht etwa die Affairen leiden! Bis dato continuiret zwar die Pforte noch immer mit denen angefangenen kriegerischen Anstalten, allein sie hat zu dato wegen des Allianztractats343-2 sich noch im mindesten nicht declariret und observiret ein tiefes Stillschweigen. Alles, was sie mir wissen lassen, bestehet darin, noch einige Zeit Geduld zu haben. Es scheinet also ganz deutlich, dass sie das Ende der Campagne annoch abwarten und alsdann erst ihre Resolution von sich geben wolle. Muss mich also bis dahin patientiren; dann wann zu sehr insistire, ist zu befürchten, sie zu degoutiren. Ich gedeake in etlichen Tagen selbsten nach Kjutahia, als der Residenz des verstorbenen Ali Pascha, so vier Tagereisen von hier und in Klein-Asien liegt, zu gehen, um mich mit seinem Secretär zu besprechen und zu sehen, wie weit es dieser ehrliche Mann eigentlich bei dem Sultan, Ew. Königl. Majestät allerhöchstes Interesse betreffend, gebracht hat, damit mich besser darnach reguliren, auch nunmehro an diejenige adressiren kann, deren sich dieser Pascha der Affairen halber etwa im Serail bedienet hat . . . Aus [Porters] Bezeigen merke deutlich, wie sein Hof bei der Pforte nicht gern gegen Russland agiren will; Porter krümmet sich deswegen gewaltig343-3 . .. »

Rexin berichtet, Konstantinopel 8. September, an Eichel: „Da die Pforte einmal über das andere um Neuigkeiten, sowohl bei Portern als mir, anfragen lasset, ich aber so lange mich ohne die geringste Nachricht befinde, als bitte ich ganz ergebenst, mir doch das eigentlich passirende baldigst anzuzeigen. Die Pforte erwartet noch fernere Evnements. Wie der König Olmütz belagerte, so glaubten die Türken endlich, er ginge auf Wien los. Hier hiess es schon, die Königin hätte sich bereits von dar retiriret, und wenig fehlte, dass die Türken nicht die Rossschweife ausgestecket hätten. Nunmehro und da die Belagerung dieses Orts aufgehoben worden, und die hiesige Minister343-4 deshalben der Pforte sehr desavantageuse Concepte von unserer Armee beigebracht und noch täglich beibringen, so stehet der Wagen wiederum auf einmal ganz stille. Gott gebe nur, dass vor dem Ende der Campagne noch eine gute Zeitung einläuft! alsdann sich die Türken wohl declariren dürften. Indessen werden die Kriegszurüstungen immer eifrigst fortgesetzet. An Ali Pascha habe einen<344> grossen Soutien verloren. Nunmehro muss andre suchen, und so gehet es immer in diesem fatalen Lande. Die Spesen laufen gewaltig hinauf, und wie sehr es mich kränket, dass bis dato des Königs Wunsch noch nicht völlig erfüllen können, bin ich zu beschreiben nicht capable. An meinem Laufen, Rennen, Mühe und Arbeit lieget es nicht. Ich erdulde, da mich noch immer geschlossen halten muss, solches Elend, dass es mit Worten nicht zu exprimiren, und wird der Courier bei seiner Retour Ihnen davon des mehreren berichten können . . . Uebrigens scheinet es recht, als ob der englische Hof dem russischen versprochen, sich gegen letzteren bei der Pforte allhier nicht gebrauchen zu lassen. Porter windet sich wie ein Wurm diesen Punkt belangend und macht hunderttausend leere Ausflüchte. Ich glaube, er erwartet neue Ordres von seinem Hofe. Er ist, mit einem Wort, gut russisch, und das gute Vernehmen zwischen ihm und Obreskow344-1 gefället mir gar nicht.“

Dresden, 2. November 1758.

Ew. Excellenz ganz gnädiges Schreiben vom 29. vorigen Monates habe ich ehegestern wohl zu erhalten die Ehre gehabt, auch darauf keine Zeit versäumet, die chiffrirte Einlagen, nachdem ich solche in einen andern Chiffre übersetzen lassen, an des Königs Majestät zu übersenden, auf dass Dieselbe baldmöglichst davon informiret werden und allenfalls Dero weitere Mesures darnach nehmen können. Ich gestehe, dass ich die Sache bei denen in den Piecen enthaltenen Umständen als noch sehr ungewiss ansehe, zumalen da der Verfasser dererselben sein grossestes Appui durch den darin gemeldeten Todesfall verloren hat und diejenigen Ressources, zu welchen derselbe statt dessen schreiten will, mir so weitläuftig und so équivoque und ungewiss vorkommen, dass ich sehr besorge, es werde dessen Contre-partie inzwischen davon und von der Wintersaison profitiren und Himmel und Erde bewegen, um sein ganzes Gebäude zu bouleversiren, worunter erstere auch aus Ursachen, so der Benoît ohnlängst schon in einigen seiner Rapports berühret hat und sonst Ew. Excellenz schon bekannt seind, um so mehr Facilité finden dörften, als der bekannte P.344-2 dabei so matt zu Werke gehet und im Grunde nicht vor die Sache portiret zu sein scheinet, es sei nun, dass seine Instructiones ihm dazu Anlass geben, oder aber dass seine eigene Sentiments ihn dazu verleiten. Ich wünschete daher wohl zu Gott, dass des Königs Majestät die sicherste Partie zu nehmen geruheten und solche allen anderen, — die, welchen Train sie auch nehmen, allemal mit so vieler Ungewissheit als ohnendlichen Weitläuftigkeiten vergesellschaftet seind, auch am Ende ohnendlichen Embarras mit sich führen müssen, — präferireten.344-3

Da inzwischen der Referent wiederum von neuem344-4 so sehr auf Nachrichten instantiiret, so habe zugleich bei Absendung seiner Berichte an des Königs Majestät gemeldet, wie Ew. Excellenz ihn schon darunter präveniret und denselben von allem währender dieser Campagne vorgefallenen nach und nach umständlich informiret, auch sonsten besonders<345> über die ganze jetzige Situation derer Affaires nebst dem Gebrauch, den er davon zu machen habe, durch ein besonderes Memoire345-1 instruiret hätten, und dass, wenn ihm solches zu der Zeit, da er seinen letzteren Bericht datiret, noch nicht zugekommen sei, man es dem grossen Weg und der Détour, so die Briefe an ihn machen müssten, lediglich zuzuschreiben habe, indess ihm nunmehro ein Avis nach dem andern eingehen müsste.

Ich zweifele auch nicht, dass Ew. Excellenz die Gnade gehabt haben werden, gedachten Referenten sowohl über den Vorfall mit der Bataille von Zorndorf zu informiren, als auch welchergestalt er dem Vorgeben derer Russen, die sich auf eine fast nie erlebte Art den Sieg von solcher attribuiren wollen, zu begegnen habe, instruiren zu lassen. Ich glaube auch, dass ein gleiches noch nöthig sein dörfte wegen der letzteren am 14. October vorgefallenen Affaire, als welche die Oesterreicher selbst in Teutschland vor eine ganz totale Défaite auszugeben sich nicht scheuen (wie Ew. Excellenz aus der Einlage345-2 zu ersehen geruhen werden) und mithin bewusster Orten calomnieuser Weise noch weit grösser ausschreien werden wollen. Ich untergebe auch Ew. Excellenz Gutfinden, ob es nicht nöthig sei, ihn etwas über die in Hessen vorgefallene Obergische Affaire,345-3 desgleichen den Échec, so die Engelländer auf denen Küsten von Bretagne gehabt.345-4 convenablement zu instruiren, als die man ausser allem Zweifel vor grosse und complete Bataillen an quästionirtem Orte wird ausschreien wollen, um nur dasige Leute um so mehr zu intimidiren und dadurch zu seinem Hauptzweck zu gelangen.

Von dem schönen Marsch, welchen des Königs Majestät letzthintout d'un coup von Bautzen auf Görlitz gethan, und wodurch der Marschall Daun dergestalt in Embarras gesetzet worden, dass er denen hiesigen Nachrichten nach zu Reichenbach krank sein soll, ingleichen dem avantageusen Combat, so Sr. Königl. Majestät Cavalerie den 26. voriges gegen die österreichische Carabiniers und Cuirassierer gehabt,345-5 will ich kein Detail anführen, da Ew. Excellenz davon ausser allem Zweifel von des Königs Majestät en droiture informiret sein werden.

Der Vorfall, so mit dem bekannten Briefe345-6 auf Amsterdam geschehen, ist allemal, auf was Art er auch geschehen sein möge, höchst ohnangenehm. Ich habe mir noch keine Idee machen können, ob das erbrochene Schreiben die Originaldepesche oder aber dasjenige Duplicat gewesen, welches Ew. Excellenz mehrerer Sicherheit halber nachher noch abgehen lassen wollen. Ersterenfalls wäre der arme Mann, an welchen solche gerichtet ist, sehr zu beklagen, dass er noch so lange Zeit durch<346> dieses ohnglückliche Accident auf Antwort warten muss und ihm solche vielleicht gar zu späte kommen dörfte. Ich kenne dasjenige Comptoir,346-1 mit welchem der Vorfall geschehen, nicht genugsam, um zu urtheilen, ob einige Collusion darunter vorgegangen sein könne, oder ob es pur aus Précipitation geschehen; von denen ehemaligen Zeiten aber erinnere mich noch, dass der Stifter dieses Comptoirs, von dem es sich noch schreibet, in vieler Connexion mit dem Wienerschen Hofe wegen Vorschüsse, so in Millionen gegangen, gestanden, welches aber aufgehöret haben kann. Wäre eine Trahison darunter, so befürchte ich, es werde der Mann quaestionis dasselbe Sort wenigstens haben, was er in seinem Bericht von dem, so sein dortiger grosser Patron gehabt, soupçonniret.346-2 Ich erachte daher, dass es allemal gut sein dörfte, zuvorderst ihn von dem geschehenen Vorfall baldmöglichst en chiffres unter dem Namen der Gebrüdere Schwartz346-3 zu avertiren, damit er nöthigenfalls Mesures darnach nehmen, auch eine andere Adresse, wenigstens wegen der immediaten Correspondance, anzeigen könne; denn die auf ihn adressirte Wechsel zu ändern, ohne dass er davon vorher informiret wäre, und sein Sentiment deshalb überschrieben habe, davon begreife ich den Hasard und die daher fast ohnvermeidlich entstehende Confusion gar zu sehr, als dass ich darunter Herrn Schickler nicht völlig beipflichten sollte. Demnächst dörfte es sehr gut sein, wenn Herr Schickler ein anderes Haus als das bisherige zu Amsterdam finden und trauen könnte, an welches er die Briefe vor den Mann quaestionis zur sicheren weiteren prompten Beförderung adressirete, welches auch deshalb nöthig sein dörfte, damit das quästionirte Comptoir, daferne es auch über die eröffnete chiffrirte Sachen noch keinen Soupçon gefasset, wegen der vielen Briefe, so nothwendig aufeinander erfolgen müssen, wenn der Mann quaestionis beständig von allen Vorfallenheiten informiret werden soll, nicht neuen und mehreren Verdacht fasse. Ich weiss aber nicht, wie weit Herr Schickler anderweite Connexiones in Amsterdam hat, um dergleichen Changements machen zu können. Mir ist dabei der Gedanken gekommen, ob es nicht angehe, dass man an den Correspondenten en question kleine Kisten mit allerhand kurzen Waaren und Babioles von Berlin aus sendete, in solchen aber die Dépêches an denselben enveloppirete und solche mit den gewöhnlichen Kaufmannsschreiben, die committirete Waaren begleiten, unter dem Namen der Gebrüdere Schwartz zur schleunigen Besorgung recommandirete und abgehen liesse, welches zugleich eine Gelegenheit sein könnte, erwähnte Waaren oder Babioles in allerhand gedruckte Zeitungen und Pamphlets, Relationes p., als aus Précaution der Waaren, einzuwickeln, welches manches Chiffriren menagiren könnte. Ich weiss aber wiederum nicht,<347> was vor Sorten von dergleichen Waaren sicher und ohne Anstoss nach der Türkei gehen können und dorten usuell sein; welches Herr Schickler allenfalls zu beurtheilen haben würde, und wenn es endlich auf die Bezahlung dergleichen Waaren, so ohnedem nicht von grossem Volume sein müssten, ankäme, so glaube ich, dass des Königs Majestät nicht refusiren würden, dass ich solche aus meiner kleinen Kasse bezahlete. Allenfalls könnten die Herren Gebrüdere Schwartze dem Mann quaestionis solche als committirende Waaren, um dorten eine Probe damit zu machen, in ihrem Schreiben accusiren, und da, wenn dieses Moyen vor thunlich gefunden würde, unser Mann dorten sich gewiss wieder dieses Mittels bedienen dörfte, um seine Correspondance hieher zu bringen, so könnte er sich nach seiner dereinstigen Retour alsdenn mit denen prätendireten Gebrüderen Schwartz darüber berechnen.

Ew. Excellenz nehmen nicht ungnädig, dass mich über diesen Articul so sehr etendiret habe, ich muss Deroselben überlassen, was Dieselbe deshalb mit Herr Schickler zu besprechen und allenfalls zu concertiren geruhen wollen; das betrübteste und ohnangenehmste aber hierbei ist allemal, dass die Correspondance dergestalt eine so weite Tour und geraume Zeit erfordert und nicht auf eine weit kürzere Art auf andere Oerter dirigiret werden kann . . .

Hier in der Stadt sprechen gewisse Leute untereinander von einer Bataille, so den 30. dieses in der Lausnitz zum grossen Nachtheil des Feldmarschall Daun vorgefallen sein soll; wir aber haben noch keine Nachricht daher, doch ist es wohl sicher, dass gedachte Leute seit der Zeit die Köpfe hängen lassen, ohne sich zu äussern, worum.

Der dem Generalmajor von Wedell anbefohlene Rückmarsch auf Berlin347-1 gehet mir sehr nahe, da ich glaube, dass Berlin so nahe noch nicht pressiret und die dem Herrn General Graf Schmettau zugekommene Nachrichten etwas präcipitiret gewesen sein mögen . . .347-2

Eichel.

Nach der Ausfertigung.


10483. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Dresden, 2. November 1758.

Eichel bestätigt den Empfang von Briefschaften.

Ich wünschete wohl sehr, wenn es die Umstände leiden wollten, dass der General Dohna, bevor er sein Corps separiret oder Pommern gar quittiret,347-3 die Gelegenheit haben könnte, Colberg zu entsetzen,347-4 weil, wenn die Russen sich einmal von diesem Posten bemeistert hätten, sie<348> sehr schwer daraus zu delogiren sein würden. Doch kann es auch sein, dass nach denen Nachrichten, so Ew. Excellenz mir in Dero vorigen Schreiben aus Pommern zu communiciren die Gnade gehabt, es eines solchen Entsatzes nicht bedarf und die Russen solche348-1 von selbst der Saison halber werden aufheben müssen; welches alles ohnedem über meinen Horizont gehet zu beurtheilen. So kann ich auch nicht wissen, ob die Franzosen im Hessischen einen Marsch auf Leipzig und der Orten zu tentiren Vorhabens sein,348-2 und habe so viel von ferne gehöret, dass des Königs Ordres an den Herrn Generalmajor von Wedell conditionale sein sollen: wenn nämlich die Schweden nach Pommern zurückgehen und die Russen aus Pommern nach Polen marschiret seind, zu dem Ende des Königs Majestät auch ihnen348-3 eine Zeit von ohngefähr drei Wochen dazu gelassen haben sollen. Weil ich aber des Königs Ordres an sie nicht selbst gesehen, sondern alles nur von Hörensagen habe, so muss ich darüber billig mein Urthel suspendiren und glauben, gedachte Herren Generals werden nichts als mit reifer Ueberlegung ihrer Ordres thun, des Königs Majestät aber Ihre sehr grosse Ursachen zu allem gehabt haben . . .348-4

Eichel.

Nach der Ausfertigung.


10484. AN DEN GENERALMAJOR VON FINCK.348-5

Löwenberg, 2. November 1758.348-6

Ich habe Euern Bericht vom 25. October wohl erhalten, und kann Ich Euch nicht verhalten, dass sich derselbe mit demjenigen, so Mir der Graf Schmettau schreibet, contradiciret, indem er von 2000 Mann spricht, da Ihr von 10,000 redet.348-7 Ihr habet ja Kavallerie, um den Feind genau recognosciren zu lassen und Eure Démarches danach einzurichten. Seid also actif, damit Ich nicht glauben müsse, Ihr habet nicht Lust etwas zu thun.

Friderich.

<349>

Essen, Trinken und Nichtsthun ist die Devise der Münche, aber nicht der Soldaten.

Das Hauptschreiben nach dem Concept; der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.


10485. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE SCHMETTAU A DRESDE.

Löwenberg, 2 novembre 1758.349-1

J'ai reçu votre rapport du 26 d'octobre dernier, et je n'ai simplement à vous y répondre, sinon qu'il n'y a point eu ici de bataille le 28, que je presse à l'heure qu'il est ma marche pour sauver Neisse, et que mon frère, le prince Henri, restera pendant ce temps-là à Hirschberg et Landshut, auquel vous pourrez écrire, en vous servant du chiffre des commandants en Silésie que le conseiller privé Eichel vous fournira.

Federic.

Nach dem Concept.


10486. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Pombsen,349-2 2 novembre 1758.

Je vous dirai en deux mots que je compte être le 7 de ce mois devant Neisse pour en faire lever le siège aux Autrichiens, et que mon frère Henri se trouve avec son corps de troupes à Landshut et Hirschberg pour se rejoindre ensuite à moi.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10487. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.349-3

Pömbsen, 2. November 1758.

Eure Berichte vom 21., 23. und 29. October habe Ich wohl erhalten, und dienet Euch darauf in Antwort, dass, wenn der General von Rüsch negligent im Dienst, Ihr ihn ohne Complimente arretiren lassen müsset.349-4

Ich habe nicht gemeinet nach Euren vorigen Berichten, dass Colberg noch belagert sein könnte, und darauf gründen sich Meine beide letztere Ordres [vom] 29. und 31. October. 349-5 Colberg kann dem Feinde ohnmöglich gestattet werden . . .349-6

Friderich.

<350>

Toute la force des Autrichiens se tournera, selon toutes les apparences, vers la Silésie; mais j'espère d'avoir fait lever le siège de Neisse avant leur arrivée.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu. Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10488. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.350-1

Pömbsen, 3 novembre 1758.350-2

Mon cher Frère. Je vous rends grâce des nouvelles que vous venez me donner; il est fâcheux que la négligence du général d'Asseburg fasse perdre des chariots de munition aux régiments, mais cela ne vous empêchera pas d'aller. Hier, un gros de hussards a attaqué notre arrière-garde, mais nos dragons leur ont fait un officier et 30 hommes prisonniers.

Je serai aujourd'hui à Jauernick,350-3 où je serai obligé de séjourner demain, pour arranger mon pain; après quoi je marcherai avec Fouqué droit à Neisse. Je crois que le projet de Daun est de pénétrer en Silésie; mais tant qu'il n'a pas les gorges de la Bohême libres du côté de Landshut, il est presque impossible qu'il fasse quelque chose, et la levée du siège de Neisse décidera probablement de la clôture de la campagne.

Notre belle-sœur350-4 vient d'accoucher d'un fils; veuille le Ciel qu'il soit plus heureux que ses oncles!

Nous allons marcher incessamment. Je suis avec une parfaite tendresse, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10489. AN DEN GENEUALLIEUTENANT BARON DE LA MOTTE-FOUQUÉ.350-5

[3. November 1758.]350-6

Morgen würde Mein Bruder da sein, und er möchte ihn man au fait von allem setzen; und wann das geschehen, so wollte Ich ihn mit<351> die 10 Bataillons auch an Mich ziehen. Das Regiment von Meinem Bruder könnte er ihm dort lassei.,351-1 und [er] ihm ein[ige] andere Bataillons in die Stelle geben.

Möchte morgen seinen Marsch nach Schwengfeld351-2 nehmen, da cantonniren, und übermorgen kämen wir zusammen.351-3

Weisungen für die Antwort; auf dem Rande des Berichts von Fouqué, d. d. Landshut 2. November.


10490. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Dresde, 4 novembre 1758.

Je suis ici dans la plus grande détresse du monde. Il va des bruits en ville qui me font trembler, quand je les entends, au sujet du Roi et de ce qui lui doit être arrivé. Je me flatte qu'ils seront faux; mais nous ne recevons aucune de ses nouvelles.

L'armée du prince de Deux-Ponts est marchée de Cotta351-4 et dirige sa marche vers Freiberg, On lui attribue le dessein ou de pousser vers Leipzig ou vers Meissen, afin de nous couper ici la communication avec l'Elbe. Pour s'opposer au dernier dessein, notre armée en Saxe marchera démain de Gamig à Bennrich.351-5 A 2 ou 3 milles d'ici, en delà de l'Elbe, il y a un corps de troupes ennemies. Si l'armée du Roi a eu du désavantage, l'ennemi détachera sans doute vers Dresde, et si notre armée en Saxe est obligée de passer outre, Dresde serait sûrement exposée à être au moins bloquée.

Befehle vom Könige sind nicht eingetroffen. Ein am 28. von der schlesischen Armee nach Berlin abgegangener Feldjäger ist von österreichischen Husaren aufgefangen worden.

Mes peines sont infinies. D'un côté, je ne voudrais pas partir de Dresde sans un ordre du Roi, d'un autre je risque d'y être enfermé. Dans cette incertitude, j'ai presque envie, après m'être concerté avec les généraux de Schmettau et de Finck, de passer sur Meissen, Torgau, Wittenberg à Berlin et de là à Francfort, pour y attendre les ordres du Roi, à moins que je ne reçoive demain d'autres ordres du Roi. Je suppose, outre cela, que les chemins sur ladite route seront sûrs; car je crains pour Torgau dans le cas qu'il soit arrivé quelque malheur<352> au Roi, et alors je serais obligé ou de rester à tout hasard à Dresde, ou de passer à notre armée en Saxe. Le bon Dieu sait combien j'ai le cœur serré de ce qu'il ne nous entre aucune nouvelle du Roi, ni de sa part, ni de Berlin, tandis qu'on débite ici les plus méchantes nouvelles.

Eichel erwartet, der König werde die Reise nach Berlin billigen. Er ersucht den Minister, die Mittheilungen noch geheim zu halten.

Eichel.

Nach der Ausfertigung.


10491. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Jauernick, 4 novembre 1758.

Je vous envoie ci-jointe une lettre du général-major de Zastrow du 3 de ce mois, avec les pièces qu'il m'a communiquées.352-1

Rien ne m'empêchera de poursuivre mon projet, puisqu'au cas qu'il dût arriver du secours à l'ennemi, il pourrait se raviser. Dès que je serai à Neisse, je reprendrai ma marche sur Schweidnitz, pour voir où le besoin exigera que je me tourne, et il se pourrait facilement que je marchasse de nouveau à Lœwenberg. J'ordonnerai donc toujours que tous vos chariots soient chargés de farine à Schweidnitz, afin qu'on en puisse d'abord faire le transport où il en sera besoin. Vous voudrez bien faire en sorte que votre armée soit toujours pourvue d'avance pour cinq jours de pain, afin que cet article ne puisse pas vous empêcher de marcher dans l'exigence du cas, et je vous recommande de faire le semblant, et que vous fassiez courir le bruit que votre intention était de marcher par Lœwenberg à Schatzlar, afin d'y déranger les magasins de l'ennemi.

Il y a à Lœbau un marchand de vin et à Landshut un Italien, autrichiens à brûler; je m'imagine que, si des gens de notre armée ou bien même des officiers leurs insinuaient, comme par bêtise, ce que dessus, que cela ferait peut-être impression et donnerait au maréchal Daun une attention qu'il n'a point eue jusqu'ici.

L'on me marque positivement de Kottbus que l'ennemi a ordonné que l'on doit assembler 8000 scheffel d'avoine et les tenir prêts; ceci me fait croire qu'ils ont intention d'envoyer un corps vers la Marche, et si cela est, à peine aurai-je fini à Neisse, qu'il faudra nous retourner de ce côté-là.

Federic.

Nach dem Concept. Der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.

<353>

10492. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Jauernick, 4 novembre 1758.

Je suis très content du contenu de votre rapport du 24 d'octobre, et vous n'avez qu'à garder ensemble toutes les sommes provenantes du subside anglais353-1 jusques à ce que je puisse voir à l'approche des quartiers d'hiver, qui ne me semblent guère être plus éloignés que trois semaines, quelles seront les dépenses les plus urgentes auxquelles il faudra les employer.

Federic.

Je me vois obligé à des démarches singulières, mais songez que dans la situation où je suis, il faut sauver le tronc et non les branches.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10493. AN DEN ETATSMINISTER FREIHERRN VON SCHLABRENDORFF IN BRESLAU.

Jauernick, 4. November 1758.353-2

Ich habe Euren Bericht vom 3. dieses wohl erhalten und thue Euch hierdurch zu wissen, dass Ich morgen von hier wegmarschiren werde. Es seie nun, dass der Feind Stich halte oder nicht, so werde Ich Mich danach richten. Erfahre Ich morgen, dass sie schon über die Neisse, so werde Ich den Generallieutenant von Fouqué herüberschicken und sie verfolgen lassen und sofort Meinen Rückmarsch auf Löwenberg antreten, um diese Seite zu decken. Wartet Mich der Feind bei Neisse ab, so werde Ich gerade dahin und ihm auf den Hals gehen. Ihr wisset also alles zum voraus, so auf obige Fälle geschehen wird.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10494. AN DEN GENERALMAJOR VON WEDELL.353-3

Jauernick, 4. November 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 31. October wohl erhalten und werden sich die Sachen mit den Schweden in der Uckermark bald ändern, da der Generallieutenant von Manteuffel, indem er ihnen in den Rücken marschiret,353-4 solche in kurzem in Ordnung bringen wird. Ihr werdet<354> unterdessen wohl thun, nach Sachsen zu marschiren und das Regiment von Bülow nebst denen Escadrons Husaren mit dahin zu nehmen, um denen feindlichen Streifereien bei Lübben und Torgau Einhalt zu thun und dem Feinde die Lust zu benehmen, nach Meinem Lande zu gehen. Dieses wird hoffentlich das Ende der Campagne sein.

Hier werden sich die Sachen vermuthlich in einigen Tagen decidiren müssen, und alsdann werden die Armeen in die Winterquartiere gehen.

Auf Torgau muss Er das grösste Augenmerk haben, damit der Feind das Magazin nicht kriegt; sonsten kann Er weiter vorkommen. Es ist keine Zeit zu versäumen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Wedell'schen Familienarchiv zu Ludwigsdorf in Schlesien. Der Zusatz eigenhändig.


10495. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Jauernick, 4 [novembre 1758].

Mon cher Frère. Par les nouvelles que vous aurez reçues de moi aujourd'hui,354-1 vous aurez pu juger que l'ennemi peut faire trois choses :

1) Je commence à douter qu'il continue le siège de Neisse; en ce cas, je compte d'être le 11 de retour à Schweidnitz et de me porter alors de nouveau du côté de Lœwenberg.

2) Je crois que les renforts de Trautenau dénotent un dessein de percer par Landshut et d'y établir un magasin pour Daun; ce dessein est manqué et votre présence empêche l'ennemi de l'exécuter.

3) Les livraisons que l'ennemi se fait préparer dans la Basse-Lusace, et leur force me font présumer que Daun veut détacher un corps de 7 à 8000 hommes vers la Marche; mais Wedell et Dohna pourront s'y opposer efficacement.

Je crois donc que, dès que mon expédition sera finie et que le mauvais temps surviendra, que l'on pourra compter sur les quartiers d'hiver. Je continuerai demain ma marche, et le 7 il faut que le siège de Neisse soit levé.

Vous êtes donc à présent informé de tout ce que je pense, et vous pourrez me donner des nouvelles de tout ce que vous apprendrez de l'ennemi, pour ma direction ultérieure. Mon pauvre Ferdinand a repris la fièvre chaude,354-2 j'en suis au désespoir; mais le nombre de nos malheurs émoussent à la fin la sensibilité, et je crois que le Ciel accablerait la terre, et que la terre s'affaisserait sous mes pieds, sans que j'y fisse attention.

Adieu, cher frère, je vous embrasse bien tendrement.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.

<355>

10496. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Jauernick, 5 novembre 1758.

Le général-major de Finck me marque en date du 31 d'octobre dernier qu'un corps de troupes d'environ 5000 hommes sous le commandement du prince Esterhazy se trouvait à Bischofswerda, devant y être renforcé par un corps de Croates, et il me semble par cette démarche de l'ennemi qu'il médite un coup sur Berlin.

J'en ai écrit dans ce sens-là à Finck355-1 en lui enjoignant, l'ennemi faisant de si forts détachements en deçà de l'Elbe, de détacher deux régiments de cavalerie vers Torgau pour se joindre à Wedell, et j'en ai fait avertir ce dernier.355-2

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10497. AN DEN GENERALMAJOR VON TAUENTZIEN IN BRESLAU.

Girlsdorf,355-3 5. November 1758.

Ich bin von dem Einhalte Euers Schreibens vom 28. October ganz wohl zufrieden gewesen, und müsset Ihr die projectirte Empörung, von welcher Ihr Erwähnung thut,355-4 auf das schärfste untersuchen, hiernächst aber ein Kriegesrecht, welches den Process darüber instruire, commandiren und die abgesprochene Sentenz, es treffe auch, wen es nur immer wolle, ohne Mein weiteres Vorwissen nach der grössten Rigueur zur Execution bringen lassen.

Ich bin heute hieher marschiret und eile morgen weiter, um dem Feinde, wo Ich ihn treffe, übermorgen auf den Hals zu gehen. Wann Ihr jemand an dem Tage aus Breslau in der Gegend von Strehlen ausschicket, werdet Ihr eher etwas davon erfahren, als Ich es Euch werde können zu wissen thun.

Friderich.355-5

Nach dem Concept.


10498. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Girlachsdorf, 6 [novembre 1758].

Mon cher Frère. Je crois devoir vous informer de ce qui se passe ici. Le secours autrichien a joint hier les troupes de Harsch, sa grosse<356> artillerie est retirée, mais on est de différente opinion sur le parti qu'il prendra. Fouqué me joint aujourd'hui, et nous irons camper à Möschwitz,356-1 d'où je serai en état de vous donner des nouvelles plus sûres de ce qui arrivera.

Voilà encore le pauvre Retzow356-2 mort, c'est une grande perte, et que le défaut de bons sujets rend irréparable. Enfin, je ne veux plus parler de nos malheurs que lorsque l'hiver approchera; et je m'en vais penser à présent à ce que je dois exécuter, en vous assurant, cher frère, de la tendresse et de la haute estime avec laquelle je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10499. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Gross-Nossen,356-3 6 novembre 1758.

L'ennemi s'étant vu obligé, à mon approche de Neisse, d'en lever le siège dès le 5 au 6 de ce mois avec perte de plus de mille Croates, ayant eu à cette occasion une forte désertion dans ses troupes, et de se retirer à Ziegenhals, mon intention est que vous en fassiez chanter en action de grâce le Te Deum dans tous les temples de Berlin.356-4

Federic.

P. S.

Vous ferez traduire et imprimer la relation ci-jointe,356-5 vous l'enverrez à mes ministres dans l'étranger,356-6 au conseiller privé Eichel à Dresde et au ministre d'État de Schlabrendorff à Breslau.

Nach der Ausfertigung.


10500. RELATION.

Depuis l'action de Hochkirch, le Roi avait occupé le poste de Doberschütz, où il fut joint par un détachement que lui amena le prince Henri son frère. On séjourna dans ce camp jusqu'au 24, que l'on apprit qu'un corps de troupes commandé par le général Harsch des Autrichiens se préparait à faire le siège de Neisse, que la plupart de la grosse artillerie y était arrivée, et que les opérations allaient com<357>mencer incessamment. Ceci, joint aux affreuses exactions que les Autrichiens commettaient dans cette province, obligea le Roi à secourir cette province. M. de Daun formait l'armée d'observation de ce siège, et il paraissait par toutes ses manœuvres que son but unique était d'arrêter le Roi en Lusace, pour donner à M. de Harsch le temps d'achever son siège. Quoique la ville de Neisse ne courait aucun danger si pressant, il était toujours très nécessaire d'en faire lever le siège.

Le Roi marcha pour cet effet la nuit du 24 au 25 et arriva par un grand détour le 26 dans la plaine de Gœrlitz. Les Autrichiens auraient voulu gagner ce poste avant le Roi, mais leurs grenadiers et leurs carabiniers ne purent arriver qu'à la Landskrone; ces derniers se présentèrent à notre avant-garde composée des hussards de Werner et des dragons de Czettritz, ils furent battus avec une perte de 800 hommes.

Le 28, le Roi marcha avec son armée à Lauban; le corps de Laudon harcela l'arrière-garde, mais sans grande perte de notre part.

Le 30, l'armée marcha en Silésie. L'ennemi fit ce qu'il put pour appesantir ou arrêter cette marche qui devait déranger toute sa campagne. M. de Daun renvoya 4 régiments de cavalerie et 15 bataillons de secours à M. de Harsch, qui marchèrent par Reichenberg, Arnau, Eypel, Silberberg et Frankenstein.

Le 31, Laudon, toujours attentif à arrêter l'armée, attaqua une arrière-garde de cavalerie qui couvrait les pontons dans cette affaire. Les chevaux de 7 pontons furent tués et ces pontons perdus, mais le Roi avait défendu aux troupes de s'amuser, et l'on voulait plutôt perdre 7 pontons que de manquer la levée du siège de Neisse.

Le 6, l'armée arriva à Nossen. M. de Harsch avait levé le siège et repassé la Neisse le même jour, ce que sachant le lieutenant-général Treskow fit une sortie et détruisit un corps de 6 à 700 pandours. L'on va incessamment poursuivre l'ennemi qui s'est retiré par Ziegenhals.

Selon toutes les apparences, nous touchons à la clôture d'une campagne qui a été rude et difficile.

Eigenhändig; mit dem Zusatz: „Die Relation drucken zu lassen. Friderich.“ 357-1


10501. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Gross-Nossen, 6. November 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 2. dieses wohl erhalten, und ist Mir lieb, dass die Russen die Belagerung von Colberg den 31. October aufgehoben haben,357-2 und wann Ihr nur die Generalmajors von Platen357-3 und Malachowski, auch den Obristen Graf Hordt mit seinen Freibataillons dorten lasset, so bin Ich versichert, dass sie denen russischen Streifereien werden Einhalt thun können.

<358>

Der Generallieutenant Manteuffel358-1 wird mit seinen 8 Bataillons, einem Regiment Dragoner und denen Rusch'schen Husaren zwischen Demmin und Anklam denen Schweden in ihrem Rücken Jalousies geben können, welches Ihr auch selbst, wenn Ihr Euch etwas gegen Prenzlau zöget, würdet bewerkstelligen. Wenn Ihr übrigens auf die Lausnitz marschiret,358-2 so glaube Ich, dass die Oesterreicher nur einige tausend Panduren und Husaren schicken werden, um in die Mark zu penetriren, und Ich habe dem Generalmajor von Wedell Ordre gegeben, gleich vorzurücken. Er hat 10 Bataillons Infanterie und 10 Escadrons Husaren bei sich, und wenn er damit zu Euch stösset, so könnet Ihr verhindern, dass die Oesterreicher nicht Gedanken bekommen, was auf die Mark zu tentiren . . .358-3

Ich werde den 9. bei Schweidnitz sein und den 12. bei Löwenberg; da Ich dann glaube, dass die Campagne damit geendiget sein werde.

Dasjenige, so Ihr bei denen von Euch angeführten Umständen in Ansehung des p. Medrian358-4 verfüget habet, hat Meine völlige Approbation.

A présent que mon affaire est faite ici, il y a apparence que la campagne sera finie, et que chacun se trouvera pour cet hiver à peu près comme l'année passée.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10502. AN DEN GENERALMAJOR VON WOBERSNOW.358-5

Gross-Nossen, 6. November 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 2. dieses erhalten, und wird ganz recht von Euch gethan sein, wann Ihr nur bei der Dohna'schen Armee verbleibet,358-6 maassen die Campagne als geendet anzusehen ...358-7

Ihr habet übrigens mit Dohna zu sehen, dass die Mark gegen den Feind gedecket werde und derselbe nichts auf Torgau tentiren könne.

In der Lausnitz müsset Ihr, wie Ihr es von den Russen gelernet,<359> wirthschaften, enorme Contributions einziehen, auch Fourage, Hornvieh und Pferde, welche der Neumark zu Statten kommen könnten, zusammenbringen lassen.

Friderich.

Nach dem Concept.


10503. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Gross-Nossen, 6 [novembre 1758], à 8 heures du soir.

Mon cher Frère. J'approuve fort toutes vos dispositions, mais vous n'aurez pas besoin de faire aucun mouvement rétrograde. Le siège de Neisse est levé hier. Comme l'ennemi a repassé la Neisse, Treskow a fait une sortie où il leur a pris 500 pandours. L'ennemi a une désertion prodigieuse, la moitié du régiment de Simbschen, autrefois Trenck, est à Neisse. Sur ces circonstances, je ne trouve point nécessaire de marcher avec tout le corps; je ferai séjour demain, et j'enverrai le général Fouqué avec un détachement convenable pour presser et hâter la retraite de l'ennemi, et si rien ne vient à la traverse, je serai le 9 auprès de Schweidnitz, d'où je compte marcher vers Lœwenberg, où probablement finira cette dure et pénible campagne.

Dohna sera le 11 à Lauban. Le siège de Colberg est levé, il n'y a que quelques parties russes qui rôdent encore par-ci par-là en Poméranie.

Voilà, mon cher frère, tout ce que je suis en état de vous apprendre. Vous priant d'être persuadé de la tendresse et de l'estime avec laquelle je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.359-1


10504. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

[Dresde, 6 novembre 1758.]359-2

Si ce qu'un espion nous a dit hier, est vrai, il sera à voir si Daun tentera quelque chose de force ouverte contre Dresde malgré la présence du Prince Électoral et l'état de grossesse de son épouse, ou s'il voudra détacher quelque corps par la Lusace, afin d'inquiéter le Roi pour sa capitale, ou s'il voudra détacher vers Meissen ou Torgau, ce qu'il pourra, aux avis des gens de métier, exécuter de Bischofswerda de l'armée des Cercles, à laquelle Daun a joint quelques détachements<360> des Autrichiens. Nous n'avons d'autre nouvelle sinon qu'elle marchera à Freiberg; reste à savoir ce qu'elle y fera. Nous avons cependant un avertissement de Halle qu'il y a un ordre signé du roi de Pologne et contresigné de Brühl, dont j'ai même copie, en conséquence duquel il est enjoint aux états de Thuringe, de Merseburg de fournir tout ce qui sera nécessaire à l'armée des Cercles, d'amasser des magasins auxquels chacun doit être cotisé pour fournir sa part à proportion. L'on ajoute dans le susdit avis que l'armée des Cercles se flattait de pouvoir bien avoir leurs quartiers d'hiver dans le Merseburg, Zeitz et le cercle de Leipzig.

Eichel meldet, dass er auf das Drängen der Generale sich entschlossen habe, morgen360-1 früh mit einem Corps Reconvalescirter nach Berlin aufzubrechen. Auch Mitchell wolle mit abreisen, um von Berlin sich zum Könige nach Schlesien zu begeben.

Nach der Ausfertigung.


10505. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

P. S.360-2

Dresden, 6. November 1758.

Gestern ist das hiesige Corps d'armée von Gamig aus nach Bennrich marschiret und hat seine Position zwischen hier und ohngefähr gegen Kesselsdorf genommen. Da bei diesem Marsch der Generalmajor von Mayr nebst denen Freibataillons und etwas Husaren die Arrièregarde gemachet und ein Corps Husaren und Panduren von ohngefähr 4000 Mann, welche, wo ich nicht irre, ein gewisser österreichscher Generalmajor Riedt commandiret, seine Revanche auf den Generalmajor Mayr nehmen und ihn surpreniren wollen, weil er Tages zuvor solchem seine mehriste Feldposten aufgehoben und weggenommen, so hat letzterer das Praevenire gemachet und sich auf einmal gegen ihn zurück tourniret, dass er jenen surpreniret und dergestalt überfallen hat, dass das feindliche Corps dadurch in Confusion gerathen und dabei an 200 Todte und Blessirete gehabt, ausser welchen noch gedachter Generalmajor Mayr hier 2 Officiers und etliche 50 gefangene Husaren und Panduren, die aber mehrentheils sehr übel blessiret waren, gefangen eingebracht. Worauf er seinen Marsch hieher weiter fortgesetzet. Die Armee ist sonst ganz ruhig und ohne etwas vom Feinde gesehen zu haben, in ihre neue Position angekommen. Wie ich höre, soll man die Nachricht haben, dass es nicht der Feldmarschall Daun selbst sei, der auf Bautzen marschiret ist, sondern Laudon mit einem Corps von 15,000 Mann, wie es sich ausgeben soll; alles aber ist darunter noch ohngewiss.

<361>

Uebrigens ist alles wegen der in meinem Schreiben erwähnten Reise decidiret, dass es dabei bleiben soll.361-1

Eichel.

Nach der Ausfertigung.


10506. AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE.

Girlachsdorf, 8 novembre 1758.

J'ai bien reçu votre rapport du 16 d'octobre et celui du 21 du même mois, et je suis très content de la manière dont vous vous y êtes pris pour faire imprimer les deux pièces en question,361-2 et j'attends présentement la traduction allemande que vous savez.361-3

La conduite et les propos du baron Seckendorff361-4 me paraissent inconsidérés et peu mesurés. Peut-être qu'après son départ le comte d'Affry viendra à faire des propositions sur vos lieux. Vous y veillerez avec attention et engagerez le général Yorke à en faire autant.

Federic.

Nach dem Concept.


10507. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Girlsdorf, 8 novembre 1758.

Mon cher Frère. Autant que j'en peux juger par mes nouvelles et par ce qui paraît raisonnable, je crois la campagne finie; je serai demain à Schweidnitz, et je compte après-demain envoyer d'abord quelque détachement vers les montagnes pour chasser Laudon et toute sa séquelle, mais je ne crois pas qu'il nous attendra.

Si Daun avait voulu entreprendre quelque chose, il l'aurait déjà fait; mais le siège de Neisse manqué le réduit à l'absurde, et il ne lui reste qu'à prendre des quartiers en Bohême. Un chasseur arrivé de Dresde dit qu'on n'y sait aucune nouvelle de Daun, signe certain qu'il ne s'en approche pas.

Wedell sera aujourd'hui avec ses 10 bataillons, 10 [escadrons] de dragons et 10 de hussards auprès de Torgau vers Herzberg, de sorte que je crois n'avoir plus cette campagne de grands dangers à courir.

Daignez me communiquer demain les nouvelles que vous aurez, pour que je hâte ou ralentisse là-dessus mon détachement. Je fais par<362>courir toutes les cartes pour trouver Culm,362-1 j'espère qu'on en viendra à bout; il y a un village de ce nom auprès de Jauer, mais si Daun y était, on le saurait sûrement.

Adieu, mon cher frère, je vous prie de ne me point oublier et d'être persuadé de l'estime et de la tendresse avec laquelle je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10508. AU GÉNÉRAL-MAJOR DE FINCK.

Girlachsdorf, 8 novembre 1758.

J'ai reçu votre lettre du 3 de novembre, et je vous dirai que j'ai réussi à faire lever le siège de Neisse, que celui de Colberg l'est aussi et que les Russes s'en vont. La marche de Wedell et le manque de subsistances obligeront Esterhazy à se retirer. Daun a tiré à lui 12 bataillons de l'armée d'Empire, ce qui doit énerver ce qui en reste. Je marche demain à Schweidnitz et ensuite à Lœwenberg. Il me semble après cela qu'il faudra que Daun mette fin à ses opérations, la saison étant avancée, et que me trouvant les mains libres de ce côté-ci, j'agirai sans gêne.

Die Oestreicher haben an die 3000 Mann vor Neisse gelassen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10509. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Schweidnitz, 9 novembre 1758.

Mon cher Frère. Je vous rends grâce des nouvelles que vous me donnez de l'ennemi.362-2 Je ne fais que d'arriver; mais quoi que Daun et ses bandits subalternes veuillent entreprendre, je vous rendrai compte des mesures que je prends pour renverser leurs projets. Je ferai marcher demain les hussards de Puttkammer et les dragons de Platen entre Striegau et Jauer, du côté de Culm362-3; après-demain, je suivrai avec tout le corps jusqu'à Rohnstok, le 12 à Konradswaldau362-4 et le 13 à Lœwen<363>berg.363-1 Si vous faites en même temps marcher des hussards et une douzaine de bataillons du côté de Hirschberg, je crois que nous rejetterons ces gens sans peine en Lusace, et dussions nous retourner sur nos pas. Là nous saurons si Daun est marché vers Dresde ou ce qu'il a fait; sur quoi nous pourrons nous régler en conséquence. Si vous laissez Rebentisch avec 10 faibles bataillons à Landshut et le régiment de Seydlitz, je crois que l'on [n'jaura rien à craindre là-bas, et, s'il faut en venir à quelque décision en Saxe, je pourrai attirer à moi Dohna, avec lequel nous serons suffisamment en état de nous opposer à Daun. Mandez-moi bien naturellement ce que vous pensez de ceci.

Voilà de meilleures nouvelles du cher Ferdinand;363-2 je me flatte à présent que nous n'avons rien à craindre pour lui.

Voilà cinq jours que je n'ai pas eu une heure de repos; je suis si fatigué que je vous fais mille excuses de ne vous en pas dire davantage. Vous priant de me croire avec les sentiments de la plus parfaite tendresse, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10510. AN DEN GENERALMAJOR VON FINCK.

Schweidnitz, 9. November 1758.

Ich habe Euer Schreiben vom 4. November erhalten.

Je n'approuve point le camp de Bennrich.363-3 Vous voulez le prendre trop précipitamment. Nous sommes ici en pleine marche; peut-être que je me porterai droit sur Dresde et tirerai à moi le lieutenant-général comte de Donna, selon qu'il en sera besoin.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10511. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Schweidnitz, 9. November 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 5. dieses richtig erhalten. Was Ihr in Ansehung Eures Vorhabens gegen die Schweden darin vermeldet,363-4 ist ganz recht gedacht und Meinem Willen gemäss. Marschiret der Generallieutenant Manteuffel denen Schweden im Rücken,363-5 und Ihr ihnen zur Seite, so wird alles gut gehen und Euch etwa nur einen Tag länger arretiren können.

Hiernächst werdet Ihr ungesäumt Euren Marsch bis nach Senftenberg fortsetzen, weil Ich nach allen Apparences nach der Lausnitz werde retourniren müssen, da Ihr dann von Senftenberg aus gegen<364> Görlitz nach vorher eingezogener genauen Kundschaft zu Mir werdet stossen können, wo es nöthig sein wird.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs364-1 zu Berlin.


10512. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Schweidnitz, 10 novembre 1758.

Mon cher Frère. Nous voilà donc arrangés avec notre plan, et les trois colonnes qui pénétreront ensemble par divers côtés, jointes au corps de Zieten, mettront les ennemis dans une grande confusion, et nous les renverrons sûrement au delà de la Queiss bien battus et accommodés de toutes pièces. Je crois que ce sera la dernière scène de notre campagne. Pour ce qui regarde votre charriage, pain, cuisson et fours, je l'établirai à Striegau ou peut-être à Jauer, d'où la boulangerie pourra fournir commodément l'armée. Voilà, mon cher frère, tout ce que je peux faire selon la situation où je me trouve; j'abandonne l'évènement au hasard qui dispose souverainement de tout dans le monde.

Je viens de recevoir une vieille lettre de Schmettau du 1er de ce mois, mais elle ne dit rien de Daun et ne contient d'autres particularités, sinon que ces troupes du prince de Deux-Ponts qui avaient passé l'Elbe et s'étaient avancées à Kœnigsbruck,364-2 s'étaient repliées sur Neustadt, et que Schmettau suppose qu'elles repasseront l'Elbe auprès de Pirna.

Dès après-demain, nous verrons clair dans tous les desseins des ennemis, et nous pourrons prendre nos mesures en conséquence.

Adieu, mon cher frère, je vous enverrai demain mon itinéraire,364-3 pour que vos lettres sachent où me trouver. Je vous embrasse bien tendrement, vous assurant de l'estime infinie avec laquelle je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10513. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Schweidnitz, 10 novembre 1758.

Je vous envoie la pièce ci-close364-4 pour votre information, et bien que le contenu puisse n'en être pas tout-à-fait fondé, il n'en est pas moins bon de recevoir de ces sortes d'avis qui peuvent être de quelque usage.

<365>

Je ne vous donne pas ces nouvelles pour fort certaines, mais je prévois qu'à la faveur des mesures que nous allons prendre, quelques projets que Daun ait formés, nous trouverons le moyen de le renverser.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10514. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Schweidnitz,] 10 [novembre 1758].365-1

Mon cher Frère. Si j'avais le don de la prophétie, je vous expliquerais très clairement tout ce qui se fait et se fera; mais je ne suis qu'un pauvre diable dont les idées sont bornées au rapport de mes sens. Si j'ose hasarder mes conjectures, j'ose assurer d'avance que nos affaires iront bien, et qu'avec cinq ou six marches nous dérangerons tous les projets de Daun. Je fonde mon assurance sur la témérité qu'il a eue de mettre toute son armée en détachement; je vois en esprit que nous retournons à Dresde, et ce sera là probablement que la campagne finira. Dohna a le 7 été à Berlin, ainsi le reste ira sans difficulté.

Je vous embrasse, cher frère, et j'espère dans peu de jours du côté de Lœbau pouvoir vous assurer de la tendresse infinie avec laquelle je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10515. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Schweidnitz, 10 novembre 1758.

J'ai reçu votre rapport du 31 d'octobre, et je me tiens persuadé que le Danemark ne s'immiscera pas dans la présente guerre, le traité même auquel doit être accédé la cour de Vienne,365-2 portant que le Danemark ne ferait rien, ni directement ni indirectement, en faveur du roi d'Angleterre ni de moi. Ce n'est donc là tout au plus qu'un traité qui conserve le status quo au Danemark.

J'ai bien toujours cru que le projet du baron Wrangel n'aboutirait à rien,365-3 et je ne m'y suis prêté que par complaisance pour vous.

Au reste, je vous prie de ne plus m'écrire pendant la campagne sur de pareilles matières qui me prennent trop de temps ici, et de ne<366> me faire vos rapports que sur des matières qui ne sauraient point souffrir de délai.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10516. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

11 [novembre 1758].

Mon cher Frère. Je serai aujourd'hui à Rohnstok, demain à Schœnau et après-demain à Lœwenberg, où il faudra faire jour de repos. Je crois que vous vous trouverez alors du côté de Greifenberg, et que nous nous rejoindrons sur la Queiss. Dohna doit être dans peu de jours à Senftenberg, de sorte que les projets des Autrichiens s'en iront sûrement à vau-l'eau.

Je suis avec toute la tendresse possible, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10517. AN DEN ETATSMINISTER FREIHERRN VON SCHLABRENDORFF IN BRESLAU.

[11. November 1758.]

Ich marschire gegen Löwenberg, Naumburg p.; Ich kann aber noch nicht wissen, ob Ich wieder nach Sachsen retourniren muss, dieses werden die Umstände geben. Ich habe auf 9 Tage Brod hier und auf 20 Tage Mehl auf die Wagen, so dass Meine Verpflegung bei der Armee bis auf den December sich erstrecket. Ich werde weiter schreiben, was wir thun werden, und werde Ich Euch avertiren, dass, wann wieder hier ins Land kommen sollte, Anstalt dazu gemacht werden könne.

Friderich.

Nach einer Abschrift im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Die Abschrift ist bezeichnet als „Extract aus der Königl. Ordre vom 11. November 1758“ .


10518. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Rohnstok, 11. November 1758.

Da nunmehro die Sachen der Gegend bei Neisse vorbei, so marschire Ich jetzt nach Löwenberg gegen Lauban, und glaube Ich fast nach denen Umständen, die zu Meiner Kenntniss gekommen, dass Ihr nach Torgau werdet marschiren müssen; da werdet Ihr mit Eurem Corps die Elbe passiren können, und könnte geschehen, dass Ihr bis nach Leipzig marschiren müsset; da weiss der Generalmajor von Wedell Bescheid, und wird er Euch von allem Nachricht geben können. Wo Ich in Erfahrung bringen sollte, dass die sämmtliche feindliche Truppen über die Elbe, so werde Ich gerade nach Dresden marschiren.

Uebrigens so müsset Ihr Mir über Sagan antworten.

<367>

Il faut dans cette occasion que vous agissiez de tête, je ne saurais vous conduire par la lisière.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.


10519. AU MINISTEE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Rohnstok, 11 novembre 1758.

J'ai reçu votre rapport du 5 de ce mois, et je suis très content de l'extrait que vous y avez joint dans votre post-scriptum, des dépêches du baron Knyphausen à Londres. Au surplus, vous voudrez bien, pendant que je suis extrêmement affairé ici, me faire le moins de rapports qu'il vous sera possible.

Je suis marché aujourd'hui de Schweidnitz pour venir ici. Je me porterai sur Lœwenberg, et il faudra voir où les conjonctures exigeront ma présence, si ce sera du côté de Dresde ou ailleurs.

Je vous prie, épargnez-moi les bagatelles chiffrées que vous m'envoyez très régulièrement, et s'il n'y a rien qui en vaut la peine, n'écrivez point.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.


10520. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Rohnstok, 11 novembre 1758.

Cöper verheisst von Zeit zu Zeit dem Minister Mittheilungen über die Kriegsereignisse zu machen.

Mais il faut que je prévienne Votre Excellence que je me trouve pour la plupart du temps dans le cas d'en ignorer certaines particularités qui y sont cependant essentielles. Il faudrait qu'il y eût quelqu'un tout exprès pour avoir soin de composer le journal de l'armée. Je m'en chargerais volontiers, si j'étais à même de le faire avec exactitude et précision; mais je ne saurais guère me flatter dans la situation où je me trouve présentement, qui m'empêche presque de respirer, de trouver le temps nécessaire pour m'en acquitter de la manière qu'il le faudrait. J'en ai souvent parlé aux aides de camp du Roi; ils me promettent de fournir des matériaux, sans dégager leur parole, et il paraît qu'ils ne soient pas eux-mêmes au fait des choses.

Der Schluss handelt über die Einladung eines der Brüder des Königs,367-1 ferner des Königs von England, des Prinzen von Wales und der Regentin der Vereinigten Provinzen zu Pathen des jungen Prinzen von Preussen.

L.-E.-H. Coeper.

Nach der Ausfertigung.

<368>

10521. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Rohnstok, 12 [novembre 1758].

Mon cher Frère. J'ai reçu vos deux lettres de l'onze. Je suis très sûr que vous occuperez aujourd'hui Hirschberg et même que Laudon n'est pas bien informé de ma marche. Treskow m'écrit que le corps de de Ville doit couvrir la Moravie, et que Harsch doit retourner en Bohême. Voici une lettre du major Rœhl,368-1 à laquelle j'ajoute plus de foi qu'à toutes les nouvelles que nous avons reçues de la Lusace. Je vous la communique, mon cher frère, et je crois que de Hirschberg vous pourrez marcher sur Greifenberg; car il faut nettoyer cette frontière et voir clair ce qui se passe derrière le voile que les troupes légères nous mettent devant les yeux. Vous pourriez, en attendant, laisser un bataillon franc à Hirschberg, pour empêcher que les petits partis de l'ennemi ne ruinent la ville par les contributions qu'ils en exigent tour à tour.

Adieu, cher frère, je vous embrasse tendrement.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10522. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Schönau, 12. November 1758.

Ich habe Euer Schreiben vom 8. November erhalten, und ist Mir insonders lieb gewesen, aus solchem zu ersehen, dass der Generalmajor von Wedell den 11. dieses bei Torgau sein wollen. Ihr müsset ihm mit Eurer Armee nur dahin folgen, von wannen Ihr Euch nachher auf Dresden oder Leipzig, oder wo es nöthig sein wird, hinwenden könnet. Sobald Ich die Lausnitzsche Grenze erreichet habe, werde Ich Euch Meine nähere Befehle ertheilen können.

Wegen des Generalmajor von Rüsch368-2 müsset Dir Euch gedulden, bis die jetzige Operation vorbei sein wird, da Ich dann seinenthalben weiter disponiren werde.

Selon ce que l'on débite ici, il y a apparence que la campagne est finie. En cas que cela se trouve vrai, je ne tarderai pas à vous en instruire et à vous munir de nouvelles instructions.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.

<369>

10523. AU MINISTRE D'ÉTAT ET DE CABINET COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Schœnau, 12 novembre 1758.

Je vous envoie ci-joint deux exemplaires du journal du siège de Neisse, qui y a été imprimé par l'ordre que j'en avais donné au lieutenant-général de Treskow.369-1 Vous pourrez, pour contenter le public et pour en faire usage dans l'étranger, en faire faire une édition à Berlin.369-2

Vous aurez aussi soin de faire traduire en français et imprimer le journal ci-joint du siège de Colberg, et vous aurez soin de le faire parvenir où il le faudra.369-3

Federic.

P. S.

Vous observerez de m'envoyer quelques exemplaires de l'impression allemande et française qui aura été faite du journal ci-joint du siège de Colberg.

Nach der Ausfertigung. 369-4


10524. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Schœnau, 12 [novembre 1758].

Mon cher Frère. Les nouvelles que j'ai pu ramasser ici, sont que le gros de Laudon s'est retiré vers Greifenberg, qu'il y a un petit corps autrichien à Lauban, et que le gros de l'armée autrichienne est à Lœbau en Lusace. J'ai trouvé dans ces environs 200 hussards ennemis, et j'ai ordonné aux nôtres de les chasser; voilà tout ce que je sais.

Je marche demain à Lœwenberg; vous pouvez, si vous le voulez, séjourner demain à Hirschberg et marcher le 14 sur Greifenberg.<370> Daignez pendant ce temps m'avertir de ce que vous apprenez là-bas, afin que de ces différentes nouvelles on en puisse tirer quelques lumières, en les comparant ensemble. Mes derniers bataillons et le charroi n'arriveront ici qu'à 4 heures ; il en est 2 à présent.

Je suis avec toute la tendresse possible, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10525. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Schœnau, 12 novembre 1758.

Je vous envoie ci-joint une lettre du maître de postes Witte à Kottbus;370-1 je ne pense pas que les nouvelles qu'elle renferme, soient absolument fondées, cependant ai-je cru devoir vous la communiquer, afin qu'en combinant lesdites nouvelles avec celles qui peuvent vous entrer d'autre part, vous soyez à même d'apprécier la vérité des choses.

Federic.

Nach der Ausfertigung


10526. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Lœwenberg, 13 [novembre 1758].

à 1 heure.

Mon cher Frère. J'ai reçu votre lettre en chemin. Je suis charmé des mesures que vous me marquez d'avoir prises contre l'ennemi.370-2

Je dois vous avertir que nous avons surpris dans la marche d'aujourd'hui beaucoup de petits détachements de l'ennemi, d'où je conclus qu'il ne s'attend point à ma marche. J'ai envoyé des patrouilles vers Greifenberg, et s'il est nécessaire, j'y enverrai quelques troupes, pour que l'ennemi, pris en dos et en front, fasse moins de résistance.

Voici ce que l'on me dit dans ce moment, savoir que les Autrichiens ont un magasin considérable auprès de Marklissa. Si vous pouviez le prendre en marchant sur Greifenberg, cela faciliterait non seulement notre subsistance, mais cela empêcherait encore l'ennemi de pouvoir tenir là-bas un corps pendant l'hiver.

J'aurai demain jour de repos. Je crois que Dohna sera aujourd'hui à Strehlen, ainsi je ne crains pas prodigieusement pour la Saxe; cependant, il faut chasser tous ces gens qui veulent nous barrer la frontière,<371> et régler ensuite nos démarches sur les nouvelles que nous aurons de l'ennemi.

Adieu, cher frère, je vous embrasse tendrement.

Federic.

Je fais tirer la retraite à soir.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10527. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Lœwenberg, 13 novembre 1758.

J'ai reçu votre lettre du 13 de ce mois. Comme nous savons assez le projet de Daun, pour savoir à qui nous en tenir, notre première opération doit sûrement avoir pour but d'amener le magasin de Marklissa;371-1 en second lieu, de pousser et de chasser devant nous le corps qui paraît destiné à nous disputer l'entrée de la Lusace; ensuite, de pousser nos opérations, selon que les mouvements de l'ennemi l'exigeront de nous.

J'ai des nouvelles que tout était encore bien à Dresde le 8. Je ne sais pas ce qui peut s'être passé de depuis; mais il paraît probable que les Autrichiens auront de grands ménagements pour cette ville, qui, par conséquent, n'aura pas à craindre grand'chose. Mais la grande raison de ma marche c'est pour assurer Leipzig et l'Elbe, point dont vous trouverez toute la conséquence.

Federic.

Nach dem Concept.


10528. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Löwenberg, 13. November 1758.371-2

Nachdem Ich anjetzt vollkommen instruiret bin, dass des Feldmarschall Daun's Intention auf Dresden gerichtet ist, so schreibe Ich Euch heute, dass Ihr gerade bei Torgau über die Elbe gehen sollet, um zu dem Generalmajor von Finck zu stossen. Ich werde über Kamenz und Königsbrück auch gegen Dresden marschiren, und müsset Ihr ohngefähr zwischen Meissen und Dresden die Pontons fertig halten; da werde Ich den 21. dieses die Elbe passiren.

Mehl müsset Ihr aus Torgau mitnehmen, auf dass Ihr Mir Brod backen lassen könnet und es Mir ja an Brod nicht fehle. Ich gebrauche ohngefähr einige 20,000 Portions.

Sollte auch etwas gegen Leipzig zu thun nöthig sein, so werdet Ihr selber sehen, ob Ihr auf Dresden oder Leipzig nöthig seid. Wann Ich einmal mit der Armee heran bin, alsdann kann ein Détachement von der Armee, wo es erforderlich, gemacht werden.

Friderich.371-3

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.

<372>

10529. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Lœwenberg,] 14 [novembre 1758].372-1

Mon cher Frère. Mes patrouilles m'apprennent que Laudon vient d'évacuer Greifenberg372-2 et de se retirer à Marklissa où il a son magasin. S'il y avait moyen de le lui prendre,372-3 cette expédition nous donnerait beaucoup de repos pour l'hiver. Mes patrouilles de Lauban ne sont pas encore de retour. Il n'y aura là-bas tout au plus qu'un corps de 8000 hommes.

Je doute de la mort du prince Maurice,372-4 et je crois que les officiers autrichiens ont ébruité les nouvelles les plus sinistres qu'ils peuvent imaginer.

Enfin, demain, dès que nous serons à Lauban, nous pourrons prendre un parti décisif sur l'avenir. Si l'affaire de Marklissa vous occupe, mon cher frère, je crois qu'il est très important de mettre cette aventure à fin; pour moi, je me trouverai assez fort du côté de Lauban.

Quelle époque malheureuse que le jour qui va commencer,372-5 et malheureux que je suis, je vis encore! Je vous embrasse, mon cher frère, en vous assurant de la parfaite tendresse avec laquelle je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10530. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Lœwenberg, 14 novembre 1758.

''J'ai reçu de différentes nouvelles de la position de l'ennemi; un déserteur prétend qu'ils se sont retirés à Friedland,372-6 et que de là un corps a ordre de se replier sur Leitmeritz; d'un autre côté, mes patrouilles me rapportent qu'il y a un corps des ennemis campé sur cette montagne pointue372-7 dont ils vous ont canonné de Lauban.

Pour moi, je marche tout droit demain à Lauban. Je ne sais si l'ennemi m'y attendra ou non, mais je suis très sûr de l'en faire partir.<373> Je ne connais point le terrain du côté de Marklissa, mais s'il est praticable et que vous pouvez marcher de ce côté-là, je suis très sûr que ce sera un coup décisif.

Il n'est pas nécessaire que votre corps me joigne à Lauban; si le gros reste du côté de Marklissa ou de Greifenberg, ce sera suffisant. Je dois vous avertir que je ne crois point nécessaire de marcher avec toute l'armée du côté de l'Elbe, mais simplement de m'avancer avec un détachement de 12 bataillons et de 40 escadrons du côté de l'Elbe.

Les déserteurs autrichiens assurent que l'armée de l'Empire a été battue près de Dresde, et qu'elle s'était enfin retirée à 4 lieues de Pirna. Cela est possible, mais je n'en ai point de nouvelle. Dès que je serai à Lauban, je pourrai avoir des nouvelles plus positives pour vous les communiquer.

Si vous ne trouvez pas de grandes difficultés, et que vous puissiez me joindre demain avec un détachement, cela me ferait plaisir; mais si vous en trouvez, il faudrait bien que vous vous arrêtassiez à l'endroit où vous serez nécessaire.

Un paysan, qui dans ce moment revient de Marklissa, assure que tout en est parti, ainsi que de Lauban. Je ne suis en aucune inquiétude pour ce qui me regarde, l'opération est facile; mais dans ce moment, mes gardes du camp me rapportent qu'ils ont entendu tirer cinq coups de canon vers Greifenberg.

Federic.

Nach dem Concept. Der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.


10531. AU PRLNCE HENRI DE PRUSSE.

[Lœwenberg,] 14 [novembre 1758].

Mon cher Frère. Si vous êtes sûr que l'ennemi n'a point de magasin à Marklissa,373-1 il n'est pas nécessaire d'y marcher. Vous pouvez laisser tout votre corps à Greifenberg aux ordres de Zieten. Si pour votre personne et l'escorte que vous trouverez nécessaire, surtout les hussards de Puttkammer, vous voulez venir demain à Lauban, je vous dirai tout ce que je ne puis vous écrire à présent. Veuille le Ciel que Daun ait le nez et le cul gelé, et qu'il s'en aille au diable!

Adieu, cher frère, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.

<374>

10532. AN DEN GENERALLIEUTENANT BARON DE LA MOTTE-FOUQUÉ.

[Löwenberg, 14. November 1758.]374-1

An Fouqué:

Wäre Mir sehr lieb, dass er dorten so gut reussiret hätte.374-2 Nach aller Apparence würde er nicht mehr viel zu sehen kriegen vom Feinde.374-3

Hier wäre alles vor uns gewichen, und schiene der Weg vorwärts auch ziemlich frei geworden zu sein. Ich marschirte morgen nach Lauban, um vielleicht weiter vorzurücken.

Unter die österreichsche Deserteurs wäre das Gespräch, die Reichsarmee sei geschlagen374-4 . . .

Weisungen für die Antwort; auf der Rückseite des Berichts von Fouqué, Neustadt 11. November.


10533. AUX MINISTRES D'ÉTAT ET DE CABINET COMTES DE PODEWILS ET DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Podewils und Finckenstein berichten, Berlin 7. November: „Le baron d'Ahlefeldt374-5 nous étant venu voir et ayant fait tomber la conversation sur le rétablissement de la paix, nous a rappelé à cette occasion le désir que sa cour avait témoigné plus d'une fois pour pouvoir y contribuer par ses bons offices,374-6 et, en ajoutant qu'elle était toujours dans les mêmes dispositions, il a demandé s'il n'y aurait donc pas moyen de pouvoir travailler à un ouvrage si salutaire. Je lui ai répondu, moi Podewils, que Votre Majesté n'avait jamais été éloignée de Se prêter à un accommodement juste et raisonnable, et je lui ai demandé, à mon tour, si la cour de Danemark était peut-être chargée de quelques propositions relatives à cet objet. Sur quoi, le ministre danois a répondu que c'était de la part des puissances belligérantes qu'on, en attendait, et que ce n'était qu'au moyen d'une ouverture confidente de la part de Votre Majesté que sa cour se trouverait en état d'interposer ses bons offices. Je lui ai dit sur cela que c'était une matière sur laquelle Votre Majesté ne pouvait pas S'expliquer, avant que de Se concerter avec Ses alliés, et nommément avec Sa Majesté Britannique. Sur quoi, le baron d'Ahlefeldt a répliqué que cela n'était que juste, mais qu'il serait à souhaiter qu'on se concertât, afin de pouvoir parvenir au but désiré.

Comme cette conversation nous parait relative à l'insinuation que le comte de Bothmar374-7 a été chargé de faire à Londres, et dont j'ai eu l'honneur, moi Finckenstein, d'informer Votre Majesté par ma très humble dépêche du 5 de ce mois, nous avons cru devoir également Lui en faire notre très humble rapport.

<375>

Nous prenons la liberté de demander en même temps les ordres de Votre Majesté, pour savoir si Elle ne jugerait pas à propos de faire part de cet entretien à la cour d'Angleterre et de Se concerter avec cette cour sur les moyens de tirer parti de cette ouverture. Il nous semble qu'on ne risquerait rien de s'expliquer avec la cour de Danemark, pour savoir si elle a fait la même ouverture aux puissances du parti contraire, et de lui témoigner qu'en ce cas Votre Majesté, aussi bien que l'Angleterre, se croyaient assez sûres de l'amitié de Sa Majesté Danoise, pour voir avec plaisir et pour souhaiter même qu'une affaire pareille passât par ses mains. Peut être que par ce moyen on parviendrait à entamer une négociation de paix qui sera d'ailleurs une affaire de longue haleine, à cause des intérêts compliqués de tant de différentes puissances; et qui ne saurait, par conséquent, être commencée trop tôt, pour pouvoir la terminer, s'il y a moyen, avant le commencement d'une nouvelle campagne.“

Lœwenberg, 14 novembre 1758.

J'ai reçu votre rapport du 7 de ce mois, et j'ai été peu satisfait de son contenu. Mon intention est que, quand le ministre danois reviendra à vous faire des ouvertures dans le goût de celle que vous m'avez marquée, vous lui témoigniez simplement que mon absence vous empêchait de lui répondre, et que vous ne sauriez entrer en rien à mon insu.

Gardez-vous bien d'ailleurs de toutes chipoteries. Nous n'aurons pas la paix par le Danemark. Il faudra que la France commence à parler la première, et pour lors on négociera la paix.

Je vous prie en grâce de me laisser en repos avec des nouvelles aussi puériles et insupportables que vous m'écrivez, ou attendez - vous à ne plus recevoir de réponse.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.375-1


10534. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Lœwenberg, 15 novembre 1758.

Je vous envoie ci-joint une lettre du maître de postes Witte à Kottbus.375-2 Les nouvelles qu'elle renferme, m'obligent de marcher avec<376> le corps de troupes que j'ai avec moi, à Dresde. Le reste des troupes, je le laisserai ici sur la frontière, sous le commandement du lieutenantgénéral de Zieten.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10535. AN DEN GENERALMAJOR VON FINCK.

Lauban, 15. November 1758.

Ich bin den 15. hier zu Lauban angekommen; Ich marschire gerade auf Dresden und gedenke den 20. da zu sein. Auf den Fall Daun daselbst noch stehn sollte, müsset Ihr alle Anstalten parat halten, dass Ich daselbst über die Elbe gehn könne.

Friderich.

Nach dem Concept.


10536. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Lauban, 15 novembre 1758.

J'ai reçu vos rapports du 10 et du 12 de ce mois, de même que celui du directoire de guerre à Torgau du g que vous m'avez fait parvenir. Comme je n'ai pas présentement le temps, vu mes pressantes occupations, ni de lire ni d'entrer en aucun détail sur vosdits rapports, je me dispense d'y répondre, et je vous recommande à cette occasion de ne point me fatiguer par de longs rapports, mais de me marquer en quelques peu de lignes ce que vous croirez absolument devoir parvenir à ma connaissance.376-1

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10537. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE SCHMETTAU A DRESDE.

Gœrlitz, 16 novembre [1758].

J'ai reçu votre rapport du 12 de ce mois. Les arrangements que vous avez faits à Dresde, sont bons, et j'en suis content au possible. Patience! en quelques jours d'ici tout ira bien.

[Federic]

Ne ménagez rien, ni la cour, ni la ville, et soutenez-vous, le secours ne tardera pas d'arriver.

Das Hauptschreiben nach dem Concept. Der eigenhändige Zusatz befand sich auf der Ausfertigung; diese376-2 ist gedruckt bei Preuss, Friedrich der Grosse, Urk.-Buch Bd. II, S. 15 u. 16.

<377>

10538. AU GÉNÉRAL-MAJOR DE FINCK.

Gœrlitz, 16 novembre 1758.

Je compte pour sûr être le 21 devant Dresde, et même déjà le 20 de ce mois. Prenez seulement vos mesures pour savoir où je pourrai le mieux passer l'Elbe pour attaquer l'ennemi. Je suis d'avis que le passage saurait le mieux se faire du côté du Plauenschen Grund.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10539. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Görlitz, 16. November 1758.377-1

Ihr müsset bis zum 20. dieses bei Torgau stehen bleiben, und wann alsdann nichts für Torgau zu besorgen, alsdann gerade auf Leipzig marschiren.377-2

J'ai voulu que le régiment de Malachowski restât à Stargard,377-3 je veux que vous le renvoyez d'abord là-bas.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10540. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Dresden, 16. November 1758.

Eichel meldet über seine in Gemeinschaft mit Mitchell geplante Abreise nach Berlin: 377-4

Da man allhier einen zu starken Train, so uns accompagniren sollte, formiren wollte und dazu einige Tage mehr erfordert wurden, inzwischen der General Hadik sich auch mit seinem Corps auf unserm Wege zu Nossen setzete und auf Lommatzsch, wenige Meilen von Torgau, detachiret hatte, der Generalmajor Finck auch bei Annäherung der Daun'schen Armee, so bei Sonnenstein die Schiffbrücke passirete, die Resolution fassete, auf dieser Seite der Elbe mit seinem Corps zu marschiren und sich vor hiesige Neustadt zu campiren,377-5 um, wenn der Generalmajor Wedell oder auch Graf Dohna noch käme, mehr à portée zu sein, sich mit solchen zu conjungiren oder denen Umständen nach ihnen gar entgegen zu marschiren, so zerschlug sich unsere Reise dadurch gänzlich, und als gleich darauf der Feldmarschall Daun mit<378> der bei sich habenden Armee gerade gegen Dresden marschirete und sich zunächst denen Vorstädten, von dem hiesigen königlichen sogenannten Grossen Garten und so längst der Altstadt Dresden campirete, als mussten wir uns, so zu sagen, mit einsperren lassen und das Évènement von allem abwarten, weil auf der Seite der Neustadt nicht anders durchzukommen war, als durch einen Maisch des Generalmajor von Finck gegen Grossenhain, der aber, wenn er wirklich geschehen wäre, die Stadt Dresden sehr exponiret haben dörfte.

Der Feldmarschall Daun machte bald nach seiner Ankunft die Anstalten, die Vorstädte von der Altstadt Dresden zu occupiren und die von dem General Schmettau darin postirete Truppen zu delogiren, womit er auch wirklich einen, obschon fruchtlosen Versuch that, in der Absicht, dass, weil seiner Meinung nach der General Schmettau sich nicht unternehmen würde, die Vorstädte abbrennen zu lassen, die Oesterreicher sich in solchen so würden nichiren können, dass der General Schmettau sich mit der Garnison würde herausziehen müssen oder doch eine schlechte Defension machen können. Nachdem aber diese Absicht dadurch vereitelt wurde, dass dieser ohne weiteren Anstand die Vorstädte, so weit solche denen Wällen der Stadt zu nahe lagen, abbrennen liess und sich dadurch zur Defension Luft machete, so gerieth dadurch der Feldmarschall Daun [sowohl], als der junge Hof allhier (welcher, en passant zu sagen, sich in dieser Gelegenheit nicht so sage wie sonst aufgeführet hat) [dergestalt in Erregung]378-1, dass ersterer den General Schmettau durch einen hereingeschickten Expressen darüber constituiren und sogar menaciren lassen wollte.

Was deshalb passiret ist, werden Ew. Excellenz aus der Anlage,378-2 so mir nurgedachter General zugestellet hat, zu ersehen geruhen. Da kein Zweifel ist, es werden die feindlichen Höfe über die Abbrennung dieser Vorstädte ein grosses Geschrei machen, so habe ich vor mich noch einige Anmerkungen, bloss zu Ew. Excellenz Nachricht und Information hinzugefüget, da der General Schmettau sich etwas kurz exprimiret hat, zweifele auch [nicht], derselbe sowohl als des Herrn von Borcke Excellenz werden noch ein mehreres davon gemeldet haben.

Nachdem auch ehegestern ein Schreiben an den Generalmajor von Schmettau von des Königs Majestät eingelaufen ist, nach welchem er wegen des Évènements mit Neisse hier ein solennes Te Deum celebriren sollte,378-3 so ist solches gestern, als an dem Namenstage des Marschall Leopold Daun, geschehen und dessen Fête durch die nach seinem Lager scharf geladene Canons zugleich celebriret worden; da denn der österreichsche gemeine Mann wegen der ansehnlichen Artillerie in der Stadt und dem Feuer der nombreusen Garnison, von welchen beiden man ihnen ganz was anders einbilden wollen, sehr decontenanciret worden. Wann auch zugleich dem Feinde die Nachricht von Sr. Königl. Majestät<379> Annäherung gegen Görlitz und von der echouirten Entreprise auf Torgau, so Hadik mit seinem Corps von 6 bis 8000 Mann unternehmen wollen, [so aber] durch die Bravour des dortigen Commandanten379-1 und des à point nommé dazugekommenen Generalmajor von Wedell fruchtlos gemachet worden, desgleichen die Nachricht von dem Marsche des Generallieutenant Dohna und Generalmajor Wedell von Torgau auf Eilenburg hierzu gekommen ist, so hat darauf der Feldmarschall Daun sogleich die Partie genommen, da er seine grosse Concepte, Sachsen durch Wegnehmung derer Städte Dresden, Leipzig und Torgau [zu gewinnen], auf einmal vereitelt gesehen, sich mit seiner Armee heute früh von Dresden weg und gegen Pirna zu ziehen, so dass nach einstimmiger Aussage derer heute häufig kommenden Deserteurs er sich nach Böhmen ziehen und sein Hauptquartier zu Leitmeritz nehmen will, wovon jedoch noch nichts mit völliger Zuverlässigkeit zu melden, vielmehr noch zu erwarten stehet, ob er sich nicht etwa von Sonnenstein über die Schiffbrücke gegen Bautzen lenke, um dort die Passage zu difficultiren, wogegen aber auch Rath sein wird. Hiesigerseits ist man im Begriff, wo möglich ihm noch in die Arrieregarde zu fallen.

Das österreichische Corps von ungefähr 6000 Mann Kavallerie und Husaren, das in der Lausitz gestanden, habe seinen Weg nach Pirna genommen, um sich gleichfalls nach Böhmen zu ziehen.

Mit der von denen Oesterreichern selbst so benannten Armée empirique wird es keinen Anstand haben, dass solche auf Annäherung von Dohna sich nicht wieder zurückziehen solle, so dass man hoffen kann, dass ganz Sachsen bald seiner zu dessen ohnsäglichem Schaden gebetenen Gäste degagiret sein dörfte und man allhier gleichfalls wie in Schlesien wird sagen können, dass bloss Sr. Königl. Majestät Annäherung die feindliche Gewölke, wie die Sonne die aufsteigende Nebel und Wolken, dissolvire und ecartire. Mein sehnlicher Wunsch bleibet bei dem allen, dass alle diese gute Évènements und Marques, so wir von der Providence erhalten, dass solche uns noch nicht gänzlich fallen lassen wolle, zu einem baldigen guten und honorablen Frieden ausschlagen und führen mögen379-2 . . .

Eichel.

<380><381>

Den 8. November379-3 erhielte der bestellete Gouverneur zu Dresden Nachricht vom Anmarsch der kaiserlichen und Reichsarmee, wie auch dass der Feldmarschall Daun solche commandire; liess also durch den Herrn Oberschenke von Bose dem Hof zu Dresden ansagen, wie

Die Ankündigung von der ohnumgänglich nothwendigen Abbren

 

er genöthiget sein würde, die Vorstädte bei Anrückung der feindlichen Armee abbrennen zu lassen; worauf der Hof erwiderte, er müsse sich solches gefallen lassen. Die feindliche Avantgarde attaquirte bereits selbigen Tag die Freibataillons und Husaren vor dem Grossen Garten.

Den 9. liess der Gouverneur den Magistrat vorfordern und gab ihm gleichfalls zu erkennen, dass die Vorstädte bei feindlicher Annäherung abgebrannt werden müssten, und könne solches niemand als der Dresdener Hof verhindern. Den 9. war der Herr Obrister von Itzenplitz aus der Stadt commandiret mit 700 Mann, zu deren Soutien noch in der Nacht zwei Bataillons herausgeschicket wurden. Der Feind rückte um Mittag mit seiner Armee gleich hinter den Grossen Garten, dessen Avantgarde poussirte die Freibataillons und Husaren bis in die Vorstädte, attaquirte auch hierauf die Infanterie, in 700 Mann bestehend, und geriethen bis in die Barrière, den Rampischen und Pirnaischen Schlag genannt, wurden aber wieder repoussiret. Der Feind feuerte mit Kartätschen und that etliche Schüsse mit Kanonen in die Stadt, worauf den 10. gegen Tages das Feuer angeleget, und ein guter Theil der Vorstädte durch den Generalmajor von Mayr, so den Befehl dazu hatte, angestecket worden.

Des Mittags meldete sich der Obrister von Zawoisky, welcher mit einem Trompeter von dem Feldmarschall Daun abgeschicket war, mit dem Antrag, wie den Feldmarschall sehr befremdete, dass nung derer Vorstädte auf den Fall einer feindlichen Attaque ist schon dem hiesigen Hofe sowohl als dem hiesigen Magistrat einige Monate vorher und nachher zum oftern geschehen; da denn letzterer nicht nur solches verbitten, auch sich deshalb an den hiesigen Landesconvent adressiren wollen, der auch per Deputatos dem Etatsminister von Borcke Vorstellung thun lassen, von demselben dahin aber beschieden worden, wie es lediglich von dem hiesigen Hofe dependiren werde, solches zu verhindern, wenn er mit der österreichschen Généralité conveniren werde, dass solche die hiesige Residenz menagire und nicht feindlich angriffe.

Als den 8. der hiesige junge Hof den Generallieutenant Schmettau durch den Oberschenk von Bosen beschicken und wegen der Vorstädte sprechen lassen, ist diesem alle behörige Remonstration darüber geschehen und ihm gesaget worden, dass, wenn hiesiger Hof die österreichsche Généralité dahin disponiren werde, dass der Feldmarschall Daun nicht von der Seite der Vorstädte die Stadt zu attaquiren seine Parole d'honneur von sich geben würde, man sodann solcher gänzlich schonen werde, ausserdem aber raison de guerre sowohl als die Ordres, bis auf den letzten Mann den in Dresden anvertrauten Posten zu defendiren, die Abbrennung der der Defension so nachtheilig und fast dicht am Wall belegenen Vorstädte nothwendig erfordere. Worauf der von Bose geantwortet, dass der hiesige Hof sich von dergleichen nicht mehren könne, noch würde.

 

man hiesigerseits die Vorstädte angestecket, solches wäre gegen alle christliche Gebräuche, bei einer Residenz die Vorstädte anzuzünden, der Gouverneur würde es zu verantworten haben. Worauf geantwortet, dass der Herr Feldmarschall die Kriegesregul gar zu gut wisse, dass wenn ein Feind den Vorstädten nahe und sich der Stadt bemeistern könne und wolle, man seine eigne Vorstädte verbrennet; folglich gebe sich die Ordre von selbst, da Ihro Königl. Majestät mir anbefohlen, die Stadt bis auf den letzten Mann zu defendiren. Der Obrister replicirete, dass der Feldmarschall hoffe, der Gouverneur werde die Stadt menagiren und nicht auf dergleichen Art damit verfahren. Der Herr Gouverneur erwiderte, solches dependire von des Herrn Feldmarschall Excellence, indem, wenn Breschen sollten gemachet werden und auch erstiegen, er eine Strasse nach der andern defendiren würde und zuletzt das Schloss.

Es ist in gegenwärtigem Fall hier nicht die Frage von einer offenen Residenz, sondern von einer Festung gewesen, die der Feind durch öffentliche Gewalt attaquiren und sich der vielen grossen und massiven Häuser, so bekannter Maassen in diesen Vorstädten befindlich waren, und aus welchen man alles auf dem Wall und in der Stadt aus den Fenstern und durch sonst darin angebrachte Batterien todtschiessen können, dazu bedienen wollen; wegen derer also sowohl raison de guerre als die bei Verlust von Kopf und Ehre anvertrauete Defension indispensablement erforderten, dass solche durch Abbrennung weggeschaffet würden, sowie solches bekannter Maassen bei allen zur Belagerung eingeschlossenen festen Plätzen, auch selbst von denen, welchen sie eigenbehörig seind, geschiehet und geschehen muss.

Zwar will verlauten, der Herr Generalfeldmarschall von Daun habe sagen wollen, wie seine Intention nicht gewesen, die Stadt attaquiren, noch sich von denen Vorstädten empariren zu wollen. Ausser dem aber, dass ein Gouverneur, der einen Platz zu defendiren hat, nicht wohl dergleichen Intention deviniren kann, wenn er alle Demonstrationes dagegen siehet, so beweisen wohl die in der Note angeführete Umstände von der wirklich geschehenen Attaque und denen auf verschiedene Häuser in der Stadt selbst geschehenen Kanonschüssen, dass solches, wenn des Herrn Grafen Daun Excellenz sich dergleichen entfallen lassen, eine protestatio factis contraria gewesen wäre.

Nach der Ausfertigung.

<382>

10541. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

[November 1758.]

Den Einhalt Eures Berichts vom 14. dieses approbire Ich vollkommen. Ich gedenke den 20. dieses bei Dresden zu sein. Man hat Mir sagen wollen, dass man gestern stark bei Dresden schiessen gehöret hätte; Ich bin aber darüber gar nicht inquiet.

Uebrigens muss Ich Euch avertiren, dass bei Leipzig ein Damm befindlich, welchen Ihr occupiren müsset, um debouchiren zu können. Die Generalmajors von Wedell und von Hauss, auch der Major von Röhl kennen solchen ganz wohl. Die werden Euch denselben anzeigen können.

Friderich.

Nach dem Concept.382-1


10542. AN DEN GENERALLIEUTENANT BARON DE LA MOTTE-FOUQUÉ.

[November 1758.]

Dankte sehr für die gute [Nachrichten].382-2 Zweifelte nicht, dass seine Unternehmungen nicht gut gehen sollen, weswegen auch ganz tranquille überdem.

Weisungen für die Antwort; auf der Rückseite des Berichts von Fouqué, Ober-Glogau15. November.


10543. AN DEN GENERALMAJOR VON FINCK.

Bautzen, 18. November 1758.

Es ist Mir lieb, aus Eurem Schreiben vom 16. dieses ersehen zu haben, dass sich das dortige Ungewitter so leicht verzogen. Meine ganze Disposition ist gewesen, heute bis Marienstern382-3 vorzurücken; weil aber Meine Leute sehr fatiguirt sind, so werde nur bis Bautzen marschiren. Ich werde den 21. dieses spätestens in Dresden eintreffen. Dir sollet Mir die Kammern des Königs von Polen auf dem Schlosse zurechte machen lassen und da eine Wache beigeben. Die Regimenter, so Ich mitbringe, die werden alle in der Stadt liegen und müssen von den Bürgern bewirthet werden. Ihr müsset Eure Regimenter jenseit der Stadt cantonniren lassen, welches Mir sehr lieb sein soll.382-4

<383>

Je n'amène que 8 bataillons, un régiment de hussards et 2 régiments de cuirassiers. Ils sont pourvus de pain jusqu'au 23. Vous aurez soin de leur en faire cuire pour six jours. La farine que j'ai encore avec moi, pourra toujours servir. Pour ce qui regarde Pirna, je compte que moyennant 14 mortiers et 10 pièces de 24 livres, qu'il faudra tirer de Magdeburg, nous en viendrons à bout;383-1 pour des pièces de batterie de 12 livres, nous en avons suffisamment avec nous.

Friderich.

Nach der Ausfertigung.


10544. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Bautzen, 18 novembre 1758.

Je puis avoir la satisfaction de vous dire par la présente lettre que l'ennemi383-2 a levé le 16 de ce mois de grand matin le siège de Dresde, et qu'il s'est retiré à Cotta, où il a été poursuivi par nos troupes sur sa retraite. Il y a eu des officiers et des soldats ennemis de pris à cette occasion; j'en ignore encore le nombre. Au dire de tous les déserteurs, l'ennemi va tout droit en Bohême. Le prince de Deux-Ponts et le général Hadik doivent aussi s'être retirés; j'en attends la confirmation.

Le lieutenant-général comte de Dohna est marché sur Leipzig, et on dit que l'ennemi en doit aussi avoir levé le blocus, de façon que les affaires vont bien aussi de ce côté-là.

Présentement il dépendra de vous de me faire de vos rapports comme ci-devant sur toutes les occurrences dont vous jugerez à propos de m'écrire.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10545. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE DOHNA.

Bautzen, 18 novembre 1758.383-3

L'ennemi ayant levé le siège de Dresde le 16 de ce mois, pour se retirer par Cotta et se rendre, au dire des déserteurs, en Bohême, ayant de même, selon que le portent mes avis, levé le blocus de Leipzig, vous n'aurez sans doute rien pu engager avec lui que quelque affaire d'arrière-garde, pour le harceler sur sa retraite. Je suis fâché que, nonobstant de ce que dessus, je ne puisse point encore vous donner le repos que j'aurais souhaité, les circonstances exigeant que nous nous débarrassions des Russes et des Suédois. Il faudra donc que vous vous concertiez avec le général-major de Wobersnow comment on pourra les<384> faire sortir de Driesen. Si, de mon côté, j'y pouvais contribuer quelque chose, je le ferais volontiers en détachant par Glogau de mon armée des troupes sur Posen,384-1 pour mettre les Russes en appréhension d'être entièrement coupés. Vous n'avez donc qu'à aviser là-dessus.

Vous marcheriez, selon moi, avec tout ce qui vous resterait de hussards prussiens, de dragons et d'infanterie, droit dans le Mecklembourg, pour obliger les Suédois de se retirer jusqu'à Stralsund. Vous observeriez de faire brûler la terre du lieutenant de Lowtzow dans le Mecklembourg, pour le punir de sa désertion,384-2 et vous ferez contribuer le pays de Mecklembourg, aussi bien que la Poméranie suédoise, tout ce qu'il faudra pour faire de bons amas de magasins en farine et grains, et vous vous ferez aussi payer des contributions en argent. Il n'y a rien à changer à ces articles, vu que je m'y vois obligé pour l'entretien de votre armée.

Quant au détail de toutes vos opérations, je m'en remets simplement à vous. Seulement faudra-t-il que vous vous concertiez à cet égard soigneusement avec le lieutenant-général Manteuffel, et que vous agissiez avec lui d'un pas égal, pour opérer avec d'autant plus d'efficacité contre les Suédois.

Au demeurant, il faudra que vous ayez soin, dès que l'Elbe sera libre, de donner les ordres pour le transport du train d'artillerie qui a été commandé à Magdeburg pour mon frère Henri,384-3 pour qu'il soit sûrement à Torgau. Vous en écrirez aussi au général-major de Finck.384-4

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königi. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10546. AN DEN GENERALMAJOR VON WOBERSNOW.

Bautzen, 18. November 1758.

Dem General wird anbefohlen, mit dem Grafen Dohna „wohl zu überlegen, wie die Russen aus Driesen herauszubekommen sein möchten“ . Der König will, wenn er nach des Generals Befinden „was dazu contribuiren könne,“ „solches sehr gerne durch ein Detachement nach Posen thun“ .

Ihr müsset übrigens Euch bei dem Generalmajor von Hauss nach demjenigen, so die Stadt Leipzig an Contributions zu bezahlen restiret, genau erkundigen und hiernächst die Bezahlung davon mit der grössten Rigueur unter Commination, die Vorstädte von Leipzig, Gartenhäuser der Kaufleute im widrigen Fall anzünden und abbrennen lassen zu<385> wollen, auch allenfallsigen Arretirung der ansehnlichsten Kaufleute auf das äusserste urgiren, damit darunter auf das schleunigste einmal, so wie es die Noth erfordert, ein Ende gemacht werde.

Friderich.

Nach dem Concept.


10547. AN DEN GENERALMAJOR VON WEDELL.

Bautzen, 18 November 1758.

Da nunmehro alles hier vorbei ist und nach Meinen Nachrichten die Stadt Leipzig auch bereits vom Feinde befreiet worden, als habe Ich Euch hierdurch zu wissen fügen wollen, dass Ihr nunmehro wiederum ein apartes und separirtes Corps mit Euren 10 Bataillons und denen Husaren, so Ihr von Mir bekommen habet, ausmachet. Ihr müsset von solchem Corps 3 Bataillons mit 100 commandirten Husaren in 3 Corps getheilet ins Zerbstsche, Dessausche und Bernburgsche schicken. Aus dem Dessauschen habt Ihr in acht Tage Zeit 180,000 Thaler Euch zahlen, 1000 Rekruten und 500 tüchtige Pferde zur Artillerie oder Proviantfuhrwesen Euch liefern zu lassen. Aus dem Zerbstschen müsset Ihr 100,000 Thaler in acht Tagen zu erheben suchen, hiernächst 800 Pferde und 800 Rekruten Euch gesteilen lassen. Aus dem Bernburgschen habet Ihr in acht Tagen 80,000 Thaler, 300 Pferde und 400 Rekruten beizutreiben. Das Köthensche gestellet nur ein paar hundert Rekruten und weiter nichts.

Wenn alles stille und vorbei sein wird, so sollet Ihr nach Dessau Euch verfügen und Euch auf das Schloss logiren, Euch eine Wache von einem Officier und 30 Mann geben lassen und daselbst Meine Ordres mit der grössten Rigueur executiren. Bir habet Euch darunter an niemand zu kehren und kein Menagement für niemand als für dem, so dem Prinz Moritz385-1 gehörig, zu haben.

Dem kleinen Prinzen sollet Ihr sagen, dass, weil er Mir geschrieben hätte, dass er regierender Herr geworden wäre,385-2 so gäbe Ich ihm die erste Lection seines Gouvernements, welche darin bestände, einen mächtigen Nachbar zu menagiren und diejenigen zu respectiren, durch welche sein Haus sein Glück bis dato gemacht hätte.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Wedelt'schen Familienarchiv zu Ludwigsdorf in Schlesien.

<386>

10548. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Dresden, 18. November 1758.

Eichel sendet weitere Mittheilungen über den Rückzug des Feldmarschalls Daun nach Böhmen.386-1

Von ganz guter Hand hat mir gesaget werden wollen, wie anfänglich, als der Feldmarschall Daun mit seiner Armee hier vor Dresden gerücket ist und sein Hauptquartier in einem Dorfe Lockwitz, wo des Königs Majestät im Frühjahre vorigen Jahres vor der Expedition in Böhmen cantonniret haben,386-2 genommen, er sehr fier gesprochen und arroganter Weise versichert habe, dass, da er mit seiner ganzen Macht vor Dresden wäre, die preussische Garnison nebst dem Trüppel386-3 von Volk, so noch von Preussen hinter Dresden stände, solches bald verlassen und weglaufen, mithin er binnen gar wenig Tagen selbst in Dresden sein würde. Und als ihm darauf modestement geantwortet worden, wie die Preussen eben nicht gewohnet wären, sogleich ihre Posten zu verlassen und wegzulaufen, hat er die Worte: „er und seine ganze Macht“ , in Antwort verschiedentlich wiederholet. Als er aber den 15. dieses seine Anstalten zum Abzüge gemachet und dieselbe Person, mit welcher er vorhin erwähntes Entretien gehabt, gesprochen, hat er zu derselben mit gelassenem Ton gesaget: „Der König von Preussen kommet, der Dohna und Wedell desgleichen, so wie auch Prinz Ferdinand von Braunschweig, und das Corps Preussen bei Dresden ist auch noch da;“ dieses sei ihm zu viel und also müsse er sich nach Böhmen zurückziehen.

Ew. Excellenz wollen nicht ungnädig nehmen, dass Ich Dieselbe mit dergleichen Bagatellen incommodire; es ist aber nur, um einiges Échantillon von dieses Mannes Caractère zu geben, welchem die französischen Zeitungen so viel imaginirte Lauriers zuwerfen, wovon er vielleicht selbst zum oftern nichts weiss und es erst aus solchen Zeitungen erfahren muss. Nach Aussage aller in starker Menge hierher kommender Deserteurs hat man dem österreichschen gemeinen Mann weiss gemachet, dass in Dresden nichts weiter als ein paar schlechte Bataillons zur Garnison sei[en], die ohngefähr 6 Canons zur Defension hätten; als aber neulich die Fête wegen der aufgehobenen Belagerung von Neisse celebriret worden und der österreichische gemeine Mann dabei an 100 Canons von den Wällen jedesmal lösen sehen,386-4 auch das starke Lauffeuer der Garnison gehöret, hat derselbe darüber alle Contenance verloren und zugleich sehr rüde gegen ihre386-5 Generalität öffentlich gesprochen, welche sie so gröblich hintergehen wollen; welches der Abmarsch noch mehr befördert haben soll. Der hiesige junge Hof ist um so mehr capot<387> darüber, als er auch von Warschau aus die confirmirte Nachricht von der Retraite derer Russen nach jener Seite der Weichsel erhalten hat, auch deshalb die Herstellung des Friedens sehnlich wünschen soll . . .

Eichel.

P. S.

Nach einem von dem Herrn Generallieutenant Graf Dohna hieher gekommenen Schreiben vom gestrigen Dato hat der bekannte Hadik sich des ersteren so schnelle Ankunft gegen Eulenburg387-1 nicht träumen lassen. Wahrscheinlicher Weise würde die Défaite des Hadik erfolget sein, wenn er nicht bei Eulenburg die dies- und jenseitige Brücken abbrennen lassen und also die Dohna'sche Infanterie und Artillerie nicht über den Fluss kommen können, bis zuforderst die Brücken retabliret worden. Indess hat der Herr Generallieutenant Graf Dohna doch seine Kavallerie durch den Fluss setzen lassen, die denn doch von dem auf der Eil flüchtenden Feind bei dessen Arrièregarde 200 Mann getödtet und ausserdem 3 Officiers und etliche 80 Mann gefangen eingebracht, auch 3 Canons nebst 2 Ammunitionswagens und einiger Bagage genommen, das übrige aber zerstreuet hat. Hadik hat sich mit dem Prinzen von Zweibrück, der zu Naunhof, Erdmannshain, Fuchshain, Seifertshain p., ohngefähr 1½ bis 2 Meilen von Leipzig,387-2 gestanden, [conjungiret]; da er aber gesehen, dass der General Dohna ihm, wenn er sich Leipzig noch mehr nähern würde, zu Halse gehen dörfte, so hat die Reichsarmee sich über Borna zurückgezogen.

Ew. Excellenz wollen diese meine kleine Gazette, so in höchster Eil geschrieben, nicht ungnädig nehmen.

Eichel.

Nach der Ausfertigung.


10549. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE SCHMETTAU A DRESDE.

Pulsnitz, 19 novembre 1758.

J'ai reçu votre lettre du 18 de ce mois. J'ai eu grande raison d'être malcontent de vous l'année passée,387-3 mais j'avoue de grand cœur que j'ai tout lieu d'être présentement satisfait des arrangements que vous avez faits à l'occasion du siège de Dresde. Je vous remercie de la prudente et vigoureuse conduite que vous avez marquée à cette occasion; vous vous y êtes comporté en général qui sait mettre en usage l'expérience qu'il s'est acquise.

Demain matin à onze heures, je compte d'être à Dresde; ayez soin de m'y faire préparer les chambres du roi de Pologne au château, et mettez-y une garde.

Federic.

Nach dem Abdruck387-4 bei Preuss, Friedrich der Grosse, Urk.-Buch Bd. II, S. 16.

<388>

10550. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Dresden, 20. November 1758.

Mein Wille ist, dass Ihr mit Eurem ganzen Corps bis Würzen vorrücken sollet, den Generalmajor von Wedell aber sollet Ihr mit der Avantgarde und Husaren, auch ein paar Regimenter Dragoner vor- und auf Grimma marschiren lassen. Ich schicke daher den Capitän Oelsnitz, so der General Wedell mit sich nehmen kann, weil derselbe dortiger Orten schon gewesen und von allem Nachricht hat, was daselbst vorgenommen werden kann.

Ich werde in zwei Tagen, als nämlich den 22. dieses, von hier aus ein Corps gegen Freiberg poussiren, um des Feindes Retraite etwas zu beschleunigen, und damit er sich vor Winters nicht in die Berge einnisteln könne.

Sonsten dienet Euch zur Nachricht, wie hier die halbe Armee von Daun über die Berge herüber ist, etwas aber davon stehet noch bei Cotta; vielleicht wird ersteres seine Retraite und Rückmarsch beschleunigen.

Aus Pommern ist hier die Nachricht gekommen, dass die russische Armee, nachdem sie auf ihrem Wege noch überall sehr geplündert hat, nunmehro über Meine dasige Grenzen sämmtlich zurück ist. Driesen388-1 evacuiren sie von allem Proviant und haben Leute aufgeboten, die Werke zu demoliren, mithin sie es nächstens auch verlassen dörften.

Ich habe Euer Schreiben vom 18. dieses wohl erhalten.

Federic.

Oelsnitz, qui connaît toute cette contrée, pourra être utile à Wedell pour son expédition, que vous soutiendrez, si cela devenait nécessaire.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig.


10551.AU PRINCE CHRÉTIEN-FRANÇOIS DE SAXE-COBURG.

<389>

Der bei Breslau gefangene und in seine Heimath entlassene Österreichische Oberst Prinz Christian Franz von Sachsen-Coburg388-2 erbittet, Ansbach 26. October, vom Könige die Erlaubniss, nach Wien zu reisen in Angelegenheiten seiner Stellung in der österreichischen Armee.

[Novembre 1758.]388-3

Qu'il devait être assuré de la bonne volonté du Roi, autant que ses affaires le permettaient, et que c'était en conséquence que Sa Majesté avait agréé qu'il aurait pu retourner auprès de sa famille sur sa parole d'honneur; mais quant au cas présent dont il s'agissait dans sa lettre, il ne convenait pas au Roi d'agréer ce qu'il exigeait de Sa Ma-

 

jesté, et de faire un voyage à Vienne, voilà ce qui irait trop loin et ce qu'Elle ne saurait nullement agréer.

Weisungen für die Antwort; auf der Rückseite des Gesuchs.


10552. AU GÉNÉRAL-MAJOR AUTRICHIEN MARQUIS DE VITELLESCHI.

Der bei Hochkirch in preussische Gefangenschaft gerathene österreichische Generalmajor Marquis von Vitelleschi erbittet, Sagan 27. October, für sich und für die Officiere seines Gefolges Freilassung auf Ehrenwort.

[Novembre 1758.]

Rp. M. le marquis de Vitelleschi.

Qu'après tant des officiers prisonniers de guerre à qui le Roi avait permis de retourner sur leur parole d'honneur, Sa Majesté voyait que la cour de Vienne n'usait point du réciproque, mais qu'elle entassait plutôt difficultés sur difficultés, dès qu'il s'agissait de laisser retourner quelque officier prussien prisonnier de guerre; que par là Sa Majesté Se voyait obligée d'agir aussi de Sa part avec plus de réserve 4 ce sujet, et qu'EUe ne saurait renvoyer plus aucun des prisonniers de guerre du service autrichien, avant que Sa Majesté ne serait assurée que la réciprocité ne fût pas rétablie.

Weisungen für die Antwort ; auf der Rückseite des Gesuchs.


10553. AN DEN GENERALMAJOR VON WEDELL.

Dresden,389-1 21 November 1758.

Ich habe Euer Schreiben vom 20. dieses erhalten und gebe Euch darauf in Antwort, dass es bei Meiner Ordre389-2 bleibet; erst aber muss der Feind hier weggejaget werden, dass hier nichts in der Nähe bleibet.

Dabei müsset Ihr die Ordre, so Ich Euch wegen der Prinzen von Anhalt gegeben,389-3 auf das exacteste und mit aller Rigueur executiren, und wenn Euch auch der Prinz Moritz deshalb spricht, ihm alsdenn Meinen Brief weisen und sagen, dass Ihr davon nicht abgehen könnet, weil Meine Ordre stricte wäre; gestalten dann auch, wenn schon die Fürsten von Anhalt an Mich schreiben wollten, Ihr Euch dadurch von nichts auf- noch abhalten, vielmehr nur sagen sollet, wie solches nichts helfen und dass Ich nicht einmal darauf antworten würde, Ihr aber Euren Weg grade fortgehen und fortfahren müsset.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Wedell'schen Familienarchiv zu Ludwigsdorf in Schlesien.

<390>

10554. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Dresden, 21. November 1758.

Ich habe Euren Bericht vom 20. erhalten und gebe Euch in Antwort, dass Ich wegen Driesen die Nachricht erhalten, dass die Russen die Festungswerke schleifen, den Ort verlassen und sich auch da alles wegziehen werde.390-1 Jedoch kann das alles noch nicht vor Wahrheit ausgeben, sondern Ich muss erst die Confirmation davon erwarten.390-2

Sobald der Generalmajor von Wobersnow hier kommen wird, werde Ich alles mit ihm verabreden und arrangiren.

Dans la guerre que nous faisons, il ne faut pas jeter ses regards sur un seul point, mais il faut embrasser la totalité des choses et surtout négliger les petits maux pour parer aux plus considérables.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10555. AN DEN ETATSMINISTER VON BORCKE.

Dresden, 21. November 1758.

Weil die Russen nach ihre Invasion in Meiner Provinz Preussen wider alle bisher bekannte und unter gesitteten Nationen üblich gewesenen Kriegesregeln nicht allein Meiner Ministres dort belegene Güter confisciret und die davon gefallene Revenus und Zinsen bisher zurückgehalten, sondern auch überdem noch dort ein gleiches wegen derer Güter, so denen in Meinen Diensten stehenden Officiers zuständig seind, unternommen und deren Güter und Revenus als confisciret declariret haben, so habe Ich resolviret, dergleichen Proceduren mit denen schärfesten Repressalien zu beahnden, werde auch, von heute und von dieser Stunde an zu rechnen, die chursächsische Lande nicht anders als eine von Mir conquerirte Provinz ansehen.

Wannenhero Ich Euch hierdurch anbefehle, alsofort und sonder einigen weitem Anstand sowohl die Güter aller sächsischen Minister durch ganz Sachsen sowohl als auch gleichfalls alle diejenigen Güter derer Officiers, welche sich in russischen Diensten befinden, in Beschlag nehmen zu lassen, solche sogleich und alle davon fallende Revenus und Hebungen für confiscirt zu declariren, die Revenus davon einzuziehen, auf dass Ich damit gedachte Meine Minister sowohl als Meine Officiers, welche in Preussen Güter haben und die von denen Russen bisher eingezogen, auch die Revenus davon zurückgehalten worden, damit indemnisiren könne.

<391>

NB. Wobei Ich Euch dann zugleich bekannt mache, wie Ich bereits die Ordre an die Armee ergehen lassen, dass alle Meine Officiers bei der Armee, deren Güter in Preussen gedachter Maassen eingezogen und die Revenus davon zurückgehalten worden, mit dem fordersamsten eine accurate Liste und Taxe von solchen einsenden und dabei specificiren sollen, was sie bei selbigen bisher gelitten und verloren haben; welches alles denn zufolge Meiner Ordre in eine ordentliche Tabelle gebracht und von der commandirenden Generalität, als Meinem Bruder, des Prinzen Heinrich Hoheit, des Markgraf Karl Liebden und dem Generallieutenant Graf von Dohna,391-1 an Euch eingeschicket werden soll: da Ihr dann das Arrangement so treffen sollet, dass die in der Tabelle specificirte Schäden und Verlust aus denen vor confiscirt zu erklärenden Gütern deren in sächsischen Diensten stehenden Minister, Generalität und Officiers wiederum erstattet werden müssen.

Im Folgenden wird die Art der Auszahlung näher bestimmt. Es sollen die Entschädigungen für die Officiere des Dohna'schen Corps in Magdeburg, für die des Prinz Heinrich'schen Corps in Dresden, für die des Markgraf Karl'schen Corps in Breslau gezahlt werden.

Friderich.

Nach dem Concept.


10556. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Dresde, 21 novembre 1758.

Le sieur Eichel vous aura déjà communiqué la copie des dépêches que le baron de Knyphausen a faites à moi seul en date du 3 et 8 de novembre. Comme je suis satisfait de tout ce que le baron Knyphausen y a marqué, et que j'agrée que les pleins pouvoirs qu'il a demandés391-2 lui soient expédiés et envoyés incessamment par un courrier à ma signature, afin qu'ils puissent être d'abord envoyés à Knyphausen et Michell, vous aurez soin que tout cela soit exécuté sans la moindre perte de temps.

J'ai reçu votre rapport du 16, sur lequel je vous dirai que la campagne de cette année que nous venons de finir assez passablement, causera beaucoup de mésintelligence entre les cours ennemies alliées. Les Autrichiens commencent à gronder ouvertement contre les Russes; les Saxons paraissent être très mécontents des Autrichiens, ce qui par contre-coup peut influer sur la France, et pourvu que la nouvelle des Turcs se confirme, il me semble qu'il y a apparence que nous nous tirerons encore assez heureusement des traits de nos ennemis.

Tâchez de me faire avoir bientôt des nouvelles sûres et sur lesquelles je puisse tabler, concernant Driesen.391-3 Comme il m'importe extrêmement d'être bien instruit sur cet article-là, vous me rendrez un<392> service important de m'en informer au plus tôt, pour que je puisse prendre des mesures précises en conséquence.

Je serais d'ailleurs bien aise en même temps que vous fassiez un tour pour quelques jours ici, pour que je puisse m'arranger avec vous sur toutes les affaires d'importance. Les chemins sont sûrs, puisque l'ennemi est chassé de la province, et vous pourriez venir ici par Torgau, sans le moindre danger.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


10557. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Dresden, 21. November 1758.

Eichel bestätigt den Empfang von Unterschriftssachen und von Druck-Exemplaren des Journals der Belagerung von Colberg,392-1 die er an den König abgeliefert hat.

Höchstdieselbe seind gestern Vormittag allhier gottlob! gesund und wohl eingetroffen und über die bisherige Évènements ganz vergnügt zu sein geschienen, insonderheit seind Dieselbe über die Nachrichten von dem völligen Ausmarsch derer Russen aus Dero pommerschen Landen besonders erfreuet gewesen und wünschen sehr wegen Driesen bald ein gleiches zu vernehmen.

Auf Höchstderoselben Befehl soll ich auch an Ew. Excellenz den Schluss des Journals von der heurigen Campagne392-2 zusenden, damit Dieselbe solche[n] denen auswärtigen Herren Ministern communiciren,392-3 als auch sonsten durch den Druck weiter bekannt machen lassen möchten;392-4 welches ich dann vermittelst anhegenden Exemplars gehorsamst bewerkstelligen und Ew. Excellenz überlassen wollen, ob Dieselbe etwa vor gut finden, dem bewussten cyprianischen Kaufmann392-5 ein oder zwei Exemplaria davon mit sicherer Gelegenheit zukommen zu lassen.

Die österreichischen Truppen haben sich weiter durch das Gebirge nach Böhmen gezogen.

Die sogenannte Armée empirique ziehet sich auch mehr und mehr auf Chemnitz und nach dem Gebirge zurück, allwo aber selbige ihre Ruhe nicht finden dörfte, da sie sowohl von hier aus als auch durch den auf sie immer vorrückenden General Dohna pressiret wird. Die guten Sachsen empfinden übrigens sehr traurige Effecte von ihren sogenannten Helfern und Errettern,392-6 da die Daun'sche Armee alles, was sie auf ihrem Rückmarsch zwischen Dresden und Cotta an Dörfern gefunden, reine ausgeplündert und das wenige, so die armen Leute noch<393> an Getreide und Heu p. übrig gehabt, auf russischen Fuss gänzlich ruiniret und verderbet hat.

Weilen aber auch währender Zeit, da die Daun'sche Armee noch vor Dresden gestanden, verschiedene von denen Herrn Ministern allhier und von dem hiesigen Hofe unbedachtsamer Weise ihren übelen Willen weit mehr als vorhin eclatiren lassen, so haben dieselbe sich dadurch zugezogen, dass der Generallieutenant Graf Schmettau ihnen heute von Sr. Königl. Majestät wegen aufgeben müssen, sich binnen drei Tage von hier nach Warschau zu begeben, wobei es auch sein ohnveränderliches Verbleiben haben wird. Ich hoffe Ew. Excellenz nächstens die Liste 393-1 von solchen zusenden zu können, unter welchen sich auch der churbairische Gesandte mit befindet, welcher aber zugleich allhier die Stelle als Hofmarschall mit bekleidet hat, und dem exprès dabei mit declariret worden, wie ihm das Consilium abeundi ganz nicht als churbairischem Gesandten, sondern als hiesigem Hofmarschall gegeben werde, ihm auch daher die Freiheit bliebe, nach Warschau oder nach München zu gehen.

Ich habe Ew. Excellenz von diesem Vorfall nur einiges Avertissement geben wollen, im Fall etwa Dero Orten davon gesprochen würde.

Eichel übersendet die vom Könige vollzogenen Pleinpouvoirs für Knyphausen und Michell.393-2

Das sonsten noch beikommende königliche Schreiben393-3 betrifft eine Sache, die ich schon längsten sehnlich gewünschet, obschon lieber gesehen hätte, wenn es in Berlin geschehen können. Wenn Ew. Excellenz mich sonsten auch dieserwegen mit einigen Befehlen allhier beehren werden wollen, so werde mich auch davon, wie allemal, mit den grössesten Freuden acquittiren. Zu Deroselben gnädigem Wohlwollen ich mich übrigens unterthänigst empfehle.

Eichel.

P. S.

Dass des Königs Majestät vor dieses Mal393-4 Dero Quartier allhier auf dem königlichen Schlosse in denen Kammern des Königs von Polen genommen haben, wird bereits dorten bekannt sein.

Nach der Ausfertigung.

<394>

10558. SUITE394-1 DE LA RELATION DE LA CAMPAGNE DU ROI.394-2

Dès que M. de Harsch eut levé le siège de Neisse, le Roi poussa le corps du général de Fouqué au delà de la rivière de ce nom. L'ennemi leva aussitôt la blocade de Cosel; il se ravisa depuis et revint pour reprendre la même opération,394-3 mais le corps qui se rapprocha de la forteresse, en fut chassé avec la perte de son bagage, et l'on fit au delà de 100 prisonniers sur lui. M. de Harsch s'est retiré en Bohême, et M. de Ville se tient dans les environs de Jægerndorf.

L'armée du Roi partit le 8 des environs de Neisse pour retourner en Saxe, où les entreprises des Autrichiens exigeaient notre prompt retour. Pendant notre absence, M. de Daun était marché vers Dresde, dans l'espérance de prendre cette ville d'emblée. Il se campa, le 10, à la portée de canon de cette ville. L'armée du prince Henri repassa l'Elbe et prit son camp du côté de la Porte Noire, tirant vers la hauteur du Weisse Hirsch. M. de Daun fit canonner la ville, et sur ce que ses troupes légères soutenues des grenadiers de son armée voulurent se rendre maîtres des faubourgs de la porte de Pirna et de la porte du Seethor, le gouverneur comte de Schmettau fit mettre le feu aux faubourgs. Cet incendie arrêta les Autrichiens et donna au Roi, au général de Wedell et au comte de Dohna le temps de s'approcher, quoique par des routes bien différentes.

Le projet des ennemis était de s'emparer de Torgau, de Dresde et de Leipzig en même temps et de défendre au Roi l'entrée de la Lusace par le corps de Laudon et par celui du général O'Kelly. Lorsque M. de Hadik s'avança sur Torgau, il en fut repoussé avec perte par le général de Wedell, qui le poursuivit jusqu'aux environs d'Eilenburg. Le comte Dohna le suivit. Ils chassèrent l'ennemi d'Eilenburg, lui prirent une centain ed'hommes, trois canons et du bagage. Le siège de Leipzig fut levé en même temps. Tandis que le Roi poussa les corps de Laudon et d' O'Kelly, qui se retirèrent à Zittau, M. de Daun a levé, le 16, le siège de Dresde, et le Roi y est arrivé le 20. L'armée de l'Empire, aussi bien que celle des Autrichiens, se replient vers la Bohême, et il y a toute apparence que nous touchons à la fin de la campagne.

Voici donc six sièges levés presque en même temps : celui de Colberg par le maréchal Fermor, celui de Neisse par M. de Harsch, celui de Cosel par un Hongrois dont on ignore le nom,394-4 celui de Dresde par le maréchal Daun, celui de Torgau par M. de Hadik et celui de Leipzig par le prince de Deux-Ponts. L'on peut dire de toutes ces armées formidables qui pendant cette année ont tenu la campagne :

Et la montagne en travail enfanta une souris.394-5

Nach der eigenhändigen Niederschrift des Königs.

<395>

10559. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

<396>

Prinz Ferdinand berichtet, Münster io. November: „Les ennemis paraissent maintenant vouloir prendre les quartiers d'hiver; l'armée Contadienne repassera apparemment pour la plus grande partie le Rhin; mais Monsieur de Soubise fait des dispositions pour se soutenir derrière la Lahn.

Je compte de l'en débusquer et n'attends pour cela que le moment que l'armée du maréchal de Contades ne sera plus à portée de s'en mêler. Je m'y prépare dans le plus grand secret, personne n'ayant connaissance de mon dessein. Je destine à cette expédition 23 bataillons et entre 30 et 40 escadrons. Si je réussis, je pousserai jusqu'au Main. Je serai en état, en peu de jours, de mettre mon plan devant les yeux de Votre Majesté, pour Lui en demander Sa très gracieuse approbation.

Mes lettres d'Angleterre ne parlent que de guerre; il me semble, cependant, qu'on devait prendre des mesures plus fortes pour la soutenir contre la France en Allemagne. Si cette couronne recrute pendant l'hiver, comme il est probable, tous ses régiments, elle pourra agir du moins avec 130,000 hommes contre l'électorat de Hanovre et contre la Hesse. L'armée que je commande, ne pourrait résister à une force si supérieure, si elle fût réunie; elle le pourra encore moins, si l'ennemi agit avec deux armées, comme il n'y a pas moyen d'en douter. On pourra faire de petites augmentations dans les différents corps qui composent l'armée alliée. Peut-être le ministère britannique 5era-t-il à portée à faire passer encore la mer à quelques bataillons et à quelques escadrons. Par quoi j'aurais à peu près 60 bataillons et 80 escadrons à opposer à l'ennemi, et je pense que cela suffira pour tenir face à l'ennemi sur le Bas-Rhin, où il portera vraisemblablement ses plus grandes forces. Mais il paraît d'une nécessité indispensable de couvrir, en même temps, la Hesse, et de faire agir, par conséquent, une année de 20 ou

Dresde, 21 novembre 1758.

J'ai reçu votre lettre du 10 de ce mois. Notre campagne, mon cher, est finie et s'est terminée par faire lever six sièges à la fois : celui de Colberg par les Russes, celui de Neisse et Cosel par les Autrichiens; vous devez y ajouter les trois derniers : celui de Dresde par Daun, celui de Torgau par Hadik, celui de Leipzig par l'armée des Cercles, de sorte que je me trouve dans la même position et dans l'état où j'ai été l'année passée.

Vous ne pourrez rien faire de mieux que d'exécuter le projet que vous avez fait pour chasser le prince de Soubise de la Lahn. Comme je ne connais point du tout ce pays-là, je ne suis pas en état de vous en rien dire; mais je crois que, si vous le prendrez par derrière, comme si votre intention était de le couper du Main et du Rhin, que vos succès en deviendront plus considérables et vos avantages plus grands.

Pour ce qui regarde la campagne qui vient, j'avoue que je suis très embarrassé qu'en dire. Tant que vous ne pourrez pas vous rendre maître de Wesel, il est impossible que vous puissiez vous soutenir, en passant le Rhin, de l'autre côté. Les Hollandais ne sont pas assez portés pour l'augmentation,395-1 de sorte que le passage du Rhin, qui d'ailleurs est très difficile, ne vous mènerait qu'à vous y soutenir quelques mois avec bien de la peine;

25,000 hommes sur le Main. Il n'y a pas moyen de tirer pour cet usage un seul bataillon de l'armée que je commande, à moins d'altérer le nombre que je viens d'établir pour base pour l'armée du Bas-Rhin, en sorte qu'il n'y a encore ni troupes pour former cette armée, ni général pour commander.

Comme on vient de me sonder sut le plan des opérations pour la campagne prochaine de la part du ministère britannique, j'ai cru qu'il était de mon devoir d'en prévenir Votre Majesté et de La supplier de vouloir bien me marquer Sa très gracieuse intention sur ce qu'Elle trouve nécessaire et convenable que je représente en Angleterre à cette occasion.“

après quoi il faudra revenir sur vos pas, tout comme cette année-ci. Supposons que vous puissiez former un projet sur Düsseldorf, vous ne pourrez jamais vous y soutenir, à cause que le débouché de Wesel donne toujours la facilité aux Français de tomber sur vos magasins. Vous ne pouvez les établir que dans l'évêché de Münster et dans cette partie de Westphalie.

Je crois les augmentations dans votre armée très nécessaires. Quant à ces 20,000 hommes que vous voulez pour défendre le Hanovre, je ne sais pas à la vérité d'où vous les prendrez. On ne pourrait avoir ces troupes que du Danemark ou de la Hollande, et pour vous parler franchement, les Anglais se sont mal pris pour les avoir, et quand même ils voudraient former une armée telle que vous désirez, je ne sais pas d'où on la tirerait.

Ne vous imaginez pas que les Français feront de très grands efforts pour la campagne qui viendra. Indépendamment des dérangements affreux dans leurs finances, il paraît que la bonne intelligence entre les Français et l'Autriche commence à s'altérer considérablement, de sorte qu'il est à présumer que, s'ils se prêtent à faire la campagne qui vient, ce ne sera que faiblement.

Mais tout cela n'est pas ce que vous me demandez. Vous voulez savoir ce que je pense sur le projet que vous méditez. Dans le fond, je ne vois point d'autre que de tâcher de bien battre les Français, au cas que, dans le printemps prochain, ils veulent pénétrer dans le cœur de l'Allemagne, et pour cet effet de transporter au printemps prochain le théâtre de la guerre dans les pays propres à la chicane.

Si vous pourrez battre les Français au commencement de la campagne ou les rejeter au delà du Rhin, vous pourrez au moins subsister dans les pays ennemis, et votre pis-aller sera toujours de faire une campagne pareille à celle de cette année-ci. Mais notre faiblesse pour résister à tous nos ennemis nous empêche et nous empêchera de faire de grands progrès sur nos ennemis. Le modèle de notre conduite est tracé par celle que nous avons observée cette année-ci; c'est-à-dire d'agir toujours offensivement, en ne faisant dans le fond qu'une guerre défensive, tant que nous n'aurons pas plus de forces, ou que des diversions considérables n'affaibliront pas nos ennemis. Nous devons nous tenir heureux de faire des campagnes, comme nous avons terminé celle-ci.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.

<397>

10560. AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE.

Dresde, 21 novembre 1758.

Vous savez déjà que je n'ai dans le moment présent aucune correspondance en France avec qui que ce soit. Comme j'ignore parfaitement par là tout ce qui s'y passe, et ce qui se fait dans ce pays-là, tant à la cour qu'à l'égard des autres affaires publiques, ma volonté est que vous devez tâcher à suppléer à ce manque de correspondance, et que vous devez vous appliquer avec toute la dextérité dont je vous connais capable, à tirer de bons avis de tout ce qui se passe ou arrive dans la France, soit à la cour soit par rapport aux ministres français ou aux affaires qu'on y traite, de même par rapport à leurs desseins et plans qu'ils font relativement à la guerre ou aux autres affaires publiques.

Vous me rendrez un service essentiel par là, dont je vous saurai d'autant plus de gré, quand vous m'informerez régulièrement de tout ce que vous en apprendrez à ce sujet avec exactitude.

Federic.

Nach dem Concept.


10561. UNTERREDUNG DES KÖNIGS MIT DEM GROSSBRITANNISCHEN MINISTER MITCHELL.

Dresden, 22. November 1758.

Mitchell berichtet an Holdernesse, Dienstag 23. November 1758 (separate), der König habe ihm gestern mitgetheilt, dass er die Vollmachten für seine Vertreter in London unterzeichnet habe.397-1

„When I spoke to [the King of Prussia] about signing a convention with His Majesty in the same terms as that of the 11th April,397-2 he said he had no objection, that he continued firm in the same way of thinking and was only sorry that his misfortunes during the last campaign had made this measure necessary, that he wished above all things to be no bürden to his allies.

I replied that His Majesty and the nation offered this pecuniary assistance with the greatest chearfulness and cordiality, and that they were sufficiently apprized of his noble and generous way of thinking.

He then turned the conversation, and as I knew it is a subject he does not like to talk upon, I said nothing farther. He then asked me if I had any news from Constantinople ...“

Nach der Ausfertigung im Public Record Office zu London.


10562. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Dresden, 22. November 1758.

Ich habe Eure Schreiben vom 21. dieses erhalten und gebe Euch in Antwort, wie Ich nicht nöthig finde, dass Euer Corps bis Leisnig397-3<398> vorrücket, und wenn der Generalmajor von Wedell dahin vorrücket, wird es genung sein, Ihr aber weiter vorzurücken nicht nöthig haben. Die Oesterreicher seind schon über Peterswalde heraus, und also keiner davon mehr hier in Sachsen. Dieses machet Mich positive glauben, dass Prinz Zweibrück schon über alle Berge sein müsse, mit dem, was er da gehabt, und dass also nichts weiter vorfallen werde, als vielleicht kleine Affaires mit Infanterie, die nicht viel decidiren werden. Wenn Ihr also weiter vorgehet, so wird Euer Rückmarsch um so länger sein, und würde Ich nicht gerne sehen, dass die Leute unnöthig fatiguiret würden.

Allhier seind gestern noch an 60 Gefangene eingebracht, so auf die Oestreicher bei Cotta gemachet worden.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10563. AU LORD-MARÉCHAL D'ÉCOSSE.

Dresde, 23 novembre 1758.

Il ne nous reste, mon cher milord, qu'à mêler et confondre nos larmes sur nos pertes.398-1 Si ma tête contenait un réservoir de pleurs, il ne pourrait suffire à ma douleur. Notre campagne est finie, et il n'en est rien résulté de part et d'autre que la perte de bien d'honnêtes gens, le malheur de bien de pauvres soldats estropiés pour toujours, la ruine de quelques provinces, le ravage, le pillage et l'incendie de quelques villes florissantes. Voilà, mon cher milord, des exploits qui font frémir l'humanité, tristes effets de la méchanceté et de l'ambition de quelques hommes puissants qui immolent tout à leurs passions désordonnées! Je vous souhaite, mon cher milord, rien qui ait le moindre rapport à ma destinée, mais tout ce qui lui manque, c'est le seul moyen pour que vous soyez heureux; j'y prends part plus que personne en qualité de votre ancien ami, qualité que je conserverai jusqu'au tombeau.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


10564. AN DEN GENERALMAJOR VON WEDELL.

Dresden, 23. November 1758.

Es ist Mir sehr lieb gewesen, aus Eurem heutigen Rapport398-2 zu ersehen, dass durch Eure Ankunft dortiger Orten der Feind zur weitern Retraite gezwungen worden, und Ihr solchen zu Rochlitz etwas in der Kluppe gehabt habet.398-3 Mein Wille aber ist, dass Ihr dorten noch nicht weggehen müsset, bis der Feind erst über Plauen weg sein wird; denn<399> sonsten Euer Rückmarsch zu früh sein würde. Der Generalmajor von Knobloch wird noch binnen wenig Tagen mit einigen Regimentern nach Chemnitz kommen.

Das Anhaltsche angehend, so werden 100 Husaren und 2 Bataillons genug seind, alles deshalb auszurichten, was Ich Euch aufgetragen habe.399-1 Jetzo aber ist es noch nicht Zeit davon, sondern es muss erst Eurer dortigen Orten, wo Ihr jetzt stehet, alles richtig und reine sein.399-2

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Wedell'schen Familienarchiv zu Ludwigsdorf in Schlesien.


10565. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Dresden, 24. November 1758.

Ich lasse Euch vermittelst der Anlage communiciren, was Mir der Generallieutenant von Hülsen wegen seiner Expedition auf Freiberg gemeldet hat.399-3 Ihr werdet daraus ersehen, dass Ihr zu geschwinde dortiger Gegenden weggegangen seid,399-4 und dass Ich also Ursache gehabt habe, davon nicht zufrieden zu sein, und Euch also vermittelst Meiner heutigen Ordre aufzugeben, wiederum dahin zurückzugehen; wie Ich Euch denn auch schon schreiben werde, wenneher Ihr alsdann Euren Rückmarsch antreten sollet.

Wann Ihr alleine seid und commandiret, alsdann könnet und müsset Ihr vor Euren Kopf und nach Eurer Einsicht thun, was Ihr vor Meinen Dienst recht und gut findet; hier aber müsset Ihr Euch nebst Eurem Corps als ein Detachement von Mir ansehen, so lediglich von Mir und Meinen Ordres, wie Ich es denen Umständen nach vor gut finde, dependiret, und nichts vor Eurem Kopf allein thun, bis dass Ich Euch solches sagen oder schreiben werde, damit anderergestalt Meine Arrangements, worauf Ich rechne, nicht derangiret werden.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.

<400>

10566. AN DEN ETATSMINISTER GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN.

Dresden, 24. November 1758.

Eichel meldet, dass der König noch ein zweites Exemplar der Vollmachten für Knyphausen und Michell400-1 unterzeichnet habe, und dass dieses Exemplar durch einen Courier Mitchell's nach London abgegangen sei.

Eichel sendet an Finckenstein die zur Unterzeichnung an das Cabinet gegangenen „Notificationsschreiben wegen des letztgeborenen Posthumi des hochseligen Prinz von Preussen“ .

Des Königs Majestät seind nicht zu disponiren gewesen, selbige, ausser einige wenige, zu unterschreiben, und zwar aus Ursache, dass die mehristen davon an Leute wären, die sich öffentlich gegen Dieselbe declariret hätten, und dann, dass in gegenwärtigen Kriegsumständen es nichts verschlagen würde, wenn auch die sonst gewöhnliche Etiquette so genau nicht überall beobachtet werde, welches hiernächst nach wiederhergestelltem Frieden in alsdenn vorkommenden Vorfällen allemal wieder observiret werden könnte. Ich sehe mich also genöthiget, alle diese Expeditions, so wie ich solche empfangen, zurückzusenden . . .

Eichel meldet, dass die Daun'sehe Armee völlig über das Gebirge zurück sei und „dabei noch einige kleine Échecs gelitten hat“ ; die Zweibrück'sehe Armee werde auf ihrem Rückmarsch einerseits von Dohna und Wedell, andererseits von Hülsen und Knobloch bedrängt.

Eichel empfiehlt dem Minister, bei der Reise von Berlin nach Dresden400-2 die etwas weitere, aber sicherere Tour über Wittenberg, Torgau und Wilsdruf zu wählen.

Ich wünsche von Grund meiner Seelen, dass Ew. Excellenz Reise anhero beglücket und Dero hiesiges Séjour alsdenn von allem erwünscheten Succès sein möge.

Eichel.400-3

Nach der Ausfertigung.


10567. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Dresden, 25. November 1758.

Ich habe Euer Schreiben vom gestrigen Dato erhalten und gebe Euch darauf in gnädiger Antwort, dass Ihr Euch nur die Geduld nicht vergehen lassen, sondern so lange mit Eurem Corps noch warten sollet, bis dass Ihr sehet, dass alles, was vom Feinde noch in Sachsen stehet, dortiger Orten ganz weg sein wird; alsdann es allererst Zeit sein wird,<401> dass Ihr zurückmarschiren könnet. Wann es so weit gekommen sein wird, alsdann nehmet Ihr, wie Ich Euch schon vorhin geschrieben, den Rückmarsch mit Eurem Corps durch das Anhaltsche, und müsset Ihr sodann daselbst die Verpflegung vor Euer Corps aus dem Dessauschen, Bernburgschen und Zerbstschen nehmen, als die Ihr darunter nicht zu verschonen, auch davor nichts zu bezahlen habet.

Sonsten befehle Ich Euch noch bei dieser Gelegenheit, dass, wenn Ihr mit Eurem Corps zurückmarschiret sein werdet, Mein expresser Wille ist, dass Ihr sodann aus dem Mecklenburgschen 1500 Rekruten wenigstens und aus Schwedisch-Pommern schaffen müsset, als welche Anzahl Rekruten Ich von dort haben muss, sie mögen nun dort herkommen, wo sie wollen; könnet Ihr aber noch mehr kriegen, so wird Mir solches um so lieber sein. Mein Bruder, des Prinzen Heinrich Liebden, sollen Euch alsdann davor von hier so viel Sachsen schicken, als Ihr nöthig haben werdet, um Euer unterhabendes Corps zu completiren. Dieser Umstand aber muss mit viel mehr Exactitude, Eifer, Fleiss und Promptitude geschehen, als solcher im vorigen Jahre nicht bearbeitet worden ist; denn im vorigen Jahre alles dieses en bredouille geschehen und executiret worden, daher Ich denn auch ganz und gar nicht davon zufrieden gewesen bin.401-1 Ihr habt Euch also darunter besser zu nehmen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


10568. AN DEN ETATSMINISTER VON BORCKE.

Dresden, 25. November 1758.

Der König übersendet die vom Geheimen Finanzrath Zinnow angefertigten Berechnungen für die Verpflegung des in Sachsen stehenden Corps während des Jahres 1759.

Da Ich nun darauf resolviret habe, dass, so viel den Roggen und Fourage anbetrifft, solches alles aus Sachsen in natura zu den Magazins geliefert werden, hergegen dem Lande davor die Preise, und zwar nach der Kammertaxe, worauf die Ausrechnung eingerichtet ist, Vergütigung geschehen, das deshalb betragende Quantum an Gelde aber, desgleichen die sub num. 2 specificirte extraordinäre Kosten401-2 aus demjenigen Quanto, so die sächsischen Lande zufolge Meiner Euch schon mündlich ertheilten Instruction vor das Jahr von 1759 aufbringen muss,401-3 vergütet und bezahlet werden sollen: — als mache Ich Euch solches hierdurch bekannt, um das weitere darunter Eures Ortes zu besorgen, auch wegen der auszuschreibenden Lieferungen mit gedachtem p. Zinnow de concert zu gehen, damit alles in guter und gehöriger Ordnung tractiret werde.

Friderich.

Nach dem Concept.

<402>

10569. AN DEN GENERALLIEUTENANT GRAF DOHNA.

Dresden, 26. November 1758.

Weilen Ich höre, dass alles, was vom Feinde noch dorten gestanden hat, sich nunmehro völlig wegziehet, so könnet Ihr auch nunmehro Euren Rückmarsch antreten,402-1 und zwar über Dessau, wie Ich Euch schon geschrieben; woselbst Ihr das Corps umsonst verpflegen lassen und nicht einen Groschen deshalb bezahlen müsset. Von dar werdet Ihr wohl Euren Marsch nach der Priegnitz fortsetzen, auch Meinen Kammern, deren Provinz[en] dadurch berühret werden,