11673. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

[Freiberg,] 14 [décembre 1759].696-1

Mon cher Frère. Je ne puis qu'approuver les mesures que vous avez prises. Il faut soulager le soldat, autant que cela dépend de nous. La neige est tombée ici en si grande abondance qu'elle met des barrières insurmontables au696-2 acharnement cruel de cette guerre. Si cela continue, personne ne pourra avancer.

J'ai des nouvelles si incertaines que je n'ose pas vous les communiquer; cependant j'ose vous assurer qu'il sera impossible à l'ennemi de se maintenir en force en Saxe depuis la chute des neiges. La nécessité — plus forte que le conseil de guerre de Vienne — les obligera à quitter la partie. Il n'y a rien de plus simple que de s'impatienter dans la situation où nous nous trouvons; mais cela ne sert de rien, et il n'en faut pas moins avoir patience!

J'attends votre réponse sur ma lettre de ce matin,696-3 et je suis avec la plus tendre estime, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.

Prinz Heinrich schrieb eigenhändig unter die Worte des Königs:

„Cette lettre, laquelle [était comme] toujours accompagnée d'une lettre en chiffre,696-4 fut écrite le 14 de décembre de Freiberg où était le Roi. Je la reçus à Unkersdorf, oit était mon quartier. Je me fie nullement à ces nouvelles, elles sont toujours contradictoires et incertaines comme son caractère. Il nous a jetés dans cette cruelle guerre, la valeur des généraux et des soldats peut seule nous en tirer. Cest depuis le jour où il a joint mon armée qu'il y a mis le désordre et le malheur; toutes mes peines dans cette campagne et la fortune qui m'a secondé, tout est perdu par Frédéric.“



696-1 Das Datum nach der eigenhändigen Beischrift des Prinzen Heinrich.

696-2 So.

696-3 Nr. 11 672.

696-4 Liegt nicht vor.