10748. AUX MINISTRES D'ÉTAT ET DE CABINET COMTES DE PODEWILS ET DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Breslau, 28 février92-4 1759.

Sur le rapport que vous venez de me faire au sujet de ce que le marquis de Rougé, maréchal de camp de France,92-5 est venu vous déclarer touchant le désir de sa cour pour convenir d'un cartel avec nous, je veux bien vous dire que, n'ayant jamais été éloigné d'entendre des propositions là-dessus, je suis encore tout prêt et déterminé de convenir avec la France d'un cartel pour l'échange réciproque de nos prisonniers de guerre respectifs,92-6 en sorte que ladite cour n'aura qu'à s'expliquer à ce sujet.

Et afin que vous soyez d'abord au fait de mes intentions pour ce qui regarde la forme et la substance de ce cartel, vous observerez qu'il pourra être fait sur le modèle de celui dont je suis convenu autrefois avec les Autrichiens,92-7 savoir que l'échange des prisonniers soit fait également tête contre tête ou, en défaut d'un nombre suffisant de prisonniers de guerre à rendre d'un côté, par rançon.

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Vous vous réglerez en tout ceci conformément audit cartel avec les Autrichiens, dont vous demanderez quelque exemplaire imprimé de mon auditoriat-général à Berlin, pour vous en servir de canevas; au sujet duquel il est cependant bon que vous sachiez que ce cartel avec les Autrichiens a été exactement observé dans toutes les guerres que j'ai eues contre eux, jusqu'au temps de la bataille de Kolin, où le maréchal Daun l'interrompit, en déclarant alors au maréchal Keith qu'on ne voulait plus de leur part d'aucune rançon, mais seulement d'échange de tête contre tête, ce qui aussi a été pratiqué depuis ce temps-là entre moi et les Autrichiens, le reste du cartel ayant subsisté comme autrefois.

L'on pourra, d'ailleurs, convenir que l'échange des prisonniers se fera de deux à deux mois, et, pour plus d'aisance de deux côtés, auprès du prince Ferdinand de Brunswick. Au surplus, c'est le général-feldmaréchal de Kalkstein que je nommerai pour arranger tout cela à Berlin conformément à mes intentions. Aussi, dès que le cartel sera conclu, l'on nous communiquera la désignation de nos prisonniers de guerre, tout comme on la leur communiquera de ceux qui sont auprès de nous, et l'on conviendra du jour pour faire l'échange. Voilà sur quoi vous réglerez tout ce qu'il faudra.

Federic.93-1

Nach der Ausfertigung.



92-4 Ein in den Akten unter späteren Papieren aufgefundenes Schreiben an Prinz Heinrich, datirt „ce 28“ , gehört zum Februar 1759; siehe den Nachtrag.

92-5 Marquis de Rougé befand sich in Berlin als Kriegsgefangener.

92-6 Vergl. S. 27.

92-7 Kartell, d. d. Grottkau 9. Juli 1741. Gedruckt in Mylius, Corpus Constitut. Marchic. contin. 1. S. 353 ff.

93-1 In einem Schreiben an Brigadier Marquis von Rougé in Berlin vom 14. März bewilligt der König die Abreise eines französischen Officiers nach Frankreich und fügt hinzu: „Je présume, d'ailleurs, que l'on arrangera bientôt un cartel avec la France, et alors tous les officiers prisonniers de guerre seront échangés et remis en liberté.“