11283. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Au camp de Schmottseifen, 25 juillet 1759.

J'ai bien reçu votre lettre du 23 de ce mois, et je me flatte [de] vous avoir écrit ce qu'il y aurait à faire.449-1 Le principal est présentement de nous défaire des Russes, et je vous prie de ne pas vous étonner du différent contenu de toutes les lettres que je vous ai écrites, la bredouille et la confusion qui les ont occasionées, étant arrivées successivement. Il faut penser présentement au plus pressé, et c'est sûrement l'article qui concerne les Russes. Dès que nous nous en serons débarrassés, nous serons toujours à même d'envoyer d'abord un corps de troupes dans le Halberstadt,449-2 s'il en est besoin. Je vous assure, mon très cher frère, que je ne vous mande pas tous les embarras que je rencontre ici, et certes il n'y a point d'autres mesures à prendre. Quand vous vous serez mis en marche, Finck pourra toujours en conséquence de vos ordres repasser l'Elbe. Il y a ici periculum in mora, et si Finck repasse l'Elbe, et que cela soit nécessaire, il pourra marcher du côté de Leipzig; mais si nous ne battons [pas] les Russes, toute la boutique se trouvera renversée.

Au reste, je m'en rapporte entièrement à ma lettre d'hier.

Ne me grondez pas,449-3 je vous prie, ce n'est, Dieu sait, pas ma faute; je m'en rapporte au chiffre. Si je vous parlais une demi-heure, je vous expliquerais tout; mais je ne veux pas arrêter un moment le chasseur, le temps presse.

Federic.

Das Hauptschreiben nach dem Concept; der Zusatz eigenhändig auf der im übrigen chiffrirten Ausfertigung.

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449-1 Nr. 11 277.

449-2 Auf dem Berichte des Erbprinzen von Hessen-Cassel, des Vicegouverneurs von Magdeburg, d, d. Magdeburg 22. Juli, enthaltend die Meldung, dass am 22. Halberstadt von der Reichsarmee eingenommen sei, finden sich die Weisungen zur Antwort: „Er möchte nur Geduld haben; würde schon Hülfe kommen.“

449-3 Vergl. das Schreiben des Prinzen, Roth-Nauslitz 23. Juli, bei Schöning a. a. O. Bd. II, S. 123. 124.