11559. AU GÉNÉRAL DE L'INFANTERIE BARON DE LA MOTTE-FOUQUÉ.

Kœben, ce 31 [octobre 1759].

Les Russes sont encore dans leur camp derrière Punitz. Laudon est à Rawitsch, d'où il a poussé de la cavalerie jusques à Trachenberg. Le général Schmettau y est avec 15 escadrons.614-3 J'ai été obligé d'y rappeler les 9 bataillons614-4 qui étaient déjà aux environs de Breslau, et<615> je crois que le plus sûr sera que vous marchiez droit à Breslau615-1 pour y passer l'Oder et vous joindre aux autres, d'autant plus que vous pouvez de là prévenir sans cesse Laudon en Haute-Silésie, en marchant par Brieg et Lœwen, et que, sans vous, le plat pays pourrait souffrir dans les contrées qui me sont les plus dévouées et les plus fidèles. Je vous avertirai de tout ce qui se passera ultérieurement, et si vous changez demain de route, vous ne vous serez guère détourné de votre chemin sur Breslau.

Ma goutte diminue, la fièvre de même, mais je suis estropié des deux jambes et si faible qu'il me faudra 6 à 8 jours avant de pouvoir me mettre en route. Adieu, cher ami, je vous embrasse.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kaiserl. Königl. Kriegsarchiv zu Wien. Eigenhändig.



614-3 Vergl. Nr. 11555.

614-4 Vergl. S. 605. 610.

615-1 Der König hatte bereits in einem vorangehenden Schreiben vom 31. erwähnt, dass er, „da sich der General Laudon noch immer an der Grenze herumtreibet“ , vielleicht genöthigt sein würde, Fouqué den Befehl zu ertheilen, „Uber Breslau, um zu dem Gablentz'schen Corps zu stossen, zu marschiren“ . Eigenhändig fügte er hinzu: „Peut-etre, mon ami, qu'il faudra passer l'Oder; j'attends encore quelques éclaircissements; après quoi je vous donnerai des instructions positives.“ [Wien. Kriegsarchiv.]