11617. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN.655-3

Wilsdruff, 22 novembre655-4 1759.

C'est avec le dernier chagrin que je me vois obligé de vous informer d'un désastre qui, contre tout [ce] que j'aurais jamais pu attendre, vient de nous arriver, et qui m'est d'autant plus sensible que je n'en connais guère d'exemple. J'avais détaché le lieutenant-général Finck et les généraux-majors Rebentisch et Wunsch avec 16 bataillons et 35 escadrons pour occuper le poste de Maxen. Ce corps, ayant été attaqué<656> le 20 par un ennemi fort supérieur, au lieu de se replier sur Freiberg,656-1 comme il devait le faire dans ce cas, a malheureusement pris le parti de se retirer vers la petite ville de Dohna, où, ayant été enveloppé de tous côtés par l'armée ennemie, il se vit obligé, après s'être défendu au possible, de mettre bas les armes et de se rendre prisonnier de guerre. Voilà du malheur dont le hasard n'en fait essuyer qu'à moi seul. J'ignore encore le vrai détail de cette malheureuse affaire, mais c'est au moins ce que j'en ai appris par les bruits qui en courent. Vous tâcherez de pallier au public ce désastre le mieux que vous pourrez.

Cependant, tous les avis nous disent que, nonobstant cela, le maréchal Daun, faute de vivres et de subsistance, marchera encore au premier jour en Bohême, l'on croit même qu'il abandonnera Dresde, ce qu'il faut que j'attende ici; car, dans le cas qu'il ne voudrait pas la quitter de son propre gré, il faut que [je] la prenne de force, avant que de finir cette campagne.

Tout ce que je vous ai prédit l'année passée à Dresde,656-2 ne s'accomplit malheureusement que de reste. Je lutte, cependant, toujours contre ma mauvaise fortune; le malheur ne m'abat pas, mais il m'impatiente à la fin, car en vérité c'en est trop; peut-être que la démarche précipitée de la cour de Londres656-3 pourra nous devenir favorable dans ces circonstances. Adieu.

Federic.

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhändig.



655-3 Finckenstein traf am 24. von Magdeburg in Berlin ein.

655-4 Vergl. vom 22. November auch das Schreiben an d'Argens in den Œuvres, Bd. 19, S. 106.

656-1 Auf einem Berichte von Hülsen (vergl. S. 620. Anm. 1), d. d. Reichstädt bei Dippoldiswalde 21. November 1759, finden sich die Weisungen für die Antwort: „Muss gegen Freiberg und so hierwärts hinziehen. Nicht anders drauf! Ist gross Unglück und fast ohnerhört, aber nicht Meine Schuld.“

656-2 Vergl. S. 543 und Bd. XVII, 474.

656-3 Vergl. S. 632. 633.