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Weil Ich nun den Plan vom Feinde noch nicht recht einsehen kann, und, wie es hier heisset, die Russen zu den Oesterreichern stossen wollen, inzwischen, weil erstere kein Magazin bei Kaiisch haben, nicht wohl abzusehen ist, dass sie in Oberschlesien zu Laudon stossen wollen, so bin Ich auf den Gedanken gekommen, ob nicht vielleicht ihre Idee sei mit dem Corps bei Zittau zu denen Russen zu stossen. Ich werde demnach das Regiment dort noch so lange stehen lassen, bis entweder die Oesterreicher dort ein Mouvement zu machen anfangen, oder aber Ich sehe, dass die Russen ihren Weg gegen Glogau hin nehmen wollen.

Friderich.

Nach der Ausfertigung im Besitze des Lieutenants Grafen Götzen in Berlin.


12965. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE KNYPHAUSEN ET AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES.

Kunzendorf, 18 juin 1761.

Vos rapports du 2 et du 5 de ce mois viennent de m'être rendus, et je vous sais parfaitement gré du détail où vous êtes entré pour me mettre au fait de ce qui s'est passé là depuis l'arrivée du sieur de Bussy.

Je ne saurais, cependant, pas vous dissimuler qu'à juger du train que ces affaires ont commencé à prendre, je crains que la négociation ne prospérera guère; car, si les négociateurs ne sont pas encore d'accord entre eux des principes fondamentaux à mettre pour base de tout le reste, il me paraît qu'ils sont encore très éloignés entre eux, et que cette négociation saurait bien échouer dès le commencement.

Mon attente sur laquelle j'avais mis tout mon espoir, était qu'on établirait d'abord pour première base cet uti possidetis, au moins dès le jour de la signature des préliminaires, qu'on travaillerait ensuite à convenir des préliminaires de ce qui regarde proprement les différends que l'Angleterre et la France ont entre elles, et qu'incessamment après on conviendrait des moyens et des conditions les plus propres et les plus convenables pour rendre la pacification générale, afin de les proposer alors au congrès, vu, sans cela, on conviendra au grand jamais de quelque chose. Voilà mes idées et, à ce que je crois, le seul moyen pour arriver au grand but, mais dont je suis fort en doute, par la manière qu'on commence, si je dois me flatter de quelque succès.

La circonstance encore que le sieur de Bussy a décliné de vous Parler, me fait conclure ou que les Autrichiens avec les Russes tiennent tant bridée la France que celle-ci n'ose presque pas rien faire, sans, pour ainsi dire, que les autres lui en ont donné la permission, ou qu'on a encore beaucoup d'animosité contre moi en France, de sorte qu'en général la disposition présente ne me plaît du tout pas encore, à moins