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Au reste, je veux bien vous dire, quoique sous le sceau d'un secret absolu et avec défense expresse de n'en faire aucun usage sinon pour votre direction seule, que les avis que je reçois, de temps en temps, de la façon d'agir du général Bernes, sont des plus étranges : non content d'entretenir commerce avec tout ce qu'il y a de gens mécontents à Berlin et de prendre à tâche à révolter contre moi tous les ministres des cours étrangères, dès qu'il en arrive un à Berlin, je suis informé que les rapports qu'il fait à sa cour sont tous composés avec une aigreur et une indécence tout-à-fait extraordinaires sur mon sujet, que ces rapports, composés pour la plupart sur de fausses confidences et sur des avis entièrement frivoles, ne doivent buter que d'entretenir sa cour dans une méfiance et jalousie perpétuelles contre moi. Comme il sauve assez les apparences en dehors, et qu'il paraît d'ailleurs ajsez galant homme, je ne saurais attribuer tout ce manége qu'aux instructions qu'il a reçues secrètement des ministres de sa cour, pour nourrir constamment la mauvaise humeur de leur souveraine contre moi, et je conclus de là combien mal cette cour doit être disposée à mon égard et combien j'ai heu de m'en défier tout-à-fait.

Federic.

Nach dem Concept.


2858. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLINGGRÆFFEN A DRESDE.

Berlin, 9 décembre 1747.

J'ai bien reçu votre dépêche du 2 de ce mois, et celle du 5, que le chasseur Mechow m'a fidèlement rendue. Les particularités que j'y ai apprises sur différentes affaires, m'ont fait bien du plaisir, et je vous félicite de ce que vous avez trouvé une si bonne dupe que le sieur Williams, de qui vous avez su adroitement tirer des faits et des détails assez curieux; aussi, puisque vous êtes si avant dans sa confidence, j'espère que vous continuerez d'en profiter pour apprendre encore d'autres détails de lui qui me peuvent être intéressants.

Comme les désordres où se trouvent les finances de la Saxe, vont à un point qu'une banqueroute totale paraît inévitable, je veux bien que vous insinuiez adroitement au sieur Wilhams, quoiqu'avec adresse et sans que cela ait l'air comme si je voulais sonner le tocsin contre la Saxe, qu'encore que par le traité de Dresde j'eusse pris mes précautions en faveur de ceux de mes sujets qui avaient en mains des billets à la charge de la Steuer de Saxe, néanmoins, si les affaires de ce pays-là devaient prendre un si mauvais pli que Sa Majesté Britannique pourrait risquer sur les sommes qu'elle avait avancées au roi de Pologne, je n'étais nullement éloigné de faire cause commune là-dessus avec elle et de me concerter en conséquence, pour que nous joignions nos instances à la cour de Dresde, afin que nous soyons satisfaits sur nos prétentions pécuniaires, soit en argent comptant, soit par de bonnes hypothèques en