3385. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS, ENVOYÉ EXTRAORDINAIRE, A VIENNE.

Berlin, 21 décembre 1748.

J'ai reçu votre dépêche du 11 de ce mois. Le comte Brühl prône à Varsovie avec fanfaronnade que les cours de Vienne et de Pétersbourg étaient convenues avec le roi de Pologne que les troupes russiennes qui subsistent actuellement dans les pays d'Autriche, n'entreraient en Pologne qu'après le retour du roi de Pologne à Dresde, qui pourrait arriver environ au mois de février prochain; mais je doute fort que les susdites deux cours puissent avoir autant de complaisance pour celle de Saxe que de compasser ainsi leurs mesures sur ce que cette dernière pourrait vouloir désirer. Quant aux chipoteries entre les cours de Vienne et de Pétersbourg, le temps et un peu de patience pourront suffire pour y remédier, et je suis persuadé qu'il ne se passera pas beaucoup de temps qu'elles ne soient brouillées entre elles au point qu'elles paraissent être amies et s'entendre ensemble à l'heure qu'il est.

Au reste, la chose que je vous recommande beaucoup et que vous ne devez jamais perdre de vue, est que dans vos réflexions que vous ferez sur des projets de guerre ou de paix et dont vous me parlerez, vous vous donniez bien de la garde d'aller assez vite pour croire que c'est la cour de Vienne qui régit et gouverne l'Europe entière; car une fois c'est là une illusion fausse s'il en fut jamais, et les puissances principales qui balancent les grandes affaires de l'Europe sont la France et l'Angleterre, au gré desquelles seules les choses se font ou ne se font pas en Europe.

Federic.

Nach dem Concept.

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