3704. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLINGGRÆFFEN A LONDRES.

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Klinggräffen berichtet, London 3. Juni: „Le sieur Durand me confia avanthier, en me parlant sur la dernière guerre,

Potsdam, 17 juin 1749.

Je viens de recevoir à la fois vos dépêches du 3 et du 6 de ce

que le duc de Newcastle, après un repas où ce dernier était un peu chaud de vin, lui dit qu'à l'avenir on lierait mieux la partie. Je lui dis que ce secrétaire d'État avait accusé juste, puisque dès l'année passée, avant même que le traité de paix fût signé, on avait travaillé à Hanovre à former une ligue, que l'on baptisait du nom de l'ancien système, et que toute la froideur que le roi d'Angleterre me témoignait, dont il était témoin tous les jours, n'avait d'autre fondement que de ce que Votre Majesté avait décliné d'y entrer, et que cette ligue serait dès lors parvenue à sa consistance, si Elle avait voulu S'y prêter.“

London 6. Juni: „Le duc de Newcastle ne nous a fait d'autre déclaration avant-hier sur la Russie que ce qui suit: Que le lord Hyndford venait d'accuser l'arrivée du courrier à Moscou, qu'en conséquence de ses ordres il avait délivré un mémoire au comte Bestushew par lequel il dit que l'Angleterre recommandait la conservation de la tranquillité dans le Nord ; qu'après la déclaration de la France on ne pourrait point se mêler ici des affaires de ce pays-là, à moins d'un changement dans le gouvernement en Suède ou que les alliés y fussent attaqués, et que l'on n'entrerait que dans des engagements défensifs; que le comte de Bestushew lui avait répondu qu'il mettrait ceci devant l'Impératrice et qu'il comptait de communiquer bientôt à milord Hyndford sa réponse. Le duc de Newcastle a lu ceci au sieur Durand et me l'a déclaré de bouche.“

mois. J'applaudis parfaitement à toutes les insinuations que vous faites au sieur Durand pour le prévenir sur les mauvaises impressions qu'on voudra lui faire, et pour empêcher qu'on ne réussisse à endormir la France et mettre de la division entre elle et moi.

Quand le duc de Newcastle prône les sentiments pacifiques que l'Impératrice-Reine inspirait à la Russie, il parle vrai dans un certain sens, puisqu'il est avéré que, dès le moment que la cour de Vienne a vu que ses plans, concertés avec la Russie, étaient trahis et que leurs projets ne sauraient plus réussir, elle a pris le parti sage d'y renoncer pour le moment présent et de disposer la Russie à ne point mettre à contretemps le feu aux étoupes, mais de laisser les choses comme elles sont, jusqu'à un temps plus convenable que le présent. Je suis bien persuadé que le duc de Newcastle et ceux du parti hanovrien auraient fort aimé de voir le feu de la guerre allumé au Nord, parcequ'ils étaient ceux qui avaient ourdi toute la trame pendant que le roi d'Angleterre fut à Hanovre. Mais voyant après que cela pourrait mener l'Angleterre plus loin qu'ils ne sauraient prendre sur eux, ils ont eu la circonspection d'y renoncer et de faire acquiescer aussi les autres intéressés.

Et comme le théâtre se pourra changer en attendant, quand on pourra leur débaucher le Danemark, et qu'il saurait survenir encore quelque autre circonstance dont je vous donnerai connaissance quand il le faudra, je crois que ces gens-là ne penseront plus à remuer contre la Suède, mais qu'au cas qu'ils veuillent absolument la guerre, ils prendront toute une autre tournure et chercheront d'autres prétextes pour y parvenir.

Sur ce qui est des négociations présentes du ministre saxon, le comte Flemming, je vous déjà fait instruire, par ce rescrit du département des affaires étrangères qui vous a été envoyé par l'ordinaire dernière, qu'il

 

s'y agit principalement d'un prêt en argent de quatre millions que la Saxe voudrait faire de particuliers à Hanovre et en Angleterre, sous la garantie du roi d'Angleterre, pour rétablir le crédit de la Steuer en Saxe,

Au surplus, je trouve juste et raisonnable ce que vous me dites dans les post-scriptum de votre dépêche du 3 de ce mois,563-1 par rapport à l'obligation réciproque relativement à la garantie de l'Angleterre pour la Silésie avec les dettes qui y sont hypothéquées. Mais comme il y a déjà quelques mois que je vous ai instruit de la façon que je m'étais proposé pour acquitter ces dettes et que je vous avais ordonné563-2 d'en sonder les intéressés pour m'en pouvoir faire votre rapport, je suis surpris de ce que vous n'en avez plus touché mot dans toutes vos relations. Pour vous donc dire, encore une fois, l'intention où je suis de m'acquitter de ces dettes, vous saurez que je ferai payer à Londres en décompte la somme de 200,000 Reichsthaler, argent comptant, au milieu du mois de juillet qui vient, ainsi que vous pourrez vous en instruire plus amplement auprès du marchand Spellerberg à Londres; que je continuerai de payer en décompte, au mois de juillet de l'année qui vient, 300,000 écus; qu'au mois de juillet de l'année 1751 il en sera payé 500,000 écus, et le reste dans le mois de juillet de l'année 1752. Il sera à vous, à présent, de vous concerter avec ledit marchand Spellerberg sur la façon la plus convenable dont on pourra se servir pour insinuer ces mes intentions aux intéressés des dettes hypothéquées sur la Silésie, et pour leur faire accepter mes offres, ce dont vous me ferez votre rapport immédiatement.

Federic.

Nach dem Concept.



563-1 Bericht auf den Immediaterlass vom 10. Mai (Nr. 3649). Klinggräffen sagt in dem von ihm erforderten Gutachten: „Il n'est point douteux qu'il ne doive y avoir une réciprocité solide dans l'exécution des engagements... Votre Majesté ne serait point obligée de payer ces dettes, si le cas de l'exécution pouvait exister tout de suite, je dis si Votre Majesté pouvait convaincre d'abord le roi d'Angleterre — je parle toujours du Roi, parceque sa volonté dirige d'une certaine façon la nation de n'avoir pas exécuté sa garantie; mais ce ne sont que malheureusement des suppositions, quoique très évidentes.“

563-2 Vergl. S. 429.