3775. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE VOSS A DRESDE.

Potsdam, 26 juillet 1749.

J'ai reçu vos dépêches du 19 et du 21 de ce mois de juillet. Quoique les circonstances dans lesquelles se trouvent encore actuellement les affaires dans le Nord, soient jusqu'ici fort critiques, et que l'on soit fondé à craindre que l'événement de la mort du roi de Suède ne donne, lorsqu'il viendra à exister, occasion à de nouveaux et grands troubles, il se pourrait cependant qu'il y eût des circonstances, lors de cette mort, de nature à empêcher ces mêmes troubles.

Vous jugez très bien quand vous dites qu'en cas que la cour de Dresde dût recevoir de nouveaux subsides de la France, et que celle-ci<30> voulût se prêter à prolonguer son traité à cet égard avec ladite cour, elle ne quitterait cependant jamais pour cela son attachement pour les cours de Vienne et de Pétersbourg. C'est pourquoi aussi je suis bien aise de vous dire, une fois pour toutes, qu'il ne m'importe absolument en aucune façon que la cour de Dresde reçoive de nouveaux subsides de la France, d'autant plus que je suis de l'opinion qu'il vaut toujours mieux connaître son ennemi à découvert que d'en avoir sous cape, ces derniers étant souvent beaucoup plus nuisibles que ne le sont ceux de la première espèce.

Federic.

Nach dem Concept.