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ayant parlé dans son discours des sentiments d'amitié de sa cour pour Leurs Majestés Impériales, l'Empereur l'interrompit dans cet endroit, et après avoir fait signe au chambellan qui avait conduit le sieur Blondel à l'audience, de se retirer, il lui dit que les sentiments d'amitié de Sa Majesté Très Chrétienne lui causaient un plaisir des plus sensibles... que la cour d'ici n'avait rien négligé pour terminer les affaires à la satisfaction de la France, qu'il espérait qu'elle en serait convaincue, quoique les insinuations que le marquis de Puyzieulx avait fait làdessus au comte de Kaunitz à différentes reprises, fissent presque voir que la France avait encore des doutes à cet égard; mais qu'elle devait considérer que la cour d'ici avait affaire à une puissance d'une roideur extraordinaire et qui, n'étant pas inférieure en forces à la cour d'ici, ne s'en laissait pas gouverner : que la Russie prenait surtout une confiance aveugle dans sa situation avantageuse, qui la mettait non seulement à l'abri, au moyen des déserts qui l'environnaient du côté de la Perse et de la Turquie, d'être attaquée par ces puissances, mais qu'elle ne pouvait encore guère être entamée avec avantage par des puissances de l'Europe, au lieu qu'elle était en état de porter ses forces partout; que cette position lui inspirait un si grand orgueil qu'elle se croyait en état de tout entreprendre et qu'elle ne faisait réflexion ni sur le péril ni sur les conséquences de ses entreprises. Que la cour d'ici n'avait rien négligé jusqu'ici pour lui inspirer des dispositions pacifiques, que les mouvements qu'elle s'était donnés avaient eu le succès que jusqu'à présent la Russie n'avait rien entrepris, que pour continuer à l'entretenir dans des dispositions de paix, Leurs Majestés Impériales y avaient envoyé le général Pretlack, qui avait du pouvoir sur l'esprit de l'impératrice de Russie et par conséquent était à même de contenir le ministère, mais qu'après tout il serait fort imprudent à la cour d'ici de se rendre responsable des entreprises que la Russie pourrait former, et qu'il le serait encore infiniment plus, si la cour d'ici voulait entrer dans toutes les idées baroques de cette puissance.“

choses qui effectivement sont vraies et fondées, quoiqu'il ne soit pas moins vrai qu'il y en a qui sont représentées sous un faux jour, car il est sûr que la cour de Vienne conjointement à celle de Londres sont bien en état de retenir la Russie de toute entreprise d'éclat, pourvu qu'elles ne lui donnent point de subsides et ne lui fassent pas espérer de secours en cas d'une guerre offensive.

Au surplus, vous et le conseiller privé de Klinggræffen, que je suppose présentement arrivé à Vienne et à qui vous communiquerez toutes les dépêches qui vous arriveront encore de ma part à Vienne, n'avez autre chose à faire dans le moment présent que de bien observer tout ce qui se passe à la cour où vous êtes et de m'en instruire précisément.

Federic.

Nach dem Concept.