4395. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS, ENVOYÉ EXTRAORDINAIRE, A VIENNE.

Potsdam, 11 juillet 1750.

J'ai bien reçu le rapport que vous m'avez fait du 1er de ce mois. Quand même la lettre que le sieur de Sydow a écrite au sieur de Stentzsch, aurait été ouverte, il n'y aurait pas grand mal en cela, parceque son contenu ne m'importe guère.

J'attends d'être informé de vous sur la résolution finale que le colonel Schönaich voudra prendre pour ce qui regarde les conditions que je saurais lui faire; je veux bien vous dire que je ne saurai d'abord l'accommoder d'un régiment, parcequ'il n'y en a point de vacant et que d'ailleurs il faut bien qu'il s'oriente sur ce qu'il faut dans mon service, avant que je puisse le placer à la tête d'un régiment, mais qu'en attendant je lui conserverai son rang et lui ferai payer une pension au sujet de laquelle je veux que vous me mandiez votre avis s'il se contentera de la somme de 3,000 écus.

Quand la France a témoigné de l'empressement pour moyenner une réconciliation entre la Suède et la Russie, c'a été dans la bonne intention de conserver la paix et la tranquillité de l'Europe; ainsi les avances qu'elle a faites à ce sujet, ne sauraient point lui préjudicier. Il est vrai qu'il aurait toujours mieux valu qu'elle y eût montré un peu moins d'empressement, et si j'avais osé lui ouvrir mon sentiment làdessus, elle aurait fait moins d'avances à la Russie; mais si je l'en avais déconseillée, on m'aurait peut-être soupçonné de n'avoir pas tout-à-fait des sentiments pacifiques.10-1

Quoique tout soit vrai ce que le comte Bestushew10-2 a dit au sujet de son frère, le Chancelier, cependant je ne me fierais pas trop sur lui; personnellement piqué qu'il est contre son frère, un motif de ressentiment l'a peut-être fait s'expliquer tout autrement qu'il ne pense effectivement. Au surplus, la cour de Dresde est tant sujette à celle de Vienne que non seulement celle-ci aura toujours sa voix dans l'affaire de l'élection d'un roi des Romains, mais qu'elle entrera aussi dans toutes les autres mesures que la cour de Vienne voudra jamais prendre.

Federic.

Nach dem Concept.



10-1 Vergl. Bd. VII, 410.

10-2 Graf Michael Bestushew. Vergl. Bd. VI, 553; VII, 77.