4741. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLINGGRÆFFEN A VIENNE.

Berlin, 23 janvier 1751.

Ne craignez que le ministère à Versailles soit aussi près que vous semblez le présumer, à se laisser endormir par des cajoleries frivoles et<231> de se faire prévenir par de fausses insinuations; tout au contraire, soyez assuré que ce ministère clairvoyant sait parfaitement apprécier les choses à ce qu'elles valent, qu'il surpasse en prudence ses ministres aux cours de dehors et que, quand il arrive à ceux-ci de se laisser duper, il ne leur réussit pas d'en imposer au marquis de Puyzieulx ni au comte Saint-Severin. Il ne doit par conséquence point vous embarrasser, quand même vous trouvez d'abord le marquis de Hautefort prévenu des sentiments que Blondel lui a su inspirer à la sollicitation de la cour de Vienne; poursuivez plutôt la route que vous avez choisie pour vous conduire bien avec lui, tâchez de le ramener insensiblement et petit à petit et prenez des concerts là-dessus avec le comte de Barck. Si le susdit ministre a quelque secrétaire homme d'esprit avec soi qui a de l'ascendant sur lui, cherchez d'en profiter adroitement, et s'il arrivait surtout que la cour de Vienne s'échappât de découvrir ses finesses et son jeu par quelque trait visible et grossier, alors prenez l'occasion pour dessiller les yeux au ministre, en lui faisant voir clairement la duplicité de ladite cour.

Federic.

Nach dem Concept.