4847. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLINGGRÆFFEN A VIENNE.

Potsdam, 20 mars 1751.

J'ai reçu votre rapport du 10 courant. Quand la cour de Vienne traite de frivoles les justes prétentions de l'Électeur palatin, vous n'en devez pas être étonné; c'est une de ses façons d'agir ordinaires, et tel qui prétend raison et justice d'elle, doit s'attendre à n'en avoir que des réponses hautaines et dédaigneuses, ce qu'elle appelle, dans son style ordinaire, avoir démontré clairement que les prétentions qu'on a à sa charge, sont frivoles et point fondées.

L'affaire de l'élection d'un roi des Romains rencontre plus de difficultés que ladite cour n'aurait attendues d'abord; celle de Londres commence à désespérer de la réussite du plan concerté à Hanovre, elle en sent le défectueux et paraît comprendre la nécessité de s'attacher à d'autres électeurs. Le duc de Newcastle avec le ministre de Münchhausen en sont capots,305-1 et leur embarras s'augmentera considérablement, quand ils apprendront que l'électeur de Cologne a pris son parti pour renouer avec la France; circonstance que je vous confie sous le sceau du secret le plus absolu. Tout ceci pourra peut-être faire comprendre à la cour de Vienne que, s'il y a des choses dans le précis donné au comte Puebla305-2 qui lui ont fait de la peine, elles ne viennent que de l'affaire en elle même et de son irrégularité.

Federic.

Nach dem Concept.



305-1 Vergl. S. 301.

305-2 Vergl. S. 233.