<428> 12 mars.1 C'est avec un regret infini que j'apprends la conduite impardonnable du ministère d'Hanovre, qui risque le bien-être de toute la cause protestante à ses petites vues bornées, et qui voudrait empêcher le fruit des bonnes intentions du Roi par leurs lambineries. Je me flatte que les ordres d'Angleterre seront si précis et si fermes que Votre Majesté pourra bientôt être tranquille à cet égard et n'avoir pas la peine de lutter toute seule contre toutes les grandes puissances de l'Europe. J'envoie le peu de nouvelles que j'ai de Russie,2 et j'ai soin de communiquer toutes celles des frontières au ministre de Votre Majesté,3 de sorte que je ne néglige rien qui puisse être utile à la bonne cause, heureuse, si je pouvais donner des preuves plus éclatantes à Votre Majesté de la haute considération et de la vénération avec laquelle je suis, Monsieur, de Votre Majesté la très humble et très obéissante sœur, cousine et servante

Anne.

Lockwitz, 27 [mars 1757].

Madame. Tout ce qui me vient de la part de Votre Altesse Royale, ne me saurait être indifférent; vous ne faites, Madame, qu'accumuler les obligations que je vous ai déjà. Le pronostic que vous avez daigné faire de la lenteur des ministres hanovriens, s'est vérifié en entier,4 et j'espère que les ordres du roi d'Angleterre leur donneront le feu dont ils ont besoin pour bien servir leur maître.

Je croirais, Madame, manquer à ce que je vous dois par la part obligeante que vous prenez à ma situation, si je ne vous informais pas d'avance que j'espère de frapper un grand coup par une de mes armées avant la fin du mois prochain,5 de sorte que, si cela réussit, les desseins des Autrichiens se trouveront entièrement dérangés, et peut-être les Français et les Russes pourront faire des réflexions qui leur ont échappé jusqu'ici: ce qui, j'espère, fera changer favorablement l'allure des choses. Je suis persuadé, Madame, de votre discrétion, et je vous confierais un meurtre, si j'étais assez malheureux pour en avoir commis un. Je vous prie, Madame, d'être persuadée que de toutes les personnes qui vénèrent vos grandes qualités, il n'en est aucune qui soit avec plus d'estime et de reconnaissance que, Madame, de Votre Altesse Royale le fidèle frère et cousin

Federic.

Nach Abschrift der Cabinetskanzlei. Die Ausfertigung im Königl. Hausarchiv im Haag eigenhändig.6


8785. AU DUC RÉGNANT DE BRUNSWICK A BRUNSWICK.

Der Herzog Karl von Braunschweig übersendet, Braunschweig 18. März, einen „Extrait d'une lettre de France“ : „Il y a beaucoup de fermentation à la cour. Madame de Pompadour chancelle,7 et, malgré les dehors contraires, nous la pourrons voir tomber tout d'un coup. Ceux qui approchent le Roi, disent unanimement que, depuis cet attentat horrible,8 il est extrêmement porté pour la paix. La cour de Vienne en“



1 Nr. 8715.

2 Es sind die am 25. März Winterfeldt übersandten Nachrichten aus Russland. Vergl. Nr. 8775.

3 Vergl. S. 406.

4 Vergl. S. 405.

5 Vergl. S. 422. 423.

6 Danach gedruckt bei Ranke an dem oben S. 313 angegebenen Ort S. 87 und Sämmtl. Werke XXIV, 219.

7 Vergl. S. 420.

8 Das Attentat vom 5. Januar 1757. Vergl. S. 208.