10207. AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE DE DOHNA.

Heinzendorf, 14 août 1758.170-3

Je vous prie de ne point chiffrer des compliments qui me font perdre un temps infini à les déchiffrer. Je vois enfin, par la relation du général Manteuffel, que l'ennemi est entre Landsberg et Schwerin.170-4 Je crois qu'il est embarrassé pour ses subsistances, et que la nécessité l'obligera peut-être à tenter fortune, ce qui pourrait fort bien arriver. Vous avez bien fait jusqu'ici de ne point quitter votre camp de Francfort. Mais il faudra pourtant penser à nous joindre. Je serai le 17 à l'Oder, comme je l'ai écrit;170-5 le 18, mes ponts sont faits, et je crois qu'en prenant l'ennemi en venant de Züllichau, cela lui donnera la plus grande jalousie pour Posen, où il doit avoir ses magasins, et l'obligera à des marches. Si cela arrive, nous en aurons beau jeu. Mais mandezmoi si l'endroit le plus propre pour notre jonction serait Liebenau,170-6 ou quel autre endroit vous croyez le plus convenable. Je n'ai point d'appréhension des Autrichiens, on y a déjà pourvu, et ne pensez absolument qu'à notre jonction et à la façon d'attaquer l'ennemi.

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Voilà notre affaire, et répondez-moi sur tous ces points, dont j'ai [par] vous besoin d'être informé. Envoyez-moi quelque chasseur jusqu'à Züllichau, pour que je puisse diriger mes marches sur Meseritz et faire former mes colonnes. Je crois que vous serez obligé de laisser deux bataillons à Francfort, pour que la ville en soit mieux munie, et qu'au cas que vous ayez besoin de convois, vous puissiez les tirer de là.

Je vous envoie Krusemarck qui vous expliquera toutes mes idées, et auquel vous donnerez une réponse positive sur tout. Je vous prie, point de chiffres allemands! il faut être court et ne chiffrer que les choses secrètes. Krusemarck vous dira toutes mes idées; il ne s'agit que de m'informer bien exactement des mouvements de l'ennemi; et, si plaît au Ciel, quelque difficulté que l'on nous fasse, nous la surmonterons. Mon armée est à Landshut, un corps à Greifenberg, de sorte que, si malheur n'arrive, ce flanc-là sera gardé. Quant au reste, il faudra agir du jour [à] la journée et à mesure que l'on avance, à mesure que nous verrons plus clair; mais ce que Krusemarck vous dira, ce sont mes idées. Je ne sais si peut-être l'ennemi pourrait avoir des magasins à un endroit que j'ignore; c'est ce que vous saurez peut-être.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Genetalstahs zu Berlin. Der Zusatz eigenhändig, ebenso der Anfang des Schreibens bis „votre camp de Francfort“ ; das danach Folgende war chiffrirt.



170-3 Ein Schreiben vom 14. August an die Prinzessin Amalie vergl. Œuvres Bd. 27. I. S. 404. Die dortige Ortsangabe „Hermsdorf, près de Polkwitz“ ist wohl ein Versehen für Heinzendorf.

170-4 An der Warthe, südöstl. von Landsberg.

170-5 Vergl. Nr. 10202.

170-6 Südwestl. von dem in Nr. 10196 als Vereinigungspunkt genannten Paradies, nordwestl. von dem in Nr. 10202 genannten Züllichau. In der Vorlage fälschlich Lübbenau (im Spreewald).