10316. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

14 [septembre 1758].

Mon cher Frère. Je suis bien aise que vous approuviez ma manœuvre, celle d'aujourd'hui a réussi au point que nous occupons Radeberg, et que Laudon se retire vers Stolpen. Je suis à présent aux aguets pour savoir ce qui se passe à Bischofswerda et à Bautzen, pour me diriger là-dessus.

Cependant, sur des nouvelles que j'ai reçues de Berlin, je détache aujourd'hui 6 bataillons, dont 4 sont déjà à Grossenhain, 2 ici de l'armée, et avec votre permission le régiment de Cassel; j'en donne le commandement à Wedell,231-1 il prendra, de plus, 500 hussards de Mœhring avec lui, et dans six jours il faut qu'il soit à Berlin. „Voilà vraiment des régiments d'infanterie qui deviennent des postillons ou des courriers; ce sont les suites de l'acharnement de nos ennemis, auxquels l'on ne peut résister que par la grande célérité et l'audace, souvent même la témérité et le désespoir.

Dès que je saurai quelques nouvelles, je vous les communiquerai incessamment; la campagne n'est pas encore proche de sa fin, et je crois que nous en aurons jusqu'à la fin d'octobre.

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Soyez persuadé, mon cher frère, de la tendresse et de tous les sentiments avec lesquels je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.



231-1 Vergl. Nr. 10313. 10314. 10319.