<451> n'a point pensé, espérant par là qu'à force d'augmenter les soupçons et les défiances de tous côtés, elle pourra parvenir à commettre les parties. Je ne vous dis tout cela qu'uniquement pour vous mettre sur les voies, afin de vous bien orienter, là où vous êtes, si je me trompe dans mes conjectures ou non, et que vous m'en fassiez un rapport fidèle. Au surplus, je vous recommande encore d'être extrêmement attentif sur tout ce'qui passe actuellement là où vous êtes et sur tous les mouvements que le Chancelier avec les ministres étrangers à Moscou se donnent pendant ce temps-ci, où les affaires paraissent parvenir au point critique.

Federic.

Nach dem Concept.


3562. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS, ENVOYÉ EXTRAORDINAIRE, A VIENNE.

Potsdam, 22 mars 1749.

Je vous sais tout le gré du monde du rapport fidèle que vous me faites de tous les mouvements où la cour de Vienne est actuellement par rapport aux desseins qu'elle médite et au remue-ménage qu'elle fait, et dont on ne sait croire autrement qu'ils n'ont que moi en but. Je tâcherai de mettre tous ces avis-là à profit, mais je ne m'en effraierai point; mais comme ils sont bien obscurcis encore, j'espère d'en être éclairci encore plus, et d'une manière que je pourrai voir tout clair sur les vrais desseins de la cour où vous êtes. En attendant, et jusqu'à ce vous pouvez vous orienter tout-à-fait là-dessus, vous me donnerez vos éclaircissements — sur ce que vous dites qu'on avait envoyé la permission aux officiers de vendre leurs chevaux d'équipage, mais qu'on l'a révoquée incontinent après — si ce sont tous les régiments qui doivent garder leurs équipages de campagne ou si ce sont seulement ceux qui doivent composer le corps auxiliaire qu'on prétend envoyer à la Russie. D'ailleurs, comme il n'est pas possible qu'un officier puisse garder ses chevaux d'équipage sans que sa cour lui fournisse de quoi les faire nourrir, vous devez me mander si l'on a payé aux officiers autrichiens de l'argent pour faire leurs équipages et si on leur fournit actuellement pour nourrir ces chevaux d'équipage et lès valets qu'il y faut. Je conviens, de plus, qu'il y a une abondance de grains dans la Hongrie et la Moravie d'où l'on peut faire des magasins, mais vous conviendrez, de même, que cela ne suffit pas pour assembler un grand corps d'armée, et qu'il faut que ces grains-là soient moulus pour en pouvoir cuire du pain, et qu'il faut encore d'autres grands arrangements, comme des chevaux d'artillerie, des chevaux de chariot pour transporter les munitions et les vivres, sans quoi tous les autres arrangements ne suffisent pas pour assembler une armée. Ainsi donc, vous devez exactement vous informer sous main sur tous ces articles-là et m'en faire rapport,