<43>et jusque dans les derniers temps de sa vie elle reçut des lettres affectueuses du roi, qui l'appelait „sa bonne maman“ .

Menzel a illustré très poétiquement la „Correspondance du roi avec Mme de Camas“ , par un bouquet de fleurs, dans un charmant vase de porcelaine, style rococo, placé devant le portrait de Frédéric. Ce bouquet est un envoi du roi à sa correspondante, qui de son côté en a fait hommage au portrait du roi. Le vase de porcelaine vient sans doute aussi de Frédéric, qui plaisantait ainsi dans sa lettre du 20 novembre 1762: „Je ne suis riche, à présent, qu'en cette fragile matière (la porcelaine), j'espère que ceux qui en recevront, la prendront pour bon argent, car nous sommes des gueux, ma bonne maman: il ne nous reste que l'honneur, la cape, l'épée, et de la porcelaine.“

CLXIII.

La „Correspondance de Frédéric avec le marquis d'Argens“ atteste la longue et étroite amitié qui unissait le roi à celui-ci; Frédéric II lui a adressé un plus grand nombre de lettres qu'à aucune autre personne, si l'on excepte Voltaire. Cette correspondance se poursuivit sans interruption pendant toutes les fatigues, les dangers et les revers de fortune de la guerre de Sept-Ans; c'est même pendant cette période qu'elle offre le plus haut degré d'intérêt. Le roi épanchait alors devant d'Argens, dans ses lettres et dans ses effusions poétiques, tous les sentiments et toutes les émotions qui l'animaient dans ces années terribles. C'est de lui qu'il attendait et qu'il reçut les consolations de l'amitié dans ces heures sombres. Ce rôle du marquis d'Argens est exprimé d'une façon symbolique dans le dessin de Menzel. Un gladiateur romain, haletant et épuisé, se repose appuyé sur son épée, tandis que ses deux adversaires, grièvement blessés, chancellent et s'affaissent. Le gladiateur est Frédéric lui-même; d'Argens est ce vieux spectateur romain qui serre de la main gauche celle du gladiateur, et essuie de la main droite son front brûlant. Les autres spectateurs se détournent du combat avec indifférence.

CLXIV.

Darget, le secrétaire du marquis de Valori, ambassadeur français à Berlin, est le même à qui Frédéric II a adressé son épître de l' „Apologie des Rois“ , également illustrée par Menzel. Frédéric lui a fait jouer aussi un rôle, d'ailleurs