<86>teur, la France trouva le moyen de la rompre, et Wrangel entra dans les Marches de Brandebourg à la tête d'une armée suédoise. Le prince d'Anhalt, qui en était gouverneur, se plaignit amèrement de cette irruption : Wrangel se contenta de lui répondre que les Suédois se retireraient avec leurs troupes, dès que l'Électeur aurait fait sa paix avec la France. Le prince d'Anhalt informa l'Électeur de la désolation de ses États, et des pillages que les Suédois y exerçaient; et comme il avait trop peu de troupes pour se présenter devant une armée, l'Électeur approuva qu'il se renfermât dans Berlin pour y attendre son arrivée.

Tandis que les troupes brandebourgeoises se refaisaient des fatigues de la campagne d'Alsace dans les quartiers d'hiver de la Franconie, les paysans de la Marche, désespérés des vexations des Suédois, s'attroupèrent et remportèrent quelques avantages sur leurs ennemis. Ils avaient formé des compagnies; l'on voyait sur leurs drapeaux le nom de l'Électeur, avec cette légende :

« Pour le prince et pour la patrie,
Nous sacrifierons notre vie. »

Wrangel, qui tenait pourtant une espèce d'ordre parmi les Suédois, tomba malade; et son inaction augmenta les concussions et les pillages : les églises n'étaient point épargnées; et l'avidité intéressée du soldat le poussa aux plus grandes cruautés.

Les Marches qui soupiraient après leur libérateur, ne l'attendirent pas longtemps : Frédéric-Guillaume, qui se préparait à se venger de la mauvaise foi des Suédois, partit de ses quartiers de la Franconie, et arriva le 11 de juina à Magdebourg. Il fit fermer les portes de cette forteresse incontinent après son arrivée, et il usa de toutes les précautions possibles, pour dérober aux ennemis les nouvelles de son approche. L'armée passa l'Elbe vers le soir,b et arriva par des chemins


a Le 21 juin, nouveau style.

b 12 (22, nouveau style).