<438>

Quant au capitaine des hussards ratiens1 dont vous faites mention dans la vôtre, vous devez en parler au maréchal de Belle-Isle, que afin pour l'amour de moi il le laisse retourner du côté de Bude. Si ce capitaine2 lève pour moi une escadron de hussards, il en sera le capitaine; s'il en peut lever un régiment, il sera colonel. Pour le prêtre grec ou pope,3 j'en souffrirai tant qu'il trouvera nécessaire. Ce que le nommé Gillinger4 vous a donné à entendre, me paraît tout-à-fait chimérique et hors de saison, et s'il revenait à la charge, vous lui direz que vous n'étiez pas instruit là-dessus, et, que ce n'est point une affaire dont vous vous mêliez. Quant au capitaine Grape,5 je ne vois point par quelle raison je lui devrais conférer l'ordre, ne m'ayant jamais servi, et, s'il a bien fait, il me semble que c'est à son maître de l'en récompenser.

Touchant l'augmentation dé troupes que le roi de Bohême a envie de faire, elle ne me saurait être indifférente, et je crois même qu'il a raison de la faire, ses troupes étant les plus faibles en nombre. Vous manierez cela d'une manière que nos levées n'en souffrent aucunement.

Au reste, vous vous concerterez en tout avec le prince Léopold, et contribuerez de votre possible afin que mes troupes en Bohême ne soient pas exposées et qu'elles puissent jouir d'un repos nécessaire après tant de fatigues qu'elles ont souffertes. Je suis

Federic.

Nach dem Concept.


641. AU CONSEILLER PRIVÉ D'ÉTAT BARON DE MARDEFELD A SAINT-PÉTERSBOURG.

Berlin, 23 décembre 1741.

Le même jour qu'arriva votre dépêche du 5 de ce mois, je reçus la nouvelle de la grande révolution qui vient de mettre la princesse Elisabeth sur le trône de la Russie.

Je plains véritablement le triste sort qui, selon toutes les apparences, se prépare pour le duc Antoine-Ulric et pour le prince Louis, son frère, les liens d'amitié et de sang qui m'unissent avec la maison ducale de Brunswick ne me permettant pas d'être indifférent à ce qui leur arrive. Mais, à cela près, je ne m'imagine pas que ce changement puisse être nuisible à mes intérêts: quels qu'en aient été les promoteurs, il n'est pas vraisemblable qu'ils pensent à engager dans une guerre contre moi



1 Sic.

2 Geborner Schlesier, der, bei der Eroberung von Prag gefangen, in preussische Dienste zu treten wünscht.

3 Welchen der König, wie Schmettau meint, den anzuwerbenden Raitzen gestatten müsste.

4 Commissar des fränkischen Kreises, der die Hoffnung ausgedruckt hat, der König von Preussen werde die nach Berlin gehenden württembergischen Prinzen lutherisch erziehen lassen.

5 Französischer Officier im Regiment Comte de Saxe, der sich bei der Einnahme von Prag ausgezeichnet hat und, weil er als Lutheraner den Ludwigsorden nicht bekommen kann, um den preussischen Orden pour le mérite bittet.