456. AU ROI DE LA GRANDE-BRETAGNE A HANOVRE.

Camp de Strehlen, 12 août 1741.

Monsieur mon Frère. Le sieur Robinson, ministre plénipotentiaire de Votre Majesté à la cour de Vienne, m'a remis lalettre qu'Elle m'a fait le plaisir de m'écrire du 21 de juin.

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Rien ne m'est plus précieux que les assurances et les marques d'amitié que Votre Majesté a daigné me donner, et je Laremercie très sincèrement des soins qu'Elle a pris pour ménager mon accommodement avec la reine de Hongrie.

Quelque inclination que j'aie pour la paix, il m'a été impossible d'entrer sur les propositions de la cour de Vienne en aucune négociation, la nature de ces propositions étant directement contraire au traité de barrière, et me voyant obligé, en les acceptant, de me commettre avec des voisins dont l'amitié m'est plus précieuse que toutes les acquisitions que je pourrais faire.

D'ailleurs, les avances que j'ai faites à la reine de Hongrie, ont été plus que suffisantes pour la porter à lapaix, si son intention avait été sincère, de sorte qu'on ne peut m'imputer en aucune façon l'obstination extrême avec laquelle cette princesse en a éloigné jusqu'à présent la conclusion.

La liberté de l'Europe et le bien de l'Allemagne doivent être tout aussi précieux à la reine, de Hongrie qu'à tous les princes de l'Empire, et je ne conçois point ce que mes droits sur la Silésie peuvent avoir de commun avec la cause de la religion protestante et du bien public. Ce que je dois à la Prusse, ce que je dois à mes ancêtres et à ma maison, ce que je dois à mes nouveaux sujets silésiens, en un mot, mon honneur m'oblige de ne jamaisentrer dans des propositions qui y sont incompatibles, et je me repose sur l'équité de Votre Majesté qu'Elle m'approuvera d'autant plus qu'en suivant les sentiments de l'honneur, je ne fais qu'imiter Son exemple. J'espère, au reste, que M. Robinson Lui aura fait un fidèle rapport des sentiments invariables etc.

Federic.

Nach dem eigenhändigen Concept. Die Ausfertigung nur vollzogen.