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ment opposé. Qu'au reste on n'avait jamais parlé d'affaires au baron d'Asseburg, à moins que ce ne fût à son insu. Le comte Flemming continue que Colloredo, quoique fort soulagé par la franchise de l'aveu du comte Holdernesse, avait cependant dû sentir que l'Angleterre se tenait une porte ouverte pour se réconcilier avec le roi de Prusse, au cas que la cour impériale continuât de montrer toujours la même roideur. Il devrait, selon ce ministre, en être d'autant plus frappé qu'on était persuadé là-bas qu'il n'y avait actuellement encore aucun concert d'arrêté entre la Prusse et la France relativement aux affaires du temps.1 Si cette supposition est vraie, dit le comte Flemming, et qu'il est permis de croire que ce n'est pas la faute de la France, s'il ne subsiste point encore un entendement plus intime entre ces deux couronnes, il paraît clairement que le roi de Prusse voudra attendre des évènements, avant que de prendre une résolution définitive. Il lui semble véritable du moins que la politique de ce Prince est de ne se déclarer ni pour ni contre aucun parti, de les flatter tous les deux également et de se rendre avec le temps l'arbitre de la guerre. Il continue que Münchhausen, tout dissimulé qu'il était, lui avait fait connaître assez intelligiblement que le roi de Prusse n'était point du tout intentionné d'inquiéter l'Hanovre, et qu'ayant assez remarqué d'ailleurs que de ce côté-là on caressait et cajolait beaucoup ce Prince, il ne pouvait que soupçonner qu'il y avait quelque chose làdessous, surtout après une expression échappée au comte de Holdernesse dans un entretien qu'il avait eu avec lui à ce sujet: qu'il devait avoir patience, que dans peu de jours il pourrait mieux éclaircir ses doutes;2 qu'il ne voulait pas croire justement qu'on ferait le second tome de l'année 1745,3 mais que certainement il y avait quelque chose sur le tapis, et que, quand on connaissait la pusillanimité du ministère d'Hanovre et ses terreurs, on devait s'attendre de leur part a des résolutions extraordinaires. Qu'au reste le plus ou le moins de chaleur que

mais qu'il est passé d'abord et directement de Francfort-sur-l'Oder par la Saxe à Karlsbad, et que, d'ailleurs, le maréchal Keith avait été bien du temps au Karlsbad pour s'y servir des eaux, avant que l'autre y arrivât je ne puis traiter que de mensonges tout ce que l'on a débité au sujet dudit Browne; et je présume, d'ailleurs, de deux choses une, ou que, depuis l'arrivée du comte Flemming à Dresde,4 on a fait d'autres arrangements relativement aux papiers, ou que votre confident ne se donne plus les mêmes peines que ci-devant pour avoir des avis d'importance. Et, comme il faut principalement ceux-ci que je désire, c'est à vous d'approfondir cela et de vous arranger à n'avoir plus des misères par votre canal, mais des choses d'importance et dont je puis me servir utilement.

P. S. 2.

13 septembre 1755.

J'ai été extrêmement satisfait de la dépêche que vous m'avez faite du 5 de ce mois, et qui vient de m'être rendue ici. Je l'ai trouvé très intéressante, et qui m'a répandu beaucoup de lumières sur bien des affaires, de sorte qu'elle m'a servi de boussole pour m'y diriger. Une ou deux de pareilles dépêches intéressantes de votre part rendraient ma satisfaction complète, quand vous m'en pourriez faire parvenir par rapport aux affaires de Russie et de celles d'Hanovre; auquel cas, cependant, vous ne les con-



1 Vergl. S. 231. 232

2 Vergl. S. 264. 272.

3 Flemming gedenkt der Convention von Hannover vom 26. August 1745. Vergl. Bd. IV, 268. 269.

4 Vergl. S. 167.