9668. AU PRINCE ÉLECTORAL DE SAXE A DRESDE.

Breslau, 5 janvier 1758.

Monsieur mon Cousin. Après la lettre du 18 décembre que vous avez bien voulu prendre la peine de me faire, et que je viens de recevoir à présent, je n'ai plus hésité un moment de me prêter à vos instances pour vous rendre le comte de Wackerbarth;153-2 mes ordres sont même déjà partis, afin qu'il lui soit libre de partir à son gré de Cüstrin à Dresde.

Permettez cependant que j'ajoute à cette complaisance de ma part une condition d'autant plus nécessaire pour prévenir dorénavant tous ombrages et inconvénients entre nous : c'est que Votre Altesse Royale voudra bien tenir la main là-dessus à ce que toutes intrigues et pratiques sourdes de la part des gens de la cour de Dresde,153-3 soit dans le pays ou par dehors, cessent entièrement contre moi et les miens, et qu'ils ne trouvent plus de la protection. Votre Altesse conviendra, selon Sa haute pénétration, que tous ces petits et souvent indignes manèges ne mènent jamais au grand but, et ne servent qu'à aigrir et irriter les esprits, l'un contre l'autre, dont ordinairement les mauvais effets qui en résultent ne rejaillent à la fin que sur les auteurs de ces méprisables intrigues ou sur ceux qui les nourrissent. C'est donc la seule<154> chose que je vous demande, à l'occasion de ce que je viens de faire à votre intercession en faveur de M. de Wackerbarth. Je m'attends de votre part à la même défe'rence et vous prie, au reste, d'être persuadé des sentiments de la haute estime et de la parfaite considération avec lesquelles je suis invariablement, Monsieur mon Cousin, de Votre Altesse Royale le bon cousin

Federic.

Nach dem Concept.



153-2 Vergl. S. 39.

153-3 Vergl. Bd. XIV, 558. 559; XV, 495.