<11>

Depuis peu de jours 4 bataillons, de 1000 hommes chacun, sont marchés de Pétersbourg pour joindre l'armée dans ses quartiers d'hiver en Prusse et en Pologne, et M. le comte de Hordt1 est actuellement prisonnier dans la citadelle de Pétersbourg.

Note pour M. de Keith, envoyé extraordinaire de Sa Majesté Britannique.

A Saint-Pétersbourg, 1er décembre2 1759.

Sa Majesté Impériale a reçu avec beaucoup de reconnaissance la communication préalable que Sa Majesté Britannique a eu l'attention de Lui donner de la déclaration qui a dû se faire à La Haye, et dont M. l'envoyé a remis ici la copie. Mais comme c'est à La Haye, et pas à Sa Majesté Impériale seule que cette déclaration a dû se faire formellement, Sa Majesté Impériale ne saurait y répondre positivement, avant que de S'être concertée avec Ses alliés.

En attendant, rapport ayant été fait à Sa Majesté Impériale de l'insinuation que, par ordre de sa cour, M. l'envoyé a faite de bouche, le 23 du mois dernier, à M. le Chancelier, savoir que non seulement le Roi son maître, mais aussi le roi de Prusse souhaitent de renouveler avec Sa Majesté Impériale l'ancienne bonne harmonie, Sa Majesté a ordonné de déclarer en réponse que certainement Elle a toujours eu soin et aura soin de vivre en bonne intelligence avec toutes les puissances, et que tout l'univers voit qu'avec autant de vigueur que Sa Majesté fait présentement la guerre, avec autant de répugnance [Elle] S'y est déterminée, et pas plus tôt que lorsque Ses déclarations les plus fortes n'ont fait aucune impression sur le roi de Prusse, et quand Ses alliés ont déjà été attaqués par ce Prince; qu'assurément Sa Majesté Impériale est extrêmement sensible à l'effusion de tant de sang innocent et que le seul souvenir en coûte infiniment à Son humanité; mais que la paix désirée est encore très éloignée, si l'espérance qu'on met dans les sentiments pacifiques de Sa Majesté, en est l'unique fondement, Sa Majesté Impériale étant constamment résolue d'exécuter religieusement ses déclarations solennelles de procurer aux parties lésées une satisfaction juste et suffisante, de ne conclure aucune paix qu'à des conditions honorables, solides et avantageuses, et de concert avec Ses fidèles alliés; enfin, de ne jamais permettre que, pour un prétendu ménagement du sang innocent pendant un court espace de temps, le repos de l'Europe reste exposé aux dangers précédents. Mais, si on ferait des propositions de paix qui soient satisfaisantes pour les parties lésées et acceptables, Sa Majesté Impériale sera la première à donner les mains à tout ce que, conjointement avec Ses alliés, Elle trouvera raisonnable.


11741. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE KNYPHAUSEN A LONDRES.

Pretzschendorf, 4 janvier 1760.

Après un silence de quatre semaines je viens de recevoir tout à la fois vos dépêches du 4, 7, 11, 14, 18 et 21, dont j'ai été bien aise par les différentes nouvelles qu'elles comprennent. Nous avons reçu hier ici un courrier de Pétersbourg. Par les dépêches du sieur Keith3 qu'il nous porta, il paraît que les espérances des Anglais de séparer cette cour de ses alliés est4 encore éloignée et fluctuante. La seule espérance qui me reste, est encore que, le favori Schuwalow étant en-



1 Vergl. Bd. XVIII, 518. 668.

2 Alten Stils.

3 Vergl. Nr. 11740.

4 So.