<324>ment et à l'occasion de l'ouverture faite au sieur Pitt sur cette suspension générale d'armes, les cours ennemies alliées s'y prêteront tout comme celle de la France, et alors les négociations de paix au congrès proposé auraient des apparences de succès, au lieu que, si les opérations de guerre iront leur train, il n'y aura point d'objet fixe que les négociateurs auront, que le sort journalier des évènements de la guerre changerait tout du jour au lendemain et que les difficultés pour convenir sur quelque chose se multiplieraient infiniment.

Quant à votre dépêche du 31 de mars, vous devez remercier très poliment le sieur Pitt des confidences amiables qu'il vous a faites au sujet de la somme de subsides que j'ai demandée1 à leurs instances.2

Vous insinuerez cependant avec beaucoup de politesse à M. Pitt comme à ses collègues, sans qu'il en puisse rejaillir quelque chagrin au sieur Mitchell, qu'il fallait que ce dernier ministre ne m'ait pas tout-àfait bien compris par rapport à la demande que j'avais faite d'un corps d'armée au cas en question. Que jamais mon intention sur cela [n']avait été d'autre que de faire comprendre aux ministres anglais que, supposé qu'il parvînt à une paix séparée avec la France, il resterait toujours la cour de Vienne qui agirait en ennemie contre les possessions du roi de la Grande-Bretagne en Allemagne, et qui ne laisserait pas de jouer de méchants tours aux États de Hanovre. Qu'il serait donc nécessaire que l'Angleterre entretînt un corps d'armée pour couvrir ces États, et voilà seulement ce corps que j'ai demandé à l'Angleterre pour le faire avancer selon les occurrences, pour écarter et serrer d'autant mieux les Autrichiens à ne pouvoir rien entreprendre contre les susdits États, et pour couvrir également les miens, pour pouvoir agir d'autant plus librement avec mes propres forces contre les ennemis afin de se prêter à la paix. Voilà le vrai sens de ce que j'ai déclaré au sieur Mitchell, sans qu'il me soit jamais entré dans l'esprit de demander deux corps d'armée en Allemagne de l'Angleterre, et tout ce qu'on a demandé d'une autre façon, est absolument un malentendu. Du reste, on a prétendu de moi de nommer une somme en bloc; je l'ai fait à leurs instances pressantes, il est à eux à présent de s'expliquer sur la somme qu'ils voudront donner au cas dont il s'agit en cela.

Au surplus il faut que vous inspiriez à présent aux ministres anglais que, s'il s'agissait jamais dans les négociations présentes de paix à me faire faire des cessions, que je ne me prêterais de ma vie à céder même jusqu'à un village, — ce dont vous ne laisserez pas de prévenir d'abord le ministère anglais — et que ma ferme résolution est prise de ne signer pas aucun traité de paix, à moins qu'il n'y fût mis pour base que je garderai toutes mes possessions en terres et provinces toutes comme elles ont été possédées de moi l'an 1756, avant le commencement de la présente guerre.



1 So nach der Ausfertigung; in der Vorlage: „faite“ .

2 Vergl. Nr. 12792.