<534> tirer mon profit. Aussi, quand vous le trouverez convenable, vous pouvez bien en parler de la sorte aux comtes de Brühl et Hennicke, et m'en faire même un mérite, en ajoutant qu'au contraire j'avais disposé moimême plusieurs personnes qui avaient des sommes considérables à la Steuer et qui avaient été sur le point de l'en retirer, de les y laisser encore, puisque je n'aimais point de voir la Saxe ruinée.

Federic.

Nach dem Concept.


2851. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS, ENVOYÉ EXTRAORDINAIRE, A VIENNE.

Potsdam, 28 novembre 1747.

Selon les dernières lettres que j'ai eues de Pétersbourg, la négociation concernant la marche des 30,000 Russes y va toujours son grand train, et le général Pretlack avec le lord Hyndford y poussent avec vivacité. Malgré tout cela, il est sûr qu'on n'a pu convenir encore d'une résolution finale à ce sujet. Si l'on ne veut pas à Vienne la médiation du Portugal, on est encore moins enclin à Londres de l'accepter; on n'y paraît nullement disposé à accepter aucune médiation, pour se conserver les mains libres de faire la paix telle qu'on la voudra, et quand on le trouvera de sa convenance. Quant à l'audience que le comte Loss a eue de l'Impératrice, je me doute extrêmement qu'elle n'a eu pour objet que la médiation du Roi son maître. Comme je suis averti de bon lieu que le général Bernes a mandé à sa cour comme quoi je cherchais avec empressement la médiation au congrès de paix et que j'en avais fait faire de fortes instances en Angleterre, j'ai bien voulu vous dire, quoique pour votre direction seule, que ce que le général Bernes a mandé là-dessus est souverainement controuvé, et que je n'ai pas fait la moindre démarche à cet égard en Angleterre, étant trop bien informé que le temps n'est point venu encore où l'on voudra une médiation pour parvenir à la paix.

Sur ce qui concerne le nommé Jean de Barry qui témoigne avoir envie de venir s'établir ici avec sa famille pour y faire des pépinières de mûriers, vous n'avez qu'à le faire aller à Berlin, où il pourra plus aisément s'expliquer lui-même des conditions auxquelles il voudra s'y établir; aussi lui bonifierai-je toujours les frais de son voyage, soit que je puisse agréer ses propositions ou non. Au reste, comme il m'est parvenu que le général comte de Traun possède en manuscrit les mémoires du feu comte Guido de Starhemberg concernant la guerre qu'il y a eu au commencement de ce siècle sur la succession d'Espagne, et que j'ai une forte envie de les lire un jour, vous devez chercher l'occasion de lui insinuer qu'il me ferait un plaisir sensible s'il voulait bien, sinon rendre publics et faire imprimer ces mémoires, au moins m'en communiquer une copie; vous n'oublierez pas d'assurer en même temps ce digne général de la parfaite estime que j'ai pour lui, et que