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4985. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLINGGRÆFFEN A VIENNE.

Klinggräffen berichtet „Wien 19. Juni: „Le comte d'Ulfeld s'expliqua hier envers moi sur les affaires du Nord, tout comme il a fait ci-devant, savoir que, si le renfort n'avait point été envoyé en Finlande, il était persuadé qu'on aurait engagé la Russie à retirer ses troupes... Ce qui fournit un soupçon assez fondé qu'on ne perd pas ici son objet de vue, de ménager une porte à la Russie, pour la faire rentrer au jeu aux premières circonstances favorables.“

Potsdam, 29 juin 1751.

Votre dépêche du 19 de ce mois m'a été rendue. Les fréquentes conversations que vous avez eues depuis quelque temps avec le chancelier Ulfeld, ne me plaisent nullement, et j'ai mes bonnes raisons pour vous dire que j'aimerais mieux, quand, après son retour de ses terres en Bohême où il est actuellement, il voudrait remettre sur le tapis ces propos dans ses entretiens, que vous vous taisiez simplement et fassiez semblant de ne plus faire attention à ce qu'il vous dira sur cet objet.

Comme il y a bien du temps passé où je n'ai pas eu de vos nouvelles au sujet de l'affaire de la vente de mes domaines en Hollande, j'attends que vous m'informiez sur l'état actuel où est présentement cette affaire, et que vous me disiez tout naturellement ce que je dois espérer de sa réussite ou non.

Pour ce qui regarde l'offre du nommé Dufallois1 pour entrer en mon service, vous devez l'en remercier; vous ferez même mieux de ne vous mêler plus du tout avec de pareilles gens, qui peut-être ne sont qu'apostés pour vous faire faire quelque faux-pas.

Federic.

Nach dem Concept.


4986. AU COMTE DE TYRCONNELL, MINISTRE DE FRANCE, A BERLIN.

Potsdam, 30 juin 1751.

Milord. Je vous suis sensiblement obligé de l'attention que vous m'avez marquée encore par la communication de l'extrait des dépêches qui viennent de vous être rendues par votre courrier. Je ne manquerai pas de faire le meilleur usage de la réponse de votre cour aux observations du margrave de Baireuth,2 tout comme de la lettre de M. de Puyzieulx concernant l'affaire du prince héréditaire de Darmstadt, dont je vous renvoie ci-joint l'original. Dès que la réponse de l'un et de l'autre de ces Princes me seront revenues, je vous en tiendrai un compte fidèle.

Quant aux affaires du Nord, il me semble que parmi tant d'autres raisons les anecdotes que je vous ai communiquées il y a quelques jours, doivent parfaitement justifier la méfiance et les soupçons que



1 Lieutenant im Kürassierregiment Karl Palffy.

2 Vergl. S. 375. 393.