<32>j'ai mis cela à six cents écus, et j'ai signifié à M. Petit que je ne signerais pas autrement son engagement. Je regarde cela comme une affaire faite, et V. M. l'aura à son service.

Petit m'a encore présenté deux jeunes gens pour jouer des confidents dans le tragique et des seconds amoureux; j'en ai été extrêmement content. Ils sont jeunes, d'une jolie figure, ils ont de la voix et de l'intelligence; je les ai entendus déclamer deux ou trois scènes, et, quoiqu'ils ne se donnent que pour des confidents, je les ai trouvés aussi bons et peut-être meilleurs que Desforges et Rosemberg; du moins ils jouent avec plus d'esprit et de vérité. Je leur ai offert quatre cents écus, et j'ai déclaré qu'autrement je ne prenais aucune part à leur engagement. Nous trouverons dans le courant de la semaine les deux confidentes dont nous avons encore besoin pour rendre la troupe de Berlin la plus complète et la meilleure de l'Europe. M. Darget m'écrit là-dessus les volontés de V. M., et je veux engager, pour le même prix que les confidents, deux jeunes filles, jolies, qui aient des talents et de la vertu, car, si je prenais des catins, elles déserteraient, ou elles mettraient encore le désordre dans la troupe.

J'ai envoyé l'engagement définitif à Rousselois et à sa femme; je le dis encore à V. M., elle a dans ces deux sujets, après la Duménil et La Noue, ce qu'il y a de meilleur dans le royaume. Ils partiront au commencement du carême avec la petite Drouin, aussi jolie que la Barberinaa mieux faite qu'elle, et qui sera avant un an la plus aimable actrice de l'Europe. M. Lenfant, commissaire ordonnateur en Provence, m'enverra à Berlin leur engagement, qu'ils lui donneront à mesure qu'il leur remettra le mien. Je trouverai le leur ainsi en arrivant à Berlin.

J'aurai, avant qu'il soit trois jours, engagé un des plus grands peintres de Paris. J'en ai deux en main; je prendrai le plus raisonnable, car, dès que les gens à talents que souhaite V. M. me font des propositions qui me paraissent tant soit peu déraisonnables, je leur ris au nez, et j'en cherche d'autres.

Je ne donne aucune nouvelle des armées à V. M., parce qu'elle les sait aussitôt que moi. J'ai pris, pendant que j'ai été en Provence, des mémoires sur les deux dernières campagnes d'Italie,


a Voyez t. X, p. 195.