<340> je vous sais cependant bien du gré de ce que vous m'en avez tout mandé naturellement et me marqué fidèlement ce que vous sentez des suites qui en pourront arriver.

La première chose que je vous fais observer là-dessus est que vous ne saurez prendre à présent assez d'attention sur ces gens relativement à leurs manèges secrets. Après quoi, je veux bien vous dire qu'ayant pris en considération toutes les circonstances que vous m'avez fait remarquer, j'ai résolu d'écrire de ma main propre la lettre que vous avez désirée au roi d'Angleterre, que je vous adresse ci-close,1 afin d'en faire l'usage que vous trouverez convenable; aussi pour votre direction en fais-je joindre la copie.

Au reste, il faut que je vous fasse observer que, malgré que je me suis prêté à ce que vous m'avez proposé, et malgré toute l'envie que le duc de Newcastle saurait avoir de faire précipitamment la paix, il n'en sera rien qu'elle parvienne cette année-ci à sa conclusion. Quand même nous aurions pendant la campagne présente des avantages, je ne me flatte pas qu'on parviendra cette année à une pacification, quelque utile et nécessaire qu'elle saura être à toutes les puissances intéressées; car moralement il n'en saurait arriver autrement, sinon que les évènements de guerre aient, pour ainsi dire, des succès mêlés, savoir que ce qu'on gagne d'un côté, l'on perd de l'autre, par le nombre supérieur de nos ennemis.

Pour revenir encore à ce que vous m'avez proposé, j'y ai consenti d'autant plus aisément, parceque cela m'engage à rien, et parceque je saurais gagner par là qu'au cas que les affaires parviennent à une négociation, je serai au moins toujours partie principale contractante, en sorte que rien ne saura se précipiter, mais que la négociation se fera d'un commun concert et rien ne pourra se faire à mon insu et sans mon influence; article qui doit faire, le cas existant, votre première attention.

Quant à l'endroit que je voudrais que le congrès se fît, il me le sera toujours indifférent, mais naturellement il ne saurait être que dans quelque place en Hollande.

Au surplus, pour ne pas finir, sans vous donner quelque nouvelle d'ici, il paraît, selon toutes les apparences, comme si le maréchal Daun ne voudrait ouvrir sa campagne avant le mois de juillet, ainsi que cela saurait traîner encore.

Federic.

P. S.

Ne soyez point en peine des insinuations que je fais au sieur Mitchell, et soyez persuadé que, sans que vous m'en eussiez fait souvenir, je ne lui aurais jamais parlé dans le ton que vous voudriez que j'évitasse.

Nach dem Concept. Das dort fehlende P. S. nach der Ausfertigung.



1 Vergl. Nr. 11112.